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21 juillet 2018

LES CANONS DE NAVARONE (Venise)

v

 

 

Pour cet été , je vous propose un jeu.

L’idée/

 

Trouvez dans le film LES CANONS de NAVARONE les clichés, les répliques qui résonnent avec situation grecque actuelle.

EX :en 1943 les allemands tiennent la Mer EGEE. Vous voyez où je veux en venir.

 

Sur Karos le point de ralliement est le Monastère de saint ALEXIS .

 

Moi j’ai trouvé 11 coïncidences

A vous de jouer.

Entre nous cet été revoir les gueules de :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Peck

https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Niven

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Quinn

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanley_Baker

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23 juin 2018

Les lutins bleus par bongopinot

 

bo


Une belle bande dessinée
Une histoire imaginaire
Des lutins extraordinaires
Et une flute enchantée

Au milieu d’une vaste forêt
Un village de drôle de maison
En forme de grand champignon
Et un air entrainant et frais

Des petites créatures bleues
Aimant se promener dans la nature
Pour protéger notre future
Faire rêver les enfants et les rendre heureux

On les appelle les schtroumfs
Il y en a plus de cent
Des schtroumfs chantant des gourmands
Et même le  Cosmoschtroumpf

Et puis la belle schoumfette
Mais aussi un méchant Gargamel
Et son vilain chat nommé Azraël
Sous un ciel bleu spécial fête

21 juillet 2018

Ma Marseillaise (Minuitdixhuit)

m18

On était cinq, en ligne.

Je ne sais pas pourquoi j’étais là, sans doute parce que Maîtresse avait pensé que je chantais bien et que Monsieur l’Inspecteur d’Académie aimait être accueilli par des chœurs patriotiques.

Samira chantait bien. Ah ça oui, elle chantait bien. Avez-vous entendu le grelot de sa voix ? Il termine par une arabesque qui me tire des larmes. Maîtresse :

Tu arrêtes de pleurer ! T’es pas un homme ?

Non, je ne savais pas à l’époque que j’étais un homme et qu’un homme, ça ne chougne pas… Samira me regardait du coin de son œil. Elle me murmurait avec son cœur en forme de coin d’œil :

T’es un homme.

Je n’ai compris que plus tard qu’elle me disait :

T’es mon homme.

Et qu’elle était amoureuse, autant que moi, mais le temps de la guerre était venu et ce n’était plus possible d’aimer. Non. Possible, peut-être. Mais interdit.

On était cinq en ligne.

Je ne sais pas pourquoi j’étais là, sans doute parce que Maîtresse avait pensé que je chantais bien. Maîtresse, c’était ma mère. Ça explique peut-être pourquoi j’étais là au lieu de payer la bonne à me garder à la maison.

Ben Chetrit était mon meilleur copain et il chantait en levant sa tête de gros lard Juif et j’essayais de l’imiter en ouvrant large la bouche. C’est sans doute ça qui m’a perdu.

Il y avait aussi Marie-Louise, une Maltaise maigrichonne, et Albertino un Sicilien dont la mère confectionnait les meilleurs beignets du monde.

Je sais qu’à présent ça me choquerait qu’on définisse les gens par leur origine, mais c’était comme ça qu’on m’avait appris.

La mère de Ben Chetrit nous bénissait dans une langue venue d’outre-tombe en tricotant éternellement des camisoles à rayures bleues et blanches que je n’ai jamais vu portées par personne. Sauf à la télé, mais le noir et blanc des documentaires sur des fantômes en cage ne mettaient pas bien en valeur les ouvrages de Madame Ben Chetrit.

Celle de Marie-Louise nous filait des sucreries écœurantes en forme de Jésus crucifié qui ont cauchemardé mes nuits, comme encore elles le font quand je me réveille en sueur, la tête atrophiée d’un Christ mou collée à mon palais et tentant de m’étouffer pour tous mes péchés inconfessés, ses pieds décloués battants comme ceux d’une grenouille à moitié dévorée par le serpent infernal que je suis devenu.

Mange, tu viens gros.

C’est tout ce dont je me souviens de son Français et de cette Eucharistie de guimauve.

Celle d’Albertino me réjouissait. Avec son martinet à la ceinture, elle nous courait après, finissait par nous attraper et, dans les effluves troublants de lingerie fraîche, en nous paralysant entre ses énormes mamelles, nous faisait ingurgiter un beignet de plus. Je sais pourquoi à présent les seins des filles ont toujours eu pour moi un goût risqué de course-poursuite, un enivrant parfum de fleur d’oranger et une douceur violente en bouche.

La maman de Samira posait son doigt sur nos fronts avec un air triste :

Vous êtes tous mes enfants.

Les Arabes, à cette époque, étaient tristes. Je retourne en Algérie, j’y vais pour tenir la main de la vieille Fafa, la maman de Samira, qui n’aura jamais eu le temps de ne pas être triste, parce qu’elle a perdu sa fillette juste à la fin de la guerre.

Elle me dit avec l’air de faire semblant d’être heureuse :

Vous êtes tous mes enfants.

L’air perplexe, Maîtresse passait et repassait devant nous alignés, nos bouches grandes ouvertes sur l’hymne qu’elle nous inoculait comme on inocule un vaccin, ou un virus, pour faire de nous de parfaits Français.

À ses allers-retours suspicieux, on avait compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans la chorale. Elle nous avait demandé de chanter seul, chacun notre tour.

D’abord Ben Chetrit avec sa voix qui dépassait le mur du son. « Allons Enfants… »

Le tour d’Albertino. « … de la Patrie, hi heu… » Il goualait comme son père le dimanche après-midi dans son costume blanc, les yeux fermés et la main sur le cœur, dodelinant de la tête. Ça nous a donné le fou-rire et provoqué l’agacement de Maîtresse.

Marie-Louise avec ses grands yeux qui priaient éternellement un Dieu en sucre d’orge. « … Le jour de Gloire… »

Puis, Samira, « … est arrivé ! » mais j’ai ravalé mon émotion de l’entendre, je suis un homme. Non ?

Et mon tour. On allait voir ce qu’on allait voir, comprendre qui j’étais malgré ma timidité maladive. Samira m’encourageait du regard et Ben Chetrit me faisait signe de bien ouvrir la bouche :

« Contre nous dans la tirelire, les têtards sans dents élevés… »

Au regard furibond de ma mère, j’ai compris que c’était moi qui clochais dans ce chœur patriotique.

7 juillet 2018

Les chapelles par bongopinot

 

Capella dos ossos, Evora

 

C’est au Portugal

Dans cet endroit célèbre

Mais aussi un peu macabre

Nommé le repos final

 

Que ce monument connu

Aux squelettes pendus

A nos souffles suspendus

D’un lieu parcouru

 

Une chapelle des os

Endroit fascinant

De crânes figés dans le ciment

Nous regardant de haut

 

bo

 

Egalement en Pologne

Des restes d’ossement

Récupérés dans des champs

Ont trouvé un repos digne

 

Accueillis en cet endroit

Après les guerres les chicanes

La petite chapelle des crânes

Offre à leur mort un nouveau toit

 

Et dans certaine occasion

Ils honorent les disparus de conflits

Et les victimes d'épidémies

Ces défunts ont ainsi leurs célébrations

 

7 juillet 2018

Participation de Venise

 

 

Que d’enfants que l’on a bercés

Que de bras qui nous ont bercés

Tous ces navires chavirés

Maintenant vêtus de brume

 

v01

 

Ces ossements pleurent

L’or des feuilles

Le chevreuil obstiné

Tel des cailloux de ruisseau

Où pousse la jacinthe blanche

 

v02

 

Pauvre tête de malheureux

Quel silence ce caveau.

Ils vont au même fleuve

Dans l’argile de la chapelle

Tempes contre tempes

Ils sont tous du même côté du bord du territoire

v03

 

Recroquevillés

Ayant perdu leur rêve

Épouvantable obscénité, car tous pareils

Nous les haïssons pour le tremblement

Qu’ils produisent en nous.

 

Je les veux nageurs heureux dans les gorges de l’immense galaxie.

 

v04

 

 

 

 

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30 juin 2018

Sa libération par bongopinot

 

bo

 


Par crainte par pudeur
Il reste dans son silence
Ses blessures d’enfance
Ont fermé son cœur

Une enfance volée
Une vie sans envie
La haine le nourrit
Pourra-t-il l’avouer

Une histoire sordide
L’empêche de vivre
Une brèche s’ouvre
Il pense au suicide

Mais il prend la plume
Et enfin brise le tabou
Pour ne pas devenir fou
Il écrit un premier volume

Il dépasse ses interdits
En un récit intime
Des secrets qui compriment
Et son cœur applaudit

30 juin 2018

TOTEM ET TABOU (Venise)

 

v

 

Je m’étais rendu à Londres précipitamment.

Je venais d’apprendre par la presse la vente aux enchères de ‘TOTEM ET TABOU’ de SIGMUNG FREUD.

Pour l’occasion je portais une cravate en soie mauve, couleur lilas.

La salle était pleine, l’ouvrage original qui contenait de précieuses digressions de l’auteur démarrait à 250 000 dollars.

UN Japonais leva la main, j’avais un peu mal au crâne, car la veille j’avais abusé du whisky.

Il avait un regard de tueur ce japonais qui comptait acquérir l’œuvre chérie.

Je le transformais en indigent à faisant un signe discret de la main.

Je compris à cet instant que dans chaque enchère gisait un crime.

Je compris soudain que ces enchères cachaient pour moi une manière de régler mon compte avec mon psychanalyste.

D’après mes souvenirs il ne me restait que 20€ sur mon compte. Ma chance c’est que je ne payais plus de loyer. Ma réussite je la devais à ma manière de déborder les critères.

Là j’étais en train de sacrément les déborder.

Mais au fond un échec, ça veut dire quoi ?

Rien

ET moi ce matin-là, avec mes 20€, mes vertiges, ma gentille cuite, et mon envie irrépressible de régler mes comptes avec mon analyste qui s’était barré avec ma femme , ce matin là de mon approximative existence il me semblait être ce héros saugrenu , ce bras d’honneur souriant à tous les psys de la terre .

Quand le service de sécurité à la dégaine d’un rocker fatigué, qui devait connaitre ‘l’œuvre de Freud dans ses moindres détails m’intima l’ordre de sortir de la salle.

La folie n’avait jamais cessé de régner dans ma vie, mais je n’avais pas envie d’être normal je voulais vivre sans TABOUS.

 

 

26 mai 2018

Participation de JAK

 

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Omar  se grimait et affectionnait de  créer  des origamis où miroitait toute sa poésie


 
Rival de cet engouement, son ami    Mario, aigri, en avait maigri car  il n’aimait pas les origamis


 
Inimitié vint    entre  deux complices qui s’étaient jurés     unis  pour  la vie


 
Guéguerre décuplée lorsque qu’une  Geisha   vint trouer  leur bulle, leur belle  tour d’ivoire.


 
Avec son  savoir,  elle s’immisça,   munie  de papiers soie en   chiyogami qu’elle choyait à fond.


 
Maniérée dans l’art de la conversation, elle avait aussi  la poésie du pliage,  l’art de  soumettre  des  feuilles où luisent  les  katazome-shi,  et vous l’aurez compris toutes sortes d’origami


 
Imbattable, pour   plisser   une grue, jamais nul  ne l’égalât, Omar exultait.


 
Notre Mario  larmoyant était écarté, car Omar aimait la belle geisha.



Il raffolait  s'ébattre avec  ses kusudamas, il s’y amusa  longtemps,  en  devint   maboule.

 

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Il faut toujours s'méfier des petits papiers

 

2 juin 2018

L'accordeur de piano et la bulle du Pape (Venise)

 

Alors que le Pape dans son dernier soupir pense à un monde meilleur et couche par écrit ses dernières espérances, la bulle du Pape s’envole aspirée par l’air de la cheminée du grand salon.

La mort du pape a -t-elle plus de secrets à nous livrer sur les l’énigmes de la vie ?

La bulle continue à monter, monter à travers le conduit de cheminée.

La voilà maintenant qui flotte sur les toits du Vatican, ses reflets bleutés sont immédiatement perçus par les gardes.

Nous voilà au fond de l’abîme crie un prélat penché à la fenêtre. Une sœur plus stoïque tente de grimper par la façade pour atteindre le toit.

C’est sœur Amélie, sa robe flotte dans l’air et frère Paul stupéfait de découvrir la culotte de sœur Amélie rougit comme une jeune pivoine .

Une joie honteuse parcourt son frêle corps et lui donne des ailes. À son tour agrippé à la robe de sœur Amélie frère Paul ragaillardi se hisse sur le toit.

Les pieds nus frères et sœurs sont maintenant une palanquée sur le toit à tenter d’attraper la bulle qui virevolte joyeusement au-dessus de leurs têtes juvéniles.

Ils rient, ils pleurent. On dit que le premier baiser ouvre la porte des larmes. Ici, en cherchant une parole sans vérité enfermée dans cette satanée bulle, ils découvrent pour la première fois les discrètes étincelles de leur jeunesse.

 

On se croirait à une fête foraine, les étoffes, les mains, les corps si gênés habituellement de se retrouver en plein jour ce qu’ils s’offraient les nuits s’éclairent ici dans la vérité toute crue.

Puis, la bulle en rebondissant sur le toit s’éloigne inexorablement dans la ville.

Il est écrit dans cette bulle que le ciel est étonnamment vide. C’est un vieil accordeur de piano qui a réussi à attraper la bulle . À la découverte de cette révélation faite par le Pape quelques secondes avant sa mort , il a modifié cette dramatique révélation et comme un bon accordeur de piano il a retendu les cordes vers un ciel habité.

 

v

 

26 mai 2018

Les avions de papier (Pascal)


Quand mon frère a continué ses études universitaires du côté de Grenoble, je me suis retrouvé tout seul dans la chambre des garçons. Ma chambre ! Mais c’était un véritable terrain de jeux ! Quand je fermais la porte, j’étais chez moi, j’étais dans mon monde…
(C’était défendu de fermer la porte parce que maman n’entendait pas les bêtises…)

Sur le bureau-porte-avions de mon frère, j’avais confectionné des escadrilles entières d’avions de papier ! Les exercices de pliage, c’était en catimini, dans mon hangar de montage ; fusées, planeurs, biplans s’alignaient sur le pont d’envol.
Tous mes cahiers d’école se réduisaient comme peau de chagrin quand je m’employais à leur construction méticuleuse ; d’après mes calculs, ceux qui volaient le mieux avaient leurs feuilles immaculées de toute encre, de toute marge et de tous carreaux, grands ou petits. Avec les doubles-pages, j’en confectionnais des plus grands ; ils étaient mes bombardiers !
Je les avais coloriés dans l’ordre de mes batailles aériennes ; naturellement, cocardes et croix gammées se battaient dans le ciel de ma maison. Parfois, j’en brûlais un pour faire comme s’il avait été touché en plein vol ! J’en froissais d’autres, j’en déchirais aussi ! Je concassais les ailes et les carlingues et c’était des accidents de guerre !...

C’est fou tout ce que l’on peut faire avec un avion en papier. Quand j’en lançais un dans le couloir de l’étage, il planait un instant autour de la grosse ampoule ; après un demi-tour, il s’engouffrait dans les escaliers en rasant les marches, il partait heurter les coins des murs ou il se posait en catastrophe sur les habits des portemanteaux ! Parfois, il disparaissait dans le hall avec des circonvolutions de planeur curieux. Un jour de beau temps ou de courant ascendant, j’en ai même retrouvé un qui avait atterri sur la table de la cuisine ! Autant dire, à dix mille kilomètres du porte-avions de ma chambre !
J’étudiais ses comportements en vol, sa façon de s’incliner ou de piquer du nez, son aisance à planer ou à tourner, ses exécutions acrobatiques ou ses dégringolades de kamikaze. Pour parfaire son vol, je soufflais mon haleine prometteuse sur la pointe de mon avion !
Après l’atterrissage, je le récupérais et je peaufinais mes réglages de traînée et de portance. Ceux qui volaient le plus longtemps avaient la faveur de mes plus beaux coloriages. Je passais des heures à fignoler les plis, les becs, les empennages, les gouvernes. Tout l’après-midi du jeudi ne suffisait pas à mes jeux d’aviateur !

Et la check-list sur la piste d’envol ?!... De la mobylette de mon frère à la voiture de mon père, en passant par le camion des poubelles, j’imitais tous les bruits de moteur que je connaissais ! Au ralenti ou vrombissant, j’exécutais les manœuvres de décollage avec une application millimétrée. Souvent, je le gardais dans la main et nous allions visiter les panoramas de la maison. Aux livres de mon frère, ceux de Saint-Exupéry, sur les étagères, les Courrier sud, Vol de nuit, Pilote de guerre ou Le grand cirque de Clostermann, j’étais le pilote émérite de tous les avions !

Les couvertures tire-bouchonnées du lit, c’étaient des montagnes élevées, des forêts et des campagnes sauvages ; les draps défaits, c’étaient des tempêtes d’écume sur des vagues océanes. Moi, je ronronnais avec mon avion dans la main ; je promenais dans tout l’étage comme si je visitais des paysages. Quand une de mes sœurs me parlait, je devais me poser avant de lui répondre.

On descendait les escaliers ; avec mon avion préféré, je surfais sur les arrondis de la rampe ou je slalomais entre les balustres. Il m’emportait dans des cascades vertigineuses où seuls les bruits de ma voix-moteur répondaient aux échos du couloir. Lampe allumée, c’était le jour, lampe éteinte, c’était la nuit…  

Sur les dernières marches, on rasait les manteaux accrochés à la patère. Les bruits des wc, c’était les chutes du Niagara, le carrelage du hall, c’était le désert du Sahara ; pour refaire le plein, je me posais sur la table de la salle à manger. Bien sûr, elle ne devait pas être encombrée par des livres et des journaux ! Sur la pointe des pieds, je me voyais dans le grand miroir. Au-dessus de ma tête, je contemplais mon avion dans une autre perspective de lévitation. Je montais sur une chaise pour l’envoler encore plus haut !
Après quelques passages en rase-mottes, le long du parquet ciré, on allait jusqu’à la fenêtre entrouverte pour regarder le temps du dehors. Entre les doigts, je serrais un peu plus mon petit avion car j’avais toujours peur qu’il lui prenne l’envie de s’envoler pour de bon. Le soleil illuminait son fuselage ; derrière la vitre, il avait plein de reflets tellement difficiles à colorier quand je le rapportais au hangar d’entretien du porte-avions. La tapette dans une main, mon avion dans l’autre, on partait à la chasse aux mouches !...Il fallait voir les poursuites, les piqués, les acrobaties, les tirs en rafales !...

On planait un moment dans la cuisine jusqu’à ce que l’ouragan de maman, en plein repas, me somme de déguerpir de son tablier. Du côté du placard, c’était des senteurs capiteuses de vanille, de réglisse et de cannelle des pays lointains ; au-dessus des casseroles bouillonnantes, c’était des volcans de vapeur chaude ; près de l’évier, on sentait la fraîcheur de la cascade du robinet. On s’échappait en fonçant au garage et je bombardais le chien avec quelques sifflements, quelques gentils coups de pied dans sa niche, quelques caresses appuyées avec ma main libre.
Dans le grand vide de la voiture absente, on survolait la banquise du glacis, on frôlait le portail, comme pour donner l’envie à mon père de rentrer plus tôt, et on repartait à l’aventure du sens inverse. Enfin, après d’autres péripéties de vol, on se posait sur le bureau-porte-avions de ma chambre ; j’avais la bouche fatiguée d’avoir tant ronronné, tant postillonné, tant crié son moteur exalté. Je le garais à côté des autres ou sur les livres de Saint-Exupéry, comme si, moi aussi, j’étais un héros des airs…

Quand mon père rentrait du boulot, j’oubliais mes jeux d’aviateur et je fonçais à sa rencontre. Pourtant, je dévalais les escaliers en écartant les bras ; je volais dans la descente et, j’en suis sûr, je ne touchais plus les marches…

Comment pourrais-je raconter tout cela à mes petits-enfants ? Autant qu’ils le lisent ici, avec ces souvenirs allongés d’encre brodée, quand je ne serai plus là, quand je serai planant dans le Ciel et les étoiles, avec… mon petit avion en papier…

Avions de papier

2 juin 2018

Petite bulle par bongopinot

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Un phylactère de caractère
Pour mes mots tout doux
Mes phrases amères
Mes rêves les plus fous

b02



Mes cris de tristesse
Mes moments de tendresse
Et tous les SOS
De mes billets en détresse

Le tout dans un chuchotement
Pour ne pas trop déranger
Et surtout lentement
Pour mieux échanger

b03


Sur une vie en bande dessinée
Ecrite toute en couleur
Où des ballons décorés
Nous offrent un souffle de bonheur


19 mai 2018

Numismate mate miss nue (La Licorne)

 

pièce de monnaie ancienne

 

Le comble pour un numismate ?

C'est qu'il est souvent désargenté..!

.

 

Normal : il a tout dépensé,

Pour s'en aller acheter...

Des tonnes de beaux écus dorés ! 

Il ne lui reste rien, au passionné,

Que les yeux pour pleurer

Et sa fièvre de collectionner...

 

 

Monnaie, monnaie, monnaie...

Des pièces, des pièces et des billets

Monnaie, monnaie, monnaie

Quand vas-tu t'arrêter ?

Tu dors sur son tas d'or

Tes deniers, tes Louis d'or...

Tes médailles oubliées

Et tes francs bien sonnés...

La belle semeuse n'est qu'une image

Qui reposera au fond des âges

Le vieux César et ses lauriers

Le présent te fait oublier...

Quitte donc les anciens visages

Ces faces de métal plus qu'usées

Et cesse de mater tes sous

Pour contempler les beaux dessous

Cher numismate embinoclé,

De la miss nue à tes côtés...:-)

 

 

19 mai 2018

Participation de Venise

 

La chambre était vide, seul le corps du numismate gisait là sur une flaque de sang .

La fenêtre ouverte laisse entrait un air printanier.

L’inspecteur Harry en fin de carrière tout essoufflé de cette ascension jusqu’ au dernier étage comptait les coups de couteau sur le corps.

Il fut attiré par un timbre collé dans la pomme de la main gauche de la victime.

v01

Tiens ce dit il un règlement de compte entre collectionneurs !!

Le crime était signé de main de maitre.  Pourquoi un philatéliste en voulait -t-il à mort à un numismate ?

Une bouteille de champagne à moitié vide jonchait le sol.

L’inspecteur caressa pensivement sa barbe . Ce timbre collé dans le creux de la pomme injectait un doute encore plus insidieux dans son esprit.

Malgré toute son expérience, l’inspecteur ne s’attendait pas en fin de carrière à mordre la poussière.

Il consultait le registre de vente du collectionneur disparu.

Des noms mystérieux dont les consonances invitaient au rêve tout en promettant des cauchemars

Le faisaient se perdre en hypothèse

Dire qu’il avait peut-être dans ce registre le nom de l’assassin.

Assurément le numismatique vivait dangereusement. Collection le jour, mais peut être trafiquant de rêve la nuit.

Toute la collection était là sans valeur aux yeux de l’assassin. Ce vieux singe était parti expédier dans l’eau delà et le butin était une monnaie de singe.

Avec un claquement de langue, l’inspecteur finit par ouvrir la porte aux services enquêteur.

Ils ratissèrent les maigres indices /

Inspecteur regardez sur quoi on vient de mettre la main.

Un fin cheveu blond accroché au tapis de l’entrée n’avait pas échappé à cette équipe

Par ici les pépettes criaient le plus jeune !!

On n’a pas eu de mal à mettre la main sur cette philatéliste blonde qui entretenait une relation houleuse avec le numismate, mais le jour du crime elle était en Chine !!

Je ne suis pas une marchande de volaille avait criait avec arrogance la femme mes affaires me conduisent de par le monde !!

L’inspecteur Harry le regard qui semblait errer sur l’eau et se plissait comme une étoffe transparente

Écoutait tel un mandarin la maitresse du cadavre.

Il avait des créanciers à ses Basques disait la blonde, il aurait vendu sa mère pour couvrir ses emprunts !!

Elle dégageait une maitrise de soi presque irréelle.

Savez-vous qu’une horde d’éléphants lui a passé sur le corps mademoiselle dit-il en se grattant les tempes.

L’enquête fut fastidieuse L’inspecteur Harry prit la retraite sans dénouer l’énigme.

Les défiant à vous de jouer !!!

 

12 mai 2018

Participation de Venise

 

Sans doute, mais ce manuscrit va devoir me prendre encore au moins une année

Vous n’y pensez pas hurlait l’éditeur dans le combi téléphonique qui me reliait à lui.

Et combien de temps m’accordez-vous dis-je le ton méprisant.

Deux mois pas plus dit-il en raccrochant sèchement.

En comptant large, et à condition que l’inspiration soit féconde, je me donnais à dire vrai au moins deux ans.

Je n’étais pas à JERRICHO je ne disposais pas de trompette, il me restait mon stylo pour finir ce roman dont les issues improbables me donnaient des insomnies.

 

En tout bien tout honneur j’ai opté pour le vol du manuscrit. Stimulé par ma subite décision j’imaginais la tête de l’éditeur.

 

Pour ce faire j’ai déposé dans un Parc le livre inachevé en espérant pouvoir m’en débarrasser et aller pleurer dans les bras de mon éditeur.v01

Mais voilà, personne ne faisait cas de mon livre. Deux jours de suite, je n’avais pas vu une seule personne se pencher sur l’ouvrage.

Cela devenait embarrassant, et mon orgueil prit une belle claque.

Il était très possible que mon manuscrit soit un vrai fiasco je commençais à douter de mes talents d’auteur. Il me vint alors une idée

pourquoi ne pas changer le titre. ?

J’ai opté pour « pantoufles et Mirliton. Le public n’a fait qu’une bouchée du livre.

 

26 mai 2018

Participation de Venise

 

Du papier, trois fois rien , de petites mains habiles voilà toute la richesse de l’enfant moine TIHOUBE.

Cet enfant s’ennuie comme tous les enfants de son âge dans ce monastère.

Il n’est devant aucune question existentielle, même la présence de la lune dans le ciel le laisse indifférent.

Il est lui-même toutes les questions du Monde puisqu’il sera le prochain Dalaï-lama.

Nous sommes aux X siècles après Jésus-Christ .

Comment échouer quand on a l’émerveillement au fond de soi ?

TIHOUBE prend les papiers, il est magnifiquement armé d’un sourire , et sa robe pivoine luit dans le soir .

v01

Il n’a jamais été aussi beau dans la poussière du monde, il commence à jouer des pliures des papiers.

Les vieux moines passent devant lui sans le déranger. Qui pourrait déranger celui qui triomphe dans ses rêves éveillés ?

Quelque chose est en train de se passer dans ce monastère, quelqu’un chuchote à l’oreille de l’enfant moine.

Quelqu’un que l’œil humain ne peut percevoir.

Des formes pleines d’ombre surgissent entre ses doigts et une gaité sans objet assaille tout le monastère.

Il va où le monde n’est plus qu’une note de papier il donne vie froisse, défait refait . Les formes s’enchainent, donnent vie, voyagent entre ses petits doigts, toute la bassecour y passe .

TIHOUBE ne rêve pas le monde il le voit dans les pliures du temps, il marche dans le pas des paysans, donne vie à l’oie blanche, la poule , le canard .

D’où viennent tous ces gestes de l’enfant et ce regard sur des animaux communs, qu’il saisit et fait disparaitre.

Nous sommes ces ombres de papiers devant le mystère de la vie. Nous aussi nous perdrons nos vêtements de langue et restons comme TIHOUBE dans un éternel présent.

Dix mille ans et des poussières nous séparent de TIHOUBE et ses ORIGAMIS nous sont parvenus.

Nous avons reçu la joie qui va avec, sans quoi la gravité n’est que lourdeur.

Les enfants remettent le monde d’aplomb à chaque fois qu’un être de papier surgit entre leurs doigts.

C’est dans ce monde de papier que les colères font faillite et qu’on apprend que dans ce monde il y a une place pour chacun.

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5 mai 2018

En vers et contre tous (JAK)

 

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Bully ( voir Folie au jardin) le jardinier en bon philosophe avait pris le parti d’agir plutôt que de se lamenter devant les dégâts dus  aux fameux saints de glace.

Le soleil enfin revenu, Bully notait dans sa tête   la charge des travaux qu’il devait entreprendre pour que le jardin donne ses fruits en temps voulu

La vie était revenue. Des turriculés -petits tas de terre- se formant sur les recoins où poussaient l’herbe en liberté, annonçaient que les laboureurs de la terre avaient repris leur boulot.

L’éternel recommencement.

Il eut une tendre pensée pour ces lombrics qui sous ses pieds œuvraient pour lui.

Il se souvint d’une  l’histoire  qui l’avait bien amusé, rapportée par un gars   de la ville :

 

Sous l’asphalte de la cité, dans un  petit coin épargné,   il y avait un  jardinet gazonneux où les lombrics étaient rares.

Un certain  Totor, le roi des lombricidés  du quartier régnait en maitre sur les quelques congénères qui avaient résisté au manque d’oxygène.

Totor aimait  pointer son  nez  après le passage de la mini-tondeuse  à gazon, au risque de  s’exposer aux jeunes corbillons, mais être libre c’est risqué.

Totor, très cultivé , abonné à  Rustikana,   avait ouïe dire que ses semblables  étaient éconduis manu-militari,  dans des conteneurs, afin d’ y copuler, labourer, en véritable esclaves.

Les habitants du dessus du bitume  appelaient  ce coin d’incarcération un lombricomposteur.

Pour ne pas  être emprisonné à vie Totor entra en résistance.   

Il entrainât sa nombreuse progéniture

au-delà  des 2 m  réglementaires d’épaisseur qui leur étaient impartis.

 Ils creusèrent, creusèrent, et finalement se retrouvèrent  de l’autre coté de la terre, dans une contrée où vivaient  des entomovores, mangeurs d’insectes, prêts à gouter aux lombrics… de la protéine toute fraiche et en abondance.

 

Bully le jardinier tira sur sa bouffarde.

 Il n’y avait pas lieu de rêver plus longtemps  devant tout le travail qui l’attendait.

Mais dans sa tête l’idée d’un aide de camps s’incrustait : à l’automne prochain il installerait un lombricomposteur afin de fertiliser ses salades.

 

7 avril 2018

Participation de Venise

 

                Jeanne d’Arc est là devant moi toute neuve.

 

 Allez-vous en Roi d’Angleterre, Duc de Belfort Guillaume de la poule Jean sire de Thibaut.

Allez-vous-en.

Hystérique crie la foule au bucher.

 

Cinq cents cloches sonnent de Rouen à toute volée.

JEANNE D’ARC sourit à la foule, le vent sent le lait et le fourrage.

Jeanne D’Arc mange maintenant le soleil.

C’est un joli mois de mai songe-t-elle

Et revoit sa maison à Domrémy, son père et le visage frais de sa mère

Elle compte maintenant les feuilles du frêne qui se balancent et sous sa jupe des brindilles prennent feu.

Maintenant c’est elle qui crie à la foule

 

v01

 

Hystérique allez- vous- en

Gens de peu, têtes de linottes

 Mais soudain Jeanne ressent la joie de son enfance, le goût des mirabelles remonte sur sa langue.

La foule s’est tue, un lourd besoin de sang flotte au-dessus des têtes coiffées.

Il n’y a plus personne pour incarner l’hystérie de ce siècle.

Un merle tout en haut du chêne le sait bien lui qui contient tout le chant de la pucelle.

Sur la place des enfants de Jeanne jouent aux osselets

Ces osselets calcinés qui ont traversé les siècles.

Jouez comme elle

 Désobéissez comme elle.

Garde vos doigts rêveurs et bataillez dans ce monde.

J’entends la voix de Jeanne :

"Vous tous qui pleurez, foutez le camp. Vous tous qui rêvez, saisissez votre rêve à la gorge et faites- lui un bel enfant. Seuls les mots rêvent. Je ne rêve jamais" .

31 mars 2018

Participation de JAK

500 titre (1)


500 défis ! Pour eux voici un chiffre joliment rond
Malgré leurs deux zéros ils n'sont jamais abscons

Une belle journée de juillet j y inscrit ma maison
Cliquez bien ci- dessus, si le cœur vous en dit, faites le sans façon..

Oui par ce jour fatidique j’entrais dans l’engrenage
Et depuis cinq ans j’y batifole gaiment, ce, malgré mon grand-âge
A huitante-trois, me direz vous on peut scribouiller n’ importe quoi
Les défiants restent polis même si vous êtes de guingois

Pour revenir au sujet du jour, qui aujourd’hui m’inspire
Je me dois d’honorer cette énième édition, derechef sans glapir.

Les architectes de ce Sam’ défi *Atelier, ont su bâtir une solide maison
J'ai ouï-dire qu’à s’y activer il n’en reste plus qu’un et selon le dicton,
S'il n’en reste qu’un ce sera celui-là, à point nommé The Boss, tonton
L’Oncle Walrus, ainsi rebaptisé par ses fans, peut-être en manque d affection
Mais il le vaut bien car sans rechigner- là je le présume -pour chaque sériale- semaine ,

1 Il cogite
2 Il édite
3 It comments

Ses week end sont pourris. Son épouse en manque d’attention.

Mais ce n’est rien en comparaison des malheureux penseurs, ces neveux enthousiastes qui sur la toile élucubrent.

Car

Depuis cinq ans, chaque semaine ils hésitent, renoncent à écrire sur le sujet proposé, affolés devant la sempiternelle page blanche que l’injonction choisie génère aussitôt.
Dans leur tête ils pensent y renoncer, mais justement comme ils n’en font qu’à leur tête, ils foncent.
A cet état s’ajoute, ou peut être y participe, l’addiction à cette plumitive drogue.
Un ordi, un dico, des idées qui foisonnent en tous sens, et v’là au dernier moment, le vendredi, avant le Bénédicité, c’est l’envoi du courriel à Walrus, sa boite mèl est saturée.


Cinq ans d'amour pour l’embrouillamini, l’envolée littéraire, mais surtout pour échanger, rire ou grincer des dents, pleurer parfois, à la lecture des commentaires, pour aussi découvrir le billet des autres participants, qui parfois deviennent des copinautes, et commenter leurs textes, un travail de titan si l’on veut jouer le jeu, car tous le méritent bien.

Conclusion
Et, coïncidence, comme cette 500 °semaine on a remis l’heure du printemps à la guimbardej01 du salon, j’en ai une de plus devant moi, j’la laisse pas s’envoler
Alors telle une infatigable logorrhéique j02j’ai écris mon laïus, n’ayez pas d’illusion, vous ne me couperez pas facilement la guimbarde.
Mais je vois que vos 20 chevaux se hérissent à longueur de ce billet, alors vite je sors, et repart dans ma vieille guimbarde j03.


*nota sam’atelier eu-égard à notre Iowa-girl, j’emploie fréquemment cette formule pour lui prouver que Moa aussi je sais causer english☺ Euh, enfin ôtons cette prétention.

bises.

 

500 bisous

 

31 mars 2018

Participation de Venise

Il n’y a pas plus étendu que le son d’une guimbarde.

J’ai toujours l’impression de me baigner dans un lac .

Car dans ce son, il y a quelque chose dont personne ne veut entendre parler.

La guimbarde fait apparaitre le grand ciel fixe du Missouri

La poussière d’une véranda figée comme une aquarelle.

Ce moment où l’on croise les bras dans l’attente de l’inespéré.

Il y a dans le son de la guimbarde l’espérance d’une issue,

Pour le cerf blessé qui rentre dans un monde où quelque chose va lui être offert.

Quand tu joues de la guimbarde, tu tisses ce vieux lien entre la terre et le ciel

Ce lien qui ne cesse de se défaire, tu allumes alors une piste vers les tribus indiennes décimées.

Car la guimbarde appartient aux saintes Écritures, au secret qu’elle déchire au creux du silence.

La guimbarde c’est Melville sans la baleine, c’est Faulkner , sans les pistes

C’est cette nuit qui n’en finit pas et dont on ne témoigne qu’en jouant de l’instrument.

Je suis devant l’œuvre de MILPURRURRU le tableau s’appelle le RÊVE DE LA CHAUVE-SOURIS.

C’est comme si la baleine blanche de Melville me faisait signe, ou que le grand cerf blessé

 donnait son dernier souffle à Faulkner  .

Le son de la guimbarde m’accompagnera dans la fin de ma vie , ou plutôt il me précédera .

L’hirondelle viendra me chercher et moi devant jouant de la guimbarde je suivrai le galop des buffles qui envahiront le ciel et la guimbarde d’une voix rauque connue de tous dira :

maintenant tu meurs.

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28 avril 2018

Notre Kermesse par bongopinot

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À la kermesse de mon quartier
Tout le monde est invité
Si ça vous intéresse venez
Participez au vent de l’amitié

Les barbecues fleurissent
Les gens se réunissent
Et des liens se tissent
Entouré d’odeur de saucisses

Sur un petit coin d’herbe
Les tables s’installent
Au soleil puis sous les étoiles
On sera là jusqu’à l’aube

Les stands sont disposés
Des jeux divers et variés
De beaux moments animés
Par les jeunes du quartier

Et les belotes s’organisent
Une pétanque s’improvise
Le cochonnet que l’on vise
Au soleil en bras de chemise

Des groupes de musique
Sous un ciel magnifique
Ces moments sont magiques
Dans ce quartier authentique

Où les grands et petits filous
S’adonnent au chamboule tout
Les enfants courent partout
Un vent de vacance souffle voyez-vous

28 avril 2018

Kermesse (JAK)

 

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Khalilou, tiré par la manche par son frère Kaio  se laisse entrainer avec résistance.

Il rechigne à le suivre  car il préfère jouer seul dans son coin au jeu du korrigan où il excelle par son esprit de malice.
Khalilou contrecarre en  freinant  comme il peut avec ses baboukes, mais rien n’y fait,  Kaio ne répond pas à ses hurlements de résistance, il reste muet comme une koubba.

Kaio  a  la charge de son petit frère, un peu kongol, et ce n’est pas une sinécure.

Mais aujourd’hui dans sa tête  une seule  idée l’obsède :   rejoindre ses copines à la Kermesse., où il espère   faire un tabac, lui le beau mek fada de  kendo.

Hier soir il  leur a « mailez » sur son ordi, en C. C.  I,  afin que chacune   d’entre d’elles se croient  l’unique correspondante,  le mail que voici :

‘J’t’attends devant l’entrée du kurssal à 17 h tapantes. ‘

Kaio s’interroge, comment va-t-il se débrouiller avec un seul kopeck en poche pour offrir un verre de kéfir  à ses kopines, et un éventuel kebab dégoulinant ou , bien moins onéreux,  un café fait des glands torréfies  de  kermès 

Pour se donner du cœur  à la marche, Kaio chante à tue-tête    .....  


♪♫Sur la route de Louviers ....  Y rencontrent   un cantonnier ♪♫


Et voici  qu’enfin, en kasi hydrorrhée,    vaille que vaille,  ils arrivent.

Il leur a fallut  une heure de chemin caillouteux pour arriver devant le Kurssal .

L’édifice de réunion municipale, a été ainsi  baptisé par un ironique gentleman de passage.

Ce vocable  a été  adopté illiko par   les autochtones.

Derrière  cet établissement,  sur une place encerclée de platanes, se tient la kermesse.

La fête foraine bat son plein ….mais de kopines point

Afin d’amadouer un peu son frère, et pour tromper le temps, Kaio, chaparde une part de  kouglof à trois  bretonnes coiffées de bigoudens dignes d’un tournage pour « Pirates » ! .

Et toujours point de Kopines à l’horizon

Khalilou, ne vois tu rien venir clame- t-il à son frérot?

L’autre lui répond of kourse :

«  Je ne vois que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. »

Kaio  est bien désenchanté, frustré. 

Pourtant il était sûr de son coup.

Mais le bêtassot ,  il ne sait pas que les filles n’aiment pas les garçons qui jouent les nounous.

Ils repartent, l’un  bien triste, l’autre  très content, vers leur luxueuse casbah..

Une seule consolation pour Kaio : il n'a pas dépensé un seul kopeck!


14 avril 2018

LA NON-DEMANDE EN MARIAGE (Venise)

 

J’ai reçu une rafale de SMS.

Il me disait qu’il avait beaucoup de retard, et que je pouvais commencer quelque chose en attendant.

 

Il s’agissait de la cérémonie de notre mariage et j’étais à cet instant devant le parvis de la cathédrale avec tous les invités.

J’aurais bien aimé m’enfiler une bouteille de Pinot noir bien glacé, mais le curé me regardait froidement et me fit signe de ne pas bouger .

Je n’allais pas commencer à faire la maline avait murmuré ma mère .

Alors cette phrase me traversa

« Quand vous serez tombés au plus bas, je viendrai vous racheter.

Cette phrase, je crois, bien c’est Dieu qui l’a prononcée.

Et à cette heure pour oublier l’offense qu’il me faisait j’attendais en vain un signe.

Alors devant ce silence de Dieu lui-même qui vraisemblablement me livrait  à mon sort ,

Il fallait improviser.

Après tout j’étais encore libre de me soustraire à cette cérémonie

J’ai eu une envie folle d’éclater de rire , de fendre la foule mes escarpins à la main .

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Quand l’heureux élu surgit, en s’appuyant lourdement sur une béquille.

Il avait un énorme plâtre et continuait à répondre à de nombreux appels.

Savait-il qu’il se mariait ou s’en foutait-il ?

Il me donnait l’impression d’être givré comme le Pinot qui lui ne venait pas.

On aurait dit un clochard qui avait été passé à tabac d’autant qu’il avait découpé son costume afin de l’enfiler sur  le plâtre et les deux pans de tissus flottaient autour de sa jambe d’une manière absurde comme des haillons.

 

On dit qu’au moment de mourir on voit défiler sa vie.

En une seconde je vis ma vie avec lui .

Ma vie n’avait -telle pas été qu’une longue obéissance à des passions secondaires ?

J’ai cru que mon âme allait   se déloger.

 Il fallait improviser.

Alors je me suis mise à hurler dans la cathédrale, ma voix ricochait sur les parois et faisait trembler les anges.

 

Je suis encore abasourdie par cette non-demande en mariage il me semble avoir évité la mise à mort d’un agneau.

Depuis que j’ai découvert ma puissance vocale je fais partie d’une chorale c’est plus reposant.

 

7 avril 2018

Hystérique (Laura)

Hystérique

 

Bizarrement, les hystérique[1] (au sens large) de Rubens sont une femme ... et un homme[2]

Alors qu'a son époque, le dessin appartenait à l'apprentissage de la médecine.

Dans les théâtres anatomiques, aux dissections, il côtoie les peintres.

Charcot est fasciné par la perfection de la représentation de la maladie de l'oeuvre flamande

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Si l'hystérie peut devenir une oeuvre d'art, l'art peut aussi être hystérique

L'hystérique d'art est facilement suggestionné, l'oeuvre d'art est très suggestive

Si le lien a été établi entre contemplation et hypnose, lorsque je visite

Un musée , une galerie , une exposition, je deviens presque hystérique

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Si Charcot[3] établit  définitivement que l'hystérie peut être masculine

Les hystériques représentés sont majoritairement féminines

Et l'artiste qui s'adonne un peut trop passionnément à son oeuvre

Telle Camille Claudel est vite taxée d'hystérique, voire de folle

 


24 février 2018

Participation de Marco Québec

 

Texte inspiré par le tableau réalisé par Edward Hopper, intitulé Automat

 

image[2]

 

Le café

 

Je suis dans un café. Je pourrais quasiment dire mon café, tellement cet endroit est le mien. Il est pour moi un refuge, un cocon depuis je ne sais combien d’années maintenant. Je m’y sens bien. L’ambiance est feutrée et ce n’est jamais bondé de monde. La musique joue en sourdine des chansons françaises, les seules que j’apprécie vraiment. Malgré les grandes vitrines de la pièce, il n’y fait pas froid en ce soir de novembre. Les calorifères à eau chaude diffusent une chaleur confortable qui me fait du bien, autant qu’il m’est possible d’être bien ce soir. J’ai mis mon manteau vert avec la fausse fourrure au col et aux manches. Je le garde sur moi, comme pour me protéger. Un cocon dans un cocon, en quelque sorte. J’ai gardé mon chapeau, il masquera mes yeux si l’émotion devient trop intense. Je m’assois toujours à la même table, la table ronde près de la porte. Sa position par rapport à l’entrée du restaurant me protège de l’air frais extérieur qui s’engouffre lors de l’arrivée d’un client. 

La propriétaire et le personnel me reconnaissent toujours et me permettent de m’asseoir à cette grande table, même si je suis seule. Je crois d’ailleurs que je ne suis jamais allée à cet endroit avec une autre personne. C’est ma place à moi. Sans rien demander, la serveuse m’apporte un double espresso allongé, mais pas noyé, avec sucre, crème et lait. Elle me demande si je souhaite l’accompagner d’un dessert. Non pas ce soir, je n’ai vraiment pas d’appétit, lui dis-je. 

Je repense aux grandes décisions que j’ai prises dans ce lieu : ma rupture avec Louis, une relation qui n’allait nulle part; mon retour aux études qui allait me permettre de quitter un emploi que je détestais… Et la décision que je dois prendre maintenant : ablation ou non d’un sein.  Le médecin a parlé d’un cancer virulent, à un stade très avancé. À son avis, il vaut mieux procéder à l’ablation pour diminuer les risques d’une récidive. 

C’est tellement facile à dire. Il doit avoir plus de 60 ans. Sa vie est à un stade avancé, alors que moi, je n’ai que 25 ans et toute la vie devant moi. Les larmes me montent aux yeux et coulent sur mes joues. Est-ce que je peux encore dire que j’ai toute la vie devant moi? Je suis désemparée. Comment une telle chose est-elle possible? Je laisse les larmes trouver le chemin jusqu’à mon cou. Un frisson me traverse. 

Peu à peu la tristesse fait place à l’épuisement. Je me sens plus calme. Je fais signe à la serveuse de m’apporter l’addition. Je quitte le café, mon café, mon cocon.

 

17 mars 2018

Participation de JAK

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Ce matin grand ramdam dans le landerneau
On en cause même aux télé-journaux

Biscotto le boulanger a disparu.
Nul sur la place ne l’a aperçu
Les commères s’attroupent et piaillent
Emettant des hypothèses sans faille
Avec l’épicière il serait parti
Mais non d’une pipe sapristi
Tiens la voila l’épicière
Qui passe droite et très fière
Ce n’est donc pas la raison
Pour laquelle il a laissé seul son mitron.
Non la raison est bien plus simple
Ce matin se servant de son écouvillon
Fait d’un linge attaché à un long bâton,
Il a nettoyé son four en faisant de grands tourbillons
Mais le feu a pris au fournil où il avait entreposé des brindilles
De châtaigniers et de pins pour parfumer ses pains ronds
Qui font considérablement son renom aux alentours du canton.

Hélas la fournée surprise par tant de chaleur, a brûlé
Et notre boulanger dépité
Honteux et déshonoré, tout comme Vattel
De remord s’est fait sauter la cervelle.

 

*
Ecouvillon Vieilli, BOULANGERIE. , Vieux linge attaché à un long bâton, avec lequel on nettoie le four [chauffé au bois], lorsqu'on veut enfourner le pain`` (Ac. 1835-1932)

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