Défi #120
Ecrire un texte dans lequel
aura un rôle très important à jouer !
A vos "marches" prêts, partez !!!
Adresse habituelle pour vos envois :
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Joye ; Venise ; Vanina ; MAP ; Vegas sur sarthe ; Lorraine ; Berthoise ; Val ; Captaine Lili ; Adrienne ; Joe Krapov ; 32Octobre ;
Gontran avait un secret.
Il l’a dit à : Isa, Mag, Jasmine, Michel et Arnaud.
Isa a confié le secret à : Valérie et Jean.
Valérie l’a répété à Louise.
Qu’a fait Louise de ce secret ?
Mag a révélé le secret à Elodie.
Sur qui Elodie s’en est-elle déchargée ? On ne sait pas (pas encore).
Pour Jasmine, Michel et Arnaud, on n’a pas encore d’information quant à leur descendance du secret de Laurent.
C’est pas clair ? Je comprends !
Je fais un arbre pour vous éclairer.
Arbre généalogique (en cours de réalisation) du secret de Gontran :

Comme vous pouvez le constater, cet arbre n’est pas terminé. Des recherches ultérieures feront sans doute apparaître de nouvelles cases. Le doute subsiste.
Conclusions ?
- Engendrer un secret nous fait vite devenir le patriarche d’une famille nombreuse.
- Les secrets se reproduisent comme des lapins !
Vous croyez que ça pourrait être inventé, comme métier, généalogiste des secrets ?

Je répandrai la nouvelle dans toute l’Asie mineure.
Je passerai ainsi à l’ennemi, je détournerai le regard sur ce seigneur qui triche, ment et appauvrit mon peuple.
J’ai vu ses conseillers prendre tout le blé et détourner les rivières.
Je vois que la bonne pluie ne donne récolte qu’aux riches, je répandrai la mauvaise herbe.
Il est venu animer des guerres et il effectue des travaux de sape pour nous perdre.
Ce roi veut nous tromper et cherche à nous soumettre.
Je sais qu’il cache dans les souterrains de sa demeure des prisonniers qui meurent sous la torture.
Des sentinelles portées par le vent souffleront la nouvelle et même si tout est encore imprécis, le peuple abattra les murs de son empire pour manger à sa faim.
Les brèches feront trembler ce seigneur qui connaîtra sa pire défaite.
Il y aura des infidèles mais qu’importe, la rébellion viendra parce que la peur de manquer de vivre se saura bien vite .
Il n’y a plus de céréales, les récoltes sont mauvaises pour le peuple, le roi connaît la truculence.
Les sommes princières ne se redistribueront pas. Il organise notre pauvreté et le carnage n’est pas loin. On n’osera pas croire à ce secret que je délivre mais bientôt le vent va se lever sur la plaine.
Jour – 6 avant le 4ème anniversaire de ton premier message…
C’est mon secret, pardon notre secret.
Mais mon TOC à moi de compter les jours, de prendre des points de repère.
Alors, Vent, s’il te plaît, tiens ta langue !
Je persiste et ligne, Monsieur Vent a une langue.
Vous n’avez jamais vu les nuages qu'’il sculpte dans le ciel. Regardez bien et vous en verrez des géantes… vous en verrez des œuvres d’art dans le ciel. Vous vous en raconterez des histoires beaucoup plus belles que notre secret.
Vent se fait fi du 22. C’est avec impatience qu'’il attend le 31 octobre… il veut révéler à tous ce merveilleux secret. Je le sais, je le sens.
Ces jours derniers, il a soufflé de plus en plus fort. Et si j’allais regarder de près le bulletin météo des jours à venir, je tremble d’avance. Va-t-il s’emballer ? Non, très bonne nouvelle… le vent tombe, sa force décroit de jour en jour. Pour le 22, dame Grenouille annonce à peine 6 kilomètre/h.
Ouf, je devrais être sauvée cette année encore…
C’est un secret… cela ne se révèle pas, Monsieur Vent.
Vent mon ami, tais-toi !
Je sais que tu comptes les jours, tout comme moi.
Tu trépignes, sale gosse que tu es.
Va-t-en loin de nous soulever des tempêtes, mais pas dans notre vie.
Non ! Non ! Ne révèle pas notre secret.
Veux-tu que le ciel nous tombe sur la tête ?
Veux-tu que son sourire disparaisse, lui qui ne veut pas que son secret éclate à la face du monde ?
Vent, s’il te plaît, T A I S – T O I !!!
1) Apprécier les journées qui commencent mieux que les autres.
La baguette de pain est commandée pour arriver à huit heures et, ça tombe bien, à 7 heures 20 ce bouffon de Joe Krapov est réveillé. Quand il met le nez dehors de la tente, l’examen des conditions météorologiques met en joie la moitié masculine du ménage cyclotouriste : le vent est tombé, le ciel est bleu, bien que chargé de nuages blancs dont on sait très bien, à Pont-Coblant, Finistère, que cela ne veut rien dire tant ils peuvent, dans la demi-heure qui suit, devenir gris ou noirs. A 9 h 25, le petit déjeuner absorbé, on met en route nos bicyclettes en direction de Châteaulin. La première borne kilométrique rencontrée le long du canal de Nantes à Brest porte le n° 338 et nous indique que cette petite ville se trouve à 21 km d’ici. A la première écluse, chacun de nous donne un coup de pompe à sa roue arrière. Ce n’est pas que nous aurions abusé du taboulé la veille au soir. C’est juste qu’il faut bien expliquer pourquoi on se retrouvera, un peu plus tard, rendu au point n° 5 de ce récit.
2) Entendre une détonation qui vous fait changer vos plans
A l’écluse suivante, nouvel arrêt. Mon vélo fait un drôle de bruit. Ce n’est pas le cadenas qui cogne contre le cadre, c’est plutôt comme si la roue était voilée et que ça frottait quelque part. L’œil sagace de Marina Bourgeoizovna repère que c’est au niveau du frein que se situe le problème. Le pneu arrière commence à se déchirer et le coup de pompe a fait enfler la chambre à air qui cherche à se faufiler par la brèche. Je sors la clé miracle, desserre le frein et reprends la route sans être plus gêné mais sans plus avoir non plus trop de freins à l’arrière. Le temps reste beau et variable jusque Châteaulin avec à nouveau du vent dans le nez à l’arrivée. Nous pique-niquons au pied du pont et puis finalement, Marina décide de m’accompagner jusque Port-Launay et au-delà. Nous prenons un café dans un restaurant routier près du viaduc de Guilly Vraz. Auparavant Epouse-qui-pense-à-tout-et-même-à-sa-gourmandise a acheté deux parts de pommé dont nous décidons de concert qu’elles constitueront notre « quatre heures après l’effort le réconfort ». Au retour de Guilly Vraz, je photographie les bateaux de Port-Launay. A Châteaulin, nouvel arrêt pour acheter « Télérama » et « Le Canard enchaîné ». Puis c’est à nouveau la route qui longe l’Aulne avec une tout autre lumière qu’au matin, beaucoup plus variable. Cette fois-ci nous avons le vent dans le dos et je suis tout heureux de filer deux fois plus vite qu'à l'aller. Une écluse, deux écluses sauf que d’un seul coup je sens à nouveau que ça coince à l’arrière. Je me retourne et je vois quoi ? Une montgolfière ! Non je déconne : il y a un type à l’intérieur de mon pneu qui est en train de mâcher un Malabar et fait de splendides bulles, vous savez de ces gros ballons qui finissent par vous claquer au nez et justement… BANG ! Un vrai coup de fusil ! Qu’est-ce qu’on s'éclate ! On est à dix-neuf kilomètres du camp de base. Vous aimez la marche, Joe Krapov ?
3) Marcher en poussant son vélo
J’ai crié deux fois et Marina qui était devant s’est arrêtée pour m’attendre. J’ai encore dans l’idée de changer la chambre à air mais quand j’arrive à sa hauteur force nous est de constater que le pneu est foutu, déchiré sur à peu près dix à vingt centimètres. Nous convenons que je vais marcher jusqu’à l’écluse suivante, qu’elle va retourner au camping et venir me rechercher avec la voiture.
4) Vérifier qu’un gag de Woody Allen est toujours prêt à se répéter dès qu’il le peut
Me voilà donc à pousser mon vélo crevé sur le chemin de hâlage (je mets un accent circonflexe sur halage car même avec le soleil sous nuages nous sommes revenus très bronzés de ce séjour en Finistère). Un peu déçu de ne pouvoir inscrire 55 kilomètres à mon compteur ce jour, je m’interroge. J’ai de la lecture pour attendre, il doit bien exister une route qui mène à chaque écluse, la prochaine est, au pire, à deux ou trois kilomètres. Que voulez-vous qu’il m’arrive de fâcheux après cet incident ?
Qu’il pleuve ? Oui, bien sûr. A 14 heurs 43, lorsque j’arrive à l’écluse, il se met à pleuvoir à verse ! La dame de l’écluse me suggère de m’abriter sous son hangar un peu plus loin.
5) Attendre la voiture-balai en compagnie d’un vieux boxer sous le hangar à voitures de l’écluse de Prat-Hir (Prat-Hir, c’est pourrir un peu !)
Bon, ben là, j’ai tout dit et j’ai même pris la photo. Marina arrivera deux heures après. D’où je déduis que la lecture du « Canard enchaîné » de la page 1 à la page 8 en mode linéaire et en lisant pratiquement tout (sauf l’ours parce que le boxer veut bien supporter un Ch’ti rennais qui sent le chien mouillé près de sa niche mais a une dent contre les Pyrénéens), c’est deux heures. Voilà un euro et vingt centimes bien placés, même si ce qu’on lit là à propos du monde est parfois assez déprimant. Inutile de vous dire combien la douche et le pommé à l’arrivée ont été bien appréciés !
Quant au rapport de ce récit avec la consigne Papistachienne, à part le secret éventé d’une journée Krapovienne ridicule, le voici : si vous avez un jour un pneu crevé à Pleyben, faites comme moi, prenez votre mal en patience : le Midas du coin n'est pas facile à trouver !
- Surtout, garde ça pour toi ! On m’a dit ça en confiance !
Quand ma mère me sort
cette phrase-là, je sais qu’elle l’a prononcée avec la même conviction à son
amie G***, à l’occasion de leur dernier papotage autour d’un café et de
biscuits.
Qu’elle l’a répétée au téléphone à son amie K***, qui a déménagé mais est restée
friande des potins « de chez nous ».
Qu’elle l’a chuchotée entre deux portes à sa voisine du dessus.
Je le sais, parce que la voisine du dessus s’empresse de le raconter à sa fille, qui est une de mes jeunes collègues et qui aime me montrer qu’elle est dans le secret des dieux.
Je le sais, parce que l’amie G*** le raconte à son fils, pour qui je fais la cuisine de temps en temps, et qui est très fort pour mettre ingénument les pieds dans le plat.
Et l’amie K***, comme les roseaux de la fable, le raconte à tous ceux qui veulent l’entendre.
***
- Et toi ? Pas de nouvelles ? Tu ne me racontes jamais rien ! se plaint ma mère.
Chut !
Je filais dans les roseaux
Me reposer de là-haut
Chut !
Si j’ai bousculé la dune
Oui, c’est la faute à la lune
Chut !
Du sable or éparpillé
Des mots bruns ont échappé
Chut !
Je jouais dans les roseaux,
J’aime leur bruit sur mon dos
Chut !
Si je m’esquive à la brune,
Serpentant vers les lagunes
Chut !
C’est que les mots exhumés
Sont lourds d’un cœur déchiré
Chut !
Ce que m’ont dit les roseaux
Me fait chagrin bien trop gros
Chut !
Pour vous conter l’infortune
De la demoiselle brune
Chut !
Un poète j’ai cherché
A qui d’autre me confier ?
Chut !
J’ai trouvé dans les roseaux
Une touffe de sanglots
Chut !
Je l’ai livrée à Neptune
Le secret n’est plus que runes
Chut !
Galets polis et usés
Par une mer éplorée
Chut !
J'ai tout entendu. Mais je n'ai rien dit, rien répété.
J'ai tout
entendu, j'ai l'oreille fine. J'ai tout entendu et j'ai même écouté.
J'ai compris. J'ai compris que je devais me taire. Ce n'était pas beau,
pas bien joli ce qui était dit là. J'ai tout entendu et puis j'ai
compris. Il m'a fallu tendre l'oreille, faire taire le brouhaha de mes
pensées, mais j'ai compris. Et ce n'était pas joli. Il aurait mieux valu
que les paroles se perdent. Un secret si vilain, il faut l'enterrer,
il faut l'oublier. Que vais-je faire de lui, maintenant que je sais ?
Me voici, chargé comme un baudet d'un bât qui me blesse. Comment
oublier. On dit que seuls les écrits restent, que les paroles
s'envolent. Mais certaines paroles sont plombées, grises, ternes et
lourdes, on est loin de l'argent. Et mon silence ... de l'or, me
dit-on, le silence vaut de l'or. Je vais être riche si mon silence vaut
de l'or, car je sais bien me taire. Mais ce terrible secret tapi dans
mes tourments, dois-je vraiment le taire ?
J'ai tout entendu, et je
n'ai rien dit. J'ai tout tu. Et je m'en veux maintenant. Je m'en veux
d'être curieux. Que faire de ce secret ? Faut-il l'oublier ou au moins
faire semblant ? Faut-il qu'à mon tour je creuse un gouffre pour l'y
enfouir ? Faut-il le hurler dans le vent face à la mer ? Faut-il le
confier au bois, aux arbres, aux feuilles qui bruissent doucement ?
Je vais courir et m'étourdir, le semer loin derrière moi. À chaque pas, je dirai un mot de ce terrible secret. Quand j'aurai fini ma course, je n'aurai plus de souffle. J'aurai oublié.
- Je suis lourd à porter et pourtant, chuchoté au creux d’une oreille rose, j’ai la légèreté d’un papillon qui sème la joie de l’amour.
- Je suis hermétique, verrouillé. Personne ne peut me forcer à parler. Néanmoins d’aucuns me divulguent par faiblesse, par plaisir, par peur, par intérêt ou pour se gonfler d‘importance.
- Je suis la confidence encombrante, qu’il faut taire et dont seul celui qui l’a faite peut me délier. Par contre, celui qui me reçoit ploie sous le faix. Car, si par hasard on me surprend et m’utilise avec malveillance, je suis redoutable. Je puis briser une famille, anéantir un couple, ruiner une réputation, détruire une amitié, condamner à perpétuité, changer la face du monde, contraindre à l’exil, enclencher une révolution, être la trahison, et parfois, le meurtre.
- J’aimerais mieux ne pas exister car j‘apporte rarement le bonheur. Mais je suis le Secret et tant qu’il y aura des hommes, je continuerai à vivre.
Le secret professionnel est des plus confidentiels
celui de Polichinelle ne tient qu'à une ficelle
celui de la confession a besoin d'absolution
et celui de la défense pèse lourd sur les finances.
Comme le secret d'Etat engloutit nos pesetas
c'est le secret médical qui vide la carte vitale;
le secret de l'instruction mène aux élucubrations
et celui de l'isoloir est quelquefois illusoire
Si par hasard vous avez le secret de la fortune
ou si vous savez comment on peut décrocher la lune
gardez pour vous ce secret
car je n'en ai pas besoin
J'en ai un dans mon jardin, je le garde, c'est le mien.
Je t’ai mis au monde pour que tu aies ta propre vie. Ton chemin n’est pas le mien et si un temps ils se sont confondus, un jour pourtant il se sont brusquement séparés. Pour t’apprendre cette vie, j’ai échoué. Au sortir de l’enfance, tu m’as échappé : le chemin qui s’est ouvert à toi fût plein d’embûches. Tu seras ce que tu veux être, que j’en sois fière ou pas. Ton adolescence a été sanctionnée, par ceux que la vie rend amer, par ceux qui ne savent dire que «ça n’arrive qu’aux autres»! Je ne voudrais pas qu’on t’insulte, mais on ne peut pas admirer ce que tu as fait. Je donnerais ma vie pour que tout ça ne soit jamais arrivé.
Je t’aime.
Le sable mouvant
Révèle souvent
Les secrets des hommes jaloux
Même les honnêtes
Peuvent perdre la tête
Et devenir avides et fous.
Fous des années,
Mon trésor, caché,
Là-bas, où le vent siffle fort,
Si fort qu’il relève
Mon trésor de rêve
Mon trésor en beauté encore.
En beauté encore
Ça, de prime abord
Convoitise des hommes et des dieux.
Fallait le garder
Le bien protéger
Ce trésor si rare et précieux.
Précieux et si pur,
Comme un ciel bleu azur
Qui brille plus que l’or royal
Sa peau, un délice,
Un exquis supplice
Calmé par le miel de sa voix.
Sa voix qui criait
Qui me déchirait
À la vue de mon glaive scintillant
Qui l’a rendue ma femme
Fidèle et sans blâme
Couchée sous le sable mouvant.
Le sable mouvant
Révèle souvent
Les secrets des hommes jaloux
Même les honnêtes
Peuvent perdre la tête
Et devenir avides et fous.
Il est pesant le secret surpris, si écrasant qu’à l’instar du serviteur du roi Midas, votre personnage, pour s’alléger du fardeau, l’a enfoui dans le sable meuble du désert ; mais une touffe de roseaux a poussé au bord du trou et le vent s’insinuant entre les feuilles s’est emparé du secret et l’a répété.
Soyez ce confident accablé... ou le vent, le roseau, le sable du désert, le secret... à moins que vous ne préfériez être la victime trahie... ou tout à la fois.
Défi signé Papistache
Nous attendons vos révélations à l'adresse habituelle
A tout bientôt !
Joye ; Lorraine ; Vegas sur sarthe ; trainmusical ; Vanina ; KatyL ; Berthoise ; Joe Krapov ; Tiphaine ; MAP ; Adrienne ; Séb B ; Caro_carito ;
source : http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2007/10/01/prostitution_h192.jpg
Roucoule, racole...
Dans ce ciel irisé d'or ou de pics d'ozone
Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De rire et de terreur, nue comme l'Amazone
Qui trahie par la Ville exhibe aux mal-famés
De jeunes mélodies
Pour un peu de sursis
De farouches épaules
Pour échanger son rôle
Et tu vas saluer le jour renouvelé
Après ta nuit de rouille au bord de gros trapus
Dans le matin froissé comme un espoir gâté
Et d'une aile sans phare on te jette à la rue
De jeunes mélodies
Pour un peu de sursis
De farouches épaules
Pour échanger ton rôle
Messieurs
En 1852, votre Compagnie choisit comme sujet du concours de poésie l’Acropole d’Athènes. Je sortais du collège ; le sujet proposé me tenta, je résolus de concourir et de faire tout d’abord plus intimement connaissance avec les poètes grecs. Mes lectures me révélèrent la souveraine beauté de la poésie antique. Je croyais me tremper dans les eaux sacrées des sources Castalides et je prenais volontiers mon admiration pour l’inspiration poétique. Ce fut une période d’enchantement. Je composais mon poème sous les arbres d’un modeste jardin de province aux murs tapissés de framboisiers. Des plantes depuis longtemps démodées y fleurissaient fidèlement chaque année aux mêmes places. Derrière les pignons voilés d’aristoloches, je voyais pointer un clocher où les heures sonnaient discrètement. Aux mourantes rougeurs du crépuscule, je relisais avec attendrissement la page commencée et il me semblait, dans l’égouttement sonore des fontaines, dans les vibrations des cloches, entendre une voix familière qui murmurait :
"Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies,
Et tu vas saluer le jour renouvelé."
+++
N’ayant pas l’honneur de connaître cette fine plume française, j’ai passé son nom à la moulinette googleuse et suis arrivée sur son discours de réception parmi les Immortels. Il est de la même eau que les trois vers que nous devions utiliser, d’où le titre de cette contribution 118…
Depuis Alphonse Daudet et son sous-préfet aux champs, on sait quel effet peuvent avoir sur les âmes les petits bois de chênes verts, les oiseaux, les violettes et les sources.