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Le défi du samedi

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18 septembre 2010

Sans z’ailes/ sans elle (Val)

Le doudou d’Aziliz a des z’ailes.
C’est une abeille.
Les z’ailes tissées de la belle abeille se frottent contre son nez.
Aziliz aime.
Le contact des z’ailes de l’abeille lui apporte la sécurité.
Aziliz, de son doudou, n’aime que les z’ailes.
Et elle met un soin zélé à vérifier
Que les z’ailes de l’abeille restent toujours bien nouées.
Si le tissage des z’ailes est moins serré
Elle boude
L’abeille hier aimée. 

Que sont les anciennes abeilles d’Aziliz devenues ?
Elles ne sont pas perdues.
Elles sont juste boudées.
Elles ont perdu leurs z’ailes.
Qui rêverait d’étoiles avec un doudou qui aurait perdu ses z’ailes ?
Aziliz sait qu’il faut des z’ailes pour voler.
Peut-être pour voler des ses propres ailes ?

L’abeille aux ailes cassées doit être à chaque fois remplacée.
Mais… c’est la loi de la nature, non ?

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18 septembre 2010

Mais que deviennent-ils les doudous perdus par les petits enfants ? (Adrienne)

Mais que deviennent-ils les doudous perdus par les petits enfants ?

Il lui est arrivé bien souvent de voir des chambres de maternité. Le visiteur qui s’amenait avec un doudou avait l’air fin : l’endroit ressemblait chaque fois immanquablement à la succursale bien achalandée d’un marchand de jouets spécialisé dans les articles pour nourrissons.

Il lui est arrivé aussi de voir des lits de jeunes filles. Souvent elle se demandait combien de temps ça prenait, chaque jour, pour placer dans ce bel ordre hiérarchique cette riche collection de doudous. Et aussi comment la jeune fille s’y prenait pour trouver le moyen de se glisser elle-même, aussi menue soit-elle, entre ces draps, sans déranger ce bel agencement.

Il lui est même arrivé quelques fois de voir des greniers de futures grands-mères. L’espoir y faisait vivre une armée de doudous. Comme dans le château de la Belle au Bois dormant, ils attendaient – sans prendre une ride – qu’un petit prince vienne réveiller toute la ménagerie ensommeillée.

Elle aussi a eu un doudou. Unique et précieux. Un gros nounours qui tendait deux petits bras tout raides. Il était habillé d’un tricot à rayures et de la petite culotte assortie, vêtements qu’elle avait portés elle-même jusqu’à ses dix-huit mois. Il s’appelait Nounours, tout simplement. Il comprenait beaucoup de choses. Souvent, elle le serrait contre son cœur. Très fort.

Elle n’avait pas le droit de le prendre dans son lit. Alors elle l’asseyait sur une chaise où il attendait toujours patiemment, arbitre et témoin de ses moindres faits et gestes.

Puis il y eut le petit frère avec qui il fallut peu à peu tout partager. Il avait une étrange prédilection pour les quelques objets auxquels elle tenait le plus. Un jour qu’elle était à l’école, il arracha les yeux de Nounours. Elle en pleura. Sa mère ne comprit pas son chagrin. Pleure-t-on pour un Nounours quand on est une grande fille de bientôt sept ans ?

Il lui arracha aussi un des ses petits bras qu’il tendait pourtant avec tant de tendresse. Il lui déchira son tricot à rayures. Sa grand-mère a recousu le bras. On lui a enlevé son petit tricot. Nu et aveugle, il lui inspirait encore plus d’amour.

Elle était tout le temps inquiète pour lui. Qu’aurait-il encore à subir ?

Un jour, elle ne le trouva pas sur sa chaise. Elle le chercha partout.

- Je l’ai jeté à la poubelle, dit sa mère.

18 septembre 2010

La Fin de l'aventurier (Joye)

teddy_in_the_jungle

Il est où. mon doudou, petit fou, bijou,
Bijou doux, ce grand chou, parti où ? Partout ?
Partout où ? aux bambous ? Ou sous ton cache-cou ?
Gigadou, mon bidou, marabout de hibou !
Il est où ? Savez-vous ? Ruse de Sioux ? Tous debout !
Piou-piou ! Mon doudou, oublie tous ces Hindous !
Chabichou ! Barbacue ! Il jète des cailloux !
Irish stew, en gadoue des cachous, c'est tabou !
Et coucou !
C'est trop flou, ce doudou, tout d'un coup
Est parti.

18 septembre 2010

La triste histoire du doudou Raoul (Walrus)

Nounou, Nounou ! Où est mon doudou ?
Je ne sais pas, mon chou...
Mon doudou !
J’veux mon doudou !
J’veux mon doudou, Nounou !
Tais-toi donc , grand fou,
T’as plus l’âge des doudous...


Le doudou s’en fout, il a mis les bouts
Dans un beau youyou en bois d’acajou.

Après des mois et des mois,
Sur un plage il s’échoua.
Mais les habitants de l’endroit
Ne parlaient que le quechua,
C'est pourquoi on le rabroua.
Ils mirent son esquif au radoub
Et le gavèrent de gras doub’
En plus ces mecs puaient le bouc
Et ne fredonnaient que du Gluck
Tout en s’accompagnant au oud.
Ils l’obligeaient à lever le coude
Et quand, à force, il fut fin saoul,
Ils l’ont rebaptisé “Raoul”.

11 septembre 2010

Défi #115

Papistache nous a laissé très gentiment des idées de défis ! Grand merci à lui !

Voici donc ce qu'il nous propose pour ce défi  #115 :

Mais que deviennent-ils les doudous perdus par les petits enfants ?

Rimons cela  avec des rimes en “ou”, en “oub“, “oube“, “ouc”, “oud”, “oude”, “ouf”, “ouffe”, etc... au choix ... (pas toutes).

Envoyez-nous  l'histoire rimée de vos Doudous à l'Adresse bien de chez nous : samedidefi@hotmail.fr

Interrogez-vous, rappelez-vous, imaginez-vous

dites nous tout.

Merci à vous !

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11 septembre 2010

Ont déjà versé leur contribution patrimoniale

11 septembre 2010

magie désarmée (Zigmund)

 

    Tôt le matin, le site était déjà noir de monde. Dans ma tête tournait ce conseil : "arrange toi pour oublier la foule et ne pense qu’à regarder ! "  

    La traversée de l’esplanade écrasée de soleil fut éprouvante, ce matin là, je faisais une overdose de chinois,(suite à une arnaque qui m’avait mis de fort méchante humeur) et j’avais décrété qu’aucun vendeur de souvenirs ne m’approcherait .  

   Nous sommes entrés dans le bâtiment, et là, ce fut un choc...  

 Surgis des fosses, par centaines, en rangs serrés, ils se tenaient debout  et regardaient droit devant eux. Autour de nous, les chinois bruyants se massaient sur les balcons  surplombant l’armée de l’Empereur ; nous, les rares « longs nez », noyés  dans la masse, étions  bien faciles à repérer.

zig1

  J’ai  passé les jumelles  à Gabrielle, aussi émue que moi par  cette rencontre, pour qu’elle puisse détailler chaque visage, tout en marchant lentement le long de  la balustrade. Quant à moi, pour mieux m’isoler et admirer, j’ai  mis les écouteurs de mon baladeur (les MP3 n’existaient pas) et j’ai balancé le Messie de Haendel qui mettait parfaitement en valeur la beauté de cette armée de pierre. Alors ces  soldats se sont mis à vivre que pour nous, tandis que la foule avait disparu  à nos yeux et nos oreilles.

zig2

   Peut être pour protéger les statues d’argile, il était interdit de prendre des photos , (l’armée des vendeurs de cartes postales se massait  à la sortie) ; néanmoins, des flashs resquilleurs crépitaient parfois furtivement …de temps à autre, Gabrielle et moi échangions les jumelles et le baladeur pour mieux nous concentrer sur les héros de terre cuite. Nous avions conscience des regards de nos voisins chinois enviant nos jumelles puis nous replongions mentalement dans la fosse parmi les fiers soldats. Tous différents, prêts au combat, bien que désarmés, ils incarnaient une force et une sérénité impressionnantes.  

    Nous avons ainsi cheminé au dessus d’eux, détaillant chaque visage, chaque vêtement. Vers le fond du hangar, des soldats moins bien conservés, masse informe érodée, n’intéressaient que nous qui essayions de reconstituer leurs traits.Désarticulés, ou décapités, prêts à retourner au néant d’où ils avaient été tirés, ils avaient quelque chose de pathétique voire d’attendrissant.

zig3  

    Il a fallu toute la persuasion des autres membres du groupe pour nous faire sortir du lieu. Gabrielle murmurait « c’est fou ! je viens de tomber amoureuse de toute une armée ! ».  

   Dans le hall c’était la ruée sur les souvenirs et cartes postales ; assis à une table, un vieux chinois (peut être le paysan qui avait mis à jour l’armée par un coup de pioche) signait des autographes contre quelques kuai.La masse des acheteurs m’a empêché de régler le prix de mon paquet de cartes postales…(petite revanche sur l’arnaque dont j’avais été victime le matin)  

   Les autres  membres du groupe n’avaient pas été séduits par la visite, et l’un d’eux a osé le «ouais, bof ! ». Je n’ai même pas tenté de discuter ou de convaincre, déjà, dans le bus du retour, je n’avais qu’une idée  en quittant Xi’an : revenir "les" voir.  

   Je suis revenu parmi eux avec mes fils, trois ans après, mais j’ai commis l’erreur d’accepter une visite guidée. La foule était toujours là, bruyante, insupportable, la guide bavarde ne nous quittait pas d'une semelle, rendant le recueillement  impossible. Nous avons pu voir les autres salles que Gabrielle et moi  avions ignorées, elles contenaient  de belles sculptures, des chevaux, un chariot, quelques armes…  

   Mais la magie de cette première rencontre s’était envolée, peut être à tout jamais.  

     
 

11 septembre 2010

le patrimoine de katyL

Pa , papa , pas à pas .....le petit avance , vers quoi ?pourquoi ?
Patrie , pour son drapeau, son pays...ses frères .....
Moi , le "moi" 1ère personne du singulier " bien singulière", personne humaine qui a conscience d'elle-même , le "moi" qui se distingue du "surmoi" et du "ça", pour maintenir l'unité de la personnalité qui doit s'adapter à la vie sociale ............ça  tombe bien
NE négation de trop plein de "moi" car je serais haïssable...alors,
moi je veux , pas à pas comme me l'a dit mon papa aimer ma patrie et conserver son patrimoine.
PATRIMOINE : lequel ????le bien hérité de mon père ....le bien commun à la patrie, transmis par les ancêtres...le patrimoine     de l'HUMANITE , la terre et tout son contenu....le patrimoine mondial convention adoptée par l'UNESCO en 1972 ....
La journée du patrimoine enfin on peut TOUT visiter , d'habitude seuls quelques privilégiés y ont droit et encore on ne nous montre pas tout, les tiroirs, les arrières boutiques, les pièces dérobées, les caches, les coffres....ce patrimoine est verrouillé .. il appartient à l'humanité, mais on ne peut pas le voir.
je vous adresse donc ce que je possède qui me tient le plus à cœur dans mon patrimoine

   

KatyL_copie
   

Il y a dedans les conseils des anciens par livres et conseils interposés, leur savoir-faire qui fait partie du patrimoine , il y a     là l'amour des jardins ( celui-ci est imaginaire), mais l'imaginaire est peut-être le fruit "des imaginaires" de nos anciens qui nous ont transmis ce patrimoine..
Il y a aussi l'origine de tout patrimoine , puisqu'il contient la lumière du créateur, qui est la source de tout patrimoine en un seul atome.
Vous voyez bien que conserver le patrimoine est vraiment une chose essentielle, car chaque œuvre bâtie, chaque œuvre peinte, composée, sculptée, écrite.../....relève de tant d'efforts collectif, de tant de talents, de courage parfois, et, ces œuvres sont le reflet même de notre humanité.   

11 septembre 2010

Patrimoine (Venise)

DSCF8342

Ça ne tient à rien quand on sait que tout s’use à l’épreuve du temps.
Elle est donc là toute ma richesse.

À l’endroit où ils sont nés, et où se trouve le patrimoine de ma mémoire, entre les Balkans et la Grèce antique.
Dans les champs d’asphodèles, j’entends encore l’accordéon où ces chants venaient s’éteindre à la tombée de la nuit. On se bricolait des chaumières voutées. Personne ne nous suspectait dans les miroirs de leur conscience.

C’est toujours embarrassant de dire que notre patrimoine est notre mémoire, que le temps ne nous a rien laissé d’autre. Mais ce lopin de mémoire comme une terre en friche a été conquise sur la vie.

Je savoure la lointaine langue de mes aïeux faite de recueillement et de prières.
C’est un patrimoine rugueux et chaud à la fois comme la tendresse des ânes.

J’avance le cœur léger dans la ville. Je ne dessine pas sur les murs. J’appartiens à une terre qui ne m’a rien laissé.
Je n’éclate pas en sanglots. Je suis animée d’une passion pour mes racines qui conduisent mes pas ici, où tout n’est que broussailles. A défaut d’or massif, je n’ouvre la bouche que pour entonner ce chant que nous reprenions ensemble au pied d’arbres centenaires.

Dans ma mémoire, un bruit me suit. En remontant aux sources, je reviens aux origines même de ma naissance.
Je n’invente pas un patrimoine. Je possède le chemin. Si tout a disparu et que souvent on se perd sur des fausses pistes ou de grandes déceptions, en moi se loge ce qui ne disparaîtra jamais, la mémoire des miens.

Dans un monde sans horaire, sans distance, balayé par les vents de la mondialisation, je m’enracine immobile.
Il faut du courage pour être soi-même, pour parler une vielle langue et ne rien renier de ses origines.

A travers la fenêtre d’un train, je regarde au loin les grandes cathédrales.
C’est un peu comme cela que ma mémoire domine ma vie.

11 septembre 2010

Visite (MAP)

NICHE

11 septembre 2010

Patrimoine (Violette)

J'ai pas Trimoine en moi
J'ai pas Trimoine pour moi et même pas contre
J'ai pas Trimoine sur moi et même pas sous
J'ai pas Trimoine chez moi et même pas en face de chez moi et ni en haut et ni en bas
J'en suis pas tristemoine mais quand même si quelqu'un a pour moi unmoine et même deuxmoines
c'est mieux pour moi que pas Trimoine
Je sais pas à qui d'autres le dire que là...........Merci

11 septembre 2010

Nettoyage de printemps (Jo Centrifuge)

L'ennui avec le patrimoine d'exception, c'est qu'il réside très souvent en altitude. C'est bien entendu le cas à Saint Jean Baptiste, pour le plus grand malheur de frère Paul, novice de son état.  Le frère principal était entré fulminant dans le réfectoire avec des airs de sergent lors d'une revue de paquetage. Après qu'il annonça une visite éclair de Monseigneur pour le lendemain, tout le monastère flaira l'embrouille. Une main charitable propulsa vivement Paul sur le devant de la cène. Le frère principal accueillit son dévouement involontaire par un vibrant « merci », les bras grand ouverts, tenant dans ses mains un chiffon et un bidon de Mirror.

On l'accompagna jusqu'au portail occidental de la cathédrale, puis on osa rompre le silence votif pour murmurer craintivement  : « la couronne » en désignant la vierge Marie qui trônait tout sourire sur la coupole de l'édifice, là haut, le cuivre de sa saint coiffe chatouillant les nuages et les longs courriers.

Paul eut à peine le temps de réaliser qu'on l'empoignait fraternellement, mais néanmoins fermement, pour le porter par des escaliers de pierre labyrinthiques, de plus en plus étroits, jusqu'à ressortir à l'air libre sur un petit cheminement qui courait à la coupole. L'assemblée attendait là, les bras croisés, barrant l'unique issue à cette folie. Paul n'avait plus qu'à prendre courage. Les mains moites cramponnées à son nécessaire à reluire, il entreprit  son ascension sous les yeux effarés de quelques pigeons qui s'en arrêtèrent de souiller les gargouilles pour lui emboîter le pas, étonnés par tant d'inconscience.

« Mais qu'est-ce que je fous là? » se dit Paul alors que ses pieds se battaient avec sa robe de bure en escaladant les premiers barreaux de l'échelle rudimentaire de la coupole. Au gré de sa progression, un air vif semblait vouloir le happer, forcissant avec l'altitude, et le poussant par rafale vers le vide vertigineux qui l'entourait à présent qu'il atteignait le socle de la Vierge.

A partir de là c'étaient de simples tiges métalliques qu'il fallait emprunter pour enfin atteindre la couronne de la statue. Paul frissonnait alors qu'il escaladait les jambes de la Dame. Il se figea à la hauteur des hanches, suspendu dans le vide, il avait le tournis. En bas, ses camarades ne trouvèrent rien de mieux que d'entonner un psaume. Il voulut hurler un grand « Vos gueules » mais il ne  réussit qu'à pousser un minuscule râle pathétique, ce qui lui valut les caquetages moqueurs de quelques canards qui passaient par là.

Mais comme il est déjà minuit, il faudra que je finisse la fin de cette histoire au prochain défi. Toute suggestion est d'ailleurs la bienvenue.

11 septembre 2010

Patrimoine (Captaine Lili)

- un nom italien qui n’en a pas l’air
- des yeux bleus grands-parents
- une bergère ottomane retapissée
- le manque de confiance
- l’amour des collections
- des livres d’enfants du temps ancien
- le plaisir d’imaginer
- une cavernomatose
- des coins d’ailleurs visités
- des nœuds familiaux
- la joie de rire
- le goût des gâteaux faits maison
Entre autres…

11 septembre 2010

Faut-il sauver le patrimoine de l'humanité ? (Tiphaine)

Un grand bocal vide, posé sur la table. Une pile d'étiquettes. Un stylo. Un sablier.

Il s'approche de moi, il ouvre la bouche, il dit :

- Je suis le grand effaceur , le bouffe-mémoire !

Je ne dis rien. Qu'est-ce que je pourrais dire ?

- Je vais retourner ce sablier dans un instant. A partir de ce moment, tu auras exactement trois minutes pour noter ce que tu souhaites garder du patrimoine de l'humanité. Quand les trois minutes seront écoulées, je partirai avec ce bocal et les étiquettes que tu y auras déposées. Tu ne me reverras pas. Tu ne te souviendras pas de moi.

- Pourquoi moi ? Je ne sais pas moi, monsieur, ce qu'il faut garder !

- Pourquoi pas toi…

Il retourne le sablier.

Trois minutes…

- Les îles, toutes les îles…

- La Sainte Chapelle et les rayons de soleil à travers les vitraux.

- Les toiles de Chagall dans lesquelles on voit des amants qui volent en se tenant par la main.

- Le cloître de l'abbaye du mont saint Michel.

- La bibliothèque de Coimbra.

- L'église de Loc-Envel.

- La mosquée bleue d'Istambul et la basilique citerne.

- Le cimetière de Prague.

- Le requiem de Mozart.

- L'orient express.

- La tour Eiffel.

- Le tumulus de Gavrinis.

- Les temples d'Angkor.

- Les salins de … je sais plus…

- La cathédrale d'Albi.

- Mystras…

- Le Taj Mahal, la grande muraille de Chine, Jérusalem, Florence, Rome, Venise, Volubilis, Fès, Uxmal, la chaussée des géants, la vieille ville de Zanzibar, Sana'a…

 

Je n'y arriverai jamais…

Tant d'œuvres, de monuments, de livres, de films, de mots, de notes…

Le sablier file…

Je ne peux pas tout sauver, et chacun de ces éléments, pris tout seul, ne veut rien dire, dit si peu de l'histoire des hommes, des femmes…

 

- Léa, deux ans, vient de faire caca dans son pot pour la première fois. Ses parents sont heureux, on dirait que c'est le plus beau cadeau qu'ils aient reçu de leur vie.

- Monsieur Kleinman habitait rue des anges, il jouait du violon pour ses voisins.

- Un baiser sur mon cou, si doux…

- Les mains de Fatima quand elle roule les graines de couscous.

- Une tartine de confiture de figues, le matin, trempée dans un bol fumant, et le soleil qui passe à travers le carreau de la fenêtre.

- Le premier cri de Thomas.

- Les larmes de Simon.

- L'odeur de la terre mouillée, après l'orage…

 

Je n'y arriverai pas.

C'est trop difficile.

Je reprends toutes les étiquettes jetées trop rapidement dans le bocal en verre.

Il reste encore quelques grains dans le sablier.

Une seule étiquette.

J'écris :

- "L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche", Miguel de Cervantes.

Une seule étiquette dans le bocal.

Le sablier a fini de s'écouler.

Je vais oublier.

Et si…

… Si je n'avais rien mis dans le bocal, aurions-nous refait les mêmes erreurs ?

A quoi sert le patrimoine, s'il n'est que décoration ?

Je veux oublier.

Pourquoi est-ce qu'on parle de patrimoine d'abord, pourquoi ce mot, l'héritage du père ?… Et les mères alors ? Le matrimoine, on en parle ? Est-ce que l'histoire n'a été faite que par des hommes ? Est-ce que seul l'héritage de nos pères est digne d'être préservé ?

Faut-il seulement le préserver ?

Fallait-il seulement le préserver…

Je veux oublier.

 

 

11 septembre 2010

Patrimoine (rsylvie)

Prudemment (bien - substantif)

Acquisition (possession – nom)

Transmission (héritage – appellation)

Risque (fortune – dénomination)

Intégralement (bien – désignation)

Malchance (fortune – homonyme)

Oui (bien – pseudonyme)

Immeubles (fortune – patronyme)

Nettement (bien – marque)

Enclos (domaine – sobriquet)

Après avoir refermé délicatement le livre des synonymes, Pierre se lève pour l’aller ranger dans la bibliothèque, sur la 3ème étagère. Celle entre l’encyclopédie Larousse et les GEO magazines, précieusement disposés les uns à coté des autres. De retour à la table de cuisine, le vieil homme s’assoit et passe son doigt sur l’extrémité de son oreille. Il n’est pas plus avancé que l’avant-veille, jour de parution de la consigne du SamediDEFI. Ce qui le contrarie d’autant plus, qu'il s’est mis en tête d’aller cet après midi, visiter son cousin Henri pour une énième revanche à la belotte.

« A vous d'en tirer la "substantifique moelle" ...

Facile à dire quand vous avez tout le système olfactif envahit des douces odeurs du pot au feu d’Alice, son épouse, qui s’affère devant le fourneau. Inconsciemment Pierre se gratte à nouveau l’oreille droite. Signe d’une extrême contrariété, d’avoir tant de difficulté à noircir la page blanche. Dehors le vent de septembre commence à geindre la triste mélodie des jours d’automne, tandis que la petite chatte Grisette gratte au carreau, que quelqu’un veuille bien lui ouvrir.


Pierre n’aime pas les chats, ni les chiens d’ailleurs. Enfin ce n’est pas qu’il ne les aime pas, mais il ne peut concevoir de les voir dans une maison. Pour lui, les animaux se doivent d’être libres. Alors dans sa maison ! Vous imaginez sa tête, quant Alice, il y a déjà bien des années de ça, lui avait présenté Gribouille, un tas de poil mal léché, qu’elle venait de trouver dans le talus en revenant d'une visite quotidienne, à Emma sa voisine. Les années ont passé, les chats défilés… sont devenus de moins en moins sauvages ou le maître de maison, de plus en plus docile. Toujours est-il, que Pierre se lève pour ouvrir la fenêtre et laisse entrer Grisette. Qui, sans plus d’attention à mon père, traverse la pièce pour se diriger fièrement vers sa gamelle.

De nouveau à sa place habituelle, les yeux fixés sur l’heureux animal, papa s’empare de Ouest France, qu’il ouvre à la page des mots croisés et interpelle maman.

Alice ! en 10 lettres, commençant par un P …tranche de vie…. Succession » ?

PATRIMOINE  répond ma mère », jetant un regard complice vers celui qui partage sa vie depuis plus de 50 ans.

11 septembre 2010

Gêne et tics (Walrus)

ADNVoici un relevé détaillé du seul patrimoine qui me reste.

Que mes héritiers restent Zen, inutile d'ester, chacun a déjà reçu sa part et aucun tribunal n'en modifiera la distribution.

11 septembre 2010

PATRIMOINE (Adrienne)

Ce matin-là, ils avaient décidé de faire une randonnée vers les hauteurs. Un joli sentier partait du hameau, traversait des forêts et des alpages. Tout était beau, lumineux, frais, parfumé, tranquille.

Le sentier grimpait. Ils ne rencontraient personne et marchaient pourtant depuis quelques heures.

Au détour du chemin, tout à coup, une grosse cabane. Une sorte d’étable sur pilotis. Quelques vaches aux alentours, qui en broutant faisaient tinter doucement la cloche accrochée autour de leur cou. Il y avait différentes notes qui faisaient penser aux premières mesures du Pierrot lunaire.

Un homme est sorti de l’étable et s’est avancé vers eux. Il parlait un dialecte  à consonance germanique qu’ils ne comprenaient pas très bien et lui ne comprenait aucune autre langue que celle-là. Pourtant, ils se sont compris. Il les a invités à l’intérieur. Ils l’ont suivi. Ils sentaient bien que refuser, ce serait lui faire un affront.

Il leur a fait signe de s’asseoir. Ils ont deviné à son geste qu’il s’excusait pour le désordre. Il n’y avait pas de véritable désordre, juste un intérieur sombre, très rustique, d’un homme vivant seul et qui ne reçoit jamais de visites. Il y avait une table en bois grossier, et deux banquettes. Ils se sont installés. Au travers des fentes dans le plancher, ils pouvaient voir les litières des vaches. L’homme a disparu dans un appentis.

Quand il est revenu, quelques minutes plus tard, il a déposé devant eux deux grands bols de faïence remplis de lait. Puis il est reparti dans les profondeurs de l’étable. Elle a jeté un regard désolé vers son compagnon : du lait, un bol plein de lait, elle à qui la moindre gorgée, l’odeur même du lait donne des nausées...

Revoilà l’homme. Avec un bloc de fromage, une motte de beurre et un grand pain gris déjà bien entamé. Son pain de la semaine, ont-ils compris par la suite, que quelqu’un du village venait lui apporter le samedi. Lui ne redescendrait qu’à l’automne. Là-haut, tout là-haut, il restait seul tout l’été, avec ses vaches, leur lait, le beurre et le fromage qu’il faisait lui-même. Dans sa cabane-étable tout en bois sur pilotis.

Il les incitait à boire, à manger. Elle a précautionneusement posé les lèvres contre le bord du bol de lait : il avait le parfum et le goût de toutes les fleurs de la montagne. Jamais au grand jamais elle n’a bu un lait comme celui-là, ni avant ni après ce jour.

Il y a trente ans de cela. Aujourd’hui, il n’est plus permis de conserver du lait, d’en faire du beurre ou du fromage, si le local n’est pas carrelé du haut en bas, nettoyé au jet d’eau, désinfecté, stérilisé.

Dommage pour les jeunes qui prendront le sentier de la montagne.

Maintenant, « nous sommes tous président ».

 

11 septembre 2010

P comme Patrimoine, pourquoi pas ? (Kate)

Patrimoine ! Pour une rentrée, voilà du "lourd", j'irai cependant en rétropédalage vers le mois de juillet et vous emmènerai non pas au bout de la Terre (comme le chante Aznavour) mais dans un coin de France magique !IMGP3015

Patrimoine : trop de choses à dire sur ce mot, bien sûr, je vous laisse apporter, chers amis défiants, chacun votre "pierre" que je lirai et j'ai retenu deux approches un peu paresseuses puisqu'elles s'appuient (elles devaient être fatiguées) sur des photos prises par moi ("ma pomme" pour continuer l'allitération en "p" qui s'est abattue sur moi, peste !)

Première version : "foncière" et seconde version : "festivalière", pourquoi pas ?

Version foncière :

Paternité

Antériorité

Terre

Richesse

Immobilité

Maturité

Obligation

Immobilier

Naissance

Emanation

IMGP3004

Version festivalière :

Pétillance

Amusement

Tendance

Rire

Immédiateté

Modernité

On off

Innovation

Nonsense

Emerveillement

IMGP3015

11 septembre 2010

Une retraite (à 62 ans ?) à Solesmes (Joe Krapov)

Solesmes_1Allons, enfant de la patrie
Tirer parti du patrimoine !

Porte tes pas, minot,
Vers l’abbaye pointue
Qui se mire dans l’eau.

Le moine t’y accueille
Avec sa bonne poire,
Son air de timonier,
Ses nippes de pirate
Et intime silence
A tout ce qui se trame au plus profond de toi :



- Le moment est venuSolesmes_2
De respecter le rite,
De passer à la trappe
La peine qui ramone
Ton âme en peine,
Ton cœur qui trime,
Tes tripes moites de trop plein.

Sois donc pour un petit temps
Le fidèle témoin
Et dis honnêtement
La part que t’ont laissée
Les pères précédents.
Montre-nous que tu sais
Faire le tri parfois. »


Solesmes_3- Ils m’ont donné les mots,
Le statut de poète
Et le goût pour la rime
Plus que pour la raison.

Ils m’ont transmis le rire
Et l’amour des chansons,
L’envie de plaisanter,
Le plaisir des satires.

Et puis, mine de rien,
Ont montré le chemin,
Les routes de la vie.

Alors je suis parti
Chercher Cléo,
Faire le pâtre ;
Faire le pitre,
Faire la pâte du pain pita
Et j’ai suivi la pente
Qui mène à l’amitié
Et aux affinités.


Et même su, peut-être,Solesmes_4
Par manipe ou sagesse,
Tripoter l’émotion
Jusqu’à, modérément,
Supporter leur pure perte.

Voici, bons pères, mon patrimoine
Mais…

Mais j’ai toujours en moi
L’amour des abbayes
Où se retirent du monde
Celles et ceux qui prient pour lui
Avec des mots et des poèmes
Comme celui-ci auquel
Je suis forcé de mettre
Un point final. (1)


Solesmes_5

(1) En effet j'avais utilisé toute la liste des mots composés avec les lettres de "patrimoine" !
(2) Les aquarelles datent du temps déjà ancien où j'habitais dans le même coin que Végas-sur-Sarthe !

11 septembre 2010

Patrimoine (32Octobre))

PATRIMOINE

Et le mot se décompose automatiquement dans ma tête en deux mots

PATRIE – MOINE

 

Peut-être à cause de l’actualité,

Peut-être avoir entendu l’interview de Lambert Wilson et cru voir son sourire

Peut-être après avoir lu de nombreuses critiques sur le film de Xavier Beauvois
«
Des hommes et des Dieux »

Peut-être que j'ai trop peur de gaspiller ce qui m’a été légué à ma naissance,

Peut-être que je n’ai pas tout compris…

 

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