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Le défi du samedi

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16 août 2014

Ferme ta boîte ! (Joe Krapov)

Sur la petite place de ce petit village il n’y avait personne. Et pourtant je n’avais pas rêvé. Une petite voix m’avait interpellé et elle continuait de me parler.

Boîte aux lettres MAP DDS 311

- … Et c’est vrai que maintenant il n’y a plus besoin d’entrer dans une cabine téléphonique pour appeler du dehors le 22 à Asnières ? C’est ça que ça veut dire tous ces gens qui se promènent en se tenant l’oreille droite et qui causent tout fort dans la rue comme des débiles sans plus rien regarder autour d’eux ? Au début j’avais cru à une recrudescence d’idiotisme de village cumulée avec une épidémie d’oreillons ! Et les courriels, c’est quoi exactement ? Vous tapez un message sur votre clavier, vous tapez « envoi » et il arrive instantanément dans la boîte de votre destinataire ? On est en pleine science-fiction, là ! Comment ça fonctionne ? C’est un facteur factice sur un vélo virtuel qui pédale pour faire passer le pli dans les tuyaux ? Vous n’écrivez vraiment plus sur du papier ? On m’a même dit qu’aux Etats-Unis ils allaient arrêter d’apprendre aux mômes à écrire avec un stylo ! Vous vous rendez compte ? Qu’est-ce qu’on va devenir, nous ? Des pièces de musée ? Déjà qu’il n’y a plus qu’une levée par jour ! Et vous, vous écrivez encore ? Vous avez envoyé des cartes postales cet été ?".

C’était bien de la boîte aux lettres archaïque que la voix sortait. C’était bien la boîte elle-même qui me questionnait. Je n’ai pas eu le cœur de lui parler de Skype, de Facebook, de Twitter, des SMS ni de la blogosphère où je suis très actif.

Et puis j’ai paniqué. Jeanne d’Arc aussi a commencé par entendre des voix et puis après son destin a basculé tragiquement parce qu’elle est allée bûcher dans un autre domaine que le sien. Alors j’ai eu pitié de la boîte aux lettres jaune et verte et j’ai fait un truc idiot. Dans la fente réservée aux lettres et aux cartes j’ai glissé mon baladeur MP3. Si elle farfouille un peu dedans elle y trouvera, avec les petites merveilles d’Emmylou Harris ou de Cécile Corbel, la carte postale virtuelle et sonore de mes vacances à A…
 

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16 août 2014

la lettre (Fairywen)

 

La lettre.

 

Une dernière fois la main a hésité,

Puis la lettre est tombée

Dans la boîte au coin de la rue

Et s’en est allé vers l’inconnu.

 

Est-ce une lettre d’amour

Toute de mots de velours ?

Une lettre de tristesse

Qui provoquera la détresse ?

Une lettre d’amitié qui va des liens resserrer ?

Ou une lettre de souvenirs

Qui va faire naître des rires ?

 

Non, c’est une lettre d’adieu,

La lettre d’un frère blessé

Qui s’en va vers d’autres cieux

Pour oublier

Cette nuit

Rue de la Pierre Hardie

Où sous la lanterne qui luit

Il a perdu le duel

Pour les beaux yeux d’une belle.

 

Il part refaire sa vie,

Trouver son coin de paradis,

Oublier la belle

Que son frère lui a ravi,

Oublier le duel

Qui a fait basculer sa vie.

 

Un jour il rencontrera sa mie,

Oubliera celle qui n’était pas pour lui,

Et reviendra,

Sa belle à son bras,

Pour se réconcilier

Avec le complice de ses jeunes années.

 

Défi 311 du samedi 9 août 2014

9 août 2014

Défi #311

Sixième photo des défis de l'été :

311 BAL

A poster dès que vous le pouvez à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

9 août 2014

Se sont fendus d'un texte lapidaire

9 août 2014

MAP trahie par MAPS (Walrus)

Et pourquoi diable MAP a-t-elle photographié cette lanterne messine à brancher les aristos ?

Hein ?!?

Mais parce qu'elle sortait de la boutique d'en face, levant les yeux au ciel, toute extasiée encore des effluves entêtants du chocolat.

Berceville

Vilaine gourmande, va !

 


 

Complément à l'usage de KatyL :

Photo streetview du luminaire incriminé à Metz

 

Metz

 

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9 août 2014

Participation de JAK

ja01

On a beau être fiers de notre  Capitale et éprouver un grand plaisir à l’arpenter, ici, les chemins ombrés sont plus reposants.

Je vais passer une semaine agréable à méditer et me ressourcer au fin fond de « mon»  Ardèche  rassurante.

Ici, les autochtones  ne se plaignent  pas de la pluie, ça arrose !

-« Y’en ben besoin m’dame»

Ce soir, quelques voisins autour de moi.

Ils sont venus me rendre visite de courtoisie.

La fraicheur arrivée avec la chute du jour,    nous voici réunis  au coin du feu, où de belles buches généreusement alanguies nous  ravissent l’âme.

ja02

Et en cette veillée,  la maisonnée accueille un conteur.

 Il a nom « Lou Couavou »

 Quel plaisir de l’ouïr, bien calés sur des coussins brodés de fleurs naïves, tassés sur  une antédiluvienne  banquette creusée dans un vieux châtaigner.

Il est là, face à nous debout, la barbe hirsute, les doigts noueux, un squelette sec, mais tout en souplesse,  avec son accent, inclassable, inimitable, langue d’Oc,  qui chante si agréablement à nos oreilles.

 Ce diseur  bucolique me fait penser à d’autres temps…celui des troubadours où l’on croyait tout simplement aux miracles, aux choses mirifiques…

 Les usages ont changés, du moins la façon dont ils sont colportés, les  new-médias n’ont pas la même perspective au jour d’aujourd’hui ! Time is money !

Pour notre enchantement il reste encore quelques rêveurs-résistants archaïques, on devrait les inscrire au patrimoine de l’humanité !

 

Seules nous illuminent quelques pétillantes étincelles.

 

Je me laisse porter par son histoire  en ce déclin de journée.

Je n’ai pas son talent pour la raconter, mais en voici quelques bribes.

 

La Pierre à Venin

 

Lou Couavou  commence toujours ainsi

…Là haut sur le plateau, vivait un vieux sage….c’était Nestor…

Il était réputé dans la contrée, ses dons étaient illimités, les humains et les bêtes il les remettait d’aplomb d’un seul geste serein, Il cueillait aussi les Herbes, celles qui vous sauvent la vie.

     Sa spécialité cependant était la Pierre à Veninja03

Il en possédait une pléiade, qu’il gardait  dans un cruchon en grès qui datait de ses ancêtres.

 

Et je « m’en va » vous raconter, nous dit-il,  une anecdote légendaire qui a circulé  dans tous le pays et  galopé bon train durant longtemps…

ja04

 

 Une bergère, qui gardait ses vaches dans le pré Pascalou, pas loin du Mont- Mézenc, s’était sentie prise de fatigue. Certainement la monotonie de la tâche, ses aiguilles à tricoter étaient tombées d’elles mêmes, et la voici qui s’était assoupie, allongée sur la mousse.

Notre Honorine, qui était aussi « nourriceuse »,- cela lui procurait quelques monnaies pour améliorer l’ordinaire,-  avait par conséquence, une belle poitrine plantureuse, gorgée de lait.

Elle était pâmée dans les bras de Morphée quand elle senti un galant lui caresser la poitrine !

Ca alors !,

 Elle ouvre un œil, furtif, on ne sait jamais si le coquin lui plait, mais qu’elle n’est pas sa stupéfaction de voir une vipère sur son sein ! Et qui, le devineriez vous, était  est en train de s’abreuver d’un nectar dont, il paraît ces vipérins raffolent !

Honorine effrayée se lève d’un bond, mais la bête, surprise également, la mord de ses belles dents pour se défendre, lui inoculant, au passage un belle coulée de venin.

Cris de désespoir, car elle sait bien le sort qui lui sera réservé si elle n’est pas soignée à temps.

Heureusement, Nestor, n’est par loin, il a une sorte de don d’ubiquité, et se trouve partout à la fois.

Il  entend les cris, accourt aussitôt.

Comme  il n’allait  jamais aux cueillettes  de champignons ou de simples, sans son couteau et sa Pierre à Venin, il fait, sans précipitation mais avec sûreté,  ce qu’il faut pour enrayer le mal.

Il était temps, les seins gonflaient et devenaient violets à s’en vouloir éclater !

Honorine fut sauve.

Dans le pays, il se murmurait, après cet incident, qu’elle n’accordait dorénavant ses faveurs qu’à ce Nestor,  et comme cette pierre assurerait également la fertilité, on vit des semblants de Nestor dans le pays,

Hélas aucun n’a hérité de son talent.

Mais là c’est une autre légende

A bientôt mes amis

#310 samedi défi

 

*photo jak embouchure ruisseau la Langougniole  sur la Loire

9 août 2014

PROMENADE DANS LES RUES DE METZ par bongopinot

 

bo01

 

Une ville charmante et agréable qui me fait très bonne impression

Je découvre tranquillement à mon rythme, la ville de Metz

Le plan d'eau  où il fait bon se prélasser à la belle saison.

Chacun se fera son opinion, pour moi, c’est une ville pleine de promesses

 

 Place de la comédie La cathédrale et son immense surface vitrée,

A une hauteur impressionnante, c’est un joyau de l’art gothique.

Et je continue à flâner dans ces rues commerçantes et animées

Au détour d'une ruelle je découvre un petit coin ombragé et magnifique

 

C’est chouette c’est moments donnant une certaine douceur de vivre

Je continue à arpenter la ville et me retrouve rue de la Pierre Hardie

Une rue superbe, et, m’arrête dans un café bar « Au fût et à mesure »

L’endroit y est fort sympathique convivial j'y reste jusqu'à midi  

 

bo02

 

Je reprends mon périple et passe devant un Marché Couvert

Puis devant des immeubles en briques couleur sable et insolites

Je me trouve rue aux ours, pas un ours ni un chat c’est calme et désert

Et là des angelots au dessus et de chaque côté d’une porte imposante.

 

Je vais maintenant penser à rentrer chez moi en Normandie

J’ai passé ici une journée formidable de visite au gré des ruelles

Le jour doucement descend le fond le l’air s’est refroidi

Je pars mais reviendrai surement dans cet endroit qui émerveille.

 

9 août 2014

Duel (Fairywen)

 

Duel.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Epées qui virevoltent dans le vent

Qui va verser le premier sang ?

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Duel

Pour les beaux yeux d’une belle.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

L’un d’eux le genou a plié,

Son arme a lâché

Et son sang a coulé

Sur les pavés.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Avec la belle le vainqueur est parti

Laissant le vaincu derrière lui

Se relever lentement

La main sur le flanc.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Dans la chaleur de la nuit

Et l’ivresse de l’alcool englouti

Deux frères, devenues ennemis

Rue de la Pierre Hardie

Sous une lanterne au coin qui luit.

 

Défi 310 du samedi 2 août 2014

9 août 2014

Cartes postales : Chapitre V (par joye)

Chapitre V : Rue de la Pierre Hardie

[L’histoire jusqu’ici : Amanda Perry, héritière américaine, se retrouve à Nancy, après deux messages anonymes et inquiétants. Là, en attendant de voir son avocat, elle rencontre une petite fille qui semble porter le nom de l’avocat qu’Amanda souhaite rencontrer.]

Tellement surprise par la hargne de la vieille prof et par le nom de sa petite élève de danse, Amanda resta figée un moment sur sa chaise rose. Elle décida qu’un effort pour affronter  la prof serait du temps perdu. Alors, elle s’éleva pour suivre la petite qui devait être dans le vestiaire au fond du grand couloir. Mais la salle était déserte. Amanda quitta rapidement le bâtiment, mais ne vit nulle part dans la rue la petite fille !

-          Décidément, cela devient de plus en plus curieux, se murmura-t-elle quelques minutes plus tard devant sa salade au Café du Commerce. C'était peut-être une simple coïncidence. Bon. J’ai encore un jour avant le retour de Maître Cherval. Je devrais peut-être faire une petite excursion à Metz, c’est pas loin. J’aimerais bien voir la Cathédrale qui se trouve dans la rue de la Pierre Hardie. Je commence à avoir bien besoin un peu plus de hardiesse…

-          Ah, tiens, bonjour encore, mademoiselle ! lui fit une petite voix souriante.

Amanda  leva la tête pour voir la fille Émanuelle à côté de sa table, sa petite main dans la main de…sa méchante prof de danse !

9 août 2014

Les révélations de Joachim à Eva (KatyL)

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Eva était plongée dans la lecture du livre de Raphael depuis quelques jours, et semblait dubitative sur la connaissance qu’avait cet écrivain du monde artistique en peinture, ou bien il n’avait rencontré que des « m’as-tu-vu » ou des « snobs. » …..Elle savait que les humains avaient un ego assez  dimensionné, mais elle connaissait pour sa part de nombreux artistes qui eux peignaient juste pour le plaisir et la passion sans prétention particulière en sachant que le vaste monde n’offrait que peu de place en pleine lumière. Pour sa part, elle avait depuis longtemps transformé ce don qui lui avait été donné à la naissance par du travail sur la technique, et cette  passion dévorante était un immense plaisir personnel, cela lui suffisait amplement. Cependant elle avait acquis une petite notoriété bien régionale mais certaine au fil des ans et des expositions, et des nombreux articles de journaux. Dans le livre de Raphael  il n’était question que de gens qu’Eva fréquentait peu. Par contre il dépeignait les galeristes avec des traits tout à fait réalistes, des gens souvent sans scrupules avides et mercantiles qui avaient peu de sensibilité artistique mais une sensibilité opportuniste, avec la conviction pour la plupart que seul l’art abstrait avait sa place dans ce monde, comme si le figuratif n’existait plus, et comme si les acheteurs potentiels ne le regardaient même plus, or c’était faux puisque qu’Eva faisait du figuratif et qu’elle voyait sa côte monter gentiment et des clients chaque année nouveaux !

Elle en parlerait avec Raphael  le lendemain soir car elle était invitée par cet illustre voisin avec repas à la clé chez lui, il avait beaucoup insisté pour que ce fut un soir, Eva avait dit oui en lui précisant « visite de voisinage alors »

En attendant la journée serait consacrée à faire du cheval avec Joachim qui  l’attendait pour 14h à l’écurie. Elle s’habilla en amazone et partit ravie, après avoir fait un repas sommaire de légumes et de fruits.

Joachim l’accueillit avec un sourire radieux, lui sella Arabelle, femelle jeune et nerveuse, lui prit Arogun et ils partirent tous les deux en chemin forestier, l’air était doux, le soleil irradiait la forêt, les oiseaux chantaient sur leur passage, les violettes sauvages sentaient si bon, Eva était aux anges.

En cours de route le cheval d’Eva se cabra car il vit traverser un petit renard, elle ne s’attendait pas à une telle réaction de sa monture, il fallut à Joachim beaucoup d’expérience et de rapidité pour calmer la jument, Eva était restée tout ce temps accrochée sans tomber, mais elle eut très peur. Lui aussi, et lorsqu’ils furent à terre il la prit dans ses bras en murmurant :

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-«  Heureusement tu n’as rien ! Dieu que j’ai eu peur, cette jument est imprévisible mais celle que j’avais réservée a été malade et le vétérinaire m’a conseillé de la garder au chaud, j’ai dû seller Arabelle, pardonne-moi Eva » et il l’embrassa sur les lèvres en la serrant très fort avec beaucoup de tendresse, Eva en fut bouleversée, mais elle ne resta pas contre lui, se recula pour se donner une contenance tant elle était troublée et dit : 

-« Oui j’ai eu peur, je prendrai des cours avec toi de manière à maitriser mieux en cas de souci, tu penses que tu aurais du temps pour moi ? »

-« oui je me suis libéré deux après-midi lorsque je n’ai pas d’accompagnements et de chevaux à ferrer en urgence, le mardi et le jeudi deux heures ça ta va ? Tu me manquais et j’ai manipulé mon emploi du temps pour être avec toi. De plus le samedi soir je te garde cette soirée  pour aller avec toi au cinéma au restaurant ou autre sortie qui te ferait plaisir, et un dimanche de temps en temps, ce n’est qu’un début ! »

-« Mais je suis ravie je t’assure, c’est formidable, je retiens avec plaisir, je dois te dire cependant que j’ai fait la connaissance de mon charmant voisin l’écrivain Raphael Fontenoy, tu sais il demeure trois maisons plus haut, je suis d’ailleurs invitée chez lui demain soir à manger pour parler de son livre qui traite de la peinture, je t’avoue que la discussion risque d’être passionnante car si le livre est très bien écrit, je ne suis pas toujours d’accord  avec son contenu.

Joachim fit une  légère moue dépitée et sembla réfléchir avant de lui répondre :

-« Tu sais Eva je connais ce genre de type beau parleur, coureur de jupons, tu es belle et tu es une proie pour lui, je le connais de réputation, d’ailleurs son ex petite amie qui est une excellente cavalière demeure dans le village voisin rue de la Pierre Hardie, si tu veux et si tu as le temps va un peu parler avec elle de Raphael, mais je ne veux pas t’influencer, tu pourrais croire que je suis jaloux, d’ailleurs je le suis, il est libre et il évolue dans ton monde, lui, mais tu es assez intelligente pour te faire une opinion toi-même »

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Il baissa les yeux ne dit plus mot et semblait gêné par cette longue tirade qui ne lui ressemblait pas.

Eva le remercia de ces avertissements et lui promit d’être attentive, elle s’approcha de Joachim lui prit la main et le fixa de ses grands yeux verts :

-« cher Jo tu sais que je suis encore mal remise de ma rupture avec Max,  je ne veux plus être amoureuse ni être vulnérable, je veux rester libre et attendre le bon moment lorsque mes plaies seront refermées, et ensuite dans quelques temps sans doute,  je trouverai l’unique homme avec qui je désirerais finir ma vie si possible ?? Aussi je vais chez Raphael  en toute tranquillité d’esprit, mes chers voisins sont au courant ainsi que toi, que veux-tu qu’il m’arrive ? Je ne vais que pour parler de son bouquin, et faire un repas entre voisins »

-« Bon Bon ! Si tu le dis, mais tu peux me téléphoner à tout moment et tu le sais si tu as un souci. Je te laisse car j’ai un RDV avec le vétérinaire pour les chevaux malades, j’ai oublié de te dire, tu es ravissante en sauvageonne les cheveux au vent»

Il l’embrassa sur les joues et partit.

Elle rentra chez elle et se fit cuire des bons œufs au plat achetés le matin même à la ferme avec un bout de lard et quelques feuilles de salade, et elle se mit sur son canapé avec la tempête de Beethoven, puis elle se mit à réfléchir sur ce que lui avait Joachim et surtout elle repensa à son baiser qui avait créé en elle tant de remous, elle qui ne voulait pas le montrer, il avait dû s’en rendre compte !
Elle aimait beaucoup Joachim et ils se voyaient très souvent depuis 4 mois où elle s’était réfugiée chez lui en pleine tempête, cela ne lui ressemblait pas de médire sur quelqu’un, pourquoi lui disait-il cela ? Jaloux certes mais il était dépourvu de malhonnêteté, Eva se promit donc d’être vigilante.

Le lendemain Eva, fit des emplettes chez un antiquaire qu’elle aimait beaucoup, elle acheta entre autre une jolie coupelle en forme de plume pour offrir à Raphael le soir au diner, et dans l’après-midi elle fit du solex avec l’appareil photos en bandoulière en vue de se faire une réserve de modèles pour ses tableaux d’hiver. A 17h elle rentra se lava les cheveux, et se prépara pour aller chez l’écrivain, mais décida de mettre un jeans simple avec petits talons, un chemisier noir, et prit une veste simple pour le soir.

A 19h elle sonna.

Raph vient lui ouvrir tout sourire, elle entra, l’intérieur était luxueux et raffiné, cela sentait très bon chez lui, il avait sans doute fait du gigot d’agneau Eva en reconnu l’odeur, et une tarte aux pommes-cannelle ?

Il la fit asseoir sur un moelleux canapé et lui offrit un vieux Porto. La discussion se fit spontanément sur le livre et Eva débattit avec lui 1 h durant, il acquiesçait souvent et finit par avouer :

-« Dommage que je ne vous aie pas connu plus  tôt, je pense que j’aurais eu une vision plus positive des choses, mais si nous nous disions « tu » qu’en penses-tu dit-il en s’approchant d’elle sur le canapé »

-« Allons-y pour le « tu » mais je sens un peu le brûlé ne serait-ce pas la viande ? »

Il se leva d’un bond. Eva en fut soulagée.

Il est temps de passer à table dit-il !

Il avait fait les choses en GRAND porcelaine de Limoges, argenterie et cristal, bouquet au centre ! Eva trouvait cela remarquable et le lui dit. Elle lui offrit la porcelaine achetée le matin, il en fut ravi et touché.

Le repas se déroula en discussions diverses, autour d’un repas délicat, elle avait vu juste, coquilles ST jacques, gigot de pré-salé petites pommes nouvelles, salade et tarte aux pommes. Un excellent cuisinier ! Beaucoup de convergences de vues entre elle et lui le long des heures qui s’égrenaient.

Il lui proposa une liqueur digestive de sa grand-mère au salon. Elle prit soin cette fois de prendre un fauteuil individuel. Elle se  sentait bien.

Elle sentit que Raphael passait derrière elle entre le fauteuil et un petit meuble qui pensait-elle devait contenir les digestifs, elle avait fait un très joli chignon pour relever ses cheveux, et au moment où elle allait s’appuyer sur le dossier elle sentit dans sa nuque sa main qui l’effleurait.

ka04Elle sursauta, alors il insista et se pencha pour coller ses lèvres sur son cou, cette fois elle se leva d’un bond et le regarda avec colère.

-« Enfin nous ne nous connaissons encore pas, je viens en voisine et amie et vous tu t’empresses de » …. Elle ne finit pas sa phrase, aussitôt il revint se coller à elle, en la  serrant très fort, elle se dégagea.

-« Mais voyons dit-il je pensais que tu, que tu n’attendais que cela ! »

-« Quoi ? Mais non, je ne suis venue qu’en amie, depuis quand un homme civilisé se jette-t-il ainsi sur une femme au 1er repas amical, sans rien savoir d’elle, tu te méprends »

-« Je suis ainsi lorsqu’une femme me plait comme toi, je deviens un loup, et tu me plais Eva je ne pense qu’à toi depuis que je te vois de mes fenêtres, allez viens ! »

-« Non ! dit-elle je suis venue pour parler du livre et faire connaissance entre voisins, je ne m’attendais pas à un tel comportement ! Si un homme me plait je reste réservée, et j’attends de savoir ce qu’il a en tête et dans le cœur, je ne cherche pas l’aventure, tu te trompes de femme, je suis assez surprise par cette attitude, je vais rentrer chez moi, je suis fatiguée, le repas était excellent, merci beaucoup, mais ne cherche pas à me revoir si tu crois que je suis une femme facile, et que tu penses me collectionner avec tant d’autres  sans doute ?»

Elle prit sa veste et sortit sans même lui faire la bise d’usage, elle rentra chez elle furieuse et s’enferma à double tour ! –« Ce mec  est un sacré dragueur !! Pour qui me prend–t-il ? »

Elle se jeta sur son lit et repensa à Jo, à son avertissement,  à ce qu’il lui avait dit  de « l’ex » de la rue de la Pierre Hardie, si elle passait par ce village elle irait mine de rien, en prenant quelques photos parler à cette femme, sans en avoir l’air et finirait par savoir ce qui se cache derrière cet homme ! Elle s’endormit en pensant au baiser de Joachim qui pour elle avait la saveur des roses.

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Suite la semaine prochaine

9 août 2014

Chamaillerie d’amoureux (EnlumériA)

Le capitaine Ward s’effaça pour laisser entrer Kaelia. Il regretta de ne pas avoir retrouvé sa casquette. Il mettait un point d’honneur à se découvrir devant une jolie femme. Uniquement les jolies femmes ; celles qu’il trouvait moches, il leur accordait autant d’attention qu’à un pack de lait périmé. Un jour, son second lui avait dit qu’il n’était qu’un enfoiré. Il avait répondu qu’il assumait parfaitement son enfoiritude et qu’il emmerdait son second, son prochain et la terre entière. Pour Kaelia, il se serait découvert mais sans toutefois aller jusqu’à la courbette et le baisemain. Ces politesses-là, il se les réservait pour Maora, son diamant noir. Il était comme ça le capitaine, entier et complètement sociopathe.

D’un geste vague, il désigna un siège à la jeune femme, se laissa tomber dans son fauteuil et se servit un autre verre. Il était comme ça, Charles Ward, entier, sociopathe et alcoolique.

Sur le pont le calme était revenu. Le capitaine se pinça le nez, fronça les sourcils, un peu comme un type qui a oublié la liste des courses, un samedi au supermarché.

— Alors comme ça, vous connaissez mon neveu.

Ce n’était pas une question, même pas une affirmation, tout juste un commentaire ennuyé. Kaelia étendit ses jambes, ajusta sa robe sur ses genoux et laissa la moutarde lui monter gentiment au nez.

— Vous ne répondez pas. D’accord, vous êtes fâchée, ok. Depuis combien de temps êtes-vous dans ce patelin ? Ah ! Au fait ! Ne me traiter plus de vieille andouille. J’ai horreur du porc.

— Il semblerait que je le connaisse mieux que vous. Où est-il en ce moment ? Dans les griffes de vos deux clowns ?

Le capitaine poussa un profond soupir. Il se pencha en avant, posa ses mains à plat sur le bureau.

— Écoutez, bien ma belle. Je ne savais pas que ce gandin avait emprunté le passage. D’habitude, pour ce que j’en sais, c’est plutôt du pognon qu’il emprunte.

— Alors, vous allez peut-être m’expliquer tout ce cirque.

Le capitaine se rencogna dans son fauteuil, tendit la main vers la bouteille et prit une solide tape… sur la main.

— Arrêtez de picoler et mettez-vous à table, vieille andouille !

Kaelia fut assez surprise de la vigueur de la gifle du capitaine. Elle se frotta la joue. Charles Ward souriait comme un enfant devant le jouet de ses rêves.

— Je vous avez prévenue. J’ai horreur du porc.

— Mais vous êtes malade.

— C’est ce qu’on raconte. Et vous n’imaginez même pas ce dont je suis capable dans mes mauvais jours.

Les yeux de Kaelia crachaient des flots de rage.

— Ne vous avisez pas de me frapper une seconde fois. Vous non plus, vous ne savez pas ce qui peut me passer par la tête.

— Bon. Je crois que nous sommes partis sur de mauvaises bases, reprit Ward. Reprenons, si vous le voulez bien. Donc, moi, je suis le capitaine Charles D. Ward, flibustier, contrebandier, trafiquant d’opium et de bien d’autres produits pharmaceutiques. Je suis à la recherche d’une autre dame. Maora Leslie Jackson. Elle, son domaine, se serait plutôt la médecine par les plantes, la psychologie médiévale et les entourloupes en tous genres. Il se trouve que cette dame si chère à mon cœur déambule d’un monde à l’autre avec une blondasse dans votre genre, d’où la confusion. Quant à vous, je me fous royalement de qui vous êtes et d’où vous venez, en fait.

— Alors, faites-moi ramener à terre.

Le capitaine attrapa la bouteille d’un geste de vif. Kaelia remarqua une certaine méfiance dans son regard. Toi, mon pigeon, ça va te faire tout drôle, songea-t-elle.

Le capitaine s’enfila une lampée puis dit :

— Pas question. C’est trop tard. Que vous le vouliez où non, vous êtes mouillée jusqu’au cou. Ça vous apprendra à choisir vos fréquentations. 

— Fréquentations ? Comme vous y allez. J’ai rencontré Damien par hasard. Il avait l’air tellement paumé qu’il m’a fait pitié. Et puis, je me sentais seule. J’avais besoin d’un bon chien pour me tenir compagnie.

Le capitaine riait dans sa barbe. Il se tapa sur la cuisse.

— Par hasard. Elle est bien bonne celle-là.

— Qu’est-ce qui vous fait marrer comme ça. Vous ne croyez pas au hasard ?

— Le hasard, ma belle, c’est la providence du mécréant. Attendez ! – Il fit un geste d’apaisement de la main – Laissez-moi vous racontez une histoire.

Il ouvrit un tiroir, en sortit un gobelet et une autre bouteille. Il versa un liquide jaune. Sa main tremblait légèrement. Un signal de son foie, sans doute.

— Tenez. Un verre de Suze ne vous fera pas de mal. Ça va vous détendre.

Kaelia nota que ce vieux dément venait de marquer un point. La Suze était sa liqueur préférée. Si ce n’était pas du hasard, ça.

— Vous connaissez Metz ? Non. Je suis né en Normandie, mais quand j’ai eu douze ans, mes parents ont déménagé là-bas. Mon père était fonctionnaire. Nous habitions un appartement confortable dans un immeuble cossu. Rue aux ours. Elle donne sur la rue de la Pierre Hardie. J’avais mon meilleur copain dans cette rue. J’y ai grandi tranquillement jusqu’à ce fameux jour. Je venais d’avoir dix-sept ans. J’étais mignon et je dois reconnaître un certain succès avec les filles. Surtout une, comment s’appelait-elle déjà. Bon sang, c’est à cause d’elle que ma vie à basculer et je ne suis pas foutu de me souvenir de son nom.

— C’est que vous ne l’aimiez pas tant que ça.

— Qui vous parle d’amour. Vous savez, l’amour, ça va, ça vient, ça finit toujours par partir en vrille. Juste une fantaisie décadente inventée par des poètes lunatiques clamant des vers insipides sous des fenêtres fermées.

— …

— Vous n’approuvez pas. C’est comme vous voulez. Donc, où j’en étais moi. Ah oui, il y avait cette fille, là. Nicole, Patricia, je ne sais plus. Elle était belle comme une lune de porcelaine. Elle avait des cheveux blonds un peu comme vous et des yeux, je ne vous dis que ça. Ses parents tenaient la petite épicerie qui faisait le coin. De braves gens, un peu niais. Et juste au-dessus de l’épicerie, c’est là qu’habitait mon pote. Comment il s’appelait déjà ?

— Donnez-leurs des numéros, on s’y retrouva peut-être, se moqua la jeune femme.

— N’empêche que je m’étais entiché de la fille de l’épicier et que c’était bougrement réciproque. On se pelotait en cachette des parents, sous le porche, enfin sous l’escalier. On fumait des cigarettes et on se promettait des lendemains d’opéra fantastique. C’était sans compter mon pote qui en croquait lui aussi pour Melody. Tiens, ça m’est revenu ! Bizarre, non ?

— Vous parliez d’opéra fantastique, votre subconscient aura fait un lien.

Le capitaine se leva brusquement, alla jusqu’à la porte et appela monsieur Mite rapportez-nous une bouteille de Merlot on parle de choses qui méritent bien qu’on boive du bon.

— Du beau, du bon, Dubonnet, murmura Kaelia pour elle-même. Vas-y coco, bois, tu me rends les choses plus faciles. Et d’un geste furtif, elle s’empara d’un coupe-papier.

Le capitaine se rassit et s’éclaircit la voix.

— Mon pote. Parlons-en de celui-là. La dernière fois que je l’ai vu, c’était le jour anniversaire de Melody. Je revenais de la librairie avec un bouquin sous le bras. Un de ces trucs pour filles tout plein de miel et de guimauve. Elle aimait bien les romans d’amour Melody.

On toqua à la porte. Monsieur Mite entra, déposa la bouteille de Merlot et s’éclipsa. Le capitaine sembla soudain absent.

— Vous parliez de votre copain, dit Kaelia. Celui dont vous ne vous rappelez pas le nom.

Le capitaine s’ébroua.

— Par la barbe du Prophète ! Bien sûr que je me souviens de son nom. Victor. Un petit con un peu boulot, toujours habillé en jaune. On se souvient toujours du premier mec qu’on a tué.

Kaelia sursauta. L’autre ne se démonta pas. Il continua son histoire comme si de rien n’était.

— J’ai remonté la rue de la Pierre Hardie en courant. J’avais l’air d’un con avec mon roman sous le bras. Je les ai trouvés sous le porche. En train de se peloter. Elle, elle gloussait comme une poule effarouchée. Et lui, Victor Faniel, la tripotait encore et encore. J’ai vu rouge. J’ai sorti mon opinel et je l’ai planté dans l’œil de ce salopard. Il s’est écroulé comme un sac pendant que Melody hurlait. Du sang giclait de sa blessure. Je me suis mis à courir comme un damné. Lorsque je me suis arrêté, à bout de souffle, je me suis retrouvé dans une impasse. Au propre comme au figuré. Alors, je suis tombé à genoux et je me suis mis à pleurer comme une fiotte.

— La police vous a retrouvé.

— Les flics ? Non. C’est ce vieux type avec un vélo qui m’attendait.

— Vous voulez dire…

— Un type avec un vélo. Habillé bizarre. Comme s’il venait d’une autre époque, mais pas trop. Il m’a aidé à me relever. Il était plutôt baraqué, avec une barbe et une boucle d’oreille de manouche, là. Il m’a regardé avec un drôle d’air. Comme s’il s’en voulait de quelque chose. Et puis, il m’a donné un billet de train avec un peu d’argent et il m’a dit : « Voilà de quoi aller jusqu’au Havre. Là-bas, tu prendras un bateau pour la Nouvelle-Orléans. Le Destiny Child. Le capitaine est au courant. Allez file et ne te retourne pas. »

— Et c’est ce que vous avez fait.

— Avant, je lui ai demandé qui il était. Il m’a dit comme ça : « Disons que je suis le destin. Fous-le camp, maintenant ! »

Kaelia se pencha vers le capitaine et lui demanda où il voulait en venir, en fait.

— En fait, ma petite, je voulais vous démontrer que vos histoires de hasard et de nécessité, c’est que de la flûte et du pipeau. Nous avons un destin. Un grand con qui veille sur nous ou qui tire les ficelles. C’est comme ça.

Kaelia soupira. Elle sentit que le moment était propice à sa petite revanche. Elle le provoqua.

— Vous n’êtes qu’un vieil ivrogne et un porc. Gardez pour vous votre philosophie de bistrot.

Le capitaine réagit exactement comme prévu. Il bondit en avant, sa main gauche en appui sur le bureau et sa main droite prête à frapper. Kaelia esquiva et bondit à son tour le coupe-papier bien en main. Son bras s’abattit sur la main gauche du vieux pour la clouer au bureau. On ne frappe pas une femme impunément, là d’où je viens, monsieur.

Il y eut un bruit de sonnette.

Venue de nulle part, une voix désincarnée dit : « Cliffhanger ! »

Le temps se coagula. Les deux protagonistes, figés, regardaient la lame du coupe-papier suspendue à quelques millimètres de la main gauche du capitaine.

 

9 août 2014

RUE DE LA PIERRE HARDIE (Lorraine)

La rue de la Pierre Hardie ? Oui,  je connais, j’y passe chaque jour, j’arrive par le chemin des Etudiants et, en tournant le coin, j’y suis.  C’est à trois pas, venez,  je vous conduis. Vous voyez cette lampe généreuse, elle éclaire bien  les pavés rudimentaires qui  dégringolent vers la ruelle des Trois Fontaines où je respire mieux, je l’avoue..

Pourquoi ? C’est vrai, vous n’êtes pas du pays, vous ne connaissez pas notre histoire locale, qui fait trembler les vieilles gens les soirs d’orage…et un peu aussi les jeunes filles qui tirent vite les volets pour éviter la stridente menace des éclairs.

 Il faut dire que l’orage, dans ce pays entre forêts et collines,  a des allures dantesques. Il dessine des ombres surprenantes dans les vallées et illumine la crête des bois d’une couronne de feu.
Comme en cette soirée d‘été où une bande d’étudiants en goguette sortit de la « Taverne du Chat Noir » en chantant la Marjolaine (et d’autres choses aussi que je ne puis pas dire ici….) Enfin, vous me comprenez. Leurs lanternes divaguaient  autant qu’eux. Il y avait le bel Eloi, le grand et fort Jehan qu’on disait de Gascogne, Arnaud-le-petit, et trois autres, fort éméchés tous tant qu’ils étaient.

On dit –mais que ne dit-on pas ! – qu’ils s’en allaient courir la gueuse. L’air sentait le jasmin qui poussait haut et dur contre le mur du Monastère et attisait la tentation de la femme. On dit aussi que le jasmin est perfide et fouette les sangs. Ils tournaient donc le coin de la rue comme s’en revenait, en sens opposé, la jeune Aube, fille du meunier, tout juste seize ans, belle à mourir. Elle hâtait le pas, pressée par le bruit d’un orage proche.

-     Hôla ! lança Eloi, on ne passe pas…
-     Puis se ravisant, il ajouta, cynique :
-     …ou d’abord par nos mains…
-    ...

Je ne sais que vous dire, mon bon Monsieur. La pucelle se débattit, les assoiffés tiraient la jupe, le corsage. Et ce sui arriva (j’en tremble rien qu’à vous le dire) fit jaillir les éclairs, sabrant le ciel, hurlant l’orage, déchaînant la foudre en une meurtrière avalanche.

Quand les paroissiens osèrent ouvrir leurs persiennes, six corps ensanglantés gisaient sur le pavement disloqué. La jouvencelle, saine et sauve, rattachait en tremblant ses habits déchirés. Près d’elle, une énorme pierre venue du ciel. Une pierre hardie, qui donna désormais son nom à la rue. Cet ex-voto en latin, posé là en remerciement par le père de la jeune Aube, est bien vieux, il remonte à près de deux siècles, il dit que c’est juste là où vous vous tenez qu’on trouva les corps écrabouillés. On dit aussi – mais que ne dit-on pas –que certains soirs d’orage, le fantôme des six jeunes gens vient errer sur la lande et s'arrête en cet endroit même. Ne sursautez pas, ce sont là bavardages de bonnes femmes.

Tiens, il commence à pleuvoir, on avait annoncé l’orage à la TV.. Avec un peu de chance, vous les verrez. Qui ? Les fantômes, pardi !

Monsieur, où allez-vous ?…Ah bah ! On dirait qu’il a peur. Ces gens de la ville, quand même !...

9 août 2014

Participation de Nhand

IL PLEUT SUR METZ

 

 

Chez Mise au Green,
Mortes de spleen,
Trois vaches broutent
Leur déroute...

Triste fatum,
Quand, chez Quantum,
Les soldes fêtent
Leur défaite...

Le vilain vent
Squatte devant
La Carterie
Ahurie...

Dessange a froid
Mais reste droit ;
Son shampooing bulle,
Incrédule...

La Poste, au fond,
Qui se morfond,
Ouverte à l'heure
Pour du beurre...

Passant fissa
Chez C com ça,
Une cliente
Peu riante...

La pluie attaque assidûment
Depuis tant de jours la Lorraine ;
Metz a sombré dans le tourment
Et le commerce est à la traîne.

Mais si la pierre est par ici,
Plus qu'ailleurs, hardie et vaillante,
Ma petite rue, elle aussi,
Saura survivre à l'assaillante !

 

 

Nhand

2 août 2014

Défi #310

Voici la cinquième photo des défis de l'été :

310 Rue de la Pierre Hardie

Ne vous perdez pas en chemin !

Adresse habituelle pour vos envois :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

2 août 2014

Se sont mis le popotin au velours

2 août 2014

Une première à l'opéra par bongopinot

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Une première à l'opéra

 

Je t’emmènerai pour tes quinze ans

Voir un grand spectacle à l’opéra

Un endroit empli d’odeurs d’antan

D’un temps jadis qui ne reviendra pas

 

Tu mettras ta belle robe des grands jours,

Et nous partirons toutes deux pour une première,

Moi, à ton bras, ma petite fille, mon bel amour,

Nous profiterons d'un moment de lumière.

 

Et sur de belles chaises de velours rose

Où de nombreux hommes se sont assis

On s’installera  pour admirer des virtuoses

Et là c’est sûr, on oubliera tous nos soucis.

 

Dès le début, un florilège de mélodies, de nuances,

L'orchestre s'anime bouillonnant et scintillant,

Les cordes plus aériennes, en vagues qui dansent,

Donnent vie aux personnages, et à leurs sentiments

 

la musique nous arrive directement en plein cœur

un visuel spectaculaire nous projette dans un lieu magique

Qui arrête, les secondes, les minutes, les heures,

Et le rideau, déjà se baisse, sur un tableau poétique.

 

2 août 2014

Participation de JAK

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Suite de ma dernière semaine laborieuse,

 Ma colocataire est repartie sur les GR en « m’empruntant » mon Vélocipède et mon amour de chat.

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Pour me détendre après mes péripéties rocambolesques, de Nancy j’ai pris le TGV via,  Paris, histoire de respirer l’air de la capitale.

Séjour bref, promenades Champs Elysées et détour par le 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré , au cas où je tomberais juste sur un jour de bonté de son hôte, et qu’il m’offrirait quelques sucreries. Il devait y être en ce moment, son scooter était garé devant.

Une meute de journalistes se pressait prête  à l’assaut, je me suis faufilée avec eux, mon Nikon rivé à l’œil, abordant la  mine d’un grand reporter,   et j’espérais bien   assister à la conférence de presse dont il était question.

(Refoulée aussitôt,  car pas accréditée !- vous vous en doutiez, moi pas !)

J’ai eu heureusement le temps d’avoir  un entr’aperçu  des lieux …

Et là devant cet apparat flamboyant, ces gardes au garde à vous, j’ai trouvé le prétexte pour ma carte de cette semaine.

Voici ma réflexion, et j’aurais bien besoin de la semaine  pour me remettre de cette cogitation laborieuse que je vous relate ci-dessous.

 

►◄☼►◄

J’ai vu le jour sous un Louis. Il a perdu la tête

Mais moi  je suis toujours là, remodelée, actualisée, brillante de mille ors

J’en ai supporté des culs couronnés

J’en ai humé des remugles fleurant ‘bon’ le faisandage,

J’en ai ouï des discours  prometteurs

Subi  des applaudissements  qui les encourageaient.

 

Sûrement, l’époque  révolue de Louis  je  la regrette,

J’aimais tant le froufrou des robes de mousseline.

 

Cependant il m’a fallu tourner ma veste pour ne pas rester assise entre deux chaises.

Mais peu rancunière, grâce à ma veulerie,

Au gré des changements de pouvoir

 

Je trône encore à l’Elysée, Louis a perdu le sien.

 

Ironie de l’histoire révolutionnaire,

Les hôtes de ce lieu céleste, solennels descendants de l’abolition des privilèges

M’honorent toujours avec pompes en s’asseyant  encore sur moi.

Reniant toute modestie.

 

Tous ces apparats si décriés,

Eternellement,  deviennent vénérés.

 ►◄☼►◄

 

Bye Bye  les amis. A la semaine prochaine.

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2 août 2014

EVA et la chaise rose (KatyL)

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Eva était rentrée chez elle avec ce bouquet de roses qui contenait une lettre sous enveloppe, elle se délassa, mit les roses magnifiques dans un vase en pâte de verre de l’école de Nancy et, entreprit de lire la lettre.

« Chère amie,

Vous êtes dans notre voisinage depuis quelques mois, je vous vois passer chaque jour depuis votre arrivée, je tente parfois de vous attirer du regard en sortant au jardin, ou en allant au courrier en même temps que vous,  mais rien n’y fait ... pas un regard vers vos voisins.

 Je suis écrivain, surtout ne pensez pas que je vous surveille, je ne me permettrais pas, mais un écrivain est un homme curieux et dès que je vous ai vue dans le voisinage, je n’ai pas pu m’en empêcher, mon bureau donnant sur votre jardin juste au-dessus, trois maisons plus haut.

Je vous ai vu partir cet hiver avec vos skis, ce printemps vous occuper de vos roses et du jardin, lire dans votre chaise longue, faire du solex cheveux au vent, je vous entends lorsque vous mettez votre musique à fond et que vous chantez avec !! Quel bonheur !

J’ai donc demandé discrètement à votre amie Madame Mappy quelle était la couleur de vos roses préférées en lui faisant promettre de ne rien vous dire.

Et je tenais par la présente à vous inviter à une soirée sur Epinal où je présenterai mon dernier roman, je pense que vous aimez lire.

La salle se nomme « salle rose » rue Magenta, vous avouerez que cela ne peut mieux tomber de vous offrir ces fleurs, les chaises sont roses aussi, mais la vôtre sera au premier rang avec un nœud sur l’arrière juste en face de moi, et là vous ne pourrez pas me louper cette fois !

ka02 Il va sans dire que j’espère beaucoup votre venue, je sais que vous aimez peindre, que c’est votre métier,  mon roman parle de peinture, alors !

Rendez-vous le samedi qui vient à 18h salle rose rue Magenta, cette présentation sera suivie d’un repas au restaurant d’en face, je vous y invite si vous en êtes d’accord ? Ne me dites rien avant la soirée je verrai bien si vous êtes assise sur cette chaise qui vous est réservée, c’est que vous acceptez toute la soirée ! Votre présence illuminera cette salle.

Raphael Fontenoy écrivain à plein temps!

Ça alors ! Eva n’en revenait pas, elle n’avait jamais aperçu ce voisin, elle était toujours la tête dans les nuages et en effet ne regardait pas beaucoup autour d’elle les gens, elle voyait les couleurs du ciel, les changements de saisons, les parfums des fleurs et leur épanouissement, elle voyait les sentiers des montagnes couverts de petits cailloux de pommes de pins, les oiseaux sur son passage, les insectes ...mais les voisins en effet, à part ses proches voisins un couple de retraités, les autres, jamais ! 

Elle prenait son temps pour humer les fleurs si belles, se mit dans son canapé et réfléchit à cette invitation, refuser elle pouvait en n’y allant du tout, mais pourquoi ? Une soirée littéraire qui parlait de peinture, connaitre un voisin sans idées préconçues, oui, elle irait samedi sur la chaise rose !

Samedi arriva

Elle entra la première dans la salle rose, trouva la chaise au 1er rang avec un nœud dans le dos ! Elle se sentit gênée car tour le monde allait voir ce ruban ! Puis la curiosité prit le dessus ! Enfin elle allait connaitre le visage de ce Raphael et surtout entendre ce qu’il avait à dire de son roman.

ka03 Elle s’assit, en tenant sa jolie robe blanche en dentelle sur ses jambes pour ne pas la froisser, Eva avait assorti la ceinture et les chaussures rouges et avait fait  (en couture) le sac à main, elle sentit dans son dos que les gens arrivaient, la salle fut remplie en un quart d’heure, il devait être connu car il y avait au moins 70 chaises.

Le brouhaha des : « bonjours comment vas –tu ? As-tu lu le dernier roman de Raphael ? »etc etc ../. n’en finissait pas, il était en retard de 5mn, puis une charmante dame l’annonça et IL arriva !

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Il s’installa juste en face d’elle avec un petit sourire énigmatique et la fixa du regard, la salua il semblait ravi de sa présence. Eva se sentit rougir jusque la racine des cheveux, la gorge nouée, elle se donna une contenance en tripotant son joli sac.

La présentatrice énonça la biographie de l’auteur, des études littéraires, un poste d’enseignant en fac, un temps journaliste globe-trotter, divorcé sans enfant, vivant dans le charmant village d’Autigny-la-Tour depuis 3 ans.

Sa bibliographie était dense : 15 livres écrits dont 10 romans,  un  sur le château du village à la période du XVIII siècle.

Son dernier livre pour lequel tout le monde était là ce soir, traitait de la peinture, des galeries d’art, des peintres et du snobisme en peinture, le peintre qui était le héros de son roman avait beaucoup de talent mais pas de relations.

Le  titre du livre «  Pour épater la galerie »

Il expliquait ainsi le monde des arts très bien décrit, Eva connaissait cela par cœur, elle se détendit au fur et à mesure que l’animatrice et Raphael parlaient, elle acquiesçait parfois, souriait à d’autres moments, se plongeait dans de mûres réflexions, il la regardait à la dérobée et guettait le moindre de ses mouvements.

Enfin le temps des questions pour le public.

Raphael se leva et dit :

-« Vous savez tous chers amis habitués de soirées que la personne qui a le privilège d’être sur la chaise au ruban rose est mon invitée d’honneur-surprise, ce soir nous avons la chance d’avoir Madame Eva IVAN qui est peintre de talent et qui désormais demeure dans mon village, je voulais donc vous la présenter. »

Eva se leva rouge de confusion sous les applaudissements qu’elle n’avait en rien mérité, mais remercia de l’accueil et se retournant vers l’auteur lui demanda :

-« Vous sembliez dire que sans relations mondaines il est difficile voire impossible de percer en peinture, oui vous avez raison, mais il y a des circuits en dehors du monde du snobisme, des lieux où il est possible d’exposer, des salles, des lieux culturels, certaines petites galeries aussi nous offrent nos chances, les reportages et les interviews des journaux locaux nous aident à nous faire connaitre, pour ma part cela me suffit bien. Avez-vous rencontré beaucoup de peintres pour écrire ce roman ? Peignez-vous, vous-même ? »

Elle se rassit et attendit la réponse.

-« Oui j’ai rencontré énormément de peintres, dommage que je ne vous ai pas rencontrée vous aussi, je parle de la difficulté pour les artistes de se faire reconnaitre, je parle de la passion qu’est la peinture qui dévore comme l’écriture, je suis allé dans maintes expositions et galeries pour traiter ce roman, mais moi je ne peins pas, du moins je peins avec les mots »

Elle remercia et ensuite chacun et chacune posa sa question, puis vint l’instant des dédicaces, aussitôt Eva acheta le livre auprès du libraire présent et se mit dans la file d’attente pour se faire dédicacer le roman qu’elle avait hâte de lire.

Son tour arriva, il lui adressa un sourire éclatant, la remercia de sa présence à cette soirée et lui annota ceci dans le livre:

«  A Eva ma charmante voisine, auprès de qui j’ai dû user de subterfuges pour enfin avoir son regard, j’espère que ce roman qui parle de son art saura lui plaire ? J’attendrai la réponse à cette question et  espère qu’une visite entre voisins s’imposera avec un chocolat chaud à la clé….ce livre écrit sans savoir qu’une artiste viendrait habiter tout près de moi »

Merci d’être venue

Raphael Fontenoy

Et il ajouta à voix haute :

-«  ne partez pas le restaurant nous attend en face, si vous voulez bien patienter jusqu'à la fin des dédicaces ? »

-«  je ne comptais pas partir, je suis ravie de cette soirée, je vous attends »

Elle tourna les talons en sentant le regard de l’auteur dans son dos, elle se mit à feuilleter les 1eres pages.

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Suite au prochain épisode

2 août 2014

Cartes postales : Chapitre IV (par joye)

Chapitre IV:  Les chaises roses

[L'histoire jusqu'ici :  Amanda Perry, une Américaine de voyage en France grâce à un héritage mystérieux, quitte hâtivement Annecy, après la réception de deux messages anonymes et menaçants, pour aller à Nancy, afin de faire enfin la connaissance de son avocat français, Émanuel Cherval, face-à face.]

Une fois bien installée à son hôtel, Amanda oublia un peu le stresse de se sentir poursuivie, menacée, et sans secours personnel. Une fatigue nerveuse l’assomma et elle dormit profondément. Après une longue nuit de repos et un bon café-complet pris sur la Place Stanislas le lendemain matin, elle se mit à explorer Nancy. 

Le charme de la ville la rassurait encore. Elle flâna ci et là, regarda les gens qui faisaient leurs courses, admira les vitres et la cathédrale, respira l’air et les parfums de ce beau coin de l'Hexagone.

Fatiguée, Amanda s’assit sur un banc dans un joli petit parc pas loin de son hôtel, et ferma les yeux.

-          Mademoiselle, vous allez bien ? entendit-elle. Amanda ouvrit les yeux et vit une petite fille habillée de rose.

-          Oui, je vais bien, ma petite, répondit l’Américaine. Et toi ?

-          Ah oui, très bien, en fait, je vais super, merci ! répondit la jeune petite blonde, du fond de son nuage rosâtre. Elle avait peut-être neuf ou dix ans.

-          Et que fais-tu ici ? demanda Amanda, intriguée.

-          J’attends ma leçon, fit la jeune.

-          Ta leçon ?

-          De danse classique Vous connaissez ?

-          Un peu, répondit Amanda. Et toi ?

-          Ah, oui, beaucoup, affirma la petite blonde aux yeux noisette. Vous voulez voir ?

Amanda sourit.  Eh bien, oui, elle voulait bien voir danser la petite. Cela lui changerait complètement ses idées encore vaguement moroses. Et c’est ainsi que la touriste rousse se retrouva, amenée par la main d’une petite Française, dans une grande salle, meublée de chaises roses.

-          Asseyez-vous ici, Mademoiselle, et vous verrez ! chuchota la petite avant de rejoindre ses petites camarades à l’autre bout de la salle.

Alors, Amanda passa une heure à regarder toute une émeute rose et noir de petites filles qui exécutaient des pirouettes, des pliés et de grands petits jetés. Elle oubliait tout sauf  le charme de ces petits rats féériques,  jusqu’à entendre la voix de la prof de danse classique, une femme extrêmement laide et sévère, habillée de noir. Amanda se redressa sur sa chaise.

-          Ça suffit ! cria la voix rauque et amère de la prof.  Je ne sais pas pourquoi vous revenez chaque samedi ! On sait bien que vous êtes sans espoir aucun !

Amanda essaya de voir laquelle de ces petites fées souffrait sous l’œil cruel du professeur. Elle vit alors la petite blonde en rose qui tremblait sous les châtiments de la maîtresse.

-          Oui, c’est bien à vous que je parle, petite étourdie ! continua l’acariâtre, tapant avec colère son bâton sur le plancher. Je n’en peux plus ! Peu importe qui sont vos parents ! Il vous sera bien inutile de revenir la semaine prochaine, alors, sortez tout de suite, Émanuelle Cherval !!

2 août 2014

Hélas, mon bon Victor ! (Walrus)

nancy

Sur les parquets cirés du grand hôtel de ville,
Les sièges alignés en ordre de bataille
Ont des air
s empruntés d'anciens états-majors
Habillés de velours et tout chamarrés d'or.
L'assistance bientôt y mettra la pagaille
Comme font les boulets pour des soldats les files.

Mais foin de tout cela. Dans la cité lorraine
Qui vit naître un beau jour ton père, ce héros,
Le mobilier choisi par de sombres édiles
Pour carrer les fessiers des clampins de la ville
Est du style ampoulé, tout comme ses barreaux,
De cette Majesté que tu déclaras naine.

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