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Le défi du samedi

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14 juin 2014

Etonnement (MAP)

J'aurais dû m'étonner quand j'ai vu cette poule couver des petits cailloux :

DSCF5899

mais plus encore quand une jeune femme s'est transformée en arbre :

Expo en plein air

ou qu'une forêt entière s'est subitement miniaturisée !

Mini-forêt

Quand les toits se sont dédoublés :

Les deux toits et le mur

des mini-fenêtres percèrent le mur bleu !

DSCF5839

Un masque plus qu'étrange fit son apparition  !

DSCF5846

Un monstre jaillit de la pierre !

Monstre de pierre

Hallucinations ??????????

?

Non ....

tout simplement un petit voyage

dans une belle région :

Bretzel

*

Décor alsacien

Bonjour chez vous !  :-)

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2014

Mes Hallucinations par bongopinot

bo01

Je vois un beau cerisier en fleurs

Et  nous sommes en hiver

Sur un arbre au visage enjôleur

Je cueille mes pommes de terre

 

Je glisse sur la glace

Sous un soleil d'été

Sur La neige bien grasse

Je surfe sur une vague salée

 

Je joue au tennis

Au fond d'une piscine

Avec un gant d'anis

Et ma fée Célestine

 

Je vois un oiseau d'or

Sur une branche joyeuse

Je vois un toréador

Dans son habit de danseuse

 

Ici les fusils envoient des mots d'amitié

le canon lance un feu d'artifice splendide

les missiles jettent des tentes pour s'abriter

Et nos cœurs arrosent les sols arides

 

De mes douces apparitions

Et mes biens beaux mirages

De toutes ces divagations

Sans barrière et sans âge

 

Où l'on a banni famine et  guerre immondes

Où l'on se lance tous dans une belle ronde

Où le mauvais fuit en quelques secondes

Je vous dis Bienvenue dans mon monde

 

Où l'on aime les hallucinations

Les perceptions illusoires

Et les douces visions

Le matin, le midi et le soir .

 

Cette vie-là m'ensorcelle

M'entoure de belles dentelles

* "L'illusion du vers bon ou mauvais est telle

     Qu'à travers un sonnet la vie est toujours belle"

 

 

* Maurice Chapelan

14 juin 2014

Aberrations éthyliques (JAK)

96855780_o[1]

 

Les rituelles agapes de Noël, bien arrosées sont  terminées, les cadeaux inutiles  distribués  à renfort de remerciement hypocrites, il est maintenant seul, la maison redevenue enfin calme. Il a voulu sauver les apparences devant la famille, mais  aujourd’hui  qu’ils sont tous partis il se relâche.

Il  y a longtemps  qu’il n’est  plus tempéré, et son foie cirrhosé par l’alcool lui rend la monnaie de la pièce : tout se déglingue en lui,  ses pensées deviennent de plus en plus  diffuses, confuses. Inlassablement  il plonge dans des divagations hallucinatoires.

 

Les pieds sur le bureau, la cloppe sur  sa lèvre délavée enfumant  l’atmosphère, il biberonne, sans modération, un verre de Lagavulin 16 ans d’âge à la main.

Son esprit erre dans les volutes de la fumée, se chamboulant en  aberrantes chimères.

Puis il  fixe alors la fenêtre, et prend conscience  que la neige commence à tomber sérieusement.

Les flocons volètent en dessinant de curieux  signaux de détresse. Ces SOS l’entrainent alors dans une sarabande hallucinante de formes mystérieuses il ressent une montée adrénaline, aigüe et dévastatrice.

Soudain, par une lente lévitation il est téléporté dans l’au-delà, l’irrationnel,  son corps flotte léger et souple au dessus de son bureau, il se sent  bien. Une lumière flamboyante  l’interpelle, puis il s’engouffre  avidement dans une sorte de  tunnel vers un scintillement irrésistible,

Il plane au dessus de la vie, de sa vie,   vaporeux, libéré….

Puis il  chute… chute… chute…..

 

Il perçoit de  l’agitation autour de lui, le décor n’est plus le même,  tout est blanc comme la neige qui continue de tomber,  

 

 Une voix familière parvint à ses oreilles :

 

« Dépêchez vous… vite le défibrillateur, il nous fait un coma éthylique »

 

Une  violente secousse le fait réagir,

Il se met à hurler de façon démentielle,  incontrôlable, rien ne peut l’arrêter.

Il veut empêcher que l’on triture son corps.

Il essaie de  crier laissez- moi, mais rien ne sort de sa bouche

 Il est confus, hébété, vaseux à la limite de l’inconscience  mais une idée fixe fait surface : Cette fois ci, juré-promis, il va la commencer sa cure….

 

Si…. là-haut le dernier juge décide de le laisser sortir de ce labyrinthe.

 

 Mais tout compte fait,  après tout,  cette NDE n’est pas si désagréable !

14 juin 2014

Aux noces du fond et de la forme (par joye)

Aux noces du fond et de la forme

La foule présente était énorme,

Mais peu nombreux ceux qui pouvaient

Comprendre qui se mariait...

4

Pour ceux qui étaient fatigués

(Ils avaient trop halluciné ?)

'Y avait des indices ci et là

En fréquentant les bons endroits...

aluLe marié était le fond

Et, sur la carte au grand plafond,

La mariée, son initiale,

Faisait sa joie familiale.

7Les invités dignes de ce nom

Sauront décrocher le pompon

Et trouveront la bonne réponse

À cette énigme...B'en, vas-y ! Fonce ! 

5Dès que les vides seront remplis

Faut faire motus, je t'en supplie...

À l'oasis, fais de l'espace

Et vois la chose qui t'agace.

 

Réponse : Alu + Six + Nations = M. I. R. A. G. E.

14 juin 2014

Participation de Nhand

HORS-SUJET

 

N’ayant comme vous abusé
Des paradis artificiels,
Je me pensais assez rusé
Pour trouver dans les logiciels
De ma lente imagination
Les mots qui vous auraient narré
Une belle hallucination,
Et me voici désemparé ;

Les muses que j’ai rencontrées
Me parlaient de tout autre chose,
De situations empêtrées
(Loin d’agir pour la bonne cause)
Dans un réel trop terre-à-terre
Et ne suggéraient à ma plume
Que de refaire l’inventaire
D’un monde enclin à l’amertume.

Alors, navré de vous servir
Ces quelques rimes hors-sujet
Qui me vont peut-être à ravir
Mais qui n’ont pour unique objet
Que d’offrir une explication
A mon défaut d’inspiration.

 

Nhand

 

PS : si vous estimez, ami(e)s défiant(e)s, que vous avez perdu votre temps à lire cette non-hallucination, autorisez-vous à me tirer les cheveux (qui me font, eux aussi, de plus en plus défaut).

Note à l'intention des maîtresses : je refuse, cependant, de recopier 500 fois Je me dois de traiter le sujet demandé, de n'en dévier sous aucun prétexte.

Je préfère encore aller au piquet.

Et si je suis privé de récréation, pourrai-je quand même manger mon pain au chocolat dans la salle de classe ?

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14 juin 2014

Hallucination auditive (Joe Krapov)

J'hallucine ou quoi ? Je le croate pas, ça !!!

Voilà que je chante en serbo-croate ? en bosniaque ?  en yougoslave !

Et ces bâtiments aux formes bizarres qui m'entourent ? Où suis-je ? 

Qu'est-ce qu'on a renversé sur ma moquette ? Au secours, j'hallucine !

 

14 juin 2014

Rose bonbon (Sebarjo)

 

 

Rose_bonbon

 

Je baigne dans une mer d'un rose bonbon

Où les poissons sont verts aux yeux marrons

Et ont des nageoires jaune fluo

Nageant toujours entre deux eaux

 

Où les anémones sont des coquelicots

Qui s'ouvrent quand brillent la nuit

Les étoiles de mer en compagnie

Des poissons lunes alanguis

Moon fishes à l'anglaise

Tagada je reprends une fraise

 

Car je flotte sur une mer d'un rose bonbon

Où voguent de gigantesques papillons

Aux ailerons d'argent et de nylon

Où les goémons sont des lianes de réglisse

Et les salicornes des sucettes à l'anis

 

 Oui je vole sur la mer d'un rose bonbon

Où les requins ne sont que des bananes

Des roudoudou qui font des ronds

Aux fonds des eaux ultra planes

De mon monde rose bonbon

 

 Je nage dans une mer rose bonbon

Qui fond

Qui fond

Qui fond

...


Et vous pouvez entendre ci-dessous une version hallucinatoire de cette folie "pink sugar"... mais attention ce n'est qu'une esquisse...

alt : Noomiz

 

14 juin 2014

Des lyres et des hommes (EnlumériA)

L’auberge du Palefrenier Narquois n’avait de prime abord rien d’extraordinaire. Une salle comportant une vingtaine de tables, décor de saloon mâtiné pub irlandais avec de grands posters représentant un légendaire autrefois. On entrait par un vestibule dans lequel se trouvait le vestiaire. Un vélo était appuyé sur le desk. Personne pour accueillir le client.

— Vous savez que les règles du savoir-vivre disent que c’est à l’homme d’entrer le premier dans un restaurant ? expliqua Damien.

Kaelia émit un petit rire moqueur qui exprimait pleinement son mépris des convenances. Elle s’avança de quelques pas dans la salle à la recherche d’une table bien placée.

Au bar, trois matelots encourageaient bruyamment deux colosses qui bras-de-ferisaient sous le regard paternaliste du barman. Sur la gauche, un vieux couple se chamaillait gentiment à propos du menu tandis que la serveuse patientait en levant les yeux au ciel. Attablé au fond, un homme à la barbe fleurie consultait un carnet en sirotant une bière. Trois musiciens qui tentaient de s’installer au mieux sur une scène minuscule provoquaient un remue-ménage légèrement irritant. Le contrebassiste, un géant, s’efforçait de caser sa large carcasse entre le rideau et son instrument sans se préoccuper des ricanements du saxophoniste ni des conseils fantaisistes du guitariste.

La serveuse, une rouquine coiffée choucroute, profita de leur arrivée pour laissait choir son couple d’indécis. Damien ne se gêna pas pour admirer la superbe plastique de la jeune femme. Petite robe de satin noire ultra moulante et jambes interminables montées sur escarpins dorés. Un fantasme sur pattes. Sur son chemisier un badge proclamait en lettres capitales que cette charmante créature se nommait Démétria.

— Bonsoir ! Deux personnes ? Je vois que notre table d’honneur est libre. Venez les amoureux. C’est votre jour de chance. On dit que cette table porte bonheur.

— Pourquoi ? demanda Damien.

— C’est à cette table que Tonton Macroûte, en personne, a déjeuné un certain 32 juillet. Regardez ! Il y a une plaque qui le confirme.

— Le 32 juillet ?

Démétria  expliqua que le graveur avait fait une faute de frappe suite à l’absorption d’une pinte d’hydromel superflue.

— En vérité, l’évènement s’est passé un 23 juillet. Voici la carte. Je vous recommande notre gombo de renard de mer. Une recette de Tonton Macroûte. Pour vous faire patienter, je vous apporte notre apéritif maison, à base d’hydromel. En attendant, installez-vous confortablement.

Kaelia remarqua que le regard que Damien posait sur Démétria ressemblait à celui du fameux loup de Tex Avery.

— Ne vous gênez pas, dit-elle d’un ton acide.

— Pardon ?

— Non, rien. Laissez tomber.

Démétria était de retour avec deux verres remplis d’un liquide ambré agrémentés de bouées de sauvetage. Elle les posa sur la table avec une coupelle de graines à l’aspect caoutchouteux. Elle remarqua les mines stupéfaites des deux convives.

— On en avait marre des ombrelles.

— Ah ! Il est comment votre gombo de renard de mer ?

— Je reviens dans un instant et je vous explique. On dirait que les foldingues se sont décidés.

Elle fila aussitôt vers l’autre table.

— Bon allez, on trinque, dit Damien. Vous avez vu ces graines. Bizarres, non ?

— Oh ! Moi, vous savez, au point où en est.

Aussitôt Kaelia picora dans la coupelle. L’apéritif maison avait un fort goût de miel avec un je-ne-sais-quoi en plus comme un parfum de rose cannelle mais pas vraiment.

— Il y a un truc en plus, marmonna Kaelia, la bouche pleine de graines. Du pain d’épices à la cardamome ?

— Je pencherai plutôt pour du cactus vanillé, objecta Damien.

Il avala son verre cul sec. Cela lui fit un peu comme… il ne savait pas trop, en fait. Kaelia poussa ses graines d’une large rasade. Elle demeura impassible l’espace de quoi, une demi-minute, et puis éclata de rire à la manière d’une baudruche qu’on dégonfle à grands coups de manivelle.

— Nom de Dieu ! s’écria Damien, mais où avez-vous appris à faire ça ?

— Vous savez à quoi ça ressemble ce truc. À un écoulement de guimauve frangipanée dans l’oreille d’un orque de Barbarie.

Damien s’ébroua, fit un signe au barman pour réclamer la même chose et se laissa aller en arrière, la mine déconfite.

— J’ai l’impression être le rejeton d’un vieux pneu et d’une méduse étoilée.

Encore ce rire incohérent de Kaelia. Sur ce, le barman, une sorte de lièvre géant à moustache en poignées de porte apporta la seconde tournée.

— C’est pour môaaa, dit-il en grinçant de toutes ces dents en bois. Démétriaaaaa ne va taaaaaaaaardeye. Vous aimez l’âmusique ? L’orchestre vaaaa… comment c’est ?

— C’est pas mauvais, cornecliqua Damien en s’essuyant les sourcils d’un geste caverneux – Grimace de dégoût du narrateur. Puis, il trinqua avec Kaelia en cors et en corps. Ces sacrés verres paraissaient inépuisables. Damien hoqueta de rire à son tour.

— Tu peux te foutre de moi, railla Kaelia d’une horrible voix de rogomme. Ton rire, on dirait une flaque d’eau sous la palme d’un phoque.

— C’est académique ça, tiens ! Mais attends, on dirait que l’orchestre commence à jouer.

Sur la scène, transformée pour l’occasion en coquille Saint-Jacques à défibrillateur bio-nucléique, les trois musiciens costumés en tringles à rideau accordaient leurs lyres.

— Ce sont des lyres Sterling d’excellente facture, constata Damien en ramassant son sourcil tombé à terre. T’a vu les costards ? Une seule rayure. Comment qu’y font pour rentrer là-dedans et jouer aussi bien de leurs instruments ?

— Parce que ce sont des lyres d’hommes très minces, coupa Démétria revenue de ces indécises aventures. Je vois que vous appréciez notre apéritif maison. Et nos cakes à couettes aussi. Alors, décidés à goûter au gombo ?

— Je meurs de faim. Va pour deux gombos ! proclama Damien à la cantonade tandis que Kaelia était plongée dans la contemplation désabusée du barbu du fond qui prenait des notes, impassible comme une pierre tombale sous une pluie d’équinoxe. 

Démétria claqua dans ses mains. Cela fit un bruit de jupette froissée sous la dent d’un rhinocéros hellotridécatabulophobe*.

Aussitôt, deux renards bleus travestis en loups de mer déboulèrent sous les acclamations des matelots vêtus pour l’occasion de justaucorps en pâte feuilletée. Ils tenaient à bout de pattes un large calice dans lequel six langoustes en tutu virevoltaient une gavotte parsemée de vestigiaux effluves parmesans. Un poivron rouge visiblement éméché tentez de tailler une bavette avec le poivron vert qui s’époustouflait dans un trombone à tige filetée. Un essaim de gousses d’ail tournicotait allègrement autour d’un citron vert en crinoline en poussant des cris de clés à molette sous la mitraille.

Damien, qui s’écroulait de rire en fragments parcellaires, s’évertuait à réunir les morceaux en dépit du bon sens sous les huées de pangolins bariolés taillés comme des linottes sans têtes.  

Les renards déposèrent enfin le calice sur la table qui, prise de panique, prit ses jambes à son cou et fila vers les cuisines en passant par un chemin de table nouvellement promu au rang de sentier lumineux.

— Sandinista ! beugla soudain Damien sans trop savoir pourquoi sous les yeux vitrifiés aux beurre de yak d’une Démétria confite en dévotion.

C’en était trop pour Kaelia. Elle se leva d’un bon et se dirigea en toute hâte vers le barbu du fond qui, enfilant un manteau en peau d’ours, s’apprêtait visiblement à prendre congé.

— Hé ! Vous, là ! Oui, vous. Où vous croyez aller comme ça ?

Au comble de la surprise, le vieux type se retourna vers la jeune femme. Vu de près, il ressemblait assez à l’idée qu’on se fait d’un vieux beatnik embourgeoisé.

— Vous… Vous pouvez me voir ?

— Et bien sûr que je peux vous voir. Je vous observe depuis tout à l’heure. Vous êtes le seul, dans ce pandémonium, à ne pas avoir bronché. Regardez les champions de bras de fer, au bar. Ça ne vous parait pas bizarre que leurs bras repoussent chaque fois qu’ils s’en arrachent un. Et les renards, vous les avez vus, les renards ? On dirait de grosses mites endimanchées à la foire au foin. Je ne vous parle même pas de mon copain qui… Mais nom de Dieu ! C’est la lingerie de la serveuse qu’il mange en sandwich nappés de sauce aux doryphores ? Mais pourquoi je dis ça, moi ?

— Bon allez, calmez-vous, madame, conseilla le barbu. Ce n’est pas si grave. Il ne savait pas qu’il faut toujours manger un nombre impair de cakes à couettes avec l’apéritif maison. Dans une heure, il sera frais comme un gardon. Bon ! C’est pas tout, mais il faut que j’y aille, moi. On joue Les Triplettes de Belleville, ce soir au Lutétia. Mon vélo n’aimerait pas manquer le début. C’est son film préféré.

— Vous n’avez pas répondu à ma question, insista Kaelia. Vous êtes qui, au juste ?

— Moi ? Mais je ne suis que le narrateur, madame. Bien le bonjour chez vous.

Sur ce, le vieux bonhomme s’éclipsa en chantonnant une petite chanson.

À la table de Tonton Macroûte, Damien continuait de faire le singe avec cet air niais qu’affichent parfois les fumeurs de banane plantain. Kaelia se laissa tomber sur une chaise, épuisée, lorsqu’un vacarme semblable à une débaroulade de couscoussières dans une bétonneuse trois-pièces-cuisine la fit sursauter.

 

* Crainte exagérée d'être treize à table.  

14 juin 2014

La stagiaire (KatyL)

La stagiaire !!

 

Lorsqu’elle  prit son travail ce matin-là toute guillerette d’avoir à s’occuper d’une stagiaire qui entre autre devait l’aider à combler son retard de paperasses, Béatrice pensa qu’elle avait de la chance d’être enfin comprise par sa hiérarchie.

 

La DRH lui avait juste dit à Béa : « que cette personne était un peu ronde mais vu son envie de travailler, ses références et son sourire elle devait faire l’affaire » !, elle avait donc cette dame à accueillir ce matin.

 

Elle était à peine parvenue en haut de l’escalier de la mairie qu’elle entendit la porte s’ouvrir à nouveau, et comme elle était  en avance elle alla donc s’acheter son petit café du matin en vigueur chez  les fonctionnaires !

Un pas montait péniblement les escaliers et Béa sentait un souffle rauque l’accompagner.

En attendant de voir de qui il s’agissait elle sirotait ce café trop chaud à toutes petites lampées.

 

Quand tout à coup « elle » surgit en haut des marches, sa figure toute rouge, sa respiration saccadée, ses cheveux collés par deux semaines au moins sans lavage, et surtout son aspect faillirent créer un malaise total à Béa.

 Quoi cette femme avait un corsage long sans rien dessous !!! Et Elle était ENORME !

Elle  ne portait ni  jupe ni  pantalon !

Ses cuisses s’entrechoquaient roses et plissées, elle ne pouvait avancer sans les frotter l’une sur l’autre tant elles étaient grosses et elle était presque nue !!

 

Cette apparition à laquelle elle  n’était pas préparée avec une tasse de café brûlant le matin dans un lieu public lui fit l’effet d’une bombe ! Et elle lâcha sa tasse qui rebondit au sol sur sa chaussure et lui éclaboussa les jambes !! Merde de zut ! Ça commence bien cette journée, elle qui  voyait cette femme presque obscène s’avancer vers elle!

 

-«  bonjour lui dit-elle, je me nomme Clotilde Degarde en s’essuyant le visage déjà en sueur,  pouvez-vous me dire où est le bureau de Mme Duchmol car je suis la nouvelle stagiaire et je viens d’être embauchée en contrat d’essai »

 

Béa était médusée incapable de prononcer un mot, quoi la nouvelle stagiaire un peu forte et souriante était cette ENORME femme pas vêtue, sans doute folle ? un peu crade et transpirante !! Un cauchemar elle allait s’éveiller, elle  ne pouvait pas partager son bureau exigu deux mois ou presque avec cette personne et accueillir public et collègues toute la journée affublée ainsi, il y avait méprise.

Elle  s’entendit cependant répondre :

 

-«  mais c’est moi Madame Duchmol Béatrice, vous êtes au bon service, par contre Madame Degarde il doit y avoir une erreur quelque part, ici nous devons avoir une tenue disons….. « convenable pour un service public » or vous n’avez sans doute pas pris tout votre temps ce matin, ou vous étiez endormie encore en venant ici, ou vous n’allez pas bien, je ne sais pas ? Dites-moi pourquoi vous êtes juste vêtue de votre tunique sans  rien en dessous, ce n’est pas possible je vous assure »

 

-«  Mais dit Clotilde Degarde dans un râle pleurnichard et en s’essuyant les mains sur ses cheveux gras, je suis habillée, que vous faut-il de plus, j’ai une tunique et un caleçon couleur chair ! »

 

-«  ah vous avez un caleçon couleur chair, mais dites-moi c’est très bien imité cette couleur chair on dirait que vous êtes nue, sans rien…et un caleçon collant à ce point lorsque l’on est……….disons un peu forte ne me paraît pas adéquat dans un lieu comme une mairie !! Enfin rendez-vous compte ? »

 

Madame Degarde s’approcha en marchant dans le café renversé au sol et au fur et à mesure qu’elle arrivait à la hauteur de Béa elle fut envahie par une odeur de transpiration bien installée, et son nez ne fit qu’un tour ! C’en était trop !

 

«  Oh ! dit-elle (en reculant progressivement vers son bureau) venez nous serons plus à l’aise pour parler, entrez ! »

 

Béa ferma la porte rageusement ! Et dès que celle-ci  se fut refermée l’odeur envahit la minuscule pièce.

 

La femme  se colla presque à Béatrice pour lui  faire toucher « le fameux caleçon chair. »

 

-« tenez touchez si je suis nue, c’est bien un caleçon en synthétique lui  dit-elle en reniflant »

 

Oui elle avait un caleçon chair de chez chair !! Belle imitation ! Incroyable !!

On ne voyait rien puisqu’elle avait eu la belle idée de mettre des chaussures un peu montantes qui cachaient les élastiques du bas du caleçon.

 

Cette vision apocalyptique accompagnée de reniflements et de cette odeur à 8h30 du matin lui donna le sentiment à Béa qu’elle allait vomir et se réveiller, mais non elle ( Clotilde) était bien là dans SON bureau.

 

Béa ouvrit la fenêtre en grand et entreprit d’expliquer à cette Madame Degarde comment s’habiller lorsque l’on se présente au travail surtout en étant stagiaire,  afin d’éviter les cheveux gras, les caleçons collants elle lui expliqua gentiment  et avec calme et pondération que les déodorants existaient.

Mais comme elle ne  voulait pas l’accabler, elle lui suggéra de passer derrière son bureau pour la matinée de manière à ce que ses collègues ne la remarquent pas,  et si possible ce midi en rentrant chez elle de se vêtir différemment, sur ce,  Béatrice laissa sa fenêtre ouverte toute la matinée alors que le temps était assez frais »

 

Lorsque midi sonna il fallut que Clotilde Degarde s’extirpe de son siège et qu’elle sorte.

La tête de ceux et celles qui l’ont croisée !!!

Le mouvement des cuisses était une chose, mais l’arrière avec le caleçon chair qui rentrait dans  la paire de fesses de façon  magistrale, produisit un choc à un collègue masculin qui fumait dehors, il faillit en avaler sa cigarette !!

 

Ce fut une véritable vision que de la voir arriver pensa Béa, elle  s’en  souviendrait toute sa vie.

14 juin 2014

V'là l'Neugène! (Epamine)

HAAAAAA!...

Tu t'émerveilles ici ou là (ou même ailleurs!) de mots bien rimés, de vers bien rythmés, de phrases bien tournées, d'histoires bien contées, de personnages bien campés, de lieux bien dessinés, de mystères bien celés, d'images bien présentées, de sentiments bien exprimés, de chutes bien amenées... C'est hallucinant ce qu'on trouve comme chouettes trucs par ici...

Tiens, une première petite question: on se retrouve ici chaque fin de semaine mais...

saurais-tu dire lequel des pseudos d'habitués vient en premier par ordre alphabétique ?

Et on ne triche pas, siteplé!

 

...LU...

Pas de dégustation de petit beurre nantais ici, mais moult défis déjà lus et savourés, présentant pour certains d'excellentes propriétés hallucinogènes, si, si, disons-le ! Alors, si tu songes à tous les défis du samedi qu'il te reste à lire, tu as la certitude d'être encore heureux un certain nombre de fois et d'avoir un nombre certain de semaines de lecture devant toi...

Oui, je sais, cette longue maxime te fait penser à quelqu'un mais... à qui justement..?

Hein, je te le demande...

 

...SI...

Première et dernière lettres de SamedI.

Si j'ai le temps, si le défi m'inspire, si j'ai une idée géniale (ou presque), si j'ai envie de causer avec les copains-copines, si j'ai envie de me faire plaisir (et aussi à toi!), si j'ai envie d'inventer, si j'ai envie de clavarder et de bavarder, si j'ai envie de dire des trucs amusants ou tristes, enthousiasmants ou inquiétants, hallucinants ou évidents... j'enverrai peut-être ma petite bafouille à Walrus... Bien sûr que SI!

Au fait, SI, c'est Zaz qui l'a chanté dernièrement; avant il y a eu France Gall qui causait avec sa môman mais bien avant elles deux, c'est Rudyard Kipling qui a écrit un superbe poème ainSI intitulé... A qui adressait-il son SI long poème ?

 

...NATION

Eh, oui, mine de rien (ben c'est vrai, on n'a pas de crayon!), nous méritons bien de la nation. Semaine après semaine, nous offrons à notre délicieuse, malicieuse et hallucinante langue française de jolis écrins-écrits pour qu'elle se sente à l'aise et reste bien vivante, de belles histoires où nous jouons sans vergogne avec ses mots, de sympathiques commentaires où nous ne nous privons d'aucun idiotisme...

Allez, juste pour rire, trouve une première expression imagée avec une partie du corps, une seconde avec un nombre, une troisième avec un végétal, une quatrième avec une couleur... et pour la route, une cinquième avec un vêtement (obligatoire si tu ne veux pas rentrer à poils ou à plumes!).

Pas le droit de copier sur tes voisins du dessus...

 

 sans oublier

...NOGÈNE

Si y'a Nogène (mais non, pas un Neugène!), y'a du plaisir (ben oui, d'habitude on dit le contraire!) et c'est pour ça que toi et moi, nous revenons tous les samedis, sans doute, sans gêne, sans complexe, sans jalousie aucune, sans mauvais dessein, sans sombre ressentiment avec juste cette petite pointe de plaisir hallucinant que l'on ressent intensément quand on est satisfait d'un travail bien fait... Pas vrai ?

Juste avant de partir, serais-tu capable, là, tout de suite, sans rien demander à Mme Wikipède, d'identifier ces 5 célèbres Neugène ?

 

Je parie que tu sais qui c'est!de Xavier MaîtreLui par lui-même...
Mélange de bleu et rouge
par Jean Rousselot

 

HALLUCINATION ?

Non, non, sois tranquille, l'ami ! Tu n'es victime d'aucune hallucination!  Je ne suis pas MAP (Suis-je bien Ep', au fait?) et mes cinq petites questions ne sont nullement le défi #303. Les textes que tu peux lire ici sont réellement virtuels. Les commentaires qui s'échangent sur ce sujet hallucinatoire sont rédigés par de vraies personnes, confortablement installées de ce côté de l'ordi. Les cinq Neugène ici présents ne sont pas mes amis, pas même sur Facebook (a pas FB, l'Ep', d'abord!) d'autant qu'ils n'ont plus mal aux dents depuis longtemps... et aujourd'hui, j'avais envie d'écrire n'importe quoi! Comment ça, comme d'habitude ?

14 juin 2014

Alu-six-nations (Vegas sur sarthe)

Mettre un 'F' à phantasme! J'en croyais pas mes yeux.
J'ai d'abord cru que ça venait d'moi et puis j'ai relu plusieurs fois... Fantasme.
Alors j'ai foncé chez mon... Putain! Il avait changé sa plaque: Docteur Freud – Psikiatre – Alu-Six-Nations en tous genres.
Je lui ai montré la lettre.
Ca l'a fait marrer, peut-être parce que c'était signé: la Berlue.
“J'connais pas d'Berlue, Docteur”
Il a répondu: “Aucune importance. Appelez-moi Sigmund”
Alors j'ai redit:”J'connais pas d'Berlue, Sigmund”
Il a redit:”Aucune importance.Vous savez... lire et délire c'est sensiblement la même chose. C'est la première fois que vous ressentez ce simptaume?”
Je me suis mis à transpirer; il avait dit simptaume, avec un drôle d'accent, comme de l'allemand ou du bas-Varois... enfin peu importe.
J'allais répondre mais il a ajouté:” C'est la première fois que vous transpirez comme ça? C'est vraiment désagréable”
 
Je m'suis excusé et je lui ai montré, plus loin sur la lettre:”Voyez là, c'est écrit Chimaire!”
Il m'a regardé transpirer encore un peu et il a dit:”Je vais vous débarrasser de tout ce que vous avez”.
Dans ma précipitation je n'avais pris que trois cent euros.
Il m'en a débarrassé.
Bizarrement ma transpiration avait cessé; je n'avais sans doute plus rien à perdre.
J'ai demandé: “Pourquoi cette Berlue que j'connais pas me parle de ses fantasmes avec un 'F' et de ses chimaires avec “ai', Sigmund?”
Il a dit”Oubliez le 'F' et le 'ai'... dans fantasme je sens des rimes en asthme, en miasme, en spasme c'est pourquoi on va envisager des cataplasmes et...”
J'écoutais plus, je transpirais.
Depuis qu'j'étais morveux, le seul mot de cataplasme m'évoquait une horrible odeur de moutarde, d'atroces brûlures et des courses-poursuites auxquelles je tentais d'échapper en m'cachant sur mon lit... mais j'perdais toujours!
Il a dit:”Vous devriez faire quelque chose pour la transpiration”
C'est vrai qu'le niveau atteignait maint'nant le divan.
“C'est normal toutes ces mygales sur les murs, Sigmund?”
Il a eu l'air surpris et il a dit avec son même accent bizarre:”Quelles mûres?”
Là, ça m'a rappelé les confitures de mûres de mémé... et c'était bien.
Les mygales avaient disparu et Sigmund me souriait de tous ses crochets.
J'évaluai le sourire à cinquante euros mais j'avais plus rien sur moi.
Il a promis de m'envoyer la facture.
J'ai repris l'ascenseur, ou plutôt ce que Sigmund appelle une tyrolienne! Y sont forts ces psikiatres bas-Varois.
Pendant qu'ça montait – ou qu'ça descendait – j'ai réussi d'une main à lire l'ordonnance qui parlait des fameux cataplasmes pour Alu-six-nations. Avec ça, la Berlue allait me foutre une paix royale.
Les pompiers aussi sont très forts!
Quand ils m'ont sorti de là, ils m'ont accompagné à la pharmacie la plus proche mais le pharmacien n'avait que des confitures laxatives à la mûre, alors j'ai pris ça.
Il a promis de m'envoyer la facture, tout comme les pompiers.
 
Je suis guéri, la Berlue n'a pas réécrit mais j'transpire toujours autant alors pour pas en rajouter j'ai arrêté la confiture laxative.
J'ai découvert que le 'ph' de phantasme était apparu en phrançais au XIIème siècle mais qu'on écrit fantasme en français d'aujourd'hui... et ça m'a définitivement rassuré.
Faudra juste que j'rapporte les mygales chez Sigmund; j'sais pas pourquoi ni comment elles m'ont suivi.
14 juin 2014

Participation de Venise

 

Je ne savais pas comment j’avais atterri là.

Dans cet entre –sol  de BOWLING.

Je vis soudain une race de primate tout excités

À la poursuite d’un mirage me faire un signe de la main

Pendant que d’autres tentaient de conduire des voitures amphibienes.

Je m’efforçai de chasser ces sensations de flou de mon cerveau

Mais cette fois ci il se pouvait qu’il atteigne le BIG BANG, le point de non retour .

Est –ce que la prise d’antibiotiques ce matin aurait pu déclencher la fin du grand mensonge ?

 

Le ton de ma voix était celui du petit lapin dans un dessin animé qui craint de repérer sur son chemin un méchant clébard dans son carré de carottes

Et à chaque fois que la porte du BOWLING s’ouvrait  un fracas du tonnerre s’échappait

Ma vision périphérique me dit de m’agripper à la porte avant qu’elle ne se referme.

Et avec la rapidité d’une mangouste je fus propulsée sur le terrain de jeux des géantes quilles.

Prise dans une course aux pigeons, une sensation angoissante monta le long de ma colonne vertébrale.

Je n’arrivai pas à m’habituer à cette malédiction et comme prise dans une amnésie aveuglante j’entendis crier une voix : qu’est ce que vous regardez comme ça ?

Ho ! ça alors j’avais l’œil coincé dans le trou de la serrure !

C’est  pas vos oignons dis je avec impertinence.

 

14 juin 2014

Les benzodiazépines (Pascal)

Je m’enferme dans ma casemate, à l’abri de tous. Rien ne me soulève, rien n’attire ma curiosité, rien de ce qui vit n’a de l’importance aujourd’hui. J’ai fermé les volets pour laisser le soleil dehors et je ne les rouvre plus. De toute façon, il n’y a rien à regarder. C’est la grande dépression, c’est en dedans. Il pleut sans arrêt dans le royaume déchu de ma cervelle guimauve. Tout fond dans cette ébullition sans retour.

Quand mon Amie vient passer le week-end, j’ai souvent l’impression de croiser une étrangère dans mes couloirs. Je ne la reconnais pas. Pourtant, le docteur m’a bien ordonné de diminuer ma dose de benzodiazépines mais demandez à un drogué de se sevrer tout seul ! C’est un engrenage sans fin. Mes cachets blancs pour noircir toutes mes nuits, voilà bien un tableau d’impressionniste en manque. Et elle, elle me regarde, avec ses yeux écarquillés, comme si j’étais un zombi accro. Je crois qu’elle a peur de moi. Elle n’est pas rassurée… Et moi, je ne la vois plus. J’ai quelques souvenirs de son corps blanc, enlacé dans mes draps noirs. On dirait une sculpture de gisante, elle n’est même pas lascive. Elle me devance, elle a sommeil pour se rapprocher de demain et s’enfuir encore de ma maison ensorcelée et elle va vite se coucher. J’ai pris mes cachets magiques et j’attends que le sommeil me transperce pour tomber dans mon linceul et la rejoindre. Je monte les escaliers en titubant et chaque marche gravie est une performance d’alpiniste sans oxygène. Et puis mes yeux s’éteignent… 

Mais putain ! Qui déplace les marches de mon ascenseur ? Tout est glissant ! C’est cette salope qui ronfle, c’est sûr ! Elle astique le parquet avec ses sourires ambulants comme si j’étais malade. Elle veut me faire tomber, elle veut me tuer ! C’est écrit dans ses regards pudibonds. C’est une garce ! C’est une infirmière avec des intentions meurtrières ! Mais je veille, elle ne m’aura pas ! Et merde ! J’ai faim…

Je suis retombé de mon sommet de Cordillère et ma tête a heurté quelques marches machiavéliques. Elles veulent toutes me faire mal, elles sont de mèche avec cette garce.
J’ai faim !... Où sont mes couteaux ? Je veux le plus pointu, le plus effilé, le plus efficace ! Où est mon frigo ? Qui a déménagé mes meubles ? C’est sûr, c’est cette salope alitée. Elle a anticipé mon trépas et raflé mes armoires et mon congélateur ! Je constelle le carrelage avec ma peinture rouge et j’ai dû tomber encore car il y a quelques flaques coagulées, un peu partout. Elle me saigne à petit feu ! C’est un vampire ! Elle me suce avec ses atouts, cette maîtresse ! Ses baisers sont intéressés, c’est une sangsue traîtresse !...

J’ai retrouvé mon frigidaire. Elle l’avait caché dans la cuisine, cette vile salope. Heureusement, j’ai fait des fouilles méticuleuses. J’ai ouvert tous mes tiroirs et, à chaque fois, je vois sa gueule joyeuse en train de sourire dans les coins comme des traquenards visqueux, des invites au suicide, des incantations de sorcière maléfique. Elle me nargue. Je t’emmerde salope ! Je vais te crever, je vais te faire la peau et te coller sur ma porte ! Je vais te saigner, grosse truie !...

Chance ! Mon frigo s’ouvre et sa lumière s’allume, c’est magique. C’est plein de trésors cachés à l’intérieur. Il fait froid dedans. On dirait une tombe garnie, à l’ombre de l’été. Des saucissons dégueulent comme des boyaux gonflés et le camembert pue comme une carcasse de cadavre putride, oublié sans famille, sur un champ de bataille. Salope ! Tu ne prendras pas mon Ame ! Elle est cachée à l’abri, loin de mon cœur !...  

C’est une tomate ? Toi, tu vas morfler ! Un couteau ! Un couteau ! Oui, celui-là. On va faire des petites  tranches… Elle m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à ma folie…
Ce n’est pas la peine d’allumer cette cuisine, elle pourrait venir m’espionner, cette garce lubrique avec ses envies chimiques et ses desseins sadiques. Elle a des attitudes narquoises et des impatiences de demoiselle sans vertu. Elle joue de ses charmes et s’invente quelques larmes quand elle s’amuse de moi, cette ingrate. Et moi, j’y vais de ma pièce pour son théâtre de mascarade…  

Du sel ! Je veux du sel ! Il faut blanchir ce cœur palpitant, découpé dans l’évier. Il est plein de pépins, comme le mien…Elle a volé la salière. Elle fait mon régime. Elle m’use avec ses caprices de jeune fille et ses simagrées grimaçantes. Elle tortille son postérieur comme un passeport sans frontière et moi, je la bave.

Rien de ce que je fais n’est bien. Si j’allais chercher la lune et quelques étoiles filantes pour l’épater, elle trouverait à redire sur leurs brillances ternes et leurs vitesses de croisière trop lentes. Ce ne serait pas l’heure, ni le lieu pour cette offre. Je serais encore déplacé dans notre histoire. Avec elle, je suis toujours mauvais. Elle me talonne la gueule avec ses aiguilles et j’en redemande parce que je l’aime. Salope !...  

Le sel ! Faut-il que j’aille creuser dans le jardin pour trouver une mine ? Ce serait bien ma veine. Je suis encore tombé et ma tête a mangé l’évier. Cabossé, je crache du sang ou c’est ma tomate qui pleure. Le couteau a valdingué, sous quoi ?
Un inconnu me surveille avec ses yeux clignotants. Il ronronne le plaisir de me voir à moitié assommé dans cet énième round. Il fait des bruits incongrus, il rote une indigestion amusée et curieuse. Je vais lui péter la gueule ! C’est un allié de ma salope couchée ! C’est le lave-vaisselle !... Je l’ai reconnu à cause des bons médicaments posés dessus.

Le sel ! Il est là, à portée de ma main enflée. Faites tomber la neige, je ne veux plus voir de rouge ! On va cacher la tomate ! Personne ne reconnaîtra mon cœur découpé. Des câpres ! Il faut des câpres pour assaisonner ma salade de grimaces !

La salière est vide. C’est toujours pareil, on ne peut compter sur personne, surtout pas sur cette garce. Ma vie manque de sel. C’est elle qui ronfle si fort ? Non, c’est le frigo ouvert… Je suis retombé et c’est mon bras qui a morflé, cette fois. Je n’ai pas vu venir le coup. Trop rapide. Toutes mes techniques de bagarre sont inutiles contre cette ennemie visqueuse. C’est désespérant. J’ai envie de pleurer soudain. Je suis seul contre le Monde et ma défense est fragile… Trait aux noirs ! Accroche-toi, mon gars. Laisse compter les secondes et relève-toi. Tu ne sais pas faire autrement. N’attends la pitié de personne, surtout pas de cette belle garce cachée dans ta chambre noire.

Un cendrier est explosé sur le sol. Elle ne fume pas mais c’est elle qui les remplit, juste pour m’emmerder, juste pour que je les fasse tomber ; c’est pour m’humilier et me faire ramper à ses pieds. J’ai de la fumée dans les yeux, d’autres diraient de la merde... Il fait triste ici. J’ai froid, à la dérive sans espoir, dans cette embarcation pour nulle part. Il pleut du sel sur mes lèvres tuméfiées et j’ai un mauvais goût de sang dans la bouche…

Je me suis réveillé. Le petit matin est rassurant, sans le faire exprès. Quelques rayons de soleil s’immiscent subrepticement dans les interstices des volets de la chambre. J’ai l’impression de m’être battu, cette nuit. Emprisonné dans les draps, comme dans une camisole forcée, je suis plein de douleurs courbatues. Il me semble avoir encaissé un train de marchandises emballé dans la gueule.

J’ai dû encore batailler avec des hallucinations cauchemardesques et je ne gagne jamais. Mes mains sont pleines de sang séché. Tout à coup, je me suis aperçu de son corps allongé à côté de moi. C’est la panique. J’ai un sale goût de câpre coincé entre les dents…  

Elle est immobile et je suis désespéré. Je voudrais toucher sa peau pour m’apercevoir de sa tiédeur. Je voudrais la voir bouger. Je voudrais tellement l’entendre respirer. Je n’ose pas m’approcher de ce corps inerte. J’ai tellement peur de mes conclusions de légiste. En me levant, j’ai marché sur un grand couteau de cuisine. Il est noirâtre. J’ai fait le tour du lit, comme un assassin dépité sur les lieux de son crime, et je ne sais plus avaler ma salive de condamné. Ma glotte s’est bloquée et je ne trouve plus d’air. C’est la fin du Monde...

Quand j’ai eu fini de nettoyer ma cuisine, comme pour effacer toutes mes empreintes diaboliques, j’ai entendu l’eau de la douche gicler dans les rideaux en plastique. C’est toujours comme ça quand elle vient passer le week-end. Pourtant, le docteur m’a bien ordonné de diminuer ma dose de…

 

14 juin 2014

Une ligne blanche et droite (Minuitdixhuit)

La route était étroite et droite, toute étroite et droite, à travers la forêt des grands pins. Il faisait une nuit, noire, sans une lune et sans une étoile. J’étais épuisé, mais je roulais à vive allure. Et j’allais rejoindre sa pierre, vous comprenez pourquoi ?

Je l’aime.

Je savais qu’elle y dormait parce que j’avais reçu ce télégramme.

Mes yeux suivaient hypnotiquement la ligne blanche et droite du milieu, comme un rail. Cela me permettait de rester sur la route, malgré la détresse de ces foutus jours. Accumulée.

S’il y avait une ligne blanche et droite, c’était parce que la route montait et descendait pour suivre les ondulations des dunes de la forêt des grands pins. Et dans les montées, la voiture ralentissait et dans les descentes, elle accélérait, toujours en ligne blanche et droite, comme un rail.

Après cette descente la route s’était remise à monter mais, cette fois-ci, la voiture n’avait pas ralenti, au contraire, elle avait accéléré, accéléré, accéléré et la ligne blanche et droite hallucinogène de la montée, montait, montait, montait, de la route de la forêt des grands pins, jusque dans le ciel de celle-là de nuit, noire, sans une lune et sans une étoile.

C’est la lumière qui s’éteignait qui m’a réveillé, et la voix de la fille en blanc, toute droite qui avait prononcé :

- C’est fini.

Sur l’écran du moniteur de mon encéphalogramme, la ligne était blanche et droite. Comme un rail.

Mais j’étais déjà ailleurs que sur cette table de fer, j’étais à côté d’elle, enfin. J’avais rejoint sa pierre, vous comprenez pourquoi ?

Je l’aime.

 

14 juin 2014

Orage d’automne (Fairywen)

 

 

Orage d’automne.

 

Il y avait près d’une année à présent qu’il avait franchi le seuil de la boutique de magie pour n’en plus ressortir. Un an qu’il vivait aux côtés de la jolie jeune femme qui l’avait abrité ce jour d’orage. Il ne croyait toujours pas à la magie, si ce n’était à celle de l’amour, mais il l’acceptait telle qu’elle était, avec ses rires cristallins, sa joie de vivre, sa fantaisie et ses absences mystérieuses, tout comme elle l’acceptait tel qu’il était, lui le voyou de la nuit au passé sombre et tourmenté. Auprès d’elle, il avait trouvé l’apaisement. Auprès de lui, elle avait trouvé le frisson du danger.

Et en ce jour où la tempête menaçait, il s’inquiétait, car elle n’était toujours pas rentrée de l’une de ces promenades dans les bois auxquelles il n’avait jamais voulu l’accompagner, riant quand elle lui disait qu’elle allait voir les fées. N’y tenant plus, il saisit son blouson et sortit sous la pluie qui redoublait. En quelques mètres il fut trempé, mais il s’en moquait. Il n’y avait qu’elle qui comptait, elle pour qui son cœur se serrait d’inquiétude. Il emprunta un sentier au hasard et s’enfonça dans les bois. Du coin de l’œil, il crut voir une petite lueur dorée qui se déplaçait devant lui, une lueur qui sautait de feuille en feuille et d’où perlait un rire joyeux, mais il se persuada qu’il était victime d’une hallucination, que ce n’était sans doute qu’une illusion causée par la foudre et le tonnerre. Pourtant, inconsciemment, il suivit la petite boule de lumière, jusqu’à une trouée au milieu de la forêt.

Il s’immobilisa à la lisière des arbres, stupéfait. Elle était là, au milieu de la clairière épargnée par la tempête, comme si une bulle de calme avait éclos au milieu du chaos environnant. Debout au centre de la bulle, elle tournoyait sur elle-même, les bras écartés, créant des étoiles de lumière dans le sillage de ses doigts.

« Je rêve…, songea-t-il, oui, c’est ça, je rêve… Ou alors j’ai trop bu et j’hallucine… Oui, ça doit être ça, j’ai pris une cuite, je me suis écroulé dans une rue quelque part et j’hallucine sous l’orage… »

Et puis soudain, avertie par le lien qui les unissait, elle se tourna vers lui. L’amour brillait dans ses yeux violets tandis qu’elle lui souriait en s’immobilisant :

« Ne reste pas sous la pluie, viens. J’ai un charme pour sécher les cheveux mouillés et un sortilège pour les vêtements trempés. »

Décidant que puisqu’il hallucinait il ne risquait rien, il entra dans le cercle et alla à sa rencontre. Elle passa les bras autour de son cou et se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser :

« Alors, tu y crois, maintenant ?

-A quoi ?

-A la magie.

-Je ne suis pas en train de rêver, là ? 

-Oublie la raison, écoute ton cœur. 

-Mon cœur me dit qu’il aime la plus jolie des fées. Mais il ne sait pas s’il est réveillé ou pas.

-Bien sûr que si, il le sait. C’est toi qui refuse d’entendre ce qu’il te dit, mais ça ne m’empêche pas de t’aimer. »

Elle l’embrassa à nouveau, et il s’abandonna à ses caresses. S’il ne s’aperçut pas que ses vêtements avaient miraculeusement séché, ce fut parce qu’il l’allongea sur les feuilles pour l’aimer et que dans ces cas-là, les vêtements n’ont que peu d’importance.

 

Lorsqu’il s’éveilla, bien des heures plus tard, il était seul dans la clairière. La tempête n’était plus qu’un lointain souvenir, ou plutôt, il ne savait plus exactement s’il y avait réellement eu une tempête, s’il était vraiment sorti sous la pluie chercher sa compagne, s’il l’avait vraiment vue créer des étoiles de ses doigts et s’il l’avait vraiment aimée dans une bulle de calme au milieu des éléments déchaînés, ou s’il avait tout simplement pris la cuite de sa vie et avait fini les dieux seuls savaient comment dans les bois.

Pensif, il retourna à pas lents à la boutique. Elle était là, derrière le comptoir, toujours souriante, ses grands yeux violets à l’éclat mystérieux illuminant son visage aux traits fins. Il voulut lui demander si tout cela avait été un rêve ou si elle savait vraiment fabriquer des étoiles, mais sa raison le retint, et il se contenta de la rejoindre pour poser un baiser sur ses lèvres, jetant au passage un regard peu amène à un client qui la regardait avec un peu trop d’insistance à son goût. Elle répondit à son étreinte avant d’aller encaisser le client soudain pressé de partir après avoir évalué le gabarit du nouveau venu. Ses cheveux volèrent sur ses épaules, et quelque chose en tomba en tourbillonnant. Il se pencha pour le ramasser et se figea subitement.

 

Dans sa main reposait une feuille de chêne dorée par l’automne, une feuille semblable à celles qui leur avaient servi de lit dans la forêt…

 

Où lire le début de l'histoire.

 

 

Défi 302 du samedi 7 juin 2014

 

 

 

 

7 juin 2014

Défi #302

HALLUCINATIONS

Hallucination

Nous attendons avec curiosité vos visions à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

7 juin 2014

L'ont-ils choisie noire ou blanche ?

7 juin 2014

Participation de Nhand

Participation de Nhand (défi#301)

7 juin 2014

Tour de force d'une musarde (JAK)

 

defi 300 la boutique magique

 

Tour de force d’une musarde

 

Chouette aujourd’hui, c’est du boulevard sur Sam’ défi

Le magasin là bas au bout de l’avenue nous offre d’office le texte de notre billet.

 C’est consigné en gros sur sa vitrine...

On y fait une cure  de magie et ca dans tous les styles.

On aide les débutants  avec du matériel ad hoc.

Même les amateurs y sont sollicités

Alors je ne parle pas de tous les passionnés.

Quand aux professionnels qu’ils aillent voir ailleurs.

 Ici c’est la boutique des mages- bricoleurs

 Qu’on les laisse en paix escamoter, charmer, illusionner

 En qu’en un  tour de passe-passe  d’mél magique,

 La consigne 302 vous apparaisse ici.

                                                                 J@cadi’scourt

7 juin 2014

Oups pardon. (Rose)

J'y suis rentrée par inadvertance comme lorsqu'on ouvre la porte des toilettes d'un restaurant et qu'un homme,les mains chargées de son avenir, nous regarde étonné. Oups pardon.
Je me fondais un peu dans le paysage. Faut dire que j'étais encore en pyjama. Je pensais pas que je rentrerais là. D'ailleurs, je pensais pas que j'allais sortir de chez moi.

J'y suis rentrée avec fracas comme lorsque j'ai cassé le vase de maman et qu'elle m'a répétée, les mains chargées à pêtrir la pâte que j'étais maladroite. Oups pardon.
J'ai avancé avec crainte. Faut pas oublier qu'on est pas ici pour rigoler. La magie c'est sérieux. J'ai été victime d'un sort. Faut me croire vous savez.

J'y suis rentrée inconsciente comme lorsqu'un bébé pousse son premier cri et qu'on le regarde, les mains crispées et entremêlées, paniqué à l'idée qu'il lui manque un doigt de pied. Oups pardon.
J'aime pas comment on me regarde. Moi je fais pas de la magie vous savez. J'ai juste été victime d'un sort. Je viens ici pour comprendre. On m'a dit que c'est bien de comprendre ce qui nous arrive.

J'y suis rentrée sur la pointe des pieds comme lorsque je me lève la nuit pour un bout de chocolat et qu'une main chargée de souvenirs m'intercepte dans ma quête. Oups pardon.
J'ai bien compris. Comment ça la magie ça n'existe pas ? Mais si regardez, je ne vois plus rien. Mais si écoutez, mon coeur bat. Mais si sentez, je suis en émoi.

J'y suis rentrée le coeur plein d'espoir comme lorsque j'ai cru en lui et que les mains chargées de violence. Oups pardon.
Je vous l'ai bien dit, regardez ! Ecoutez ! Ecoutez ! Je ne sais plus parler. Il me manque des bouts à. Mais si écoutez ! Regardez ! Sentez ! J'ai le coeur qui palpite.

J'y suis rentrée pour tout changer comme lorsque le changement c'est maintenant et que, levant la main pour prendre la parole... Euh le chant, je mens ? Oups pardon.
Je vous l'avez bien dit. Plus aucune cohérence. Donnez-moi cette baguette que je retrouve mes esprits. Mais si ça marche. Har.ry.Pot.ter. Hey les gars ? Qui est-ce qui bosse dans un magasin de magie ?

J'y suis rentrée en souriant comme lorsque tu me prenais dans tes bras et que, la main sur mon sein, tu me disais que tu ne serais plus. Oups pardon.
Je le vois bien. Vous vous riez de moi ! Je m'en fiche, tout ce que j'avais à perdre, je l'ai déjà perdu.

J'y suis rentrée en pleurant comme lorsque j'ai compris que ce n'était qu'illusion et que d'un coup de baguette magique, lovée dans ta main, tu as disparu. Oups pardon.
Je sens plus rien. Ca empire, les mecs. Vous avez pas une tite potion sous la main, là ? Je pense que le moment est propice à la chose, vous comprenez.

Puis je suis sortie, l'air de rien comme lorsque je suis passée au-dessus de cette bouche de métro et qu'un homme, le téléphone à la main, m'a regardé d'un air étonné. Oups pardon.
Puis vous savez, c'est la vie hein ! Vous croyez pas à la magie, vous y croyez pas. C'est comme tout. Pour que ça fonctionne, faut y croire.

plop

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