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Le défi du samedi

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23 août 2014

Participation de JAK

Ballade pour  la balade

Bonjour les défiants

Pas de surprise, les magasins annoncent la couleur : c’est bientôt la rentrée.

Me voici traversant la chaussée pour accéder à mon enseigne préférée, et ce piéton matérialisé sur le pavé, par un enchainement d’idées, m’a acheminée tout simplement aux sources de mon bien être.

Et à la manière de Paul Eluard, je crie mon amour pour les balades, la seule façon, pour moi de mettre le cap vers un apaisement véritable….

 Et d’attaquer la rentrée de pieds fermes.

A Bientôt

ja01

 

Sur les passages pavés

Sur les sentiers escarpés

Aux croisements des chemins

J'écris ton nom

Sur les rencontres impromptues

Sur les drailles  ancestrales

Sur l’abri providentiel 

J’écris ton nom.

 

Et par le pouvoir d’un mot   
Je recommence ma vie
Je suis né-e- pour te connaître
Pour te nommer

GR qui m'offre la liberté.

 

En marronTexte intégral de P. Eluard

.

                                                             Défi #3127ieme photo bonne ballade

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23 août 2014

Pas à Pas par bongopinot

bo01

 

 

Une balade sur un chemin  pavé

Sur le sol une silhouette y est dessinée

Pour se promener en toute sécurité

Suivons ce personnage qui nous dirige cet été

 

Une balade comme une aventure

Sans savoir où nous mènera notre futur

Fait d’amour, de fissure,

De poésie et d’écriture

 

Une balade en ritournelle sur la dureté du temps

Où la rencontre des genres et des gens

Nous offre tous les matins comme un chant

Pour celui qui prêtera une oreille, chemin faisant

 

Une balade, nous allons vers l’avenir

En gardant sur le cœur nos plus beaux souvenirs

Et faisons de toutes nos journées à finir

De merveilleux, pas, en devenir

 

Une balade pour  donner de bonnes armes à nos enfants

Pour qu’ils continuent après nous, améliorant et bâtissant

Un nouveau monde indulgent et accueillant

Fait de quiétude de paix et d’amour éclatant

 

Une balade qui nous emmène droit vers notre fin

Sans peur ni tristesse ni chagrin

Et nous arrive une douce odeur de jasmin

Des amis à nos cotés nous prennent la main.

 

Tous ces petits pas comme un bond de géant

Nous font traverser mais jamais remonter le temps

Et  dans nos têtes on entend les tic tacs incessants,

D’une bataille sans trêve, qui prouve  que l’on est vivant.

23 août 2014

une rue dans la nuit (Fairywen)

 

Une rue dans la nuit.

 

Il va mourir au coin de la rue,

Il le sait, il a vécu.
Son seul regret ?
L’amour qu’il n’a point trouvé.
La belle de son frère il a désirée

Mais jamais ne l’a aimée.
Jalousie,

Envie,

Furent les mots-clés.

 

Mais ce soir tout est fini.
Seul contre trois, le requiem est dit.

Jusqu’au bout il se battra,

Seul il ne partira pas.
Dans sa chair s’enfonce l’acier,

Il s’effondre blessé,

Prêt à s’en aller.

 

Mais tout à coup un éclair dans la nuit,

Une épée qui surgit

Des cris,

La peur qui change de camp,

Une silhouette campée devant lui

Qui le défend.

 

Et puis trois corps sur les pavés,

Et soudain près de lui,

Son frère qui lui sourit :

« Nous t’avons cherché

Depuis que tu es parti. »

 

Sa belle est toujours à ses côtés,

Toujours aussi jolie,

Mais il ne la voit plus,

Car avec eux un ange est venu,

Un ange penché sur lui,

Qui lui sourit,

Panse ses blessures

Et son cœur capture

 

Dans une rue de la Pierre Hardie,

Sous une lanterne au coin qui luit…

 

(à suivre…)

 

Défi 312 du samedi 16 août 2014

23 août 2014

Juste trop court (Walrus)

- J'l'avais dit qu'il n'y arriverait pas !

- À quoi ?

- À passer avant le rouleau-compresseur !

23 août 2014

Participation de rsylvie

Balade au Vair.

La fleur au fusil, la fine équipe avance à grand pas.

 Tout joyeux à l’idée du programme de la journée, les garçons chantent à tue tête :

 « dans la troupe ya pas d’jambe de bois,

Ya des nouilles mais ça n’ se voit pas.

La meilleure façon d’marcher

C’est encore la notre,

C’est de mettre un pied d’vant l’autre

Et de r’commencer ….. dans la troupe ya pas,,, M E R D E lance petit Pierre, j’ai oublié les vers » !

-« quoi ! t’as oubliél’appâts ! Mais comment qu’on va faire », s’inquiète Marcel, le plus âgé de tous.

             …. 1 p’tit pouce qui marche

2 p’tits pouces qui marchent et ça suffit pour être heureux

1 p’tit pied qui marche

2 p’tits pieds qui marchent et ça suffit pour être heureux…..

-« Merde, chié…. comment qu’on va faire, reprend grand Jules,

Parc’que sans appâts c’est vach’ment dure d’attraper qu’et-chose »

…..

-« Oué, c’est trop dure », repris machinalement petit Pierre.

Le soleil, qui ne semblait pas vouloir entendre

 la sonnerie du réveil matin, s’étirait langoureusement

sur un ciel de lit bleuté aux couleurs chatoyantes du jour qui se lève.

La petite troupe continuait son chemin comme si de rien.

 …. Elle est passée par ici, coucou

Elle repassera par là….

-« regardez, on arrive presque », s’écrie petit Pierre impatient

de taquiner les poissons d’argent de la Mare à Sorel.

-« Hé l’gamin, t’es bien pressé. Faudra pourtant attendre, car

Y a une tuile, on n’a pas d’quoi les attirer dans nos filets.

Va falloir ruser petit » lui répondit Marcel

-«  Oué, va falloir ruser », renchérit grand Jules.

Arrivés à l’entrée du champ, les uns s’agenouillent d’autres enjambent la barrière.

Puis,  la petite troupe se s’épare et chacun rejoint

mécaniquement son emplacement coutumier.

Hors cette fois-ci rien ne va. Marcel a la mine renfrognée des mauvais jours.

Armés de patiente, les gamins attendent….. attendent.

Jetant à la dérobée un regard vers l’ainé de tous, car ils sont certains.

Marcel va trouver une solution. Seulement celui-ci n’a pas d’idée.

Rien, rien….. rien

….promenons nous dans les bois,

 pendant que le loup n’y est pas.

Si l’idée y est, elle y restera.

Mais comme il n’en a pas, elle n’y reste pas

Soudain petit Paul, du haut de ses 5 ans, ankylosé

par la longue attente, pousse un cri de douleur, des crampes

dans les jambes. Oubliant qu’il est en équilibre précaire

 sur un rocher glissant, se tord dans tous les sens. Et

se retrouve avant même d’avoir eu le temps de le dire,

 le nez dans les roseaux et le cul dans l’eau. 

Aussi vite tombé, aussi vite relevé par grand Jules accouru à son secours.

-« et ben p’tit gars, faut pas gigoter de la sorte », s’esclaffe

l’adolescent tout mouillé à son tour.

….Une souris verte, qui courait dans l’herbe,

Je l’attrape par la queue, je la montre à ces messieurs.

Ces messieurs me disent, trempez-la dans l’eau,

Trempez-la dans l’huile, ça fera un escargot tout chaud….

-« Mais qu’est-ce-t’as encore à gesticuler de la sorte », demande Grand Jules.

Plongeant la main dans son pantalon, petit Pierre en retire

une grenouille aussi effrayée que lui.

-« ha ha ha » s’écrient tous en cœur le restant de la troupe.

Plié de rire devant la mine déconfite du petit, Marcel s’écrie :

-«  c’est pas le tout de taquiner la rainette, mais

faudrait pas que le héro du jour attrape un rhume de fesses.

Rentrons ».

… Il était un petit homme, pirouette, cacahouète

Il était un petit homme, tout mouillé, pirouette, cacahouète. 
Mon histoire est terminée, mais je peux vous la recommencer

Je peux vous la recommencer.

 

Bien à vous,

rsylvie

 pirouette, cacahouète.

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23 août 2014

White Spirit (EnlumériA)

Damien mâchonnait son casse-croûte sans conviction aucune. Il ne savait pas trop ce qu’il y avait sur sa tartine de pain – d’ailleurs était-ce vraiment du pain – mais c’était mangeable. Disons pour faire simple que cela ressemblait à une sorte de viande reconstituée avec un arrière goût de fromage d’écume accompagné de beurre de bigorneau. Il poussa la dernière bouchée laborieusement mastiquée avec un verre de vin d’orage. C’est comme ça que Sandalphon avait appelé ce breuvage. Bon ! C’était buvable.

Il regarda d’un air absent le yack bleu qui ruminait à quelques mètres. L’animal semblait l’observer du coin de l’œil avec on ne sait quoi de narquois dans le regard. Un peu plus loin les deux comiques qui lui servait d’escorte jusqu’à Kitej se perdaient dans d’interminables palabres avec le Sayedh el Khâfila*. De quoi parlaient-ils ? Damien s’en moquait. Il se sentait bourdonneux, sous l’emprise d’un vague à l’âme sirupeux qui collait à l’esprit comme un vieux chewing-gum sous la semelle d’un brodequin. Il tenta d’occuper son esprit en observant les déambulations ondoyantes d’une chaise rose qui transbahutait de-ci de-là un jubilant escogriffe. Juste derrière un attelage improbable couplant un dromaludaire avec un tamanoir, un homme aux allures de conspirateur enfournait à intervalles régulier un paquet dans une boîte à lettre sur laquelle un chat était perché. Le manège du type était assez déconcertant. Il ouvrait la boîte, mettait le paquet, refermait la boîte et attendait quelques instants. Le chat accomplissait alors trois tours sur lui-même, posait sa patte sur l’épaule de l’homme qui, aussitôt, prenait un autre paquet dans un grand sac, ouvrait la boîte à lettres qui était de nouveau vide et remettait un paquet. Et ainsi de suite mais quelle importance. Damien ne s’étonnait plus de grand-chose, désormais. Ils étaient arrivés au caravansérail en fin d’après-midi. Orphaniel s’était encore moqué de lui au sujet de Kaelia. L’après-midi entier avait été ponctué par les sarcasmes du nain jaune. Bon, c’était vrai qu’il ne s’était guère préoccupé du sort de la jeune femme, il avait eu bien trop peur pour lui-même, mais de là à le harceler.

Damien se resservit un verre de vin d’orage. On aurait dit qu’il y prenait goût. Mais bordel, il ne la connaissait pas plus que ça, cette fille. Il ne savait même pas d’où elle venait. En plus, il n’était peut-être qu’un jean-foutre comme l’avait répété ad nauseam cet abruti d’Orphaniel, mais il n’était pas con. Il avait bien compris que Kaelia était un nom bidon dont cette fille s’était affublée pour éviter quoi… des questions gênantes ? 

Un peu mon neveu !

Qu’elle se les garde, ses petits secrets mesquins

Mesquins, mesquins

                               Bah ! Oui, quoi.

                                               Poil au brodequin !        

Damien contempla son verre presque vide avec acrimonie. Il ne savait pas de quelle sorte de vigne venait ce vin, mais voilà qu’il avait l’impression d’entendre des voix.

Ce vin n’a rien à voir avec moi !

Bien ! Il entendait des voix. Pas grave. Depuis deux jours, il gambadait dans ce qui était l’équivalent onirique de charybde et scylla et

                 Tu ne vas pas me faire le coup ?  

                                                Ce qu’il avait vécu après la disparition de Marjorie

                                                                                Et si, il l’a fait !

Au seuil de l’agacement, Damien reporta son attention vers le gars qui s’acharnait toujours à gaver cette stupide boîte à lettres qui, elle, s’évertuait à digérer d’une manière stakhanoviste les paquets qu’il sortait du sac sans fond. Ah ! Tiens. Le chat n’était plus là. Il vida son verre. Le yack bleu l’observait toujours, mais cette fois, il crut lire une mise en garde dans le regard crémeux du bovin.

Ton pote a raison !

Quoi ?

Ton pote déguisé en citron, il n’a pas tort.

Le jeune homme sentait des vagues d’irritation fourmiller à hauteur de son plexus solaire. Il était crevé, ce vin lui tournait la tête et pour ce qui était des railleries, il avait eu sa dose pour aujourd’hui. L’avantage – si on pouvait parler d’avantage – c’était que ces railleries avaient été proférées par quelqu’un de chair et d’os, pas par une petite voix à l’intérieur de sa tête suscitée par un vin au nom bizarre.

   Eh ! Mec ! Je ne suis pas une voix dans ta tête de pioche !

                Alors t’es qui ?

                               Regarde en bas, sagouin, maringouin, pâte à pingouin !

Damien, somme toute pas contrariant, laissa tomber son regard à ses pieds. Cela ne fit pas grand bruit et pourtant, ça l’aurait bien mérité. Une sorte de signal d’alarme retentit dans le lobe frontal de son cerveau un peu comme un carillon fêlé au fond d’une mare à canards. Légèrement décontenancé, il releva la tête et constata qu’autour de lui, le monde semblait à peu près normal, à supposer que normal soit bien le terme qui convienne. Le type au sac continuait de charger sa boîte à lettres, ses deux gardes du corps jacassaient toujours avec le Sayedh el Khâfila et le yack bleu le regardait cette fois bien droit dans les yeux semblant dire : « Je t’avais prévenu. » Donc…

Bah, non, l’arsouille, tu ne rêves pas. Eh ! Tu vas te réveiller un peu.

Et vlan ! Damien se prit un solide coup de pied dans le tibia. Donc…

Il ne rêvait pas. L’homoncule blanchâtre qui se tenait bien droit dans ses bottes juste à côté de celles de Damien n’était pas une création délétère généré par son esprit mortifié.

— Mais t’es qui, toi ?

Je suis le White Spirit.

— Le quoi ???

Je vois. Monsieur ne pratique pas la langue de Shakespeare. Je suis l’Esprit Blanc, si tu préfères, Prosper.

— Oui, merci pour la leçon. – En prononçant ces mots, Damien sentit que ses lèvres se contractaient en un imperceptible sentiment d’amertume – Là d’où je viens, le White Spirit, on s’en serre pour nettoyer les pinceaux et les taches de peinture…

Je suis aussi cela pour toi.

Le petit bonhomme blanc exécuta un petit pas de danse qui aurait pu passer pour une figure de tai-chi, puis il se mit à glousser comme une perceronnelle.

 

Eh ! Toi, là-haut, le Narrateur, c’est quoi, une perceronnelle ?

 

« Arrête, bougre d’idiot ! Tu n’as pas le droit de m’adresser la parole. Je ne suis pas censé être présent. »

 

Oui, mais c’est quoi dit, hein, c’est quoi ? continuait le White Spirit en trépignant comme un marmouset des marais.

 

Temps mort !

 

« Une perceronnelle, c’est un perce-oreille femelle qui se comporte comme une péronnelle. Bon, ça y est. Je peux reprendre le cours de mon récit ? »

 

Vas-y Georges ! Reçu 5 sur 5. Tu reprends ton job et moi le mien.

 

De son côté Damien s’emporta.

— Quand t’auras fini tes pitreries, petit enfariné, tu pourras peut-être me dire ce que tu me veux.

Ton cœur est noir comme la suie, il ne brasse pas du sang, mais du bitume. Je suis là pour nettoyer toute cette boue.

— Qu’est-ce que tu racontes ? Quelle boue ?

Je discerne tes pensées comme la chauve-souris discerne les obstacles dans la nuit profonde, Cunégonde. Elles dégoulinent de toi comme de la poix sur une muraille prise d’assaut. Ton personnage de tragédien pathétique ne dupe personne. Si tu veux que ton monde change, prépare-toi à changer toi-même, Philomène.

Un ricanement amer secoua Damien. Quelle ironie. Non content de supporter les lazzis d’une banane sur pattes chevauchant un cheval de bois, voilà qu’il se façonnait un Gemini Criquet personnel.

Bougre de hérisson mou des steppes de Lampedusa ! Je ne suis pas plus Gemini Criquet que tu n’es un pantin de bois.  D’ailleurs, t’es qui toi, hein ? Quand on fait le bilan, t’es qui au juste ?

— Je suis Damien Dexter et…

Je ne te demande pas quel est ton état-civil, banane de cirque. Je te demande qui tu es vraiment.

— Je suis quelqu’un qui…

T’es rien mec. T’es qu’un guignol qui passe son temps à se lamenter sur son sort. Un clampin qui fuit ses responsabilités. Et Marjorie par-ci et Marjorie par-là. Gnah, gnah gnah ! Tu étais où quand elle avait mal ? Tu peux me le dire ? Tu n’étais même pas à travailler sur ce foutu roman que tu n’écriras jamais. Tu te crois important parce que tu sais jouer trois accords sur cette vieille guitare que tu trimballes partout comme si le poids de ta propre misère ne suffisait pas. Tu ne sais même pas pourquoi tu t’es assis au beau milieu de ce maudit triangle, là-bas, aux Bermudes. Le capitaine Ward, tu ne le connaissais que par ouï-dire. Sa baraque, tu ne l’as acceptée que parce que tu cherchais un trou où te cacher, cochon casher.  

Assommé par cette admonestation, Damien ravala sa rancœur et sa rancune avec une petite pincée d’aigreur pour faire bonne mesure. Le White Spirit, bien campé sur ses petites jambes, les mains sur les hanches, le regardait sévèrement du bas de ses trente centimètres et des poussières.

— Qu’est-ce que tu veux que ça me foute, tes réprimandes à la con ? Tu ne sais pas ce que j’ai vécu ? J’ai…

Et re-vlan ! Un grand coup de ganache dans le tibia. Le petit bonhomme blanc frappait vite et fort.

Arrête de pleurnicher et réveille-toi, je te dis.

Damien tenta une fois encore de proférer une de ces jérémiades dont il avait à la longue peaufiné la recette. Mais rien de voulait franchir le seuil de ses lèvres. L’homoncule posa son doigt sur sa bouche et fit :

Schhhh ! One a minute, please !

Et alors, le White Spirit se mit à dansoter sur place un quadrille meringué du genre drolatique et burlesque. Ça évoquait à la fois la danse de la pluie et la biguine ; l’agacement oblique et la frilosité morbide. C’était aussi bien risible que triste à pleurer et c’était destiné à provoquer un choc mental qui ne tarda pas à débusquer du cœur sombre de Damien une bestiole noire armée de pattes griffues et tranchantes comme des rasoirs. Cela se tortillait en tous sens comme sous l’effet d’une décharge électrique en poussant un horrible cri de craie furibonde sur un tableau noir.

Damien fut pris de nausées. Il expulsa son vin d’orage dans le caniveau et vit que sa vomissure charriait une myriade d’aiguilles et d’éclats de verre. Il se laissa tomber sur les genoux, groggy, anéanti, mais soudain léger comme un échantillon de barbe-à-papa dans une brise d’été.

Par terre, le petit bonhomme blanc se tenait tout droit campé, les bras croisés et la tête insolente.

On se sent mieux, hein ! La vilaine bête est partie et le cœur de suie a cédé la place à cette petite étincelle divine que tu as reçue à l’aube du monde.

Damien reprenait tant bien que mal ses esprits. Il se sentait tout mollasson mais aussi tout bonheur et limpidité. Un arrière-goût sucré avait chassé l’amertume insistante qui chargeait depuis longtemps son haleine. Son esprit était clair, son regard lumineux. Une tonicité nouvelle embrasait sa poitrine, apaisait son souffle, revigorait son être tout entier. Il avait l’impression de se défroisser et de s’épanouir comme les pétales d’une fleur d’or dans l’astral.

— Mais qu’est-ce que tu m’as fait ?

Moi, rien. Je ne suis que le White Spirit, le vecteur au service du Tout. Je t’ai nettoyé, décapé, débourbé de fond en comble.

Une ombre s’interposa entre Damien et le soleil couchant.

— Avec qui tu parles ? demandant Sandalphon.

Damien se redressa.

— Je parle avec… Le White Spirit ?

À ses pieds, il voyait une petite silhouette blanche peinte sur le bord du trottoir.

— Tu parles avec un tag ? Holà ! Bonhomme. C’est le soleil rose ou le bleu qui t’a tapé sur le cabochon ? Allez viens. Je vais te montrer où dormir.

Damien suivit Sandalphon d’un pas encore mal assuré.

— Euh ! Dites-moi, Kaelia, vous croyez qu’on va la retrouver ?

Sandalphon se retourna. Un sourire malicieux éclairait son visage.

— Ah, quand même ! Tu y auras mis le temps.

 

 

* Meneur de caravane, cf. défi 309 Slave Transportation

 

23 août 2014

DEUX PIEDS (Sebarjo)

 
 

Petit matin.

Un ou Le ? Peu importe il est de bonne heure et je suis de mauvaise humeur.

Disons qu'il est 8H30. Je suis déjà debout depuis plus d'une heure. La reprise est difficile, la tâche ardue pour le vacancier que j'étais encore hier. Je parviens tout de même à trouver la porte d'entrée. Je sors, ni paré ni même préparé au labeur qui renaîtra dans un quart d'heure.

J'arpente comme à reculons les trottoirs de la ville quasi-déserte en cette mi-août. J'ai la tête lourde et embrumée, encore en congé, le corps pesant et ensommeillé, pas totalement délassé des bras de Morphée. Je déambule seul, me rendant à mon bureau à pieds, ayant laissé ma jolie auto au garage. Mes pas claquent, résonnent, claquent, résonnent. Plutôt fortement car j'ai rechaussé mes Richelieu de chez Santoni et délaissé mes espadrilles quelque part sur la côte basque entre les plages d'Erretegia et de Parlementia. Un pigeon agite ses ailes et se pose sur un banc à la recherche de restes culinaires. Le vent fait voler deux ou trois papiers gras. Les artères de la ville respirent à peine tant elles sont vides. Je traverse l'avenue lorsque soudain, me sortant de mes rêveries inhérentes, une silhouette blanchâtre apparaît sur l'asphalte grisâtre. C'est un piéton. Du moins, sa substance peinturlurée qui semble vouloir avancer d'un pas énergique et décidé. C'est un piéton certes, mais comme il semble loin de moi ! Je pense alors à cette chanson de Thomas Fersen que je me mets à fredonner, tant mon entrain tourne au ralenti :

Je suis désolé je n'ai que deux pieds...

Même si je ne me sens pas de taille, je dois rester une pointure, alors malgré tout, il faut que j'avance c'est une évidence... je ne vais pas commencer cette reprise en étant à côté de mes pompes, moi qui tend facilement à la calcéophobie !

Encore quelques mètres et j'y suis.

Bon élève, je relève la grille qui grince et ouvre la boutique dont l'enseigne révèle un chat botté.

En effet, l'hiver comme l'été, je travaille Au Chat botté, grand magasin de chaussures qui a pignon sur rue depuis plus d'un siècle, créé à l'époque par un certain Chabotié, cordonnier de son état. Ici, moi je ne suis qu'une petite main au service des pieds de ces Messieurs Dames...

Ce matin, il n'y a pas foule. Pour ne pas perdre pieds ni même la main, je m'occupe comme je peux et trie quelques paires par pointure. Je sors de mon cirage en les triant justement par nuance. Je renoue avec le travail en rangeant des lacets par paire et par longueur.

Dix heures sonnent enfin. J'ai fini mes classements inutiles et insensés. Je m'ennuie déjà.

Pour ne pas sombrer dans un désœuvrement total et ne pas perdre la main ni même pieds, je décide alors de jouer au client tout en tenant mon rôle habituel de vendeur pantouflard.

Je soupire bien vite car mon client n'achète jamais plus de deux chaussures à la fois et c'est assez laçant. Profitant de ma dualité, je lui fais part de mon exaspération en me toisant de la tête aux pieds. Rigolard, celui-ci me répond alors depuis son miroir en chantant :

Je suis désolé je n'ai que deux pieds !

 

 

Et pour fredonner encore cette chanson,

voici ma version  lagaffesque ci-dessous :

 

 

23 août 2014

Participation de Nhand

SI TU VEUX TE PROMENER 

 

 

Dans la jungle urbaine,
L'automobiliste est roi ;
Dans la jungle urbaine,
Gare au piéton maladroit !

Les grandes artères
Filent toujours sans te voir ;
Les grandes artères
Ont tout pour te décevoir.

Viens, je suis ton guide,
Si tu veux te promener.
Viens, je suis ton guide,
Je t'emmène, allons flâner...

Il est des ruelles
Où le temps n'existe pas ;
Il est des ruelles
Qui s'explorent pas à pas.

Oui, des voleurs à la tire
Y font leur sale devoir,
Mais est-ce à moi de te dire
Qu'on ne peut pas tout avoir ?

 

 

LOGO NH-PF

23 août 2014

L'empreinte (KatyL)

Chapitre 7/ « L’empreinte »

Eva appela Joachim qui, au son de sa voix se douta que quelque chose n’allait pas.

Elle décacheta l’enveloppe et comprit très vite que cette lettre anonyme allait bouleverser sa vie mais elle s’arma de courage et lut à voix haute :

« Madame l’homme avec qui vous êtes n’est pas celui que vous croyez ! Il a eu plein de femmes avant vous et vous serez parmi sa collection aussi ! Toutes celles qui vont avec lui le paient cher ! Une amie qui vous veut du bien ! »

Cette lettre avec des morceaux de journaux collés était une horreur pour Eva, elle se tourna vers Joachim pour qu’il dise quelque chose !

Il était blanc de colère il se leva d’un bond et vint vers elle.

-« tu ne vas pas croire ce torchon j’espère ? Je vais te dire exactement ma vie avant toi et tu pourras te faire ton opinion mais d’ores et déjà je veux savoir qui t’a écrit cela ? Qui a mis un coup de couteau dans mon pneu ? Qui a tenté de cambrioler ton garage ? Maintenant cette lettre  c’en est trop ! »

Eva retourna l’enveloppe et vit au dos une empreinte un peu bizarre un petit bonhomme en blanc ka01 sur fond de pierres noires un tampon sans doute et dessous était écrit, d’une écriture d’écolier (cette fois à la main) : « suivez ce petit homme il vous conduira à la vérité »

Elle prit la précaution de ne toucher que le côté gauche de l’enveloppe pour la donner à la police de manière à faire un relevé d’empreintes, qui sait si celles–ci coïncidaient avec celles du garage ?

Elle mit la lettre dans un sac en plastique et n’y toucha plus, elle se tourna vers Joachim !

-« Ecoute dit-elle j’ai confiance en toi, je te connais depuis plus de huit mois, je t’ai vu vivre et agir, je me suis fait une opinion sur toi, tu vas me raconter si tu veux mais avant embrasse-moi et serre-moi très fort et allons prendre le petit-déjeuner, nous parlerons à table »

Il la prit dans ses bras sans se faire prier, c’est à ce moment-là qu’elle vit des larmes perler sur le visage de JO, elle lui essuya les yeux et les embrassa avec tendresse.

-« Viens ne te laisse pas démonter par des choses aussi méprisables, il faut être solidaires, ce n’est rien je suis certaine qu’une explication simple existe,  j’ai acheté des brioches tu vas te faire un café, cela ira mieux ensuite ! »

Elle mit sa table de petit-déjeuner Jo ne disait rien, il fit le café, elle son thé préféré à la bergamote, les brioches réchauffées, elle lui prit la main.

-

-«Si tu veux me dire quelque chose vas-y je préfère que ce soit toi qui me parles, quoique tu aies à me dire »

-« J’ai eu trois expériences importantes avec des femmes dans ma vie, la 1ere j’avais 20 ans et j’étais bien jeunot et inexpérimenté, au bout de 5 ans, nous nous sommes quittés… Puis la deuxième est arrivée, elle faisait du cheval elle semblait se plaire dans ce style de vie, mais au bout de quelques années elle dépérissait car elle voulait légitimement des enfants, comme nous n’arrivions pas à en avoir nous avons été consulter et il s’est avéré que je suis stérile et que je ne pourrai jamais faire d’enfants, au début il fut question d’adopter, je lui disais que beaucoup d’enfants sont en mal d’amour et qu’il suffisait d’aimer un enfant déjà né quelque part . Elle me dit oui et elle finit par faire un enfant avec mon meilleur ami tout en faisant croire que nous allions faire les démarches pour adopter !! J’ai eu beaucoup de mal à me remettre de cette double trahison, nous sommes séparés, elle a 3 enfants et vit dans le midi.

 Je suis resté célibataire quelques temps  une ou deux aventures dont je ne te parle pas car sans aucun intérêt.

Je devenais un peu « un ours » dans ma tanière me dévouant pour mes chevaux, j’ai aussi passé un diplôme pour accompagner les gens en randonnées et donner des cours d’équitation, j’ai développé mon centre équestre comme Maréchal Ferrant en  travaillant dur avec un vétérinaire qui m’a appris les bases de soins à donner aux chevaux lorsque l’hiver est là….bref !! J’avais déjà la quarantaine lorsque j’ai rencontré la troisième,  une femme seule avec deux ados, au début ce fut très bien, mais rapidement avec les enfants de cette femme c’est devenu un enfer, ils étaient très mal élevés, je ne pouvais rien leur dire, mais j’étais bon pour payer leurs études et tout le reste, les disputes ont commencé, de plus en plus successives, c’est alors que je me suis aperçu qu’elle buvait ! Elle me mentait tout le temps et me demandait de plus en plus d’argent, j’ai voulu l’aider et la faire désintoxiquer, mais elle refusa…Après quelques années encore ce fut la séparation qui s’est très mal passée, elle voulait une somme d’argent pour partir j’ai fini par la lui donner pour avoir la paix ! Elle vit malheureusement dans la région et je la croise de loin parfois, elle est de pire en pire avec les dégâts liés à l’alcool. .. Je t’ai tout dit, tu comprendras pourquoi je ne me suis jamais marié et pourquoi je ne voulais plus personne dans ma vie, et surtout  éprouver quelque sentiment et j’ai désormais 55 ans ! Mais tu es là !

-« Mais rien à voir avec une collection comme dit cette lettre, c’est incroyable qui peut t’en vouloir, nous vouloir du mal ? Je pense qu’il faut retrouver cette rousse elle ignore que je l’ai vue, avec cette tignasse, et sa démarche je la reconnaîtrais entre mille, si elle traîne par ici il ne sera pas difficile de la suivre et de  voir où elle demeure, elle ne pourra pas  nier car nous lui dirons que nous avons ses empreintes, et qui si elle ne parle pas nous irons direct à la police, qu’en penses-tu ? »

-«Tu as une excellente idée, bon Eva nous allons nous habiller c’est dimanche, je profite que mon jeune stagiaire soigne et nourrisse mes chevaux, alors je t’emmène voir un point de vue extra pour te changer les idées, mets un pantalon et des baskets et en route ! »

Le chien qui a entendu le mot « en route » remuait déjà de la queue et se fixa devant la porte.

-« ok » !  Elle se hâta et une heure plus tard, tous les deux  lavés et habillés ils  partirent en voiture avec celle de JO et le chien Bob pour voir le site.

En route ils ne se parlèrent pas.

Arrivés au point de vue qui était majestueux  à couper le souffle, Joachim arriva dans son dos et lui dit à l’oreille :

-« Tu es ma merveille Eva, tu es ce qui m’est arrivé de plus beau quelqu’un essaie de nous mettre les bâtons dans les roues, mais ils n’y arriveront pas, je n’ai jamais ressenti ce que je ressens pour toi, et cette nuit ma chérie a été  la plus belle , je te le dis tout en haut de la montagne si tu veux je le crie au vent, qui le dira au monde, je le crie au ruisseau qui en fera des rivières, je le crie au ciel ! »

Elle se retourna et l’embrassa avec toute la fougue dont elle était capable, elle pensa que cet instant était un moment d’éternité incomparable.

Ils marchèrent 2 heures encore en se tenant la main émerveillés par la nature, ils mangèrent dans une ferme Vosgienne des bonnes patates au munster et une tarte aux myrtilles, Eva n’osait plus rire.

Le soir ils mirent ensemble un plan d’attaque pour découvrir le fin mot, ils allèrent au lit rassurés et firent l’amour avec plus d’intensité encore que la veille.

Jo partit à son travail tôt le lendemain matin. Eva prit le  bus pour aller en ville.

Elle parcourut toutes les rues principales en vue de trouver la rousse, en vain, elle avait mal aux pieds, elle s’assit près de la fontaine et se frottait les pieds endoloris lorsqu’elle aperçut au loin la démarche de la femme avec un panier ! Son sang ne fit qu’un tour, elle se rechaussa promptement et la suivi de très loin, elle marchait en s’arrêtant parfois comme essoufflée, ou inquiète ? Elle semblait regarder partout comme une pie curieuse.

Elles passèrent à tour de rôle dans la ruelle du marchand de vélo cela rappela à Eva de mauvais souvenirs, l’autre maintenant marchait très vite elle savait très bien où elle allait.

Elle tourna dans une ruelle bien étroite, Eva leva le nez pour se repérer et comprit très vite où elle était « rue de la Pierre Hardie » mais Jo lui avait dit que c’était l’ex de Raphaël qui demeurait là !! Elle était perplexe, lorsqu’elle vit la rouquine entrer dans une demeure un peu délabrée dont la façade était composée de trois fenêtres ouvertes avec des volets brinquebalants marrons totalement en lambeaux, un lierre courait sur les autres fenêtres qui étaient toutes condamnées.

Rien de rassurant !! En s’approchant de la sonnette à l’ancienne avec chaîne rouillée, elle vit un étrange dessin au pochoir semblable à celui au dos de la lettre ! Ça alors ! ka01 Elle était au bon endroit et ces deux femmes détenaient la clé du mystère.

Elle sonna, du moins elle tira sur la chaînette avec toutes ses forces !

La femme qui vint lui ouvrir puait l’alcool !! Il n’était que 10h30 du matin ! Elle était débraillée et sa robe de chambre tenait par la saleté, ses cheveux gras et plaqués en disaient long sur la personne ! Mais Eva prit son courage à deux mains et dit :

-« Bonjour Madame je cherche une femme qui a connu Raphael Fontenoy j’écris un article dans un quotidien sur lui et je désire savoir si cette femme demeure ici, je paierai toutes les infos cela va de soi ! »

À ces mots la dame ouvrit grand la bouche et répondit : « que c’était bien là, ma chère petite dame, vous pouvez entrer »

Elle la suivit dans un long couloir Lorrain qui n’en finissait pas pour déboucher sur une cuisine d’une saleté repoussante, elle lui fit signe de s’asseoir sur l’unique chaise sans linge et se mit en face d’elle.

Elle se servit une rasade de vin rouge dans un verre douteux et en proposa à Eva qui déclina avec politesse.

-« Qu’est-ce que je peux pour vous ? Si vous payez bien je vous dis tout ! »

Eva sorti 50 euros comme convenu la veille avec Jo et les tendit à la femme qui s’empressa de les mettre dans son tiroir.

-« Oui j’ai bien connu le Raphael dit-elle ce salaud de première, ah il m’en a fait voir le bougre, à cette époque j’étais une belle femme avec tout ce qui faut où il faut ! Il aimait les girondes, J’étais douée pour le truc si vous voyez ce que je veux dire dit-elle avec un rire gras et sonore! »

-« Stop ! lui dit Eva n’entrons pas dans les détails, je voudrais savoir pourquoi vous êtes restée avec lui, vous faisiez du cheval je crois à cette époque et vous étiez sa petite amie ? »

« Non, dit-elle je n’étais pas la seule, il sortait aussi avec ma sœur, qui est infirmière qui faisait du cheval, une fille bien je vous le dit, elle a fait des études pas comme moi ! Mais moi j’ai une botte secrète qui plaît bien aux hommes et il m’achetait beaucoup de cadeaux ! »

-« Bon venons aux faits dit Eva il sortait avec vous et votre sœur,  le savait-elle ? »

-« Non pas au début, elle était folle amoureuse et il lui promettait le mariage, mais vite elle a compris qu’il avait d’autres femmes en même temps qu’elle, elle lui demanda des explications, mal lui en a pris ma bonne dame ! Savez-vous ce qu’il lui a répondu ? »

-« Ma chère Solange tu es gentille et tu me soignes bien, tu cuisines bien, tu es sortable, mais pour ce qui es du lit tu n’es pas une championne, alors j’ai des aventures quelle affaire !! Elles me courent toutes après ! Ce sont des « bons coups » rien que des bons coups ! Elles ne comptent pas !»

-« Quoi des bons coups dit ma Solange ? Tu veux dire des garces au lit ? Des ……… c’est ça les « bons coups rien d’autre ! Monsieur ne doit pas s’ennuyer ! »

« Oui voilà tu as raison c’est ça un bon coup, les hommes disent cela! Mais toi tu devrais prendre des cours… ! »

-« Elle le quitta le soir même et devint vite dépressive, elle revint vivre moi chez moi au 1er étage ! Vous ne pouvez pas la louper tant elle est rousse maintenant! »

La rousse était sa sœur et vivait au-dessus et elle avait mis cette lettre anonyme accusant JO ! Cependant elle avait mis un tampon de manière à identifier cette maison ?? Qu’avait-elle en tête ?? Il fallait à tout prix la faire venir et lui parler, elle seule détenait le nœud de cette intrigue.

Suite au prochain épisode

23 août 2014

Cartes postales : Chapitre VII (par joye)

Chapitre VII : L’homme qui courait

 [L’histoire jusqu’ici : Amanda Perry, héritière américaine, à Nancy, apprend qu’au moins trois personnes se sont trompées de son identité.]

Quelques minutes plus tard dans sa chambre, Amanda hocha la tête.  Était-ce possible que les deux messages qu’elle avait reçus ne lui étaient pas vraiment destinés après tout ?  Elle essaya de réfléchir…l’un reçu dans son hôtel à Annecy, livré par quelqu’un qui s’appelait Goudin, et l’autre du garçon de café. Mais celui-ci avait bien prononcé son nom et ne la prenait pas pour l’actrice Jessica Chastain…

Et c’est ainsi qu’Amanda s’endormit vers 16 h et passa la soirée et toute la nuit dans un lourd sommeil sans rêves.

Le lendemain, dimanche, elle ne prit pas le train pour Metz. Au lieu de cela, elle se promenait ci et là à Nancy, et se donna comme destination l’adresse du bureau de l’avocat Cherval. Comme cela, elle ne perdrait pas son temps le lendemain matin pour se présenter à son cabinet de bonne heure.

Toujours une bonne navigatrice, Amanda trouva le cabinet sans difficulté. Il ne se trouvait pas très loin de son hôtel. Elle pouvait y aller en moins de vingt minutes de marche, certainement. En se retournant pour refaire ses pas, Amanda vit le dessin d’un petit bonhomme peint sur les pavés.

Elle sourit.

-          C’est très bon signe, se dit-elle. Il essaie de me dire que ça marche !

Elle s’arrêta de rigoler quand quelqu’un la bouscula. Distraite, Amanda ne faisait pas attention, et se rendit compte, mais trop tard, que l’homme qui venait de la pousser l’avait fait exprès afin de s’emparer de son sac à main avant de se sauver.

-          Au voleur ! cria-t-elle. Au voleur ! Help !!!

Un homme juste derrière elle l’entendit crier, comprit tout de suite ce qui s’était passé, et se mit à courir après le voleur. Amanda suivit aussi rapidement que possible, mais les a perdus de vue au coin de la rue. En arrivant au coin, essoufflée, elle vit le deuxième homme, en train de téléphoner à la police. Quand il raccrocha, Amanda mit sa main sur son bras.

-          Oh, monsieur, haleta-t-elle. J’ai vu ce que vous avez fait ! Merci d’avoir bien voulu m’aider !

L’homme lui sourit.

-          Je regrette seulement que je n’ai pas pu récupérer votre sac !

-          Oh, oui, c’est vraiment embêtant. Le voleur a eu toutes mes cartes de crédit et mon passeport !

-          Ne vous en faites pas, je saurai vous aider à les faire remplacer, fit l’homme.

-          Vraiment ? dit Amanda, surprise.

-          Bien sûr. Permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Cherval, Émmanuel Cherval. Et vous, vous êtes sans doute aucun ma charmante cliente d’Amérique, Miss Amanda Perry, n’est-ce pas ?

16 août 2014

Défi #312

Septième photo des défis de l'été :

Le petit bonhomme blanc

Bonne balade ! 

Nous attendons vos participations  à :

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

16 août 2014

Coupez, c'est dans la boîte !

Flash

311 BAL

Fairywen ; Venise ; bongopinot ; Nhand ; JAK ;

trainmusical ; KatyL ; Joe Krapov ; EnlumériA ;

joye ;

 

Il semble que ces derniers jours, Canalblog ait des problèmes de gestion des images. Ne soyez donc pas surpris si certaines de vos images sont remplacées par une légende, cela devrait s'arranger avec le temps. Désolés, nous n'y sommes pour rien.

16 août 2014

À quand la levée ? (trainmusical)

À quand la levée -trainmusical-

16 août 2014

Un Homme qui me veut du bien (JAK)

Un homme qui me veut du bien*

ja01
Photo Jak

 

Bonjour  les amis de sam’défi

 Me voici de retour de ma campagne, requinquée,  pleine de force et de résolutions.

Arrivée à  la porte du garage, boudant mon absence, elle manifeste en restant  coincée, bah, ce n’est pas ce qui va me démoraliser !

 La voiture dormira ce soir dehors !                        ja02

 

Le contenu de mes valises dispatché, j’arrive aux choses sérieuses : la lecture du courrier. J’entends, pas les mails, ceux ci je les suivais dans mon coin retiré où « Google » a réussi à s’introduire, non je  parle du courrier que le facteur amène chaque jour (sauf le dimanche quand même !).

Pleine à déborder,  elle était ma boite.

Tri impératif :

-Les pubs, à la poubelle

-Les cartes,  ah ! Ces  amis qui pensent à  moi, merci

-Et les lettres dactylographiées avec entête rébarbatives.

Tiens, tiens le ministre des finances en personnes qui m’écrit !

Redoutant quelques embrouilles j’ouvre fébrilement avec mon stylet,

Une lettre d’injonction, me somme de faire ma déclaration de revenus …. Déclaration  que je n’aurais pas fait en temps voulu, cette année ????

 Et s’en suit  une  demande de réponse URGENTE, soulignée en gras, faute de quoi etc.….

Dubitative, moi si réglo,  néanmoins, je sue, je panique, je m’inquiète.  

Holà,  que va-t-il m’advenir, je suis tellement fragile devant l’appareil d’état !

Je vérifie, et constate que j’ai bien rempli la pièce 2042 requise, ce, par Internet, et j’ai  même l’accusé de réception n° xyz !

 Cette lettre a su cependant  semer le doute sur mes capacités d’obéissance ! (genre insoumise on ne fait pas mieux….. J   ***

Ma déclaration en bonne et due forme, se serait-elle égarée ?

A-t-elle été Imputée à une autre personne ?

 Ah ces « ordinateurs » bels alibis  de l’administration pour excuser  la pagaie !

Ouf, mais tout de même je prends ma plus belle plume pour répondre, et sans coup férir je cours à la poste.

Et là,  nouvelle contrariété qui me fend le coeur,   ma tension monte, je sue (encore)  à grosses gouttes:

L’employé de la poste  a déjà la déjà relevé le courrier, et comme nous sommes le 14 aout, c’est fermé jusqu’à lundi !ja03 ma lettre devra attendre...

 

 

Je vais avoir droit à une pénalité de retard…

 

Ouah ! Ouah ! Mon chien soudain aboie.

 Je suis dans mon  hamac, il est 11 heures, je sors d’un pénible cauchemar.

 Il est temps que je me lève pour aller taquiner la truite, car je suis toujours  campagnarde !

A la semaine prochaine mes amis…. 

*Nota du moins ce qu’il m’en reste

Nb prémonition ? aujourd’hui je reçois ma déclaration de revenu quel bonheur J !

 

16 août 2014

Une petite boite aux lettres par bongopinot

bo01

Une Boite aux lettres accueille tant de nouvelles

Des lettres, des cartes, et, des dessins parfois

Emplis de passions, d’amours, de mots confidentiels

De nombreuses écritures différentes se côtoient

 

Une boite aux lettres scellée sur la pierre

Fait partie du paysage, fait parties de nos vies

Et à l'heure de la levée quand arrive le facteur

Les lettres enfermées s’envoleront sans bruit

 

Dispersées, elles partent dans toutes les directions

Pour apporter au loin les pleurs ou les bonheurs

Une boite aux lettre qui est là en toute discrétion

On lui confie tout de même un peu de notre cœur

 

Une boite publique qu'elle soit bleu,verte ou jaune

Si facilement reconnaissable dans notre espace

Avec les jours et les heures des levées qui trônent

Elles sont indispensables pour notre correspondance

 

Une boite aux lettres scellée sur la pierre

Comme elle a fière allure en habit de tôle

Boite aux lettres de nuit ou bien B.A.L de jour

Différenciée par la couleur de son chapeau créole

16 août 2014

Puerto-Rico (EnlumériA)

Les mains du Narrateur s’immobilisèrent au-dessus du clavier, bloquant du même coup la trajectoire du coupe-papier. Le carillon de la porte d’entrée venait de retentir. Le Narrateur eut un geste d’agacement puis proféra un juron qu’il m’est interdit de répéter ici. (Je n’ai pas envie d’avoir maille à partir avec la Ligue des Dames Catholiques du Teilleul). Qui venait le déranger à une heure pareille ?

 

À la porte, se tenait un facteur dégingandé, casquette à l’arrière façon canaille, longue mèche de cheveux anthracite sur l’œil et moustache à la Clark Gable. Il mastiquait un chewing-gum avec cet air blasé qu’affichent généralement les douaniers en fin de carrière. Son œil gauche scintillait comme un rubis. Son uniforme datait des années 30. Il fouilla dans sa sacoche de cuir élimée. Il y avait une soirée masquée dans l’immeuble ou quoi.

— Monsieur Erzähler. Hiéronymus Erzähler ? Un pli pour vous, signez là.

Sa voix semblait parvenir d’un point situé à 1,50 mètre derrière sa bouche.

Le Narrateur consulta sa montre avec un je-ne-sais-quoi d’ahurissement sous les sourcils. Il était 23 h 47.

Le facteur le regardait un peu comme on guette un spectre dans la pénombre. Il parut flou pendant deux ou trois secondes, comme un hologramme de fête foraine, puis l’image se stabilisa.

— C’était mon oncle, répondit le Narrateur, abasourdi. C’est quoi ce plan ?

— Moi, je fais mon travail, m’sieur. Vous le prenez ou vous le prenez pas ce pli ?

Le Narrateur obtempéra puis referma la porte pour la rouvrir aussitôt.

— Attendez.

Il n’y avait plus personne sur le palier. Juste une odeur d’ozone et une sorte de frémissement bizarre dans l’air confiné de l’escalier. Quelque chose, par terre, attira l’attention du Narrateur. Il se baissa et ramassa un coquillage en métal doré. Il fourra l’objet dans la poche. Pour ça, il verrait plus tard.

 

Le Narrateur jeta le pli sur la table de la cuisine et attrapa une bière dans le frigo. Il observait l’enveloppe de papier kraft d’un air morose. Je l’ouvre, je l’ouvre pas. Le cachet de la poste et le timbre indiquait qu’elle avait été postée à Puerto Rico, le 12 novembre… 1987.

Il ouvrit l’enveloppe. Elle contenait une carte postale représentant le port de Puerto Rico sur laquelle on avait griffonné un message à la hâte et une petite clé.

 

« Cher Georges, si vous disposez d’un peu de temps entre deux bicyclettes à réparer et si l’incident de Saint-Clément a encore quelque signification pour vous, aidez-moi. Rendez-vous dès que possible à Clisson, 27 rue de la Montée de l’éperon, à quelques dizaines de mètres près. Vous ne pourrez pas vous tromper. Vous y trouverez une ancienne boîte du service des Postes de sa Majesté le roi Baudouin. L’homme qui vivait-là était un collectionneur excentrique. Ouvrez-là et postez le paquet que vous y trouverez à la Nouvelle-Orléans, poste restante, au nom de Maora Leslie Jackson. N’ouvrez le paquet sous aucun prétexte. P.S. Désolée de ne pas avoir choisi le bon cheval. P.P.S. J’ai indiqué le nom de votre oncle pour brouiller les pistes. Vaya con Dios, Agnès. »

 

Ça voulait dire quoi, ça : à quelques dizaines de mètres près ? Georges se sentit tout drôle tout à coup. Ses jambes en coton menaçaient de se dérober. Il s’assit et s’essuya le front du revers de la manche. Quelqu’un, quelque part lui jouait un tour. Quelqu’un avait lu des textes qu’il n’avait jamais publiés nulle part. Un hacker ? Pourquoi diable un hacker perdrait-il son temps à fouiller dans les données personnelles d’un réparateur de bicyclettes ? Et qui, à part lui et Agnès, était au courant de l’incident de Saint-Clément ? Il alla dans le salon. Il avait besoin de quelque chose d’un peu plus fort qu’une bière. La bouteille de Jack Daniels lui tendait les bras. Le toubib allait encore bougonner au sujet de sa tension, mais là, il y avait force majeure.

 

Le lendemain, il n’ouvrit pas l’atelier. Voulant en avoir le cœur net, il se rendit sans tarder à l’adresse indiquée. Trente-cinq kilomètres, ce n’était pas la mer à boire. Un autochtone ahuri lui expliqua qu’il n’y avait pas et n’y avait jamais eu de numéro 27 rue de la Montée de l’éperon. « On vous aura mal renseigné ». Georges remonta dans sa voiture en se maudissant. Il venait de se faire berluré par un malfaisant comme un premier communiant. Il descendit la rue sans trop savoir où il allait. Peut-être y avait-il dans le coin un bistrot où il trouverait de quoi grignoter avant de repartir. Il tourna à gauche, vit qu’il y avait une chapelle des Templiers dans le coin ; à visiter après avoir cassé la croûte. Comme ça, il ne serait pas venu pour rien. Ensuite … il pila comme un malade. Les pneus crissèrent comme dans une série américaine et son blouson tomba sur le tapis de sol. La curieuse expression : « À quelques dizaines de mètres près » venait de prendre toute sa signification. À une quinzaine de mètres, fixée à un mur de pierre, il y avait quoi ? Une sorte de frisson bizarre parcourut l’échine du réparateur de bicyclette. Il gara la voiture et en descendit. Il se gratta la barbe d’un air plus que dubitatif. Devant lui, non loin d’une grille cadenassée avec une lourde chaîne se trouvait une boîte à lettre rouge décorée d’un cor de chasse. Derrière la grille, au bout d’une allée envahie par les mauvaises herbes, il aperçut une vieille bâtisse du XVIIIe siècle aux volets fermés. La propriété semblait abandonnée depuis des lustres.

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Illustration réalisée le 15/0/2014

« Si vous chercher le propriétaire, il y a belle lurette qu’il a disparu sans laisser d’adresse. » fit une voix aigrelette derrière lui.

Une vieille femme accoudée à sa fenêtre observait Georges d’un œil suspicieux. Il faillit lui demander qui vivait là, mais la vieille lui répondit avant qu’il n’ait formulé sa question.

« Le baron d’Estrelac. Un vieil excentrique collectionneur de tout ce qui touchait de près ou de loin aux services postaux. Il vivait là avec sa fille, Evelyne. Une hippie un peu illuminée. On raconte qu’elle a disparu dans les Bahamas, du côté de Nassau, à la fin des années 80, je ne sais plus. Elle est partie avec un Hollandais. Maxence qu’y s’appelait. Un beau parleur et un bon à rien, pour ce que j’en sais. On l’aimait pas beaucoup dans le quartier, ce gars-là. Le baron s’en est jamais remis et puis un jour, terminus. Il est parti lui aussi. Du jour au lendemain, sans rien dire. »

Georges remercia la vieille dame qui s’en retourna dans la pénombre de sa bicoque. Il prit la clé au fond de sa poche et, après un rapide coup d’œil aux alentours, ouvrit la boîte à lettres. Il y trouva le paquet comme il était dit dans le message ; à l’attention de Maora L. Jackson, General Delivery, Main Post Office, New-Orleans.

Georges secoua le paquet près de son oreille pour tenter d’en deviner le contenu. Il eut une furieuse envie de l’ouvrir mais derrière lui la voix aigrelette, encore. Comminatoire, cette fois.

« Je ferais pas ça, si j’étais vous. »

Georges regarda la femme sans aménité.

« Oh, vous pouvez me regarder comme ça si ça vous chante. Moi, tout ce que je sais, c’est que l’an dernier, y a un type comme vous qui est venu. Il avait l’air perdu, tout comme vous. Et il a ouvert ce fichu paquet. Je me rappelle bien. Je suis peut-être vieille, mais j’ai encore ma tête. On avait causé juste avant. Il a raconté comme ça qu’il était magicien, genre Majax, vous voyez. Il avait reçu un coup de téléphone d’une petite amie qu’il avait quand il était jeunot. Un vieux grigou de cinquante ans passés. On n’a pas idée de raconter des conneries comme ça. Bref ! Il a ouvert le paquet, il a fait des yeux comme des escarbilles et il a eu comme un malaise. J’ai appelé les pompiers et deux jours après il était raide mort, à ce qu’y parait. Alors, moi, vous savez, si vous voulez vraiment l’ouvrir ce paquet, autant que j’appelle les pompiers tout de suite. »

Georges grommela quelques mots de remerciements par pure politesse et remonta dans sa voiture. Il parcourut les trente-cinq kilomètres jusqu’à Nantes dans un état de perplexité avancé. Il entra dans le bureau de poste de l’avenue Carnot à 16 h 47. Déposa le paquet à 16 h 52. Et c’est seulement à 16 h 59 qu’il lâcha les vannes de ce sentiment de perplexité qui l’habitait depuis Clisson.

 

Pourquoi donc ce quelqu’un quelque part n’avait-il pas posté le paquet lui-même ?

 

(Évreux, 15 août 2014)

 

 

16 août 2014

Eva et le mystère s’épaissit! (KatyL)

Eva et le mystère s’épaissit!

Eva avait mal dormi, deux types étaient entrés chez elle par sa fenêtre l’un se jetait sur elle sur le lit, et la serrait avec son drap lui mettait sur la tête pour l’étouffer, l’autre tenait la lampe dirigée vers elle, celui qui était sur le lit lui enfonçait quelque chose de pointu dans le dos elle suffoquait, elle suppliait, il s’arrêta 2 secondes, le deuxième faisait un signe avec sa lampe de poursuivre, il l’étouffait en appuyant sur sa tête le drap elle allait mourir elle hurla !! Elle se réveilla dans sa chambre, il était 5h du matin !

Impossible de se rendormir ! Elle prit un roman de G. Laporte «  à l’encre violette » un si beau livre qui la plongea dans un grand bonheur, il écrivait si bien, les sentiments d’une époque révolue étaient si réalistes.

Elle lisait depuis 1h lorsqu’elle entendit nettement des bruits venant de l’extérieur, quelqu’un rôdait autour de sa maison, elle prit dans ses mains machinalement une canne de sa grand-mère qui était dans le porte-parapluie! C’en était trop, le cauchemar et les pas dehors ! Elle appela Joachim sur son portable :

-« Allo ! Jo c’est Eva, excuse-moi de te réveiller en pleine nuit, mais j’entends distinctement des pas autour de ma maison, je pense que ce sont des rôdeurs j’ai très peur »

-« Ecoutes il est presque 6h et je devais me lever à 6h30 je viens,  ne bouge pas et n’ouvre pas, on va rester en contact  je serai chez toi dans une demi-heure ok ! »

-« Oui merci beaucoup »

Elle tendit l’oreille et cette fois des gens murmuraient, ce n’était pas possible il y avait bien deux personnes comme dans son rêve, elle frissonna de la tête aux pieds, elle allait se trouver mal, sa maison était à deux cents mètres des voisins les plus proches M et Mme Rivard mais ils étaient âgés et elle ne voulut pas leur faire peur si tôt, elle se  promit d’acheter un chien mais en attendant elle perçut des bruits de coups du côté de son garage.

Elle éteignit la grosse lampe et se cacha dans la semi-obscurité car seule la veilleuse de sa chambre était allumée et son portable, elle téléphona à nouveau à Jo

-« Ecoute,  ils sont au moins deux il faudrait tél à la police sans doute ?  Tu es venu avec ton chien j’espère ? Ils sont à essayer d’ouvrir le garage, je les entends »

-«  Je suis bientôt là oui le chien est avec moi, j’aviserai en arrivant si police ou pas, imagine que ce soit un de tes voisins ou autre chose »

-« Je ne suis pas rassurée tu es là dans combien de temps ?»

-« Encore un petit quart d’heure ne bouge pas, éteint tout et reste près du téléphone ok ? »

Jo arriva dans le quart d’heure il avait dû conduire à toute vitesse, il sonna :

- « C’est moi tu peux ouvrir !» le chien et Joachim franchirent la porte en cœur et Eva se jeta dans ses bras ! Il la garda contre  lui et lui caressa doucement les cheveux.

-« Mon Dieu que j’ai eu peur, allons voir près du garage avec le chien je prends cette canne et toi prends celle-ci »

Elle alluma l’extérieur et ils marchèrent sur le côté ! Personne ! Mais en y regardant de plus près en effet des traces d’effraction sur la porte étaient visibles très nettement ! Ils décidèrent de rentrer de s’enfermer et d’aller porter plainte vers 8h30 à l’ouverture du bureau de la police.

Elle lui fit un café bien serré,  fit des tartines ils déjeunèrent en silence, le chien ravi d’être arrivé se coucha sur le moelleux tapis et ne demanda pas son reste.

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Eva se mit sur le canapé et Jo vint la rejoindre, elle se serra contre lui, il la prit tendrement mais ne profita pas de la situation malgré son envie de l’embrasser.

Au bout d’un moment elle alla se laver et s’habiller et ils partirent au commissariat de police déposer plainte.

-« Non ! Elle ne voyait qui pouvait faire cela, elle ne connaissait que peu de gens, oui sa voiture une petite C3 rouge était garée dedans, et son solex, et quelques caisses d’objets qu’elle n’avait pas encore rangé, des livres aussi»

Elle remplit et signa les papiers ils promirent de passer en journée voir les traces et relever des empreintes, il ne fallait rien toucher !

Joachim dû partir à son travail en lui recommandant de ne pas ouvrir sauf à la police il lui dit qu’il serait de retour vers 18h30/19h et qu’il apporterait de quoi faire un repas froid puisqu’elle ne pouvait pas bouger, il lui  laissa Bob le chien.

Eva fit des petits gâteaux pour le soirka02,

Deux policiers  arrivèrentka03en début d’après-midi, ils firent des relevés de traces des pas et de celles des doigts ils notèrent que les voleurs avaient été dérangés car ils étaient  presque arrivés à ouvrir la porte, celle-ci était très endommagée, Eva devait faire venir un expert de son assurance ! Quelle barbe ! Elle ne pouvait même plus sortir sa voiture. L’expert ne pourrait venir avant deux jours lui avait-il dit au tél et ensuite le serrurier, d’ici là pas de voiture !

Elle expliqua cela à Joachim par mail et attendit son arrivée en peignant un paysage d’hiver pris en photo lors de ses randonnées.

Elle leva la tête et vit une femme aux cheveux flamboyants et tee-shirt fluo, qui mettait une grande lettre marron avec des rayureska04 dans la boite aux lettres située à l’angle des rues en face de chez elle, mais son attitude l’intriguait, car elle regardait autour d’elle comme si elle avait peur que quelqu’un la voie ?? Aussi Eva resta derrière ses rideaux à l’observer, elle mit le courrier et partit en trombe en bas de la rue comme si une mouche l’avait piquée ???!!! Que cette femme lui avait semblé bizarre, cependant elle haussa les épaules et se remit à sa peinture.

A 19h00 Jo n’était toujours pas là, elle mit la une jolie nappe sur la table des assiettes assorties, des fleurs,ka05    …. Et fit du riz pour le chien. Elle attendit, son portable ne répondait pas il devait conduire ?

A 19h30 un coup de sonnette, pensant que c’était Jo elle alla ouvrir sans avoir regardé par la fenêtre, mais c’était Raphaël et le chien se mit à aboyer !

-« Bonjour Eva je tiens avant tout à m’excuser pour ma désinvolture de l’autre soir, je m’en veux, mais je suis venu car j’ai appris que tu avais eu une tentative de cambriolage et que ta voiture était coincée au garage (j’ai un pote à la police) puis-je enter ? »

Il entra et avança vers elle, la prit dans ses bras sans qu’elle ait eu le temps de réagir, la serra un peu fort contre lui et dit : «  bonjour ma chère voisine » c’est à ce moment précis où Eva était encore dans les bras de Raph, que Jo entra.

Il semblait furieux, les mains noires à cause d’un pneu crevé en montagne pas de relais portable à cet endroit, et comme il voulait aller vite, il répara sans retourner chez lui et sans possibilité de tél à Eva, mais il avait fait les courses, il déposa le sac dans la cuisine, se lava les mains. Le chien lui fit la fête !!

Joachim et Raphaël se tenaient maintenant face à face en se toisant, Eva sentit la tension monter d’un cran, elle détendit l’atmosphère en proposant un petit porto !

Raph vit la belle table mise au salon mais ne dit rien, un rictus de dépit déformait ses lèvres, pour se donner une contenance il parla du temps et fixa les yeux Eva :

-« tu sais que si tu n’as pas de véhicule j’en possède deux, je peux donc t’en prêter un le temps que ta voiture te soit rendue lorsque l’expert sera passé, c’est ce que j’étais venu te dire »

Content de son effet il s’enfonça dans le canapé tout  sourire, Joachim était bouche bée !

(Quoi ! ils se tutoient, il vient chez elle, la prend dans ses bras, lui prête sa voiture !! décidemment ce type ne me plait pas pensa –t-il !) Mais il se garda bien de faire le moindre commentaire, Eva était libre et il ne lui appartenait pas de lui dicter quoi que ce soit, il but son porto en silence.

Raphaël content de lui se leva

-« Tu sais où me trouver dit-il à Eva je suis là, j’écris un  nouveau roman, tu viens quand tu veux »

Elle ferma la porte soulagée de le voir partir.

Ils dinèrent de petites salades et charcuteries, de bons fromages, Eva avait sorti un vin de sa cave chambré depuis le matin, Jo la complimenta sur sa jolie table, il y était sensible et ne résista pas aux petits gâteaux, Bob mangeait son riz à la cuisine, il avait adopté la maison et Eva !

Une fois le repas terminé ils s’installèrent sur le canapé et Eva d’instinct se colla contre la fière épaule de Jo, il ouvrit son bras et se pencha pour l’embrasser, le chien soupira et ferma les yeux ! Eva ne résista pas et lui rendit son baiser avec fougue.

Ils s’embrassèrent longtemps comme deux jouvenceaux de 20 ans ! Jo lui disait des mots d’amour à l’oreille, lui caressait les cheveux, le cou, elle qui avait tant manqué d’amour depuis si longtemps fondait comme un glaçon au soleil.

-«  tu sais Eva je ne voulais pas tomber amoureux, j’ai connu trois histoires avant toi avec trois femmes bien différentes …. J’ai ensuite vécu en travaillant sans cesse pour développer mon activité j’ai 55 ans ! Je ne souhaitais pas retomber amoureux, et tu es là  dit-il en montrant son cœur. Je pensais que le fait que tu sois à des kilomètres de chez moi très active et indépendante m’aiderait à t’oublier, mais nous avons sculpté ensemble, fait du cheval, des sorties, j’ai appris à te connaitre, tu es merveilleuse, un cadeau dans ma vie, la plus belle chose qui me soit arrivée, je n’osais espérer que tu répondrais à cet amour que j’ai pour toi, car c’est de l’amour je fais bien la différence entre être amoureux vraiment et (s’amouracher )c’ est l’amour que j’ai pour toi, crois-moi. »

-« Ne dis plus rien ! Viens dit-elle »! Et elle l’entraina dans la chambre.

ka06

Ils firent l’amour une grande partie de la nuit tous les deux chavirés par ce qui leur arrivait. Elle avait mis de la musique et son corps dansait avec lui au rythme de l’amour, il était très caressant, c’était un très  bon amant, attentif à Eva.

Le lendemain Joachim ne travaillant pas, ils eurent du mal à se lever, rien que de se toucher l’envie les reprenait, lorsqu’on sonna à la porte d’entrée !!! Eva enfila un peignoir en dentelle et courut pieds nus pour ouvrir ses cheveux longs en bataille, c’était le facteur ! Il lui tendit une enveloppe trop grande pour sa boite qu’il ne voulait pas plier, elle reconnut de suite la lettre à rayures l’enveloppe marron que la rousse avait mis la veille en face !ka04

Son sang ne fit qu’un tour ! dessus en grosses lettres "pour Eva IVAN….."

16 août 2014

Participation de Venise

ve01

En quête d’une paix à défendre

Dans l’espoir de voir fondre des grappes d’éden  sur leurs drones

Ne sommes nous pas seulement des hôtes sur cette TERRE ?

Nous ne faisons attention à rien

Aucune chanson ne peut dire ce que mon âme renferme

Sous les cris des enfants

Aucun malentendu avec l’existence ne dupera nos ombres prises dans les ronces de l’oubli

Demain c’est quand ?

Quand viendra ce petit matin étroit comme un chas  d’aiguille

Passage  vers un monde où tous les peuples vivront ensemble ?

Je quémande une trêve  forte comme mille chevaux faisant barrage aux flammes de l’enfer

Souciez-vous d’eux assis sur leurs  genoux ensanglantés  courant à quatre pattes fuyant leurs rêves.

Il manque ici bas le courage pour changer la colère en pardon

Il  manque la cadence du rire, du souffle de vie dans vos âmes malades pour rendre possible nos  nécessaires  insouciances

Quand cesserons-nous de trébucher la gorge ouverte dans le néant. ?

Je vous prie de m’excuser d’écrire trop  tôt la paix qui arrive dans l’ensauvagement des armes.

Elle arrive jalousement gagnant du terrain sur nos âmes lasses

Elle arrive dans une nuit noire laissant la guerre reporter son heure.

 

Elle arrive en haillons, mais elle arrive

Et si en chemin elle se perd sur une tombe

Dites-lui qu’elle est vivante et qu’elle avance encore vers GAZA,  L’UKRAINE, LA SYRIE,  L’IRAK, LE MALI

 

16 août 2014

Cartes postales : Chapitre VI (par joye)

Chapitre VI : La poste levée

[L’histoire jusqu’ici : Amanda Perry, héritière américaine, à Nancy, et attendant de voir l’avocat qui lui a transmis les nouvelles d’un héritage mystérieux, se retrouve devant une étrange petite fille - dont le nom ressemble à celui de son avocat – accompagnée par sa prof de danse acariâtre.]

Amanda clignota des yeux.

-          Euh, bonjour ?  murmura-t-elle, ne sachant pas trop quoi dire.

-          Je te l’ai bien dit, Mamy ! cria la petite fille. C’est la vedette américaine, Jessica Chastain !

-          Oh non, gloussa Amanda. Je suis rousse et américaine, mais c’est tout ce que nous avons en commun, je t’assure !

La prof de danse-ès-Mamy serra un peu plus fort que nécessaire la petite main d’Émmanuelle.

-          Je te l’ai bien dit ! grommela-t-elle à la petite. Mais quelle bêtise ! Excusez-nous, Mademoiselle !

-          Oh, pas grave, madame, je vous assure. Mais puis-je vous demander…vous êtes bien la grand-mère de cette fille ?

La dame, encore visiblement embarrassée, hocha la tête, mais Amanda n’osa pas demander pourquoi elle avait été si sévère avec sa petite-fille tout à l’heure au cours de danse. La vieille dame commença à repartir.

-          Oh, attendez, s’il vous plaît ! C’est juste que…voyez-vous, mon avocat s’appelle Émmanuel Charvet. Etes-vous de la même famille ?

-          Cela ne vous regarde certainement pas ! répliqua la dame d’un ton sec, et, tirant abruptement la petite par le bras, repartit rapidement vers la sortie.

Amanda vit que la petite faisait oui de la tête avant de disparaître dans la rue avec sa redoubtable grand-mère.

Elle termina son déjeuner, et se sentait tellement épuisée par les évènements de la matinée qu’elle décida de rentrer à son hôtel.

En se présentant à la réception pour prendre sa clé, elle tira de son sac une carte postale de Nancy pour sa copine Brenda, et demanda au réceptionniste de la poster pour elle.

-          Je regrette, Madame, mais la poste d’aujourd’hui a déjà été levée.

Amanda n’eut pas le temps de lui dire qu’elle voulait tout de même qu’il poste la carte.

-          Justement, il y a du courrier pour vous, dit le monsieur. Vous êtes bien madame Chastain, n’est-ce pas ?

Jessica Chastain

16 août 2014

Participation de Nhand

LA COMPLAINTE DE LA BOÎTE AUX LETTRES

 

97857987

 

Il fut un temps,
J'étais l'amie incontournable
Du timide qui n'osait point
De vive voix conter fleurette...

Il fut un temps,
J'étais propice et profitable
Au cœur qui devait battre loin
De son élu, de sa conquête...

Il fut un temps,
J'étais utile, indispensable,
Quand les je t'aime avaient besoin
D'atteindre un bout de la planète...

Il fut un temps,
J'étais encore inébranlable
Quand le téléphone, avec soin,
S'en vint me voler la vedette...

Il fut un temps,
Je n'étais pas si négligeable.
Je me sens seule dans mon coin,
Sans chaleur, futile, obsolète.

Car, voyez-vous, les mots d'amour
Ne voyagent plus par la poste ;
Si j'en meurs un peu chaque jour,
A quoi bon lancer la riposte ?
Ecrans et claviers, désormais,
Ont pris la relève et complotent
Pour m'évincer plus que jamais ;
Les amants modernes textotent.

 

Texto d'amour

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