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Le défi du samedi

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5 décembre 2020

Nestor n'a pas tort (Kate)

 

Chère Sarah,

N'en faisons pas une histoire

Oui il est prof d'histoire

Ne nous racontons pas des histoires

Moi aussi ma passion c'est l'histoire...

Que te dire de Nestor ?

Compagnie agréable, j'avoue.

Mais encore ?

Tapas

Sangria

Rioja

En terrasse

Paella valenciana

Salade de fruits

Glace tutti frutti

On ne s'embrasse

Ni ne s'enlace

0 2

0-1 2

Conversation comme le repas, autour de la Méditerrannée et de ses beautés, de Baeterrae et de ses origines pré-romaines fondée avant ou après Marseille (il y a débat), ses recherches, les miennes, sa vie (sans elle, non mentionnée), ma vie (sans Greg, non évoqué), livres, voyages... et notre passion commune pour les mots croisés. Je l'avais déjà surpris en train d'en finir un en attendant une réunion, et en sortant mon portable de mon sac, je lui ai montré celui que je n'arrivais pas à terminer.

- En huit lettres, vêtement espagnol ? Ni boléro, ni fandango (griffonnés dans la marge)...

- "ROUPILLE"

- Roupille ? Oui, ça marche. Mais d'habitude la définition de "roupille" c'est "pionce", non ?

- Oui, mais là c'est un manteau espagnol d'autrefois qui servait à s'envelopper pour dormir et formait une sorte de couverture. Regarde Marianne, il est mentionné dans le Littré.

Comme il se faisait tard, nous avons dit bonsoir aux étoiles et j'ai pu terminer ma grille.

Je t'embrasse,

Ta cousine Marianne

 

 

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5 décembre 2020

Les roupille-yacht de Homard Caillamme (joye)

lobster


I.
Un jour loin de la mer où il naquit,
Ce preste poète d’autrefois,
Épuisé, et trouvant un lit fait de bois,
Se piqua des roupillons super exquis.

II.
Il rêva de belles demoiselles hydrophiles
Qui lui firent la cour sur un yacht au soleil.
Tellement il brûlait des pattes jusqu'aux oreilles
Qu’il se réveilla - « Mais où suis-je ?  » cria-t-il.

III.
Le poète-homard nagea vers la lumière.
Lorsqu’il vit le jour, il comprit son dilemme –
Il fut dans un pot d’eau chaude. Quel problème !
Alors, il se mit à chanter un très beau trouvère : 

IV.
« Éveillez-vous ! Sortez-moi du chaudron !
Sinon, je mourrai dans cette casserole ! »
Les convives trouvèrent sa chanson vraiment drôle :
« Écoutez, tous les gars ! C’est Manu Macron ! »

V.
Ô malheur cruel ! Ô sort vraiment bas !
S'faire prendre aux pièges et puis cuire dans un pot !
Il dit « Mille roupies si vous changez mon lot ! »
Puis il attendit qu’on le libère, et fissa !

VI.
Mais hélas, le poète sut enfin, et, sans joie,
Que la patte mouvante n’émeut jamais, et pire,
Ceux se pourléchant les babines répondirent :
« On se fiche des roupies ! Du vin, du pain, et toi ! »

plat vide

NB : Pour ceux qui aimeraient consulter les vrais Rubáiyát d'Omar Khayyam, je propose la traduction qui se trouve ici:

grolleau1917.pdf (omarkhayyamnederland.com)

5 décembre 2020

Entre les trous de la mémoire (Joe Krapov)

Au réveil je lui masse le dos, surtout les trapèzes, là où la colonne se voûte un peu.

- Comment elle a roupillé, la bossue ? Cocardasse, Passepoil, Paul Féval !

Ça la fait rire de réentendre les noms des compagnons du chevalier de Lagardère. Elle, elle les avait oubliés. Pas moi. C’est comme Constance Bonacieux dans les Trois mousquetaires.

- C’est un joli prénom, Constance ! dit-elle.

- Parles-en à Mozart ! Constance Weber !

Et puis je passe toute la journée à transvaser des fichiers précieux d’un disque dur externe à un autre à cause d’une erreur Ox8007045D qui me fait craindre le pire pour leur survie.

Et je me retrouve à cogiter sur ces personnages de second rang avec lesquels je vis alors que tout le monde les ignore, les a oubliés ou s’en fout totalement.

La cousine Bette, le père Goriot, le général Dourakine, Tom Sawyer, Huckleberry Finn, Igor Wagner, Séraphin Lampion, Croquignol, Filochard, Ribouldingue, les Pieds nickelés. Céleste Albaret, l'inspecteur Lavardin, l’agent Longtarin qui est pourtant dans toutes les têtes du moindre décideur ou commentateur actuellement.

Dominique Appia, Léonor Fini, Roger Dean, Félix Labisse.

DDS 640 Appia 01 B Entre les trous de la mémoire

Dominique Appia - Entre les trous de la mémoire (détail) (1973)

- Quand un vieillard disparaît, c’est comme une bibliothèque qui brûle. Amadou Hampâté Bâ.

- Comme celle d’Alexandrie-Alexandra ! Joe Krapov.

Et puis toutes ces bêtises dont on n’entend plus parler qu’au jeu des mille euros : L’Hermione de Lafayette qui épate la galerie à Rochefort près de la corderie où sont nées deux sœurs jumelles nées sous le signe des gémeaux, Françoise Dorléac et Catherine Deneuve pour un film de Jacques Demy qui fut un entier succès.

J’en suis convaincu : toutes ces informations ne valent plus une roupie. Il vaudrait mieux qu’elles roupillent totalement et laissent de la place dans ma tête pour…

De la place à quoi ? Aux discours des politiciens, des médecins, des charlatans, des banquiers, des complotistes, au blabla d’Adèle van Reetha-Kouchovsky et des autres chroniqueurs et chroniqueuses des médias ? Au bruit des rappeurs, aux sirènes du black Friday, aux sanglots longs des tire-fesses arrêtés de l’hiver, aux associations charitables qui vous demandent de leur faire un legs et puis de mourir ?

Le seul endroit où ma mémoire me fout la paix, c’est quand je suis devant un échiquier. Toutes ces lignes, tous ces mouvements, toutes ces pressions, ces conjonctions de forces, ces menaces, ces gaffes à éviter ou à attendre, cette paire de fous effectivement bien supérieure aux cavaliers, ces pions qui sont l’âme des échecs comme disait François-André Danican Philidor, champion français du XVIIIe siècle également auteur d’opéras…

Bon je n’ai rien dit. Je ne sais pas si je ne préfère pas faire des insomnies et me rendormir jusqu’à 10 heures trente, finalement.

- Est-ce que c’est bon pour ce que j’ai, docteur, les dialogues du matin ?

5 décembre 2020

Cette nuit encore (petitmoulin)


Cette nuit encore
dans un lieu
couvert de boue
la bête galope
contre le vent
Est-ce un cheval
Peu importe
puisque son ombre
a disparu
dans les buissons
et que le train
ne s'est pas arrêté
à la gare
Jeté sur le quai
un mouchoir troué d'effroi
un lambeau couleur de nuit
En son milieu
l'éclat du bouton d'or
Comme une étoile
La bête est sortie
de derrière les buissons
Ce n'était pas un cheval

Nous en resterons là pour aujourd'hui
Prochain rendez-vous
Jeudi  
Même heure

Eh l'ami !
Au Défi du Samedi
foin du divan !
Tu peux raconter les rêves
qui agitent ton sommeil
sans dépenser une roupie*


*[Cela va sans dire et mieux encore en le disant :
Avec respect pour les praticiens de l'analyse
et de l'interprétation des rêves.]
 

5 décembre 2020

L’un ne va pas sans l’autre (Vanina)


Le dessin du défi #640 illustre l’expression indienne: «Il roupille sur un matelas de roupies.» Il existe un équivalent français, «Il roule sur l’or.» Une autre expression lie ses deux pays: «Une roupie ne se trouve pas sous le pied d’un éléphant qui roupille.» que l’on pourrait traduire par «L’argent ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.»
Il est donc évident que roupie et roupille se retrouve souvent dans une même expression. En voici quelques exemples, fort différents, extraits de la littérature française, du plus loin qu’il m’en souvienne...

Manière enrhumé
Il coule perpétuellement, du nez de Nestor, une roupie qu'il essuie sur le drap dans lequel il roupille.

Manière signifiante
Le canapé dans lequel roupille Rouky, sent fort : ce n'est pas de la roupie de sansonnet.

Manière café froid
Fatigué, le vieil homme roupille doucement sur la table, et renverse sa roupie de singe.

Manière change
Le temps que le banquier convertisse ses roupies en francs, sans calculette, le client roupille.

Manière bonne occase
De retour d’Asie du Sud, ravi, Omar roupille sur un drap qu’il a acheté une roupie.

Manière dicton
La roupie ne vient pas à celui qui roupille.

Manière poétique
N’entends-tu pas dans le mot roupille résonner le mot roupie...

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5 décembre 2020

Des roupies de sansonnet ! (Lecrilibriste)


Un looping fortuit dans un rêve à demi éveillé
alors que je roupillais encore à moitié
que j'étais bercée par le cliquetis d'une poulie mal polie
m'a fait tomber soudain sur un tas de roupies

C'est vrai que j'avais
terriblement envie d'ailleurs
d'un voyage en trans Europ express
ou vers le Popocatepetl
dans un tuk tuk  thaïlandais
ou dans un métro japonais
sous une yourte en Mongolie
dans un coin perdu de l'Asie
dans une cabane de Zoulous
 ou voir « la pierre bleue » du Pérou
Bref ! Avec mon tas de roupies
dignes de l'Onc Picsou
J'avais la bride sur le cou
pour faire le tour de la planète

La petite voix à moitié éveillée
celle du cerveau gauche
qui accompagnait celle qui dormait à moitié
celle du cerveau droit
insistait qu'il me fallait des sous
si je voulais aller partout !
Roupie de sansonnet qu'elle criait
Roupie de sansonnet !
Et Becaud sussurait dans ma tête
« Et pour avoir des sous,
il faut faire des affaires
mais pour faire des affaires,
d'abord faut savoir les faire
et ensuite avoir des sous »

Faire des affaires, je ne sais pas faire
Mais le tas de roupies est bien là
Et je suis si bien dans de ce rêve ...
Je commence ô délice, dans ma tête, à voyager
Et je brasse avec mes mains manucurées
le tas de roupies sous mon oreiller
en essayant de les compter
de savoir combien il y a
avec le change, combien ça fera?

C'est alors que tout s'est arrêté
la voisine est rentrée, sans sonner
j'avais laissé la porte ouverte
pour qu'elle vienne boire le café
Me voilà tout à fait réveillée
et les roupies sous mon oreiller
c'est des roupies de sansonnet

5 décembre 2020

Je donnerais... (Laura)

 

Je donnerais plus que de la roupie[1] de sansonnet pour roupiller.
Je donnerais plus de cent roupies[2] indiennes pour roupiller.

Roupiller longtemps ou profondément d'un sommeil réparateur
Roupiller sans être réveillée par les douleurs physiques
Roupiller d'un seul trait, sans réveils d'angoisses

Je donnerais plus que de la roupie[3] de sansonnet pour me réveiller
Un matin fraîche et dispose; plus de cent roupies[4] indiennes
Pour commencer une journée dans la brume de la souffrance

Roupiller et rêver de livres qui se vendraient et donneraient confiance
Pour envoyer  bouler les oiseaux de malheur, vivre d'écrire
Et vivre sans toi mais réaliser ta foi en moi comme écrivaine 

 


5 décembre 2020

Le puits magique, (maryline18)

 
Claudie emménageai dans sa maison enchantée ou plutôt... en chantier ! Elle eut un vrai coup de foudre pour son charme désuet, quelques mois plus tôt. Elle paraîssait totalement perdue alors, d'emblée, elles étaient faites pour s'entendre ! Ses bagages aussitôt déposés devant l'âtre, elle couru voir le puits, près de la cabane, au fond du jardin. Il était comme sur la photo, presqu'en meilleur état que la bâtisse elle même. Elle n'en revenait toujours pas : Elle était "la" propriétaire de cet havre de paix.

Le jour déclinait. Il fallait qu'elle fasse au plus vite fumer la cheminée à grands coups de bûches ! Elle retrouva sans tarder les gestes interdits de l'enfance en allant fendre du bois sur une vieille souche. Quelle plaisir indescriptible que d'accomplir cette besogne. En cet instant précis, elle était heureuse.

Curieusement, depuis son arrivée, elle sentait près d'elle comme une présence, comme un souffle qui la précédait ou qui l'accompagnait...Elle était tellement excitée d'avoir pu faire aboutir son projet qu'elle aurait bien aimé partager sa joie mais quand même, là, son imagination devenait encombrante. Ce devait-être la fatigue ! Elle rentra. Un courant d'air fit se reclaquer la porte et simultanément, les pages du journal jeté au sol, tournèrent jusqu'à lui offrir celle, centrale, où un article retint toute son attention.

"Entre sortilèges et fééries, la maison au puits magique a encore fait une victime."

Elle approcha plus encore la torche, (demain elle irait accomplir les démarches pour remettre en état l'électricité) ; non mais, c'était invraisemblable, il était bel et bien question de cette maison, de sa maison ! Un frisson d'effroi l'étreignit. L'ancien propriétaire, après avoir déposé un plein carnet d'histoires plus farfelues les unes que les autres, (précisait le journaliste), à la bibliothèque du département, affirmait entendre des voix venant du fond du puits. Il fut interné en psychiatrie seulement six mois après son arrivée dans la commune. Selon lui, des " je t'aime" alanguis et répétés toutes les nuits, le privaient de sommeil. Il veillait, hypnotisé et penché au dessus du puits où se relayaient tantôt, des sorcières déguisées en fées, tantôt des fées aussi laides que des sorcières. Le pauvre ne pouvait plus roupiller plus de deux heures par nuit. Un fermier venu labourer les terres jouxtant son jardin, l'aurait rattraper in extrémis par les pieds et aurait alerté les secours.

Claudie garda la page et arracha les suivantes. Le bois bien sec, entreposé dans la cabane, prit rapidement. Après s'être fait chauffer une pleine jatte de lait, elle y trempa ses biscuits secs. Toute absorbée par la danse des flammes, elle n'entendit pas les pas s'approcher jusqu'à écraser les feuilles sous la fenêtre. Un : " toc toc !", suivi d'un : " Bonsoir ! " la fit sursauter. C'était le fils de l'agriculteur. Prévenu de son arrivée par le Maire de la commune, il venait lui souhaîter la bienvenue, un panier rempli de champignons et d'une douzaine d'oeufs.

Comme elle se sentait rassurée d'avoir quelques instants près d'elle, cette présence masculine et bienveillante...! En repartant, il lui conseilla tout de même de ne pas s'attarder près du puits : " Si vous voulez mon avis, il n'y a jamais de fumée sans feu !", crût-il bon d'ajouter...

...

Claudie ne put restaurer entièrement sa maison car elle aussi fut victime de l'attraction maléfique du puits et de ses "je t'aime".

Elle se jeta au fond et jamais on ne la retrouva.

SUJET : ( En quatre heures )

_ Les "je t'aime" seraient-ils plus dangereux que les"je ne t'aime pas" ou que les "je ne t'aime plus" ?

Exposez vôtre analyse du sujet en en respectant l'ordre et en étayant vos réponses d'exemples concrets pouvant se trouver dans la vie de tout-à-chacun. Il est formellement interdit de tricher.

( J'adore jouer à la Maîtresse :) ! )

28 novembre 2020

Défi #640


Il ne faut pas confondre

Roupille

et

Roupie

Encore que, sur un mal entendu...

6401

28 novembre 2020

Ont balancé leur "Quoi ?"

28 novembre 2020

Couac (Yvanne)

y
Couac.


- Tu fais quoi  ?
- Quoi ?
- Tu fais quoi ?
- Une jambe de bois.
- N'importe quoi !
- Tu me crois pas ?
- Quoique...avec toi...
- Je fais une jambe de bois.
- Pourquoi ?
- Tu veux dire pour qui ?
- A quoi bon.
- Pour ma belle-mère.
- Tu racontes dieu sait quoi.
- Si je te le dis...
- Ta belle-mère avec une jambe de bois ?
- Ça sert à quoi que je t'explique ?
- Quoi qu'il en soit, ça me laisse coi.
- Ben quoi ! J'ai pas le droit ?
- De quoi ?
- De faire une jambe de bois.
- En tout cas, c'est pas droit.
- Oh, ça va, avec ton air narquois.
- Ma foi, c'est pourtant de guingois.
- Je ne sais plus quoi te dire.
- Alors, tais-roi.
- Ou quoi ?
- Explique-moi.
- C'est pour son homme debout.
- Quoi ?

28 novembre 2020

Oups ! (Walrus)

w6391

28 novembre 2020

Quoi (TOKYO)

Je vais te loger une balle dans l’oreille droite.

QUOI ?

Je porte involontairement ma main sur l’oreille gauche

Il prend tout son temps pour extraire une cartouche de sa poche et la glisser dans la culasse 

J’ouvre les yeux et les referme aussitôt.

 

Essayez de compter lentement jusqu’à trente et voyez combien de temps ça prend.

Je vous le donne en mille l’éternité.

 

Ce suspense était atroce.

v

J’étais au bord de la crise de nerf.

 J’attendais la déflagration qui ne venait pas.

J’utilisais des balles à blanc j’suis pas fou !!

QUOI ?

Il semblait s’attendre à ma réaction.

Il avait posé ses pied sur son sac à dos, qu’il ouvrit après une dizaine de minutes pour en extraire une bouteille de liqueur de menthe .

 Je voulais me barrer mais je souffre d’une réserve qui passe pour de la politesse et je ne parvenais pas à m’y résoudre.

 Je crois que je courrais à ma perte si je restais avec ce dingue.

Ecoute mon pote me suis -je entendu lui dire

J’ai accepté je ne sais pas quoi exactement pour venir ici avec toi mais là

Tu fais tout un plat pour rien du tout me de dit-il avec un sourire désarmant comme une tortue qui s’excuse de sa lenteur.

 Je suis lamentablement faible et contrairement à ce que tous mes instincts me dictaient j’abdiquais.

 

Quoi tu hésites encore ?

Mais non d’un chien je plaisantais tout à l’heure.

Moi je vais garder cette scène saisissante toute ma vie dans ma tète

Allez mon vieux me dit il énergiquement

 Et là je ne sais pas ce qui m’a pris.

 J’ai pris son arme je plaça prudemment la gueule du canon contre sa tempe.

Un observateur non averti aurait pu penser à une plaisanterie mais je ne plaisantais pas .

 Dans ses yeux je voyais qu’il ne savait pas le sort que je lui réservais.

C’était étonnement confortable que de le voir transpirer comme une endive.

Alors quoi me dit il ?

QUOI QUOI lui répondis je. !!

 J’avançais dangereusement le doigt sur la gâchette

 

 Ca avait l’air un peu trop pour lui .

Il n’y avait qu’une façon de lui infliger une douleur à ce gard là .

 

J’ai lâché l’arme et je lui ai mordu l’oreille.

 Je crois être la seule personne au monde à transpercer de mes dents un lobe d’oreille.

Mordre l’oreille d’un homme est un acte répugnant je sais mais QUOI ?

C’était la morsure d’un rancunier .

 

28 novembre 2020

Quoi ? ([Fabrice])

 

Je n'entends rien, parle plus fort,
Je ne comprends pas les murmures ;
Les mots cachés sous des armures,
Mal assumés, comme ils ont tort !

Ton cœur a quelque chose à dire ?
Offre-lui donc un porte-voix...
Sinon, tais-toi, pour une fois,
Et contente-toi de sourire !

Quoi ? Comment, comment oses-tu !
Me traiter de sourd, c'est facile...
Là, c'était clair – quoique inutile !
Mais juste avant, que disais-tu ?

Ah, ce n'était qu'une bêtise ?
Si tu me laissais en juger...
Non, je ne vais pas te manger,
Tu n'as rien d'une friandise !

Çà... Pour faire le rigolo,
C'est toi, le premier de la classe,
Mais dès qu'il faut se montrer classe,
Tu ne te jettes guère à l'eau !

Eh bien tant pis, garde ta langue,
Même le chat n'en voudrait pas !
Je m'en vais goûter de ce pas
Au croustillant d'une autre langue...

Je n'aime que les vrais repas !

 

 

03

28 novembre 2020

Pierrot le fou (Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna)

- Qu’est-ce que j'peux faire ? Ch’sais pas quoi faire !

- Jean-Luc Godard ! Pierrot le fou ! Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que je suis bien embêté pour « quoi ? » !

- Pourquoi quoi ?

- Parce que « quoi ? », justement !

- Tu n’es pas très clair aujourd’hui !

- En fait je suis coi devant « quoi ? ».

- Devant quoi ? Je n’y comprends rien à ton baragouin ! De quoi tu parles ?

- C’est le sujet du Défi du samedi qui me chagrine !

- C’est quoi ?

- C’est « quoi ? ».

- Hé ! Ho ! T’arrêtes de jouer au jeu du perroquet ?

- Je dois écrire quelque chose à partir du mot « quoi ? » !

-Dis donc, tu pourrais prononcer les guillemets quand tu causes ! On te comprendrait mieux.

-…

- En attendant, ça devient n’importe quoi, ton Défi !

- …

- Je serais toi, j’enverrais « Rien ».

- Pas question ! Je me fais un devoir de participer tous les samedis !

- Non, je disais « Rien ». Tu envoies quelque chose mais c’est « Rien ». A la question « Quoi ? » tu réponds « Rien ».

- Toi non plus tu n’as pas prononcé les guillemets !

- Bon allez c’est rien, quoi !. Tu veux que je te fasse un dessin ?

- Pour quoi faire ?

- Pour répondre à « quoi ? » ! Enfin à « n’importe quoi ! » ! Je te dessine n’importe quoi, comme tu veux !

- Attends, tu me donnes une idée ! Un nain ! Un nain qui porte «quoi ? ». Tu pourrais me faire ça ?

DDS 639 - Marina B

***

Elle l’a fait. Merci, Marina B. !

Espérons juste que le mot de la semaine prochaine ne sera pas « Rien ». C’est encore plus dur à dessiner, rien, même si certains diront que c’est trois fois rien. N’empêche, à chaque fois, il faut le faire ! Eh quoi ? C’est ça, un défi, non ?

28 novembre 2020

Tempête sous un crâne (Lecrilibriste)


Quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse
Une fois le défi lancé
Opaque ou tell'ment coriace
Il faut le défier

Quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse
si on n'est pas inspiré
faut attendre que ça se tasse
dans not' p'tite boite à idées

Quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse
même si c'est pas très futé
mais c'est souvent efficace
de s'mettre au clavier

Quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse
on va bien trouver ….
quoi quoi quoi quoi quesquynia ?
n'ya qu'à l'envoyer comme ça !

Ouf !

28 novembre 2020

L'agonie de l'apprenti débutant (joye)

prof

P E R S O N N A G E S

       PROF          Masochiste professionnel

ÉLÈVE         Masochiste amateur

La scène est aux Étazunis, dans une salle de classe quelconque

 

ACTE PREMIER

 

PROF. --  « QUOI » est un mot en français qui veut dire "WHAT".

ÉLÈVE.  -- Quoi vous dites ? 

PROF. --  Non.  On dit « QU'EST-CE QUE vous dites ? » pour "WHAT are you saying?".

ÉLÈVE. -- Bien. Qu’est-ce que dites-vous ?

PROF.  -- Non plus.  On dit « QUE dites-vous ? » pour "WHAT are you saying?" lorsque le verbe précède son sujet.

ÉLÈVE.  -- Oh.  Que heure est-il ?

PROF.  -- Non, on dit « QUELLE » - ou « QUEL » ou « QUELS »  ou    « QUELLES » - dans une phrase comme "WHAT time is it?".

ÉLÈVE.  -- Hmm.  Je ne comprends pas quel vous dites. 

PROF. -- Mais non, on dit « Je ne comprends pas CE QUE vous dites » pour "I don’t know WHAT you are saying".

ÉLÈVE. -- C’est pourtant vrai, je ne comprends pas ce que ne va pas !

PROF. --  Non, non, et non ! On dit « Je ne comprends pas CE QUI ne va pas » pour "I don’t know WHAT is wrong".

ÉLÈVE.  -- (à part) C'est le cas de le dire. (au prof) Et pour "Whatever?"

PROF.  -- Faites comme moi et dites « Ouate et verre ! »

ÉLÈVE. -- Quoi ?

PROF. --  Exact ! Bravo !

RIDEAU

28 novembre 2020

De quoi (petitmoulin)


De quoi est fait l'obscur
Dans les yeux de celui
Qui gît sur notre seuil
Au bord de son abîme
De quoi est faite l'ombre
Dans le ressac
De ses silences

De quoi sont faits
Nos murs de cécité
Qui abritent
Nos sommeils tranquilles

Où est le fil
Qui recoud la béance
Où sont les mots
Qui ferment la blessure

28 novembre 2020

Les antennes de l’autoroute (Pascal)


« Mesdames, messieurs, si l’on emprunte le Chemin des Providences, tout au fond de la forêt, entre le petit marais et le grand chêne, nous tomberons forcément sur le vieux puits. Évidemment, si l’on vient par la sortie « Est » de l’autoroute, avec ses antennes et ses relais, la promenade sera beaucoup moins bucolique ; aussi, nous passerons par le sentier le plus champêtre. En restant discret, il est possible d’entendre roucouler un faisan, cailleter un sanglier ou bien, encore, siffler un daim… ». Ainsi parlait notre guide, à notre petite troupe qui l’accompagnait… « Papa ?... Ça roucoule, un faisan ?... »

« La légende dit que les fées, les enchanteresses et les jeunes sorcières venaient s’y désaltérer, pendant leurs compétitions d’adresse. Il se dit encore que, certaines nuits, c’était un crépitement incessant de baguettes magiques, de sorts multicolores et autres sortilèges en confettis, qui éclairait le ciel, dans des interminables feux d’artifices de paillettes d’or et d’argent qui se voyaient jusqu’au village !... Il reste sans doute quelques magies, ici et là ; regardez où vous marchez ; on ne sait jamais… Chaque fois que je viens, je dois inventer le chemin parce qu’il disparaît derrière mon passage ; semblant barrer mes pas, les branches s’affalent, les fougères repoussent, les champignons s’installent, la mousse s’étale… « Papa ?... Il est magicien, le monsieur ?... »

« C’était de l’entraînement… », reprit-il. « Toutes n’étaient pas encore des fées reconnues. Les lapins gambadaient avec de toutes petites oreilles, les noisettes étaient carrées, les pommes de pin poussaient bleues, les fraises des bois avaient leurs chansons, etc. Les loups ne s’approchaient pas, ne sachant pas à quelle sauce ils allaient être dévorés.
Les elfes s’occupaient du service, allaient puiser l’eau au puits et rafraîchissaient la soif de ces demoiselles ! C’est que ça caquetait, caquetait !... Elles s’échangeaient des poudres, des onguents, des recettes !... Et ça riait, ça riait !... » ; « Papa, ça veut dire quoi « caquetait » ?… »

« Aussi, ce puits n’est pas ordinaire ; depuis tous ces siècles écoulés, malgré les pierres qui se descellent, l’humidité entreprenante, les vibrations de l’autoroute, il a gardé son écho ; il a un timbre de voix douce, un léger trémolo, l’accent de l’ancien temps, et des répétitions parfois surprenantes. Étrange, me direz-vous ; les grottes, les caves, les galeries souterraines sont toutes aphones, et bien, pas lui... ». « Papa, pourquoi il se penche au-dessus du puits, le monsieur ?... », « Chut, il va appeler le reflet de l’eau… »

« Écho ?... Écho ?... » Le silence qui s’ensuivit ressembla à la vitesse du son qui cherche son mur pour revenir… « Écho ?... Écho ?... » Tout à coup, on entendit comme un raclement de gorge venant des profondeurs ! C’était une voix qui cherchait le bon vibrato ! Tout à coup, une avalanche de « Quo » sortit de la bouche du puits ! Je peux vous dire que ça fait de l’effet, quand on est si proche d’une autoroute !... « Bonjour… Bonjour… », insista notre guide. « Jour… Jour… Jour… » nous revint fort et clair, avec une joyeuse cadence de bon accueil !... « Papa, je peux parler à l’écho ?... », demanda la petite fille…

Bien sûr, chacun à notre tour, nous eûmes droit aux « Ohé » de circonstance, aux « Ho, ho, ho » habituels, aux « Hello » des touristes américains de l’excursion ; la dame lança même « Trump !... Trump !... » ; ajustant son appareil auditif, elle crut entendre un prémonitoire et bienheureux « Biden… Biden… » Avec la même ardeur, à nous tous, il renvoyait ses messages de bienvenue. Tenue dans les bras de son père, « Coucou, écho, coucou !... », gazouilla la petite fille, au-dessus des ténèbres de la cavité. L’écho lui répondit: « Coucou, coucou, coucou… », comme s’ils se connaissaient depuis toujours !...

Puis, ce fut à moi ; l’air bucolique, l’ambiance moyenâgeuse, les frissons sur mes bras, je ne sais pas ce qui me prit, mais je criai à l’oreille du puits : « Je t’aime !... Je t’aime !... » Il me répondit aussitôt avec des « t’aime, t’aime, t’aime… » de plus en plus alanguis ! Ses pierres tremblaient ! La mousse, sur ses rebords, en était toute retournée ! Ha, s’il pouvait passer mon message à celle que j’aime, me suis-je dit… « Attention, ne vous penchez pas trop… », me gronda le guide, en souriant…

Enfin, vint le tour du père de la gamine. « Ce n’est que balivernes, tout ça !... », lança-t-il, en s’approchant. « Ha, ha !... Qui croit encore aux fées, de nos jours, et si près d’une autoroute ?!... », tuant, pour le coup, les princes et les princesses qui batifolaient dans l’imaginaire de sa fille… « Hé, l’écho ?... Tu veux qu’on jette des pièces dans ta gueule ?... C’est ça ?... Et ton guide ira les récupérer tout à l’heure ?... Tu veux un autographe gravé dans ta margelle ?!... Tu veux qu’on te prenne en photo ?!... Ha ! Ha !... » Se rapprochant dangereusement du puits, il cria : « Alors, dis-nous pourquoi ?!... Pourquoi ?!... » Pas de réponse… On avait l’impression que l’écho cherchait sa réplique… Tout à coup, il y eut un grand silence maléfique ; les feuilles des arbres se mirent à trembler, les oiseaux se turent, les limaces grimacèrent ; un instant, l’ombre de la forêt étendit sa cape sur le bonhomme…

« Tout va bien !... », cria notre guide-druide, semblant dépassé par les événements. Fier et satisfait d’avoir cloué le bec au puits, le père de la petite fille s’en revint auprès de notre cortège. Quand il voulut dire quelque chose, il s’échappa de sa bouche des flopées de « Coin-coin, coin-coin !... » qui n’en finissaient plus !... « Coin-coin, coin-coin, coin-coin !… » C’eut été risible si ce n’était pas aussi inquiétant !... Chef d’entreprise chez « Gésiers Confits », dans les Landes, avec ses coin-coin, sa fortune était faite… Pourtant, sa gamine pleurait... Les coin-coin, c’était bien pour un jouet, l’épaisseur musicale d’une carte postale, mais pas pour son papa...  

La tête dans les étoiles de ses pensées, le guide nous entraîna vers le petit étang. Au moins aussi nombreuse que nous, une confrérie de canards barbotait allègrement. Et que je te lisse mes plumes, et que je te trempe mon bec dans l’onde, et que ça papote, et que ça jacasse, au moins, aussi fort qu’un comité de jeunes fées espiègles, au bal des apprentis sorciers…
Leurs cancaneries bavardes, ce n’était que des « Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi !... » et encore des « Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi !... ». « Va serrer ton papa dans les bras, et embrasse-le très fort… », murmura notre accompagnateur. Aussitôt, elle partit étreindre son père, remplie de tout son amour sincère de petite fille. Les feuilles des arbres se mirent à trembler, les oiseaux se turent, les limaces grimacèrent ; un instant, l’ombre de la forêt étendit sa cape sur le bonhomme…

« Hum, hum, ma fille… », toussa le chef d’entreprise ; « Coin-coin », commérèrent en chœur, les coquins canards… Tout à coup, mon portable m’indiqua un message ; il y avait écrit, par la dame de mes pensées, « Je t’aime aussi… ». Heureusement qu’on n’était pas loin… des antennes de l’autoroute…

28 novembre 2020

Juste un souvenir, quoi ! (Vanina)

 

Que vous dire de ces quelques mots qui -moi le Parisien- me laissèrent perplexe, voire coi.

Une expression pourtant ouverte au dialogue, mais il me faut, ici, vider mon carquois.

On la trouve en fin de conversation, dans le Nord, les Hauts-de-France, et c’est pourquoi,

Installé tout près de Lille, elle m’a souvent amusé depuis : « On se téléphone et on se dit quoi... »

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