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Le défi du samedi

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26 décembre 2020

Faut pas pousser mémé (Vegas sur sarthe)


Sur la porte de l'officine il y avait une grosse plaque mais différente de celles qui m'étaient apparues un peu partout sur le corps.
Il y était écrit en lettres dorées « Comte Potard, apothicaire »
Je me suis gratté la tête avant d'entrer.
Un grand type trônait derrière le comptoir avec un regard de cocker mais il n'avait rien d'un comte à part un gilet garni de petits boutons suspects qui ne m'inspirait pas confiance.
« Vous êtes vraiment comte ? » ai-je demandé en me grattouillant.
Il m'a toisé de toute sa grandeur : «Z'avez jamais entendu parler des Comtes d'apothicaire ? »
Je n'avais pas fait le rapprochement.
« J'espère que vous ne soignez pas que les calculs, je voudrais quelque chose pour arrêter de me griffer » ai-je supplié.
« Vous faites quelle pointure ? » me demanda t-il en s'approchant pour me prendre la main.
J'ignorais que les comtes – fussent ils apothicaires – avaient des manières si cavalières.
Cet espèce de grand comte n'avait ni queue-de-pie ni jaquette flottante et figurez vous qu'il voulait tout bonnement me refiler une paire de gants en latex !

« J'ai besoin d'une médecine pour soigner ces plaques rouges que j'ai chopées sur le corps » ai-je rugi en me labourant le dos de ma main libre.
Il lâcha enfin l'autre main : «Je vois... vous êtes en train de nous faire une poussée de fièvre ortiée »
Ce NOUS ne me disait rien qui vaille ; on n'avait pas gardé les gueux ensemble, ni les soubrettes.
J'étais perplexe : «C'est quoi une fièvre ortiée ? »
Sur les étagères trônaient des bocaux remplis de formol où ricanaient des crapauds à deux têtes.
Il prit un air inspiré, l'air du cocker devant une gamelle de croquettes pour  chat: «Nous désignerons ça par poussée d'urticaire
celle qui autrefois ravagea la mouquère »
J'étais perplexe comme je l'ai déjà dit : «Vous êtes obligé de vous exprimer en alexandrins ? »
Ignorant ma question il continua, le bougre : «Prenez donc ce flacon de poudre de calcaire
à laquelle j'ai joint la fleur de persicaire »
Ça commençait à être lourdingue toutes ces rimes en caire ; j'ai failli prendre un joker mais j'ai juste pris son flacon tout en m'épluchant les épaules.
« Ça coûte cher ce machin? » me suis-je inquiété en redoutant une rime en découvert bancaire.
« Une plaque » a t-il simplement lancé en entrebâillant son tiroir-caisse.
Décidément on nageait dans les plaques me dis-je en écorchant mes bras.

Alors je lui ai refilé une plaque d'une main tremblante – c'était toujours une de perdue – et j'allais sortir quand il m'a demandé : «Vous sucrez souvent les fraises ? »
Dans trente secondes il allait me diagnostiquer un Parkinson et me vendre une décoction à base de bébé crocodile et de bave de salamandre.
Je suis parti tout en m'arrachant la peau des fesses.
Croyez moi, je ne suis pas prêt de retourner folâtrer dans les orties avec Germaine !

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26 décembre 2020

covidus-gratus (par AlainX)

 

 
Autant vous le dire clairement, rien que sa vue en photo, ça me grattait déjà les bronches.

J'ai tenté de lui faire savoir par quelques toussotements discrets qu'il n'était pas le bienvenu, mais il faisait la sourde oreille de celui qui ne l'a jamais prêtée à personne.

C'est dire s'il était de mauvaise foi.

On m'avait dit qu'il ne fallait rien attendre de bon de sa part.

J'en ai fait le constat amer.

Ah mère ! Si je t'avais écoutée, qu'il ne fallait pas fréquenter n'importe qui ! N'importe où et n'importe comment !

Hélas,  jeune imbécile d'alors, je haussais les épaules en pensant :

— Arrête de me souffler dans les bronches ! De l'air que diable !

 

Il peut arriver que les gens s'infiltrent en vous comme des virus. Si on n'y prend garde ils vous contaminent, vous envahissent de la tête jusqu'au bout de l'urticaire  et vous irritent. Après ça vous gratte de partout, surtout à l'intérieur. Bientôt ça vous étouffe. Et là vous vous dîtes :

— J'aurais dû prendre mes précautions. Ne pas me laisser contaminer. Je croyais pourtant être vacciné contre les casse-pieds. Mais il n'en est rien.

 

Il a fallu m'hospitaliser. Et là franchement j'ai trouvé ça exagéré.

 Je leur ai crié : — Bas les masques !

Ils ont répondu : — Ne vous inquiétez pas ! Tout ira bien !

 

Après ? Je ne m'en souviens plus. Il paraît que je me suis fait entuber. Cela ne m'étonne pas. Ces gens-là ont tout le virus de la magouille.



26 décembre 2020

Ras la peau! (Laura)

 
Mon mari m'avait dit: s'il m'arrive quelque chose, tu auras de quoi te retourner mais il faudra que tu déménages et que tu fasses attention. Quand j'ai croisé mon propriétaire, une semaine après la mort de mon mari, et qu'il m'a parlé d'un appartement libre dans notre immeuble de 30 m2, j'ai dis banco! J'ai regardé mon appartement de 90 m2, ma grande cave et je me suis dit que même avec un grand tri, ce serait impossible. Alors je me suis mise à la recherche social de 60 m2 environ. Et j'ai commencé à faire tranquillement du tri, des cartons de choses non essentielles puis le confinement est arrivé et m'a été favorable. J'ai monté peu à peu les archives de la cave et les ai triées en même temps que celles de l'appartement, les ai rassemblées jusqu'à vider la cave. A la fin, avec un copain, on a mis les encombrants (que j'avais appelés préalablement) sur le trottoir. Au bout d'un mois de confinement, j'ai arrêté les cartons car je me suis dit que je n'allais pas passer des mois dans les cartons. Le déconfinement a été difficile pour moi, c'est pourquoi je me suis bousculé pour partir un peu mais je me suis dit en même temps que cette fois, il fallait que je déménage. Alors quand j'ai visité la veille du départ en vacances d'été un appartement, j'ai dit ok et lancé le processus. Puis j'ai réfléchi   au retour des vacances et appelé mon propriétaire pour le prévenir que je partais dans un mois qui ma parlé d'un appartement de 60 m2 libre dans mon immeuble que j'ai visité et c'était le même que le mien avec une pièce en moins. Malgré les devis des déménageurs, je me suis dit que c'était là l'idéal. Jai rétropédalé de l'autre côté . Et comme je m'étais arrangé avec mon propriétaire, il était dans mon intérêt de déménager rapidement aussi. Un copain m'a dit qu'il m'aiderait au lieu de payer les déménageurs. Le voilà arrivé avec un copain le samedi d'après. Mais un meuble les a terrassé et on a appelé un troisième larron. Ce soir-là, j'avais ma chambre, des livres et le train de mon mari dans mon ancien appartement en bas et le reste en haut. Il y avait eu des cris et des insultes. Le lendemain, je me brûlais sur une plaque électrique  car on avait inversé les phases! On me dit qu'on viendrait tel jour, tel soir et voyant qu'on ne venait pas, je craignais qu'on ne me déménage pas le reste avant la rentrée. Alors que l'après-midi, je faisais la connaissance de mon 2 e CDI, je me laissais convaincre par une amie d'aller manger chez elle et je mangeais le coeur au bord des lèvres. Une nuit d'horreur, je vous passe les détails, les jambes qui flageolent, l'urticaire partout, la peur de tomber seule dans cet appartement vide aux 3/4. J'appelais SOS Médecins qui me dit que j'avais fait un malaise vagal et de l'urticaire. RAS LA PEAU!

 

19 décembre 2020

Défi #643


Certes mais...

Est-ce que ça vous chatouille ou...
Est-ce que ça vous gratouille ?

Urticaire

6431

19 décembre 2020

Ont coursé la coursière

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19 décembre 2020

Trottin (TOKYO)


C’est le pire jour de ma vie, dit-elle les yeux au plafond.
Je regarde ma mère, elle laisse tomber une cacahouète salée dans son double martini dry.
 Les jours où ça va bien elle boit du vin blanc mais ce soir quand je lui ai dit que j’avais trouvé un job de TROTTIN elle est tombée des nues.
La dernière gorgée de martini dry lui arrache la gorge.
 Le métier de TROTTIN est une noble profession lui dis-je.
Elle reprend un martini dry et cette fois ci elle boit cul sec.
 Mais enfin maman tu préfères que je tourne dans un film porno.
 Je vais vendre mon porche dit elle et je préfère aller manger à la soupe populaire que voir ma fille accepter un poste de TROTTIN.

Le moment est venu d’enfiler mon gilet pare-balle, la guerre est ouverte.
 Anne louise tu vas terminer ton doctorat crie -telle maintenant.
 Je vais finir par mettre ma tête dans le four en gaz Anne louise.
Pourquoi tu dis ça maman ?
Ta carrière va descendre en flèche tu vas avoir un pouvoir d’achat entre le Portugal et la Mongolie.
A l’entendre ma carrière de futur trader allait descendre à la vitesse grand V la pente savonneuse du tobogan de l’enfer.
Avec l’alcool qu’elle ne cessait d’ingurgiter je percevais une certaine distance entre sa voix et son énoncé comme si elle était pré enregistrée  et que la bande était parasitée.
C’était exactement la même voix que la fraise de mon dentiste. Si j’avais voulu embrasser une carrière de terroriste armé je n’aurais jamais fait l’erreur de la prendre en otage
Du coup j’ai pris un rail de coke et j’ai oublié illico ce job de TROTTIN.

v

 
 C’est fou comme ça vous remet d’aplomb, du coup je pense sérieusement à me lancer dans un élevage d’escargots. C’est maman qui va être contente

19 décembre 2020

Participation de Vanina

E&RdeS_Trottin_web

19 décembre 2020

Le trottin[1] dans le paysage du dix-neuvième siècle (Laura)

 

En voyant ce trottin, j'ai pensé qu'il avait été peint  Jean Béraud(et je l'ai vérifié) qui peignit notamment ce type de personnages  de la mode au dix-neuvième siècle[2].De la mode au dandy au moderne, j'arrive forcément à Baudelaire, précurseur des impressionnistes qui s'attacha aux paysages urbains et autres motifs de la vie contemporaine dont la mode que le poète pratiqua en dandy. Baudelaire s'intéressa à Constantin Guys[3], artiste  injustement méconnu qui représenta entre autres les grisettes[4], cousines des trottins.

 

l

 

19 décembre 2020

Il était une fois ... par bongopinot

 

6422

 


Tu vas vers ton destin
Le cœur sans chagrin
Tu commences comme petite main
Une apprentie trottin

Tu vas par tous les chemins
Et en livrant une robe en lin
Tu croises le beau Célestin
Qui lui était gardien

Vous avez créé de beaux liens
Et comme vous vous entendiez bien
Et s’en suivirent la noce et le festin
Puis vous ouvrez votre magasin

Au numéro quarante et un
De la rue Jean Moulin
Et arrive un joli bambin
Que vous prénommez Gabin

Et les jours passèrent un à un
Vous ne manquiez de rien
Vous êtes maintenant des anciens
Vous voyagez souvent en train

Vous poursuivez votre destin
Le cœur sans chagrin
Confiants et sereins
Avec des projets sans fin

 

19 décembre 2020

TROTTIN ou l'art du masculin au féminin (L'homme parenthèse)


17/12/2020
16h50

Voilà, j'y suis !

1er défi.
1ère page blanche qui se noircit sous le trottinage de mes doigts galopants le clavier.

Je me présente d'abord.
Je suis l'homme parenthèse.
je suis le Père de 2 Têtes associées à 2 appareils génitaux féminins (mais pas que).
Je suis le fils d'un homme (presque) vivant qui trotte ses yeux de retraités presque toute la journée sur des écrans imbéciles.
Je suis le frère d'une sOeure sourde qui œuvre au nettoyage et autres besognes d'un monde institutionnellement sale.
Je suis un mari (sans alliance) désarçonné, héritier de plaies volubiles et trottineuses (hennissantes à pas d'heures).

17h00
Je suis aussi l'ouvrière de ma vie (la fourmi masquée hé hé).

Aparté sportive car lire du sport chaque jour est bon pour la santé !
Aujourd’hui, je n'ai plus l'âge de faire de la trottinette.
Par contre, je n'ai pas honte de monter dessus monsieur et si peu que j'en croise une samedi prochain par exemple à une manifestation contre les violences policières et certaines lois douteuses, je vous promets de sauter dessus à cru et d'en tourner la manette plein gaz (jusqu'à 20H10).

Pour alimenter cette feuille de chou (mi cuite), je peux dire que je m'emploie à des tâches ménagères, au service de ma nation familiale non bourgeoise raccommodée.
Élu moultes fois « ouvrier aux mains d'argents. »
De mon plein gré, oui.
J'aime faire la vaisselle par exemple.
« Cher Père Noël, si tu avais prévu de m'offrir un lave vaisselle dans 7 jours, je te prierai de changer d'idée, voir de trottoir, merci. »
L'aspirateur et moi entretenons de régulières entrevues (musicalement soutenues) qui nous laisse de bonne humeur.
Qui plus est, évidemment, avidement même j'oserai ajouter, je vais souvent au trot sur les marchés avoisinants pour ravitailler, réassortir la Victuaillerie de la maison.
Parce que ça OUI, on aime rire ici, danser aussi quand ça nous chante... la bedaine satisfaite.
Je suis un Papa, un cheval de trait trottinant sur le fil d'Ariane de la fa#mille en tenant compte de nos erreurs passées et de nos doutes présents.

17h09
J'ai le trottibus qui siffle à mes oreilles...
Je crois que j'ai trop forcé. Cramp'ouille de mes 28 phalanges en simultanées !

La perle de lait tente de s'écouler de mon téton d'homme.
C'est l'heure de la tétée, je vous lèche.

17h15                                                                L'homme parenthèse (homo trottinus)

19 décembre 2020

le mot juste (joye)

Certains auteurs sont comme des modistes

Qui confectionnent de belles œuvres d’art

Et qui font livrer leurs strophes habillées

Par des jolis vers arpètes.

L’effet est tellement ravissant qu’on applaudit discrètement

Tout en murmurant « Chapeau ! »

D’autres fouillent dans les poubelles

Et dégottent d’une main crade des abominables galures

Qu’ils jettent dans la figure des éventuels lecteurs.

On se tient le nez et bougonne « Lard pour lard... ».

MORALITÉ :

Ce n’est pas tout le monde qui peut filer de la poésie partout,

Ni penser aux pieds de mouton en voyant le mot « trottin ».

trottin

 Image retrouvée sur Google

19 décembre 2020

« Les chapeaux de Lily » (Lecrilibriste)


Au magasin « La tête à chapeau »
Y a Lily la p'tite apprentie
vive et preste comme un moineau
qui fait l'trottin l'après-midi
pour les livrer les chapeaux finis
dans de grands et beaux cartons ronds
Et qu' y apprend avec application
dans la boutique de Madame Flo
car la mode est sa vraie passion

Elle transforme tous les bibis
avec quatre coups de ciseaux
les cramoisis, les défraîchis
met des plumes d'oie et des chichis
des fleurs ou encore des oiseaux
déclenchant un vrai tsunami
chez les clientes  éblouies
qui n'veulent que les chapeaux d'Lily
Et ça fait rager Madame Flo

Au début, freinant à grand train
cette cousette téméraire
Flo n'savait qu' poser des gros grains
ornant ses chapeaux de misère
elle jalousait sa petite main
mais sachant mener son affaire
reconnut ce don souverain
pour en profiter haut la main
et voir grimper ses honoraires

Madame Flo l'envoie chercher
les accessoires chez l'chapelier
Lily ne se fait pas prier
elle aime aller gratter, fouiller
dans les tiroirs de la boutique
dénicher des trucs sympathiques
des mousselines et des voilettes
des cabochons et des paillettes
pour faire la mode de demain

Mais Lily est une fine mouche
l'est pas née de la dernière pluie
Et puis Madame Flo l'ennnuie
Le chapelier lui fait la cour
jeune et beau, il a plein d'atours
la laisse fouiner dans sa boutique
lui donne des trucs sympathiques
L'est si gentil le chapelier
que Lily se laisse épouser

Et que s'est-il passé ensuite  
Lily l'a m'né par l' bout du nez
il a racheté la boutique
« La tête à chapeau » et Madame Flo
Et Lily l'a même embauchée
Flo, à coudre les élastiques
et les cousettes à harceler
dans le fond de l'arrière boutique
« Les chapeaux de Lily » par ses soins renommée

19 décembre 2020

Ne s'use que si l'on Sancerre ! (Joe Krapov)

DDS 642 trottin 4

C’est dans les collines du Sancerrois et son village de Chavignol que se situe le berceau du trottin de Chavignol, plus fréquemment appelé Chavignol de nos jours.

Le trottin de Chavignol est une fille de courses au pas ferme, de forme cylindrique, très légèrement bombée à la périphérie.

Sa peau fine et naturelle est décorée d’un tablier généralement blanc ou bleu. Sa patte, blanche ou ivoire, lisse et ferme, est confondante dans les boucles et les virages. Raffiné, au minimum 16 ans, le trottin de Chavignol offre selon son diplôme de pilotage une gamme infinie de services. Merciers, gantiers, chapeliers et couturières, chaque professionnel peut trouver un trottin de Chavignol à son goût.

- En ganterie, il révèle une discrète innocence de rosière. Il est apprécié pour sa douceur et sa fraîcheur. Très agréable petite main. Pour les livraisons dans Paris, la fourniture d’un GPS est conseillée.

- En chapellerie, légèrement orné d’un voile blanc ou bleu, il gagne en maturité et en finesse.

DDS 642 Môme aux boutons- En mercerie, sa connaissance enrichie des boutons, tissus, rubans, dentelles et dessous affriolants en fait une spécialiste des vêtements de choix, de fête, d’intérieur et aussi des caracos de soie et des nuisettes. On la surnomme souvent «Momo Bouton» en référence à une chanson de Lucette Raillat que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. (Mais qui a moins de vingt ans, ici ?)

- En confection et couture, le trottin de Chavignol est “repassé” par une phase d’étude classiques chez Singer et Colissimo, ce qui lui confère une conversation moelleuse et un caractère affirmé (pour amateurs de sensations fortes !). Son vocabulaire étoffé, sa connaissance d’Audiard et de Frédéric Dard lui permettent de jouer toujours sur du velours.

La zone d’appellation du trottin de Chavignol comprend une grande partie du département du Cher et se prolonge sur la Fièvre et l’Enfoiret.

Un peu d’histoire, maintenant :

L’élevage de trottins est traditionnel dans le Sancerrois depuis le 16e siècle comme en témoigne “L’histoire mémorable de Sancerre” écrite par Jean de Léry en 1573. Les trottins étaient présents dans tous les commerces de l’époque où trottins, biaiseuses, grouillots et garçons de course se côtoyaient joyeusement.

L’origine du nom “trottin de Chavignol” est cependant plus difficile à dater avec certitude. Dans un ouvrage de 1829 intitulé “Statistiques du Cher”, l’auteur, un inspecteur des contributions directes et du cadastre, note sous la rubrique “trottin” : “Leur lait n’est pas propre à faire des nourrices mais on en fait de très bons chauffeurs-livreurs : ceux du Sancerrois sont connus sous le nom de trotins de Chavignolles”.

En 1862, on compte dans le Cher 14 359 employées de commerce chargées des livraisons et des achats de matières premières.

Dans les années 1900 apparaissent les premières agences d’intérim qui collectent les trottins et qui, notamment grâce aux moyens de transport et à l’installation de la ligne de chemin de fer Paris-Nevers, couvriront les besoins de la capitale. Le terroir, la richesse de la faune et le savoir-faire transmis de génération en génération donnent un trottin de Chavignol unique et généreux.

Le trottin de Chavignol ou Chavignol est en Appellation d’Origine Contrôlée depuis 1976 et Appellation d’Origine Protégée depuis 1996.

 

DDS 642 trottin 6

N.B. A savoir, pour les vieux satyres qui fréquentent ce lieu et rêvent d’aventures avec ces jeunesses : renoncez-y !

Le trottin de Chavignol se déguste en de nombreuses occasions, à la fin du repas bien sûr mais aussi en apéritif sur canapé, en croque-madame et de bien d’autres façons encore. Le trottin adore le Sancerre blanc. Ils forment une alliance parfaite. On peut également l’accompagner avec d’autres vins du Centre Loire, le Menetou-Salon, le Pouilly Fumé, le Quincy et le Reuilly.

Mais si elle est provinciale, la jeune fille est cultivée et encaisse mieux l’alcool que l’alcôve. Elle connaît les chansons de Félix Mayol sur le bout de ses doigts. Ne rêvez pas, en les allongeant, qu’elle s’allongera.

Ces demoiselles ont du reste été formées au plantage de râteaux par Madame Henriette Tag-Mitou du laboratoire TUMLA de l’Université de Paris-Sorbonne.

Elles relèvent donc également de l’ADI (Appellation de Destination Inaccessible).

DDS 642 Chavignol_03,_Cher,_France 

Le village de Chavignol vu depuis le Cul de Beaujeu (sic !)

19 décembre 2020

Liste de courses (petitmoulin)

 
Monsieur Trottin
Je vous adresse
la liste de mes courses
hebdomadaires

Une chemise à fleurs
Une boîte d'élucubrations
Trois paires de chaussettes
Les sabots d'Hélène
Une carte postale de Charleville-Mézières
Un bateau ivre
Le dernier vers d'Allain Leprest
Une chanson d'Anne Sylvestre
Un sourire de la Joconde
Une énigme non résolue
Un zéro de conduite
Une soirée cinéma
Un duo des frères Capuçon
Un triangle des Bermudes
Une semaine des quatre jeudis
Trois pavés
Deux bonnes intentions
Un bac de sable fin
Un pot de gros sel
Un hareng saur
Des haricots secs secs secs
Une croix de bois
Une croix de fer
Trois mensonges
Un aller-retour en enfer
Et naturellement
Un plagiat de Prévert

Je vous remercie
d'assurer la livraison
avant vendredi minuit
à l'adresse habituelle
 

19 décembre 2020

De la mode à l'anarchie (Yvanne)

 

Elle s'appelle Anna, Henriette Estorges. Elle est née en août 1887 dans un petit village corrézien situé non loin de Brive la Gaillarde. Elle est issue d'un milieu paysan. En possession du certificat d'étude et du brevet élémentaire, elle se destine au métier d'institutrice et s'apprête à intégrer l'Ecole Normale d'instituteurs à Tulle quand le destin en décide autrement. Son père, dont le métier de maçon fait vivre la famille décède brusquement.
Sa mère ne trouve pas d'autre solution pour subsister que de vouloir la marier comme cela se faisait fréquemment alors. Anna, dite Rirette se cabre, refuse tous les partis qui se présentent nombreux car elle est une fort jolie fille. « Plutôt l'amour sans mariage que le mariage sans amour. »clame-t-elle. Elle vient de prendre là le chemin d'une existence peu banale.

Elle grimpe dans un train pour « monter» à Paris, ce dont elle rêve depuis longtemps, la tête pleine de ses lectures et cherche du travail. Elle est embauchée - peut-être grâce à sa beauté - dans un atelier de couture comme beaucoup de jeunes filles alors, la mode prenant un essor important en ce début de siècle. Est-elle douée pour manier l'aiguille ? Pas si sûr. Sème-t-elle le trouble parmi les cousettes, midinettes et autres petites-mains de l'atelier ? Pas étonnant. Rirette, dotée d'un fort tempérament, milite déjà contre la domination masculine. Ce qui est forcément mal vu par les contremaîtres, souvent des hommes ou par des femmes soucieuses de leur tranquillité, ne voulant pas de vagues qui indisposeraient les patrons.

Pour l'éloigner de ses compagnes, on l'affecte aux livraisons à domicile des robes, chapeaux et autres articles vestimentaires destinés aux plus fortunés. On imagine tout-à-fait la jolie et vive brunette, toujours très bien mise, trottant à bonne allure dans les rues de la capitale, en cheveux – pourquoi s'affubler d'un bibi quand on a une somptueuse chevelure – portant sous le bras cartons, boîtes à chaussures ou à couvre-chef. Mais Rirette enrage d'être un vulgaire trottin, elle qui a fait des études. Arpenter les rues de Paris pour les riches ne la satisfait pas du tout et surtout cela ne nourrit guère son intellect. Elle a d'autres aspirations.

Parallèlement à son gagne-pain, Rirette fréquente la Sorbonne et aussi les Causeries populaires animées par Albert Libertad qui édite le journal l'Anarchie. Elle y rencontre son mari, Louis Petitjean dont elle a deux filles et s'implique avec lui dans le parti anarchiste individualiste. Elle divorce et devient responsable du journal l'Anarchie au côté de son nouveau compagnon d'origine belge, Victor Serge. Elle vit alors dans une communauté libertaire qui prône l'amour libre.

En 1911, venant de Lyon, un certain Jules Bonnot rejoint le groupe. Il entraîne dans son sillage plusieurs membres de l'association dans une escalade sanglante. Rirette est emprisonnée pour recel d'armes à feu. Sa vie bascule dans la tragédie de « la bande à Bonnot » et son procès retentissant d'où elle sort libre.

Plus tard, elle s'éloigne du courant individualiste. Elle travaille comme correctrice de presse à Paris soir, puis au journal Libération, aux éditions Flammarion et en dernier lieu elle écrit dans le journal Liberté fondé par Louis Lecoin. Elle se lie d'amitié avec Albert Camus qu'elle initie à la pensée libertaire et lui fait découvrir les milieux anarchistes.

Elle devient aveugle et meurt en juin 1968 en pleine libération des mœurs. Le dernier clin d'œil de cette anarchiste étonnante qui s'est surtout battue tout comme Louise Michel pour l'indépendance et la liberté des femmes.

 

19 décembre 2020

De caves en cave (Kate)

 

Ma chère Sarah,

Alors, comme ça, tes chers collègues ne pourront plus t'appeler "La grosse natte" (dans ton dos, bien sûr) ? Qu'est-ce qu'ils vont trouver ? La garçonne ?... En tout cas leur surprise a dû être de taille et la liste de tes conquêtes m'a bien fait rire (surtout Olivier et tous ses colliers, il détonnait ce bijoutier...)

En tout cas, si tu as fait visiter les caves à un groupe de scientifiques, tu as pu avoir le plaisir ensuite de pouvoir te laver et te sécher les cheveux en un clin d'oeil... et de pouvoir aller boire un verre ensuite, peut-être ?

Quant à moi, belle convergence souterraine, ma mère m'a invitée pour que je l'aide à nettoyer et ranger sa cave afin qu'elle puisse y stocker du bois de chauffage et remettre la cheminée en marche. Je suis donc partie tôt le matin et après les stères de bois nous avons déjeuné ensemble sous la véranda. Comme il se doit, après le café, partie de Scrabble et dès la début maman a crié : "Scrabble !" en posant les lettres T R O T T I N.

"Ça n'existe pas...", lui ai-je avancé prudemment, mais après vérification dans le Bible (du Scrabble) : jeune employée qui fait des courses. Bon, je te passe la suite, j'ai pu grâce à ma lettre G faire à la fois le mot "trotting" et le mot "goyaves" en même temps donc "Scrabble !" à moi tour, etc.

Quand même, ce mot "trottin" me trottait dans la tête... et quand la radio a diffusé la chanson "Nashville ou Belleville", une petite étincelle a surgi et j'ai allumé les phares, la nuit tombant vite. Monsieur Eddy, "certif" en poche avait débuté dans les années 50 comme "trottin", c'est-à-dire coursier dans une banque (la même que celle où travaille maman) avant de se lancer dans la carrière qu'on lui connaît.

Oui, "trottin", pas toujours au féminin mais souvent dans les romans de Zola, Balzac, Stendhal... j'avais fait quelques recherches en rentrant.

Et puis, la nouvelle est tombée : la mort de John Le Carré...

0 2

Trottin

Il a été

Et à quelques uns

Il a enseigné

L'art de trottiner

Sans se faire remarquer

Ni repérer

L'art de filocher

L'art de s'esquiver

Celui des faux papiers

Des courriers cryptés

Des boîtes aux lettres infiltrées

De messages codés

Entre agents discrets

John Le Carré

A succombé

À une pneumonie

Après une belle vie

Riche et intense

De contacts et d'intelligence

Et au Brexit

Il a dit non

Non de non

Pas double mais quitte

Tu te souviens, son dernier livre, "Retour de service" que je t'avais passé ?

J'espère qu'au cours de tes pérégrinations citadines tu vas encore découvrir quelque endroit "secret" au détour d'une rue, d'un grenier ou au fond d'une cave !

Bises de ta cousine,

Marianne

19 décembre 2020

Belle époque (Vegas sursarthe)

 
Martine trottine.
Par la fenêtre d'un appartement cossu, Monsieur Bourgeois lorgne Martine traversant la place de la Concorde d'un pas léger pour enfiler la rue Royale.
Martine trottine... elle ne sait pas faire grand chose d'autre mais ça elle le fait bien.
« Petite main mais pied léger » se plaît à dire Monsieur Bourgeois quand Madame ne sait que vilipender « Martine mutine et gourgandine ».

Au numéro 16, Martine pénétrera chez Ladurée et comme chaque samedi vers 10 heures achètera les macarons préférés des Bourgeois... fleur d'oranger et rose clémentine.
Ce matin comme chaque samedi Martine fait halte au numéro 3 chez Maxim's car Martine tapine... elle ne sait pas faire grand chose d'autre mais ça elle le fait bien.
Elle y a sa « chambre d'amour » où Monsieur Toulouse Lautrec s'en vient parfois la croquer entre deux passes peu lucratives...

Sur le chemin du retour Martine trottine et s'empiffre quelques macarons en saluant le chasseur de l'hôtel de la Marine d'une oeillade assassine.
A la fenêtre de son appartement cossu Monsieur Bourgeois consulte sa montre de gousset ; Martine est en retard et il manquera quelques macarons comme à l'accoutumée.
Au petit salon, devant son thé réchauffé Madame Bourgeois fulmine : Martine lambine... elle ne sait rien faire mais ça elle le fait bien.

 

19 décembre 2020

Trotte, hein ? - tiniak

 
Elle passe - et chaque matin, sauf le dimanche, la rue Bysskübe où je mansarde, nuit debout, avec des soupirs affectés... à un besoin d'écrire carabiné.
Elle passe, et selon la saison, les pognes dans un lourd manchon, ou quelque cubique carton - à chapeau ? là, sous le bras droit, ou le giron si peu voilé par un très vitreux chemisier.

Elle passe... Elle a belle allure; non seulement ce port altier qu'on lui connaît dans le quartier, mais aussi par son train vivace, que l'on pourrait croire enjoué, quand je sais bien qu'il fuit d'obscures menaces, pour sûr !

Elle est pas passée, ce matin, pourtant que l'on soit à lundi; j'en reste coi et sur ma faim... Poème en cours, donc pas fini ! Par contre, l'autre qui la suivait, assez souvent, semble l'attendre au carrefour. Peut-être s'est-il pris un four ? Peut-être n'a-t-il nul chagrin, mais des remords ? Attendez ! Je l'y vois encore, le front hésitant, la main courbe et le pas calqué sur le sien - oh, à distance... Peut-être pas si respectable, quand j'y pense.

Elle ne passa plus, c'est sûr : la saison a changé de murs. Et puis, au kioske à journeaux, flambant neuf, bardé d'oripeaux (qui font honneur au journalisme), s'affiche en Une un titre sombre, décliné par autant de nombres : un tueur signe ses forfaits - tueur de femmes, c'est plié ! narguant le Préfet, c'est certain, en le traitant de "vil trottin", dans chaque mouchoir, posé bien en vue sur telle victime du soir.

Elle a passé le fleuve ultime; j'en mettrais ma main à couper, si je n'avais ce verbatim à rendre pour me sustenter. Le poème ? Il est achevé, merci bien. Mais j'en veux faire une autre chose; pourquoi pas des lignes de prose, en origamis distillées ?

Elle sera ce papillon dans un champ d'herbes retournées, tandis que moi, là, je m'en sade. Et me trottine, au gré des toits qui m'en racontent, des rapines.
 
Des ans ont passés, là-dessus... Votre siècle m'a oublié. J'en respire pourtant le cru, rue Bysskübe, en mon pré carré.

19 décembre 2020

Une petite chanson ? (Walrus)

 
Remarque préliminaire :

Si trottin rime avec crottin, c'est purement une question d'époque. En transportant leurs paquets, les pauvres filles salissaient leurs bottines dans ceux des attelages.

Mais revenons à  nos moutons  notre chanson :

Comme le signalait avec entrain au tout début de sa glorieuse carrière ma défunte compatriote, y avait pas que des trottins dans les grandes maisons de couture !

 

12 décembre 2020

Défi #642


Oui, je sais, il n'y en a plus...
mais, essayez quand même !

 

Trottin

6421

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Le défi du samedi
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