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Le défi du samedi
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24 mai 2014

Participation de Nhand

Participation de Nhand (défi#299)(1)

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24 mai 2014

Y croire ? Ne pas y croire ? Telle est la question ! (bongopinot)

 

bo01

 

Pourquoi demander à une chiromancienne,
Quel sera mon futur mon avenir
Je préfère courir mon chemin en devenir,
Et vivre au jour le jour une existence sereine.

Pourquoi vouloir toutes les réponses
Sur comment seront mes lendemains
Si moi je veux les attendre dans mon coin
Et courir, m’arrêter, reprendre mon souffle en cadence

Hier, je ne savais rien !
Et aujourd'hui, je n'en sais guère plus,
Frivole, inconsciente, je saute comme une puce,
En avançant vers mon futur, ce mystère me convient.

Je pars vers l'après, minutes après minutes,
Secondes, après secondes, qui me sonnent
Qu'elles soient agréables, ou qu'elles tonnent
J'accepte sans aucun regret, je flotte

Je ne veux pas me prendre la tête,
Regarder mon horizon dans les lignes de ma main
Y voir les jours sombres et mes chagrins
Avant même qu'ils n'arrivent ! Je n'ai qu'une seule requête

Celle de pouvoir encore choisir mes envies
En regardant, la mer, le ciel, les étoiles
Qui eux ne m'annoncent et me dévoilent
Seulement, le temps qu'il fera demain !

Mais tous ceux qui veulent y croire
Qui ont besoin de connaitre leur avenir
Parce que surtout, ça les rassure
Je ne les juge pas, je vous le jure !

17 mai 2014

Défi #299

Les lignes de la main ...

Y croire ? Ne pas y croire ? A vous de choisir !

Lignes de la main

Nous attendons vos lignes à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

17 mai 2014

Ont retrouvé Mort

17 mai 2014

Tes oignons ! (par joye)

Samuel_L_Clemens_(Mark_Twain),_by_Frank_Millet,_1877Lors de son séjour aux Bermudes en 1877, Mark Twain s’extasia : «  L’oignon est la fierté des Bermudes. C’est son bijou. Un natif qui souhaite louer un défunt s’exclame ‘C’était un oignon !’ Celui qui envoie son fils à l’école le commande : ‘Sois un oignon !’ »

Aux Bermudes, on commença à cultiver l’oignon vers 1616. En 1847, ses voisins aux US importèrent pour la première fois ces oignons "doux et succulents".

Tout de suite, les oignons deviennent l’exportation la plus importante des Bermudes qui eut le sobriquet ‘Le Champ d’oignons’. Malheureusement, la Guerre de 14 et les tarifs imposés après la guerre ralentirent largement l’exportation, et, puisque on n'avait pas encore inventé les marques déposées, on commença à cultiver des oignons dits « bermudiens » au Texas. Le chemin de fer aida les Texans à exporter rapidement et massivement leur produit, et donc, les Bermudiens ne pouvaient plus les concurrencer. Pour ajouter l’insulte à l’injustice,  les Texans établirent une ville agricole et la baptisèrent ‘Bermuda, Texas’.

En dépit de tous leurs efforts, le tourisme - et non pas la couture du short à longueur bizarre comme on voudrait croire - dut remplacer l’oignon comme le pilier économique de l’archipel.

Toutefois, et jusqu’aujourd’hui, dans la langue des Bermudiens, le mot « oignon » reste une métaphore pour “perfection”, à comparer avec l’expression en langue française « aux petits oignons ».

Alors, toi qui voulais savoir ce qui se passa au triangle des Bermudes ?

Eh ben, tes oignons !

Bermuda onions

Source : "Rise and Fall of the Bermuda Onion", Bern News, 24 janvier 2012.

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17 mai 2014

The Bermuda triangle (Vegas sur sarthe)

Ainsi donc il existait
The Bermuda triangle
celui dont me rebattaient
les savants, les forts en gueule
 
Souvent je fus pris d'un doute
aux pages des catalogues
aux 3 Suisses, à la Redoute
loin des géobiologues (*)
 
Celle-ci était vivante
haïtienne de la Hotte
et circonstance aggravante
avait quitté sa culotte
 
L'endroit paraissait sauvage
je l'accostai en tremblant
et explorai ses rivages
et ce triangle troublant
 
Plus d'un s'y serait perdu
faisant perdurer le mythe
d'un trigone défendu
une mortelle marmite
 
Elle vibrait sous ma main
démystifiée, offerte.
Dessous le bouton carmin
une porte s'est ouverte
 
Ne demandez pas comment
je me suis vu foudroyé
les Bermudas c'est vraiment
la fontaine où se noyer (**)
(*) Géobiologue: Celui qui étudie l'influence des champs magnétiques et électriques sur le vivant
(**) Dites à papa, Tango et Charlie que je ne reviendrai pas
17 mai 2014

C.Q.F.D. (Epamine)

triangle-1024x815

Pfff! 

Coquecigrues et billevesées que ces récits sur les dangers de la triangularité bermudesque... -dienne?... -dane ?...  -deuse?...

Le Triangle des Bermudes, c'est juste trois points de grammaire, trois petites notions de vocabulaire, trois lignes de géographie et trois tracés de géométrie. Rien de plus! Ah, si! Un peu de musique!

Posons-nous d'abord trois questions de grammaire:

  1. QUOI ?  pour trouver le complément d'objet direct du verbe éviter
  2. ? pour trouver le complément circonstanciel de lieu du groupe verbal  avoir la trouille
  3. COMMENT ? pour trouver le complément circonstanciel de manière du verbe identifier

Et là, passons au vocabulaire.

Il faut éviter QUOI ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt panique à bord, angoisse, pipi culotte et mains qui bloblotent . Ne jamais évoquer la source du stress!

Le COD du verbe éviter peut être:

  1. "les crottes de chien"
  2. "les gens qui puent"
  3. "les heures de pointe".... Vous avez compris l'astuce?

Avoir la trouille OÙ ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt pâleur de la face, moiteur des mimines et sueurs froides. Ne jamais parler de ce qui hante!

Le CCL du groupe verbal avoir la trouille peut être:

  1. "dans l'ascenseur"
  2. "au milieu de la foule"
  3. "chez le dentiste"... Si ces phobies sont rédhibitoires pour votre interlocuteur, vous avez toujours la possibilité d'évoquer le Triangle des Bermudas... Il fait toujours sourire, celui-là!

Identifier COMMENT ?

Si on répond "en traçant un triangle", vlan! par association d'idées, les Bermudes arrivent à grands flots. Et on a, en prime, le carré de l'hypothénuse et ce bon vieux Pythagore avec ses tables et son théorème qui viennent plomber l'ambiance sans oublier le petit pi et la quadrature du cercle. Ne jamais parler de ce qui fâche.

Le CCM du verbe identifier peut être:

  1. " en dessinant des arcs-en ciel"
  2. " en faisant un joli cercle avec un compas"
  3. "en traçant les  30° et 40° parallèles de longitude nord

Après la grammaire, le vocabulaire et la géométrie, on peut nuancer le propos géographique en situant négligemment la zone susdite dans les Steppes de l'Asie Centrale (avec écoute musicale de l'oeuvre de Borodine: la musique adoucit les moeurs et celle-là endort!) ou au large de la Laponie (le pays du Père Noël fait toujours rêver!).

 

744px-SierpinskiTriangle

 

 

Quod erat demonstrandum...

CQFD: si vous avez bien écouté en classe les leçons de géométrie, de géographie et de musique et si vous maîtrisez les COD, COI, COS, CCL, CCM et CCT, le Triangle des Bermudes, ce n'est pas plus effrayant que le bac à sable de la cour de récré et beaucoup moins angoissant à expliquer que le triangle de Sierpiński!

 

17 mai 2014

Le triangle de Minuitdixhuit

C’est comme ça que la vie passe, enfin, que ma vie passe. Du lundi au vendredi, c’est le boulot, et forcement, je ne suis pas perdu, je sais où je suis : au boulot. C’est carré.
Si vous me demandiez, le lundi matin :
- Racontez.
Je vous dirais :
- Le réveil sonne, je me lève et, avant de faire le lit, je vérifie dans les draps : personne d’autre. Je prends une douche, je me lave les dents sous la douche, je me rase sous la douche, je m’habille sous la douche et je fais un nœud à ma cravate, mais pas trop serré, même s’il m’arrive parfois d’avoir envie de me pendre.
Après je sors de la douche, je sors de chez moi, je sors de mon coma pour aller au boulot, je ne prends jamais de petit déjeuner ni de parapluie, je sais bien pourquoi, le café au lait me fait mal, à penser à elle qui est partie, et mon parapluie avec, j’aimais bien lui préparer son café, mais voilà, elle n’est plus là. Et à la pluie, elle, est restée, alors je l’aime.
- C’est comme ça, comme je vous disais, du lundi au vendredi.
Mon boulot ? C’est assez pointu, peintre en triangles de direction. Je m’explique : pour tourner à gauche, vous avez besoin de savoir, à droite aussi et pour aller tout droit, idem. Voilà, vous avez tout compris. C’est moi qui peins les indications pour vous faciliter la vie à aller où vous avez envie d’aller. Par exemple, vous êtes perdu, vous avez besoin d’aller là, vous suivez mes flèches triangulaires. Ailleurs ? Pareil. Il y a plein de petits triangles dans ma vie et dans la vôtre aussi. Et grâce, plus ou moins à moi, vous ne vous perdez jamais dans le sens de votre vie !
Sauf si votre amoureux ou votre amoureuse vous quitte. Malgré vos bons côtés (elle en a déjà fait le tour) vous manquez de surface. Alors là vous serez perdus, mais ça ne serait pas à moi qu’il faudrait le reprocher. Vous auriez pu essayer d’arrondir les angles…
Le samedi, je me détends un peu, parce que je vous avouerais que ce travail est assez stressant, coach en bonne direction, rapport aux responsabilités qu’il comporte : imaginez un triangle désorienté qui vous envoie à hue alors que vous vouliez aller à dia !
Donc le samedi, je sors un peu, je vais me parfumer l’âme en écoutant l’orphéon. C’est fou ce qu’il a de monde qui vient respirer comme moi.
Ce que j‘aime, c’est les filles qui aiment se faire renifler le samedi en écoutant l’orphéon, parce que, du lundi au vendredi, elles subissent toutes sortes de stress comme pas bien su écailler le poisson (les poissonnières ), ou se faire engueuler parce que le café est froid (les secrétaires). Les exemples ne manquent pas.
J’essaye de leur montrer le bon côté des choses et, si ça ne marche pas j’essaye par un autre côté, puis un troisième. Pas plus. Après je lâche l’affaire, c’est une trapéziste…   
Donc la plus part du temps, celle-là qui est toute marrie de s’être trompée en rendant la monnaie à la caisse, elle est trop contente que je la trouve charmante alors elle veut bien.
Ainsi, c’est la fin de semaine dont j’ai besoin et elle aussi. Alors, on se perd, on se perd pendant tout ce temps dans un grand lit carré couvert de teille blanche, lonla...
Et moi je me perds dans sa Bermude nacrée, cette jolie chose formée des lignes roses de son intimité triangulaire et, elle, je crois qu’elle apprécie fort que je m’y perde.

17 mai 2014

LE TRIANGLE DES BERMUDES (Lorraine)

    On dit que le Triangle des Bermudes hurle soudain de toutes ses vagues dressées comme des murs où se fracassent les bateaux.

    On dit que les plus valeureux capitaines  n’échappent pas à  son étreinte d’eau et de fer.

    On dit qu’affronter ce gouffre est une folie de l’homme qui viole depuis toujours l’immensité et que l’océan hostile défend ses mystères.

    On dit aussi que ces mystères sont une légende et que seuls soufflent les vents contraires, entraînant dans des gorges souterraines les insensés qui bravent l’interdit.

    Mais on ne dit pas que le chant des sirènes accompagne le naufrage. Certaines jouent de la harpe et d’autres du flûteau, leur corps aérien sinue et danse quand se tait la cacophonie de l’ensevelissement.

Et on ne dit pas  qu’au fond de l’eau s’ouvrent de voluptueuses cavernes, tapissées de lits de mousses, où s’étendent pour toujours ceux que le bon plaisir des sirènes a choisi.
    
Et on ne dit pas que dès lors, ils ouvrent les yeux dans la douceur d’une vie amoureuse passionnée, mais si définitivement chaste qu’ils connaîtront à jamais l‘indicible tourment du désir…

Certains soirs, dan le Triangle des Bermudes, monte leur chant désespéré qui s’entend jusque sur les rivages. Alors, les femmes se signent et maudissent les sirènes…

17 mai 2014

Hamilton (Pascal)

Milieu des années 70.

En pleines manœuvres, dans le triangle des Bermudes, nous avions essuyé un orage magnétique assez impressionnant et des étincelles bleutées couraient encore jusque dans la mâture avec des grésillements inquiétants. Aux changements d’allure du navire, les cheminées crachaient des myriades de pépites incandescentes dans le souffle vrombissant des fumées. Comme des confettis sans fête, elles s’enfuyaient sur la mer, se collaient en se tortillant sur le pont humide ou fusionnaient avec les flammèches gesticulant autour du radar de veille.
C’était une impression dantesque comme si tout échappait à la réalité ; d’autres couleurs éphémères naissaient en se débattant au milieu de cette suspension intemporelle. D’étranges  phénomènes commandaient le navire dans une fantasmagorie hallucinante. La petite flamme tricolore paraissait bien ridicule au milieu de cette tourmente. Je transpirais une sueur inconnue, j’avais un goût âcre de soufre brûlant dans la bouche comme si la porte des forges de l’Enfer était entrouverte devant nous…  
L’étrave bousculait la mer et des paquets d’écume blanchâtre se collaient entre les fils du bastingage. Loin derrière, dérivant à la surface, on voyait encore des champs d’algues phosphorescentes aux incessants reflets jaunes et rouges. Un instant, le soleil aléatoire décorait ces efflorescences en mille lumières multicolores ; l’instant d’après, c’était une immense nappe sombre gonflant l’angoisse de l’équipage. La mer des Sargasses se tapissait de croyances obscures dans l’ombre revenue…
Tant de légendes, tant de faits divers et tant de disparitions courent ici. Cette zone aux profondeurs abyssales, où les vents meurent, où les courants emportent, où les bateaux s’égarent, nous, on naviguait dessus, de long en large, dans tous les azimuts, comme si nous voulions vraiment nous volatiliser ! Etait-ce à nous de certifier au monde qu’il n’y avait rien à craindre sous ces latitudes ?... A l’incohérence de notre route en zigzag, tribord devenait bâbord, la proue remplaçait la poupe et notre sillage traçait des grands cercles de ricochets houleux qui venaient refrapper la coque dans une autre manœuvre de navigation.

Tout à coup, les haut-parleurs du bord ont hurlé : « Poste de combat ! Poste de combat !... »

Comme une fourmilière dérangée par une brindille fouineuse, tout l’équipage s’est rué vers ses compartiments d’astreinte guerrière. Dans l’effervescence du chambardement, je n’avais pas entendu le « pour exercice » qui se répète après le « poste de combat ». J’étais tétanisé par une peur irrationnelle. Tout autour de moi, les portes étanches se refermaient avec un empressement inquiétant. Je gueulais : « C’est pour exercice ?... C’est pour exercice ?... » mais personne ne répondait comme si chacun cherchait son salut dans des gestes automatiques…

Nous étions attaqués… Je n’arrivais pas à réaliser cette terrible évidence. Le bateau a effectué une manœuvre d’urgence et je faillis tomber à la mer tant la gîte devenait importante. Je m’agrippais aux poignées de la dernière porte étanche encore entrouverte et, pourtant, je n’arrivais pas à me retenir tant j’étais absorbé par cette effroyable pensée.

Les lourdes tourelles ont commencé à se mouvoir vers l’horizon comme si elles avaient repéré l’intrus entrant dans notre zone. J’entendais distinctement les norias remonter les douilles et les obus jusqu’aux affûts. Alors, on allait parer à un affrontement réel ?... Quels étaient nos ennemis dans ce satané triangle des Bermudes ?... Instinctivement, je regardais dans la même direction que celle des canons pointant vers le ciel.
Dans les haut-parleurs, des ordres impérieux fusaient en cascade ; les timoniers avaient hissé le pavillon de combat sur le plus haut mât et les radars d’attaque tournaient désespérément comme s’ils cherchaient à prendre l’importun dans leurs mailles…
Soumises aux changements d’allure, les cheminées des chaufferies laissaient cracher une fumée épaisse et nous semblions nous cacher dans son nuage…

Soudain, entourés d’une aura brumeuse, j’aperçus, aux raz des flots, deux points lumineux qui fonçaient sur nous à une vitesse supersonique. A mesure de leur progression, le soleil se reflétait sur ces deux objets volants non identifiés. Notre navire a exécuté une autre évolution de dégagement par rapport à la course rectiligne des extraterrestres mais je voyais bien que nous étions bien trop lents. Tout se déroulait en accéléré mais je visionnais chacune de ces images au ralenti. Notre sort était réglé, nous allions périr ici ; nous allions allonger la longue liste des bateaux perdus dans le triangle des Bermudes…  

Les trois tourelles de 127 tentaient désespérément d’accompagner la course vertigineuse des deux bolides mais les réglages des télépointeurs tardaient à suivre ces cibles tellement rapides.
Un gradé m’a hurlé de refermer la porte étanche quand ils sont passés au-dessus de nous. C’était un vacarme assourdissant, une sorte de roulement de tonnerre strident comme seule la furieuse foudre engendre pendant l’orage. Nous n’avons même pas eu le temps de tirer… Des hublots jusqu’aux manches d’incendie, tout tremblait dans le navire, même mes dents claquaient sans que je puisse dominer cette terreur d’apocalypse. A chaque seconde, j’attendais l’impact imminent, l’explosion fatale, celle qui allait réduire nos vies à néant. Derrière moi, le second maître a juste commenté : « Deux *Crusader US en patrouille !... Ca déménage !... Toi, matelot, je te mets au rapport pour ne pas avoir rejoint assez rapidement ton poste de combat. La prochaine sortie, tu la feras avec des jumelles en bois… » J’ai raté l’escale à *Hamilton…


Pascal.  

Hamilton : Capitale du territoire britannique d’outre-mer des Bermudes.
Crusader : Chasseur supersonique embarqué sur les porte-avions US.

17 mai 2014

Le jeu. (Fairywen)

 

 

 

 

« Ca y est, tu as fini, on peut y aller ?

-Non, pas encore, je réfléchis…

-Oh, ce que tu m’énerves, à la fin… ! C’est à chaque fois pareil, tu mets des heures pour remplir cette fichue grille, et après, plus moyen de jouer parce qu’il n’y a plus rien sur le terrain !

-Et si tu la fermais, un peu, que je puisse me concentrer ? »

Silence boudeur, pendant lequel un petit bateau sortit joyeusement du triangle de jeu, suivi de près par un avion de ligne.

 

« Voilà, ça y est, je suis prêt ! Alors…

-Ah non ! Pour la peine, c’est moi qui commence !

-Bon, bon, si ça peut te faire plaisir…

-E3 F3.

-Deux coups dans l’eau.

-Tu es sûr ?

-Oui, j’en suis sûr ! Tu ne vas pas recommencer à discutailler chaque coup, quand même ? »

 

Le paquebot de croisière s’éloigna paisiblement du triangle de jeu pendant que ses passagers se dirigeaient vers les salles à manger en bavardant.

 

« Bon, à moi, cette fois… A4 B4.

-Touché…

-Ah ah ! Je rejoue… »

 

Les lumières de l’avion se mirent à clignoter tandis que le pilote et le co-pilote tentaient frénétiquement de trouver l’origine de la panne.

 

« Voyons, voyons… C4 !

-Coulé (ton renfrogné). »

 

La tour de contrôle n’y comprenait plus rien. L’instant d’avant, l’avion était sur leur écran radar. L’instant d’après, il n’y était plus. Qu’est-ce qui s’était encore passé dans ce fichu coin d’océan ?

 

« Le repas est prêt, les garçons ! Vous finirez votre partie plus tard.

-Ca tombe bien, je meurs de faim ! Tiens, je vais aller nous choisir un bon petit cru d’ambroisie pour l’accompagner. Et n’en profite pas pour changer la place des pions, toi !

-Comme si c’était mon habitude… Tu es vexant, Apollon !

-Mon cher Harès, je te connais comme si tu étais mon frère, et pour gagner une bataille, tu es prêt à tout.

-N’importe quoi !

-Artémis, tu ne veux pas le surveiller pendant que je vais à la cave ?

-Volontiers. Je n’oublie pas que tu as déplacé un chalutier exprès pour que je le rate, la dernière fois ! »

Le Dieu de la Guerre leva les yeux aux cieux de l’Olympe mais ne répondit pas. Ses frères et sœurs n’avaient pas tout à fait tort ; il lui arrivait de… disons… arranger la disposition des bateaux et avions traversant le Triangle des Bermudes pour gagner une bataille.

 

N’empêche, même en jouant selon les règles, il était bien drôle, ce jeu de bataille navale inventé par les humains…

 

Défi 298 du samedi 10 mai 2014

17 mai 2014

Les Bermudes (EnlumériA)

Mais où était encore passé ce chat. Damien, la gamelle de croquettes à la main, se sentait stupide. Voilà qu’il s’inquiétait de l’absence d’un chat qui n’était même pas le sien. Il l’avait trouvé là, dans cette improbable pièce au centre de la maison, le jour de son arrivée. Comment était-il arrivé là ? Mystère.

Posant la gamelle sur le sol, Damien se remémora l’expression impavide du notaire qui lui avait annoncé que « vous voilà chez vous, monsieur Dexter » en lui remettant les clés.

Une plaque en tôle émaillée apposée près du portail indiquait sobrement : Les Bermudes.

« N’était-il pas étrange qu’une maison normande, à colombages, soit baptisée de cet improbable nom ? » s’était enquis Damien. À quoi, le notaire avait répondu que l’ancien propriétaire, un marin à la retraite, y avait certainement trouvé du sens.

Damien sortit sur le pas de la porte et alluma une cigarette en se promettant – comme chaque jour – qu’il arrêterait demain. Promis juré.

L’ancien propriétaire. Parlons-en. Le capitaine Charles D. Ward, un obscur parent à la mode de Bretagne comme on dit. Le bonhomme avait disparu on ne sait où – probablement mort – en laissant une propriété en déshérence à la sortie de Conches-en-Ouche, sur la route d’Évreux, ainsi qu’une lettre chez le notaire stipulant de léguer ses biens à un certain Damien Dexter au cas où il ne donnerait pas de nouvelles avant le 31 mars de l’année en cours.

Damien se rappelait aisément ce curieux sentiment d’étrangeté qu’il avait ressenti lorsqu’il avait reçu la lettre du notaire l’informant qu’il venait d’hériter d’un oncle d’Amérique. Manquait plus que ça ! Il se souvenait aussi de cette appréhension larvée qui l’avait submergée quand il avait visité la maison. Oh ! Elle n’avait rien d’extraordinaire, cette bâtisse, à part son nom décalé et cette… absurdité architecturale.

Damien éteignit sa cigarette dans un pot de fleurs et empoigna sa veste sur la patère. L’idée venait de lui venir comme ça. Aller boire l’apéritif au café que fréquentait l’oncle mystérieux. Deux ou trois choses à préciser.

Pendant le petit quart d’heure que dura le trajet, Damien rumina les évènements récents.

Voyons. Il était arrivé quatre jours auparavant, avec quoi. Une valise de fringues, sa guitare, son ordinateur portable et une caisse de bouquins. C’était tout ce qui lui restait de sa désastreuse liaison avec Marjorie. Désastre qui avait conduit celle-ci au suicide. Putain de vie !

Il s’était installé dans la maison vendredi. Il n’avait pas trop galéré pour trouver son chemin tout compte fait. À croire que son antique 4L connaissait le chemin. Le bled était paumé, sans rapport avec l’appartement parisien de Marjorie. Cela tombait bien, il n’avait qu’une envie, celle de disparaître. Le temps de terminer ce roman sur lequel il travaillait depuis… trop longtemps.

Si cela n’avait tenu qu’à lui, Damien aurait débaptisé cette baraque et sa pièce aberrante pour la renommer : « Territoire de l’inquiétude », comme la fameuse anthologie d’Alain Dorémieux.

La Toison verte se trouvait en face de l’église. Ils sont spécialistes des noms patraques ici, songea Damien en poussant la porte du bistrot. À l’intérieur trois papis à casquette tapaient le carton autour d’un verre de rouge. Un jeune baguenaudier en vrac contre le juke-box racontait des histoires à dormir debout à une midinette gothique en rires et en vacances chez sa grand-mère. Le patron l’accueillit avec son bon sourire de lune rousse.

Bonjour, monsieur Dexter. Alors ! Y se fait au climat de la Normandie le gars de Paris. Et qu’est-ce qu’y prendra ?

Damien commanda une Suze.

Je vais peut-être vous paraître un peu rasoir, mais j’aimerais bien qu’on parle encore de mon oncle.

Le patron fit un signe d’approbation tout en astiquant ses verres.

Ah ! Le capitaine. On l’aimait bien. Y venait tous les soirs jouer au tarot avec les anciens. Il était bizarre, mais marrant. Tous les samedis, invariablement, à dix-neuf heures tapantes, y mettait une thune dans le juke-box et y commandait Highway to Hell de ACDC. Uniquement le samedi. Y disait comme ça que c’était la fête au baron. Il a jamais dit qui c’était ce baron.

Le baron Samedi.

C’est qui ça ?

Laissez tomber. C’est pas grave.

Le patron laissa tomber et repris :

Les mômes l’avaient surnommé le Capitaine Hard-rock. N’y voyez pas offense.

Pensez-vous. C’était sans doute à cause de cette barbe qu’il avait, répondit Damien, se souvenant de cette photo sur la cheminée. Dites-moi… La pièce…

Le patron posa son verre avant de l’user et se servit de cidre. Une ombre passa sur son visage de Pierrot rougeaud.

Ah ! La pièce. Comment dire… C’était son idée à lui. On raconte que du temps où y faisait du trafic entre Porto Rico et la Floride, il avait rencontré des drôles d’oiseaux.

Quel genre d’oiseaux ? Remettez-moi ça, s’il vous plait.

Du genre que j’aurais pas voulu rencontrer au coin d’un bois, si j’ai bien compris ce que racontait le capitaine quand il en avait un coup dans le nez.

Mais encore ?

Le patron se pencha vers Damien. Il en faisait des tonnes question regardez-moi comme je sais conspirer.

Du genre Vaudou, magie noire, des conneries comme ça, si y voit ce que je veux dire. Le capitaine, y disait qu’il avait rencontré une espèce de sorcière là-bas. Attendez ! Charlie ! C’est comment qu’elle s’appelait la poule du capitaine qu’y nous racontait tout le temps. Maora, c’est ça ? C’est ça.

Maora, murmura Damien comme pour lui-même. Tss ! Ça lui rappelait quelque chose, mais quoi.

Le patron attrapa la bouteille de Suze.

Allez ! C’est la tournée du patron. Les derniers temps, il avait contacté des entrepreneurs du coin, le capitaine. Y voulait faire arranger la maison qu’y disait.

Ouaip ! fit Damien avant de lamper cul sec son godet. Ben, faut croire qu’il en a trouvé un qu’à fait le boulot.

Le patron s’essuya la bouche d’un revers de main. Une lueur navrée s’abritait dans ses yeux de hibou.

Comme vous dites. C’est à partir de ce jour-là qu’il a plus été comme avant, le capitaine. Il est devenu tout gris, tout triste. Y parlait de cette Maora sans arrêt. Y maigrissait à vue d’œil. Y venait presque plus, jusqu’au jour où on s’est quand même demandé ce qui se passait.

Le dénommé Charlie, l’un des papis a casquette s’approcha pour régler son addition. Il considéra Damien comme s’il s’agissait d’un romanichel. Une sorte de lippe dédaigneuse déformait sa bouche. Il y glissa une cigarette sans l’allumer et dit :

On y est allé avec l’adjoint au maire. La porte était pas fermée. À l’intérieur, y avait plus personne. Mais y avait encore une assiette sur la table et un verre de vin à moitié plein. Y avait comme une odeur d’algues pourries, si vous voyez ce que je veux dire. On a fouillé partout, jusque dans cette chambre de cinglé.

Et il n’y avait personne.

Le vieux eut un petit rire flûté.

Ben si ! Mon gars. Y avait un chat.

Qu’est-ce qui foutait là-dedans le greffier ? intervint le patron en faisant un bruit incongru avec sa bouche. Ça ! On se demande vu que le capitaine, il a jamais eu de chat et que…

Que la porte de c’te pièce était bouclée, confirma le vieux avant de s’acheminait vers la sortie. Il s’arrêta, comme à regret avant de poser la main sur la poignée. Attendez un peu, dit-il en brandissant son index jauni de nicotine. Y a un détail qui me revient. Pour ce que ça vaut.

Allez-y toujours.

Parterre, y avait une paire de bottines, comme celles que portait votre oncle.

Là-dessus le bonhomme s’éclipsa sans plus de cérémonies.

Damien en avait assez entendu. Il reprit le chemin de la maison d’un pas cotonneux. Il faisait presque sombre quand il arriva. Sans allumer la lumière, il se rendit directement au centre de la maison.

C’était une pièce en forme de triangle équilatéral, éclairée par un puits de lumière. Des murs blancs et pour tout meuble, un simple tabouret placé au centre. Au mur, quelqu’un avait épinglé la photo d’une jeune métis. Maora ?

Damien arracha la photo. Au dos était griffonné une sorte d’incantation ; dans un dialecte inconnu. Il s’assit sur le tabouret, l’esprit vide, comme après une grande frayeur.

Au bout d’un laps de temps plus qu’incertain, Damien sortit de sa rêverie. Un rayon de lune tombait à travers le puits de lumière, éclairant la photo. Il sursauta. La photo de Marjorie ? Mais c’est quoi cette merde ? Mais non. La pénombre produit parfois des illusions insensées. Il ne s’agissait que de la jeune métis.

Sans trop savoir pourquoi, Damien se déchaussa et commença à lire l’incantation à haute voix.

Tout d’abord, rien ne se passa. Puis, il y eut un feulement et la bizarre sensation d’un chat qui se frotte contre les mollets de son maître.

Tu viens de prendre un billet pour le territoire de l’inquiétude, pensa Damien avant de s’anéantir dans…

 

17 mai 2014

Ne me parlez pas de ce triangle, je suis immortel ! (Joe Krapov)

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Chopin qui nous pondait nocturnes et préludes,
Don Quichotte et Sancho, leur dissimilitude,
Venise qui moisit dans sa décrépitude,
L’Olympia de Manet, océan de quiétude,
Et Claud’ François qui chante un peu comm’ d’habitude
D’étranges platitudes et va la trouver rude,
La not' bien ampoulée du vol en altitude :
En électricité ? Zéro ! Inaptitude !

Tout doit disparaître aux Bermudes !

De l’horloge parlante, havre d’exactitude
Aux marées d’équinoxe éprises d’amplitude,
Du fumeur opiomane enivré d’hébétude
Au voleur des cités émule de Latude,
De la néologiste en pleine bravitude
Jusqu’au coureur de fond pétri de solitude
Chacun doit le savoir : sous cette latitude
Rien ne subsiste et c’est la seule certitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Le procureur peut bien vanter sa rectitude,
L’avocat réclamer de la mansuétude,
L’accusé adopter la plus humble attitude,
Les jurés avouer leur grande incertitude :
Charlot Tanguy a-t-il occis Dame Gertrude ?
L’acquitté dira-t-il son peu de gratitude ?
Si le procès émeut un temps la multitude
On oubliera bientôt toutes ces turpitudes :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

MIC 2014 05 12 procureur


Je puis envisager avec béatitude

D’ouvrir un parapluie en guise d’interlude
Et de lire, abrité, de savantes études
Sur la philosophie et ses vicissitudes ;
La mer viendra troubler ma douce plénitude.
Marée ou Tsunami, c’est avec promptitude
Qu’elle s’en vient noyer mon peu de certitudes
Sur la façon d’atteindre enfin la zénitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Nature, peu encline à la sollicitude,
Et la fuite des ans, dans leur similitude,
Nous condamnent toujours à cette servitude
Qu’il faut, du lendemain, avoir quelque inquiétude
Mais j’ai, pour le déni, une énorme aptitude
Et ne me résous pas à cette ingratitude.
Que tout doive périr en mer près des Bermudes
C’est inexactitude et pour moi, je l’élude

En n’allant pas traîner sous cette longitude.

Pour m’envoyer en l’air je me la joue très prude :

Je n’ prends jamais l’avion
Et bannis le triangle, amoureux ou bien non,
De ma conversation !

17 mai 2014

Participation de Mauleskine

Il ne se passe rien, au Triangle des Bermudes. Et depuis fort longtemps.
Chacun sait cela, depuis fort longtemps.
Car depuis fort longtemps, les êtres vivants évitent le Triangle des Bermudes, pour des raisons bien connues, et les navires n'y passent pas. Et ceux qui y passent n'y repassent pas.
Il n'en a pas toujours été ainsi.
Aux temps des premiers temps du tout début du Monde, quand l'Homme n'était pas encore tout à fait l'Homme et que les animaux ressemblaient plus ou moins tous à des rhinocéros, le Triangle des Bermudes état un lieu.
Aujourd'hui, il n'est plus qu'un endroit, et encore, plutôt mal identifié.
Longtemps, le Triangle des Bermudes a été une sorte de centre du Monde, et c'était alors un monde à l'envers.
Au cours des premiers millénaires, le Triangle a aspiré tout ce qui passait à sa portée. C'était une solution idéale pour peupler cette zone rurale excessivement déserte. Quelque chose, ou quelqu'un en son cœur secret, rêvait de gloire et se voyait à la tête d'une civilisation cosmopolite, tolérante et dotée d'un fort potentiel d'innovation. Il fallut longtemps se contenter de micro-organismes, mais peu à peu et à force de patience, ils évoluèrent, et quelque chose fut possible.
Et c'est précisément sous la surface d'une mer en miroir, et dans sa géographie précise et symbolique, que la première et plus grande ville du Monde était bâtie à l'envers par des êtres que la nature avait programmés dans ce but.
Il ne savaient faire que cela, bâtir une ville de calcaire, et c'était assez aisé, la base se tenant juste sous la surface et le sommet des immeubles culminant dans les profondeurs, il n'y avait qu'à descendre.
La seule difficulté résidait dans la nécessité d'empêcher que la ville ne dérivât, à quoi l'on avait remédié avec force harnais, lacets, cordons et bretelles.
Pendant que les organismes devenaient plus ou moins des animaux, la Mère des Pères et des Mères (car c'était elle qui régnait sur la ville), s'occupait à pondre le Monde.
C'était un dur labeur, à la hauteur de ses ambitions. Mais elle n'était pas à l'abri d'une erreur.
L'Homme n'existait pas encore, et encore moins la femme, car en ce temps des premiers temps, la Mère tenait à demeurer unique.
Épuisée d'avoir pondu tout ce qui vit et ne vit pas, elle fit donc une erreur.
Elle pondit l'homme, et le dota d'un système reproductif, afin de s'éviter les souffrances d'une seconde pondaison.
Ils crûrent, et se multiplièrent. Hommes et femmes se différencièrent, et le pouvoir de pondre sa descendance fut donné à ces dernières.
Très vite, ces créatures refusèrent d'amarrer la ville et leurs logis.
Ils adoptèrent des perroquets et finirent immanquablement par inventer le bateau et le tromblon qui assurent un enrichissement rapide sur les palpitantes mers du sud.
Ils partirent donc les uns après les autres faire ce qu'ils avaient à faire de par le Monde encore vierge.
Tous ses enfants quittèrent la Mère des Pères et des Mères dans le sillage des hommes, non sans avoir auparavant tranché tous les cordons, et dans le but avoué de s'extirper de ces bas-fonds et de contempler enfin autre chose que l'ondulation perpétuelle des algues marines, qui vous ont de ces airs de noyée à vous crever le cœur.
Ainsi la ville sombra-t-elle dans les abysses, où elle gît encore inexplorée.
La Mère des Pères et des Mères décida d'y rester gésir aussi, et en conçut une immense colère, dont n'émergea que bien plus tard un grand chagrin.
Voilà pourquoi elle rappelle à elle ceux de ses descendants qui passent à sa portée.
Mais, pour l'instant, sous le Triangle des Bermudes, il ne se passe toujours rien.
17 mai 2014

Le triangle des Bermudes (bongopinot)

Je ne veux plus, que cette vie m'empoisonne
Je rentre dans mon linceul ma camisole
Et que nul ne me raisonne
Je vous rassure ... Je ne suis pas folle

Je ne veux plus de cette existence si rude
De tous ces maux toutes ces querelles
Et pars à la recherche du triangle des Bermudes
Celui, qui me donnera le repos... Éternel

Et que personne ne me juge
Ma décision vous devez l'accepter
Car je cherche seulement un refuge
Et rien ! Non rien ! Je ne veux regretter

Je pars, un retour est-il  possible ?
Je ne sais pas et déjà je suis comme aspirée
Ce triangle pour moi ne peut être nuisible
Mes Bermudes je viens vous rencontrer

Que se passera t-il donc à mon arrivée
Je me lance plonge c'est mon destin
Ce triangle des Bermudes je veux y demeurer
Vous saurez tout de lui... Si un jour ... je reviens
 
Je descends comme dans un trou noir
Je sombre, mon infini, je tombe
Mes yeux se ferment dans le soir
Oublie tout, étourdie, je vole et... succombe.

Triangle des Bermudes

17 mai 2014

Le triangle ! (KatyL)

Le triangle !   ka01


Eva aurait bien voulu que cet amour qu’elle ressentait pour Max depuis 7 années soit le dernier de sa vie terrestre, elle avait tant espéré, tant donné d’amour pour cet homme.

Leur histoire avait débuté par un coup de foudre merveilleux, d’amour intense et passionné comme elle n’en avait jamais connu, des fleurs sous ses pieds, du soleil dans les yeux !!

Il disait tant de mots d’amour, il embrassait si bien, il ouvrait ses bras et elle allait se réfugier dans le meilleur endroit de la terre.

Puis il cessa de l’aimer comme ça ! Comme s’il avait assez joué !

Elle en souffrit tant que dans sa tête il y avait une musique lancinante jouée sur un triangle !

ka02


Elle lui écrivit un mot d’adieu qu’elle plia en forme de triangle, lui dit ceci :

« Mon amour, mon Max chéri,
Je ne supporte plus de vivre si près de toi et en même temps si loin l’un de l’autre, je t’ai aimé plus que moi-même et je sais que c’est ça le véritable amour. Nous avions tout pour être heureux, et tu m’as lâché la main, tout me manque cruellement, tes bras surtout, tes regards d’homme.
J’ai espéré attendu et j’ai cru à tes promesses, mais là c’est fini, je pars, tu ne sauras pas où je vais c’est mieux ainsi.
Je t’embrasse une dernière fois.
Eva

Elle prit ses affaires et son passeport et elle partit sur une petite ile où ils avaient été en vacances ensemble du temps de leur amour, tout près du triangle des  Bermudes.

Le ciel était d’un rose merveilleux couleur d’infini ce soir-là, elle revêtit sa plus belle robe et marcha sur la plage déserte seule au monde.

Sur la plage

17 mai 2014

Au Diable le Triangle Du Diable (JAK)

 

ja01

 

Dans mon coin reculé, du fin fond de la France

J’avais bien  ouï parler d’un  triangle, en déshérence

Mais comme  pour d’autres il y a  les pollens pourris

Chez moi, les mots  triangle – calcul- se changent en allergie

De savoir que 1+2+3  cela fait au choix 123 ou bien  six,

Calcul, ou géométrie, j’hallucine, et m’en tape le coccyx

Je n’ai jamais su, ou voulu, trouver un sens à tout ceci

Et je l’avoue bonnement : je suis nulle en numérologie !

Tous les chiffres alignés me rappellent mon enfance,

J’y ai vécu, avec ma dyscalculie*, sans arrêt  dans les transes

Hélas, plus tard,  dans mes activités devenue acalculie*

Ce problème récurent  a franchement bien  bousillé ma vie.


L’angoisse de l’inconnu, de l’obscur rejoint vite celle,  pour moi irrationnelle,

des chiffres alignés, des comptes à régler, des bancaires, des bloqués.

A la rigueur les comptes d’apothicaires pourraient m’intéresser.

Et compte tenu de tout ce qui précède, en un mot je vous  le dit :

Dès que j’entends TRIANGLE ca me fiche des cauchemars, m’effraie autant que la vision des chiffres.
Et en bout de compte, je préfère, et de loin, les contes  de ma mère l'Oye.

Mais comme je ne voulais pas manquer un sam’défi, j’ai mis mon grain de sel pour noyer le poisson … dans l’océan du triangle des Bermudes.

*La dyscalculie est un trouble l’apprentissage du nombre et du calcul qui se caractérise par de grandes difficultés dans le domaine des mathématiques.

*L'acalculie est un trouble acquis caractérisé par la perte de la capacité soit à reconnaître ou former des chiffres et des symboles arithmétiques, soit à effectuer des calculs mathématiques élémentaires (tels que l'addition, la soustraction, la multiplication, etc.).

17 mai 2014

Participation de Venise


Dans le triangle des Bermudes,
Il y a deux cabines téléphoniques publiques suspendues  à un fil
Qui répètent  inlassablement :
Dans l’éternité le temps n’existe pas.
Tu ressens à chaque fois une griffure de chat en bas des reins quand les cabines sonnent.
Le ciel devient alors aussi chauve qu’une lotion capillaire
Et tu peux entre voir SATAN lui-même déshabillant sa jeune épouse.
Il n’en finit pas de faire l’éloge de cette petite marre portative.
SEIGNEUR DIEU DOUX JÉSUS
Ma conscience s’efface !!!!! 

ve01

17 mai 2014

Participation de Nhand

Nh01

17 mai 2014

Géométrie (Célestine)

Quand on en aura assez d’être trop ronds dans un monde carré, de devoir toujours arrondir les angles et de suivre une ligne droite

Quand on en aura marre des cerveaux obtus des regards de côté des cris aigus et du carré de l’hypoténuse et de la somme de tous les autres côtés

On prendra la médiane

On prendra la tangente la diagonale du fou

On fera bouger les lignes surtout celle de l’horizon

On  ira s’asseoir sur le sable brûlant là où personne, jamais plus,  ne pourra nous retrouver.

Les rayons obliques du soleil couchant caresseront mes courbes sinusoïdales

Je contemplerai ta géométrie en volume j’aimerai ton losange de Michaélis sous le ciel convexe du triangle des Bermudes

Tu sais j’ai le compas dans l’œil et je t’ai dans la peau

La circonférence de la terre

Diamètre fois pi

Sera juste assez grande pour contenir notre amour

Cé01

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