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Le défi du samedi
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8 juin 2013

Trahie (Célestine)

Cé

 

"Dans le salon de Madame des Ricochets

Les miroirs sont en grains de rosée pressés

La console est faite d'un bras de lierre

Et le tapis meurt comme les vagues.

 

Ses mains de  roses fanées

Tremblent devant ces beaux miroirs

Et une larme de vieil organdi

Dévale ses joues de papier froissée

 

Monsieur des Ricochets serait parti

Pour une jeune estaminette

Au nom soyeux de Rodogune

Le ciel s’est déchiré soudain

 

Ah! madame au salon se meurt

Des habitudes de septembre

Quand les tapis aux fenêtres tombent

Comme des étendards flétris

 

Et dans le miroir son visage

Où les larmes ont creusé des lacs

Et des sillages de blé noir

La console a un goût de cendre

 

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1 juin 2013

Défi #249

A la manière d'André Breton dans son poème "MONDE"

continuez à votre façon ses quatre premiers vers :

 

"Dans le salon de Madame des Ricochets

Les miroirs sont en grains de rosée pressés

La console est faite d'un bras de lierre

Et le tapis meurt comme les vagues.

.................................................."

A vos plumes ....

A tout bientôt !

à samedidefi@hotmail.fr

1 juin 2013

Nous mènent en bateau

1 juin 2013

Ramer pour ne rien dire (PHIL)

Sur la page d’accueil de l’intranet, trois photos superposées du grand manitou de la boite. L’œil perçant et la mèche vindicative. Quand je dis superposées, ça ne signifie pas les unes sur les autres en un mélange atroce, mais les unes au dessus des autres. Ce qui est une erreur de casting manifeste, car on remarque aisément qu’il s’agit trois fois de la même photo. Je préfère cliquer à droite à gauche. Tiens, les défis du samedi. Pourquoi pas ? Voyons voir la consigne. Une promenade en barque. Ça ne m’inspire guère. Et je ne vais quand même pas vous faire le coup d’envoyer un extrait de mon roman. J’ai pourtant ça en magasin, une histoire de barque, avec même une boîte de raviolis tombant  mollement par inadvertance (encore heureux) dans l’onde trouble d’un canal, semant le rififi parmi la lentille d’eau. Et puis on est vendredi, en fin de matinée. C’est un peu court, comme délai, pour pondre du neuf et du bien léché. D’autant plus court que je serai en congé dans un peu plus d’une heure. Je me la coulerai douce, mais ne disposerai alors plus de l’assistance désintéressée de mon écran et de mon clavier. Je devrai me contenter de ruminer des trucs et de les régurgiter lundi matin, mais alors il sera trop tard. Et zut… Je sens poindre la déception en vous. Vous croyez que je vous mène en bateau, hein. Pas du tout. Ne m’en voulez pas. En fait, depuis le temps que je n’ai rien écrit ici, un an et demi au moins, je rame lamentablement à la recherche d’une idée lumineuse.

1 juin 2013

Ramer ? (Sandrine)

-Vous plaisantez j'espère, très cher, car j'ai suffisamment ramé dans
la vie pour mériter un canot à moteur ou mieux encore un bateau à voiles
avec vent en poupe et tout et tout ! Ramer ? Mais vous n'y pensez
décidément pas !
Oh, et puis non, pas de bateau, même à voile ou à vapeur ! Je préfère
encore rester à quai. Le courant ne va pas dans le bon sens, c'est une
évidence, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, non ! Non ! Non !
Aller à contre-courant ? Mais, très cher, vous n'y pensez guère ! Regardez ces
bras, si fins et délicats, vous imaginez qu'il y aurait là la place pour
pareil exploit ?
Filez-moi plutôt de solides chaussures : marcher dans les broussailles
par ce petit chemin de randonnée, ça oui, je veux bien. Avec un peu de
chance, je trouverai une mule en chemin.
Je n'ai jamais compris ce goût de l'eau chez les gens, alors que la
terre ferme à tant d'avantages ! On peut trébucher, se ramasser la
trombine par terre, se tordre le pied dans une ornière, se faire mordre
par une vipère, croiser une mygale sur la route du Népal ou se faire
amputer des amygdales en pleine brousse, un lion aux trousses, personne à
la rescousse, mais se noyer, JA-MAIS !

Euh, finalement, Henri-Charles-Hubert, je vais rester à quai, à
bouquiner. Si tant d'auteurs se sont fatigués à écrire des bouquins,
c'est bien pour nous permettre de marcher sur les chemins de la vie par
procuration, n'est-ce pas ?

Henri-Charles-Hubert tendit un livre à Berthe-Françoise, si absorbée
par son aventure qu'elle ne vit pas la noyade, c'était toujours ça de
moins à trainer, d'autant qu'elle s'était fait enlever par un marin d'eau
douce qui avait attrapé le mal de mer depuis que sa belle-mère avait
appris la navigation.

Le destin, c'est quand même quelque chose !

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1 juin 2013

VU SUR FACEBARQUE (joye)

facebarque

1 juin 2013

Le Nautilus (Vegas sur sarthe)

Elle faisait aviron cinq mètres, tout au plus cinq mètres cinquante et s'appelait - on ne sait pourquoi - Le Nautilus, en tout cas il nous fallu écoper vingt minutes avant d'y poser les pieds au sec.
Oncle Hubert avait insisté pour louer celle-ci car - disait-il - il la sentait bien.
Moi je trouvais surtout qu'elle sentait le moisi avec ses bancs tout déniapés et que ça viaunait le poisson pourri à en choper le virot!
Comme on se chamaillait pour savoir qui prendrait les rames, l'oncle expliqua qu'elles possèdent un côté qui plonge dans l'eau et un côté qui donne des ampoules... et nous montra comment prendre l'instrument par le bon bout c'est à dire par celui qui donne des ampoules.
Il ajouta que quand la rame ne repose pas sur la barque - dans cet objet qu'on nomme joliment la dame de nage - on appelle ça une pagaye et c'en fut une belle tellement on s'était mis à ramer comme des manches.
L'oncle Hubert nous ayant traités de berlodiaux et autres qualificatifs locaux en prit un (manche) dans chaque pogne et sur sa tête la lourde responsabilité de notre mener à bon port avant la nuit.
Dire qu'on appelle ça 'ramer en couple' relève de la plus pure invention puisqu'Anastazia (*) avait eu la prudence de rester à la maison.
“Regardez bien” dit-il en s'asseyant dos à la pointe “voilà ce que c'est que ramer à la ponantaise” et on comprit bien vite qu'on ne serait pas assez de quatre pour le guider dans la bonne direction.
Notre but était le grand barrage de granit au bout du lac des Cheutons (les étrangers disent Les Settons) où on espérait apercevoir quelques belles gueules de brochet.
S'il avait fait sa préparation militaire marine à Marseille sans jamais quitter la cantine des sous-officiers, oncle Hubert en avait gardé parait-il une solide expérience et comptait bien nous la faire partager.
Très inquiet du roulis qui s'amplifiait à chaque coup de rames, Petit Pierre ne fut pas plus rassuré quad oncle Hubert eut rétorqué "qu'une mer calme n'a jamais fait un bon marin".

 

Pour l'heure un rayon de soleil entre deux gros nuages noirs éclairait sa face rubiconde, éclatant témoignage de son effort et il se fendit d'un “O Sole Mio... Che bella cosa e' na jurnata 'e sole” assez déplacé et copieusement farci de canards!
Ses vocalises furent subitement interrompues par une grosse rabasse tombée d'un nuage d'encre et qui nous laissa tripés et gaugés jusqu'aux os en moins deux minutes.
On dut se résoudre à écoper à nouveau tant l'eau montait, et consoler Petit Pierre qui chouinait de plus belle.
Paradoxalement si on était trempés, on n'y voyait goutte et l'oncle jugea plus prudent d'abandonner sa nage à la ponantaise pour godiller, tourné vers l'avant.
Je reste persuadé qu'il avait surtout les fesses talées et grand besoin de se décramper les jambes.
Pour le novice que j'étais, je dirai que la godille - telle que oncle Hubert la pratiquait à cet instant - est une sorte de danse entre le twist et le mashed potatoes censée faire avancer l'embarcation et qui eut pour seul effet de nous faire perdre notre dernière rame.
Sur le barrage un forcené nous faisait des grands signes et finit par nous lancer un grappin qu'oncle Hubert manqua de peu de prendre dans les dents!
C'était le père Némot, le loueur de barques venu à notre rescousse et sans qui je ne pourrais relater cette aventure aujourd'hui.
Notre commandant Hubert avait baissé les couleurs dans la plus pure tradition de la marine - livide et claquant des dents - remis Le Nautilus à son propriétaire et pris congé à grandes enjambées en nous poussant devant lui.
On ne court jamais très vite dans des pantalons trempés mais à l'idée de nous requinquer autour du bortsch fumant qu'aurait mitonné Anastazia, on regagna la maison aux premières étoiles.
Ce que j'aime plus que tout chez la femme slave - je ne connus jamais que celle-là - c'est sa propension à ne jamais poser de questions... et ce fut bien ainsi.
(*) Anastazia: Voir le Défi#209
1 juin 2013

Au fil de l’eau (EVP)

Quand elle en avait marre des cris, du tintamarre,
Elle courrait au fond du jardin, au bord du Clain.
Elle montait dans la barque et détachait l’amarre,
En quelques coups de rame, elle retrouvait son coin.

Elle se glissait sous la chevelure des arbres,
Laissait pendre sa main dans les frissons de l’eau.
Le froid grenait sa peau, chassant sa peine marâtre,
L’onde berçait le chagrin, desserrant son étau.

Juste avant le soir, quand la brume se fait rose,
Encotonnant les rives, adoucissant les choses.
Elle rentrait, laissant sa colère au ruisseau.

Retrouvait sa famille avec la haine enclose,
Les disputes, les plaintes, la jalousie qui pose,
L’eau juste et douce avait allégé son fardeau.

1 juin 2013

deux pour le prix d’une‏ (Cavalier)

la barqueÉdouard Manet

Impression

Canotier, ainsi flottant et naviguant, il peindra sur l’abyme. Et mille nénuphars se déploieront sur son esprit :

« … Peintre parmi l’impression, le bleu, l’or et le blanc ; la tache dans la matière ; rêveur en Marne ou Seine - mises en scène -, se voilant et ne touchant point la berge du savoir, mais colorant de verdure, huilant aux auvents jaunes vifs, et endimanchant à la hauteur du rêve une barque immense…

Au tableau du midi s’étalant, endormi, reposant aux matures le voilier des sillages. Alors, sans doute, les barques immobiles, traçant sous le soleil à la lumière des diaphanes, embrumant des visions précises sous le repos de l’astre…

Au Dimanche déramant, déclamant aux avirons des guinguettes sa passion aux dentelles des femmes, dans l’ombre des voilettes… »

 

 

sirène

Ballade pour une Sirène

Un jour pêchant dedans ma barque,
Tout occupé à mes filets,
Je me sentais le fier monarque
Des beaux poissons de la saulaie,
Elle émergea de son palais,
J’aime sa bouche veloutée,
Elle est comme du petit lait,
Je le sais car je l’ai goûtée...

Depuis ce temps elle me parque
Tout doucement dans ses galets,
Je me sens bien, je suis l’exarque
De tous ses thyms, ses serpolets,
De ses jolis cystes violets,
Et sous son cou, sa voie lactée
Qui est si douce à mon palais,
Je le sais car je l’ai goûtée...

Ses flèches quand elle les arque,
Fendant le vent, tendres sifflets,
Autour de moi posent leur marque,
Contre ma peau, doux chapelets.
Mes mots d’amour, mes bracelets,
Tournent vers elle en al dente,
Et prennent sa main sans délai,
Je le sais car je l’ai goûtée...

Sirène, tu es l’angelet
Peignant mon cœur pianoforte,
Avec ta grâce en chevalet,
Je le sais car je t’ai goûtée...

Cavalier

 

1 juin 2013

La barque (Peggy Bee)

Vois-tu cette barque ?

Hé bien, Nous irons tous dans la même !

Oui, tous ensemble avec nos  problèmes !

Car nous serons logés au même barème.

Et, je ne pense pas qu’il faille penser qu’à soi même.

Pourquoi deviens- tu blême ?

Non, il n’y aura pas de stratagèmes.

Et c’est inutile de me passer de la crème,

Et encore moins de faire ton bohème,

Parce que tu ne pourras pas défier le système.

 

Vois-tu cette barque ?

Elle est notre emblème,

Car agir seul serait un  blasphème

Et n’oublie jamais cet adage  : Qui sème le vent récolte la tempête !

 

1 juin 2013

Quand on s'promène au fil de l'eau (Joe Krapov)

1
Du lundi jusqu´au sam´di,
Pour gagner des radis,
Quand on a fait sans entrain
Son p´tit truc quotidien,

Subi le propriétaire,
L´percepteur, la boulangère,
Et trimballé sa vie d´chien,

Le dimanch´ au parc
On monte dans une barque
Alors brusquement
Tout paraît charmant!...


Refrain 1
Quand on s´promène au fil de l´eau,
Comm´ tout est beau... Quel renouveau...
On oublie Titi et Madame Yonyon,
On a le cœur plein de chansons.

L´odeur des fleurs nous met tout à l´envers
Et le bonheur nous saoule pour pas cher.

Chagrins et peines de la semaine,
Tout est noyé dans le bleu, dans le vert...

Un seul dimanche au fil de l´eau,
Aux trémolos des p´tits oiseaux,
Suffit pour que tous les jours semblent beaux
Quand on s´promène au fil de l´eau.

2
From Monday to Saturday
Just to win some radis
When we worked without pleasure
Our quotidian labour

Fuck off the propriétaire,
Perceptor and boulangère,
Drinking like a dromadaire

And Sunday quickly
We go to Nogent
And then suddenly
Everything’s charmant


Refrain 2
When we walk on the river side
Always we ride nothing to hide
Paris so far seems to be a prison
I wanna dance with Jane Manson

Smell of flowers put us in disorder
And happiness junk us more than cheapen

Blood, sweat and pain of the semaine,
All is noyed in the blue in the green...

Just one Sunday on the river floor
With tremolos from p’tits oiseaux
It’s just enough to forget tomorrow
When we walk on the river floor.

 P.S. C'est vrai : la plus grande partie de ce texte est dûe à la plume de MM. Julien Duvivier et Louis Poterat.
La musique est signée Maurice Yvain et Jean Sautreuil. Et les paroles en anglais sont de M. Dom Bourgeoizov qui me sert aussi à l'occasion de beau-frère. Mais je vous assure que l'interprétation ci-dessous et les photos sont de moi-même ! Bonne promenade !

 

1 juin 2013

Panne (Célestine)

La barque était bien cachée dans un repli de la rive, entre deux rangées de roseaux fumants. Le petit matin luisait de bave d’escargots qui avaient tracé leur chemin pendant la nuit sur les écorces des hêtres et entre les branches, on voyait briller aux rayons obliques du soleil  les fils d’argent des épeires diadèmes. Olga s’était sauvée dès potron-minet, le cœur battant la chamade. Morand l’attendait près du bosquet où ils s’étaient donné rendez-vous. C’était un jour clair de juin, cela sentait l’Aventure. Ils grimpèrent sans rien dire dans l’embarcation, elle avait une robe blanche. (Lui un knickerbocker à carreaux) Elle le trouva sauvagement beau dans l’éclair de ses yeux pâles.

Ils longèrent l’île Verte aux sons stridents des martinets qui rasaient l’eau de leurs plumes noires. L’air devenait brûlant, et laissant traîner sa main langoureusement au fil de l’eau et de sa rêverie, Olga observait les yeux mi-clos avec un sourire aguicheur les muscles puissants de son amant bouger sous sa peau bronzée, au rythme des coups de rame vigoureux qui les propulsaient vers l’inconnu. C’était si troublant qu’elle laissa glisser la bretelle de sa robe et que soudain les yeux fermés, elle tressaillit en sentant le baiser chaud de …

Crrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

Oh ! Bon sang d’télé ! C’est toujours pareil ! qui est-ce qui m’a fichu un truc pareil, j’vous d’mande un peu !Au moment l’plus intéressant ! j’en ai maaaarrre !!!!

-c’est quoi ce raffût ?

-oh, ça m’âme Michu,  c’est la concierge,! chaque fois qu’è r’garde sa série à l’eau d’rose, vla-t-y pas qu’sa télé s’coupe !

-Ah ben voui ! Pis elle a pas l’internet pour r’garder comme qui dirait en « ripleille »

-Pensez-vous !ça risque pas !  è r’fuse le progrès ! même que sa tv est encore en noir et blanc…

-Bon ben j’vous laisse, M’âme Michu, j’m’en vais chatter sur Emessène…

-Moi j’ai mon emule qu’a buggé, j’vais voir quoi faire !

-A la r’voyure ! Purée, not’ pauv’ bignole et ses histoires d’amour à la noix, elle sait pô c’qu’elle perd !

-Pour sûr !

1 juin 2013

marais pas jean‏ (titisoorts)

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Le mot barque, c'est en lisant le défi du samedi que j'ai eu comme un retour en arrière, comme une gêne. Alors j'ai voulu en savoir plus. Je ressentais à ce mot, comme un calme, une phrase qui me disait " calmos on n'a tout notre temps, prends une barque, allonge toi dessus et laisse toi flotter au grès du courant, laisse toi bercer par le tangage, laisse toi aller, laisses toi." Je me revois, rame en main en bout de barque, devant moi, ma dulcinée, nous voguions vers nous, notre navire fendais les lentilles tandis que les branches d'un saule s'inclinaient et balayaient la conche éblouie par le coucher de soleil. Les conches, les rigoles, l'aeve, les mojhètes, si le vent buffe si vous attrapez accident, c'est que vous n' êtes non loin de l'endroit ou je suis né. Le patois du mairais poitevin. Des mots que j'avais oublié, enfouis sous des couches de moment, vie trépidante et parfois chiante, pour s'extraire ici, et maintenant, au bout de mon stylo. "vas cri de l'aeve" vas chercher de l'eau, des phrases qui me reviennent, des images qui me font arriver l'eau à la bouche. Des plats et des plats d'escargots à la persillade préparé par ma mère, des plats d'anguilles et je faisais honneur. Les anguilles que nous pêchions mon père et moi, des moments ou concentrer, moi, le gamin, les yeux fixés sur mon bouchon qui dansait, sautait grace aux taquineries des gardons et des brèmes.Les mojettes du marais, le préfou, une baguette passée au four avec à l'intérieur du beurre aillé, à l'apéro, un délice. Goûts, souvenirs, amour, enfance, espoir, vie, comprendre, apprendre, liberté, envol, armée, tout se mélange. A dix huit ans, j'ai pris mon paquetage et j'ai quitté tout cela, j'ai suivi les courants qui m'ont amené là sur le bout de mon stylo. Après bien des morts, de vie, d'amours, d'évolution, de révolutions, de compréhensions, de connaissances de reconnaissances,  J'ai comme quitté le navire de mon enfance pour conduire ma propre barque. J'ai une imag, au moment ou j'écris ses mots, moi, sur la terrasse à Coulon au milieu du marais attablé et heureux. J'ai aussi une série que j'avais oublié une série qui s'est filmé chez moi, qui s'appelait" graine d'ortie". Je me souviens que je m'identifiais à ce petit garçon, on se ressemblait et j'aimais ses jeux espiègles, sa liberté. Il se faisait la malle du cathé et disait tout en courant dans les prés" c'est mieux de courir dans le marais après les vaches que le cathé, c'est plus marrant non ?" Tu parles, nous gamins, des paroles insidieuses qui sans bruit s'installaient en moi, et qui ont nourri mon existence. Les balades en barque avec les copains à taquiner les touristes en leurs demandant la route à prendre, dans une rigole unidirectionnelle, le plan à l'envers. Je me souviens aussi, pour épater, nous remuions le fond des conches avec la rame, le méthane remontait à la surface, nous enflammions le dessus de l'eau grâce à un briquet, nous étions les magiciens du marais. Je me souviens et je deviens mélancolique, les souvenirs passent dans ma tête, les images défilent, avant de m'endormir j'en volerais quelques unes pour mieux les détailler et mieux les ressentir émotionnellement.C'est peut être un peu bateau mais c'est ma barque.

 

1 juin 2013

La traversée (Stella No.)

Cher journal,

 

Cela fait maintenant 5 jours et 6 nuits que nous avons quitté La Havane pour la Floride. Les passeurs nous avaient dit que la traversée ne serait pas longue et que les conditions étaient optimales. Mais nous avons essuyé deux tempêtes. Nous avons dû jeter de nombreux corps à la mer dont de très jeunes enfants. Après la panique, les gens semblent à présent sidérés. Je vois les visages qui se creusent et la couleur qui s’efface de nos peaux bronzées. Rien à voir avec le soleil, c’est la peur qui nous blanchit. Les passeurs nous ont demandé de l’argent. Beaucoup d’argent. Et nous n’avons ni nourriture ni eau. Un nourrisson a succombé après que sa mère n’ait plus eu de lait à lui donner. Ce fut atroce. J’entendrai toujours ses hurlements et je me souviendrai longtemps du silence qui a précédé son saut dans l’eau glacée. Son enfant et elle ont disparu très vite. Chacun s’observe, s’attendant à ce qu’un autre saute volontairement de l’embarcation. Il faut dire que nous sommes très nombreux. Trop pour une telle barque. Lorsque la première tempête a enlevé une dizaine de personnes, nous avons pu avoir suffisamment d’espace pour respirer. Lorsque la seconde a emporté la moitié des hommes restants, nous avons pu allonger nos jambes et nous dégourdir les membres. Le froid nous pénètre de partout. Nos vêtements sont humides et sentent le moisi. Je sens que des crevasses se forment sur mes pieds et mes mains. Je ne veux pas regarder, je ne veux pas connaître les dégâts. J’ai entendu les passeurs dire qu’une autre tempête allait nous frapper, plus violente encore. Ils hésitent à nous laisser là et à repartir. Nous ne sommes que du bétail à charrier. La peur d’être pris par la police en devient secondaire. Il faut déjà survivre à une troisième tempête, à la faim, à la soif. Que je puisse encore écrire dans mon cahier protégé par un vieux plastique tient du miracle. Et puis de toute façon, il est hors de question de retourner à La Havane. Je n’ai pas sacrifié tout ce que j’avais pour repartir là-bas. Si la police arrivait, il me resterait toujours le seul trésor que j’ai emporté avec moi : le coutelas de mi abuela. Que Dios me perdone !

248

 

1 juin 2013

Participation de Venise

L’arbre est le frère de la rivière.

Ou son bon voisin, le grand se penche sur le fleuve et lui fournit l’ombre qui lui manque.

Dés fois l’arbre se penche vers la berge et lui envoie un oiseau pour lui tenir compagnie

Aucune rivière ne met la main sur l’arbre, aucune rivière ne refuse la barque d’écorce

Je ne pense à rien comme si j’étais un midi insouciant.

Je rame avec l’impatience de l’abeille, je rame et me dispense de savoir où me conduit le courant.

Je regarde vers le haut les yeux à demi- clos, je vois un soleil au zénith et un figuier long comme un minaret qui ne tient compagnie à personne.

La barque coule légèrement comme si elle était l’invitée de la rivière avec une joie orpheline

D’une enfant qui cherche les clefs de sa maison.

Je suis le seigneur de cette rivière, dans l’argenté de son vert ascétique j’ai trouvé ma couronne d’épine et de jasmin.

Chaque rivière a sa colline comme l’alphabet ses lettres, chaque rivière sa langueur

Ici l’éternité salue mon passage, et comme une femme qui se dévêt lentement dans l’imaginaire de l’amant je suis la feuille de l’arbre, le vent dans les vieux tilleuls, la truite dans

la l’aune.

Ici au cœur de cette éternité familière et insouciante je devine la langue des nuages.

 

Louée soit la légèreté louée soit elle !!!

 

Ve1

1 juin 2013

Barque légère, pas de flots bleus (Anémone)

Ils sont partis sur la barque légère....
(Légende des Flots bleus)


Ceux qui ont fui la guerre
Ceux qu'on y a envoyés
Ceux qui ont fui la pauvreté
Refusant la misère.
Ceux qui sont partis désarmés
Pour la mort ou la vie
Les enfants démunis
Jetés sans égards
Au tréfonds de la terre
Au creux des tempêtes
Ceux qu'on lance dans l'existence
Sans qu'ils y soient préparés

Ils sont partis sur la barque légère...
Sont-ils arrivés?

 

An
Boat People S China Sea
Jim Williams

1 juin 2013

La barque et les amoureux (KatyL)

k1

 

Il avait tout préparé, les fleurs en bouquet, les petits coussins, le pique-nique pour le déjeuner du midi, il était  venu me chercher en barque, une barque faite par lui et son père.

J’habitais sur le lac de l’autre côté de chez lui,

J’étais de « l’autre rive ».

Je peignais le dimanche lorsque le soleil était au rendez-vous sur les bords du lac, et c’est là qu’il m’avait vue, mes cheveux blonds attachés à la sauvageonne en chignon, ma longue robe romantique en tissu de percale parsemé de  roses, mes ballerines assorties, et mon tablier pour protéger ma tenue des taches de peinture.

J’étais bien, le soleil pas trop fort, l’eau tranquille et frémissante les oiseaux de passage qui égayaient l’après-midi .Mon tableau était déjà bien avancé lorsque j’avais senti dans mon dos une présence, je m’étais retournée en souriant et je l’avais vu, LUI ! Mon cœur avait chaviré, il était en maillot genre « marcel », les épaules dégagées, de superbes épaules ! J’adore les épaules robustes, on se sent de suite protégée d’emblée on a envie de se réfugier dedans…je m’étais sentie rougir, et je bégayai bêtement :

- « Bonjour, ma peinture vous plait-elle ? »

-« Bien-sûr elle me  plait beaucoup, je suis émerveillé par ce que vous faites, ce n’est pas la première fois que je vous regarde peindre, mais aujourd‘hui avec cette lumière dans vos cheveux, j’ai eu envie de voir au plus près, je ne vous dérange pas j’espère ? »

Et il passa le reste de l’après-midi à me regarder peindre sans oser m’interrompre.

 Au moment de plier ma table et mon chevalet, je m’aperçus qu’il avait déposé un bouquet de fleurs sur la boite de peinture et je ne l’avais pas vu les cueillir, je le remerciai du fond du cœur, il m’accompagna jusque notre demeure où je vivais encore avec mes parents, tout le long du trajet il me parla de lui, me posa mille questions sur moi, il souhaitait me revoir.

Nous nous revîmes chaque dimanche de cet été, il me fit ardemment la cour, je le fis un peu attendre malgré mon envie d’être serrée dans ses bras jusqu’au dernier dimanche d’août,  où cette fois je le laissai m’embrasser…..

Il vint demander à mes parents la permission de m’emmener pique-niquer en prétendant être le meilleur rameur du lac, que je serais tranquille et qu’il préparerait tout ! Mes parents ravis donnèrent leur accord car Germain leur plaisait beaucoup, son sérieux était connu de tous, sa gentillesse, son beau sourire, son regard franc,  et pour moi sa beauté intérieure (et ses épaules de rameur)../….

1 juin 2013

Participation de Prudence Petitpas

pru1Tu m’embarques dans ta barque depuis plusieurs années, mais il semblerait que le voyage se termine. Faut-il encore ramer quand la berge est à côté ? Faut-il encore essayer de s’évaporer dans la brume quand le temps est clair et le ciel dégagé ? Envie simplement d’accoster, envie tout simplement de changer l’allure de la promenade, de passer à l’allure portante et de me laisser vivre avec ce que le quotidien me donne. Tu m’as embarqué et j’ai tant aimé naviguer à tes côtés, j’ai tant aimé tenir la barre de nos amours et naviguer à vue par tous les temps. Nous avons traversé des tempêtes, dérivé sur des plages de sables mouvants en s’aidant mutuellement, en laissant nos âmes fusionnées et s’enhardir pour sortir de ces moments de déserts arides qui jalonnaient notre vie. La promenade est finie, je descends de l’embarcation pour remonter sur le ponton. La plate-forme tangue encore un peu, mais je garde l’équilibre. Tu cries, tu chantes à tue tête pour me ramener en arrière, pour m’accrocher encore un peu au voyage hors de la terre. Tu hurles, tu tempêtes, ta raison est à l’envers, tu veux encore un tour dans cette barque où nous étions si bien, où nous avons sans fin refait le tour du monde, rêver une autre vie, danser une autre ronde. Mais je remonte sur le plancher, je prends le virage sur un terrain ferme, attentive, à l’écoute de ce que me propose cette nouvelle vie. Mes larmes se volatilisent dans la nuit, mon chagrin se dissout doucement. Je m’enfuis de ta vie… La promenade s’arrête ici…

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