Sur les deux écrans géants se jouait une scène digne du meilleur mélo :
« Ca fait des semaines qu’on fait semblant, Stella. Il est temps de mettre un terme à cette mascarade.
Nous deux, c’est fini depuis longtemps, il faut qu’on mette les choses au clair. Que toi et moi, on sache où nous en sommes… »
L’alarme retentit alors, faisant sursauter les spectateurs.
- Aller, les gars c’est le moment ! Hop hop hop, on s’active !, hurla le chef d’équipe.
Comme un ballet très souvent répété, chacun courut vers son poste.
- Equipe 1, titiller moi la glande, faut qu’on ait suffisamment de jus !
Equipe 2, balancer le chlorure de sodium. Et cette fois, n’en mettez pas trop car la dernière fois, elle a eu les yeux irrités plusieurs heures.
Equipe 3, on a encore des protéines à refourguer ? Non ? Merde, ça ne va pas les gars !!! Bon des enzymes alors ? Ok, c’est bien les enzymes, mais je veux des protéines la prochaine fois !
Le chef d’équipe s’interrompit, le temps d’assister à la mise en place du mécanisme. Levant les yeux, il constata qu’une brume liquide avait envahi les écrans et que la scène n’en était que difficilement visible.
- Bon ok, c’est parti. On balance la sauce une minute et on avise.
« Je comprends, Chéri, je t’assure, mais je ne peux pas m’empêcher de pleurer. Ce qu’on a vécu toi et moi, ça disparait pas comme ça… ».
- On reprend les gars, ouvrez les vannes !, beugla de nouveau le chef.
« Stella, moi aussi ça m’attriste mais il faut se rendre à l’évidence. On s’adore tous les deux, mais on ne s’aime pas vraiment. Je ne t’apprends rien, tu le sais. »
- C’est bon, ça se calme. Et dites aux autres d’y aller mollo sur les joues rouges.
Bon sang ! Trop de chlorure de sodium, Bob, fais gaffe !
« T’as raison… ça va être difficile mais je sais que tu as raison ».
- Ouf, cette fois, j’ai bien l’impression qu’on va être d’astreinte moins longtemps les gars !
Equipe 4, surtout faites-moi bien le ménage après. Il restait trop de saleté la dernière fois. On a un contrôle qualité bientôt, je ne veux plus aucune trace de médoc !
Observant les écrans, il reprit :
- Allez, on en remet un coup et ça devrait être bon.
Le chef d’équipe osa enfin relâcher la pression. Tout s’était déroulé sans trop de problème cette fois.
Quel métier éprouvant que celui de faiseur de larmes, quand même !
***********
