de l’évolution de mon espèce (courte allocution de Sir Pillow) (Fairywen)
De l’évolution de mon espèce
(courte allocution de Sir Pillow[1])
J’existe depuis longtemps. Très longtemps, même. J’ai d’abord été fait de feuilles, de mousse, de fougères, de fourrure ou de tout autre matériau naturel. Puis, comme tout un chacun, j’ai évolué. En Egypte Antique, par exemple, j’étais fait d’un morceau de bois qui maintenait la nuque. J’ai été sac rempli de paille. Mais je suis aussi devenu coussin moelleux, fait de douces plumes.
On me trempe de larmes, on me fait des confidences qui font trembler des empires et précipitent leur chute –enfin, pas à moi exactement, mais c’est tout comme…-, on me serre contre soi quand on est triste. Je sers aussi à de joyeuses batailles qui s’achèvent parfois dans de grandes envolées de plumes et sont toujours le prétexte de fous rires mémorables.
Mais surtout, je suis le complice de vos nuits, celui sur lequel le soir vous posez vos têtes fatiguées avant de fermer les yeux et de partir au pays des rêves…
Défi #326
Un OBJET
(à votre choix)
raconte sa vie à la première personne !
(Votre choix vous appartient bien sûr !
Ne pas se "bloquer" sur une de ces illustrations !)
Bon recherche à vous !
A tout bientôt à :
Se sont mis à la tâche
![]()

EnlumériA ; Venise ; Vegas sur sarthe ; Fairywen ;
Lorraine ; Emma ; Flo ; petitmoulin ; Joe Krapov ;
KatyL ; Walrus ; JAK ; MAP ; bongopinot ; joye ;
Participation d'Emma
Ne croyez pas que les larmes sèchent…
Ce sont de petits carnets que j'ai trouvés dans ses affaires :
L'un en cuir découpé et relié à la main comporte des photos dentelées dont les coins sont insérés dans des fentes, toutes tamponnées au verso.

L'autre est couvert d'une écriture minuscule au crayon de bois. Sa page de garde est en langue étrangère.

C'est un journal, qui commence le vendredi 10 mai 1940 par ces mots "alerte 3" et se termine le 20 avril 1945 par ceux-ci :
Au milieu il y a des notes journalières, des dessins naïfs, et un décompte de jours : 1785 en tout !

Il ne me l'avait jamais montré de son vivant, je n'en connaissais que des bribes saisies lors de conversations avec ses amis de l'époque.
J'en ai fait un livre.
C'est tout ce que je pouvais faire, puisqu'il était trop tard pour qu'il me raconte.
Ce livre est rangé dans une valise de larmes, avec les autres, ceux des lettres de Verdun et du chemin des Dames, des citations et des avis des préfectures aux jeunes veuves.

Participation de Venise
J’ai retrouvé mon carnet bleu, soigneusement rangé dans ma chambre d’enfant.
Avant son décès ma mère avait aligné sur la petite table le carnet vert, le carnet rouge et le bleu.
Je me souviens de ce carnet bleu car ce jour là un jeune sansonnet s’était écrasé sur la fenêtre de ma chambre.
Je me suis toujours demandé si ce jour là je n’étais pas morte aussi.
Au point du jour le carnet bleu dans les mains, je suis sortie sur la véranda les pieds nus.
J’étais émue par la magie de cet instant.
J’étais sidérée à la redécouverte de cette petite écriture serrée .
Un dessin retenait mon attention.
C’était un grand épi de blé dont j’avais tracé tous les détails infimes.
Dans la marge plusieurs prénoms sous un soleil jaune.
J’avais passé quatre mois à dessiner cet épi .
Un bourdon séché tomba du carnet bleu. Je me revois à cet instant couchée à plat ventre dans les hautes herbes à chasser bourdons et papillons.

Ces créatures graciles riaient souvent de mes échecs.
Puis ma respiration fut plus lente à la découverte de ce petit mot adressée aux parents.

La lettre jaunie est tombée à mes pieds j’avais complètement omis cette fugue.
J’ai souri et emporté les trois carnets pour que mes enfants comprennent que moi aussi un temps je n’ai pas toujours été sage comme une image.
Cahier d'écolier par bongopinot

Dans une malle, dans un grenier
Un vieux cahier d’écolier
Marque du temps passé
Sur mes souvenirs délavés
Sur la couverture rosée
Mon nom et prénom y sont posés
Comme des vagues d’hier
Sous un soleil bien amer
Je redécouvre mon écriture scolaire
Écrite d’une main de gauchère
Mes souvenirs d’école me reviennent
Et les odeurs de craies me parviennent
Et je tourne les pages
Tache d'encre, coloriage
Mélange de joie et de larmes
Rien ne s'oublie ni se gomme
Très vite je referme ce cahier
D'un passé de blessures bien cachées
Adieux cahier et école de Saint-Exupéry
Mes souvenirs s’envolent dans la nuit
Images anciennes (MAP)
Lors d'un séjour cet été dans la maison de mes grands-parents paternels
j'ai retrouvé un vieux cahier très spécial.
Il s'agissait d'un collecteur d'images de publicité !
Je vous en livre quelques-unes pour le plaisir de partager
avec vous toutes et tous !
*
Voici d'abord la belle couverture :
et le verso de ce cahier :
ainsi que quelques unes des images qui y ont été collées :

J'ai été ravie de faire cette découverte !
J'espère qu'il en sera de même pour vous !
♥
Participation de Flo
#325# un cahier bleu.
Cette image me plaît. Cette couleur me calme. Elle semble dire « STOP » à mon sang qui bouillonne. C’est cela, j’entre en moi-même dans une période bleue. Au-delà des globules bleus, c’est en quelque sorte une encre que je détache des fonds marins pour voguer.
La main de la petite écolière a bien grandi. L’armure de bronze épouse les formes du cœur et laisse au corps et à l’esprit le soin de déambuler sereinement. L’agitation de l’irréparable gaspillage s’est évanouie. La femme aux mains rouges, pour qui les grains de peau sont pêches, contemple l’encre de Chine qui illustre le chapitre de son cahier bleu.
Elle s’y arrête comme Miro sait si bien le faire. Empreinte bleue, cette émanation fluide renferme aussi l’étendue de l’âme et l’immensité de l’esprit. Ils lui causent. Une voie est là. Elle l’écoute, lui répond parfois, lui écrit d’autres fois et la supplie quelques fois.
C’est certainement mon armure qui me permet de l’aborder parce que je suis au clair avec elle ou avec moi sur ce constat que non seulement je ne suis pas seule mais en plus que nous sommes deux. Or, tout récemment, ma voie extérieure a verbalisé celle intérieure en reconnaissant être une artiste comme si elle reconstitue son puzzle et lui laisse la chance de se dévoiler.
Ne l’oubliez pas, je suis un fil. A moins que ce soit le fil qui devienne moi. Or, c’est en lisant d’autres âmes [mêmes celles écrites deux cents ans avant la mienne] que je me rends compte que je suis encore moins seul/e.
Cahier (JAK)
Cahier
C e matin dans le grenier un drôle de cahier
A ncien j’ai découvert. D’émail il était bordoyé
H ier, encore il gisait inconscient avec ses signes
I llisibles, pattes de mouches à chaque ligne
E légant cependant il restait comme jadis.
R utilant, il tenta mon anticonformisme
Osant un sacrilège mes yeux l’ont parcouru
Et ce cahier si doux venait de ma grand-mère
Elle lui avait confié ses pensées et ses peines.
C’est ainsi que j’appris que mon père ce vaurien,
- nom ironiquement alloué sur ce calepin-
Avait un jour de mai séduit leur fille unique
De cet amour, je fus le fruit édénique.
Aujourd’hui c’est courant, on ne se cache plus,
Et j’ai imaginé à l époque, ma mère, mal vue
Entendre des reproches et autres arguties.
Mais l’amour triomphant à quand même réussi,
La gente damoiselle que vous lisez ici
Tantôt octogénaire, bon pieds, bon œil, merci
Celui-ci est vert (Walrus)
Quand j'ai déménagé, j'ai retrouvé cet ancien cahier.

Bon, il n'est pas aussi vieux que celui de MAP. Pourtant, elle est plus jeune que moi. Le sien ne doit pas être... le sien !
Moi, c'est un des miens : le premier volume de mon journal intime.

Ah, vous ne savez pas lire ? Rassurez-vous, c'est fait pour ! (ouais, je parle belge, ça fait bien rire les Français, en France on dirait "Vous ne pouvez pas lire")
Moi, je peux (ou "je sais", voir remarque précédente). Conclusion : faudra quand même que je bazarde tout ça, c'est fou ce qu'on peut être con quand on est jeune ! Mais oui, je récupérerai les photos !
Remarquez, d'être con, c'est bien une des rares choses qui ne changent pas avec l'âge !
Kesako ! (EnlumériA)
L’adolescent secoua la fine poussière qui poissait l’étrange objet. Il venait de le trouver dans un coffre de bois moisi, oublié au fond du garage. Il observait ce… machin, ce truc… — aucun nom de lui venait à l’esprit pour le désigner — d’un air dubitatif. Cela ressemblait à un empilage de fines plaquettes agrafées les unes aux autres par des sortes de petites épingles. C’était composé d’une matière souple et craquante qui dégageait une vague odeur de ranci. Sur le dessus, des dessins bizarres s’alignaient. Cela ressemblait à une vague écriture et c’était illisible. Il ouvrit l’objet. Il y avait d’autres signes similaires à l’intérieur. L’adolescent passa rapidement son index sur la surface lisse, mais rien ne se produisit. Il appela son jeune frère.
— Jimmy ! Vien voir !
— Keskya ?
— Mate ce ke G trou V.
— Vache ! C koi ?
L’adolescent se gratta le crâne en affichant une lippe dédaigneuse. Il posa une nouvelle fois son index sur la surface de l’objet et le fit glisser.
— Tu voi. On diré dé mo ; mé sa bouge pa.
— Sa ser a koi, un truc kom sa ? Si sa bouge pa, C petetre kya pu de bateri.
L’adolescent haussa les épaules et toisa son jeune frère d’un air condescendant.
— É tu la métré ou la bateri ? Tu voi bien Kya pa de plass. Tu C. Je croi savoir ce ke C. C 1 K yé.
— 1 K yé ?
— Io ! C T 1 truc ki servé a Papi pour a prendre a ékrir. Mate ! On diré du papié.
Le jeune frère poussa un long soupir ennuyé.
— Du papié ? Alor, C 1 truc de Yeuv. Sa ser a rien. Alé, vien. C leur de Secret Story. La C zon 30. On va manké le débu.
L’adolescent regarda une dernière fois sa trouvaille, puis sans plus s’en préoccuper, il la jeta dans la poubelle. Elle tomba à plat laissant les signes indéchiffrables bien en vue.
Cahier de Grammaire et de Conjugaison.
Évreux, 15 novembre 2015.
Cahier de correspondance de l'élève Lafronde Thierry (Joe Krapov)
Technologie (M. SUCAT)
On a l’impression que Thierry ne suit plus les cours que de très loin ! S’ennuierait-il en classe ? Pourquoi ne comprend-il plus rien à des énoncés aussi simplistes que :
1. Pourquoi le $P01 devient un $6z01 à l'export ?
2. Pourquoi ce qui correspond à l'export format RDA :
181 $6z01$ctxt$2rdacontent
182 $6z01$cn$2rdamedi
est mieux compris par nos SIGB que ce qui correspond à l'export format ISBD ?
181 1$6z01$ai#$bxxxe##
182 1$6z01$an
Des modifications de paramétrage sont-elles à faire dans nos SIGB ?
3. Comment un 181 ##$P01$ctxt dans le Sudoc devient-il un 181 1$6z01$ai#$bxxxe## en format ISBD ?
Comme l’année dernière, je propose le redoublement.
Grec moderne (Mme COLNOT)
On a l’impression que Thierry ne suit plus les cours que de très loin ! S’ennuierait-il en classe ? Pourquoi ne sait-il plus traduire ce texte du philosophe enflammé Sergicos Quintinos dans un français compréhensible ?
xœ₯]έ³d•Q―ΰ]g³NyΉ―? Ξ^' {&xΎ₯@ μ ¨}y
U©2Uα� [:Rw¬υΉ Ό/Χ3ηH-©?~ύ₯ωΣΓΊ ϋ°βΏώΗ-Ύ}Ύ>όχσ?=ΟΓ�κόο?|ϋπυλη_ώ{z7^�Χσu)₯xSΏ3 &εΕϋάύΓλo�ώτ³±KL>ώ �Jf5§•Ξ γ g}8=9Η%ζδNOΟaΙ!pz Ύ΅ψ-₯oΏ{ΎψΕΈόιΩω ο Νι{g pυV|�Ν�ΐϋuqΝπ@ς ψ0,Φδrϊ>ΎeΓ9ρ-J<}σΏη]¬O0« Φ-Ρ'Nοβχ)ϋ ΰS 5¬&^/ 6'xϊKx)h
§εnL γ§% xΟJ3=i«*Ω R λ i~Zί{ψΎ]|ώ¬Τύk:½Oγ³ωοω¦[άU Ε Ύ
TΓ D ͺYΐ±ϊ¨b)au�ρϊwΟαμΧΥρ°u ―� ΰ x#-!ΪΣuϋΔVO3~Ώ.Ξ&ά
KLL§πΓ`c9}LοΌsφK*6'ώ$ν� iΞΏ |@-ώ5τΚΦfY=qφj7Φπb|HΞ.knύΙω ΟΨδ" /ΐδx`f-u έβawΆSΔ aWΟ
C’est pourtant simple, non ? Comme l’année dernière, et bien qu’il soit beaucoup plus âgé que ses petits camarades, je propose le redoublement.
Conduite (Mme Liard)
Hello!
pour moi il faut créer une notice autorité au pseudo collectif et c'est cette autorité là qu'il faut lier en 700 dans la notice bibliographique (-> respecter leur choix de publier sous un pseudo et non en leur nom propre). La notice d'autorité fera, elle, le lien vers les autorités de chacun des auteurs puisqu'ils sont connus. (Mais je n'y mettrais pas ma main au feu.)
Plusieurs pistes si tu n'obtiens pas de réponse plus formelle/précise : le GM sur la zone 200 et sur le $5
Ils citent quelques cas identiques (eg Marie et Joseph PPN 026940353), et on voit que pour une publication du pseudo Mammette (PPN 067283942) le catalogueur a trouvé utile de préciser en note : 304 ##$aA. Mammette : pseudonyme collectif d'un groupe d'enseignants de microbiologie des facultés de médecine, auxquels se sont joints des spécialistes des facultés de pharmacie et des grands organismes de recherche (cf. 4e de couv.)
Je ne saurais dire si c'est une bonne idée de le faire redoubler encore. Agé de 25 ans en CM2, ça fait beaucoup, non ? La législation interdit qu’on l’expulse avant la date de péremption. Alors on fait avec !
Commission interdisciplinaire (la directrice, Madame Lakène-Vienne)
Thierry Lafronde est un excellent élément. Il accomplit trois fois plus de travail que tous ses camarades, rend ses devoirs en temps et en heure, travaille chez lui le soir et le dimanche, c’est propre, net, carré et je ne comprends pas pourquoi le cours naturel des choses voudrait qu’on se sépare d’agents aussi dynamiques et efficaces dans un établissement comme le nôtre. Sans compter qu’il forme un excellent duo musical avec son collègue de l’étage du-dessus lors des fêtes de fin d’année de la maison. Quand il ne fait pas sa mauvaise tête, c’est un excellent arrondisseur d’angles. C’est pourquoi je préconise son redoublement.
Réponse des parents :
Thierry redoublera d’efforts encore l’année prochaine mais après, on ne répond plus de rien !
Post-scriptum 1 de Joe Krapov :
Post-scriptum 2 de Joe Krapov :
Merci aux collègues qui ont déposé dans ma boîte à lettres électronique les parties de couleur Bordeaux dont je me suis servi pour fabriquer ce cahier de... correspondance !
Le cahier ( petitmoulin)
Les mots endimanchés
Ou en robe fripée
Ceux qui poussaient le vent
Plus loin que l'océan
Ou s'abreuvaient aux larmes
Des saisons sans sommeil
Ceux qui tressaient l'ivresse
Dans les yeux des amants
Ou frappaient à la vitre
D'un matin de printemps
Ceux qui chantaient plus fort
Que le merle au jardin
Tous ces mots jaillissaient
Ils faussaient compagnie
Au cahier d'écolier
Qui sut les retenir
Reclus dans le silence
Couchés près de l'oubli
Ils prêtaient leur mémoire
Aux pleins et aux déliés
D'une histoire singulière.
Ton histoire.
LE VIEUX CAHIER (Lorraine)
Un cahier de vieux dessins
Me rappelle l’âge des tresses
L’âge où l’on n’a pas de seins
Mais le cœur plein de promesses
Un cahier sans fioritures
Evoque les bancs de l’école
Le col blanc à l’encolure
Et l’esprit qui caracole
Un cahier au petit point
Brode les leçons d’histoire
On pense au garçon du train
Qui a de si beaux yeux noirs
Un cahier d’arithmétique
Prend la fuite à tire d’aile
Loin des calculs hermétiques
Il butine l’asphodèle
Un cahier de poésie
Ecrit le bonheur d’aimer
Il a quinze ans et Lucie
Sous son charme a succombé
mes cahiers (Fairywen)
Mes cahiers.
Je ne me souviens pas de mon premier cahier. Mais je me souviens de l’odeur de l’encre, de celle du papier, et du crissement de la plume Sergent Major… Car oui, j’ai appris à écrire à la plume, la vraie, celle qu’il faut tremper dans l’encrier, celle dont l’encre violette tache les doigts et parfois les habits.
Depuis, j’ai rempli d’innombrables cahiers. Des grands, des petits, des gros, des fins… Des cahiers d’école, bien sûr, mais aussi des cahiers de vie et des cahiers de rêve. Des cahiers de ma période “journal intime”, que j’ai brûlés depuis. Des cahiers avec des histoires inventées, des histoires qui se finissent toujours bien, des histoires qui m’ont aidée à traverser des périodes sombres de ma vie.
De la plume Sergent Major, je suis passée au stylo à encre, puis au Bic, et peu à peu, le cahier a été remplacé par un ordinateur. Mais toujours en moi est restée la nostalgie du cahier d’écolier, et lorsqu’il y a une dizaine d’années nous avons visité en famille un musée de l’école, c’est avec beaucoup d’émotion que je me suis assise sur un vieux banc d’école, que j’ai pris la main de ma fille qui n’était alors qu’une enfant, et que je l’ai guidée pour tracer à la plume Sergent Major des mots sur un vieux cahier d’écolier…













