Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le défi du samedi

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 660
Derniers commentaires
Archives
8 novembre 2014

Un clown qui danse par bongopinot

bo01

Un gramophone

Posé sur le sol

Une musique espagnole

Sonne et résonne

 

Et sur la glace

En costume à pois

Couleurs de joie

Un clown qui danse

 

 Des notes de musique

Comme des papillons

Rouges vermillons

Volent et s'appliquent

 

 Elles sont comme des phares

Clignotent et brillent

Le tout scintille

Dans un brouillard

 

 Et sous nos yeux

Un spectacle idyllique

Magnifique

Merveilleux

 

Publicité
8 novembre 2014

Pavillon (Emma)

et je suis ce clown bleu un peu simple d'esprit qui écoute la mer dans le fier pavillon d'un liseron géant
et je ris quand l'écume qui mousse sur la vague éclabousse les ailes du papillon transi  d'amour pour cette fleur corolle en fil de fer
je suis ce clown assis et j'écoute la mer  dans une fleur en fer
car vraiment que faire d'autre dans ce marais brumeux où j'attends qu'elle revienne

Gelsomina..

em01

8 novembre 2014

Participation de Venise

Les hommes ont commencé  à changer après la grande crise.

Celle qui a duré deux cents ans.

Ils ont tout au début cessé de travailler et sont devenus attentifs à  l’immobilité

Des Hiboux, et à leur mouvement en biais de la tète.

Ils se mirent à haïr la télé, internet qui ne pouvaient pas incarner le st ESPRIT ,la PAIX universelle .

Ils ont commencé à sentir la soie sous les plumes des oiseaux, et leur nez apprit très vite à débusquer le musc  épais des bêtes sauvages.

Ils écoutèrent la création de la vie à travers des vibrations musicales

 Et le sens jouissif d’entendre cuire les oliviers au soleil les mit en joie.

Cette vie de bohème est maintenant à la portée de tous.

ELUARD, PABLO PICASSO ,nous attendent, sur le chemin en criant :

« Ne perdez pas une minute engranger le savoir du monde il n’y a pas de joie plus forte. »

Le silence du monde peut enfin nous parler il suffit de tendre l’oreille.

ve01

8 novembre 2014

L'effet papillon (Vegas sur sarthe)

Eternel soupirant, Arlequin tend l'oreille
à cet étrange jouet nommé Phone love-in
censé le rapprocher de celle qui, la veille
lui enflamma le coeur d'une oeillade divine.
 
Mais à des lieues de là, coquette Colombine
brûle par les deux bouts sa vertu galvaudée
la soubrette ingénue est devenue has-been
et la Colombina préfère marivauder.
 
Au bout du pavillon nait un froissement d'ailes
un frisson de jupons, ça ne peut être qu'elle!
le candide valet n'en peut plus d'espérer.
 
Le bruit fait son chemin, le voici égaré,
d'une maigre chenille est né un trublion
ce n'est qu'une chimère, c'est l'effet papillon...
 
8 novembre 2014

El bobo y la mariposa (par joye)

On dit que pour bien écouter les papillons, il faut avoir un coeur de clown. Moi, j’avais un cœur de clown, qui faisait que j’écoutais les papillons, mais c’est vrai que le mot écouter n’a jamais voulu dire entendre. Et c’est ainsi qu’il faut que les papillons et les clowns, toujours aussi mal assortis, soient destinés à ne pas s’entendre.

Elle s’appelait Gabriela, mon papillon. Moi, je m’appelais Tonio, à l’époque. Maintenant, c’est Antonio avec un nom de famille que vous reconnaîtriez si je vous le disais, mais je ne vais pas vous le dire. Ma famille ne mériterait pas que vous la trouviez ignare comme leur patriarche.

Elle avait seize ans. Moi aussi. Enfin, je ne sais pas si j’eus vraiment seize ans. Cette époque est loin et mes souvenirs deviennent flous, comme ces vieilles photos en noir et blanc. Toutefois, quand il m’arrive de penser à Gabriela, tard le soir ou quand je bois un peu trop de Pacharán,  ou quand je vois, plus rarement, passer un papillon, et je pense toujours à elle en couleurs, le blanc de son sourire, le noir de ses yeux, le bleu de ses veines qui pulsaient sous mes doigts.

Vous aurez déjà deviné que c’est Gabriela qui m’apprit à faire l’amour. Vous me direz quizás que c’est naturel, faire l’amour, que cela ne s’apprend pas. Non. Pour vraiment faire l’amour, il faut savoir sentir et réfléchir. Pour vraiment faire l’amour, il faut s’oublier. Voilà. Gabriela m’apprit à m’oublier.

C’est sans doute pour cela que je pensais davantage à moi-même quand j’étais loin d’elle, et pourquoi lorsqu’une autre niñita du village me faisait les yeux doux, j’en profitais. Mais ces autres filles ne valaient jamais Gabriela, et tôt ou tard, je passais la voir, pour prendre des nouvelles du blanc de son sourire, du noir de ses yeux, du bleu de ses veines qui pulsaient sous mes doigts.

Bien sûr que l’inévitable arriva, Gabriela tomba enceinte. Je ne vis pas le blanc de son sourire quand elle me le dit. Je regardais le ciel, je fredonnais une chanson. Je l’entendais, mais je ne l’écoutais pas. Mais, je lui tout de même dis que c’était de la mauvaise chance, je lui dis que j’avais entendu parler d’une curadora qui pouvait s’occuper d’elle. Je lui dis de ne pas s’inquiéter, que j’avais de l’argent, que tout se passerait bien, que personne ne se douterait de rien.

C’était un vendredi soir quand je l’emmenai chez la curadora. Je n’y entrai pas avec elle mais je lui dis que je passerais la chercher deux heures plus tard. Mais deux heures plus tard, j’étais dans les bras d’une autre, une fille dont j’oubliai vite le nom, déjà sans importance ce soir-là.

Eh non, je ne la revis jamais. Vous pourrez deviner ce qui put se passer. Vous savez déjà que les papillons sont fragiles. Il ne faut jamais les prendre par les ailes, ça peut les broyer. Ils ne peuvent plus voler, et quand les papillons ne peuvent plus voler, ils meurent. Malheureusement, à seize ans, je ne le savais pas.

Car j’avais un cœur de clown. J’écoutais sans entendre.

image 2

Publicité
8 novembre 2014

Faire son cirque (Joe Krapov)

99925287

 Dans mon costume de couleur
J'attends qu'ait fini l'écuyère
Pour m'élancer dans la lumière,
Dans le cercle du projecteur.

120730__046

Voilà qu'on lance la musique
Et que déboule Triboulet.
Le clown travaille sans filet
Son numéro tragi-comique.

070708C_104

Le défilé des éléphants,
Une fois qu'ont barri leurs trompes
N'est rien à côté de ses pompes
Qui font bien rire les enfants.

 

070708C_209

 Nez rouge, cheveux en bataille, 
Visage blanc, sourcils charbon,
Il cabriole, il fait des bonds,
Il se fait courser, il se taille

080607_187

Puis il grimpe sur une échelle,
Annonce qu'il va s'envoler.
Tout un chacun de rigoler
Mais soudain, scène exceptionnelle,

Joe Krapov pour timbre

Il devient la femme canon,
Il traverse le pavillon
Et se transforme en papillon !
Quel magicien, crénom de nom !

***

Oui, la prestation est truquée !
Il y a forcément un complice
Malle, rideau, autre artifice,
Substitution alambiquée.

Afin de lever le mystère
Visitez la ménagerie,
Découvrez la supercherie :
Une cage à lépidoptères !

140524 A 098

8 novembre 2014

Frein à disque (Walrus)

Lassé de ses démélés avec les multiples sociétés supposées soutenir les ventes de son gramophone mais qui s'occupaient surtout de s'en foutre plein les fouilles, ce clown d'Emile Berliner coiffé d'un chapeau boule décida d'en inverser le mouvement et de transformer le moulin à musique en piège à moustiques où les bestioles aspirées via le pavillon acoustique seraient réduites en bouillie par le système mécanique.

Mais, cruelle déception, par mimétisme homophonique, l'engin n'attirait que les... papillons !

Atteint dans sa fierté, l'inventeur baissa pavillon et l'utilisa comme porte-voix pour hurler à la foule qui se payait sa tête :

"Eh ! Oh ! Lâchez-moi les baskets !"

8 novembre 2014

Le clown (petitmoulin)


Sur chaque déchirure
De mon âme bleuie
J'ai cousu des morceaux
De rêves en couleurs.
Des blessures que les mots
Ont gravées sur mes os
J 'ai tressé la patience
D'un collier de dentelle.
Accroupi sur la brume
Où croît l'herbe sauvage
Abreuvée d'utopie
J'ai prêté mon oreille
Au silence rebelle.
Un vol de papillon
M'a chanté un refrain
Sur un air de peut-être.

8 novembre 2014

Corolle de nuit (Fairywen)

 

Corolle de nuit.

Soleil de minuit

Papillon de nuit

Qui vole paresseusement

Tout autour d'un champ

De fleurs rempli

Leurs corolles dans le vent.

8 novembre 2014

Quoi d’autre ? (EnlumériA)

Tout d’abord, la première chose que tu perçois, c’est une inexprimable brume violine noyée dans l’indigo de l’arrière-plan subliminal. Vapeur sucrée sur miroir d’eau. Une brise parfumée de vanille et d’oignon grillée ondoie calmement sur le chatoyant domaine d’une dame du lac aux accents somnolents d’égérie marmoréenne.
Tel un bouddha de Commedia dell’arte, un personnage grimé comme une drag-queen semble accorder son phonographe à l’instar de ce luthiste de Theodoor Rombouts hantant l’aile Richelieu du Louvres, certains soirs de lune pervertie.
Tu frémis. Un certain malaise s’installe en toi, mais tu ne parviens pas à saisir le sens exact de ce que tu vois. Quelque chose cloche. Cette combinaison lie de vin maculée de confiseries bariolées évoque un platiniste anachronique dépassé par son insalubrité chronique.
Et cette crinoline insensée grande ouverte sur l’azur flamboyant, refuge d’un papillon de passage. Un sylvain azuré ou un grand mars changeant ? Tu ne sais plus. Ton esprit s’égare.
Le bouffon te nargue, encore et encore. Il échafaude des plans dans les plans. Il tisse autour de ton esprit une singularité craintive et sans équivoque. Et toi, petit être sans consistance, tu consens à laisser s’effilocher ton âme au gré des vents. Au gré d’une musique absente.
Quelque chose cloche.
Tu t’éveilles dans le petit matin poisseux de ta sempiternelle solitude. Il est temps de cloner une autre journée sans rêve, ni espoir.
La pointeuse s’impatiente.


Évreux, 6 novembre 2014.

8 novembre 2014

LE CLOWN (Lorraine)

Il tomba de la lune

Par un beau soir d’été

Sans ami, sans fortune

Le pauvre clown parcheminé

 

Où était Capucine

Qu’il avait tant aimée ?

La jolie ballerine

Un beau jour s’en était allée

 

Qu’est devenu Lawrence

Elégant et racé

Qui sur la corde danse

Dans ses souvenirs angoissés

 

Son cœur perdu renonce

A vivre le passé

Quand une voix prononce

Des mots charmeurs et insensés

 

Relève-toi, ami,

Je suis la fée Mylène

Partons au beau pays

Où l’on oublie toutes les peines

 

Il eut soudain vingt ans

Le corps rapide et leste

Un chapeau de clown blanc

Et un essaim de fées célestes

 

Avec elles il partit

Au rythme de la brise

Un jour (a ce qu’on dit)

Il épousa une marquise

 

Le clown parcheminé

Retrouva sa jeunesse

Moi, je suis arrivée

Au bout du défi.. Quelle liesse !...

 

1 novembre 2014

Défi # 323

Une image pour vous inspirer :

Image

Image trouvée sur Internet. Je ne connais pas le nom de l'auteur.

Vos envois sont attendus à

samedidefi@gmail.com

A tout bientôt !

 

1 novembre 2014

Ne nous ont pas joué leur belle dame sans mercy

1 novembre 2014

Surprise (MAP)

La belle surprise

Hi,hi,hi !!!

1 novembre 2014

Un petit mot de cinq lettres par bongopinot

bo01

Un tout petit mot,

Qui en dit long,

Qui n'est pas idiot,

Sucré comme un bonbon

 

Un  tout petit mot

Qui veut dire beaucoup

Si doux et si beau

Cinq lettres c'est tout

 

Ce tout petit mot

 J’ai envie de le dire

Ce mot vieillot

 J'aime aussi l'écrire

 

Ce tout petit mot

Pour celui qui le reçoit

Est comme un joyau

Et redonne la joie

 

Ce tout petit mot

Qu'on apprend petit

Et qui me fait écho

Encore aujourd'hui

 

Ce tout petit mot

Vous l'avez compris

Estcomme un cadeau

Ne soyez pas surpris

 

Merci merci merci

Amis de toutes heures

Amis du samedi défi

Merci de tout cœur

 

1 novembre 2014

Mes 50 ANS (Prudence Petitpas)

Ca va peut être en étonner certains, mais OUI j’étais au courant qu’il se tramait quelques choses autour de moi ces derniers temps…. Alors je me suis dit, si jamais c’est moi qui remporte le César cette année, ce serait bien de préparer un petit discours…  Il faut dire que mon adorable mari a essayé de préparer cette fête comme une surprise, mais il me connait depuis plus de 30 ans et a bien comprit que ce n’était pas facile avec une femme aussi curieuse que moi ! Et puis pourquoi me priver du plaisir de la préparation de semaines précédent une fête alors que j’adore ces moments magiques où je m’imagine cette soirée et le bonheur qui en découlera forcément…  Pour moi une fête : c’est Avant, Pendant et Après….

Pour ce qui est des Césars, je remercie le jury de m’avoir retenue pour cette année encore : j’ai adoré faire ce film et même s’il a duré 50 ans de ma vie… je crois que toutes les prises sont bonnes puisqu’on n’a retenue que les meilleures…  Ce film est passionnant à vivre et je suis heureuse de vous dire que le producteur et le réalisateur se sont mis d’accord pour m’accorder les futurs crédits nécessaire à la réalisation de la suite… Je vous donne donc rendez vous pour la diffusion suivante d’ci une dizaine d’année, en espérant que vous resterez les acteurs qui m’entourent dans ce rôle. Pour ce qui est  des acteurs principaux : mon mari, mes enfants et petits enfants (déjà presque deux) et tous ceux à venir, je les remercie de supporter les caprices de l’actrice qui se situent surtout sur l’envie constante de les avoir autour de moi dans Mon Film….  Mille mercis à eux, à vous et au Grand Réalisateur.

pr01

1 novembre 2014

Participation de Venise

Merci à ceux qui savent encore s’évader de nos grandes prisons

Merci à tous ceux qui disent ‘je t’aime par inadvertance à un chat de gouttières

Merci à toutes ces promesses qui s’envolent de nos bouches comme des oiseaux

Et qui vont remplir le ciel comme des prières.

Merci  à celles qui aiment encore les maladroites les manchots avec obstination.

Merci à ceux qui éduquent  les enfants avec une plume.

Merci à ceux qui font bon usage de leur liberté

Merci à TITIEN, VERMEER ,GOYA, Rimbaud, et tous les autres

Merci à tous ceux qui n’ont jamais fait du camping et à ceux qui n’ont jamais récidivé.

Merci au vaccin contre le  poliomyélite qui a conservé intact notre volonté d’agir sur le monde .

Merci pour toutes ces affaires classées on ne peut tout de même pas vider le lac.

Merci à vos infidélités, la vie de couple ne devrait pas être cette ascension d’une montagne en plein hiver encordé jusqu’au cou les poings  gelés.

Merci à  Rabelais de m’avoir donné l’envie d’écrire à quelqu’un d’autre qu’au fisc.

Et pour la fin merci aux défiants à tous ces amis si proches et si lointains qui sont comme un immense feuillage chatoyant  dans l’arbre de ma vie .

ve01

1 novembre 2014

Si vous pouviez me trouver un titre, ce ne serait pas de refus (par joye)

Jai googlé « Merci » chez Google.  Je pensais que j’avais de la chance, je suis une chanceuse, moi, alors, j'y ai cliqué.  Et Google m’a dit « Merci pour ce moment » et moi, j’ai répondu, poliment, « Je vous en prie ». Et puis j’ai vu ce que c’était et je me suis dit que cela allait faire qu’EnlumeriA et Nhand saignent des yeux. Alors, non merci, sans façon, ma’am Elle Concubine, je chercherai ailleurs !

Ensuite, je suis allée sur le site de poésie classique. Et j’y ai vu mon plus vieux pote des cours de littérature, Pontus de Tyard. Ouais, celui-là, qui vivait au XVIe siècle, oui, c’est lui. Son nom m’a toujours fait sourire. Alors, j’ai cliqué pour voir ce que ce vieux Pontus savait des remerciements…eh ben, waouh. Le titre, c’était Je fumais tout en mon fort soupirer ! Dis donc, Pontus, mon vieux, ressaisis-toi, hein ? ! Ces jours-ci, si tu écris comme ça, on va te rendre ta copie tout rouge ! Donc, j’ai passé mon chemin. Merci pour rien, Tyrus !

Bon, il se fait tard, faudra que je trouve un truc pour ma participation…Sur Vous-Tube, il y a Stromae qui chante « Merci ». Euh…Oui, c’est un gars très intelligent et doué, mais il est trop maigre. Faudra qu’il mange un sandwich, la pauvre chose. Je ne voudrais pas qu’il chante « Anorexie, Anorexa, ce soir, j’ai faim, j’ai faim et bon, ça ne va pas ! »  Alors, merci, jeune homme, mais, j’ai déjà bien écouté.

Ouille, que faire, que faire…l’inspiration se fait prier ce soir…trouverai-je peut-être un bon point de départ dans le dico…voyons, des synonymes pour « merci », qu’est-ce que cela pouvait donner ? Eh ben, le Dico des synonymes en ligne m'a dit que j'étais à son merci. Ça alors ! Comment savait-il que je comptais sur lui de me sortir de cette impasse d’inspiration ? Hein ? Oui, c’est le Halloween chez moi, mais quand même, ça m'a fichu une chair de poule...

Ah, les poules ! Oui, elles ont commencé à pondre ! Trop top ! On a des omelettes et bien d'autres sortes de délices, et je leur en suis reconnaissante. Alors, merci à qui ? comme chantait Bruel avant que ce maigrichon de Stromae ne le remplace ?

Ben voilà.

Merci à vous, mes poules. Parce que vous  me rendez œufs-reuse.

1 novembre 2014

Confondu en remerciements (Joe Krapov)

Je me suis confondu en remerciements :
J’ai dit « Merci Tintin » au capitaine Haddock !
J’ai dit Deo gratias dans un congrès d’athées !
J’ai chanté « Merci patron » de Pierre Perret et « Les jolies colonies de vacances merci papa merci maman tous les ans on voudrait qu’ça r’commence » des Charlots !
J’ai dit « Merci Garrett » alors que ce n’était pas Pat mais bien Billy the Kid !
J’ai lu « Merci pour ce moment » de Claude Chabrol au lieu de regarder « Merci pour le chocolat » de Valérie T. si je mens.

Après toutes ces gaffes je me suis fait un sang danke mais pas longtemps car après je me suis perdu en conjectures : Etais-je pris de boisson ? Confit en dévotion ? Entré en déliques-adoles-cence ?


Ce qui a mis un terme à mes tergiversations c’est que l’armoire normande – mais n’était-ce pas en fait un placard breton ?– m’est tombé sur le buffet. SPLATCH !


Alors auprès de tous ceux que j’avais mal remerciés et auprès de tous les autres à qui je n’avais pas dit merci je me suis excusé. Platement.

 

1 novembre 2014

Merci la vie (Enluméria)

 

Ce que venait d’expliquer ce type à Derreck l’avait cloué sur place ; pour ainsi dire laissé sans voix. Derreck plongea son regard dans les yeux flous de son interlocuteur en essayant d’y mettre tout le mépris et le dégoût qu’il ressentait en cet instant pour cette espèce de bisounours défoncé au mousseux qui lui souriait d’un air tellement niais que c’en était comique.

Plus tôt dans la soirée, la conversation avait lentement dérivé vers des considérations philosophiques de comptoir, ou plus précisément de fin de gueuleton trop arrosé. L’amour, la vie, les grands idéaux, tout ce fatras d’inventions à la gomme résultant de cogitations désœuvrées de poètes petit-bourgeois dont les seuls soucis avaient été de soigner un rhume des foins ou un chagrin d’amour collégien.

Qu’avait dit ce type en déposant son regard de prophète de salon sur les convives en général et sur Derreck en particulier ?

« Que la vie était belle et qu’il fallait chaque jour la remercier pour ses bienfaits. »

Derreck termina son verre, se leva et enfila son blouson avec le plus grand calme. L’autre continuait de le regarder de l’air benêt d’un missionnaire de banlieue.

— Tu nous quittes déjà, mon ami. Quelque chose te fait peur ? N’as-tu pas confiance dans ta destinée ?

Derreck leva les yeux au plafond en tortillant ses lèvres d’un air faussement embarrassé. Puis, il se pencha légèrement vers le type :

— Écoute, heu…

— Benoit.

— OK ! Benoit. Bon alors ouvre bien tes oreilles. Tu vois, moi, je suis venu au monde dans une famille de flic tricolore jusqu’au slip. Mon père était une brute alcoolique qui ne savait s’exprimer qu’à grands coups de ceinturon. Tu vois, la cicatrice que j’ai là, juste au-dessus du sourcil, c’est cet enfoiré qui m’a cogné le crâne contre un lavabo quand j’avais six ans. Quand j’ai eu seize ans, ma mère en a eu tellement marre des coups qu’elle a fini par partir en nous trainant ma sœur et moi dans les rues en pleine nuit. Elle est belle la vie, hein ! Tu sais ce qu’il a fait mon vieux, il nous a retrouvés pour nous menacer de nous massacrer tous les trois avec son arme de service. Il projetait de se faire justice ensuite pour faire les gros titres dans les journaux. Au final, il s’est buté tout seul, dans sa haine et sa vinasse. Bon débarras. J’ai réussi à m’en sortir je ne sais pas trop comment puis j’ai rencontré une chouette fille. On a eu une petite fille qui s’est fait violée par son grand-père maternelle aux alentours de huit ans et des poussières. Je l’aurais bien étripé le vieux, mais le cancer l’a eu avant moi. Là, elle sort d’un nième séjour en H.P. tellement elle ne sait pas comment faire pour le remercier son grand-père. Quant à mon fils, il est né avec une putain de merde de maladie génétique qui le laisse handicapé à vie. Merci la vie, hein ? Là maintenant, j’ai soixante ans, deux divorces sur le dos, une putain de maladie orpheline qui me bousille de plus en plus chaque jour et pour seule perspective d’avenir, une vingtaine d’années de solitude dans le meilleur des cas. Merci la vie ? C’est ça que tu veux que je dise ?

Le bisounours de salon s’était recroquevillé sur lui-même et on avait l’impression qu’il cherchait désespérément une réplique qui ne souhaitait pas venir. Derreck prit le chemin de la sortie mais il se ravisa et dit en pointant l’autre du doigt :

— Toi, tu peux dire merci. Tu peux me remercier de ne pas te mettre mon poing sur la gueule pour t’apprendre à donner des leçons aux gens sans réfléchir plus loin que ton nez d’intello mystique. Pas la peine de me raccompagner, je trouverai la sortie.

 

Évreux, 29 octobre 2014

 

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité