Quoi d’autre ? (EnlumériA)
Tout d’abord, la première chose que tu perçois, c’est une inexprimable brume violine noyée dans l’indigo de l’arrière-plan subliminal. Vapeur sucrée sur miroir d’eau. Une brise parfumée de vanille et d’oignon grillée ondoie calmement sur le chatoyant domaine d’une dame du lac aux accents somnolents d’égérie marmoréenne.
Tel un bouddha de Commedia dell’arte, un personnage grimé comme une drag-queen semble accorder son phonographe à l’instar de ce luthiste de Theodoor Rombouts hantant l’aile Richelieu du Louvres, certains soirs de lune pervertie.
Tu frémis. Un certain malaise s’installe en toi, mais tu ne parviens pas à saisir le sens exact de ce que tu vois. Quelque chose cloche. Cette combinaison lie de vin maculée de confiseries bariolées évoque un platiniste anachronique dépassé par son insalubrité chronique.
Et cette crinoline insensée grande ouverte sur l’azur flamboyant, refuge d’un papillon de passage. Un sylvain azuré ou un grand mars changeant ? Tu ne sais plus. Ton esprit s’égare.
Le bouffon te nargue, encore et encore. Il échafaude des plans dans les plans. Il tisse autour de ton esprit une singularité craintive et sans équivoque. Et toi, petit être sans consistance, tu consens à laisser s’effilocher ton âme au gré des vents. Au gré d’une musique absente.
Quelque chose cloche.
Tu t’éveilles dans le petit matin poisseux de ta sempiternelle solitude. Il est temps de cloner une autre journée sans rêve, ni espoir.
La pointeuse s’impatiente.
Évreux, 6 novembre 2014.