Mes cahiers.

Je ne me souviens pas de mon premier cahier. Mais je me souviens de l’odeur de l’encre, de celle du papier, et du crissement de la plume Sergent Major… Car oui, j’ai appris à écrire à la plume, la vraie, celle qu’il faut tremper dans l’encrier, celle dont l’encre violette tache les doigts et parfois les habits.

Depuis, j’ai rempli d’innombrables cahiers. Des grands, des petits, des gros, des fins… Des cahiers d’école, bien sûr, mais aussi des cahiers de vie et des cahiers de rêve. Des cahiers de ma période “journal intime”, que j’ai brûlés depuis. Des cahiers avec des histoires inventées, des histoires qui se finissent toujours bien, des histoires qui m’ont aidée à traverser des périodes sombres de ma vie.

De la plume Sergent Major, je suis passée au stylo à encre, puis au Bic, et peu à peu, le cahier a été remplacé par un ordinateur. Mais toujours en moi est restée la nostalgie du cahier d’écolier, et lorsqu’il y a une dizaine d’années nous avons visité en famille un musée de l’école, c’est avec beaucoup d’émotion que je me suis assise sur un vieux banc d’école, que j’ai pris la main de ma fille qui n’était alors qu’une enfant, et que je l’ai guidée pour tracer à la plume Sergent Major des mots sur un vieux cahier d’écolier…