Un rêve par bongopinot

Et je traverse ma ville de lumière
Pour me rendre à mon boulot
Printemps été automne hiver
Je n’ai peut-être pas tiré le bon numéro
Je nettoie en bonne ménagère
Des bureaux et des locaux
J’arrive toujours la première
Toujours à l’heure toujours très tôt
Et j’ouvre une grande grille verte
Et monte les étages je range mes affaires
Et prépare mes seaux, balais, pelle et balayette
Mais je ne fais pas ce que j’aurais voulu faire
J’aurais voulu être écrivain
Pour écrire de belles histoires
Pour égayer tous vos matins
Et pour redonner l’espoir
Et puis écrire de jolis contes
Pour tous les petits enfants
Et des textes pour qu’ils les chantent
Pour faire disparaître leurs tourments
Écrire de grandes aventures
Pour faire rire, pour faire rêver
Créer de drôles de créatures
Que l’on ne pourrait qu’aimer
Oui mais voilà, je suis femme de ménage
Je travaille dans des immeubles sans âge
Où tous les jours je m’applique à l’ouvrage
Ma petite tête dans les nuages
En attendant tous les samedis
Pour que mon rêve un peu se réalise
Je participe aux samedis défi
Et je remercie tous ceux qui me lisent
Participation de Venise
J’aurais aimé être une librairie , une librairie ancienne , fraternelle , jeune comme tous ces vieux livres remplis de feuilles d’or de larmes des vivants et de rire d’enfants..
Cette sueur d’encre que je respire le matin en ouvrant les portes de la librairie , c’est ma deuxième peau .
Les gens pénètrent dans mon antre , quelques listes de livres cachées dans la doublure d’un veston , et toujours l’espoir de trouver le livre qui leur parlera d’eux .
Tous les jours sur ce bateau comme un capitaine à la proue du bateau , j’ai au bord des lèvres la phrase de CELINE , le chant de Baudelaire .
Les dix milles prochaines années je veux rester l’amie de la FONTAINE , Molière, Racine , et BOILEAU . Je veux être penchée sur ces ouvrages comme une mère sur son nouveau né.
Je ne comprendrais pas un autre destin que celui là , il ressemble à l’éternité puisqu’il se mêle à l’immortalité des auteurs chéris .
On sait que si tous les livres tombaient dans une flaque d’eau , il ne seraient alors qu’un paquet d’encre sale .
Alors je veux être leur toit , leur abri , leur seconde peau .
Pour qu’on entende rien d’autre que le bruit de la plume sur un papier froissé.
Je veux être une librairie ou vous viendriez vous asseoir , alors que les livres reconnaîtraient votre ombre familière.
Je deviendrai votre amie , veillant sur vos lectures comme sur votre sommeil, laissant tomber sur votre passage le livre que vous devriez rencontrer.
Quand cette chose arrive , vous ne vous posez pas de question , vous ramassez le livre , l’ouvrez au hasard de votre lecture en souriant étonné qu’une telle coïncidence se produise .
On dirait que vous plongez votre regard dans un pot de mirabelle , je vois votre gourmandise de celui qui sent que quelque chose d’important est entrain de lui arriver .
Une telle rencontre guérit de tout puisqu’elle donne confiance dans le monde .

Je voudrai vous prendre comme une chatte prend ses chatons dans sa gueule et vous donner le livre qui ouvre la grille du jardin de l’enfance .
C’est dans cette espérance là que je veux voir vos mains toucher l’écorce de ces livres et garder une avance sur le destin funeste de vos vies .
Ne nous trompons pas de rêve (Walrus)
Dans la conversation, voulant se montrer courtois, un Français affirme à un Anglais :
"Si je n'étais pas Français, je voudrais être Anglais"
À quoi le gentleman répond :
"Moi aussi, si je n'étais pas Anglais, je voudrais l'être !"
J’aurais aimé (Marco Québec)
J’aurais aimé être un dompteur
Pour mater les pulsions guerrières
J’aurais aimé être un pompier
Pour conclure des cessez-le-feu
J’aurais aimé être ingénieur
Pour construire des ponts entre les nations
J’aurais aimé être portier
Pour ouvrir la porte à l’étranger
J’aurais aimé être un lutteur
Pour me battre contre les préjugés
J’aurais aimé être cardiologue
Pour réparer les cœurs brisés
J’aurais aimé être un voleur
Pour vous soulager de vos ennuis
J’aurais aimé être magicien
Pour mettre de la lumière dans vos yeux
J’aurais aimé être un peintre
Pour immortaliser la beauté
J’aurais aimé être coloriste
Pour mettre de la couleur dans la vie
J’aurais aimé être un chercheur
Pour avoir le plaisir de te trouver
J’aurais aimé être un coureur
Pour pouvoir te rattraper
J’aurais aimé être jardinier
Pour cultiver l’amitié
J’aurais aimé être horloger
Pour maîtriser le temps
J’aurais aimé être serrurier
Pour prendre la clé des champs
J’aurais aimé être un champion
Mais pas le champion des cons
Encore cette semaine pour votre plaisir : La chanson Le blues du businessman chantée par Claude Dubois, artiste québécois
Participation de Rêves de plume
Rouler, voler, atterrir ...
Mais le verdict était tombé : TROP grande !
Rouler, voler, atterrir ...
Hélas, l'avis fut unanime : TROP petite !
Moduler, swinguer ... en mesure ?
Sa famille fit la moue ..TROP faux !
Alors elle se vit créatrice
Coupant, cousant ... à bonne mesure ?
Hélas ses vêtements furent ... TROP justes !
Alors elle décida d'être elle-même ...
Et de rêver .....
IRRÉSISTIBLE VOCATION (EnlumériA)
Je me souviendrais toute ma vie de ce jour fatidique et pénible où je décidai enfin de faire part à mes parents de mes projets d’adulte. Je revois encore la mine consternée de mon oncle présent ce dimanche là. L’affolement dans le regard de mon père qui, de rage, renversa d’un revers de bras assiettes, verres et couverts, envoyant du même coup le bœuf mironton maternelle – une recette qu’elle tenait de ma grand-mère – éclabousser le papier peint à peine posé de huit jours. Que vous dirais-je de ma mère, en larmes dans le canapé, le visage dans les mains, les épaules secouées de sanglots comme une veuve le jour de ses noces.
Hélas ! Je n’y pouvais rien. C’était plus fort que moi, une irrésistible vocation tirait mon âme à hue et dia et moi, fou de frustration à l’idée de ne pouvoir réaliser mon rêve absolu, je frôlais dangereusement la lisière de la folie.
Mon père me voyait déjà faisant les Beaux-arts et exposant dans les galeries les plus prestigieuses. Ma mère, cette femme trop raisonnable, me pressentait musicien virtuose, adulée des foules comme une rock star. Quant à mon oncle Gilbert, il n’aspirait qu’à une chose, me voir accéder un jour, grâce à la magie de ma plume, au Goncourt.
Et moi, moi pauvre écervelé, je n’aspirais qu’à une seule chose, devenir contrôleur des finances publiques.
DIEU (Alain André)
Ah ! Si j’étais Dieu !
Je serais infiniment bon, infiniment sage, infiniment, heu…
Pouf, pouf !
Je serais beau, jeune, intelligent, éternel, immuable, éblouissant ! Et riche !
On ne parlerait que de Moi dans tous les ancien et nouveau testaments !
J’aimerais tous les gens, sauf Marcel Dugland, mon voisin, qui fait rien (1) qu’à me turlupiner !
(Mais non, voyons ! Turlupiner n’est pas une agréable pratique désapprouvée par l’église ! )
Il serait permis à tous de vivre libres et heureux…Surtout moi
Tout le monde aurait du travail…Et moi, un bon fauteuil !
J’aurais créé les atomes, les quarks, les gluons, et je vous regarderais pérorer, infimes larves humaines, sur ces particules composant vos protons !
Et le boson ! : De qui ? De Higgs (2) ? Mais, non…De Moi, bâtards incultes! Et tous ces neutrons, ces neutrinos, tous ces photons et électrons qui n’ont ni masse ni forme définie, toutes ces ondes qui vous rendent débiles !
Et je rigolerais de vous voir vous creuser ce qui vous sert à réfléchir, pendant que j’écouterais les sublimes accords de Mark Knopfler ! L’ultime chef d’œuvre des Pink, La guitare de mon homologue, Eric Clapton (3) . Que je me régalerais à contempler Adriana la sublime !
Enfin, Bordel de Moi ! Je supprimerais tous les mecs qui m’énervent : Georges Clooney, Clint Eastwood et Patrick Bruel qui sont trop beaux et savent tout faire…Et mon autre voisin, Paul Dugenoux qui fait rien (1) qu’à m’embêter !
Et puis, tiens, je ferais les femmes exigeantes, intransigeantes, qui ne voudraient qu’un homme beau, jeune, intelligent, éternel, immuable, éblouissant et riche :
Elles ne voudraient plus que Moi, quoi !
Moi !
Nom de Moi !
Enfin, comme vous dites : Que Moi, aie votre âme !
(1) Ne vous offusquez pas, je sais qu’il faut ajouter « ne », c’est fait exprès ! Et puis, on pardonne tout à Dieu, non ?
(2)Le boson de Higgs est surnommé « particule de Dieu » par les scientifiques.
(3)Clapton est surnommé « God » par les spécialistes.
Mythomane (Vegas sur sarthe)
J'aurais bien voulu être espion
fallait bouffer des microfilms
J'aurais voulu être champion
sortir du lot, des anonymes
J'aurais voulu être gardien
Guantánamo c'est trop cliché
Je rêvais d'être comédien
mais pour ça il fallait coucher
Je voulais être rémouleur
les couteaux sont en céramique
j'ai voulu être footballeur
rejoindre tous ces trisomiques
j'aurais monnayé des sextapes
pécho Zahia et ses amies
mais fallait du punch et du pep
j'avais de l'hypoglycémie
J'ai voulu être pyromane
mais du feu j'ai toujours eu peur
alors j'ai choisi mythomane
je suis boni... bonimenteur
Participation de Fairywen
Rêves de vie
J’aurais aimé être
Une aventurière
Une guerrière
Une policière
Une voleuse
Une guérisseuse
Une chercheuse
Une princesse
Une prêtresse
Une déesse
Une fée
Une détective privée
Une créature enchantée
Une championne
Une espionne
Et tant d’autres aussi
De quoi remplir plusieurs vies
Alors pour remplir mon contrat,
J’ai fait ce choix :
Écrire des récits
Pour vivre toutes ces vies
Et faire partager
Avec qui veut rêver.
Participation de Laura
J’aurais voulu écrire la vie de mes aïeux
Pour qu’il reste une infime trace d’eux
Dans un siècle que je n’ai pas connu
Pour en faire peut-être d’illustres inconnus
J’aurais voulu écrire comme un hommage
Les souvenirs de mes deux grands-mères
Un hommage aux mille heureux moments
Passés sans ennui à les écouter religieusement
J’aurais voulu écrire leurs batailles et guerres
Leurs défaites, reculs, avancées et victoires
Les horribles tranchées et l’occupation
Leurs armistices signés et leurs libérations
J’aurais voulu écrire les moments historiques
Qui ont bouleversé leurs mondes et leurs époques
Leurs permanences et toutes leurs nouveautés
Leurs vies quotidiennes et leurs intimités
J’aurais voulu écrire le passé
Mais le présent m’a happé
Et aujourd’hui je n’ai plus d’avenir
A écrire, ni à vivre.
Défi #386
Ont réussi le "trick"
![]()

Vegas sur sarthe ; Venise ; Alain André ; Clémence ;
Fairywen ; bongopinot ; Rêves de plume ; Joe
Krapov ; Marco Québec ; Laura ; Walrus ; joye ;
MAP ;
Comme c'est singulier ! (Walrus)
Quoi donc, me direz-vous ?
Eh bien, le titre de ce trois-cent-quatre-vingt-cinquième sujet : "Étrange disparition".
Je l'aurais bien mis au pluriel, moi, parce que sur ce blog, les disparitions , c'est pas ça qui manque ! Et ça, c'est pas étrange, non?
Lorsque l'on* consulte les statistiques de participation, on en vient vite à se poser des questions.
Sur un blog où le nombre des participations hebdomadaires tourne autour de la dizaine et sont le fait d'une vingtaine d'individus à tout casser, où donc sont disparus ces personnages, au demeurant fort sympathiques, qui ont alimenté ce blog par le passé, puisque la colonne de droite n'en répertorie pas moins de cent-soixante-trois ?
Même nos mères fondatrices ont disparu (pas pour tout le monde : il y en a une qui élève des enfants dans le Perche et l'autre file le parfait amour dans la capitale du Cambodge).
On pourrait saisir l'occasion pour donner une petite leçon de statistiques, mais on découvrirait une fois de plus qu'elles sont trompeuses. Déjà, la distribution du nombre de participations par semaine n'est pas gaussienne, même en éliminant les deux points anormaux de 144 et 200 résultant d'une modification temporaire de la règle du jeu.
Et de toute manière, elles ne nous aideront pas à retrouver tous ces amis disparus, certains après une unique participation d'autres après de bien plus nombreuses, la détentrice du record à cette extrémité des comptages étant KatyL disparue (momentanément nous l'espérons) au bout de 143 participations.
J'adresse une pensée émue à ces chers disparus et leur offre une petite chanson...
*La tournure est un peu "empruntée", mais c'est pour éviter "lorsqu'on con..."
Vers l'horizon (MAP)
Un secret marchait sur la route
à pas feutrés, tête baissée
le silence l’accompagnait
à pas menus, bouche cousue.
Un chien muet les rattrapa
puis un chat sourd, tout noir velours.
Dans le ciel, la lune en quartier
observait derrière un nuage …
Une étoile fila sans bruit
flèche de feu, griffant la nuit …
… juste le temps d’émettre un vœu.
Sans s’arrêter les compagnons
se dirigeaient vers l’horizon
là où tous les rêves s’enfuient
dans l’espoir d’un bel infini.
Ils étaient étrangers au monde
une brume les entourait
-voile très fin mêlant leurs ombres-
d’un pas égal ils avançaient …
Aux premières lueurs de l’aube
très loin là-bas : un petit point
se fondit en un grand mystère
et … il n’y eut aucun témoin.
* * *
Une disparition inquiétante par bongopinot

Sur une route toute droite et bordée d'arbres
Un vendredi calme, bien agréable et doux
Il roulait depuis le matin il se rendait en Anjou
Où tout le monde l'attendait en ce jour de décembre
Toutes les deux ou trois heures il donnait des nouvelles
Il riait nous disant qu'enfin bientôt il serait parmi nous
Qu'il était pressé de nous embrasser sous le houx
Et de nous raconter toutes ses aventures providentielles
Toutes ces années passées loin des siens l'avaient changé
Mais maintenant il avait un besoin viscéral de tous nous revoir
Bien de l'eau avait coulé sous les ponts depuis son départ
Il avait envie de se détendre et d'enfin se poser
Son dernier appel fût bref car, disait-il, il captait mal
Et voilà deux jours que nous sommes sans nouvelles
Il est depuis introuvable il s'est volatilisé en ce jour de noël
tout cela est vraiment trop bizarre voire anormal
Il s'est évanoui ne laissant aucune trace
Sur cette route toute droite bordées d'arbres
Un vendredi de décembre
Il s'est envolé et depuis personne ne le remplace
Et, nous on attend un signe et les années passent
Reviendra-t-il un vendredi de décembre
Disparition volontaire ou autre
Et, nous on attend un signe et les années passent
Le monde regorge d’histoires de disparitions
Ces affaires sont troublantes car rarement élucidées
Elles continueront encore à hanter et à intriguer.
Ne trouvant comme solution qu'hypothèses et spéculations.
Participation de Fairywen
Le canyon
— Je vous jure qu’elle était là, monsieur, je vous le jure… insistait le malheureux agent. Et puis tout d’un coup, hop, elle a disparu !
— On la tenait presque, monsieur… Regardez, il n’y a que le ravin derrière ! Ce n’est pas possible qu’elle se soit échappée !
— Elle doit encore être là, ce n’est pas possible autrement… gémit un troisième policier en regardant frénétiquement autour de lui.
Le Chasseur ne répondit pas. Seul le tic nerveux qui agitait un muscle de sa mâchoire trahissait son agacement et sa frustration. Elle s’était échappée encore une fois, chacune des cellules de son corps le savait aussi clairement que s’il avait assisté à la scène. Pourtant, à priori, c’était du tout cuit… Pour une fois, elle n’avait pas eu de chance. Les forces de l’ordre l’avaient repéré, et s’étaient lancées à sa poursuite alors qu’elle sortait de la taverne où elle venait de dîner. Elle était rapide, mais le chemin qu’elle avait choisi menait vers les falaises, où elle allait inévitablement se retrouver face au large et profond canyon qui les coupait. Même elle ne pouvait espérer franchir une telle distance en sautant.
Et pourtant, alors qu’elle s’était retrouvée acculée au vide, elle avait disparu. Comme ça. D’un seul coup, sans que les agents lancés à sa poursuite ne comprennent comment.
Mais lui, lui, il savait. Oh oui, il savait…
Indifférent aux excuses que continuaient à lui bredouiller ses subordonnés terrifiés – il était connu pour son intransigeance et ses colères dévastatrices, le Chasseur s’avança au bord du vide et plongea ses yeux dans les profondeurs obscures du canyon.
Et il la vit qui sautait souplement d’un rocher à l’autre, descendant par bonds réguliers vers le fond du ravin. Les coussinets feutrés de ses pattes ne faisaient aucun bruit et ne dérangeaient pas le moindre petit caillou tandis qu’elle leur échappait une fois de plus. Comme si elle était consciente de sa présence, elle se retourna brièvement pour plonger son regard félin dans le sien, et il fut presque sûr de la voir rire. Puis la panthère noire se détourna à nouveau et sa silhouette devenue ombre parmi les ombres s’évanouit dans l’obscurité du canyon.
Bien sûr, il aurait pu parler, mais à quoi bon ? Bien qu’il soit le Chasseur, personne ne l’aurait cru s’il avait dit que l’Ombre était à la fois femme et panthère…
Illustration ici
Participation de Venise
Ma mère ne m’aimait point alors quand elle disparut mystérieusement au bout du chemin ,
J’ai d’abord cherché la présence consolante de ma grand-mère .
Quelquefois je croyais la voir à mes côtés alors je mettais une chaise entre moi et elle pour qu’elle ne m'entraîne pas dans son abîme.
Jamais je ne l’ai vue lever nonchalamment une mèche de cheveux sur mon front endormi.
J’ai donc attendu en toute confiance d’être adoptée.
J’ai appris plus tard qu’elle avait la maladie d’Alzheimer et que ses disparitions successives l’avaient un jour conduite au bord de la rivière où elle s’était noyée.
J’ai retrouvé sa bague en or dans le tiroir de la commode de nuit. Assise sur le bord de son lit je regarde cette bague que j’ai sous les yeux comme un cadeau radieux qu’elle m’a fait sans le savoir.
Mes yeux capturent les milles reflets de la bague et quelquefois j’y retrouve son sourire.
La main du temps a poussé ma mère vers le ciel et depuis des anges viennent vers moi avec des robes à la glace à la vanille.
Ma rêverie m’a longtemps protégée de la brutalité jalouse du monde, sans souci du lendemain.
Dans l’éblouissement de la robe blanche de ma mère flottant à la surface de la rivière, aucun ange maussade n’est venu me prendre la main.
Je suis allée dans la vie un pied bloquant la porte du grand jardin.






