Les nuits à lire sous les draps
Les leçons de danse  avec ma grand-mère
Le catéchisme, la messe, les alléluias
Sont devenus des souvenirs amers
 
J’ai aimé être sage et bien travailler à l’école
Je désirais même devenir une sainte
Où est passée mon auréole ?
Tout ça s’est mué en contraintes.

J’ai voulu toujours me tenir droite, 
Et sourire quand j’étais blessée.
Une posture de timide maladroite
Qu’on se plaisait à harceler.
Je suis tombée de haut
Et j’en ai gardé des traces  
Quand j’ai vu tous les défauts 
Cachés sous la surface. 

Disparue, tu as disparue. 
Disparue, tu as disparue 

Au coin de ta rue. 
Je t´ai jamais revue. 
 
On me disait coupable
Et j’ai cru que c’était de ma faute
J’étais vraiment trop influençable
Leur amour était de la camelote.
 
Comme une victime consentante
J’ai cherché à leur plaire
Puis je suis devenue méchante
Tout pour leur déplaire

J’ai perdu mon innocence
N’était-elle en fait que péchés ?
J’ai perdu mon enfance
A-t-elle jamais existé ?

Disparue, tu as disparue, 
Disparue, au coin de ta rue. 
Disparue, tu as disparue, 
Disparue, au coin de ta rue. 
Je t´ai jamais revue.