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Le défi du samedi

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14 décembre 2019

Pyrénées le divin enfant ! (Joe Krapov)

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Vous êtes bien drôles, mes ami.e.s belges ! C’est bien beau d’inventer des mots techniques pour parler de sports qu’on ne connaît même pas par ici : la longue paume, la balle au poing, la balle pelote... C’est bien gentil de fabriquer les désignations  des terrains de jeu avec les noms de nos départements mais il faut que vous le sachiez : vous faites des jaloux ! 

 « Y’en a marre ! » m’a-t-on dit un peu partout, de la prépondérance de la Drôme et de son suffixe suffisant sur les autres toponymes. C’est vrai que pour occuper le terrain, aérodrome, hippodrome, ballodrome, baisodrome et même palindrome, ce département se pose un peu là. Et pour le déloger du hit-parade, comme on dit à Montélimar, ça ne va pas être du nougat !

Je m’y essaie quand même ce jour et je sors de ma valise magique quelques mots-valises pour le cas où vous auriez encore en réserve quelques sports originaux qui nécessiteraient un terrain adapté.


PAVEYRON : vélodrome dont la piste est recouverte de pavés pour disputer Paris-Roubaix à l’abri de la pluie.

(« L’invention du Paveyron prouve que l’Enfer du Nord est pavé lui aussi de bonnes intentions : on peut désormais assister aux gadins des cyclistes bien installé dans les gradins du vélodrome de Roubaix coin coin vous êtes ridicules » Marcel Proust – Va-z-y Poupou !


AEROHAGARD
: champ d’éoliennes dressé sur une falaise. Les éoliennes sont recouvertes de murs d’escalade. Une fois rendu au sommet l’alpiniste change d’harnachement et peut pratiquer le saut à l’élastique.

(« J’en ai fréquenté des aérohagards ! J’y ai rarement rencontré des acrophobes !" Amélie Nothomb – J’irai cracher sur Boris Vian).


BIGBANGLARDECHE : Terrain de moto-cross labouré par la pluie sur lequel les pilotes n’éprouvent que des misères et, cent fois sur le métier, doivent remettre leur ouvrage.

(« Au Bigbanglardèche, comment peut-on s’imaginer en voyant un vol plané de Steve Warson qu’une moto-crotte vient d’arriver première ? » Jean Ferrat et Jean Graton – Michel le vaillant couturier en pole position)


KYRIELLE-Y-ESSONNE : Chemin balisé d’une longueur de 42 kilomètres sur lequel sont disposés, tous les dix mètres, en fait tous les 9, 14 mètres, des haies d'une hauteur de 1,067 m que les concurrents doivent franchir sans les faire chuter sous peine de crucifixion à l’arrivée.

(« Le meilleur endroit d’un kyrielle-y-Essonne est le kilomètre 39. C’est là où les concurrents font le plus pitié et vous dissuadent à jamais de pratiquer ce genre d’inepties soit disant sportives » Winston Churchill – No sport : We’ll never surrendement).

***

-  On touche le fond, là, Docteur Coubertin, non ?
- Je crois que oui, Joe Krapov, et que vous eussiez mieux fait de vous abstiendre de participer à ce Défi !
 

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14 décembre 2019

Rude journée pour l'arène (joye)

ballodrome

C’est quoi, mes chers, un ballodrome ?

Une sorte de smart ? Un allôdrome ?

Et en Hollande, un hallodrome ?

À la téloche, un mélodrome ?

À la Tour de France ?  Peletodrome,

Ou plutôt contre-la-montredrome ?

Eh oui, ce texte est absurdodrome…

Consigne indigne du drôlodrome.

Alors, bordel !

Soyons formels…

Si c’est pour les mecs

Pas pour l’autre sexe

Il s’agit, tout court, d’un phallodrome.

14 décembre 2019

Tous les chemins mènent au ballodrome (Kate)

 

Si je viens plutôt du Sud, je connais et j'aime le Nord (ainsi que l'Est, l'Ouest, le Centre, etc.) évidemment !

Si aussi bien la saveur des boissons, des plats, des lieux, la chaleur de l'ambiance m'enchantent et si j'ai une multitude de souvenirs colorés, quel bonheur quand mon rêve de visiter l'intérieur de l'Atomium fut enfin réalisé, même s'il faisait en ce mois d'août une chaleur caniculaire et qu'il y avait un monde "bête"...

Atomium_Style

Mais trêve de "carabistouille" (le mot serait belge) !...

a langage

"Afonne ta jatte !" mais peut-être pas si vite, mon ami !

a bière

S'il est aussi vrai qu'un ballodrome (le mot tout autant que la chose) m'est aussi étranger qu'un "tacle de Patrick Vieira" qui, soit dit en passant, ne serait pas "une truite en chocolat"...

Mais si, évidemment, "ceci n'est pas une pipe"... et non, toujours pas...

ceci_continue_denepas_etre_une_pipe

 

 

 

 

 

 

Alors, terminons par ce duo car tous les chemins mènent au ballodrome, n'est-ce pas,

et je dirais même plus...

0 2

 

14 décembre 2019

Fini le ballodrome ! (Laura)


Fini les beffrois et le ballodrome !
Depuis que tu es mort là-haut
J’en veux au Nord et à ses paysages.
 

Fini les kilomètres qui épuisent ;
Les repas de famille
Pour satisfaire tout le monde.
 

Fini de monter et de redescendre
Fini les longues distances
Qui ont arrêté ton cœur
 

Fini les beffrois et le ballodrome !

7 décembre 2019

Défi #589

  

Ballodrome

Ben oui, je suis du nord des Hauts de France,
la basse Belgique quoi... pas la Drôme

5892

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7 décembre 2019

Se sont plongés dans leurs antécédents

7 décembre 2019

Anamnèse (TOKYO)

 
Trois psychiatres prenaient des notes.

 Mon cas était parait- il pire qu’un casse-tête chinois

Docteur j’ai l’impression d’avoir été absorbée par une huitre.

 Vous fréquentez la mer à marée basse me demanda celui de droite qui se tenait près de la fenêtre.

J’avais parié une centaine d’actions de Microsoft et je m’étais ruinée.

Le choc indicible m’avait conduit jusque dans cet hôpital.

Une vielle salamandre sommeille au fond de mon âme docteur

Et que vous dit -elle   me demanda le psychiatre dont la blouse vert fluo commençait à me piquer les yeux.

Ces trois là avaient une allure de chamanes et l’hôpital celui d’une vielle cabane d’indienne.

J’ai des désirs oubliés qui remontent dans mes fissures docteur.

 Je voudrai que vous me parliez argent.

Les trois chamanes étaient en train de rassembler leurs notes.  On aurait dit qu’ils s’étaient mis à l’abri du mauvais temps sous un pont d’autoroute.

Trois Anamnèses   différentes mettaient en évidence toute l’ambiguïté d’un diagnostic.

L’un deux s’approcha de moi avec des poches sous les yeux pareil à un marin noyé.

Vous prenez des opiacés interdits lui dis je en le repoussant. Il y a de la présence d’acide dans les goutelles qui perlent à votre front .

Il fit de gestes amples comme ces magiciens vieillissants perclus d’arthrite.

Je criais/ ne m’approchez plus ou je vous mets de la térébenthine dans le rectum .

C’est là que je me suis souvenu que j’avais des mollets d’acier et que je pouvais franchir les douves du château sans mollir.

 Je voulais simplement une villa en Toscane et me retirer au Bahamas. Et c’est là que mon unique cheveu gris s’est détaché et tomba en voltigeant sur le parquet ciré.

J’avais tout perdu alors encore un cheveu s’en était trop.

On aurait dit une mèche de spaghetti de méduse.

Putain de fumeur d’hasch ne vous approchez pas de moi. Ma sidération devant la chute du cheveux était la même que devant les  cours de la bourse une heure avant le crash boursier

C’est là que je suis arrivée à capter des interférences cosmiques.

En un moment je suis même arrivée à capter une transmission audible.

 Je voyais bien dans les yeux de mes trois cosmonautes que j’étais entrain de m’égarer au frontière du réel .

C’est là que je vis Judas Iscariote étendu sous la véranda. Et pour une raison encore inconnue j’ai vu mes trois disciples éclataient de rire.

On aurait dit trois cinglés mais d’un côté valait mieux tard que jamais ce fou rire réenchanta l’hôpital. Ce sont les serviettes de toilettes sur leurs têtes qui m’ont parues bizarres.

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7 décembre 2019

Agenda d'Ana Mnèse (Kate)

 
Visite au Palais Farnèse

Histoire de faire une parenthèse

Après quelques jours à la Villa Borghèse

Où j'ai entendu bien des fadaises

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Rendez-vous au sommet de la falaise

Afin que mon coeur lui plaise

Mais n'échaffaudons pas d'hypothèse

Bien que ce soit une escapade française

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Colloque en terre islandaise

Au-dessus de la fournaise

Entre neige et braises

Sourdant sous la glaise

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Rencontre avec Corto Maltese

Entre vie d'ascèse

D'aventure de malaise 

Jusqu'à ce que tout s'apaise

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Et à Dieu ne plaise

Soit dit entre parenthèses

Que de la série Treize

Je n'oublie pas de relire la genèse

7 décembre 2019

Je serais... (maryline18)

 
N'avez-vous pas comme moi, eu parfois l'impression de vivre un instant de vie avec un air de déjà vu ou seulement... entendu ?

Un proche vous parle et votre pensée devance ses propos, vous savez exactement ce qu'il allait dire...Peut-être que des situations, des faits se produisent plusieurs fois au cours de nos vies successives ou peut-être qu'on vit plusieurs vies sous d'autres enveloppes, pourquoi est-ce que l'âme ne s'envolerait pas pour vivre d'autres aventures que celle d'être enfermée dans un seul corps, après tout, pourquoi pas...

Cette éventualité expliquerait que l'on s'attache spontanément à certaines pesonnes. Celles-ci nous étaient peut-être très proches, il y a très longtemps, ailleurs ! Si je pouvais choisir et si tout ce qui né, pousse, grandit, tout ce qui joue un rôle dans ce monde, pouvait-être considéré comme "vivant" et bien j'aimerais beaucoup avoir des sensations multiples, des expériences différentes :

Je serais une rose au jardin d'un été sans souvenir... Il me cueillerait dans un élan passionné. Il se piquerait le doigt avec l'une de mes épines mais ne m'en voudrait pas. Il m'aimerait assez. Je lui appartiendrais l'espace d'une journée, peut-être deux...J'incarnerais la beauté, et puis bien sûr je fanerais et il ne penserait bientôt plus à moi, mais peu importe puisque je serais déjà autre.

je serais un souffle d'air froid tourbillonnant. Il se dissimulerait sous un pull, des gants, un bonnet, mais je réussirais à me faufiler entre les mailles tricotées pour éclater de rire en lui filant la chair de poule. Je ferais claquer une porte pour le faire râler puis lui tiendrais discrètement compagnie, caché dans la cheminée. Avec les beaux jours, je mourrais pour renaître autre...encore.

Je serais un oiseau. Je chanterais pour le réveiller tous les matins. Il essayerait mille ruses pour m'approcher. Je le laisserais faire, amusé et quand il penserait pouvoir poser son doigt sur mon doux plumage, floupp ! je m'envolerais et il recommencerait, espérant à chaque fois pouvoir m'apprivoiser. Un jour je tomberais du nid ou d'ennui, enfin peu importe, je serais autre...encore.

Je serais un poil de nez disgracieux. Je le chatouillerais sans relache, jour et nuit pour lui faire payer son désir de m'exterminer sous prétexte que je suis trop voyant, trop long, trop noir...Je l'enquiquinerais jusqu'à ce qu'il trouve l'arme fatale, dans le tiroir de gauche de l'armoire de toilette, la pince à épiler. Mais une vie qui se termine, une de retrouvée...

Je serais son envie de boire un apéro. je débarquerais à l'improviste dans son salon et je m'installerais, comme chez moi. Oh, il ferait semblant de ne pas voir ma présence, il ignorerait mon bonjour, mais je ne lacherais rien ! Je ferais de la résistance jusqu'à ce que la sienne abandonne. En cinq minutes, dix pensées contradictoires viendraient l'assaillir :

-" C'est week-end, un p'tit verre, ç'a me détendra !"

-" Non, pas d'alcool sans un ami pour trinquer, ça file le bourdon...et je sais comment ça va se terminer !"

-"Ou alors... juste un et je le fais durer, durer, durer..."

-"Oh et puis merde, j'me prends une cuite, la dernière !"

"-C'est pas une envie qui va faire sa loi, non c'est non !"

"Et pourquoi pas inviter les voisins...ben non, j'les aime pas."

...

Je vous épargne les quatre autres qui sont du même cru.

Comme toute envie assouvie, je m'évanouirais, (et oui, il aurait craqué ! ) !

Mais peu importe je serais déjà autre...

 

7 décembre 2019

L'anamnèse par bongopinot

 

Un récit médical un interrogatoire

L’anamnèse porteuse de mon histoire

Sur mes antécédents mes maladies

Et sur mes symptôme d’aujourd’hui

 

Et c’est ici et maintenant

Qu’un passé s’égrainant

Me revient en mémoire

Me semblant bien dérisoire

 

Une incessante migraine

Me venant de mamy Irène

Et ce petit problème de foie

Tout comme grand-papa Éloi

 

Tous mes ancêtres alentour

Sont en moi pour toujours

Le bon comme le mauvais

Resteront là à jamais

 

Elle coule entre parenthèse

Ruisselant tranquille à l’aise

Circulant dans mes veines

Doucement sans peine

 

L’histoire d’une vie

Chargée de maladies

D’où l’on se sort parfois

Et nous fait pleurer quelquefois

 

7 décembre 2019

Anamnèse avunculaire (Joe Krapov)

- De l’anamnèse avunculaire ? C’est nouveau, ça, Monsieur Krapov ! Ça vient de sortir ?

- Tout à fait, Docteur ! Ça m’est venu la semaine dernière ! Si je suis comme je suis, un vrai malade de la chanson, c’est la faute de mes oncles. Et ça remonte à loin.

- Racontez-moi ça un peu !

- Mon oncle Roland jouait du cor et déjà pour lui le phénomène marchait. S’il jouait du cor dans la montagne c’est parce que son oncle Charles avait inventé les cols.

- Son oncle Charles ? Ce sacré Charlemagne ? Celui qui mettait des fleurs dans sa barbe et sur sa chemise avant même le flower power, les élucubrations d’Antoine et le mauvais goût de Carlos?

- Plus près de nous c’est mon oncle Léon qui m’a offert ma première guitare. Lui chantait « Riquita », « Ramona », « La Baya » et « Les jolis soirs dans les Jardins de l’Alhambra » en se rasant le matin. Après j’ai hérité de toutes les chansons de l’oncle Georges : que des gauloiseries, des histoires de Germaine, Margot, Marinette, de gorilles en rut et de femelles qui matraquent les gendarmes à grands coups de mamelles. Dans le même genre il y avait l’oncle Bernard qui écrivait des chansons dans les cafés de Montmartre et Pigalle où il passait ses nuits à pitancher et pondre des chefs-d’œuvre.

- J’aimerais tant voir Syracuse plutôt que d’écouter les inepties de mes malades, songe le toubib qui se pose un peu las.

- Il y avait aussi l’oncle Boris, l’oncle Francis, l’oncle André, l’oncle Georgius, l’oncle Pierrot, Tonton Ricet, l’oncle Renaud, la tante Juliette et des tas d’autres. Bref, si je souffre aujourd’hui, docteur, c’est à cause de tous ces oncles qui se sont incarnés en moi.

- Pour les oncles incarnés il n’y a qu’un remède : il faut se gratter la guitare matin, midi et soir !

- Je voudrais bien ! C’est ce que je fais à longueur de temps mais depuis la semaine dernière j’ai un problème : j’voudrais bien mais j’peux point, Docteur ! J’peux plus !

- Ah bon, et pourquoi donc ?

- Je me suis découvert un nouvel oncle. Un furieux ! Un tonton farceur, un malade de la rumba du pinceau.

- Et c’est dérangeant ?

- Un peu, mon neveu ! L’oncle Eustache a tout repeint, les meubles en pichpin, la cabane à lapins et tout mon saint-frusquin ! Je suis obligé d’attendre que ma guitare sèche !

- Bon. Ne vous inquiétez pas. Je vais vous prescrire une laryngite, un gros rhume, une extinction de voix. Vous prendrez du Acapella en gélules et vous éviterez d’aller découvrir Marc Aryan ou d’autres bêtises comme ça chez votre oncle Walrus. Je crois que je vais finir par y croire vraiment à votre « anamnèse avunculaire » !

 

7 décembre 2019

Pour Agamemnon avec amour et abjection (joye)

ananmèse

7 décembre 2019

Le corps se souvient (petitmoulin)


Le corps tout entier
Se souvient
Le sucre d'un baiser
Le fiel d'une morsure
La soie d'une caresse
Le fer d'une blessure
Le regard suspendu
Au soleil de juillet
Et celui qui se brise
Au pied de la falaise
Les mots inachevés
Qui tombent comme fruits verts
Et les mots murmurés
Au faîte du désir
Les gesticulations tapageuses
Du secret
L'aile du papillon
Posée sur le silence

Le corps tout entier
Se souvient
Jusqu'au royaume rapiécé
De l'enfance
 

7 décembre 2019

Anamnèse (Ilonat)


Anamnèse ?
Il aimait bien ce mot  ce mot mystérieux
Cet effort de mémoire pour essayer de concevoir
Comment il en était arrivé là dans ce trou noir
Sans espoir d’en sortir puisqu’il était devenu vieux

« C’est bien la pire peine de ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine mon cœur a tant de peine »
Une autre résonance qui l’habitait parfois
Sans qu’il en partageât la juvénile antienne

« Mon mal vient de plus loin » se disait il aussi
Bien sûr, l’âge venant  l’on n’a plus d’énergie
Tout devient difficile et tout devient plus gris
On voudrait bien savoir pourquoi l’on reste en vie

Et ce matin encore se regardant dans le miroir
Il a pris vraiment peur de ce triste regard
Où se lisait sa honte d’en être arrivé là
A vouloir en finir, ne plus aller plus bas

« Finir ce peu de soupe » disait souvent son père
Lorsqu’il n’en pouvait plus avec tous ces tracas
Nourrir cette famille  affronter la misère
Ces jours sans horizon qui n’en finissent pas

« Mon mal vient de plus loin » se disait-il encore
En pensant à sa mère à son regard chagrin
Après qu’elle ait vécu ces tragédies sans fin
Ces drames quotidiens malgré tous ses efforts

Il aurait pu parler aussi de ce frère jumeau
Parti sans qu’il lui dise à quel point il l’aimait
Lui demander pardon de l’avoir humilié
Quand ce souvenir là  pèse comme un fardeau

Il lui aurait encore fallu chercher plus loin
Dans le fouillis obscur de sa mémoire
D’autres défaites et d’autres ombres  qu’il ne voulait pas voir
Mais dont il ressentait le poids chaque matin

Il en venait à se haïr de sa désespérance
Lui qui avait vécu tant de vies insouciantes
Connu quelques instants de grâce souriante
Pour se retrouver seul devant cette béance

Tout  cela lui pesait  cette réminiscence
De ceux qui n’étaient plus mais qui vivaient en lui
Qui lui parlaient encore dans ce profond silence
Cette présence absence d’hier et d’aujourd’hui

Il lui faudra pourtant  sortir de cette impasse
Retrouver quelque espoir quelque envie d’entreprendre
Ou bien en terminer sans même quelques traces
Tirer un trait ! Adieu ! Quand il faudra se rendre.

« Coucou papa c’est moi »
C’est le message que j’ai reçu hier au soir de ma fille adoptive, la  petite Nini que j’ai laissée là bas à l’Ile aux Nattes.
Allons, il faut sortir de ce brouillard….écrire peut être d’autres choses, plus apaisées


7 décembre 2019

Joyeuses réminiscences (Yvanne)

 

Anamnèse ? Anamnèse ? Quésaco ? Jamais entendu parler d'anamnèse.

Heureusement il y a wiki. Mais que ferait-on sans wiki ? Exit le vieux dictionnaire qui semait des mots à tout vent. Je l'aimais bien pourtant mon Larousse illustré des années 60, à la couverture cartonnée orange. Doit être encore quelque part dans le grenier. Mais enfin aujourd'hui je succombe  facilement à la wikimanie . Plus simple.

 

Revenons à notre anamnèse et voyons ce qu'en dit l'encyclopédie universelle. 

 

    Médecine : antécédents médicaux. Pas matière à palabrer. Jusque là, mon moulin tourne assez bien. Profitons-en : ça ne va pas durer. 

    Psychologie : histoire du sujet. La nébuleuse. Laissons cela.

    Liturgie : fait référence à la mémoire du Christ ressuscité. Peut être intéressant mais à l'approche imminente de sa naissance, on ne va pas anticiper.

    Ésotérisme : recouvrer la connaissance totale des ses propres existences antérieures.

Voilà qui me plaît parce que j'ai vécu plusieurs vies. Pas sept ou neuf comme les chats. Mais au moins une, voire deux. De cela je suis certaine. Allons farfouiller dans les tréfonds de mon âme. 

 

Chaque fois que j'entends le mot « rouge »un déclic se fait dans ma tête. Eh bien oui, je vois souvent rouge. Et pour cause. Peut être étais-je un camion de pompier ? Amusant de faire peur aux gens toutes sirènes hurlantes ! Non, plutôt une Ferrari. C'est tout de même plus chic. Et puis non : je ne pense pas que j'étais une machine. Il en resterait des traces tout de même. Or, je ne connais rien, mais vraiment rien à la mécanique. Un cardinal ? La pourpre cardinalice m'eût bien allé au teint. Mais je n'ai jamais entendu sonner les trompettes de la renommée.

 

Suivez le fil – rouge. Figurez-vous qu'avant de naître Yvanne, je fus le petit chaperon rouge. Comme celui du conte de Perrault me demanderez-vous ? Sûrement. Y en a t-il plusieurs ? Foutaises. Le petit chaperon rouge, c'était moi. Et je m'appelais Cerise. C'est joli Cerise. Ma mère aussi voyait rouge. Si vous saviez comme elle était contente quand j'ai eu la scarlatine ! Bien entendu, elle m'habillait en rouge. Toutes les nuances de rouge. Elle disait qu'ainsi vêtue, je ne pourrai jamais me perdre dans la forêt. 

 

Je me promenais souvent dans les bois. Pas pour me rendre chez mère-grand  avec un panier au bras contenant la galette et le pot de beurre. Non. La pauvre vieille, Dieu l'avait rappelée à lui depuis longtemps. J'allais tous les jours dans la forêt pour rencontrer mon loup. Je me souviens , je chantais à tue-tête :  Loup, es-tu là ?

       Si tu n'y es pas

       Tant pis pour toi.

 

Mon bel animal ne ratait jamais nos rendez-vous. Comme j'aimais son poil noir et brillant, ses yeux

qui me dévoraient déjà, ses dents blanches quand il riait ! Peur de mon loup ? Jamais. Je me laissais embrasser, lécher, mignarder.  Tout. J'acceptais tout de mon loup. Et quand il me disait : « tire la chevillette, tire la chevillette », j'obéissais, ravie. Pour finir mon loup me croquait toute.

 

Je vivais dans un monde merveilleux. J'en rêve encore. Alors, l'anamnèse, vous pensez bien : c'est du pain béni pour moi. Merci Walrus ! 




7 décembre 2019

Anamnèse (Lecrilibriste)


Je me souviens du jour où nous avions habillé la chienne. Elle était si brave notre Flo qu'elle n'avait pas bronché , mais je la revois tourner en rond essayant d'arracher les habits avec ses crocs, énervée avec ses yeux tout malheureux de cet accoutrement qui l'empêtrait.

Je me souviens du jour où nous avions mangé les patates des poules dans la cour, dans leur gamelle  ...Mémé  Louise nous avait fait courir, mais nous on avait trouvé ça bien bon.

Je me souviens  de ma première journée d'école dans un préfabriqué assise sur un banc sans bouger juste à côté de la fenêtre où je voyais dehors, et où j'avais envie d'aller.

Je me souviens de cette blouse noire fermée sur le côté avec des plis que l'on m'avait donnée que je trouvais horrible avec ses liserés verts et qu'ensuite je ne voulais plus quitter tant je l'aimais.

Je me souviens de Moustache et Trottinette, de Bruniquette et Blondinette, du Vilain Petit Canard
 de « Tout est dans tout » et ses histoires, et de la Fée des lilas qui m'impressionnait et que je trouvais si belle

Je me souviens de la petite locomotive de Papa, sur le secrétaire que l'on avait pas le droit de toucher avec Charles car elle marchait au pétrole et elle était sacrée, mais qu'ensuite, mes petits frères ont réussi à bousiller.

Je me souviens des airs de piano que je jouais d'une main sur le piano que ma grand mère nous avait donné et des concours de piano avec madame B. où je perdais régulièrement tous mes moyens et me trompais alors que mon frère faisait des flammes, félicité comme il se doit par madame B qui avait une nette préférence pour les garçons.

Je me souviens des fou-rires avec Charles dans le lit de Mémé Anna, enroulée dans ses châles, qui nous lisait le soir les malheurs de Sophie.  Je me souviens de la liste des habits de poupée que l'on avait offerts pour son anniversaire à la petite Marguerite dans les « Petites filles modèles » ou « les vacances » et j'étais absolument subjuguée émerveillée par une telle débauche.

Je me souviens d'Antoine, un petit copain noir que j'aimais beaucoup, mais je n'avais jamais fait attention au fait qu'il était noir … ça avait bien fait rire Mémé Anna.

Je me souviens de la petite plage aux livres que j'imaginais.  Lulu nous avait dit qu'il avait trouvé des livres au bord de la rivière. Je les voyais, émerveillée,  ils tenaient tout seuls en l'air dans une lumière  auréolée, alors que Lulu qui savait pêcher mais n'aimait pas lire, les avait trouvés dans la décharge et qu'il voulait m'impressionner... Et ça marchait !

Je me souviens des bombardements. On nous avait emportés dans une couverture au jardin, au milieu d'un carré de choux de Pépé et Maman pour nous rassurer criait « regardez les trognons de choux, comme ils dansent » et c'était vrai, je ne voyais qu'eux ...les trognons de choux dansaient.

Voilà, je pourrais remplir des pages et des pages, de ces brefs instants d'enfance que j'ai eu envie de vous livrer,  mais je vous en ai assez dit  pour aujourd'hui car je crois que ça va me faire pleurer  !

7 décembre 2019

Anamnèse (Laura)

 

Antécédents: toi et moi, 25 ans ensemble
Ne pas oublier et avancer
Action de se rappeler à la mémoire
Me souvenir des jours heureux
Notre mariage il y a 16 ans
Et tous nos paysages que je vends
Surtout pour survivre
Et te rendre hommage.

 

7 décembre 2019

Procédure (Walrus)


Après m'avoir fait asseoir devant lui, le médicastre s'empare d'un stylo et d'une feuille (vierge).

Tandis qu'in peto je m'exclame "Ben merde, il a même pas d'ordi !", l'homme de l'art entame sa consultation.

Nous allons, me dit-il, procéder à une anamnèse complète et nous plonger dans vos antécédents médicaux, en  remontant si possible jusqu'à la deuxième génération !

Ben ça commence fort, moi qui viens le voir pour mon amnésie !

 

7 décembre 2019

Peut mieux faire (Vegas sur sarthe)


Je me suis décidé à faire mon anamnèse :
pur produit de terroir, la côte dijonnaise
mâtiné d'exotisme, ancêtre javanaise
abus de pâtes et nouilles, cuisine japonaise
d'escalopes de veau parmesan-milanaise
et bien trop inhalé de fumée havanaise.

Trois bons repas par jour garnis de mayonnaise
mais manger et pisser... façon pakistanaise !
Boudin noir, paillassons, jarret à la lyonnaise
ventre dessous la table et cul à la fournaise.

Le docteur est pantois, d'origine albanaise
émigré Kosovo ou bien de Macédoine
il n'a pas l'air d'aimer mon dodu patrimoine
sur sa chaise il s'agite... un clou ? une punaise ?

Je suis au CMU, ici pas de bakchich
de pantois l'arnaqueur est passé abattu
il en appelle au Code, aux lois, à l'Institut
Je m'en vais adipeux, demain je fais mieux... chiche !

30 novembre 2019

Défi #588


J'avais pensé vous proposer "Amnésie",
mais c'était déjà l'objet du Défi #11.
Mais si, je m'en souviens !

Alors un petit truc de nature à ravir mon neveu :

Anamnèse

 

5881

 

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