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Le défi du samedi

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21 décembre 2019

Une cathédrale par bongopinot

b

 

Dans une cathédrale

Au milieu de la nef

le trône de l’évêque

Appelé aussi cathèdre

 

Une chaise à haut dossier

Toute de bois vêtue

Et toute ciselée

Mais personne dessus

 

Monseigneur n’est pas là

Il prépare sûrement Noël

Près des siens et du ciel

 

Il reviendra peut-être 

Nous porter des présents

Ce serait bien charmant 



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21 décembre 2019

Le cathèdre (TOKYO)

 

On avait retrouvé sous les gravats un homme assis sur cette cathèdre.

Sous des tonnes de béton il était là assis, il souriait.

La centrale nucléaire dans son souffle avait tout emporté de la ville sauf lui.

Sa voix était enrouée comme prise par des tonnes d’encre

Jamais aucun homme n’avait porté ce visage radieux malgré que son souffle soit rabattu par le souffle de la centrale.

Il disait s’appeler François j’étais la seule à le croire.

v

 François d’Assise était là devant moi et il murmurait de belles choses à mon oreille.

Il est ici et impose par son sourire le silence aux fous aux puissants et même à Dieu qui parle trop fort.

Je le suis maintenant il marche dans un paysage irradié par la centrale.

Nous sommes des mies de pain dans la grande galaxie, des grains de farine sur le chemisier de l’univers.

 Ça je l’ai appris de lui, comme j’ai appris à cogner sur tous les matins du monde pour que l’alouette nous revienne.
Sans elle que le monde est triste.
J’ignorai combien le chant de l’alouette m’était aussi essentiel que la lumière.

Ce matin la cathèdre était recouverte d’oiseux locataires du monde dont on avait été expulsés par le souffle de la centrale.

J’ai appris que le monde n’était pas rien que pour nous ça vous tombe sur la nuque dessus comme du plomb cette compréhension-là.

Ce qui est fatigant depuis c’est de pouvoir le dire de le faire entendre avant qu’on ne veuille plus de nous chez nous

 

21 décembre 2019

Rocking chair (Joe Krapov)

1
Sur la cathèdre ou sur le trône
Sous tiare, chasuble ou couronne,
Evêque, roi ou président,
Monarque plus ou moins puissant,
Tu n’es assis que sur ton cul.

2
Qu’on te promène en palanquin
Ou bien dans la chaise à porteur,
Pape, sultan, vizir faquin
Ou maharadjah joli cœur,
Tu n’es assis que sur ton cul.

3
Sur le canapé, en tailleur,
Sur la bergère, en ramoneur,
Empereur, Kaiser ou seigneur,
Ecoute le merle moqueur :
Tu n’es assis que sur ton cul.

4
Sur tabouret, en caquetoire,
Ou sur le bord du faldistoire
Tu peux raconter tes histoires
Pharaon, autocrate ou tsar !
Tu n’es assis que sur ton cul.

5
Pouf, banc, fauteuil, transat, cosy,
Sofa, chauffeuse ou pied du lit,
Divan, fauteuil ou strapontin,
Nabab, Potentat levantin,
T’es posé sur ton popotin !

6
Despote, khan, magnat ou ponte,
N’en éprouve surtout pas honte :
Mêm’ sur le siège des toilettes,
Le pantalon sur les chaussettes
Tu n’es assis que sur ton cul !

 

21 décembre 2019

C comme cathèdre (Adrienne)

 
Léonce-Albert n'est pas content. Léonce-Albert n'est pas d'accord.
Voilà deux ans qu'il fait des allers-retours entre Gand et Rome, deux ans à freiner des quatre fers contre cet aggiornamento désiré par le pape, et dans l'avion qui le ramène en Belgique, en ce mois de décembre 1965, il a du mal à calmer la tempête dans sa tête.
La messe en langue vulgaire? Le maître-autel tourné vers les fidèles? Des chaises sans banquettes pour s'y agenouiller? Des prêtres en costume-cravate?
C'est courir à la catastrophe!
Quelques heures plus tard, quand il salue son chauffeur et monte dans la limousine épiscopale, il a retrouvé la sérénité. sa position d'évêque et le décret Christus Dominus vont le sauver.
Il y a moyen de contourner le problème. De limiter les dégâts.
Léonce-Albert est content.

21 décembre 2019

Promenons-nous en cathèdre et en bois (Kate)

 

Peut-on écrire tout en latin

Non ça ne serait pas bien

Et en grec non plus

Cela n'aurait pas plu

wordcloudex

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-on faire rimer cathèdre

Avec autre chose que polyèdre

Quelque chose en cèdre

Peut-être un rèdre

0-1

Peut-on parler de cathèdre

Pour Junon qui est le parèdre

De Jupiter dieu de l'Olympe

Cela justifierait qu'on y grimpe

0-3

Peut-on diriger ex cathedra

Un village gaulois

Sans l'aide d'un deus ex machina

Cueillant le gui dans les bois

0-6

Peut-on du plus haut

Du pouvoir ex abrupto

Régner in extenso

Par le pouvoir des mots

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21 décembre 2019

Breuvages du comptoir (joye)

C'est deux moines dans un bar à Des Moines...

-          T’as vu cette nénette ?

-          Mouais, c’est mon ex.

-          Mince ! L’est bien en chaire.

-          Normal, elle bosse aux assises.

-          Comment tu l’as connue ?

-          Lors du siège d’Alep.

-          Combattante ?

-          Nan, un peu grincheuse, tout au plus.

-          C’est pour cela que c’est ton ex ?

-          Non…mais elle m’a mené une vie de bâton de chaise…

-          C’est-à-dire ?

-          Elle fichait rien... On ne mangeait que des canapés.

-          Tu te fous de ma gueule ?

-          Beuh non, c’est mon ex à cause de son prénom.

-          Son prénom ?

-          Ouais.

-          Bin, c’est quoi son prénom ?

-          Sofa.

-          Sofa ? Tu veux dire Sofia ?

-          Nan, je plaisante, son vrai prénom, c’est Cathèdre. 

-          Cathèdre ?

-          Mouais, mais je l'appelai Cathédra.

-         Mais pourquoi ? Ça vient d’où ?

-          D’un meublier pour les religieux. Hihihihi !

-          Noméo !  Tu te fous de ma gueule, je vais te casser la tienne !

-          Bah non, calme-toi, mon frère, tu y perds ton latin !

-          Euh…tu me fais marcher, c’est ça ?  Ex Cathédra ?

-          Infailliblement. 

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21 décembre 2019

Cathèdre (petitmoulin)


Tandis que la nuit
Posait un dernier trait d'ombre
Sur son horloge
Un jour neuf
Ajustait ses intentions
Sur la frêle lueur
Du Levant
Le paysage dessinait
Des formes mal réveillées
Au-dessus jardin
L'air vibrait
Du battement d'ailes
D'un oiseau
La  rosée
Semait sa transparence
Sur chaque brin d'herbe

Assis dans le fauteuil de solitude
Il cherchait des mots
Qui n’existent pas
Pour dire la beauté
De ce grain d'éternité
Seul le silence
Dialogue avec les sommets
De l'émotion

21 décembre 2019

Le sacré et le profane" (Laura)


Longtemps, j’ai adoré m’asseoir dans une sorte de cathèdre
Un siège inconfortable mais sacré que je vouais à la prière
C’était avant  que je pense que les paysages sont des sièges
Idéaux pour méditer, lire, prier, marcher : sacrer le profane ?

21 décembre 2019

Game of Trône (Vegas sur sarthe)


Mission accomplie ! Youpi ! Dans l'agitation et la cohue qui bouscule les chalands à l'approche des fêtes et en cette période de trouble social j'ai finalement déniché le cadeau de Noël pour Germaine ; un superbe cadeau à la fois utile et original qui la laissera sur le cul, enfin pas tout à fait car il s'agit d'une chaise gothique .
Mais pas n'importe quelle chaise, d'après le vendeur de la boutique « Troc en stock » c'est l'authentique siège épiscopal où la papesse Jeanne posa son auguste fessier en 855 et ne l'en retira qu'en 858 pour accoucher … il a même précisé que l'expression « la chaire est faible » était née avec ce marmot justement arrivé par le siège.
Cette chaire porterait encore les traces laissées par les forceps mais on a du mal à les distinguer parmi les graffitis gravés au fil du temps par quelques gothiques fanatiques et une enluminure « Made in China » en lettres dorées du plus bel effet … bref, Germaine va être scotchée !
   
Il s'agit d'un des derniers sièges épiscopaux à ne pas être percé – je vais encore faire rire Germaine avec cette expression épices copeaux – car à partir de l'an 1000 un diacre voyeur se glissait sous le siège troué pour y vérifier la présence des burnes du pape et confirmer ainsi la virilité du père de l'Eglise !
Je suis sûr que cette histoire olé olé plaira à Germaine et qu'elle va en boucher un coin à ses amies coincées qui ne jurent que par Ikéa.

J'ai agrémenté le saint siège d'une guirlande d'angelots lumineux qui chantent Minuit Chrétien en polonais ! Ses copines peuvent aller se rhabiller pour trouver mieux chez les suédois et puis Germaine adore les crèches et les chants de Noël qui lui rappellent son enfance à Montfermeil chez les Thénardier (parfaitement sa nourrice s'appelait Thénardier, y'a pas d'mal à ça).  
 
Il me reste à planquer le trône au garage derrière la tondeuse à gazon – son cadeau de l'an dernier qu'elle avait moyennement goûté – et son panier de basket d'il y a deux ans.

Bon Dieu ! Vivement Noël … ça va être la foire du Trône, notre Game of Trône en quelque sorte

21 décembre 2019

La Cathèdre (Lecrilibriste)


Quel noyer fut jadis abattu pour faire cette cathèdre
Quel  ébéniste créateur en eut l'idée
Est-il allé choisir lui-même  l'arbre  dans la forêt ?
Quand le bucheron  l'a coupé a-t-il poussé un cri ?
Il a déplacé l'air … Wouououffffffff -  
et sans rien dire, à jamais, s'est couché
L'artiste ému a regardé  sa quête
longuement a caressé l'écorce
expliqué son idée au noyer
Il  allait le métamorphoser
et en siège royal lui redonner sa force
Il lui ferait un très haut dossier
chaque détail fignolerait
sculpterait tresses, mandalas et dentelles,
un apôtre veillerait chacun de ses côtés
Son éclat souverain marquerait les esprits
l'empreinte de l'artiste, son sceau, son trophée
traverseraient les siècles
Elle résiderait dans la Sainte Chapelle
serait le siège saint où trônerait l'évêque
les bénédictions, en boucle tourneraient
pendant toute sa vie au-dessus sur sa tête

Le noyer abattu ne lui répondit pas
il regrettait l'été, les brumes de l'hiver
le printemps où montait si vivement sa sève
et les paniers de noix qui remplissaient octobre.

14 décembre 2019

Défi #590


Un siège baquet ?

 

Cathèdre

 

5901

 

 

14 décembre 2019

Se sont renvoyé la balle

14 décembre 2019

Habillez-vous de sourires par bongopinot

 

b

 

 

Situé sur la place du village

Un ballodrome est improvisé

Des rectangles y sont tracés

Chaque équipe à son maquillage

 

Ces deux groupes vont s’affronter 

Pour le meilleur et pour le rire

Pour un moment de pur délire

C’est parti la balle est lancée

 

Avec ce jeu de gagne terrain

Un délicieux moment collectif

Pour des sourires communicatifs

 

Les spectateurs café à la main

Encouragent en vrais supporters

Tous de véritables collaborateurs



14 décembre 2019

Quinze et une chasse (Walrus)


Dans ma jeunesse (et jusque dans les années soixante) on en voyait partout chez nous des ballodromes. La balle pelote était un jeu très répandu: on pouvait difficilement parcourir quelques kilomètres sans avoir à traverser le tracé d'un de ces terrains étranges.

Le premier dont je me souvienne se trouvait en face de notre maison de la rue Bois Monceu à Montignies-sur-Sambre. Il était tracé entre cette dernière et la chaussée de Charleroi dans la rue de la Corderie. Aujourd'hui, il n'en subsiste pas trace :

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Ce qui m'avait surpris un jour, c'est de voir mon père assis à l'envers sur une chaise de bistro participer à l'arbitrage du jeu. Il semble qu'il ait été de coutume de réquisitionner des spectateurs pour aider à l'arbitrage. Dans la région de Charleroi on appelait ça des "asperts" (dérivé d'expert, j'imagine). Faut dire que le vocabulaire était spécial par exemple dans l'appellation des joueurs liée à leur position sur le terrain : livreur, passi, grand et petit mitan, foncier. Quant aux règles, ne m'en parlez pas : je comprenais plus ou moins le comptage des points directs, mais la gestion des "chasses" reste un grand mystère pour moi.

Quand j'étais à l'Athénée, le jeu était encore fort en vogue et un des "pions" de l'établissement organisait des jeux avec quelques grands élèves. Comme il ne pouvait pas envahir toute la cour pour y dessiner un ballodrome, il avait imaginé un jeu au fronton (un peu comme pour la pelote basque) qui requérait moins d'espace.

Quand j'ai commencé à travailler au centre de recherche de Neder-over-Heembeek, les ouvriers de l'atelier de mécanique avaient encore une équipe.

Parfois, de joyeux drilles organisaient des rencontres où les joueurs étaient assis sur des chaises pliantes, un verre  de bière à portée de main.

Aujourd'hui, ce sport étonnant est tombé en grande désuétude, il ne reste que quelques équipes, on doit même faire appel à des étrangers : dans le championnat de Belgique il y a une équipe de.. Maubeuge !

14 décembre 2019

Qu’on se le dise ! (JAK)

 

Augustin le maire de Baldigny est dans tous ses états.

Depuis 20 ans qu’il est élu, jamais il n’a constaté telle chienlit dans sa bourgade.  

Chaque jour à son lot de suprise.

Dimanche dernier des protestataires se sont bousculés sur le ballodrome  de la place du marché, pour contrecarrer  le jeu de balle prévu a 11 heures. .

 Prétexte, certains riverains en ont assez des nuisances implantées juste devant chez eux, le dimanche seul jour où ils peuvent farnienter.

Augustin doit également biaiser devant la   revendication des nouveaux bordiers de l’église ancestrale, D’aucuns seraient gênés par le son du jaquemart à heures fixes qui décrètent   insupportable

Pis, à l’entour, un coq a été condamné pour nocuités décibelatrissimes : Chaque matin dès potron-minet, il annonçait le lever du jour.

Sans parler des vaches, à la périphérie du village,   qui ont été sommées d’ôter leur sonnaille car elles émettaient un son insoutenable pour des oreilles délicates, habituées au calfeutrage morbide des écouteurs

Augustin en a par-dessus la tête. Il     est entièrement affligé, au bord du burn-out.

Que faire ?

 

Ses administrés –hormis les récalcitrants- le soutiennent

Ils aiment leur village avec toutes ses composantes

Même l’odeur du fumier ne les rebute pas.

Lors, ras-le bol, dans le bistroquet du coin, réservé aux autochtones, une contre-jacquerie s’élance.

On décide derrière, une pinte de Chuche-Mourette que tout nouvel habitant devra montrer patte blanche avant de s’installer.

Prouver ses origines terriennes, son amour de la nature et surtout

présenter un certificat d’honnestre homme tolérant.

Tant pis pour la désertification, et  si le quota pour l’école, n’est plus atteint, des marmots, ils vont se mettre à en faire, dans la bonne ambiance générale, bien entre eux.

j

14 décembre 2019

Le balladrome (TOKYO)


La nouvelle est tombée à 12h 25 sur les ondes// la ville va subir un assaut sans pareil des martiens. Le Ballladrome est déjà la piste d’atterrissage pour eux
Accrochez-vous c’est brutal le journal annonce que Monsieur le maire est calme et déterminé …sur les ondes la radio annonce en boucle que Monsieur le Maire est calme et déterminé.
Alors que tout le monde le sait, il est prostré dans son lit en train de se ronger jusqu’au sang ses ongles et qu’il est prêt à faire une fugue en ALASKA. Monsieur le Maire est calme et déterminé.
Avec une ambiance pré gilets jaunes les martiens   ont sérieusement entamer les chances d’un deuxième mandat pour Monsieur le maire
 La main sur le cœur Monsieur Le maire annonce tendre la main aux martiens au nom des droits de l’homme.
On en revient aux bonnes anciennes recettes de l’ancien monde. Les boulistes sont passablement agacés On ne va pas négocier avec des PUN KS crient -ils à l’unissons
He bé SI // déterminations et concertation seront les deux mamelles de la réponse du maire
Il faut être attentif à la fin de sa déclaration.  Monsieur le maire se dit attentif aux droits des extraterrestres de circuler librement dans la galaxie ..
 Les balladromistes savent que Monsieur le Maire s’en fou des droits en général de l’humanité terrestre ou extra-terrestre.
Bien sur tout le monde aurait aimé un « cassez-vous pauvres cons » pendant que d’autres voudraient faire sauter à la petite cuillère à pamplemousse leurs yeux globuleux.
Mais le calme déterminé du Maire a apaisé les esprits. D’un pas qui surjoue la légèreté et la bonne humeur alors que ses traits tirés montrent le contraire, il déclare que   la situation est sous contrôle alors qu’en vérité il contrôle que dalle.
Monsieur le Maire fait de l’hypertension il ventile trop.
Pendant ce temps Sur le balla Drôme Eh bien, finis les burgers, finis les frites, fini le reggae sorti du vieux TUB Citroën recyclé en mangeoire place à la haute technologie martienne.
Une vrai tempêtes se tient sous le crane des balladromistes . ils ont décidé des les attaquer à coup de polochons jaunes citrons v

.C’est une sacré intimidation face à cette haute technologie et pourtant .v2
L’un deux s’approche d’un martien he dit/  il y a qu’aux  Etats Unis que les choses sont simples pour vous .Ici c’est pas la même salade . On est pas à la Maison Blanche les cafards on en veut pas .
Est-ce le mot salade ou cafards que les martiens ont mal pris ou la batailles de polochons la question reste ouverte. Ils ont pulvérisé la ville en deux secondes. Le discours de Monsieur le maire tourne en boucle sur les ondes/ je suis calme et déterminé

14 décembre 2019

Waterloodrome (Lecrilibriste)

 

Tout l'monde arrive au ballodrome

dans le bus qui vous amène

chaussée d'Bruxelles à Waterloo

dans une ambiance électrique

amphigourique et cyclonique

on sent grimper l'adrénaline

dans tous ces gens qui se ramènent

« Comme une onde qui bout 

dans une urne trop pleine »

dirait Victor Hugo

 

Ils arrivent de tout côté

pour encourager les équipes 

du Joli bois, d' Bara Chaussée 

du fond d'Vandenbosh

ou du Chemin des Noces

suivre des yeux le jeu

voir gagner leur équipe

dans une lutte acrobatique

« d »un côté c'est l'Europe

de l'autre c'est la France »

Dirait Victor Hugo

 

Et tandis que là haut, tout là haut

Napoléon sur l'aile d'un nuage

rêve aux pruneaux

qu'il  enverrait sur Waterloo

si l'histoire était à refaire

s'il pouvait renaître en héros

« Et lui, chêne vivant, par la balle insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regarde tomber autour de lui ses branches »

Dirait Victor Hugo

 

Debout sur son nuage, l'empereur regardait

les échanges de balles, l'équipe qui montait

boulets, mitraille, obus, pleuvaient

son équipe affaiblie au bord de l'asphyxie

donnait le maximum, l'autre était aguerrie

Ils vont gagner les gueux, on va perdre  bataille

plus jamais ne viendrai encourager les miens

« Ö chute d'Annibal ! Lendemains d'Attila
Ô Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas ! 

Dirait Victor Hugo

 

Sur son nuage en maugréant, l'aigle s'en retourna

A cet instant , sur Waterloo,  une averse tomba.




14 décembre 2019

Galéjade et parti pris (Ilonat)

 

La semaine dernière

Je me suis pris la tête

À plancher sur un thème

Qui m’a laissé un goût amer

 

Comme on s’est séparés avec Germaine

(Non, ce n’est pas la même !)

Je l’ai raccompagnée chez sa marraine

Qui habite là haut

Dans ces brumes lointaines

 

On a roulé toute la nuit

J’ai dormi à l’hôtel

Et le matin je me réveille

Je descends sur la place

Les yeux plein de sommeil…

Peut-être mal dormi

Ou les quinquets mal embouchés

Et pleins de préjugés

Mais  là j’en reste sur le flanc

 

Mince ! À quoi ils jouent ceux là

On dirait la pétanque

Mais le terrain est goudronné

Avec de grandes marques blanches

Comme s’ils jouaient à la marelle

 

C’est entendu !

Je n’ai pas pris le temps de scruter le cliché

Juste un petit coup d’œil

Sans avoir pris le soin

De faire un peu la mise au point

Je ne vais pas chercher Midi à quatorze heures !

 

Mais tout de même !

Ni boule ni cochonnet !

Pas même de platanes ombrageant le terrain

Ni de Café du Centre pour la fin de partie !

Vous avez dit cliché ?

 

Je me frotte les yeux

Je vais un peu plus loin interroger un wikipède

Le quidam me répond :

« Enfin monsieur vous divaguez

Vous êtes dans le Nord

Pas chez vous en Provence

Ici on joue au jeu de paume, à la balle pelote

« kaatspel » si vous voulez, en bon Néerlandais »

Et il commence à m’expliquer les règles…

 

Putain !

Déjà qu’avec Germaine (bis)

Ça ne tournait pas rond

Ça m’a foutu les boules

 

D’accord !

Les gens du Nord ont le droit d’exister

Comme tout un chacun

Avec un ciel si bas qu’ils n’ont même plus d’été

Ils ont quand même au cœur et chevillé au corps

Le rayon de soleil qu’ils n’ont peut être pas dehors

Mais tout de même !

Jouer à la baballe en regardant en l’air

Ça ne fait pas sérieux !

 

Ça va. J’en assez vu

Moi, je reprends mes billes

Et je rentre à Grignan

 

14 décembre 2019

Tout pour le drome (Vegas sur sarthe)


« Bienvenue chez Tout pour le drome, Monsieur ! Que cherchez-vous ? »
« Je suis à la recherche d'un ballodrome belge»
« Vous tombez à pic. Nous sommes spécialisés depuis 1920 dans tout ce qui concerne le drome »
« Mais avant toute chose, auriez-vous... euh... des toilettes ? »
« Non mais nous avons un pissodrome au bout du couloir à ... »
« Tant pis. J'aurais préféré des toilettes »
« Donc vous cherchez un boulodrome »
« Pas du tout, j'ai besoin d'un ballodrome belge»
« Dommage. Nous avons un magnifique boulodrome d'origine phocéenne, celui-là même qui a vu Fanny se faire tant de fois embrasser le cul... au point que certains l'appellent baisodrome et ... »
« Non merci. C'est un ballodrome pour faire du sport dont j'ai besoin»
« Voyons ça ensemble dans notre catalogue...  je suppose qu'un Aérodrome ne vous intéresse pas plus qu'un Autodrome »
« En effet »
« Bon … Voyons plus loin. Est-ce que vous faites du vélo ? »
« Non, pas plus que ma grand-mère»
« Dommage, il nous restait des pans de bois du premier Vel d'Hiv datant de 1903 et … bon, je n'insiste pas »
« A la lettre B comme Ballodrome, vous auriez quelque chose ?»
 « Hum … Nous avons une caserne, genre sac »
« Une caserne, genre sac ? C'est comme un ballodrome belge ? »
« Non. Excusez-moi... c'est un palindrome – un truc qui marche dans les deux sens – mais on a du mal à le refourguer alors je le propose systématiquement aux clients»
« Non merci, pas besoin d'une caserne mais juste d'un ballodrome belge »
« Ah oui... un ballodrome … c'est ballot ce ballodrome, je n'en trouve pas, par contre si vous goûtez au tiercé je peux vous ... »
« Je vous vois venir avec votre hippodrome! Mais vous avez vraiment des hippodromes à vendre ? »
« Oui Monsieur, tout ce qui se fait en Drôme ou ailleurs »
« Et mon ballodrome belge ? »
« Hum … belge … belge … ah si ! J'ai un superbe cynodrome en Liège ! »
« Vous avez un cynodrome en liège ? On fait vraiment courir des lévriers sur du liège ?»
« Oui ou plutôt non mais dans la province de Liège, celui-ci est en Awans»
« Comment ça en avance ? »
« Non Monsieur, pas en avance mais à Awans … c'est du wallon. Bref, avec quelques adaptations vous devriez pouvoir en faire un ballodrome sinon ça sera quand même belge, voyez-vous »
« Quelques aménagements dites-vous ? »
« Oh, peu de choses car le cynodrome a déjà l'arrosage automatique »
« Merci mais j'ai déjà acheté une buvette, alors votre arrosage ... »
« Savez-vous Môssieur que celui-ci est de renommée internationale puisqu'on y a fait courir des afghans et des persans ! »
« Oh vous savez, ce qui m'importe c'est qu'on puisse y mettre des chasses »
«Pour la chasse je vous conseillerai plutôt le braque allemand ou l'espagnol breton »
« L'espagnol breton sur un ballodrome belge, vous ne craignez pas que ça fasse un peut trop international ? »
« C'est vous qui tirez votre plan, Monsieur »
« Et bien je vais réfléchir … mais dans l'urgence j'essaierais bien votre pissodrome»
« C'est au bout du couloir à droite … la porte en liège»
« Décidément ... »

14 décembre 2019

K comme kaatsing (Adrienne)

 

Devant le grand portail de l’église, celui qui ne s’ouvre qu’aux mariages, aux enterrements et le premier dimanche de la kermesse d’été, il y a une placette. Elle n’est ni ronde, ni carrée, ni rectangulaire. La petite n’apprendra que dans deux ou trois ans que cette forme-là s’appelle un trapèze.

Quelques lignes blanches y sont peintes. Quand elle traverse la placette, fermement maintenue par la main de sa grand-mère, la petite essaie toujours d’en suivre le tracé en sautillant.

Le plus souvent, on va vers la droite, pour rentrer directement à la maison. Grand-mère marche vite parce que la rue descend. Puis on remonte par la pâtisserie si c’est dimanche et qu’on doit encore passer prendre le millefeuille ou le saint-honoré.

Le plus beau jour de l’année, c’est quand la petite tient la main de son papa. Ce jour-là, des hommes habillés de blanc occupent la placette. Ils se lancent une petite balle en faisant de grands gestes pour qu’elle aille le plus loin possible. Mais généralement quelqu’un la rattrape.

– Pourquoi ils ont seulement un gant ? demande la petite.

Papa ne répond pas. Il n’a même pas entendu la question. Tout autour du trapèze, des hommes crient « Quinze ». Papa discute en gesticulant. Il a oublié la petite.

Parfois personne ne réussit à rattraper la balle. La petite a peur qu’on ne la retrouve plus, comme quand petit frère envoie son ballon dans le jardin d’Oscar, le vieux monsieur d’à côté, celui qui raconte des histoires si terrifiantes sur le Peitie Baboe, ce monstre qui vient la nuit pour enlever les petits enfants. Même les enfants sages.

Puis la balle atterrit dans les pieds de la petite, qui s’en saisit vivement. Elle est dure, tendue de cuir blanc, et on peut y voir le gros fil avec lequel on l’a cousue.

– C’est une drôle de balle, dit-elle.

Mais déjà on la lui retire vivement des mains.

– Ça s’appelle une balle pelote, dit son papa.

 

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