Augustin le maire de Baldigny est dans tous ses états.

Depuis 20 ans qu’il est élu, jamais il n’a constaté telle chienlit dans sa bourgade.  

Chaque jour à son lot de suprise.

Dimanche dernier des protestataires se sont bousculés sur le ballodrome  de la place du marché, pour contrecarrer  le jeu de balle prévu a 11 heures. .

 Prétexte, certains riverains en ont assez des nuisances implantées juste devant chez eux, le dimanche seul jour où ils peuvent farnienter.

Augustin doit également biaiser devant la   revendication des nouveaux bordiers de l’église ancestrale, D’aucuns seraient gênés par le son du jaquemart à heures fixes qui décrètent   insupportable

Pis, à l’entour, un coq a été condamné pour nocuités décibelatrissimes : Chaque matin dès potron-minet, il annonçait le lever du jour.

Sans parler des vaches, à la périphérie du village,   qui ont été sommées d’ôter leur sonnaille car elles émettaient un son insoutenable pour des oreilles délicates, habituées au calfeutrage morbide des écouteurs

Augustin en a par-dessus la tête. Il     est entièrement affligé, au bord du burn-out.

Que faire ?

 

Ses administrés –hormis les récalcitrants- le soutiennent

Ils aiment leur village avec toutes ses composantes

Même l’odeur du fumier ne les rebute pas.

Lors, ras-le bol, dans le bistroquet du coin, réservé aux autochtones, une contre-jacquerie s’élance.

On décide derrière, une pinte de Chuche-Mourette que tout nouvel habitant devra montrer patte blanche avant de s’installer.

Prouver ses origines terriennes, son amour de la nature et surtout

présenter un certificat d’honnestre homme tolérant.

Tant pis pour la désertification, et  si le quota pour l’école, n’est plus atteint, des marmots, ils vont se mettre à en faire, dans la bonne ambiance générale, bien entre eux.

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