09 juillet 2011

Défi 11 (32Octobre)

 

Pour cette consigne, vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous êtes.

 

Le réveil vibra, je regardai machinalement l’heure qui clignotait : 6.66
L’incongruité de l’heure affichée ne m’émut même pas
Machinalement, j’effectuais des gestes qui devaient être ceux de tous les matins précédents.

D’abord le pied droit, puis le pied gauche… ma main droite sur le mur tout proche, puis le gauche… demi-tour vers la gauche… cinq pas puis amorcer un virage à angle droit vers la droite… dix nouveau pas… puis à droite toute… et je me trouvais face à un grand miroir… et surtout face à un inconnu…

Qui était cet homme… quel reflet !
L’image de Mathusalem face à moi…
Qui était cet homme… quel reflet !

Je parais avoir un âge très avancé… vraiment très avancé
Ce siècle n’avait que 11 ans mais moi… combien d’années à mon compteur ?
Impossible de savoir.
Qui étais-je devenu au cours de la nuit ?
Quel saut en arrière dans le temps ?

Je me pinçais…
Mes gestes étaient lents mais ne se reflétaient pas dans le miroir.

Qui était cet homme ?
Moi demain… après-demain… dans un siècle…

Je ne voulais plus rien savoir.
Je commençais à trembler… la sueur coulait de mon front…
L’homme me souriait…

Je me retournais… j’étais seul…
Mon reflet était lui…
J’étais devenu lui…

Il fallait que je rebrousse chemin, que je remonte le temps
Il y avait eu erreur d’aiguillage

J’abandonnais le grand miroir… je reculais… à droite toute… puis dix nouveau pas… puis amorcer un virage à angle droit vers la gauche…… cinq pas … demi-tour vers la gauche… reculez d’un pas… s’asseoir sur le lit… se tourner… s’allonger…

Je regardai machinalement l’heure qui clignotait : 4.44

Je pouvais me rendormir. Je ne me levais qu’à 5.55.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :


Gisèle (défi 11) (Tracy)

Défi 11 : Vous vous réveillez un matin et vous ne vous rappelez plus de qui vous êtes.

 

          Le soleil commence sa douce ascencion. Le boulanger a commencé sa danse du pain depuis déjà 3 heures. Le brouhaha des conversations étudiantes se mêlent aux bruits des pots d'échappement et de ces personnes actives pressées de rejoindre leur train-train quotidien. Alors que tout suit son mouvement, Gisèle se réveille ...

         Les draps me caressaient encore. Je sentais une étrange sensation. Je ne reconnaissais ni l'odeur des draps, ni l'odeur qui s'émanaient de moi. Ne pas ouvrir les yeux. Ne pas savoir, pas encore. Je me laissais ce temps pour m'imaginer ce que je voulais. Voilà c'est çà! Qu'importe qui j'ai été ! Qu'importe ce que j'ai fait, ce que j'ai voulu faire.

          Des bruits de pas. Ne me dis pas que tu vis encore chez tes parents ! Ho ! Peut-être que je suis mariée ! C'est bien ma veine, je me voyais déjà vivre sans contrainte. Marié, cinq goss, la maison, le chien, le chat. "Maman on mange quoi ce soir?", "Maman il est où papa?", "Chéri tu peux me repasser ces 150 chemises s'il te plait?", "Quoi tu n'as pas contacter l'électricien?". Elle tendit l'oreille-Silence. Dieu merci, s'était sans aucun doute les voisins. 

          La porte de la chambre s'ouvre alors."Chérie?"- Non de non ! Je suis mariée. Allez, n'ouvres pas les yeux, fais semblant de dormir, il va bien partir non ? "Mon coeur, mon amour, ma caille?" Mon Dieu, qu'il est niais ! Que m'est-il passé par la tête pour épouser un homme pareil ? "Je m'en vais, ton mari va bientôt rentré de son voyage". Moi ... Comme çà. Rendors-toi Marine ... Marine ? Claire ? Paprika ? Qu'est-ce que j'en sais de mon prénom moi ? Voilà. Le seul détail que je connais de moi est que je suis une trainée. Peut-être bien que non ! Mon mari m'a sans aucun doute fait du mal et j'ai du trouver du réconfort chez ... Je ne sais même plus qui c'est.

          Il serait peut-être temps que je sache à quoi je ressemble... Trop difficile et si en plus j'étais laide ? Sa main caressa tout d'abord ces cheveux. Il sentait bon la rose, ils étaient court, ondulé et doux. En les secouant celà titilla ses épaules. Sa main suivi cette indice et toucha son éclanche droite. Peau douce, nota-t-elle. Sa main arrêta sa descente. Comment étaient ces lèvres ? Lentement son index s'aventura sur sa lèvre supérieure. Puis sa lèvre inférieure. Longue descente passant de son cou à son abdomen. Juste sous ses seins elle sentit un petit grain de beauté tout en relief. Un bruit strident retenti.

           Qu'elle horreur cette sonnette, si je reste ici faudrait penser à la changer. Faut que je me lève ! Et c'est ce qu'elle fit. Elle se dirigea vers la porte avec difficulté. Sacré jambre, j'ai dû me faire du mal. Je ne sais même pas par où aller ! Bon ... Ah ! Les toilettes ... La cuisine ... Ouh ! C'est pas du Ikéa ! Non mais Jacqueline ! Tu te rappelles d'Ikéa mais pas de ton mari, de tes hypotétiques goss ? Deuxième coup de sonnette... Mais qui ça peut être ? Oh ! C'est peut-être Albert. Albert ? Pourquoi je dis çà moi ? Je commence peut-être à me souvenir ... Oh non, il faut vite que je m'en aille de là, je ne veux pas me souvenir. Eh ! Jacquy, si ça se trouve ta vie n'est pas horrible. Fais le tour du proprio et tu verras après. V'là que je me cause ! Troisième coup de sonnette. Bon enfile quelque chose et vas voir qui c'est. Non, imagine c'est peut-être quelqu'un de ta famille. S'ils apprennent que tu ne te souviens plus de rien, t'es bon pour l'hôpital psychiatrique. 

         Alors qu'elle cherchait la salle de bain, elle traversa le salon. Sanctuaire des photos de famille. Elle tenta de ne rien regarder, de ne pas croiser son regard dans ce grand miroir placé face au canapé en cuir chocolat en parfaite association avec ces coussins caramel. Marche, regarde droit devant toi ! "Nage droit devant, nage droit devant toi" Mais pourquoi je me rappelle de Némo ? C'est peut-être un signe... Ikéa, Némo ? Tu déglingues Jacquy ça ne fait même pas une journée que t'es là à essayer de trouver des indices là où il n'y en a pas. Mais je vois, je suis peut-être inspectrice. Le quatrième coup de sonnerie sonna la fin des doutes. Malgrè cette photo d'un homme et d'une femme se tenant la main, elle pris sa décision. 

          La chambre. Placard ? Placard ! Elle prit quelques affaires, les rangea dans un sac qui traînait par là. Pris le soin de s'habiller sans se regarder. Elle ouvrit la fenêtre de cette chambre, qui devait être la sienne. Regarda une dernière fois ses draps où avait eu lieu quelques heures auparavant l'adultère. Là où elle avait été cette ancienne "elle". Voilà le monde s'offre à elle maintenant...

         "Euh Madame Kolin ? Que faites-vous ? On vous trouve enfin. Ce n'est plus chez vous, vous le savez. On vous l'a déjà dit. Ben pourquoi vous me regarder comme çà? Pardonnez-moi. Venez, asseyez-vous. C'est votre fille Marine qui m'envoie. Elle est votre seule famille, vous devriez renouer le lien. Bah dites quelque chose. Pourquoi cette valise ? Se ne sont pas vos affaires. Plus rien n'est à vous ici. Alors sayez! Vous avez enfin accepter ? Ne me dites pas que vous ne comprenez pas. Vous nous faites le même coup depuis 10 ans maintenant. Vous avez un problème Madame Kolin. Je vous assure. Hier encore, vous vous êtes fait passé pour la voisine. Allez, venez, je comprend, ce n'est pas de votre faute. On retourne à la maison. Votre vraie maison. Il y a Clotilde qui vous attend. Mais si votre infirmière ! Venez ! Ah ! vous avez encore perdu votre canne ? Attendez-moi là. Une minute s'écoula. Allez, on rentre au bercail. Voilà la vie reprend Gisèle.

1

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

28 août 2010

Forget-me-not (Joye)‏

Defi # 11

Pour cette consigne, vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous êtes.


- Houx, âme, ail ?  Mais cela n'a pas de sens, madame. Que voulez-vous dire ?

Man, that's so weird, what are those sounds coming from that guy's mouth? I think I've been abducted by aliens, making strange, yet melodic sounds. His mouth keeps moving, the sounds keep coming out, but they make no sense. He's wearing scrubs, he must be a doctor or a nurse. Surely he can help me to remember who I am. So, I repeat my question.

- Houx âme ail?  Who am I?

A lady standing next to him seems to understand what I'm saying, because her expressions changes and she murmurs something to the man trying to talk to me. He shrugs his shoulders, and then the lady speaks to me directly :

- Huis donne tenaut houx yeux arts. Doux yeux naute riz-membaire ?

It hits me.

She's French. That's French she's speaking. Heavens to monsieur Chabert, the old Parisian who tortured me for four long years in college! I've died and gone to francophone heaven. Maybe there is a God after all, and He is pleased with me and has rewarded me by sending me to the French-speaking side of Paradise.

All the same, Satan has made sure that I've forgotten every morsel of French I ever knew.

I scrunch my face. They think I'm having a heart attack.

- Non ! I cry, raising my hands to ward off the paddles. Non ! S'il vous plaît !

- Ah ! Quand même ! Vous parlez français, madame ! Fort bien. Alors, dites-nous, qui êtes-vous ?

I struggle some more. I think they're asking me who I am.

- C'est ça, le problème, I respond. Je ne sais pas qui je suis. I just don't remember. Don't you know who I am? Ne savez-vous pas qui je suis ?

Après encore quelques minutes de pénible conversation en anglais et français, difficile, parce que je ne saisis pas tout ce qu'ils disent, mais je comprends enfin qui je suis. J'entends la dame chuchoter un nom à l'homme habillé de blanc.

Ah, d’accord !

D'après eux, je suis Bea Lang.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :

21 août 2010

DIX VIES EN UNE -défi 11- (Cédille)

 

Chaque matin je me levais et ouvrais les yeux sur un décor ou le pharaonique le disputait à la grandeur solennelle d'une cathédrale. La soie des draps me caressait délicatement à chaque mouvement et j'éprouvais un plaisir sans bornes à promener mes jambes sur le tissu précieux. Puis venait jusqu'à mes oreilles le chuchotement des vagues du lagon comme un appel à l'amour dans une eau qui avait la pureté d'un diamant noir...

Le miroir me renvoyait l'image d'une jeune femme blonde qui aurait pu être belle si elle n'avait abusé la veille d'une petite mousse, suivie d'une autre petite mousse, suivie d'une, non de beaucoup de petites mousses ! Je pris une Royale menthol en chantonnant : j'sais plus qui j'suis, j'sais plus qui j'suis !


Un appel retentit : Ève ! Ève !... Je mis un temps avant de réaliser qu'il s'agissait de moi... Je ne savais plus, après tant de vies vécues en une seule !

Ce que je savais c'est que j'avais très envie d'un diamant, d'un gros diamant. Depuis la veille cette envie ne me quittait pas.


D'ailleurs parlons diamant pensais-je... ne pas oublier de suggérer au grand Zig qu'il n'y a pas meilleur cadeau pour prouver son attachement, mais fais gaffe Henriette (Henriette je crois que c'est moi mais j'ai un p'tit doute,) veille surtout à ne pas pousser le pépère dans les orties... et pendant que tu y es veille aussi à ce que ta caboche garde bien en elle que tu es Ève ici... et prends bien soin de laisser Henriette là où tu aurais bien cru la voir finir son existence : au Juvénat de l'île trucmuche ou sur les planches du Fol Amant ! Penses-y bien ma toute belle me disais-je en me levant pour savourer le petit déjeuner qu'un tahitien musclé à souhait venait de déposer devant moi (faudra que je trouve un instant pour lever le tahitien pensais-je).


Ève ? Henriette ? Sœur Maria de Jésus ? Ninon Bouche en Cul ? Lova Roploplo ? Je ne savais plus très bien. Faut dire qu'il y avait de quoi !


Née Henriette LEGROS dans les années cinquante, j'avais passé mes quinze premières années en cité d'urgence avec quatorze frères et sœurs, deux parents alcooliques professionnels, une grand-mère voleuse de poules et fille de joie à ses heures (on l'appelait encore La Grande Lola), un grand-père qui à quatre-vingt ans estimait encore être le parrain du coin même s'il n'était  plus charrieur à la mécanique (Fred Pied Léger qu'on le surnommait, car il était aussi leste qu'un danseur étoile), c'est vous dire !


A quinze ans, ivre de l'univers (que je croyais m'appartenir) j'étais partie un matin sans demander mon reste. Las ! Qui n'a pas connu la rue ne peux comprendre. Un temps je crus à l'amour, le vrai, l'éternel, celui qui vous fait briller dans les yeux de l'autre, je suis une passionneuse qui dévore tout au propre comme au figuré, faut l'savoir !


Voilà ce que j'étais jusqu'à ce que Bébert le Toulousain, mon homme, mon marlou chéri aux yeux fauves me prête à Yamamoto Kadératé un japonais ex sumo au regard plus torve que torve !


Nouvelle fuite, nouvel univers, nouveau nom ! Je fus recueillie par une dame patronnesse, comtesse de son état, qui me confia au Juvénat des Filles du Christ. Je mis un temps à m'adapter. Par exemple les sœurs n'aimaient pas du tout me voir dévaler les étages sur la rampe d'escalier, n'appréciaient pas vraiment de m'entendre proposer la botte au jardinier du monastère (moi j'étais gentille, j'voulais faire plaisir à ce pauvre homme). Je mis un an avant de répondre lorsque j'entendais « Sœur Maria de Jésus, au parloir ! »


Il fallait que je me regarde dans la petite glace de ma cellule et que je me répète : si t'entends Sœur Maria de Jésus tu réponds, Sœur Maria de Jésus, c'est toi !


Le Juvénat c'était pas si mal, sauf qu'il fallait se lever au milieu de la nuit pour aller à la prière alors qu'auparavant c'était l'heure à partir de laquelle je commençais à trouver un certain goût à l'existence ! Je garde encore le souvenir de nuits de salsa et de samba dans les bras de Bébert !


- ah c'que t'es belle ! Ah c'qu'e t'es bonne Ninon Bouche en Cul me serinait-il ! La danse tu l'as dans l'corps comme du bon pinard !


Hélas ici, au Juvénat, salsa et samba ne faisaient pas partie de l'ordinaire des nonnes et le seul exercice physique autorisé était la génuflexion et l'exercice terrible du Prie-Dieu ! Faut l'voir pour le croire ! Deux heures à genoux sur un Prie-Dieu est un exercice de niveau olympique et vous en sortez aussi moulue qu'après passage dans un presse-purée ! Ajoutez à cela que j'avais une voix qui arrachait des cris d'effroi à la chorale des nonnes et vous aurez compris !


- Vous roucoulez Sœur Maria me répétait la Mère Abbesse, vous roucoulez, c'est indécent !


Il y avait aussi mon vocabulaire qui ne satisfaisait pas et j'avais du mal à faire comprendre à la Mère Supérieure


- qu'aller au canard ça faisait du bien,

- que « les dessous de Paris » n'étaient que mon porte-jarretelle et ma petite culotte,

- que lorsque je disais que Sœur de l'Enfant Roi se parfumait à l'essence de chaussette ça voulait dire qu'elle puait des pieds

- qu'un étalon n'était pas un cheval, encore moins un bourrin mais un homme qui faisait bien l'amour

- que je n'étoufferai plus jamais la bouteille de vin de messe... je disais vrai !


Bref les nonnes se déliquéfiant et la Mère Supérieure s'étranglant, j'avais l'impression désagréable d'être de la Paroisse de la Nigaude, et entre roucoulades et Olympiades du Prie-Dieu j'ai déclaré forfait au bout d'un an. Adieu l'habit immaculé, adieu le voile qui me coupait le front, à moi bas noirs, bouche rouge et tout le reste... Et puis une année sans amour... rouillée que j'étais !


Ce fut alors que des envies de salsa me reprenant j'eus l'audace de me présenter à la porte du Fol Amant, une cave où paraît-il on cherchait des danseuses. Il fallait un cul, une bouche, des jambes, des seins... J'avais tout le matériel sur moi ! Ce fut avec succès que je passai l'examen. L'on me baptisa Lola Roploplo (mon tour de poitrine).


J'eus un succès fou, les hommes se disputèrent mes faveurs (j'étais partageuse), mais un jour IL vint, lui, le Président «de» ou «du», je ne sais plus très bien. Le pouvoir est une drogue savez-vous, surtout lorsque vous l'avez sur un homme tel que lui. J'avais tout : la beauté, l'amour, le pouvoir, l'argent, le Président !


J'avais trouvé ma vraie place. Certes je ne porterai jamais son nom, mais aujourd'hui encore il m'a à la bonne, et c'est moi et non Bobonne qui s'étale dans l'eau du lagon. Si j'osais je chanterai bien Voilà Ma Gloire, mais je dois rester digne, Ève je suis devenue, Ève je dois rester... même si c'est un peu dur d'être plusieurs !



Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :

14 août 2010

Y a des matins comme ça (Poupoune)

Ah ! C’est quoi ce bruit ? Un réveil, oui… Bon… où il est ? Ah… et comment ça s’arrête… ? Voilà. Bon. Merde. Je suis où là ? Il fait sombre, je vois pas grand-chose… C’est une chambre. Bon. Un lit. Un chevet. Une armoire. C’est joli. Bien. Je ne sais pas chez qui je suis. En fait… Putain, je sais pas qui je suis ! Merde. Merde, merde ! Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?!

… Bon. Calme… Respire. Pas la peine de s’énerver. Allez. Je me lève, déjà. Bon. Je ne reconnais rien ici. Je vais voir les autres pièces… Couloir. Une porte. Voyons… Ah. Une chambre d’enfants. Deux lits. Des formes sous les couvertures. Je referme vite, sans bruit. Il y des photos au mur. Où est la… voilà. Lumière… Un monsieur et une dame. Des enfants. Deux. Ceux de la chambre ? Les visages ne me disent rien. Je regarde mieux… Non. Je continue. Nouvelle porte. Salle de bain. Miroir. Mon reflet dans la pénombre. Je ressemble à… oui. Lumière. Ah, oui. Je suis la dame des photos. Putain de merde. Je suis chez moi ? Et les enfants, là, alors… ? Instinctivement, je porte la main à mon ventre. Instinct de quoi ? Tout juste si je suis sûre d’être une fille, alors une mère ? Putain c’est quoi ce merdier ? Et le type, il est où ? Il y a des affaires d’homme, là. Il doit vivre ici aussi… Bon. Je vais le chercher. Il pourra sûrement m’expliquer… J’éteins la lumière et je retourne sur mes pas. Nouvelle porte. Toilettes. Je continue… Encore une porte… J’hésite. C’est… bizarre, ces portes qui ouvrent sur un inconnu qui… qui devrait m’être familier, non ? C’est… angoissant. Je ne comprends pas. Je ne sais même pas comment je m’appelle et ce que je fais là et… Stop ! Calme… Respire. Allez. J’ouvre. Vestibule. Placard. Deux portes ouvertes. Cuisine et… Salon. Je vois le dos d’un fauteuil. Quelqu’un dedans. Avec un journal ouvert. Bon. Il ne m’a pas entendue, on dirait. Je toussote. Pas de réaction. Peut-être qu’il s’est endormi sur son journal. J’approche. Oui. Il dort. Non, il… Non. Je recule. Je cherche la lumière. J’allume. Je reviens vers lui. Il est… Le journal est taché. Rouge. Il ne dort pas. Il est… Je suffoque. C’est le type des photos dans le couloir. Je crois. Je ne veux plus le regarder pour vérifier. Il a un trait rouge à la gorge. Un trait de… Un… Je ne veux pas revoir ça. Et mon regard est… mon regard est attiré par l’image tachée du journal. Un dessin. Un visage. Un portrait… Un por… Je lève les yeux et vois mon reflet dans la vitre. Le dessin… un portrait. Mon portrait. Portrait-robot. Un avis de… je prends le journal taché… Ça fait bouger la tête du type qui penche vers l’arrière et… oh ! ce trait sur sa gorge qui se… ça… oh… j’ai un haut-le-cœur. Je ferme les yeux. Je reporte mon attention sur le journal et ses taches et… merde.

Les enfants ? Je retourne dans leur chambre. Je soulève la couverture du premier lit et… Oh !... J’hésite à regarder le second, mais… il faut… je dois… Putain de bordel de merde ! Cette fois j’ai tout l’estomac qui se vide sur le joli tapis moelleux. Salle de bain. Reprendre mes esprits. Je fais couler longuement l’eau fraîche sur ce corps qui est le mien. Je regarde ces mains qui sont… qui ont… qui... Un peu de rouge s’écoule avec l’eau au fond de la baignoire.

Calme… Respire.

Bien.

Peu importe qui je suis.

Je sais ce que je dois faire.

Fuir.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


07 août 2010

Défis de l'été -5-‏ (Vegas sur sarthe)

Si vous vous êtes jamais réveillé un matin en sachant plus qui vous êtes, je souhaite pas qu'ça vous arrive.

J'ai ouvert l'autre oeil mais c'est comme avec le premier... la chambre est aussi grande que la salle du café chez Bébert, en moins crade et mieux rangée avec au plafond plein de grosses roulures et un ventilo qui ronronne comme Mimine, le greffier d'ma frangine.
A gauche y'a un édredon, enfin un gros oreiller qui pue le parfum avec comme un ticket d'pressing dessus sauf que ça dit:
"Je t'ai laissé dormir
Bertignac est passé me prendre pour me montrer la maquette
Repose-toi, tu en as besoin Chouchou
Carlita"
En tout cas j'ai dormi avec une meuf, enfin j'espère que c'était une meuf! Je balaie cette idée folle et la mêche rebelle qui coupe cette chambre en deux: à gauche l'édredon de Carlita ou Carlito... non c'est bien Carlita, et à droite un chevet avec une grosse loupiotte, un bouquin sur l'arène Margot, un talkie-walkie ou un walkie-talkie, vu que j'sais pas comment l'prendre, et une grosse tocante vachement lourde qui dit onze heures vingt deux minutes avec des secondes qui donnent le tournis comme si j'avais pas assez mal à la tronche.
C'est une... Solex, je savais pas que Solex faisait des montres!
Ou bien j'ai pioncé à la place d'un autre gonze, ou bien j'suis pas celui que j'suis passeque d'habitude je suis...
D'habitude y'a une salle de bains avec une pharmacie et des cachetons pour les retours de soirées Vodka-caramel chez Bébert mais là, je sens qu'c'est du lourd, du zarbi...
Je suis... comment qu'y disaient les potes du billard à Bébert? Ah oui... un sacré queutard!
Ca m'avance pas mais je sens que si j'descends du pieu ça va m'revenir!
J'ai les panards qui s'enfoncent dans la moquette jusqu'aux chevilles mais comme elle me regarde bizarrement en couinant et en dressant les oreilles, je m'dis qu'c'est une moquette labrador; elle se dégage, c'est une femelle et m'emmène vers la salle de bains ou plutôt le laboratoire où m'attendent un bidet en jonc massif, des mules ridicules taille 38 et des tonnes de médocs, de quoi soigner tous les clients du PMU à Bébert!
Je tends la main vers une boîte de paracétamol quand la caverne d'Ali Baba se met à jaqueter!
"Paracétamol acétaminophène... cinq cent milligrammes ou un gramme?"
Euh... Bonjour...
La caverne aux médocs a la même voix que la gonzesse des annonces à Roissy.
"Mal de dos, arthrose ou dysménorrhée?"
Mal de bugne ma jolie, ça s'voit pas?
"Pas d'hépatite, asthme ou maladie du foie?"
J't'en pose des questions, moi? Oui j'en ai une de question... Qui je suis, moi?

J'attends la réponse pendant que le labrador se mord la queue et comme rien ne vient je pique vite fait la boîte d'acétaminotruc et je retourne au pieu... c'est encore là que j'suis le mieux pour réfléchir.
Après tout quand la Carlita aura lâché son maquettiste elle reviendra bien m'expliquer qui je suis.
Par la grande baie vitreuse je vois passer au dehors des limousines noires avec des cocardes et des p'tits drapeaux... on doit être le quatorze juillet.   

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

24 juillet 2010

Chapitre 3 - Défi n°11, L’amnésie... (Fafa)

Elle reconnaissait la sensation mais ne comprenait pas pourquoi elle la ressentait ce matin.

Elle avait dû s’écrouler et dormir comme une masse car le lit était à peine défait.

Pas un bruit, elle était seule visiblement.

Pas de pantoufles, forcément, mais le sol en parquet était agréablement frais sous ses pieds nus.

Elle s’avança lentement vers la salle de bain dont elle apercevait la faïence de chaque côté du grand dressing qui faisait office de cloison.

Dans la grande glace au-dessus de la double vasque de béton ses traits n’étaient pas creusés, ses cheveux à peine décoiffés.

En allant vers la cuisine pour y chercher un verre d’eau ou mieux, un café, serré, elle remarqua le cadre photo sur la petite console baroque...

 - Merde ! C’est quoi ce délire ?

Elle se contenta d’un verre d’eau du robinet.

De retour dans la chambre elle fouilla dans le dressing et trouva de quoi s’habiller, sans trop savoir si cela lui allait ou non.

Par la fenêtre qu’elle venait d’ouvrir et qui donnait sur un grand balcon elle ne reconnut pas le quartier qu’elle voyait.

Elle ne reconnaissait ni les gens, ni les immeubles, ni les vitrines des magasins.

 - Je m’étais pourtant juré de plus jamais faire ça. Qu’est-ce qui m’arrive ?

Elle retourna dans le salon ou se trouvait la petite console et le cadre.

L’homme à côté d’elle sur la photo était plutôt séduisant, grand, bien habillé avec du charisme.

Elle, paraissait heureuse.

En arrière plan ce qui semblait être une belle maison de campagne, paysagée avec une piscine.

Cela devait bien faire dix ans qu’elle ne s’était pas saoulée à ne plus se souvenir de ce qu’elle avait fait la veille ni avec qui elle avait fini la nuit, cela remontait à la fête pour son diplôme.

Le plus étonnant était l’absence totale de mal de crâne et plus inquiétant, cette impression d’avoir perdu un morceau d’elle-même.

 - Bordel mais c’est qui ce mec ? Qu’est-ce que je fous là ?

Le vide complet, un vrai lavage de cerveau.

Pas de bosse, pas d’hématome, pas de douleur, rien qui puisse laisser penser à un accident...

Pas possible que tout disparaisse comme ça même après une nuit de débauche, il devait y avoir une autre explication.

Elle fouilla l’appartement à la recherche de son sac, en vain.

Quelle heure pouvait-il bien être ? Pas de montre, pas de pendules, la télé...

Le journaliste de la chaîne d’info répétait pour la énième fois son scoop du jour. De petits messages défilaient sous sa chemise pendant qu’une pendule électronique rappelait aux spectateurs qu’ils n’avaient plus rien à faire là et que leur place était au bureau.

Dix heures trente minutes et une poignée de secondes.

Qu’est-ce qu’il venait de dire... samedi vingt-quatre, Bison Futé voyait rouge pour les départs et orange pour les retours, chaud week-end de juillet...

Elle laissa le premier de la classe continuer sa litanie, elle se sentait moins seule.

Cela allait bien lui revenir, elle allait avoir un éclair et tout reviendrait, c’est sûr, maintenant !

 - Qui suis-je !

Malgré la télévision son cri déchira l’air vide de l’appartement.

Elle se mit à pleurer, doucement, elle tomba à genoux sur le carrelage froid du séjour, puis plus fort, des sanglots la secouèrent.

Il fallut plusieurs minutes avant que les spasmes cessent. Elle se releva, retourna dans la salle de bain et se passa une serviette humide sur le visage, elle se reconnaissait.

 - Je ne sais plus qui je suis mais je sais que je suis moi...

- Te v’la bien avancée avec ça !

Elle éclata de rire, un rire nerveux, à la limite de la démence, non elle n’était pas folle.

Elle reprit bientôt son calme, sa maîtrise d’elle et sa confiance. Elle était sûr d’elle, elle le sentait, elle avait l’habitude du stress.

 - Reprends toi ma fille comme aurait dit Desproges !

Ça aussi elle s’en souvenait, elle aimait les tirades acides et interminables de ce génie de l’humour pince sans rire que personne n’avait remplacé.

Sa mémoire ne revenait toujours pas mais son esprit commençait à nouveau à fonctionner comme il en avait l’habitude, méthodiquement.

Elle cherchait des réponses, maintenant bien sûr mais tous les jours aussi, c’était ça son métier, elle en était sûre, poser des questions et trouver des réponses.

Rien dans cet appartement ne lui rappelait quoi que ce soit.

L’idée qui lui traversa alors la tête aurait sans doute parut saugrenue à n’importe qui d’autre mais pas à elle...

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

Haïku de l'OUBLI (MAP)

Projet_Etrange_r_veil

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

24 mai 2008

Trop fumé d’avoine et de marroco (Cartoonita)

Aveu :

Je plaide coupable
(mais pas responsable)

De détournement de sujet.
Saurez-vous me pardonnez ?

L’amnésie que c’était

J’l’ai un peu transformé.

C’est devenu

Je ne me remets plus

Au réveil,

Plus de fiel

A deux années lumières d´ici, j´habite, peut-être est-ce ailleurs
J´n´reconnais plus ma vie, ça me fait peur
Je vis dans un monde qui n´existe pas
Sans ma haîne je ne suis plus tout à fait moi...

Depuis ce matin, j´ai égaré ce que j´étais
Cette guimauve ne me dit rien, avec ce sourire niais
On peut bien m´appeler chérubin ou agnelle
Sans toi, ma haîne, peu m´importe qui m´appelle...

Comment dit-on « j’t’emmerde », je ne sais plus
Le parfum d’un juron, je n´le sens plus
Comment fait-on la gueule, si j´avais su
J´ai tout oublié, j’ai cessé de détester...
Les mots colorés et grossiers, je ne crie plus
Et le sens de l´insulte, je l´ai perdu
Comment faire un doigt d’honneur, si j´avais su,
J´ai tout oublié, j’ai cessé de détester...

A mon état fripouille d’origine j´ai essayé de revenir
De mettre un peu d´ordre dans mon anté-coeur, de le rafraîchir

Je m´suis coupé ces ridicules tresses, j´ai rasé les murs
Ce que j´ai fait, je n´en suis pas sûre...

J´ai tout oublié, j’ai cessé de détester...
J´ai tout oublié, je ne sais plus vociférer...

Au secours, je ne me reconnais plus !

Qui c’est ce bisounours qui squatte dans ma vie ?

J’en veux plus, de ce gros plantigrade cul-cul,

A bas les niaiseries, je préfère les vits !

Rendez moi ma vie, ma haîne,
Ma verve et mon aversion, mes chaînes…

Ne t’inquiète pas,

Rendors toi, je suis là.

Ce n’est qu’un mauvais rêve,
Une très courte trève.

Tu te réveilleras bientôt,

Non pas frais et dispos,
Mais perverse et putride

Comme à ton habitude !

En y songeant, tu te bidonneras,
Comme une hyène tu ricanneras,

Charognard hilare et rigolard,

Au souvenir de ce cauchemard



Posté par valecrit à 12:33 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

Container (Majic)

Claude aime beaucoup faire la sieste ! Claude travaille depuis bientôt vingt trois ans dans une société d’import-export et il est passé par tous les services administratifs : gestion du personnel, formation, moyens généraux et  aussi par les autres services tels que le dédouanement, les finances !

Tout récemment il a été affecté au service maintenance qui s’occupe des transports mais aussi du stockage sous douane des containers qui servent à importer les marchandises les plus variées (pneus, denrées alimentaires, produits surgelés mis dans des containers spéciaux) . Dans son nouveau service, il avait largement le temps de vaquer à d’autres occupations et il ne se prive pas de surfer sur Internet, de sortir faire un tour en dehors du port : il était bien plus libre qu’avant !

De temps à autre il venait au travail le matin dans sa propre voiture et il garait son véhicule dans le parc à containers  avant de rejoindre son bureau ! Ce jour là son meilleur ami, Yvan a décidé de lui faire une belle blague : il lui prit le matin même, à leur arrivée au bureau les clés de la voiture (une Clio) et  profitant du faite que Claude était absorbé (pour une fois) par le travail, il sortit du bureau, mit la voiture en marche et….la fit entrer dans un des containers déchargés !

Yvan se frottait les mains, il allait bien rigoler lorsque  Claude se rendrait compte que sa voiture n’était pas à l’endroit ou il l’avait stationnée !

Claude finalement était tellement occupé qu’il passa la matinée à éplucher des dossiers sans avoir le temps de sortir ! Au moment du déjeuner il n’eut que le temps de manger son casse-croûte dans son bureau avant de mettre en place (comme d’habitude) les fauteuils sur lesquels il allait piquer son sommeil réparateur de la mi-journée !

Le sort pourtant en a décidé autrement !

Yvan, en effet, avait du remords entre temps et décida de parler à Claude de sa blague, mais il fallait qu’il le fasse avant que son ami ne commence sa sieste et il se rendit  d’un pas rapide au bureau ! D’abord courroucé en apprenant la « mauvaise blague », Claude  devint plus conciliant envers son ami et tous les deux décidèrent de rejoindre la voiture pour voir !!

La voiture était vraiment bien garée dans le container et Claude libéra son ami en riant un peu tout en pénétrant dans le container ! Claude entra dans sa voiture et ajusta le siège aussitôt pour ne pas rater sa sieste ! Y  comprit que son ami ne lésinait pas, il le laissa donc à son aise ! En sortant du container, il n’oublia pas de …..refermer la porte !

Comble de malheur le fameux container de monsieur Claude était sur la liste de ceux à rapatrier sur le bateau de ce matin même, l’opération  devait se faire rapidement pour éviter les surestaries et Claude en voiture dans un container fermé faisait de beaux rêves !

Le container fut soustrait au sol discrètement par un grand chariot élévateur et alla prendre place dans la grande soute du bateau ! D’autres containers suivirent, puis d’autres, puis d’autres !!!

A son réveil, nuit noire ! Monsieur Claude ne se rappelle plus de rien ! Un heureux mouvement de ressac l’incitait à se rendormir !

C’est Yvan qui donna l’alarme bien après !

Posté par valecrit à 12:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :