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Le défi du samedi

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10 juillet 2021

Nous ont réservé un chien de leur chienne

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10 juillet 2021

Participation de Vanina

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10 juillet 2021

Tout faux, comme toujours ! (Walrus)

 
Tiens, tiens, Lecrilibriste n'a pas posé la question traditionnelle sous l'image-sujet du défi : "Où c'est, Walrus ?"

Mais ce n'est pas pour ça que je ne vais pas y répondre, nom d'un chien !

J'ai trouvé la photo dans un directory (classeur pour les Frenchies) où mon épouse avait enregistré des photos de vacances prises en 2018 (les photos et les vacances) par notre beau-fils. J'ai pu immédiatement en conclure que le décor est celui d'une plage du Trégor. L'ennui, c'est que toutes les plages du Trégor se ressemblent. J'ai éliminé d'emblée celle de Trestel que je connais très bien : la bordure rochers/végétation à l'ouest de la plage ne colle pas ! Alors... Port le Gof, Le Royau, les Dunes... va savoir !

Le chien, lui par contre, j'étais certain de le connaître : c'est Spocky ! Je l'ai rencontré quelques fois chez ma fille qui le gardait pendant des escapades de ses propriétaires. Il s'entendait très bien avec moi, surtout depuis qu'il avait découvert que j'ai toujours des friandises pour clébard dans une de mes poches.

Pour assurer le coup, hier, profitant du transfert de Louise de son lieu de travail à son manège dans mon taxi, je l'ai interviewée discrètement...

Bon la plage, c'est celle de Port l'Épine (j'étais pas loin). Pour le chien, c'est autre chose : il semblerait que ma fille ait d'autres copains qui, séjournant en Bretagne sont venus lui rendre visite : il s'appelle Mochou (enfin, il s'appelait parce qu'entre temps il a passé l'arme à gauche) et je ne l'ai jamais rencontré de ma vie !

Bon, ben j'essaierai de faire mieux la prochaine fois ! Déjà j'utiliserai une de mes photos, ça simplifiera (peut-être) le problème !

10 juillet 2021

H comme Hond (Adrienne)

 

Mini-Adrienne et son petit frère auraient bien aimé avoir un chien, mais leur père était inflexible : aucun animal, pas même un poisson rouge !

Alors, jusqu’à l’arrivée de Chien Parfait dans sa vie, en novembre 1987, elle a dû se contenter des chiens des autres.

A commencer par Gita, la grande chienne noire de monsieur Redon, de l’Hôtel de la Plage à Saint-Jean-le-Thomas, qui l’escortait tranquillement à travers prés jusqu’au bord de mer, puis s’en retournait chez elle.

Ensuite il y a eu le chien d’Anna, la voisine de grand-mère, une sorte de corniaud à poils ras qu’Anna avait appelé Sijske.

- C’est quoi, ça, comme nom ? lui avait dit grand-mère Adrienne, mais Anna avait tenu bon et chaque fois qu’elle appelait son chien « Sijske ! Sijske ! », grand-mère haussait les épaules et bougonnait « C’est pas un nom pour un chien, ça ! », ce que Sijske confirmait en ne répondant jamais aux appels de sa maîtresse.

Grand-mère elle-même avait eu un chien au cours de l’été 1944 et l’avait appelé Maquis. On pourrait en conclure qu’elle avait des idées bien à elle sur ce qui était – ou pas – un nom de chien. 

Celui-là, mini-Adrienne ne l’a connu qu’en photo, petite boule de poils blancs qui se glissait dans la manche du battle-dress de Bob, un des soldats anglais qui logeaient chez grand-mère à la Libération.

Mais aujourd’hui que l’Adrienne habite en ville, elle aimerait qu’il y ait un peu moins de chiens dans sa vie, surtout de ceux qu’on laisse aboyer dehors toute la nuit, ou les bouledogues des voisins, qui aboient dès six heures du matin ;-)

 

10 juillet 2021

Rencontre (s) sur la plage (Clio101)

 

-          Clovis, reviens, hurla Mathilde en se mettant à la poursuite de son chien.

Le dit Clovis ignora sa maîtresse et poursuivit sa course folle sur la plage.

Court sur pattes, tête ronde et blanche, pelage couleur de sable, yeux exorbités comme s'ils risquaient de se détacher à tout instant, le chihuahua s’adonnait avec délices aux grands plaisirs de son existence, courir et se rouler dans le sable et jouer à la poursuite. Privé de jeux depuis quelques mois à cause d'une patte cassée, il rattrapait le temps perdu.

-          Clovis, cria de nouveau Mathilde en voyant son chien s’approcher de la mince bande de sable qui séparait la pointe du Brouël des îles du même nom.

Il daigna se retourner un bref instant avec un regard oscillant entre le défi et une adamantine affection puis courut jouer avec les vaguelettes qui venaient s'écraser sur le sable.

            Il  se rapprochait insensiblement de l'accès aux deux îles quand les deux mains de Mathilde l'empoignèrent et le soulevèrent du sol.

-          Espèce de chien fou, murmura-t-elle avec tendresse. La marée monte et les îles ne seront bientôt plus accessibles. Je sais que tu rêves d'y aller mais ce serait dommage de te noyer. Mon chagrin serait immense si je te perdais. Allons jouer plus haut veux-tu ?

Effectivement, alors qu'elle parlait, la mer avait déjà remonté d'un ou deux centimètres.  Mathilde s'éloigna un peu de l'étendue d'eau puis relâcha Clovis. Commença alors un grand jeu de course poursuite, de « je vais vers la mer, tu ne pourras pas m’attraper » , «  je feins de ne pas te voir pour te mettre en confiance », « je te laisse te rapprocher et je m’écarte au dernier moment. »

Tous deux sautaient, riaient, esquivaient  se décalaient, tout à la joie du jeu,  ignorants du monde et de ses critiques. Ils se trouvaient là, blottis dans leur bulle d'une mutuelle affection et de loyauté, prêts à défendre l’autre contre tout danger.

Prise dans le tourbillon de sa course Mathilde esquiva une nouvelle fois Clovis et percuta l'homme qui se trouvait là au même moment. Alors qu'elle se confondait en excuses en bafouillant de honte elle croisa son regard. Les yeux pétillaient d’hilarité contenue et les fossettes se creusaient dans le sourire de l'homme. Le visage de Mathilde se colora d’un rouge pivoine.

Quelqu’un n’a-t-il pas dit que les rencontres sont faites de hasards et de circonstances fortuites ?

 

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10 juillet 2021

Avion à dix heure et demi par bongopinot

 

Je me retrouve derrière ma porte
Valise bouclée prête pour mon voyage
Lorsqu'un grognement raisonna
Si impressionnant que ce bruit me tétanisa

Un véritable rugissement de fauve
Vu que des affiches nous signalaient un cirque
Non loin de mon quartier
Un animal s'était peut-être échappé

Dans mon entrée je prête l'oreille
Je ne bouge pas je surveille
Soudain le fauve gratte à ma porte
Mon cœur s'emballe dans ma poitrine

Et là j'entends la voix de mon amie
Il était dix heure et demie
Avec une certaine angoisse je lui ouvre
Et là dans ses bras un chihuahua crème

Je lui raconte ma mésaventure
Et on rit à mes dépend bien sur
Du coup j'ai loupé mon avion
Je partirai demain pour ma destination

 

10 juillet 2021

Chihuahua Tichichi (Lecrilibriste)

 

Chihuahua Tichichi

Tu es petit par la taille

 mais tu es grand par l’esprit

Et tu as de si beaux yeux

Que le monde s’y reflète

Actif, vif et joyeux,

 tu as très vite compris

que lorsqu’il faut se cacher

Il vaut mieux être petit

Et lorsque l’on chante,

 toi tu chantes aussi

quand les maracas scandent

le petit air des Toltèques

préféré des chichimèques

On y passerait la nuit

à tourner comme des comètes

tout en mangeant des pastèques

Chihuahua Tichichi

Chihuahua Tichichi

Chihuahua Tichichi

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

 

10 juillet 2021

Le chien (maryline18)

 

J'avais eu envie de lui cracher ma tristesse à la figure mais je m'étais ravisée, après tout, je devais ressembler à toutes ces esseulées qu'elle croisait sur la promenade ce matin de Juillet. Je traînais les pieds sans but, une façon comme une autre d'utiliser mon corps... Je n'étais pas une adepte de la course à pieds, je ne promenais pas mon chien et il était encore bien trop tôt pour que j'eusse l'air d'aller faire des courses, alors Je devais juste avoir l'air d'une paumée, disons... classique !

C'était de ma faute aussi, je l'avais regardée avec trop d'insistance mais J'avais aimé sa longue jupe aux motifs cachemire ainsi que sa chevelure de jais. Elle semblait sortir d'un conte. Dès qu'elle me salua, elle me saisit la main. Un fluide me traversa. Je compris tout de suite sa force : elle ne voulait rien alors que moi j'espérais tout !

-"Tu es venue réfléchir, marcher, parce que la vie te désespère mais tout va changer bientôt, aie confiance, ne perds pas espoir !Tu le rencontreras sur la plage avant la fin de ton séjour, il t'apportera de la tendresse et beaucoup, beaucoup de joie !"

Elle avait une voix pénétrante et monocorde et prenait son temps. Elle pesait et empesait chaqu'un de ses mots. Quand j'eus relevé la tête en essayant, en vain, de reprendre ma main, déjà, son regard, comme un aimant, aspirait mon visage. J'étais sa proie, prise au piège de ses prédictions. Soudain j'étouffai. Elle continua de parler mais je ne comprenai plus le sens de ses paroles, je ne sentai plus que son haleine, une forte odeur de curry. Bientôt, une armée de fourmis grimpèrent sur mes jambes, une chaleur brûlante s'infiltra dans mes artères, des tambours firent exploser mes tympans et je la sentis me vider de mon sang. Je m'écroulai.

-"Madame ! Madame ! Vous m'entendez ?"

Deux pompiers m'entouraient ; L'un me tapotait la joue, l'autre contrôlait ma glycémie.

-"Vous avez fait un malaise, depuis quand n'avez-vous pas mangé ? Vous avez déjeuner ? Vous prenez des médicaments ?"

-"Où est-elle ?"

-"Qui ça ?"

-"La Bohémienne, où est-elle ?"

-Je ne sais pas de qui vous parlez Madame ! Des passants vous ont trouvé allongée là, c'est ce chien qui les a alertés par ses aboiements, il est à vous ?"

Un chien ?

"Wouah ! Wouah !"

Les paroles de la mystérieuses voyante lui revinrent en mémoire : "tendresse et joie".

-"Oui Monsieur, c'est mon chien !"

-"Il semble moins mal nourri que sa maîtresse, si vous me le permettez, et il vous aime bien, c'est indéniable ! Allez, plus de peur que de mal Madame, rentrez chez vous et prenez une bonne collation tous les deux parce que même par grosses chaleur, il faut veiller à manger suffisamment, votre taux de sucre est au plus bas ! Tenez, mangez ces morceaux de sucre tout de suite !

"Merci ! Allez viens biscotte, on rentre à la maison !"

"Wouah !"

...

Après un bon repas, ils repartirent voir la mer. D'où venait-il ? Aucun nom, aucun numéro ne figurait sur son collier, alors ils s'adoptèrent l'un et l'autre et partagèrent des vacances inoubliables.

 

10 juillet 2021

2021, L'Odysée estivale continue (joye)

Nous voici encore cette semaine

Alors, oui, Papa est revenu de la Terre, sain et sauf, avec beaucoup à raconter. Paraît que, pendant qu’il se promenait en Lassouïce, il a rencontré la sosie de l’Ambassadeur de la planète ’H≡∩, son hautissime Zedcellence, Otirrep ! 

l'ambassadeur

Bien sûr que Papa s’est présenté, un peu confus que sa Zedcellence ne le reconnaisse pas. Faut dire que mon père, √Elgeb, est très reconnu partout dans cet univers-ci, sauf chez ces pauvres Terriens paumés. 

- ΣOrbite !Σ a crié mon papa, en tendant sa Tentacule inférieure, ce qui est la salutation reconnue partout et qu’on utilise avec un ambassadeur qu’on croise sur une plage quelconque, même sur une planète sans importance .

- Rrrrrrrrrrrrrr !!  a répondu l’individu.

Mon père ne croyait pas ses oreillicaires !  Rrrrrrrrrrrr ! est une insulte horrifiante en estivalien ! J’ose à peine l’écrire ici, c’est dire !

Tout d’un coup, Papa a compris de son accent épais que ce n’était pas le vrai Otirrep, mais un imposteur ! OH ! L’audace !  Se promener librement déguisé comme sa Zedcellence ! Qui l’eût cru ? Seulement sur un bled ignare comme la Terre, hein ?

En tout cas, et au-delà de ses compétences scientifiques, Papa est surtout diplomate et il sait parler ∞ⁿ langues. Il a vite trouvé la jactance convenable. Après quelques instants, il a su que la créature s’appelait Enrico, qu’il venait de croiser une belle dame terrienne et élégante qui l'a pris en photo et que cela lui a fichu une sacrée peur bleue comme ma peau. Il était en train de se sauver quand mon père l'a vu. 

Papa a pu l’assurer que tout irait bien, et lui a filé, en bon estivalitaire, sa pénultime boîte de Canigou, élément qui sert de carburant inter-galactaire partout dans la galaxie, sauf sur la Terre, ce trou perdu à l’autre bout de nulle part.

Heureusement, cela a fait l’affaire, les deux se sont liés d’amitié, et Enrico a retrouvé son chien d’audace. Il a même pu aller se présenter aux quelques autres pistonnés intergalactaires réunis en Lassouïsse, comme celui-ci, Zark Muckerberg, l'Empéreur de Farsebeek-Prime.  

farsebeek

Et quid de la belle dame terrienne et élégante ? Papa n’en savait rien. Heureusement pour lui !

Pourquoi ? Ben, disons que ma mère n’est pas une Estivalienne jalouse, mais même elle a ses limites.

fin de transmission

10 juillet 2021

Les Étranges rêves de Marcel P. 2, L'Étrangère (Joe Krapov)

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- Le chien de ces gens-là est un berger américain. Il s’appelle Olaf parce que c’était l’année des O pour les noms de chiens de race quand ils l’ont reçu. Leur chat s’appelle Halloween à cause des enfants qui l’ont baptisé ainsi.

On a été très bien reçus chez eux. Lui avait préparé une terrine de poisson en entrée. Il nous a servi un apéritif truffé ramené du Périgord et elle a obtenu de son poissonnier quatre Saint-Pierre qu’il garde en réserve pour ses bons clients.

210708 285 005En dessert il y avait des mousses diverses et un mille-feuilles. Après le café on est allés promener Olaf dans le jardin du Pont toqué. C’était à Saint-Malo, pas loin de l’I.U.T. On a vu la mer au loin puis le phare de Rochebonne qui ressemble un peu à une église.

Tu te souviens de tout ça ?

- Non ma mémoire est morte, je n’ai plus de feu. Comment s’appelaient-ils déjà ?

- Adrienne et François de Franquetot. Lui jouait aux échecs au club de Dinard et il connaissait Jean P. qui donnait des cours au club de Pacé et que tu as fréquenté une année quand tu as joué le lundi soir au club de Vezet-le-Coquin. Tu ne te souviens vraiment pas des tatouages de François ? Il paraît qu’il est renommé pour ça dans le quartier et qu’il se fait une fierté de les exhiber en se baladant torse nu même dans la rue et les commerces. C’est aussi un spécialiste du barbecue à double injection et enfumage direct, roi de la descente de merguez en rapides, arrosé d’un Entre deux-mers assez fameux. Il nous en a servi aussi avec le poisson.

210708 285 003Elle, c’est mon amie Adrienne. Eté comme hiver elle porte une cape rouge par-dessus ses vêtements et ne se met aux pieds que des sandales ouvertes.

Jusqu’au 30 avril, date à partir de laquelle la plage est interdite aux chiens, Adrienne descend faire courir Olaf sur la plage du Minihic. Assez souvent elle s’arrête chez ses amies du quartier et leur propose d’emmener leur chien avec Olaf. Il n’est pas rare de la voir ainsi balader trois ou quatre chiens en laisse. Cela constitue un attelage aussi composite que disparate. Le plus drôle c’est quand elle emmène le chihuahua de Marcelle et les deux Danois de Dorothée.

A propos du chihuahua, ils nous ont raconté l’histoire de leur ancienne voisine. Le tout petit jardin de cette dame était contigu au leur. Elle n’y avait planté que deux groseilliers et on ne l’y voyait presque jamais, comme si elle craignait de brûler sa peau blanche au soleil de Saint-Malo pourtant peu généreux en ultraviolets ultraviolents. C’était visiblement une travailleuse de l’ombre, «genre scélérate de bibliothèque», comme disait François qui adorait calembourrer le mou aux cordes à noeuds. Une travailleuse intellectuelle à domicile. Elle tapait à la machine à écrire des traductions faites par elle de manuels de machines à cappuccino, des traités de botanique ou des recueils de poésie flamande du XIXe siècle. Tous les soirs elle mettait une grosse enveloppe dans la boîte aux lettres jaune. Son travail de la journée partait chez son employeur à Paris.

Elle n’était pas bruyante, non, mais le «tap tap tap» des doigts sur la machine, le «dzing dzing» du retour chariot de sa Remington, les jurons retenus dans toutes sortes de langues étrangères qu’elle laissait échapper malgré elle lorsque deux touches empotées venaient frapper en même temps le ruban rouge et noir de la machine et empâter le tapuscrit, cela constituait un bruissement de fond que les de Franquetot n’appréciaient guère. Trop de modestie tue la modestie. Trop de différence tue la différence.

Le quartier était si bruyant avant la venue de l’étrangère ! On ne craignait pas de klaxonner, de claquer les portes des voitures, d'applaudir les courses cyclistes, de tondre la pelouse avec le motoculteur à toute heure du jour, d’écouter Ray Ventura à tue-tête sur Radio Hilversum ou Radio Luxembourg en faisant de la bronzette en maillot deux-pièces sur la pelouse.

Et puis voilà-t-il pas qu’un jour L’Emilienne – la traductrice se prénommait ainsi et se nommait Demongeot – s’était fait livrer un piano droit.

Croyez-vous que c’était pour massacrer Chopin ou répéter en boucle la « Lettre à Elise qui pour de vrai s’appelait Thérèse » de Beethoven, voire pour faire des gammes de débutante ou accompagner du Roland de Lassus chanté avec une voix de Castafiore ? Pas du tout !

Il s’était avéré qu’elle était une mélomane monomaniaque, musicienne émérite, et qu’elle passait ses après-midi à jouer, à la perfection, toutes sortes d’œuvres de Mozart. Uniquement du Mozart ! Or s’il y avait bien quelqu’un qu’Adrienne et François détestaient, c’était ce Wolfgang Amadeus avec ses « too many notes ».

Que dire, que faire ? Le plus énervant de tout était sa discrétion de souris grise. Elle jouait du piano et tapait à la machine fenêtres fermées même au cœur de cet été-là qui s’avérait caniculaire.

Mais rien qu’à la savoir là, on les entendait quand même ses «tip tip type» de «C’était par une nuit sombre et orageuse» et ses «trop de notes, Wolfie !» «Silence, Archiduc, vous n’êtes qu’un fat même pas dièse !».

Finalement, c’est un chihuahua qui leur avait sauvé la vie. Au détour d’une conversation anodine sur le trottoir, Adrienne avait appris qu’Emilienne avait eu jadis des chats et aussi un chien.

210707 Nikon 052Elle était allée à la SPA adopter un chihuahua et l’avait offert à la voisine.

«Il est né l’année des M alors il s’appelle Marcel. On m’a dit que c’est un très bon ratier. Vous qui fréquentez les bibliothèques, emmenez-le, il se régalera, là-bas ! Il a bon appétit et n’est pas peureux du tout. Je vous offre même la laisse étirable-rétractable, le dernier modèle, ainsi que le lance-baballes de compétition. Sortez-le souvent mais n’oubliez pas qu’à partir du 1er mai vous ne pouvez plus descendre sur la plage ! »..

Emilienne avait remercié et la vie des de Franquetot s’était améliorée. Le matin et l’après-midi la traductrice sortait Marcel et elle ne tapait plus à la machine que le soir quand eux recevaient bruyamment autour d’un barbecue leurs grands amis, les Lordurhin, les Dejeux, Maryline de La Faisanderie, Jean Chwalrus, Marie-Joye de Jésus-Demeure et les Duras-Tiniak, Eugène et Marguerite, avec qui ils avaient fait du trekking au Népal.

Et puis il y avait eu l’accident, le terrible accident qui avait provoqué le déménagement en catastrophe de l’Emilienne.

Un matin dans le parc du Pont toqué la laisse du chihuahua lui avait glissé des mains. Marcel, une fois déchaîné, s’était déchaîné et avait retrouvé sa sauvagerie naturelle : il avait bouffé les deux Danois de Dorothée qui les promenait là et ce sous les yeux horrifiés de leur maîtresse tétanisée.

Emilienne avait observé la scène de loin et elle s’était carapatée sans demander son reste. Elle avait filé en centre-ville contacter une agence immobilière et aussi les transporteurs appelés «Les Déménageurs bretons».

Le lendemain même le piano droit, la machine à écrire et l’attirail à cappucino étaient emballés dans des cartons, chargés dans le camion et emmenés en Belgique où elle avait trouvé une grande maison à l’écart de toute civilisation.

C’est en évoquant de telles situations qu’on s’en aperçoit : ça n’a pas que des inconvénients, le télétravail !
 

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10 juillet 2021

Étape 2 : Chihuaha (Kate)

 

État de Chihuahua, Mexique, oui, une photo s'impose : ambiance !

chien hua hua

Légende urbaine : chihuahua passant sur le sable par temps passable.

Chihuahua, chien, viendrait de Xicahua signifiant "lieu sec et avec du sable", mot natuatl ou tarahumara ou "lieu où se réunissent les eaux des rivières/fleuves" ou encore "lieu des fabriques". Chihuahua est donc un lieu et dans le cas présent avec du sable et se serait la plage.

Bienvenue sur le continent Amérique, l'Europe est déjà loin, enfin pas tellement, on parle espagnol au Mexique. Mais l'Asie n'est pas si loin puisque ce chien ("chi" et "huahua", étymologie personnelle), serait en réalité originaire de Chine (d'où "chi" comme chinois et "oi" comme chinois, étymologie non attestée).

(J'ouvre une parenthèse : "C'est arrivé la nuit".

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Oui, tentée, à vrai dire plus par son caractère de nouveauté que par son auteur, plus par son aspect international que par le sujet, plus par le début à Oslo que par la fin qui, dès le début n'est que la fin du tome 1 et qu'on devra lire (ou pas) le tome 2 de "9"... à moins qu'on préfère aller faire cuire un 9, ce que j'avais déjà fait depuis longtemps avec cette mathématicienne cuisinière très douée...

cuire un 9

L'informatique et ses ramifications serait donc ici comme la langue d'après Esope, la meilleure et la pire des choses :

 exemple, page 343 :

- Tu pirates ou tu sécurises ?

- Les deux relèvent du même état d'esprit, non ?

Ce bref échange de phrases, qui, bien que n'ayant pas la longueur de celles de Marcel Proust, disent bien l'essentiel : on n'est pas là pour prendre le thé ni pour faire cattleya (enfin, ça peut arriver quand même, c'est même une "attente" du genre mais ce n'est pas l'essentiel non plus...).

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On assiste à un habillage léger de lieux (étoffé par quelques dessins façon "carnet de voyage") et de personnages sans grande consistance et pourtant caractéristiques mais l'ensemble est distrayant, du style "lecture de plage" où les lieux traversés ne sont que traversés (et schématiquement décrits) et ont moins d'épaisseur que ceux que Gérard de Villiers faisait en son temps traverser à SAS le prince Malko pour à chaque tome, nous soi-disant initier à la géopolitique "pour les nuls" alors qu'il répondait (mais on ne l'a su que bien plus tard) à l'exigence nationale de "désinformation", déjà...

Oui, déjà dans les années 70, d'ailleurs Clausewitz, Sun Tzu... n'étaient-ils pas déjà passés maîtres dans cet art millénaire mais voilà qui nous entraîne bien loin de la plage abandonnée, coquillages et crustacés, twist à Saint-Tropez, mais où est donc passé ce chien ?

 

Je ferme la parenthèse.)

Revenons au Mexique. Comme Maurice Carême s'en amusait si bien, le Mexique n'est pourtant pas si drôle mais il s'est fait connaître sous ce jour aux Français par le fameux Chanteur de Mexico (1956) et (si on exclut le cadre de quantités de westerns) a servi de décor exotique à des tops français du box office tels "La chèvre" (1981), "La vengeance du serpent à plumes" (1984) et mon préféré : "Le Magnifique (1973) !

Alors prochaine étape, découverte du Brésil avec "L'homme de Rio" ?

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10 juillet 2021

Cheyenne et Donald (Vegas sur sarthe)

 

« On doit être le 4 juillet » se répétait ce matin-là le vieil Apache que ses parents avaient singulièrement baptisé Cheyenne «on dirait bien que les colons se préparent à célébrer le meurtre d'autrui pour le chapardage de nos terres »
 
En effet dans chaque community, chaque rue, chaque jardin ça empestait déjà le hamburger, la mauvaise bière et le hot-dog.
Il raccourcit machinalement la laisse de « Donald » son chien riquiqui, un chihuahua importé de l'état du même nom et que ces «yankies» n'auraient pas hésité à rôtir pour le glisser entre deux buns !
Les drapeaux flottaient à chaque fenêtre dont certains à bandes bleues en souvenir du fameux coloriage d'un président complètement déconnecté des symboles républicains.

« Je t'en foutrais du Great Again » grommela le vieil apache en tournant au coin de Park Avenue sur la 116ème rue barricadée pour la traditionnelle course de tondeuses à gazon dont le traditionnel premier prix allait être une reine de beauté … à moins que ce ne fut l'inverse.

« Foutaises » grogna t-il, l'une et l'autre seraient vibrantes, rugissantes, bien carrossées et comme chaque année le vainqueur serait comblé ou déçu.

Cheyenne détestait toutes les courses à commencer par celle à la Maison Blanche.


Comme Donald se mettait à tirer de manière inhabituelle pour un chien riquiqui, Cheyenne tenta de le calmer d'un sifflement bref mais Donald tirait toujours, le poil hérissé et la gueule écumante.
Devant eux des groupes bruyants surgis des rues adjacentes convergeaient vers Long Island où serait tiré le feu d'artifice alors qu'il n'était que 11 heures du matin !

« Pour sûr, on est bien le 4 juillet » soupira ce matin-là le vieil Apache traîné par Donald le chihuahua importé de l'état du même nom.
« Je me demande si j'ai bien fait de t'acheter ces croquettes chinoises » grommela t-il en tirant vainement sur la laisse.
La veille, une taxe douanière sur les croquettes NestorBio venait de changer la donne.


 

10 juillet 2021

CHIHUAHUA (Laura)

 

Je n'aime pas les chihuahua

Sauf dans la chanson[1]

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Et autres petits chiens ressemblants

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

C'est encore une histoire de famille

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Un petit pinsher que j'ai pris dans mes bras

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Un pinsher éduqué à rester chez soi

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Un pinsher qui aboyait et mordait à tout va

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Les petits chiens à leur maman

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Qui ne restent pas dans mes bras

Oh, chihuahua!

 

Je n'aime pas les chihuahua

Et deviennent des cabots agressifs

Oh, chihuahua!

 

 

3 juillet 2021

Défi #671

 

Au prix de patientes recherches,
nous pensons avoir mis la main
sur la photo du chihuahua
redouté par l'Adrienne

 

2018_07_29_034

3 juillet 2021

Se sont promené·e·s sur Kapelbrücke

3 juillet 2021

Y a pas photo ! (Walrus)

 
Vous vous posez des questions ?

Moi aussi !

Pourquoi diable ai-je été choisir cette photo qui n'est même pas de moi (ça se voit tout de suite : elle n'est même pas floue !) ?

Vous inquiétez pas, je m'en vais vous le dire :

Parce qu'elle m'a fait un cygne !

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Eh oui, comme disait Nietzsche (quel était donc son prénom ? Ah oui : Friedrich ! tu parles d'une association : Friedrich Nietzche, à tes souhaits! et tu t'étonnes qu'il ait été tordu!) : le diable est dans les détails !

Côté patelin, ça n'a pas été difficile : sur le compte Flickr de MAP, c'était spécifié : Lucerne* !

Du coup, on trouve le Kapellbrücke, la Wasserturm et l'église des jésuites. Et même le nom de la rivière : la Reuss. Pour le nom du cygne, c'est pas demain qu'on va y arriver.

Le plus dur, ça a été d'identifier la montagne à l'arrière-plan,  j'ai essayé de tracer dans GoogleEarth l'orientation du pont couvert pour voir sur quel massif elle aboutissait, mais ça n'a pas donné grand chose : y a des montagnes partout dans ce foutu pays** !

Enfin, grâce à un site (web) touristique j'ai repéré le profil de la ligne de crête : c'est le Pilate (non, Joe mon neveu, ce mont n'est pas célèbre pour ses carrières de pierre ponce ! Et  l'espèce de culture physique garantissant le retour de ton ventre plat prend un s : pilates, oui, tu peux sortir...).

w6701

Voilà, vous savez tout! Enfin, tout ce que je sais, si vous voulez plus, faudra chercher vous-même !

 

* En langage local "Luzern", ce qui ne manque pas de m'évoquer ma jeunesse plus campagnarde où la luzerne (medicago sativa) était cultivée comme plante fourragère par les fermiers locaux.

** Normalement, tout comme en amateur de vraie bière il ne boirait jamais une Heineken, un Belge digne de ce nom n'irait jamais se perdre en Suisse, un pays qui prétend faire le meilleur chocolat du monde, on croit rêver !

3 juillet 2021

Puissance et légèreté . (maryline18)

 

Sous un vieux pont, glissait un cygne

- " Où vas-tu ? " S'enquit le premier.

- " Voir la vie ! " Cria le dernier,

Traçant sur l'eau, deux blanches lignes.

 

Un instant, dos à l'horizon,

Jambes et bras tenus au sol,

Il envia sa course folle,

Lassé, de ne voir que le fond.

 

Un jour, il en eut plein le dos

Qu'on lui marcha dessus, sans fin,

Et il s'affaissa, tout chagrin,

Laissant hébétés, les badauds.

 

Le cygne déjà loin alors,

Rencontra en chemin, Viviane,

Déprimée et toxicomane,

Dépendante à la verge d'or...

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Elle voulu le suivre en Toscanne

Puisqu'elle avait laissé Médor

Se faire pourlécher à Andorre

Par une chienne nymphonane.

 

Pas toqué, le cador s'enfuit,

Laissant délirer la cane,

à la recherche de gentiane

Pour soigner... vous l'avez compris,

 

Des flatulences incommodantes !

Avait-elle trop bu de tisanes

De bardane ou de valériane ?

...C'est bien, plein gaz et divagante,

 

Qu'elle alla manger une pizza

Chez l'Martin pêcheur en cabane,

Dingue de musique tzigane

Mais aussi de Zarathoustra !

 

Attablé, il lui expliqua

La puissance des cannes légères,

La traitant de nouille, au dessert !

Trois ou quatre cannes à la fois...

 

Quel goujat ! (Pensa t-elle, vexée).

Et, refusant toute connivence

Et, rejetant toute concurrence,

La plume sèche, s'en est allée.

 

Elle pestait à contre-courant

lorsqu'elle s'écrasa sur le pont

D'un bateau grouillant de nippons

Venus là, pêcher le Hareng.

 

Ils n'étaient donc pas au courant

Qu'il n'y avait plus ni pont

Ni poissons en rangs ou en bancs ?

Ils s'en retournèrent au Japon.

 

Remise à l'eau, elle dériva

Jusqu'à la cabane...du pêcheur,

Qui la sauva, ( à la bonheur ! )

Avec des tisanes à tout-va !

 

3 juillet 2021

Participation de Vanina

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3 juillet 2021

Vamos a la plagiat ! (Joe Krapov)

Longtemps il s’était couché de bonne heure. Le corps apaisé d’une journée où il n’avait encore rien foutu de sa corée, comme on dit dans le Nord où ce mot n’a absolument rien à voir avec Kim Il Sung, Kim Jong Un, Kim Basinger ou Kim Novak, pas plus avec la Corée qu’avec la chicorée des maisons Leroux, Lestarquit ou Williot et où peut-être on pouvait trouver, à la rigueur, à ce mot "corée" - synonyme de corps ? - un rapport lointain avec la chorégraphie bien qu’on ne pratiquât pas plus la danse classique dans les corons que le boogie-woogie avant la prière du soir, il cherchait le sommeil en se plongeant dans quelque livre qu’on appelle de chevet parce qu’il est difficile, justement, au lit, de les achever, soit que l’on s’endormait dessus d’ennui, soit que, passionnant à outrance, ils était lu avec cette voracité telle qu’elle donna naissance à l’expression « dévorer un livre » et lors, la sagesse et la folie étant ce qu’elles étaient, on allait au bout de ses possibilités et, même si on avait tenu jusqu’à une heure du matin, les forces physiques n’étaient plus là, les paupières tombaient, les yeux se fermaient, on ne comprenait plus ce qu'on lisait, on éteignait la lampe, vaincu par sa fatigue et l’épilogue tant attendu était remis au lendemain. 

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Lui n’allait pas jusque-là et ne l’atteignait pas facilement pour autant, le pays des songes : un chapitre ou deux lui suffisaient pour arriver à ce moment de l’extinction mais c’était alors que surgissait le cauchemar. Une fois la lumière éteinte, il se tournait, se retournait, cherchait son trou, sur le côté gauche, sur le droit, sur le ventre, sur le dos, la tête tournée vers la droite, la tête à gauche et qu’eût-ce été s’il avait porté barbe longue, la poser sur ou sous le drap, situations horripilantes à souhait. Il aurait pu en tartiner, des pages, sur sa recherche du temps perdu ainsi à rechercher le calme, la position fœtale, la zénitude, la sensation d’être «ben aise», la chaleur des bras de Morphée, l’entrée dans le monde des rêves, le possible assommoir du sommeil régénérateur.


Et puis, à un moment donné, les fantômes arrivaient.

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C’étaient de parfaits inconnus, aucun n’avait le visage d’une de ses connaissances dans la vie réelle. Ils n’étaient pas les mêmes chaque nuit mais leur élégance était parfaite et le décor était toujours identique. C’était un pont de bois couvert qui joignait les deux rives d’une large rivière. Le pont était coudé en son centre et de l’endroit où il se trouvait, il apercevait une tour pointue de forme hexagonale dont aurait pu croire les fondations enfoncées dans l’eau-même. Plus loin une église baroque arborait deux clochers à bulbes qui lui rappelaient ce pays disparu dans les limbes, la Tchécoslovaquie dont il se rappelait les lettres disposées au cul des véhicules : CZ ainsi que le nom de Pilsen, une ville dans laquelle on fabriquait de la bière. Au-delà de ce décor une chaîne de montagnes aux sommets enneigés confirmait cette impression que tout fout le camp dans les Balkans et qu’on est con sous un balcon.

DDS 670 Albertine-1Les fantômes venaient se rassembler autour du banc sur lequel il était assis mais ils ne lui adressaient pas la parole. Ils parlaient entre eux, sans élever le ton, avec dignité mais sans chercher à éviter qu’on ne les entendît pérorer ou écoutât médire. A peine, de temps en temps, l’un d’eux jetait-il un œil dédaigneux sur ce scribe étranger qui prenait soigneusement note dans un cahier de leurs conversations. Personne ne s’en offusquait. Dans leur monde, on se fichait pas mal de ce que pouvait être la littérature. Il n’y en avait peut-être pas. La transformation du réel en fiction pour mieux saisir la réalité du monde, les fantômes s’en fichent, ils savent que rien n’a de réalité et que la vie elle-même est une fiction. Leurs noms n’étaient-ils pas des pseudonymes à consonance modianesque ? Tantôt venaient du pont couvert Odette Dejeux, Madame Lordurhin, le cheik d’Arabie Swan Lawrence, le baron Jean Chwalrus, la duchesse Albertine Troussecotte, tantôt palabraient près de lui le comte d’Argentcourt, le docteur Pascal, Vanina von Faffenheim-Munsterburg-Weinigen, les cousines Marianne et Sarah De Kat. La plus intrigante de toutes ces dames était la marquise Adrienne de Franquetot, laquelle portait immanquablement une longue cape rouge et tenait en laisse deux danois et un chihuaha.

Dans la vie comme dans le rêve, nous promenons toujours des attelages bizarres.

De toute façon, au réveil le lendemain, il ne retrouvait aucun cahier, aucune note et les conversations s’étaient enfuies dans la nuit de l’oubli.

Car après les fantômes, il y avait l’envahissement par Richard W. qui venait s’asseoir sur le banc, lui prenait le bras et lui racontait avec un enthousiasme forcené comment il avait trouvé le bonheur ici à Tribschen de 1866 à 1872 et comment auparavant il avait été sauvé par des biscottes. Si, si, des biscottes salvatrices, ça existe !

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- Figure-toi, mon petit Marcel, lui disait-il, que j’étais en panne d’inspiration sur l’acte III de «Tristan et Isolde». Mais en panne à un point qu’un aviateur dans le désert aurait pu me dessiner des moutons sans que ça ne me donne plus que ça d’idées pour avancer ou d’envie de becqueter des côtelettes. Alors pour oublier je canotais sur le lac des quatre Canetons, je m’épuisais en ascensions du mont Pilate et du Rigi, j’allais au musée des glaciers et même au Festival de la Rose d’or pour écouter des chansonnettes et ça n’y changeait rien. En panne, en panne, en panne ! Plus aucune musique à venir ! Tu ne sauras jamais grâce à quoi ça c’est décoincé !

Dans son endormissement Marcel ne répondait pas mais Richard n’en avait cure. Il était de ces locuteurs qui n’ont besoin d’une paire d’oreilles extérieures que comme faire-valoir, l’exemple même de l’Emetteur contemporain de pouces baissés plutôt que levés, qui twitte son avis sur tout, intervient partout et ne sait même plus que les oiseaux, lorsqu’ils ne sont pas bleus, chantent bien plus joli que le son du streaming. Ce genre de gens qui ignorent qu’au milieu des villes coule une rivière et que l’on peut murmurer à l’oreille des chevaux sur la route de Madison ou qu’on peut vivre plus proprement avec un portable éteint en permanence.

 

DDS 670 Zwieback

- Les Zwieback, Marcel ! s’esclaffait Wagner car c’était bien lui, les plus perspicaces de nos lecteurs et lectrices l’auront identifié sans peine. Je logeais alors à l’hôtel Schweizerhof et un jour où je contemplais le ciel gris avec un parfait désespoir je reçus par la poste, envoyée par Mathilde Wesendonck, de Zurich une boîte de biscottes (Zwieback). Enfant ! Enfant ! Enfin ! Les zwieback ont produit leur effet ; grâce à eux, j’ai franchi certaine mauvaise passe où je restais empêtré depuis huit jours, n’ayant pu avancer dans mon travail musical notamment pour trouver la transition du vers "ne pas mourir de désir" au voyage en mer de Tristan blessé. Quand les zwieback arrivèrent, je pus me rendre compte de ce qui m’avait manqué : ceux d’ici avaient un goût beaucoup trop amer. Impossible qu’ils me donnassent l’inspiration ! Mais les bons vieux zwieback, trempés dans du lait, remirent tout dans la bonne voie. Et ainsi je laissai de côté le développement du début, et continuai la composition à l’endroit où il est question de la Guérisseuse lointaine. Maintenant je suis tout heureux : la transition est réussie au-delà de toute expression par l’union absolument splendide des deux thèmes. Dieu, ce que les bons zwieback peuvent produire ! Zwieback ! Zwieback ! Vous êtes le remède qu’il faut aux compositeurs en détresse – mais il faut tomber sur les bons !?

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***

Au réveil, Marcel ne se souvenait plus que de cette histoire de biscuit trempé. Fallait-il qu’il en parle à son ami Jacques qu’il accompagnait à l’accordéon tous les après-midi dans son tour de chant aux jardins du casino afin que ce récit de rêve le réconcilie avec sa maudite Mathilde à lui ou devait-il lui conseiller de ne plus rien attendre de Madeleine de Commercy ?

N’était-ce pas là une façon de tendre des verges pour se faire battre ? Son propre problème de tentative de record nocturne d’échec en identification de paysages au palais insomnisports de Bercy ne primait-il pas sur son amitié pour le Belge ?

Le Jacky ne l’avait-il pas accueilli hier, au kiosque à musique, avec ce méchant sarcasme :

- Hé ben mon vieux Marcel, à force de te coucher de bonne heure et pas dormir, t’en as une chouette tête de décavé ! Si tu voyais ta tronche de déterré éthéré et Lucerne que t’as sous les yeux ! On dirait que tu t’es fait battre par la Suisse à l’Euro ! Allez, enfile tes bretelles et chauffe-nous ça !

Et tout en appuyant sur ses touches, il éliminait : Vierzon ? Vesoul ? Pas de clocher à bulbe par là, ça ne colle pas. Varsovie, peut-être, à cause des remparts ou alors Montcuq ?

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3 juillet 2021

Participation de TOKYO


 Mes économies étaient en rade. Un rapide coup d’œil sur mon appartement m’informait de la vétusté du lieu. La porte du congélateur était ouverte et des bâtons de glaces gisaient sur la vitrine.

Il me fallait me rendre à l’évidence j’avais besoin de vacances.

 Il y avait gros à parier que ma destination ferait l’impasse sur la côte  californienne .

 D’un air faussement nonchalant je me suis rendue dans une agence de voyage.

 Je me suis surprise à raconter des bobards au mec de l’agence /

 Je suis missionnaire et je m’en vais répandre la parole de l’Evangile au milieu de païens dans un pays lointain. Avez-vous une destination à portée de ma modeste bourse ?

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 LUCERNE me dit-il tout de Go . La congrégation des évangélistes tous les 100 ans se réunit dans 10 jours. Vous aurez un prix préférentiel sur votre billet d’avion.

 J’hésitais, c’était la pire bourde que j’avais fait dans ma vie. Soudain j’eu une idée / les cartes de crédit américaines ne sont pas acceptées en Europe je crois ?

Il faut bien l’avouer que je n’avais aucune intention de partir dans un trou. Le dernier évangéliste que j’avais croisé dans l’immeuble, j’avais failli le démembrer. Si ce crestin continuait à me prendre au sérieux et à sauver ma mission peut être que j’apprécierai mon appart miteux tout l’été sur la cinquième avenue.

Bon sang me dis – je en lui souriant. Il y a une infinie variété de destinations sur la cote de Floride et il me propose un billet d’avion moitié prix pour LUCERNE.

 Je sais j’ai gâché toutes mes chances de répandre la bonne parole. Soudain, Je prie pour que ce mec ne me suive pas, je me rue sur la porte de sortie. Je suis prise de honte et de remord.

Arrêtez, arrêtez crie-t-il pour me faire une offre.

 Je n’ai pas attendu la suite je me suis barrée.

Je suis restée à New York. J’y ai croisé des chrétiens hystériques à moitié nus qui se flagellaient avec des morceaux de pneus, un noyau de néomarxistes prônant les joies d’une révolution sanglante, des vendeurs de cracks dansant le hip hop. Le théâtre de la vie était là sous mes yeux. Depuis le mot vacances est sorti définitivement de mon vocabulaire.

 Les quelques cerveaux qui se sont intéressés à la question du concept de vacances sont arrivés à la même conclusion que moi.

Nous sommes disposés à attendre un contact avec les extraterrestres. Ce sont les seuls touristes que nous pouvons tolérer.

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Le défi du samedi
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