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Le défi du samedi

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3 juillet 2021

En Suisse par bongopinot

6701

Un pont de bois couvert
Sur le lac des quatre-cantons
Avec ses deux cents quatre mètres de long
A traverser été comme hivers

On écoute l'histoire de Lucerne
De l'époque du moyen-âge
Jusqu'à nos jours pas toujours sage
Les gens tranquilles s'y promènent

Passer d'un coté à l'autre
Sentir le poids du passé
Admirer les tableaux accrochés
Et les personnages illustres

Il y a des rides sur l'eau
Car un cygne y fait sa toilette
Non loin de la chapelle
Le temps semble si beau

Un paysage qui transporte
Au loin une montagne
L'envie de voyage me gagne
Je me retrouve devant ma porte

 

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3 juillet 2021

Étape 1 : Lucerne (Kate)

 

Et bien oui, ça y est : on part en vacances !

En Suisse, lac et montagnes, ville et campagne, en train, en bateau, en voiture...

Qu'y ferons-nous, à part de belles promenades et de saisissantes photos ?

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Des parties d'échecs improbables, comme l'an dernier

Peut-être assisterons-nous à des concerts

Pour écouter du Wagner

Des lectures

Bien sûr

"La Montagne magique"

s'impose dans ce cadre grandiose et alémanique.

(J'ouvre une parenthèse, mais oui, pourquoi pas :

0-2

- Quoi ? La Finlande ! Une envie, comme ça, d'ailleurs tout à fait comblée par ce roman qui se déroule pourtant essentiellement en plein coeur de Londres, dans le Shard, exactement... Et surtout un voyage dans la vie et les rapports des quatre personnages principaux, Finlandais, amis, aisés... et très buveurs, etc.

Je ferme la parenthèse, d'autant plus que la Suisse est en Europe et très proche, plus que la Finlande où cependant l'Euro circule, polar écrit par un journaliste ayant deux passions : la littérature et la Bourse et sûrement bien d'autres...)

Revenons sur les bords du lac... non, pas celui d'Annecy tout à fait enchanteur où "Le genou de Claire" raconte la beauté, l'été, les sentiments (l'amour, éventuellement, le fait de parler de sentiments, surtout), l'absence de tout souci matériel, l'atmosphère de Rohmer qui magnifie ce lieu avec ce conte d'été tout en légèreté d'un été comme on n'en voit plus...

Quelle sera la prochaine étape ? Parions pour l'Allemagne et les souffrances du jeune Werther. Non, bien sûr, ça sera une surprise et d'ailleurs, en route pour l'étape 2 !

3 juillet 2021

Et là où tout se révèle (Clio101)

 

Corentin et Sophie se dirigeaient vers le logement de Cassandre sans échanger un mot.

Lui d’un pas assuré et triomphal.

Elle plongée dans son agacement et ses réflexions.

Il ne leur fallu pas longtemps pour se trouver devant la porte cochère d'un immeuble haussmannien du 17ème arrondissement. Sophie allait sonner à l’interphone quand la porte s'ouvrit sur Charles, engoncé dans son éternel costume trois pièces et cravate.

Habituellement il avait un air perpétuellement indécis, incapable d'avoir la moindre idée personnelle. Aujourd’hui il semblait plutôt désemparé.

-          Salut Sophie, dit-il d’un ton lugubre. Tu es venue pour  Cassandre j’imagine. Tu auras sans doute plus de chances que moi. Elle ne veut voir personne. Et celui-là c’est qui ?

Charles venait de s’apercevoir de la présence de Corentin. Celui-ci, après l’avoir toisé de haut en bas, allait ouvrir la bouche quand Sophie lui coupa l’herbe sous le pied.

-          Charles, je te présente Corentin, un gars qui était à la soirée avec nous. Corentin, voici Charles le fiancé de Cassandre, répondit-elle en appuyant bien sur le terme.

Charles sourit tristement.

-          Oh, fiancé est un bien grand mot pour le moment. Je ne pense pas que Cassandre soit encore prête à se marier.

En entendant ces paroles Corentin se rengorgea, prêt à annoncer à son rival que le cœur de Cassandre lui était désormais dévolu. Mais encore une fois Sophie l’interrompit.

-          Je sais. Cassandre m'en a parlé au téléphone, murmura-t-elle. Et toi Charles, comment vas-tu ?

Charles soupira.

-          J’ai été un peu désemparé c’est vrai. Mais ça m’a fait réfléchir. Nos parents nous poussent à ce mariage mais si je suis totalement honnête avec moi-même je dois avouer que je ne me sens pas prêt non plus. J’aime beaucoup Cassandre, mais de là à m’engager à l’aimer toute ma vie… Je ne sais pas si c’est le bon moment.

Génial, songea Sophie, le mariage est dans un mois, tout est organisé et les deux fiancés ont des doutes. Ils ne pouvaient pas y réfléchir avant non ?

-          Jusque là toutes nos rencontres ont été organisées par nos parents, sous leur surveillance. C’est trop convenu, nous avons à peine réussi à échanger des paroles personnelles. Je rêve de l’emmener loin d’ici, au milieu des montagnes, à Lucerne par exemple. On déambulerait dans la ville, on visiterait l’église des Jésuites, on irait se promener dans la nature. Le soir après dîner on se poserait sur le Kapelsbrücke. Rien que nous deux, dans la majesté des montagnes protectrices et le doux abri du pont couvert. Ou on resterait assis toute la journée sur le pont en discutant de tout, de nous et de tous les mots que nous n’avons pas pu nous dire. On regarderait la couleur du lac passer du bleu du ciel aux teintes douces orangées du soir qui tombe. Ce serait notre monde rien qu’à nous et nous y apprendrions l’art d’aimer.

Corentin avait perdu tout son orgueil.

Sophie restait silencieuse. Ce discours était le plus long de tous les discours de Charles. En l’entendant elle se disait prête à le défendre auprès de Cassandre. Quelle femme n’a jamais rêvé de se voir offrir de telles paroles ?

Elle en était à ce point de ses réflexions quand la porte de l’immeuble s’ouvrit et laissa place au sujet de toutes les conversations de ce matin.

Cassandre salua tout le monde d'un geste de la main. Son sourire était doux, un peu triste, de celui qui adoucit les nouvelles désagréables. Elle avait la mine chiffonnée des nuits sans sommeil, mais aussi celle des réflexions, où on passe des torrents de larmes à la décision.

Lorsqu’elle avait raccroché avec Sophie quelque chose s’était déclenché en elle. Jusqu’à présent elle avait trop subi ; elle devait se prendre en main et décider ce qu’elle voulait faire de sa vie. Elle avait pesé le pour et le contre, effectué quelques recherches. Le chemin ne serait pas facile mais l’épreuve lui permettrait d’évoluer. Le plus dur serait de convaincre ses parents, le reste viendrait ensuite.

Charles, Sophie et l’inconnu l’observaient avec inquiétude. Il était temps de leur annoncer ces nouvelles.

-          Mes amis, vous vous inquiétez pour moi et je vous remercie du fond du cœur. Je vous connais depuis plus ou moins longtemps et  chacun à votre manière vous m'avez aidée à avancer. Aujourd’hui ma vie prend un nouveau tournant et j'ai besoin de votre appui.

Cassandre prit une pause pour reprendre son souffle.

-          Cette soirée et ce matin m’ont aidée à réfléchir sur la vie que je voulais vivre. Jusqu’à présent j’ai beaucoup écouté mes parents me dicter ce qui était bon pour moi. Aujourd’hui je ne veux plus de ça. Je veux pouvoir décider quoi faire dans le temps qui m’est imparti Charles, poursuivit-elle en lui prenant les mains, tu as toujours été bon envers moi, je sais que je peux toujours compter sur toi. Mais nos rencontres sont trop marquées du sceau de nos parents pour que je puisse envisager de t’épouser. Il faut que je m’éloigne de toi, pour un temps du moins.

-          Cassandre, je…

-          Je  ne dis pas qu’un jour, si les circonstances nous rapprochent, cela ne se fera pas. Mais j’ai besoin de vivre par et pour moi-même.

Cassandre se tourna ensuite vers l’inconnu du bar.

-          Moi c'est Corentin, bredouilla l'intéressé tant ce qu’il vivait là différait de ce qu’il avait imaginé.

-          Corentin, j’ai passé un bon moment avec toi hier et je n'en ai aucun regret. Il m’a permis de me rendre compte que la vie qui se présentait devant moi n’était pas celle que je voulais vraiment. Pour ça tu as toute ma reconnaissance. Cependant je ne peux pas détruire une relation de plusieurs années pour en reconstruire une autre après une rencontre de quelques minutes et quelques verres de trop.

-          Moi non plus je ne regrette rien, sauf peut-être que notre histoire s’arrête aussi vite, marmonna t-il. Je pensais qu'on pouvais poursuivre la soirée d'hier mais si tu veux autre chose je serais le pire des imbéciles de vouloir t'en empêcher

-          Mais alors, s’écria Sophie, que vas-tu faire ?

Cassandre lui sourit tristement. C’était la partie la plus difficile.

-          Je ne peux plus vivre ici, sous le toit de mes parents, persuadés que ce qui est le meilleur pour moi est de rester enfermée dans une bulle et de suivre leurs directives. J’ai besoin de vivre autre chose, de rencontrer de nouvelles personnes, de me poser et de faire le point sur ma vie. J’ai trouvé un groupe de jeunes de nos âges qui reconstruit un hameau en Ardèche. On travaille, on échange et on s’aide à avancer, ensemble. C’est exactement ce qu’il me faut pour commencer. Après je verrais. J’irais sans doute voir quelques membres de ma famille qui me comprennent un peu mieux et qui pourront m'aider à construire mon projet.

-          Mais, tenta de s’opposer Charles, le train, les bagages, le matériel, comment vas-tu faire ? C’est un long périple à faire seule.

-          J’ai travaillé par ci par là et à force de rester la majorité du temps à la maison, j’ai quelques économies qui me permettront de payer le séjour et le trajet. Quant à voyager seule, je me débrouillerai. Aller en Ardèche n’est pas très dangereux.

-          Je pourrais peut-être t’accompagner, proposa timidement Sophie. Le laboratoire ferme cet été, comme ça tu ne serais pas seule je pourrais t’aider à discerner.

-          Non, je dois partir seule. J’ai besoin d’un regard neuf sur ma vie. Tu es une de mes plus proches amies, tu m'as aidée à prendre confiance en moi et à vraiment commencer à vivre, susurra Cassandre pour adoucir la sècheresse de sa réponse. Mais pour avancer il faut que je me retrouve face à moi-même.

-          Mais…, tenta de nouveau son amie.

-          Maintenant ça suffit, dit Corentin d’un ton ferme. Si Cassandre estime que c’est ce qu’elle doit faire, nous devons respecter son choix et la soutenir. Elle n’est pas une petite chose fragile et incapable, elle est une femme courageuse qui ne craint pas d’affronter ses problèmes pour choisir sa voie. Je ne te connais pas depuis très longtemps mais j’ai la certitude que tu y arriveras.

Cette longue tirade de soutien venue d’un quasi inconnu laissa Cassandre muette mais ses yeux brillaient de reconnaissance. Sophie et Charles ne trouvèrent rien de plus à ajouter ou à contredire et l’affaire paraissait entendue. Un point d’importance subsistait encore cependant et il eut été difficile de passer à côté.

C’est un peu gênée que Cassandre clôtura son discours.

-          Je n’ai pas besoin de l’autorisation de mes parents mais je dois les avertir sur l’annulation du mariage et ce projet. Est-ce que vous pourriez venir avec moi et m’aider à les convaincre ?

Personne n’osa refuser et bientôt tous se retrouvèrent dans le grand salon. La discussion dura plusieurs heures. Il fallu expliquer, réexpliquer, argumenter, rassurer et répondre aux inévitables questions sur la sécurité et l’opportunité d’un tel voyage. En fin d’après-midi les parents de Cassandre lâchèrent prise avec l’assurance plusieurs fois répétée que Sophie accompagnerait leur fille tout le temps du séjour.

Quelques jours plus tard Cassandre se tenait sur un quai de la gare de Lyon, un grand sac au dos, Sophie à son côté. Celle-ci lui fit promettre de lui donner des nouvelles de temps en temps, toutes deux s’étreignirent une dernière fois puis Cassandre monta dans le train.

Tout lui restait à découvrir mais le bruit du train sur les rails lui donnait confiance et espoir.

3 juillet 2021

2021, L'Odyssée estivale (joye)

transmission de la palnet estival ver la terre

Les Terriens, à l’autre bout de ma galaxie, appellent ma planète la Trappist-1D, mais chez moi, on l’appelle Estivale. Nous, ses habitants, nous appellons les Estivaliens.

Notre soleil, connu comme  2MASSJ23062928-0502285 chez les scientifiques primitifs de là-bas, s’appelle, en réalité,  Solfi. Solfi est une naine rouge ultra-froide, mais nous les Estivaliens vivons très bien, au contraire des pauvres Terriens qui se font brûler par leur soleil ou qui se font geler lors de son absence. Autant que nous sachions, certains se noient lors des inondations brutales et d’autres meurent de soif. C’est vraiment très curieux qu’ils restent là-bas, à mon avis.

Notre ciel à nous ici sur Estivale est peuplé de Solfi et de six autres planètes-soeurs.  Les Terriens pensent qu’il y en a une huitième, mais ils se trompent. Cela nous fait rire, et surtout mon papa. Lui s’appelle √Egleb, et il est documentaliste universophysicien.  Il a fait plus d’un million de voyages exploratoires à travers cet univers. En ce moment, il visite la Terre, dans une région qui s’appelle Lassouïce en estivalien.

Ma mère est spécialiste technordinataire. C’est elle qui a développé les logiciels dur-abstrait  qui permettent à notre population de se promener dans l’univers entier et aussi de compacter le temps. Normalement, il aurait fallu cinquante-quatre années lumières pour que mon papa fasse un aller-simple jusqu'en Lassouïce, mais grâce à ma mère, HannavaS1*·º,  il peut y aller dans une seule journée estivalienne, c'est-à-dire quatre jours terrestriens.

Vraiment, je ne sais pas comment ils font, ces pauvres Terriens incapables. Je n’en connais pas personnellement, mais ils doivent tous être très vieux et très faibles physiquement et mentalement. Et laids. Ils doivent être super laids, avec seulement deux yeux gluants et ce grand trou rouge au milieu de la tête qu’on appelle une /bouche/ là-bas. Euh !!

Moi, c’est Enaicir. Je suis née il y a trois jours estivaliens. Ma peau est encore bleue. J’ai ce qu’il faut pour voir et parler. Tous les Estivaliens parlent plusieurs langues et dialectes dès la naissance et nous apprenons les maths avancées pendant notre gestation.

Bon, il est temps que j’aille consulter l’Écran. Papa a promis de m'astrotransmettre une image de son départ de Lassouïce. 

ΣAux ÉtoilesΣ, comme nous disons ici sur l’Estivale. Enfin, c'est la traduction approximative en français de « À la prochaine ! »

la fusee de mon papa

fin de ransmission

3 juillet 2021

B comme belliciste (Adrienne)

 

- Et qu’allons-nous faire aujourd’hui ? demande Madame après les salutations d’usage.

- Aujourd’hui on va s’entraîner à écrire ! répond petit Léon.

- D’accord… et on fait quoi, exactement ? Une dictée ?

- Non ! Vous me montrez une image ou vous me donnez une phrase et moi je dois inventer une histoire.

- Ah ! Bon !

Madame a pris la première chose qui lui tombait sous la main : un épais fascicule publicitaire reçu avec son magazine. On y voit des familles, heureuses de faire du camping à mille milles de toute région habitée, entourées d’un tas de matériel utile et inutile.

- Voilà, fait-elle, en lui proposant une photo de paysage idyllique, avec de la verdure, une montagne au loin, un beau soleil couchant. C’est bon ? Ça te va ?

- C’est très bien, approuve petit Léon avec tout le sérieux de ses onze ans.

Et il se met à écrire.

- Fini ! crie-t-il tout joyeux, trois minutes plus tard.

Madame lit. Des extra-terrestres sont venus, la famille a été pulvérisée et des zombies sont sortis de terre. Petit Léon est content de lui et Madame est assez perplexe.

- Bien, bien, fait-elle. Tu en as, de l’imagination ! Mais pourquoi ils sont tous morts ?

Quelques explications et corrections plus tard, petit Léon réclame une autre photo. 

Et bien, croyez-le, que vous lui montriez le sable du Sahara, une vue de la mer du Nord, des palmiers au soleil ou un pont de bois à Lucerne, petit Léon vous inventera chaque fois le même genre d’histoire : le pont explosera, des zombies sortiront du sable, des soucoupes volantes déverseront des hordes d’aliens hostiles et les derniers humains deviendront cannibales…

- Moi j’aime les films d’horreur, explique-t-il.

 

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3 juillet 2021

Le Kapellbrücke (Lecrilibriste)

 

Les pieds dans l’eau du lac

 la tour du Kapellbrücke a jeté l’ancre.

Elle résiste au temps et nargue de toute sa hauteur

les neiges éternelles qui se reflètent dans l’eau bleue

Elle veille silencieuse sur le pont de bois,

le protège du déchaînement des eaux tumultueuses

quand le génie du lac clame sa colère

contre les rages de  l’orage et des éclairs

Elle veille sur déferlement aveugle des vagues en crue

Et les incendies meurtriers qui l’ont en deux fois ravagé

Mais comme le Phoenix, il est re-né de ses cendres

Pour le plus grand plaisir des Suisses et des Lucernois

Aujourd’hui tout est calme …. Carpe diem

Les cygnes glissent fiers et silencieux

sur le friselis d’écume des vaguelettes

et le sillon de leur passage trace des triangles isocèles

qui meurent en doux clapotis sur la berge

Légère sur le pont de bois, je marche sur l’œuvre d’art

façonnée par des mains aux doigts d’or

j’entends la voix des compagnons que m’apporte la brise

ils ont scié, taillé,  ajusté,  chevillé, fignolé

les poutres et les chevrons, les lattis et caillebotis

façonné le toit,  planté des pilotis,

sans relâche, avec la patience infinie des siècles oubliés

pour atteindre la perfection de la « belle ouvrage »

 

3 juillet 2021

Paysages suisses (Laura)

 

Je ne suis jamais allés à Lucerne mais nous avons passé un moment en Suisse lors de notre dernier été ensemble. Nous sommes notamment allés sur les traces de Nerval lors de son "Voyage en Orient " notamment à Bienne où nous avons marché, marché... sans voir le paysage décrit par Nerval mais je pense que nous l'avons vu de loin. Cet été là, nous sommes aussi allés à Zurich  dont Nerval avait trouvé le paysage décevant. Ce n'est pas mon cas. J'y ai notamment beaucoup aimé le pavillon de Le Corbusier que nous avons visité. Ce que nous avons le plus apprécié en Suisse allemande, c'est l'Abbaye de Saint-Gall et sa bibliothèque que j'avais vus en photo mais le réel dépasse l'imaginé: sublime.

Quelques années avant et pendant le période des fêtes de fin d'année, nous avons visité à Bâle(une partie de la famille de mon mari vit en France aux Trois Frontières) le musée Tinguely, la Fondation Beyeler (un des musées que je voulais voir absolument) , le Musée des Beaux-arts et la vieille ville.

Peu de temps après notre rencontre, mon mari a emmené à Genève car il dirigeait une usine à Thonon les Bains. Je n'ai pas apprécié cette visite comme je l'apprécierais aujourd'hui.

Merci à toi (dont c'est l'anniversaire aujourd'hui)qui a quitté ce monde pour tous ces paysages.

 

26 juin 2021

Défi #670

 
Comme initié par MAP dès 2012,
pendant les huit semaines d'été,
le sujet n'est pas un mot mais une image.

Nous empruntons donc la première à sa collection personnelle :

 

6701

26 juin 2021

Ont pris leur dose d'UV

26 juin 2021

UV Attention Danger par bongopinot

b

26 juin 2021

Donner vie aux rêves (Vanina)

 

Mon père, créateur, toujours à la recherche de nouveaux effets magiques, a, un temps, réalisé pour lui, ou en tant que metteur en scène, des spectacles, des numéros de théâtre noir. Le secret du théâtre noir, c’est la lumière ultraviolette, parfois appelée "lumière noire" ou "lumière UV". Les salles de spectacle, du théâtre au réfectoire de l’école, sont plongées dans l’obscurité: les murs recouverts de tissu noir. En plus de ces rideaux noirs, et de l’éclairage UV, les costumes et tout les actants sont fluorescents. Cette technique permet de créer des illusions visuelles complexes car l'œil humain n’est pas capable de distinguer des objets noirs sur un fond noir. En revanche les objets fluorescents deviennent aussi lumineux que si la pièce était éclairée.
Passons le côté technique.
Papa a longtemps travaillé pour les cabarets parisiens, utilisant la lumière noire pour faire naître des nuits blanches... Il a aussi beaucoup participé à des arbres de Noël: pour les enfants, il faisait surgir de l’obscurité un arc-en-ciel fluorescent de marionnettes.
De numéros en spectacles, de mise en scène en chorégraphie, de dessins en livres, Papa créait sans cesse. De plus, notre enfance a été bercé par des monstres sympathiques que notre grand-mère anglaise aimait inventer. C’est donc naturellement que mon frère aîné a suivi les traces de Papa comme accessoiriste tout d’abord, apprenant ainsi les bases du métier, avant de devenir marionnettiste/conférencier en lumière noire et de se faire son propre nom. Papa lui a fait un cadeau extraordinaire: il lui a offert des numéros qu’il avait créés et l’a aidé à monter le "Blacky’s Show". Un numéro visuel international, unique au monde, car réalisé par un seul manipulateur.
Des anecdotes me reviennent en mémoire, mes parents ouvrant leur valise à l’aéroport et le douanier sortant une cagoule noire... Le terrible incendie qui ravagea le cabaret Le canotier du pied de la butte ainsi que tout le matériel de mon frère qui était à l’intérieur. Et pour que Xavier puisse reprendre son travail au plus vite toute la famille "re-fabriquant" les marionnettes en quelques jours de vacances d’été: l’une cousant, l’autre tordant les cordes à piano, ou clouant, etc.
Mais ce que je voulais vous dire, c’est que parmi les chorégraphies que j’affectionne qui sont passées du père au fils, il y a Le Tango
Que la lumière ultraviolette soit!

Ci-dessous, mon frère en action lors d’une conférence. Vous y apercevrez un extrait du Tango.

va

26 juin 2021

ULTRAVIOLET ULTRAVIOLENT (TOKYO)

 

Vous essayez de jouer au plus fin avec moi me dit - il en pointant son regard ultraviolet dans ma direction.

v1

 

J’aime bien jouer rajoute-t-il à condition que le jeu en vaille la chandelle.

 Les envahisseurs s’étaient arrogé tous les droits sur notre planète terre.

Celui-ci me trouvait plutôt tartignole avec mes questions insultantes.

 Cependant avec arrogance je répétais mes questions.

D’où vendez-vous ?

 De quelle galaxie ?

Comment avez-vous fait pour traverser cet univers sans embuche.

Pourrais – je monter dans votre soucoupe volante ?

Cherchant désespérément à nouer un dialogue malgré mon Qi affligeant j’attendais la réponse.

Un ultraviolet vint alors me gifler /c‘était comme une mise en garde.

 N’auriez vous pas une question plus fascinante un peu moins convenu me dit-il enfin. Vous êtes d’une terrible banalité.

Je ne sais pas à cet instant ce qui m’est passé par la tête j’ai répondu / je me suis refait faire le cerveau.

Aussitôt son regard devint plus attentif. je suggère   que nous continuons nos échanges me dit il .

 Ha dis je ironiquement j’ai oublié à qui je parlais, je vais m’exprimer plus lentement, pour que vous puissiez suivre.

 Je reçus sur mon visage le souffle chaud d’un ultraviolet suivi d’un contentez-vous d’être claire, ne ralentissez pas j’ai pas que ça à faire. .

Avez-vous déjà éprouvé la sensation de ne pas être chez vous lui dis-je ?

Non-dit il je suis partout chez moi. Il venait de me donner la définition de l’envahisseur / partout chez lui .

 Ce n’était pas une grande surprise pour moi .

 Vous comptez rester combien de temps ici ?

Avez-vous embarqué avec vous des préservatifs ou comptez vous vous reproduire comme des lapins ?

 Oui me dit-il, il va falloir vous faire à l’idée d’être une espèce en voie de disparition.

 Ce pourrait il que cet abruti de martien aux yeux ultraviolets soit la cause de notre imminente disparition me suis-je dit alors.

 Désolée mon chaton en sucre lui dis-je un marteau dans la main ,c’est toi qui va te rapprocher du précipice.

C’est nous l’espèce la plus adaptée pour vivre sur cette planète.

 A cet instant j’ai su ce que l’espèce humaine me devait.

v2

26 juin 2021

(cholé)calciférol (Walrus)

 
Zut ! Encore un mot que j'aurais pu mettre de côté pour un prochain C (si je vis jusque là).

Donc, né pendant la deuxième guerre mondiale et après la Saint Jean (dans mon pays les chats d'après la Saint Jean sont réputés plus chétifs que les autres), j'ai, vers mes cinq ans, été diagnostiqué un brin rachitique (beau mot également).

La médecine locale s'appuyant sur ses connaissances (et supputations) de l'époque m'a immédiatement appliqué le traitement ad hoc :

  • lait en bonne quantité quotidienne
  • bol hebd(r)omadaire de sang de bœuf (si, si) que mon père allait chercher à l'abattoir de Charleroi
  • foie de veau cru (avec un peu de sel)
  • huile de foie de morue ou Émulsion Scott

    w6691

  • vitamine D

Pour cette dernière, il faut savoir qu'à l'époque on n'avait pas encore synthétisé le calciférol et encore moins réalisé sa production à l'échelle industrielle.

On avait par contre déjà découvert que notre peau fabriquait du cholécalciférol par exposition aux rayons UV-B (ceux-là même qui te filent des coups de soleil), raison pour laquelle je me retrouvais de temps à autre en slip de bain et goggles anti-UV dans une pièce éclairée à l'aide de lampes à arc à hydrogène (avec production concomitante d'ozone, question de te filer un bon petit mal de tête).

On n'était pas très regardant à l'époque sur la sécurité des méthodes de traitement (ni de mesure d'ailleurs : au même âge, À la Chapelle, un magasin de chaussures de la ville basse, on vérifiait la position de mes pieds dans des chaussures en m'envoyant une bonne dose de rayons X dans les...).

Tu comprends pourquoi avec un tel traitement, la dernière fois où on a pratiqué sur mon corps chétif une mesure de densitométrie osseuse j'ai explosé les scores de l'appareil : 120% !

Comment ? Pourquoi cette mesure ? À la suite d'un traitement prolongé à la cortisone...

Quoi ? Pourquoi la cortisone ? Oh, on parle d'ultraviolet, pas d'immunologie, non mais !

Bref, aujourd'hui, ma médecine (oui, mon médecin est une femme), en raison de ma vie de reclus qui empêche ma petite usine à UV d'en produire (d'autant que ma tenue d'été, c'est plutôt chemises à manches longues, jeans et casquette), continue de me faire prendre mes 25000 UI de cholécalciférol hebdomadaires, ce qui me permet d'échapper à l'exposition à des  lampes UV. Remarquez qu'avec les LED aujourd'hui on parvient à des résultats plus sélectifs dans les longueurs d'onde du rayonnement ultraviolet, mais c'est quand même plus simple d'avaler le contenu d'une ampoule de D-cure (publicité gratuite).

Voilà, c'est tout pour mes aventures dans l'ultraviolet !

Quoique... en fin de carrière au labo en plus de mon laboratoire de rayons X (les radiations qui suivent immédiatement les UV dans le domaine décroissant des longueurs d'onde - ne vous y trompez pas ; plus la longueur d'onde d'un rayonnement est petite plus son énergie est grande - ), j'ai hérité d'un labo de microscopie optique et d'un autre de spectrométrie IR (infrarouge) et UV, c'est le destin !

PS : (non, je ne suis pas socialiste) Ça m'est revenu après : quand je sévissais au labo d'électrochimie, je me souviens d'avoir utilisé une lampe à hydrogène pour générer de l'ozone pour tester un détecteur/doseur de ma conception, là aussi j'ai dû recevoir ma dose d'UV. Je crois bien que c'est tout cette fois-ci. Si je pense à autre chose, vous serez les premiers avertis !

 

 

26 juin 2021

Rencontre (Clio101)

 

     —    Excusez-moi, vous êtes bien Sophie ?

     Sophie soupira.

     Sans la voir elle savait qui était la personne derrière elle.

     Une voix masculine, amicale certes, mais avec un soupçon de certitude de soi et d’arrogance.

     Sophie se retourna lentement.

     Devant elle un homme.

     Large d'épaules, vêtu d'une élégante chemise à rayures rouges et blanches et d'un pantalon noir. La dureté de son visage triangulaire adoucie par des cheveux brun clair légèrement ondulés, un sourire plein de douceur et de beaux yeux en amande. A cela s’ajoutait un teint chaud qui, associé à toutes ces autres qualités, lui donnait un charme certain auquel Sophie n’était pas insensible. Son affolement suite aux nouvelles reçues de Cassandre la firent redescendre sur terre.

     Dans un accès de mauvaise foi le beau bronzage ne devint qu'une banale coloration aux U.V. Et ce ton de voix, pétri d’assurance l’agaçait déjà.

     —    Qui êtes-vous ? Et comment connaissez-vous mon nom ?

     Le ton volontairement hostile de Sophie ne déstabilisa pas l’homme. Avec une lenteur exaspérante il sortit son téléphone de sa poche, et, le tenant à bout de bras, lui présenta une photo de Cassandre et elle sur Instagram, enlacées à côté de l’immeuble.

     —    C’est la magie des réseaux sociaux, commenta-t-il d’un ton nonchalant. Quelques noms récupérés, des croisements et bim ! Un nom et une adresse ! Je m’appelle Corentin au fait. Le charmant jeune homme aux côtés de la jolie Cassandre hier soir.

     —    Cassandre est fiancée.

     Le ton peu amène de Sophie voulait couper court à toute tentative de dialogue. Nullement impressionné, Corentin poursuivit.

     —    Fiancée ou pas, la demoiselle avait l’air bien plus heureuse à mon bras qu’à la perspective d’épouser ce petit falot de Charles. Et oui, sourit-il d’un air narquois, la miss Cassandre ne se confie pas qu’à sa meilleure amie.

     —    Entre le stress du mariage, un peu trop d’alcool et l’euphorie de la fête, n’importe qui peut se croire un peu amoureux. Vous ne connaissez pas Cassandre, elle aime profondément Charles et sera très heureuse avec lui. Hier soir ce n’était qu’un léger dérapage.

     Sophie sentait bien que ses paroles manquaient de conviction.

     Pire, qu'elles niaient la réalité.

     Les larmes de Cassandre au téléphone.

     La joie qu'elle avait perçue la veille dans les yeux de son amie alors qu’elle se trouvait auprès de Corentin.

     Pour une fois depuis bien trop longtemps, avait-elle songé, Cassandre avait semblé vraiment heureuse.

     Moqueur, Corentin reprit.

     —    C’est un très beau discours. Mais il donne l’impression que c’est plutôt toi que tu cherches à convaincre, je me trompe ?

     Scotchée, Sophie resta muette plusieurs minutes, cherchant une phrase cinglante qui ferait taire cet agaçant jeune homme.

     —    Ecoute petite, tu auras beau dire tout ce que tu veux, la décision revient à Cassandre. Alors je te propose quelque chose si tu veux bien. Je t’accompagne chez elle et ce sera elle qui choisira.

     —    C’est hors de question, s’écria Sophie, hors d’elle.

     —    Je ne te laisse pas le choix ma jolie. Et n’essaye pas de me semer avec ta bécane, renchérit-il en désignant la trottinette que Sophie avait enfourchée, j’ai de grandes jambes et je marche vite.

     Sans laisser à Sophie le temps de protester plus avant il tourna les talons et se mit en route.

     Résignée, Sophie le suivit.

 

26 juin 2021

Participation de JAK

 

J’affectionne le violet car il est  ultra chic
d’ailleurs dans mon jardin il y a  que des colchiques

Je le préfère au verdelet  bien trop tendre et passif
J’abhorre avec vigueur le  rouge, qui est bien    agressif

Mais surtout pas, n’me parlez pas des ultras, car eux je les déteste,
Et lorsqu’ils sont violets, de crème me protège
Je n’aime pas l’invisible, il me faut au grand jour tout  voir
Et les ultraviolets  qui  dansent sont invisibles, ces hypocrites noirs,
Eux qui , sur les plages  endommagent  les filles aux seins nus
Croyez-moi ils ne  sont pas pour moi  les  bienvenus

Quand la peau  alors trinque et se mélanomise
Quand jusqu’à l’overdose, elle se pustulise
Quand elle envahit tout le corps
Alors j’hurle  NON ! et  encore et encore

Amis du soleil cet ardent faiseur d’ultraviolets
protégez-vous-en vraiment, siouplait ! 
 

26 juin 2021

L'ultraviolet n'est pas une couleur (joye)

l'ultraviolet

26 juin 2021

V comme violent (Adrienne)

 

Pour l'Adrienne, rayon UV veut dire 'ultra-violent'.

Elle est comme monsieur Bordenave: elle n'aime pas le soleil.

Entendons-nous bien: elle aime le soleil qui fait mûrir ses framboises ou qui réchauffe la terre pour y faire germer toutes sortes de graines.
Mais pas sur sa peau.

Sur sa peau, elle a tout essayé: les crèmes solaires facteur 50, les chapeaux de paille, l'ombre des arbres... rien n'y fait.

Chaque année, pendant toute son adolescence, malgré les précautions prises, les vacances familiales ardéchoises avaient très vite le même résultat: la brûlure.
Grave.

Pourtant, elle s'enveloppait dans un drap de bain jusqu'au moment de plonger dans la rivière.

Pourtant, elle restait à l'ombre et même dans la tente (surchauffée) aux heures les plus dangereuses.

Pourtant, elle ne se promenait jamais en maillot de bain, comme le faisaient tous les autres.
Qui bronzaient allègrement.

Conclusion: il y a toutes sortes de violences et toutes sortes d'inégalités :-) 
 

26 juin 2021

Lumière noire (Joe Krapov).

DDS 669 Et Dieu créa la femme

Et Dieu créa la femme !

Or très souvent femme varie. Elle s’aime en tutu, en Tati, en louloute, se trouve bien en louve, est ravie en Lola, avenante de Nantes qui vole à Demy la vedette.

Jamais rien de traviole, ultra-chic, elle trotte, irradie. Elle s’est au fil du temps lotie d’une variété de rôles triés sur le volet : Violeta (Traviata), Lorelei, Lolita, elle rutile sur la scène ou sur le Rhin ou fait l’étoile sur la toile.

Elle est amour d’autrui, vérité nue, reine de tarot, volute bleue, fée à main verte, ouvre la route de l’Oural et des « hourra ».

C’est la plus belle trouvaille du Travolta céleste. Si elle n’a de valeur qu’une côte d’Adam, pour deux sous de violette un arc-en-ciel paraît. Nous voilà outillés d’un kaléidoscope de vertu, d’orteils peints, de «Tortue, vite, vite !», de «Passons outre à tout !», de «Pêche un peu la truite !», de «Chasse un peu la loutre !», de «Qui luttera vivra et qui vivra verra !».

Et Dieu créa la femme !

Puis il la fit entrer dans ta vie !

DDS 669 Proust tailleur de vétillesDès lors illuminé, ébloui, envoûté par ses trilles de roitelette, ses ariettes, ses triolets d’alto, toute cette oralité qui éteint aussi bien les rivalités que les trivialités, le troll devient voleur de feu, rêveur d’ovule, tirailleur, amiral ou simple travailleur. Pour devenir l’alter ego de cette fée il prend truelle et lui construit une villa. Le voilà valet voûté, cuisineur de ravioles, tartes et ratatouilles, pêcheur de tourteaux sur le littoral, auteur de tutoriels, livreur de vitres à vélo de Vire jusqu’à Livarot, tailleur de vétilles entre Cabourg et Trouville, ravitailleur en vol, travelo virtuel et même parfois violeur de lois.

Et Dieu créa la femme pour qu’elle chauffât Marcel, comme a dit le Trouvère du plat pays !

A cet amour de la bronzette jusqu’au rôti, ajoutons-y un peu de «n» et ce sera… ultraviolent !

Mais aussi… quel jeu de lumière, quel éclat fort et volatil, quel rayon de soleil, cet instant où l’on sait que c’est, que ce sera toujours toi, toi mon toi et pas une autre !

J’ajouterai encore deux choses qui n’ont rien à voir ici :

De cette vie qui nous travaille
Rien n’est fixé dans le vitrail
Et pas même l’heure dernière

Pour qui se veut croire immortel.

Et

La Lorelei : malgré son bon coup de Rhin
N’avait pas le pied marin.

DDS 669 Lorelei

26 juin 2021

Question de vision (Kate)

 

Alors "ultraviolet" ? Comme vous y allez ! Percutant, même si j'ai, comme Godot qui aurait attendu "infrarouge" qui comme Madeleine ne viendra pas, du moins pas cette fois !

Alors, ultraviolet : l'ambigüité des rayons solaires, les UV : la vie, l'antirachitisme, la chaleur et les brûlures, les destructions de la peau par absence ou insuffisance de protection... telle serait la question ?

Donc, violet le flacon du parfum "Ultraviolet" : couleur originale, union du bleu et du rouge plus ou moins réussie. Combien de violets ratés pour un seul réussi ? Mais ceci n'est pas la question, enfin, si peu.

Ah ! Paco ! Il a envoyé du bois, ou plutôt du rhodoïd et du métal pour des robes inmettables, ces matières n'ayant pas la souplesse de la rabane évocatrice des plages des années 60, matière végétale et douce, mais est-ce bien la question ?

0-1

Ah oui, Monsieur Rabanne, avec deux "n", de l'audace d'un parfum nommé "Calandre" à celui nommé "XS" et du triomphant "Invictus" dans sa boîte métal (formidable, la boîte !) à la fin du monde qui ne saurait tarder...

0

Paco Rabanne, génial et Seventies, détonnant et exotique : ultraviolet, c'est du lourd, même si je serais plutôt dans des ambiances "Five o'clock", "Filles en aiguilles", "Féminité du bois", aux accents de santal, portant des sandales et loin du scandale, mais là n'est pas la question, si, quand même un peu... si peu !

Alors, à défaut d'aller faire un tour du côté de chez Swann (oui, j'irais bien...) mais là non plus, pas spécialement la question...

Allons voir le spécialiste des couleurs : si

a noir,

e blanc,

i rouge,

u vert,

o bleu et qu'on termine par l'étrange

" -Ô l'Omega, rayon violet de Ses Yeux !"

comme chacun sait, du noir de l'origine à l'oméga du violet, et qu'on oublie tous les commentaires sans fin sur ce magnifique poème de 1871, on ne reste pas sans penser aux yeux d'Elsa, mais d'elle il n'est pas question, si ? Non !

Des "Voyelles" aux couleurs voyantes du "Voyant", embarquons, toujours cette même année 71, pour

"les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs" sur le Bateau ivre qu'on redécouvre à chaque lecture dans toute sa splendeur, mais est-ce encore la question ?

0-2

Dans son dernier livre, "Paris fanstasme", Lydia Flem analyse quelques mètres carrés au coeur de Paris : la rue Férou et extrait de cette parcelle géographique une histoire humaine et littéraire dense...

0-3

Si dense que le Bateau ivre y est inscrit en fresque sur un mur par un artiste qu'elle a vu à l'oeuvre et qui offre à tous une vision magnifique du texte, peu importe si c'est la question d'ailleurs.

Du formidable "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans" (1870), qui résonne encore en moi comme si c'était hier, il me reste ce goût du voyage, de l'échange, de la littérature et de la découverte mais aussi celui de la légèreté : c'est bien là toute la question, non ?

26 juin 2021

Ultraviolet (Lecrilibriste)

 

Ultraviolet

Rayonnement mystérieux

D’un parfum alchimique

Est-il fleuri, pimenté ou fruité ?

Longuement le respirer

Note de fond,

Note de cœur

Note de tête

pour définir l’union subtile

d’Osmanthus et de vanille

de baies roses et de jasmin

de piment de la Jamaïque

avec des notes de violette

de santal et d’ambre gris

qui toutes ensemble entêtent

de leurs effluves nuancées

C’est le chef d’œuvre d’un nez fin

anticonformiste, énigmatique

amoureux d’horizons lointains

d’herbe, de mer et de plages

de sable blanc et de bronzage

de neige et de hauts sommets

et de rayons qui réverbèrent

cachés derrière les nuages

gare aux coups de soleil et aux rides

mais avec son flacon OVNI

Ultraviolet attire vers les galaxies

 

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