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Le défi du samedi

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22 janvier 2022

Les Polochons (Joe Krapov)

 

andy capp

 1
En ont-ils vu, les polochons,
De ces si communs greluchons,
Des freluquets, des maigrichons,

Presque rien dans le cabochon,
Certains mêmes fumant chichon,
Qui mènent vie de patachon

Et viennent jeter au plumard
Leur corps enivré de fêtard
Puis ronflent soûls sous l’édredon

Après avoir vidé cruchons !

Nous nous branchons,
Nous bambochons,
Nous étanchons,
Nous nous éméchons,
Nous pitanchons,
Nous trébuchons

Et à la fin
Nous nous couchons.

téléchargement

2
En ont-ils vu, les polochons,
Des gars devenir cornichons
Devant d’aussi jolis nylons,

D’autres arguments folichons
Et des jeux de califourchon
En veux-tu en voilà Fanchon !

Que de jolie viande au torchon ! 

bidoch-8

Nous nous cherchons,
Amourachons,
Nous aguichons,
Nous entichons,
Nous abouchons,
Nous déhanchons,
Nous nous léchons,

Nous chevauchons
Puis nous couchons.

3
En ont-ils vu, les polochons,
Des poussages au loin du bouchon,
Des je-te-tiens le barbichon,

Des montages de bourrichon,
Des "Je te tire le manchon",
Des « Cesse de m’appeler Mon bichon ! »,
Des « Casse-toi, tu pues, reblochon ! » !

téléchargement (1)

Nous nous fâchons,
Nous nous mouchons,
Nous embrochons
Escarmouchons,
Nous nous desséchons,
Nous nous accrochons

Et puis, encore,
Nous nous couchons.

DDS 699 BanksyPolochon-1

4
En ont-ils vu, les polochons,
Des Bidochon, des vieux ronchons,
Robert, Raymonde, Huguette, Raymond,

Des vieilles sorcières, d’affreux démons,
Des Pécresse et des Mélenchon,
Des bassineuses d’Arcachon,

Des drôles de Bagnères-de-Luchon !

DDS 699 Huguette et Raymond 650

Nous retouchons,
Nous reprochons,
Nous revanchons,
Nous remâchons,
Nous rabâchons,
Nous nous détachons,
Nous empanachons,
Nous nous ébréchons

Et puis et puis
Nous nous couchons.

5
En ont-ils vu les polochons,
Des béribéris berrichons,
Des indigestions de Fauchon,

Des perforés au tire-bouchon !
A l’heure de faire son baluchon
On finit d’écouter Souchon,

La tête perdue sur l’oreiller.
Le moine en train de vous veiller
Rabat d’un coup son capuchon,

Fait son signe de ratichon :
La mort, c’est un tour de cochon !

B9723285862Z

Jusqu’à la fin nous panachons,
Nous nous cachons,
Nous bavochons,
Nous nous épanchons,
Nous nous couchons,

Nous calanchons
Puis nous jonchons.

Et après… tout le monde s’en fichont !
 

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22 janvier 2022

Tribulations de polochon (Yvanne)

 

Alors que j'entrai dans ma chambre à coucher un soir, je fus le témoin d'une bataille invraisemblable entre mon traversin, mon polochon et mon oreiller. Enfin, plutôt entre traversin et polochon. Debout au mitant du lit ces deux là s'invectivaient à qui mieux mieux. Habituellement tout se passe bien. Je me demande ce qui leur a pris. Ils ont pourtant leur place  bien définie : le traversin à la tête pour appuyer ma caboche et le polochon au fond pour reposer mes pieds.

Le traversin, blanc ( enveloppe oblige ) de rage esquivait comme il pouvait les coups assénés par un polochon rouge (couleur de sa housse) de colère. Ce dernier hurlait qu'il en avait marre de supporter mes pieds. Il disait « ses pieds » avec un tel mépris que je me demandai ce que mes pauvres petons lui avaient fait. Je comprendrais si j'avais des impatiences mais ce n'est pas le cas. Il apparaissait que le polochon ne voulait plus polochonner. Il voulait traversinner mais il avait fort à faire, l'adversaire n'ayant nullement l'intention de céder.

        - Grand tout mou, tu fais ton kéké parce que tu as la meilleure place. Tu te rengorges parce qu'elle roule sa tête dans tes plumes mais ça ne pas durer je te le jure braillait le polochon.

        - Et toi mon gros joufflu tu crèves de jalousie. Tu voudrais changer hein ? Mais tu es bien trop court et balourd pour occuper ma fonction. Tu penses peut être que je vais me laisser faire ? Que nenni répondait le traversin.

Et voilà que l'oreiller, très carré, d'un naturel calme et faisant preuve habituellement de philosophie – normal : il a des lettres - s'engagea dans l'affrontement. Perdant patience, il se leva du fauteuil où je le place chaque soir après ma lecture et nonchalamment s'adressa à ses congénères :

        - Ça suffit tous les deux ! C'est quoi ce grabuge ? Tu ne vois pas que tu perds tes plumes, l'échalas ? Et toi, là, le cherche-bagarre, même les tripes à l'air tu continues à t'exciter. Il y a quelques jours que je t'entends rognonner dans ta barbe. On ne peut pas avoir un peu de calme avant le boulot ?

Il n'en fallut pas davantage pour que les deux adversaires descendent du lit et d'un commun accord se mettent à taper sur l'oreiller. Ce dernier battit prudemment en retraite et regagna son coin pensivement.

Très occupés à s'injurier les protagonistes n'avaient pas perçu ma présence. Il faut dire que je regardais la scène sans bouger tant j'étais éberluée. Il devenait urgent cependant de mettre un terme au pugilat sinon ma chambre allait ressembler à un paysage de neige. J'attrapai polochon et traversin et les envoyai manu militari à leurs places respectives.

Je n'en avais pas fini pour autant. La pression retombée les deux imbéciles découvrirent, penauds, l'état déplorable de leur anatomie et c'est en pleurnichant qu'ils me demandèrent de jouer à l'infirmière. Je me vengeai en cousant à gros points bien serrés qui sa longue balafre, qui sa bedaine. Plus un bruit. Je dormis cette nuit là d'un sommeil de plomb. Il faut dire que ne n'avais pas oublié de leur couturer le bec !

 

 

22 janvier 2022

Le bal des polochons (Lecrilibriste)

 

Allez viens !

Je t’invite au bal des polochons

Qui se joue en soirée,  juste avant le coucher

On peut y rajouter aussi les oreillers

Les doudous, les coussins de toute la maison

Que tu pourras trouver pour faire un arsenal

Qui tienne plus d’un quart d’heure, c’est déjà pas si mal !

Pas besoin de chanson, les rires sont de saison

Et les gnons qu’on se fout ne font vraiment pas mal

Car Mars a enfilé ses gants d’ boxe en coton

Comme la plume au vent les projectiles volent

Et ne t’avise pas de rentrer dans l’instant

Pour calmer les ardeurs de tes petits enfants

trois lurons déchaînés t’attendent au tournant

Et en ouvrant la porte tu reçois l’oreiller

Destiné à celui qui s’est juste baissé

Pour éviter un coup d’polochon sur le nez

Parfois ça se finit en s’tirant le chignon

mais la soirée d’après c’est à recommencer

S’il y a des champions au bal des polochons

 ce sont bien mes fameux, mes drôles de lurons

quand ils sont déchaînés aux vacances d’été

 

22 janvier 2022

Alain, Bernard, Paul... et les autres (Kate)

 

Ma mère voulait

Du saucisson

Des cornichons

Un polochon

Ma soeur cherchait

Une polaire

Moi un polar

Et mon père partir quelque part

Au Pôle Nord

Tel Paul-Émile Victor

 

Ma mère avait acheté

Un traversin

Ma soeur trouvé

Un medecin

Moi une guitare

Il n'est jamais trop tard

Et mon père pris

La poudre d'escampette

Pour éviter perpet'

À tout prix

Polochon

Ou traversin

Dans les bouchons

Ou en train

Au cinéma

J'étais pas là

Moi non plus

Alain

Souchon

Est venu

Je l'ai entendu

Je me croyais sentimentale

Tout simplement banale...

22 janvier 2022

J'ai dû ronfler trop fort (Vegas sur sarthe)

 

Il y a des lustres que Germaine et moi possédons chacun notre oreiller, c'est plus commode quand on fait chambre à part (je parle d'oreiller et non pas de lustre ni de commode).

Si je me contente d'un oreiller basique – 9.70€ chez Amazon – Germaine a eu l'idée saugrenue d'investir dans un oreiller ergonomique, microfibre anti-acariens et à mémoire de forme !
Ça me fait marrer cette expression « Mémoire de forme », comme s'il existait des oreillers pour Alzheimer ...
Si Germaine en a besoin pour se souvenir de ses formes, en tant que conjoint je m'en souviens très bien après toutes ces années.
Anatole France disait qu'une femme sans poitrine est un lit sans oreiller … je peux dire qu'avec Germaine je n'avais nullement besoin d'oreiller.
Ah ses formes ! Je me souviens de l'époque où – jeunes mariés – on faisait traversin commun, c'était un grand polochon en duvet de canard eider comme on n'en fait plus guère.
Je reste persuadé que c'est le duvet de canard eider prélevé quand la femelle incube qui lui flanquait des fantasmes libidineux dans le cervelet.
Faute de rideaux pour y grimper lors de nos ébats effrénés, elle en a mangé du polochon ma Germaine.
Plus tard on a été assez riches pour s'acheter des rideaux et on a remisé le polochon à la cave avec son bouquet de mariée desséché et mon costume trois pièces.

Bien plus tard elle a eu encore des formes et des migraines aussi, alors que moi je n 'ai pas changé d'un poil.
A ce tournant de notre vie de couple – à ce virage à 180° qu'elle m'imposait – je pensais qu'on se comprendrait car on dit que sur l'oreiller on se comprend mais quand chacun possède le sien c'est plus compliqué.
« J'ai dû ronfler trop fort » comme chantait Bashung.
J'ai fait des pieds et des mains pour lui trouver un oreiller anti-migraines mais je n'en ai trouvé nulle part; alors en guise de clin d'oeil à nos jeunes années, comme un appel du pied (alors que le pied n'a rien à faire là-dedans) j'ai remonté notre polochon de la cave comme on remonterait un vieux cru poussiéreux et millésimé.

Il avait une forte odeur de moisi qui n'incitait pas à la bagatelle – comme bouchonné, tire-bouchonné – mais je l'ai quand même déposé religieusement sur le lit de Germaine.
Le lendemain je l'ai retrouvé dans la poubelle du jardin. J'ai donc compris le message : il n'y a pas de marche arrière sur un polochon et toutes nos belles années sont rangées dans la naphtaline au rayon Souvenirs.
J'ai bien envie de lancer un #balance-ton-polochon sur les réseaux.

Le passé c'est le passé et j'en ai la preuve depuis que j'ai tenté l'ultime expérience : un soir j'ai mis mon dentier sous l'oreiller pour attirer la petite souris.
Le lendemain matin la petite souris avait bouffé l'oreiller et c'est Amazon qui a eu l'argent.

Je t'en foutrais des mémoires de forme, moi !

 

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22 janvier 2022

Polochon ( JAK)

 

 

Chez Mémène et Jojo ça ne va plus !

Le torchon brule.

Il lui reproche de ne pas savoir cuisiner.

Elle lui reproche de ne pas pouvoir fixer une pointe pour poser le dernier canevas qu’elle a acheté chez Emmaüs

C’est infernal.

On est en direct et en boucle, sur un remake de

Gabin & Signoret dans Le Chat

Sauf qu’ils n’ont pas de chat, mais un seul traversin !

Et croyez-moi c’est difficile de tenir à deux sur un tel oreiller !

Elle voudrait le mettre en boule, lui aimerait l’aplatir,

et chacun tire vers lui ce respectable repose tête.

 

Mais justement, cela leur la casse la tête, de se chamailler chaque soir à ce sujet.
Pourtant il y a des années que cela dure, ils ont de l’endurance, un psy dirait une vraie résilience.

 

Mais ce mercredi, de janvier,  le remue-ménage, n’est plus le même. Ils se contiennent, cachent leur mésentente



Leurs petits enfants sont venus pour deux jours, car demain pas d’école, par cause de grand méchant loup virulent .

 

Mémène, décide de leur laisser la chambre, qui est chauffée.
Avec Jojo, ils iront pieuter dans la mansarde du grenier

- c’est-ça-les-vrais-grands-parents-qui-savent-se -sacrifier-


Après une séance télé obligatoirement ennuyeuse, zapping à tout va, c’est le repli, chacun dans « ses appartements ».


Mémère et Jojo, se retrouvent dans ce petit coin rustique qu’ils ont aménagés sous les combles.

La journée a été rude, les voici aussitôt dans les bras…
…de morphée.

 

Jeudi matin, encore cotonneux, ils descendent à l’étage. En faisant trainer leurs savates.

 

Les rejetons sont déjà debout.
Par l’entrebâillement de la porte, Ho ! stupéfaction,

Mémène et Jojo surprennent les deux galapiats en train de se bagarrer.

Ils s’en donnent à cœur joie, dansant sur le matelas à ressorts grinçants, en se disputant le fameux polochon.

 

Celui-ci usé de vieillesse laisse échapper de son flanc gauche des plumes et des plumes, qui volètent dans toute la pièce.

C’est fou ce qu’il peut y avoir comme plumes dans un oreiller, et comme c’est du duvet d’oie, telle la plume au vent, par myriades, elles deviennent volages !

 

Je vous passe les semonces, et les punitions qui s’ensuivent

- c’est-ça-les-vrais-grands-parents-qui-savent-éduquer-- !

 

Un jeudi fait de pages d’écriture et de ramassage de feuilles mortes se passe.

 

Vendredi, Mémène, enfin seule à ses casseroles, bougonne.

On devine qu’elle rumine.

Soudain, elle pose son tablier, fonce chez Chanteclair au coin de la rue, et là, vous devinez, quoi ?

 

Elle y achète enfin deux oreillers, en ouate synthétique siouplait !

Par-dessus le marché, comme c’est le mois du blanc, ils sont en solde !


Moralité : il n’y en a pas !

 

22 janvier 2022

Polochons (TOKYO)

 

Sagement je choisis, de rester au lit la tête douillettement enfoncée dans mon polochon.

Je pense à ce que je dois au fisc, , je suis presque assurée de devenir sous peu une exilée fiscale, ou de me faire condamnée pour mauvaise conduite.

Je vois d’un coup bref notre famille, papa mendiant, maman mendiant fiston mendiant bébé mendiant parés de leurs plus beaux haillons.

Pour l’essentiel, c’est un léger’ je m’enfoutisme ‘qui l’emporte.

J’entends la voix de l’inspecteur des impôts/ mais où est donc passé tout votre argent ?

 Au Bahamas   mon bon ami. Je n’ai aucune vulgaire cupidité en moi juste un gout prononcé pour le confort et les polochons.

 Cher inspecteur, c’est un besoin biologique comprenez-moi. Mon polochon maintenant prend la silhouette de l’inspecteur des impôts. A L’approche de la quarantaine j’entends le tictac de l’horloge et de son cortège de désagréments. Ma jeunesse me quitte, il me faut du pognon pour les liftings, les liposucions, les micros opérations chirurgicales du vagin et des lèvres. Je sais ça vous fend le cœur et bébé mendiant peut toujours courir après ses couches. J’écris sur mon polochon au feutre noir. Beaucoup de choses m’anéantissent.

 Puis je me lève brusquement, j’enfile une petite culotte j’attrape mon parapluie de secours et les clés du porche et me voilà repartie.

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22 janvier 2022

En ordre de bataille ( Walrus)

 

Dans mon enfance, pour désigner cette sorte d'oreiller multiplaces occupant toute la largeur d'un lit, mes parents utilisaient le mot "traversin".

Aussi, lorsque pour la première fois j'entendis parler de "bataille de Polochon" entrepris-je de localiser l'endroit pour le classer dans ma liste des batailles des glorieuses armées françaises quelque part entre les bien connues  Marignan et Reichoffen..

Et vous savez quoi ?

J'ai rien trouvé !

Je me suis consolé en imaginant qu'il ne s'agissait en fait sans doute que d'une toute petite escarmouche que l'on passe sous silence, les Français y ayant probablement pris la pâtée.

22 janvier 2022

Traumatisme (Jean-Patrick)

 

Quand j’étais gamin, au siècle dernier, mes parents m’ont placé en pension : pour mon bien, évidemment. C’est-à-dire dans une école de frères ! Mon palmarès de sanctions n’est pas exceptionnel : quelques expéditions dans la cour avec la contrainte d’en faire le tour dix fois et l’angoisse que le directeur traverse le lieu, tire l’oreille ou demande des justifications. De temps à autre, une ligne à copier cent fois ou la mise à genoux sur la règle en bois à la section carrée. Des vexations ou des brimades avalées, rien de plus.
Par contre, le renvoi pendant trois jours fut une épreuve. Au motif d’exhibitionnisme, rien de moins ! Lors d’une bataille de polochons, le surveillant surgit pour imposer l’ordre et affirmer son autorité : idiot à dire, mais c’était la tâche basique d’un pion. À son arrivée, je sautais sur les lits, nu comme un ver : l’urgence de participer à l’émeute collective avait devancé celle de revêtir le pyjama. La vigie a grondé les uns, mis au lit tout le monde et m’a consigné.
Ce soir-là, j’appris que les règles de bienséance sont prioritaires sur celles du partage avec les copains : la bataille avait démarré avant que j’aie enfilé mon pyjama ; si j’avais commencé par le revêtir, j’aurais été quitte pour l’engueulade collective. Au lieu de ça, il m’a convoqué dans sa chambre. Je n’y ai subi aucuns sévices corporels ou attouchement quelconque, peut-être avait-il remarqué mon incapacité à tenir ma langue. Dans sa piaule de fonction, le cerbère avait installé un équipement de sonorisation dernier cri pour l’époque : magnétophone à bandes, micro directionnel et table de mixage. Ce matériel impressionnant lui permit d’enregistrer mes aveux :
— Oui, j’étais nu. Oui, je sautais sur le lit des camarades. Oui, j’ai continué à donner des coups de traversin avant de me vêtir.
Ma déposition fut transmise au directeur qui, sans avocat parental, ni plaidoirie, prononça une exclusion de trois jours.
Ce ne furent pas des congés à la maison, ni du temps de lecture comme à l’étude, mais une flopée d’exercices sans nombre. Je passai des heures et des heures à tenter d’éponger ce flot de punitions, qui impressionna même ma mère : des conjugaisons à en dégoûter un grammairien, des calculs à dissuader un matheux. Tout ça pour un pyjama trop long à enfiler.
Les psychologues de comptoir justifieront mon aversion à me maintenir au lit et ma tendance à rester dans cette tenue une partie de la matinée par ce traumatisme enfantin. Ils seraient plus inspirés d’apprendre aux pensionnaires que les batailles de polochons ne se gagnent pas à poil : leçon ridicule, mais plus utile que celle que j’ai reçue.

 

22 janvier 2022

Sans chemise , sans polochon (Laura)

Sans chemise 1 , sans polochon

J'ai trouvé un jour dans un article scientifique la justification (dont je n'avais pas besoin)de notre habitude nocturne de nous coucher nus. Mon mari(et son père avant lui) le faisait avant et moi aussi. Alors que je dus dormir une nuit avec ma mère, je fus très mal dans mon habit de nuit. Mon mari est mort nu , comme un retour à l'origine du monde(que j'ai dans ma chambre), dont on est expulsé, nu et au paradis de la Genèse dont on fut chassé, habillé. J'ai cette impudeur d'Eve avant le péché originel. Je mets pour lire un cache-cœur(qui saute avec la lumière qui s'éteint) sur les épaules et une bouillote à mes pieds toujours froids.

Il y a plus de dix ans, j'ai abandonné le polochon pour ne pas aggraver ma discopathie sévère dégénérative. Cela n'a pas empêcher l'arthrose(et les douleurs) de s'étendre et de me gêner plus la nuit que le jour: cervicales, épaules, sciatique, mains, céphalées permanentes etc. Ce qui me fait parfois habiller ma nudité d'une épaulière, genouillère, manchons pour que les zones douloureuses frottent le moins possibles le lit, m'empêchant de dormir ou me réveillant.

1 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2021/01/05/rika-zarai-sans-chemise-sans-pantalon-1975-6288587.html

15 janvier 2022

Défi #699

 

Bonne nuit !

 

Polochon

 

6991

15 janvier 2022

Ont digéré le sujet

15 janvier 2022

Ogre, est-ce...? (tiniak)

 

Poucet ne le sait pas
(mais le conteur, oui-da !)
au bout de son regard, la lumière qui brille
va les mener tout droit dans le lit de sept filles
lui et tous ces frangins
perdus dans la forêt dont on fit des bouquins
bien après d'y entendre
les soupirs englobés dans La Parole-Apprendre

Or, c'est l'instant crucial où l'enfance bascule
que des miettes de pain ont rendue ridicule
pour le temps d'un chapitre
car le conte, au final, en fera une épître

Une lettre affranchie à l'aune de l'humain
qui cherche, comme lui, à tâton son destin
dans la mousse des arbres
et n'entend qu'à la fin ce qu'en vaut le palabre

Car l'enfance bascule et demeure, à la foi
une béquille sûre et fragile à la fois
dans le conte où, bien sûr, un ogre va surgir
mais pour mieux démontrer comme tout doit finir
telle, autour du fagot, l'humaine ligature

Et l'enfant qui l'entend - sachant la conclusion !
ne peut se départir de ce premier frisson
qu'à la première écoute
lui a rendu le fond d'un archaïque doute

Toi, l'enfant sans sommeil
(mouronnant au brasier que nourrit la merveille)
à ton pouce bagué de songes ambigüs
je reconnais ma place et j'en poursuis le but
car l'ogresse, accueillante
a permi que réchappe aux peines dévorantes
ton espiègle sourire en mon adulte mue

ti

15 janvier 2022

La fin d'un ogre. (maryline18)

 

m18

 

Jouer avec la faim d'un ogre

est difficile, voire impossible ;

ergo, je m'en vais goûter

à l'an vert et vous attendre...

 

(En oeu(f),

suivi d'un air, de peu,

étouffant sous le fagot

d'un trop proche "f(eu)",

je déboule, tout de go !)*

 

Me voilà au pays des elfes,

Surtout ne lachez pas ma main

car à mes oreilles pointues

Arrive le son des gargouillis

de l'estomac vide de l'ogre...

Avançez à reculons, oui,

Vos pas dans les miens et courons !

Enfuyons-nous loin du glouton !

 

*(Un ogre à l'envers)

15 janvier 2022

O comme ogre (Adrienne)

a

 

Voilà un mot qui a occupé l’esprit de l’Adrienne toute la semaine. Et pourquoi ? Parce qu’il n’existe pas en néerlandais !

Vous allez dire : « mais quelle drôle d’idée ! » ou « est-ce donc si important de pouvoir le traduire ? »

Et bien oui : s’il n’existe pas en néerlandais, il devient une sorte de mystère. Une énigme à résoudre. Pourquoi cette absence ?

En néerlandais, on connaît les géants. On les connaît dans toutes les cultures sur terre. Rappelez-vous, ils sont aussi dans la bible :

« Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants: ce sont ces héros qui furent fameux dans les temps anciens. » Genèse 6:4

Ils sont dans toutes les littératures, dans toutes les mythologies. Parfois ils mangent de la chair humaine, mais pas toujours. C’est même plutôt rare.

En Flandre, le plus connu est Druoon Antigoon, qui exigeait son impôt sur tout passage de l’Escaut, à Anvers. Il est attesté dans le folklore local depuis le moyen âge.

Dès le 14e siècle, de nombreuses villes flamandes ont leur géant qu’elles promènent aux fêtes, kermesses et autres processions. On les promène d’ailleurs encore aujourd’hui, il s’agit souvent de héros ou de braves géants débonnaires, comme dans la ville de l’Adrienne, où ils représentent le principal corps de métier – le tisserand – et ils ont femme et enfant : Madame est fileuse, fillette est couturière.

Tout ça, donc, nous mène très loin de l’ogre.

Le plus méchant, l’Anversois Druoon Antigoon, se contentait de couper la main de ceux qui ne lui payaient pas leur droit de passage. Raison pour laquelle, comme dans David et Goliath, quand il a été vaincu par plus petit que lui – un dénommé Brabo – il a eu à son tour la main coupée.

***

photo: la tête de Druoon Antigoon réalisée par Pieter Coecke van Aelst en 1534/1535 pour l'Ommegang annuel anversois.

 

15 janvier 2022

Ogre (TOKYO)

 

Ya un problème encore plus grave André mon singe a disparu.

Je sais qu’il adore la pluie et ce soir il pleut. La pluie bénit les naïfs les espiègles

 M’a toujours expliqué André dans son langage de gorille.

Mais moi je ne partage pas ce point de vue. La dernière fois les pluies acides ont brulé sa peau au deuxième degré et mon pauvre André s’est retrouvé aux urgences.

C’est un ogre qui vous a dévore à dit l’urgentiste. Il te faut de l’eau bénite André, lui ai-je dit en fonçant dérober cette eau dans la cathédrale.

Depuis je soupçonne André de prendre régulièrement des bains dans les bénitiers des églises.

A la vue de l’état comateux de notre foi dans ce pays, c’est un miracle qu’un gorille croit encore à la sainte eau de nos chapelles ;

v1

 J’ai cherché André dans tous les lieux confessionnels, pas une trace de lui.

Le petit poucet a plus de talent que mon gorille pour marquer son chemin. Cet imbécile s’est encore perdu.

Je dois avoir un esprit bien morbide pour penser qu’André est en danger ou qu’il se fasse dévorer à nouveau par un Ogre.

Le téléphone sonne André vient de verser de la térébenthine dans le rectum du curé de notre paroisse.

Je tape térébenthine sur le clavier de mon ordinateur pour comprendre les vertus curatives de ce produit.

Sauf erreur de ma part on est dans la merde.

 

15 janvier 2022

La petite fille et l’ogre (Clio101)

 

       On l'avait répété cent fois à Samira. La forêt est très dangereuse ; il ne faut y aller sous aucun prétexte. Il y règne des créatures mauvaises qui t'enlèveront pour te tuer ou faire de toi leur esclave. N'y va jamais ou tu pourrais ne jamais revenir.

      Il fallait particulièrement se méfier de l’ogre de la forêt. Il avait tout le gibier des bois à sa disposition mais son plat préféré était sans conteste le rôti de petite fille. L’ogre rôdait dans les bois pour s’emparer des petites filles imprudentes qui s’aventuraient sur son territoire. Après les avoir attirées chez lui par des paroles enjôleuses il les endormait et les faisait cuir dans son four avec des pommes de terre et des oignons tendres.  On le reconnaissait à la peau de sanglier qu’il portait en permanence sur lui et aux bois de cerf qui couvraient son crâne.

      Une petite fille ordinaire aurait sagement obéi aux adultes. Elle n’aurait pas discuté et n’aurait jamais songé à aller dans les bois puisque cela est aussi dangereux. Mais Samira n’était pas une petite fille ordinaire. Quand on lui donnait un ordre elle voulait exactement faire le contraire. Ou plutôt elle n’aimait pas acquiescer aveuglément mais voulait expérimenter par elle-même les conséquences de ses actions. Par exemple si on lui disait : « n’approche pas ta main de la marmite, tu vas finir par te brûler », elle tendait la main vers la marmite pour mieux sentir l’intense chaleur sur sa paume.

      Alors quand on lui dit de ne pas se rendre dans la forêt un vif désir la saisit de l’explorer pour découvrir si toutes les créatures mauvaises qui y habitaient existaient vraiment. Un après-midi où toute sa famille faisait la sieste après un long déjeuner, elle lui faussa compagnie et se dirigea vers ce lieu mystérieux.

      Au fur et à mesure qu’elle pénétrait dans le couvert des arbres Samira contemplait avec étonnement le spectacle qui s’offrait à elle. Les taillis, sous-bois, mousses et feuilles de toutes formes formaient une palette de verts touffue et bigarrée. La lumière perçait entre les feuilles des plus hauts arbres et dessinait une myriade de paillettes d’or qui n’en finissaient pas de se recomposer. Le regard de Samira scintillait à l’unisson de ce jeu de lumière et le froufrou des feuilles et le claquement des branches mortes sous ses pieds lui donnaient le sentiment que son cœur battait à l’unisson de la forêt. À ce paysage venait s’ajouter le chant des oiseaux et des animaux qui lui souhaitaient la bienvenue dans ce monde : la trille de l’alouette comme un babillement incessant, le son aigu de l’épervier, une note qui montait à intervalles réguliers vers le ciel, le brame du cerf, le sifflement du loriot et le grognement du sanglier au loin. Au milieu de ce concert de salutations résonnaient les trois notes de la huppe, comme un avertissement. Samira n’y aurait pas prêté attention si elle n’avait entendu, comme mêlé à ces sons, la plainte lugubre d’un chagrin que rien ne parviendrait à combler.

      Portée par son instinct et toutes ces voix bienveillantes elle suivit la trace de ce sanglot jusqu’à parvenir à une maison en bois. Une maison en bois tout à fait ordinaire, pareille à celles de son village, à deux détails près. A l’exception du toit, tout était délabré, comme si quelqu’un avait fracassé tous les murs à coups de poing. Assis devant la cabane se trouvait un homme vêtu d’une peau de sanglier et coiffé de bois de cerf.

      Samira se recula et se prépara à fuir. C’était l’ogre de la forêt.

      Ses pieds refusèrent de lui obéir.

      Un torrent de larmes ruisselaient sur les joues de l’ogre.

 

15 janvier 2022

Dans la forêt (Yvanne)

 

Des personnages insolites ont donné à mon enfance une saveur particulière. Et inoubliable. Qui croirait que dans un village perdu de la campagne corrézienne abritant quelques 60 âmes, aient pu exister des hommes et des femmes surprenants, au mode vie tellement curieux qu'il a alimenté mon imaginaire d'alors, fantasque et débordant.

C'était les vacances de Pâques. Mon frère et moi plongions du bois dans le hangar attenant à la maison familiale. Elle était – et est toujours - située au bord de la route communale desservant le hameau. Nous vîmes arriver une moto pétaradante qui s'arrêta devant nous. Le conducteur nous demanda où il pourrait trouver un certain Jean vivant au château. Immédiatement je trouvai à cet homme juste entrevu un air bizarre sans pouvoir m'en expliquer la raison.

Nous lui indiquâmes la direction à prendre mais pendant que mon frère courait raconter la nouvelle à nos parents, je m'avançai jusque au pied de la colline où se situait le manoir pour tenter d'apercevoir le bonhomme. Il parlait avec Jean dit Jeantou, le régisseur-gardien-homme à tout faire des lieux. Jeantou, un célibataire original et acariâtre à la botte des châtelains. J'exécrais Jeantou. Mais c'est une autre histoire.

Nous apprîmes que les « bourgeois » avaient embauché un bûcheron pour effectuer une importante coupe de bois. Jeantou gardait jalousement les renseignements qu'il possédait sur le nouvel arrivant au grand dam des villageois. Nous ignorions tout sur le personnage qui débarquait chez nous : son nom, sa provenance etc... Une énigme savamment entretenue par le régisseur qui devait jubiler devant les mines avides des uns et des autres. Ma curiosité n'en fut dès lors que plus exacerbée et je n'eus de cesse d'en apprendre davantage. Je savais où se situaient les forêts du châtelain et je m'y rendis, seule, les jours suivants.

Les coups de cognée me guidèrent et je vis – de loin bien sûr - le bonhomme occupé à construire une grande cabane. Puis Jeantou arriva avec sa vieille guimbarde et ensemble ils déchargèrent un lit, une gazinière, une table, deux chaises et d'autres accessoires nécessaires à l'installation du bûcheron. Pas possible : l'individu allait demeurer là. Et c'est bien ce qu'il fit durant près de deux ans. Il ne venait jamais au bourg et vivait en ermite. Jeantou lui apportait des vivres une fois par semaine et était le seul à le côtoyer. De temps à autres cependant on le voyait passer sur sa moto mais il ne faisait jamais halte dans le village.

J'allais chercher les champignons dans ces bois. Un matin, occupée à ramasser des cèpes je ne vis pas arriver l'homme. Lui non plus ne m'avait pas aperçue. Nous nous fîmes face aussi stupéfaits l'un que l'autre. Je laissai tomber mon panier de saisissement. J'eus très peur en découvrant un personnage hirsute, au visage tout couturé. Avec sa grande taille, sa carrure impressionnante et sa hache à la main, il était tout à fait semblable à l'image que j'avais de l'ogre dans l'histoire du Petit Poucet. Je pris mes jambes à mon cou et déguerpis.

Cet homme n'était sans doute qu'un pauvre bougre qui cachait sa misère au fond des bois. Dans ma tête de gamine de 8/10 ans en quête d'originalité il n'en fallait cependant pas plus pour alimenter un esprit bouillonnant.
Je ne suis pas retournée dans cette forêt par la suite durant de nombreuses années. D'autant plus que le bûcheron s'était suicidé dans sa cabane. Le mystère étant resté entier l'endroit était maudit pour moi.

 

15 janvier 2022

Tout ça c'est des histoires (Vegas sur sarthe)

 

 

« Dis maman, pourquoi l'ogre bouffe les petits enfants ? »
« Parce que l'avaleur n'attend pas le nombre des années, mon chéri »
« C'est qui çui qu'a dit ça ? »
« C'est Corneille, mon chéri »
« Les chanteurs sont relou des fois, non ? »
« C'était pas un chanteur, mon chéri c'était un poète »
« Et c'est quoi un ogre qui mange des figues et des canards de Barbarie ? »
« C'est un ogre de Barbarie, mon chéri »
« C'est pour ça qu'il fait de la musique ? »
« Non, ça c'est l'ogre qui mange trop de haricots »
« Pouah ! C'est gore »
« Non mon chéri, on dit ogre »

« Et c'est quoi un petit poucet ? »
« Je pense que c'est un enfant qui envoie des SMS avec ses deux pouces »
«Mais t'en es pas sûre »
« Euh … non mon chéri »
« Donc t'es pas sûre pour le petit poucet mais t'es sûre pour l'ogre de Barbarie qui mange des fayots ? »
« C'est ça »

« Je vois. Et c'est quoi des pompes de sept lieues ? »
« Ce sont des bottes qui permettent de parcourir trente kilomètres en une enjambée »
« Bon, je te remercie bien. Je crois que je vais lancer un hashtag Balance ton Perrault ... »

 

 

15 janvier 2022

King Kong comme un ballet ? (Joe Krapov)

Rennes, le 14 janvier 2022

Ça ne va pas ! Ça ne va pas ! Ça ne va pas !

DDS 698 Opéra

Qu’est-ce que c’est donc que je ne digère pas ? Récapitulons ! Hier j’ai mangé un opéra. Un gâteau sympa. Dans cette ville-ci sa façade est semi-circulaire. Sur le sommet on a posé neuf muses en pâte d’amande et un Apollon en chocolat. A l’intérieur, ce n’est que du bon : fauteuils de velours rouge, superbe décor, tutus roses, lustre de sucre cristal, perles dorées, spectatrices de choix et jolis messieurs en habit de fête, ce n’est quand même pas ça qui m’a rendu patraque ? Alors ?

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Peut-être la petite fontaine à côté avec sa cerise en forme de tête de femme sur le sucre glace italien ? Je n’en ai fait qu’une bouchée, j’ai à peine senti le goût. Et c’est justement ça qui a commencé à m’inquiéter.




5_Im4

 

 

J’ai passé l’après-midi à chercher une maison close. Oui, je sais,depuis que je sème la terreur dans les parages, toutes les maisons sont fermées, les gens se confinent chez eux en se disant qu’avec un peu de chance je ne les dévorerai pas. Mais il y a une différence entre « fermée » et « close ». Papa m’a toujours parlé des bordels – c’est là leur autre nom – comme d’un mets succulent, un régal composé à parts égales de stupre, de fornication, volupté, luxe, calme et beauté. « C’est fondant à souhait ! » disait-il en levant les yeux au ciel.








3_Im3Il a fini par y partir au ciel et je n’ai pas très envie de l’y rejoindre. Outre qu’il m’a toujours élevé à la dure, je suis sûr qu’il ne me laissera jamais, là-bas, toucher à sa réserve de planètes en sucre d’orge. L’outremangeur n’est pas prêteur, c’est là son moindre défaut. Déjà qu’il a toujours gardé pour lui le palais de Dame Tartine et la maison d’Hänsel et Gretel, ce cochon d’égoiste !

Sinon, qu’est-ce que j’ai pris qui pourrait m’avoir donné ces symptômes à la con ? Je tousse, je ne sens plus les odeurs et ce que je mange a de moins en moins de goût !

Voyons, cherchons. Avant l’opéra j’avais boulotté un EHPAD. D’accord, la barbaque était un poil vieille mais les fauteuils roulants et les déambulateurs qui croquent sous la dent, ça compense bien le petit côté faisandé.

Et puis j’ai bouffé l’école d’à côté. C’est peut-être là que j’ai chopé le virus. Déjà il y avait moins de marmots que d’habitude sur les bancs. Beaucoup parmi eux jouaient à Zorro ou à « Haut les mains, peau d’lapin ! Ceci est un hold-up !» avec un masque sur le nez. Je ne sais pas non plus ce qu’ils trafiquaient avec tous ces coton-tiges. On leur nettoie les oreilles aux minots pour être sûr que le savoir pénètre bien dedans ?

Ouille ! Ouille ! Ouille ! Je douille ! Si ça continue comme ça je vais devoir aller manger une pharmacie. Je sais les repérer, elles ont toutes une croix verte clignotante sur leur façade.Bien sûr, ça n’est pas très bio, c’est plein de produits chimiques mais les jardins de plantes médicinales comme du temps de Papy Gargante, même dans les villes minérales-socialistes, ça ne court pas les rues.

Bon ce sera tout pour aujourd’hui, cher journal. Je vais aller passer la nuit au jardin du Thabor. J’ai l’habitude là-bas de m’étendre sur un espace en pente et j’y ai un sommeil d’Enfer !

Et si jamais je ne vais pas mieux demain au réveil, vaille que vaille j’irai à Pontchaille m’envoyer l’hôpital même si maman m’a toujours dit que c’était un endroit dangereux. A cause des seringues.

N.B. Les deux images sont empruntées au jeu "Dixit" de Jean-Louis Roubira illustré par Marie Cardouat.

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