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Le défi du samedi

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19 février 2022

Le cours des miracles - tiniak

 

(racine carrée de “pouffe”, mais dans un dais à moudre**) 

 

Prenez un souhait enfoui depuis le plus jeune âge
faites-le rejaillir parmi votre entourage

un franc sourire à l’œil, avec le cœur battant
déposez le présent sous forme d’un hommage
et surtout n’attendez vraiment rien en retour

(hormis de constater la magie opérant)
il est ici question d’amour, pas de courage

 

Oubliez les leçons - autres que d’expérience !
mettez-les au pilon ou bien marchez dessus
gardez vos sentiments intacts,
stricto sensu
(ou pour le feu du garde-chasse… ou… les soldats loin de la France ?*)
ouvrez grand les mains sous le ciel; appelez la pluie et son miel
et laissez venir l’évidence…

(pour peu, ça vous trouera le cul !)

Un jour meurt au seuil de la nuit, sans coup férir
par enthousiasme ou par envie de n’en rien dire
(un franc sourire au cœur, l’œil frémissant)

c’est le moment privilégié pour se rapprocher des sirènes
(plutôt celles de nos pompiers dont le métier n’est pas pédant)
là, sur cet ancien Cours La Reine, en la belle ville de Caen
que longe un fleuve des plus lents, dans la semaine


Fabulons donc sur le concret
et pouf ! Soudain, miracle y est !
“ - J’ai rien entendu !!?!!
(connaissez-vous Machin Lompret ?)
“- Ah bah, ouaaaais !!! (exaltation polie)...”
En parenthèses, là, je pouffe… Vu ?
Y pas d’ miracle, au vrai. Quoi, si ?

 

Encarts pour encas :

* Je sais… Je sais. Jules Laforgue, encore lui ! Ben, oui. C’est grave, docteur ? Mais bon, c’est encore l’hiver non ?
Voui, nan pas tant “L’hiver qui vient” - vu qu'on est bien en plein dedans. Mais, ça y est ! Je le récite enfin par cœur, ce poème. Sinon… ? Je lis (pour la récré) un roman sirupeux, à base de cheesecake frison qui fait des miracles à Long Island : "La petite pâtissière de...".

** Oui, c’est clair : je me fais grand plaisir avec cette logorrhée en acrostiche. Mais bon, telle est mon écriture. Je vous ai fait plaisir, allez ! ces derniers temps. Permettez donc… Incidemment… Que je souffre, à nouveau, que l’on s’insurge de mes vivaces prétentions de thaumaturge; hula hop !
(“Je sais plus bien… Il est interlope ou trop pop ?”)



 

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19 février 2022

Le thaumaturge (petitmoulin)

 

La nuit cède à la ruse
D'un rêve échappé
Du lit froissé
Les gonds du jour
Grincent
On devine son premier pas
Sur la brume
Il se penche au-dessus
Du jardin
Soufflant sur les dernières
Poussières de l'ombre
Chaque réveil est un miracle
L'air prend plus de place
L'oiseau y risque son chant
Sans savoir
Si on l'écoute
Ce matin-là
C'est peut-être lui
Le thaumaturge

 

19 février 2022

À la Kazoum, à la Bribus (joye)

pouffe

- Pardon, mademoiselle, vous attendez le bus ?

- Oui. Pourquoi ?

- C’est que les bussistes sont en grève.

- Les bussistes ?

- Oui, les gens qui conduisent les bus.

- Ah. C'est quoi votre nom ?

- Permettez-moi de me présenter. Je m'appelle Sim Salabim.

- Hein ?

- Voulez-vous que je vous emmène ? Je suis voituré.

- Watturé ?

- J’ai ma voiture.

- Ah.

- Oui, carrément, eh eh eh.

- Z'avez un boulot ?

- Mais oui, charmante demoiselle.

- Quoi t'est-ce ?

- Je suis lexicographe.

- Cool ! Je voudrais rouler en Lexus. Z'avez un autre taf ?

- Oui, je suis aussi thaumaturge.

- Euh ?

- Je vous montrerai, ma chère interlocutrice monosyllabe...je rendrai votre sac si pondéreux que vous ne pourrez plus le transbahuter ! Et POUF !!!

La jeune femme se retourna sans hésiter, l’assomma avec son sac rempli de briques et repartit, tout en criant d'une voix percutante :

- POUFFE VOUS-MEME, ESPÈCE DE SALOPARD !!

19 février 2022

Saints guérisseurs, saintes guérifrères (Joe Krapov)

Si tu penses que ça urge de voir venir un thaumaturge, n’attends rien d’un président : on élit toujours un drôle de mecton !

Contrairement à ce que dit le dicton, il vaut mieux s’en remettre à ses saint·e·s qu’au bon Dieu !

Déjà, ils sont plus nombreux et savoureux !

DDS 703 saints guérisseurs

Saint Marcel soigne vos insomnies : grâce à lui plus de temps perdu à rechercher le sommeil ;

Saint Huron te protège des chutes de pantalon ;

Saint Accouchement met un terme aux grossesses ;

Saint Cougar justifie les libidos durables (mais pourquoi ne le seraient-elles pas ?) ;

Saint Georges en pommade combat le dragon (mais bon,  99 applications, c’est long !) ;

Saint Glinglin récompense la patience de Madeleine (son ami Léon est allé retrouver Germaine pour manger des frites chez Eugène) ;

Saint Guy guérit les transes des frappés de la danse ;

Saint Nazaire apaise la sous-marinière en mal de balèze ;

Saint Christophe protège de la catastrophe Lady Diana (c’est ce que raconte Saint Zouave du pont de l’Alma) ;

Saint Médard distribue des parapluies gratuits à celles qui n’ont pas de riflard ;

Saint Thomas guérit des croyances autant que le hasghtag « Balance... » ;

Saint Sylvestre vient à bout des années confinées, covidées, bien usantes, mal torchées, lamentables et des longues litanies dont Krapov est capable ;

Saint Raoul le D.J. nous enchloroquiquine mais pas autant sans doute que Sainte Seringue qui rend brindzingue ;

Saint Eustache protège ta trompe, éléphante (et pour les éléphants il faut voir Sainte-Phallope) ;

DDS 703 hildegarde-de-bingen

Sainte Ethique, à repasser, c’est pas coton ;

Sainte Hélène isole du Napoléon ;

Sainte Germaine guérit de la morosité via ses cocasseries, savamment relatées par son mari chéri ;

DDS 703 margueriteSainte Marguerite a péri pour toi un peu, voire beaucoup, pour que tu sois sûr que ton Anna t’aime ;

Sainte Cécile, patronne des musiciens ne te protège pas des couacs (faut pas trop demander, non plus !). Si tu en commets,  moussaillon, tu n’as à t’en prendre Cacatois même !

Si Sainte Rita ne peut plus rien pour toi remets-t’en à Saint L’Hasard qui arrive sans crier gare ;

Sainte Pilule de Viagra revigore Grand-papa ;

Sainte Tour de Gustave, au concours de celui qui aura la plus longue, rabat les prétentions ;

Sainte Vulgarité au défiant du samedi an mal d’inspiration redonne l’occasion de rire et faire rire parfois à profusion

Sainte Marie de la mer donne beau temps aux gitans et la palme à Kusturica pour son titre résume-tout : « La Vie est un miracle ». 

19 février 2022

J'ai failli l'avoir dans le... (Walrus)

 

"Failli !" vous exclamerez-vous en apprenant que ce jeudi j'ai fait l'objet d'une colonoscopie (Et accessoirement d'une gastroscopie, non, ce n'est pas le même instrument exploratoire ! Enfin, j'espère, j'étais endormi...)

Dans ce cabinet, le circuit d'examen est en boucle : vous entrez par le bureau du médecin lequel, selon son humeur, vous parle, ou pas, puis dans un petit vestiaire où l'on vous fait enlever vos vêtements à l'exception de votre chemisette et vos chaussettes (pour que vous ne preniez pas froid stipule Anouchka, l'infirmière préparatrice, tandis que l'anesthésiste se plaint, lui, de la chaleur excessive) et enfiler une sorte de boxer en papier bleu marine pourvu d'une braguette à l'arrière (vu l'âge moyen des patient·e·s, on comprend que l'homme de l'art préfère éviter la vue panoramique des popotins concernés).

Étape suivante : local d'examen où  l'Anouchka vous fait grimper sur un lit/table d'examen, vous installe un cathéter dans un bras et une insufflation d'oxygène dans le pif avant que l'anesthésiste, toujours en surchauffe, vous envoie au pays du silence sans rêves.

Quand, votre lit ayant été transféré dans la salle ad hoc, vous vous réveillez, Anouchka (une parente lointaine de mon neveu Joe Krapov ou de mon oncle Constantin Asthakov ?) vous demande si vous vous sentez bien tout en vous balançant d'un geste vigoureux vos vêtements sur le bide.

Quand vous vous serez rhabillé, vous retournerez dans le bureau du médecin qui vous fera voir de somptueuses images couleur de votre intérieur intime avec commentaires à la clef !

Et c'est là, au rhabillage, que ça a coincé : malgré une fouille minutieuse de tous mes vêtements, je n'ai pas réussi à mettre la main (ni même l'œil d'ailleurs) sur mon slip ! Mise au fait de la chose, l'Anouchka me prenant pour un affabulateur mal réveillé de surcroît recommence la fouille que je venais moi-même d'effectuer puis, entame d'explorer les endroits où pourrait se dissimuler la chose.

Bredouille malgré ses invocations au thaumaturge de la réapparition, Saint Antoine de Padoue et à son cochon truffier, en désespoir de cause, elle m'a donné un autre de ces boxers papier dont question ci-dessus.

C'est alors, qu'avisant la poubelle à la sortie de la salle de réveil, j'ai aperçu, chiffonné, un papier bleu marine pareil à celui que l'on disposait pour chaque patient (vous savez, hygiène et tout le toutim) sur la chaise du vestiaire.  Ouverture prudente de la chose et... elle renfermait mon slip, lui aussi de couleur bleu foncé.

Comme quoi, la logique et l'observation font parfois des miracles...

 

 

 

 

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19 février 2022

Starets du tsar (Kate)

 

Arrière-grand-père Grigori

Parti du fin fond de la Sibérie

Étudier auprès des starets

Pour aussi devenir starets

Lui pauvre moujik

Aux pouvoirs dits magiques

Regard magnétique

Emprise diabolique

Introduit auprès de la tsarine

Alexandra Feodorovna

Afin qu'il guérisse

Le tsarévitch son fils

Chéri Alexis

De sa maladie

 

Mon lointain ancêtre

Qui m'empêtre

Starets

Ou pseudo starets

Savant ou charlatan

Reste pourtant présent

Je vis en France

Je chante et danse

Sur l'air de "Rasputin"

Si je n'expose pas mes origines

Parfois me revient

L'atmosphère des miens

La lutte de ma grand-mère

Pour survivre sur d'autres terres

La trajectoire de mon arrière-grand-père

Monté jusqu'aux plus hautes sphères

Et je médite sur le mal le bien

L'espace d'un couplet et d'un refrain

19 février 2022

T comme Thaumaturge (Adrienne)

 

Grand-mère Adrienne croit très fort aux vertus de la salive, en tout cas de la sienne.

Vous tombez et vous vous faites une égratignure ?

Hop, elle se lèche l’index et frotte sur la minuscule plaie qui semble disparaître.

Parfois il faut répéter l’opération.

- Voilà, fait-elle en se redressant. Maintenant ça ne fait plus mal.

Et vous vous sentez obligée d’oublier votre bobo et de déclarer :

- Non ! Ça ne fait plus mal !

 

19 février 2022

Sieur printemps (Lecrilibriste)

 

Sieur Printemps s’apprête

il met son habit de gala

Sieur Printemps est enfin là

D’un coup de baguette démiurge

Cet incroyable thaumaturge

Habille le triste hiver en vert

Ressuscite le ciel et la terre

Eclaire les jours de lumière

Délie les trilles des oiseaux

Et brode les branches du pommier

De petits points tout anisés

Il grimpe le long des sentiers

Et fait fleurir les primevères

Qui sortent la tête du talus

Timidement pour être sûres

que de se réveiller c’est l’heure

Il constelle les prés jaunis de fleurs

En même temps qu’il enflamme les cœurs

 

19 février 2022

Paysages de Lourdes et autres thaumaturges (Laura)

 

J'adorais le catéchisme qui m'a conduit jusqu'à la confirmation. J'adorais la messe. J'adorais prier. J'adorais les lieux de culte et les personnes qui allaient avec. J'ai aimé être au collège chez les soeurs.J'étais sage et j'aimais être ma famille notamment ma grande tante, ancienne religieuse qui me proposa un jour de faire avec elle le pèlerinage de Lourdes en train couchette de nuit) , un des lieux thaumaturges les plus courus. C'était beau, c'était fort surtout la nuit: la procession des malades et/ou croyants avec leurs cierges. J'étais transportée comme lorsque j'avais entendu une voix me disant d'être religieuse. Pour ce premier voyage sans mes parents, ces derniers m'avaient donné de l'argent que je dépensais à tire-larigot chez les marchands du temple : images pieuses pour mes proches, bouteille pour recueillir de l'eau de Lourdes que j'ai toujours.

Ce qui fait un lieu ou une personne thaumaturge, c'est notre représentation qui change le temps.

Ainsi des présidents de la République thaumaturges avec leur programme que beaucoup prennent comme des promesses de changer leur vie en mieux. Mais le président ne maîtrise pas tous les éléments qui conditionnent la réalisation de leur programme:, la crise financière de 2008, les attentats ,la pandémie actuelle, les crises internationales. D'autre part, le président ne peut changer la vie des citoyens sans leurs participations: droits et devoirs. Le citoyen déçu gifle le président qui n'a pas fait de miracles. Par contre, de certains anciens présidents(souvent morts) , on retient ce qu'ils ont fait de bien et non les mesures qu'on a honni en leurs temps.
 

12 février 2022

Défi #703

 

Comment ça, y a plus de miracles ?

 

Thaumaturge

 

7031

 

Et pour Macron, ça marche aussi ?

 

12 février 2022

L'ont correctement répété (ou presque)

12 février 2022

Le Combat oublié du Titan anonyme - tiniak

 

à Joe Krapov,

Sa guerre avait pris fin à la mort de l'étoile
Elle aura tant duré qu'y ont passé des siècles
Ses débuts, contenus sous autant de couvercles
s'égaillent désormais en d'innombrables voiles

C'est à présent qu'il faudrait lui donner un nom
Lui, le dernier géant à s'être battu pour
quand des cris surhumains massacraient l'alentour
dans un règne d'oubli, de haine et d'abandon

Histrioniques orgues parcourant les astres
des forces sans pitié répandaient leurs nuisances
en dépit des raisons qui fondent l'existence
comme des sentiments, des rêves enthousiastes...

Il vint, parmi les siens, garants de l'univers
combattre ces fléaux de sinistre extraction
Anonymes, sans gloire, ils tombèrent au front
un à un, qui de l'air, du feu, de l'eau, la terre

Bien que faits de pur grès, au quartz immémoriel
ses pairs ont tous péri dans les âpres combats
Tant le fiel ennemi savourait leurs trépas
chaque ordre disparut à l'exception d'un seul

Boule-Feu s'assembla en un soleil, ailleurs
où l'Onde s'empara d'un proche satellite
que l'Ether protégea de son souffle, à sa suite
quand l'ultime combat revenait au Veilleur

Onde se prit alors, à l'abri de ce ciel
de lancer à nouveau la chaîne du Vivant

L'Ether s'étourdissait en de multiples vents
courant les océans, les plaines, les montagnes

Et le feu du soleil ordonna ce cheptel...

Tous avaient oublié le dernier combattant
(la vie était si douce en cet endroit des mondes)
Or, la fin de l'étoile et de sa Bête Immonde
survint dans les confins où naquirent les Temps

Hors ça ! Il fallut bien qu'il vienne et se raconte
le titan victorieux, après des millénaires...
Reconnaissant les siens, il plongea vers la Terre
où il fendit les airs... et se noya dans l'onde
Pauvre pierre sans nom, sur la terre oublieuse

krapov_géant-mer
crédit photo : ©Joe Krapov

12 février 2022

Comment ? Pain au chocolat ? (Yvanne)

 

y

 

Le schibboleth du Sud Ouest et bien sûr de la Corrèze, le voilà.
Et on ne triche pas puisqu'il vient directement de l'épi de blé !

 

12 février 2022

Schibboleth (petitmoulin)

 

Toi qui pleures sur ton ombre
Et accroches un souvenir
Au tremblement de tes mains
Pour quand il n'en restera plus
Connais-tu KakKaRente
Toi qui regardes tes enfants
En baissant les yeux
Parce que ta chemise
Sent la sueur ancienne
Et l'impayé
Et qui cent fois
Traversas la rue
N'y trouvant que le poids
Lourd
De l'amertume
Dans le cloaque de la spéculation
Connais-tu KakKaRente

KakKaRente
C'est le Schibboleth
Qui ouvre les portes
D'un monde
Qui vous est inconnu
Un empire où résonnent
Les trompettes du profit
Le grand orchestre des finances
Un monde qui vous est inconnu
Et se nourrit
De votre assiette
Vide

 

 

12 février 2022

Participation de TOKYO

 

J’ai servi une assiette de schibboleth au chocolat.

Ils étaient carbonisés. Peut-être parce que je les avais faits moi-même.

Alors que mes invites mâchouillaient les schibboleths carbonisés, j’ai eu envie d’aller aux toilettes.

J’ai laissé mes invites devant ce plat de charbon et quand je suis revenue les schibboleths avaient disparus.

J’avais pourtant l’impression d’avoir passé peu de temps dans les toilettes.

Comment avaient-ils pu ingurgiter autant de schibboleths sans avoir la nausée.

 Je rêvais qu’un commissaire-priseur mettent aux enchères mais schibboleths carbonisés.

 J’aurai peut-être fait des affaires juteuses

Apres tout on casquait bien 3 millions de dollars pour un tableau de van Gogh.

Je m’étais mise à la suite de cette soirée dans un état chamanique.

 Je décidais de planquer tous mes futurs schibboleths dans un coffre à la banque.

A présent dois je vous poser la question avais-je tort de croire en mes talents ?

 

12 février 2022

[...]l'instruction est le shibboleth qui ouvre toutes les portes 1 (Laura)

 

Je remercie l'équipe du samedi d'avoir cherché pour moi(nous) la définition du mot du samedi et j'en ai profité pour utiliser en titre un des exemples qui m'a fait penser à une discussion dans le train hier soir avec un jeune étudiant qui a cherché mon regard par rapport à d'autres passagers du train. Et nous avons évoqué cette génération(très proche de la sienne pourtant) que nous ne comprenons pas. Cette génération native par rapport aux portables et autres progrès techniques. A beaucoup pour nous, il manque cette shibboleth qui pour nous est culture, lecture qui est gratuite(ou moins chère que les Smartphones et vêtements de marque) en médiathèque et autres lieux culturels.

1 Coppée, Franc-parler I, 1894, p. 152 in https://www.cnrtl.fr/definition/schibboleth

 

12 février 2022

Juges 12: 4-6 (joye)

illustration

C’était Jordan qui eut l’idée d’un mot de passe.  

Jordan, c’était notre lideur : grand, blond, stylé. On lui obéissait sans hésitation, nous sa petite bande de larbins. Il n’avait qu’indiquer un pauvre type en K-Way au coin à la récré et nous irions taper de ouf sur ledit cheum.  

- Ziva les gars, dressez-le ! et nous tomberions dessus, les poings fermés.  

Nous étions nombreux, personne n’osait nous dénoncer. Tout le monde savait qu’il ne fallait pas cafter. Les cafteurs, ça chopait pire, c’était bien connu. 

Bon, j’avoue que je tapais beaucoup moins que les autres, faut dire que ça me filait des reflux de voir un nez peté, une dent brisée ou du sang craché. 

Mais je cachais bien mon malaise. Si Jordan avait flairé ma trouille, il m’aurait cueilli et je serais devenu sa tête de Turc personnelle. Je faisais gaffe, je voulais rester le sous-chef de sa petite assoce. 

Donc, le jour  Jordan proposa un mot de passe afin qu’on prenne pitié sur les non- initiés, nous pensions tous que c’était hyper-génial, comme toutes les idées de Jordan.

- Alors, ce sera quoi ? murmura-t-on autour de lui. 

- Du calme, les gueux, du calme, répondait-il en allumant sa vape. D’ailleurs, c’est Gary qui vous le dira. 

Au son de mon prénom, jétais sous le choc, je  fus comme figé. Moi, je savais bien piquer les clops, filer des antisèches, lui dégoter une pouffe vraiment timpe, des trucs banals, du coup, mais là, prendre vraiment l’autorité de déterminer quoi que ce soit, j’étais traqué comme un con. 

- Euh, commençai-je, pour gagner du temps.

- Le mot de passe, c’est EUH ? cria la bande, tout de suite furax.

- Putain ! C’est quoi ??? 

- L’est taré, ce Gary ?  Hein, nul !  Les murmures se multipliaient. 

Finalement, ils n’osaient pas trop me charrier, sinon Jordan aurait vite fait un de ses appels à l’ordre dont personne ne sortait indemne, même pas Jordan. Je le surpris une fois, il pleurait dans l’allée après une bagarre particulièrement rude. Quand je lui tins la main, automatiquement, il me tourna le dos et partit. 

D’un coup, ce jour-là, je sentis que j’allais payer cette faute. Il me fixait de ses yeux bleu acier, et j’y vis l’étincelle d’une cruauté joyeuse juste avant de l’entendre crier d’une voix étrangement rauque : 

- Ziva, les gars, dressez-le ! 

 

12 février 2022

Historique du Schibboleth (Passion Culture)

 

L'histoire du schibboleth commence au XIIe siècle avant Jésus-Christ, au temps de Jephté, Juge à Galaad en Israël pendant six ans. Par manque de temps, je vous passe tout le contexte politico-militaire de l'époque.

Galaad occupa les gués du Jourdain. Chaque fois qu'un fuyard d'Ephraïm voulait passer, on lui demandait : "Es-tu d'Ephraïm ?" Il répondait "Non. " "Eh bien, disaient-ils alors, prononce : Shibboleth." Et l'homme disait "Sibbolet", sans parvenir à prononcer correctement. Ils l'appréhendaient alors et l'égorgeaient près des gués du Jourdain.

Juges 12, 5-6 (Bible de Maredsous)

Un schibboleth désigne depuis lors un signe de reconnaissance verbal.

Plusieurs schibboleths sont intervenus d'une manière similaire tout au long de l'histoire de l'humanité. Impossible de les évoquer tous, cela nous occuperait trop longtemps. Je voudrais juste en évoquer trois.

En 1301, le roi de France Philippe le Bel conquiert la Flandre. Le 18 mai 1302, les Brugeois se révoltent. Les « matines de Bruges » désignent le massacre survenu cette nuit là, dans leur chambre à coucher, d'un millier de partisans du roi de France, dont la garnison française logée chez l'habitant. Pour savoir qui massacrer les rebelles demandaient de prononcer correctement « schild en vriend » (bouclier et ami). Ceux qui n'y parvenaient pas furent égorgés.

Un autre exemple de schibboleth, plus proche de nous et surtout moins sanglant s'est déroulé vers la fin du mois de mars 2010. Un peu partout dans le monde, on voyait des centaines de touristes errer dans les aéroports. Lorsqu'ils se croisaient, l'un d'eux demandait "Eyjafjallajökull ?" , un autre répondait "Eyjafjallajökull ! " et, tombant dans les bras les uns des autres, ils se mettaient à pleurer leurs avions cloués au sol.

Le dernier exemple en date s'est produit pas plus tard qu'hier. Je voulais aller au restaurant, cela faisait longtemps que je n'y étais plus allé. A l'entrée, un cerbère au regard mauvais m'a baragouiné quelque chose que j'ai pas compris. Lui demandant de répéter, il m'a semblé entendre "Quo vadis ?" et j'ai aussitôt répondu "Henryk Sienkiewicz" . Mais ce ne devait pas être la bonne réponse, car il a refusé de me laisser entrer. Je suis resté quelque temps près de l'entrée et je crois que j'ai enfin compris le schibboleth de notre époque. Le cerbère demande "Quovidesaiffetiquette ?" et il suffit de répondre "Quovidesaiffetiquette !" Quand je dis qu'il suffit de répondre cela, je me trompe : il faut aussi montrer son smartphone, mais je n'ai toujours pas compris pourquoi. Bref je suis rentré chez moi manger la tartine de pain rassis qui me restait :-( .

 

12 février 2022

... sauf quand ils oublient leur mot de passe (Joe Krapov)

 

- Amalia ! Amalia ! Qu’est che qué ch’est tou as fichou avec lé carnet des mots dé pache ? Yé né lé trouvo plous !

- Ch’ai pas touché tes affaires, Pablito !

- Et ch’est quoi lé mot dé pache dé l’ordinator ? Ché mé souviens plous !

- Tou mé l’as chamais dite, qué tou dis cha doit rechter oune chécrète, même por bibi. Qué tou n’as pas bisouane del controule parentale. Qué yé té soupchonne dou coup d’aller chour des chites cochonnes !

- Qué cha commence par oune « sch » et qué cha ché manche, yé mé rappelle !

- Chauchiche ? Choucroute ? Chalchifi ?

- Qué ch’est vert auchi !

- Flageolets ? Espinaches ? La chalate ?

- Oui ! Qué ch’est les pétites cherbes qué tou mets dans la chalate !

- Yé vois pas ?

- Qué ch’est auchi lé titre d’oune opérette avec trois hommes nous chour la schène ? Qué ch’est lé compliche dé Marchel Proucht qui a écrit la mousique dé ché trouc ! Reynaldo Hahn !

- Hé Pablito, cha chouffit ton yeu des mille euros ! Qué y’ai ma couichine à préparar !

- Qu’est-che tou fais de bon ?

- Des « accras de morue à la ciboulette » !

- Shibboleth ! Lé voilà lé mot dé pache que yo cherchais ! D’ailleurs y’ai rétrouvé moun carnette.

- ...

- Qu’il était tellement bien ranché à cha plache qué yé lé voyais plous !
 

12 février 2022

Contribution de Clio101

 

La Garde royale, des hommes et femmes, vêtus de verts et or, qui avaient dédié leur vie et leur intelligence à la défense et au rayonnement de l'Empire. Quand ils se croisaient, ils échangeaient de mystérieux saluts faits de gestes de mains, chaque fois différents.

Varim les voyait tous les jours : sur le chemin de l'école, en allant faire une course pour sa famille ou en arpentant les rues d'Arménia avec ses amis.

Fasciné par la tranquille assurance qu'ils dégageaient et désireux de les rejoindre dès qu'il aurait l'âge de se présenter aux épreuves, Varim s'arrêtait souvent de longues minutes à les observer dès qu'il en croisait un et tentait de mémoriser leurs mouvements de mains. Une fois chez lui il s'entraînait à les reproduire, se croyant, l'espace d'un instant, un membre de la Garde à part entière.

Un jour qu'il se trouvait dans le parc des Milldors il s'amusa à réaliser certains gestes qui lui plaisaient plus que les autres.

            - Dis donc toi !

Varim se figea. Entièrement absorbé dans sa tâche, il n'avait pas remarqué l'homme qui était entré dans le parc et avançait vers lui à grandes enjambées. Le soldat le saisit par le col et le souleva, de façon à le placer à quelques centimètres de son visage.

            - Je vais t'y reprendre à réaliser notre schibboleth ! Pour la peine tu vas recevoir une bonne leçon et tu me feras le plaisir de ne plus croiser mon chemin à l'avenir ou tu auras de gros ennuis.

Varim devint blême. Ses jambes se mirent à trembler de façon incontrôlable et son visage se couvrit d'une sueur épaisse qui vint bientôt recouvrir tout son corps. Sans paraître le remarquer, l'homme leva la main et se prépara à flanquer la correction que méritait ce garçon indiscipliné.

            - Que se passe-t-il ici ?

L'homme suspendit son geste. Il se retourna lentement, sans lâcher sa proie. Son interlocuteur, grand, bien bâti et sans une once de graisse, habillé du même uniforme que lui à l'exception des trois bandes jaunes à son bras, vint à sa rencontre.

            - Capitaine de Tramines, se mit-il à dire d’une voix obséquieuse, ne vous souciez pas de cela. Ce n'est qu'une petite vermine qui a osé réaliser notre schibboleth. Je m'apprêtais à le punir pour qu'il ne recommence pas

            - Ce n'est qu'un enfant, asséna le capitaine. Il ne pensait sans doute pas à mal. Nos principes interdisent la violence gratuite et font de la protection des plus faibles une priorité. Repose ce petit sur-le-champ et laisse-nous.

            - Mais, mon capitaine....

            - Ton zèle t'aurait-il rendu sourd ? Pose ce garçon à terre et rejoins la caserne. Tu viendras me voir à mon retour.

L'agresseur de Varim le posa en ronchonnant puis s'éloigna d'un pas vif. Nul doute que l'enfant venait de gagner un ennemi pour le restant de ses jours.

Encore sous le coup d'une violente émotion Varim tenta de partir en courant mais ses jambes refusèrent de lui obéir. Il serait tombé si le capitaine ne l'avait pas retenu. D'une main à la fois ferme et emplie d'une certaine douceur le capitaine de Tramine le guida vers un banc tout proche.

            - Ne pars pas si vite mon garçon. Il est des choses que nous devons discuter.

            - Oui mon seigneur, balbutia l'enfant d'une voix tremblante comme s'il allait se mettre à pleurer.

            - Ne t'affole pas, tu n'as presque pas fait de mal. Comment t'appelles-tu ?

            - Varim, mon seigneur. Je viens d'avoir 10 ans.

            - Varim, sais-tu quelle est ta faute ?

            - Non, mon seigneur.

            - Il est strictement interdit à quelqu'un qui n'est pas membre de la Garde royale d'en réaliser le schibboleth. Tes parents ne t'en ont pas averti ?

            - Non, mon seigneur.

            - Et pourquoi cela ?

            - Parce qu'ils ne savent pas que je sais réaliser les gestes, mon seigneur. Je me dissimulait à eux pour ne pas que quelqu'un se moque de moi.

            - Pourquoi réalisais-tu ces gestes ?

            - Parce que j'admire la Garde royale et qu'en faire partie est mon rêve, mon seigneur.

            - La première vertu d'un soldat de la Garde royale est l'obéissance. Tu ne dois exécuter ces gestes en aucun cas c'est bien compris ?

Varim sursauta. La voix du capitaine de Tramines avait résonné aussi tranchante qu'une lame de couteau.

            - Oui mon capitaine, murmura-t-il.

La voix du capitaine s'adoucit.

            - Si tu veux un jour prétendre à intégrer la Garde, sois curieux et attentif. Instruis-toi et reste sensible aux mouvements du monde. Et adopte en permanence un comportement honorable et irréprochable.

Instinctivement Varim s'était levé, comme pour laisser ces paroles le pénétrer jusqu'aux tréfonds de son être. Il n'était plus le garçon fou qui imitait ses aînés sans réfléchir mais un homme en devenir, avide de savoir et prêt à tout faire pour réaliser ses rêves.

Le capitaine quant à lui observait avec tendresse cette jeune pousse qui buvait ses paroles comme une plante assoiffée. Il ne connaissait pas ce garçon mais devinait en lui les prémisses d'un caractère exceptionnel.

D'un air grave l'homme d'expérience et l'homme à naître se serrèrent la main, scellant un pacte pour la durée de leur vie.

Tout à leur échange de promesses aucun d'entre eux ne vit l'homme qui les contemplait depuis l'entrée du parc, le visage déformé par une haine profonde.

 

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