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Le défi du samedi

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14 février 2015

Tolstoï, sous le joug de Palpatine (Krystel)


David Hamilton  alias Wintersixfour, photographe, peintre écossais s’adonne à son art avec talent, dans la reproduction de grandes peintures; en geek passionné de la saga Star Wars il a l’audace du mélange des genres, de son imaginaire créatif de nouvelles compositions voient le jour, comme ce tableau, d’Ilya Repine, représentant Léon Tolstoï aux labours sous le regard d’un Clonetrooper.

Probablement, il se trouvera des intellectuels bien pensants, qui à défaut d’avoir la fibre artistique auront la critique loggorhéique!
Les férus de la série Star Wars apprécieront, à sa juste valeur, cette pépite de l’expression de l’art moderne et contemporain.

Cette rencontre improbable, entre ces deux univers fondamentalement aux antipodes, suscite la réflexion de l’opposition permanente, entre deux notions: la guerre et la paix, l’oppresseur et l’opprimé.
L’opprimé, personnalisé par ce vieillard souffreteux et gauche, qui péniblement mène son attelage sous la férule du Clonetrooper, sbire de l’oppresseur, bras armé des Forces Impériales Terrestres; à travers le soldat plane l’ombre malfaisante de l’Empereur Palpatine, le seigneur noir des Sith, incarnation du mal!

Pour flatter son ego de dimension impériale, le dirigeant despotique, constitue un cercle des Artistes à Moscou, dans l’expectative de se délecter d’oeuvres à sa gloire; s’entourant de l’élite représentative de l’art de la peinture, de la sculpture et de la littérature; intéressé au plus haut point par la phraséologie de l’écrivain Léon Tolstoï, il le sollicite et lui adjoint la transcription de ses mémoires.

Pour ne pas transgresser ses propres règles de conduite, et rester vertueux, Tolstoï brocarde l’ouvrage; Palpatine en conçoit une rage terrible, il le chasse du cercle et le fait embastiller dans son domaine campagnard, à Iasnaïa Poliana, où il le contraint au servage sur ses propres terres.
Tolstoï, réduit à l’esclavage, alors qu’il prônait, la libération de l’individu de l’esclavage physique, mais, aussi mental...
Étrange et obscur; comme cette vision télépathique du Jedi Yoda, s’étiolant dans son repère du marécage de Dagobah, qui lui souffle avec force:
«Libre, pour vivre, du côté obscur, être, tu ne dois pas...»
Cette période de captivité, d’épreuves physiques et psychologiques, inspireront à Léon Tolstoï son oeuvre littéraire La Guerre et la Paix.

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14 février 2015

Briant et Colporteur (bongopinot)

 

bo01


C’est une époque où on travaille avec des chevaux
Et avec eux tu laboures ton champ en bon paysan
Tu es fatigué par tous ces nombreux travaux
Et ton esprit vagabonde, nonchalant

Tu imagines tel Jules Verne un drôle de futur
Tu souris imaginant des monstres volants
Des machines bizarres allant à vive allure
Et des hommes en habit et casque blanc

Tu passes pour un fou au mieux pour un extravagant
Mais ces pensées t’aident à donner toujours plus
Du matin au soir tu continues ton travail arasant
Et quand les nuits, l’insomnie du lit te poussent

Tu peins ta vie mélangée avec un peu d’imaginaire
Sur une même toile ce qui te vaut des moqueries
Mais un jour quelqu’un comprendra ces toiles ces croquis
Et tu continues en laissant de coté ses gens réfractaires

 Avec tes pieds sur ta terre et la tête dans les nuages
Tu imagines un monde où tout va à cent à l’heure
Vingt mille lieues dans les airs, de la terre à la lune si sage
Tout en suivant tes chevaux Briant et Colporteur.

14 février 2015

Participation de JAK

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14 février 2015

oui et non, le film (par joye)

14 février 2015

C'est robot pour être vrai ! (Joe Krapov)

Mélanger l’us de Millet et la coutume de Millau qui consiste à jeter du haut du viaduc les moutons trouvés sous le lit de la bergère ;

2015 02 12 Jean-François_Millet_fiadeira dark vador


Confondre, sans déférence, séquelle, séquence, fréquence, Fasquelle, préférence et prequel sans voir que la saga rend le lecteur gaga ;

Traduire par « La guerre des étoiles » ce qui était outre-Atlantique « Les guerres de l’étoile » mais de l’Etoile à la Concorde le vieil orchestre à mille cordes ne joue qu’au temps des Champs-Elisez-moi ;

2015 02 12 Jean-François_Millet R2D2


Mettre la charrue avant les bœufs, crier « Houe Houe » comme un fantôme ;

2015 02 12 l'homme à la houe


Se désoler : le Champagne n’est pas pour tout le monde, il y a la dream team et le couple plus souple qui trime sous sa coupe, et l’envol des soucoupes préfigure le crime ;

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Lancer l’alarme : Marre de ces armes ! Arrêtez votre cinéma ! Cessez vos guerres !

Rêver à l’heure de l’Angelus qu’un ange vienne sonner les cloches de ces « élus ».

2015 02 12 Angélus de Millet réduit

 

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14 février 2015

Tu sillonnes ton âme (petitmoulin)


Tu sillonnes ton âme
Comme le soc sa terre
Tu laboures ton passé
Pour enfouir ce qu'il faut
De tes larmes
Sans te dessaisir
Du soleil des blés mûrs
Le vaste champ
De tes métamorphoses
S'étend derrière toi
Tandis que le futur
Fourbit ses armes
Tu retournes la terre
Pour tes suivants.

14 février 2015

Participation de Venise

FAIS marcher les bestiaux maintenant.


Ta machine est -elle faite pour fabriquer des DIEUX ?
De tous tes yeux de fil de fer regarde au moins si tu peux sans gène pointer ton    arme  sans  honte sur moi.
 Regarde  plutôt la glaise et l'argile .
 PAUVRES HUMAINS , pauvres prolétaires , cerfs et esclaves à la fois d'un temps qui vous ronge jusqu'à l'os.
 Crois tu que je travaille et que cela soit une honteuse inégalité ?

Ne vois -tu pas tes nippes et tes haillons de misère  qui suintent ta sueur .
 Et toi dont ton espérance de vie dépend de la résistance de tes boulons .
Je préfère et de loin  me rapprocher des singes .
Encore ton échelle DANTESQUE !!!
ta vie est famélique , sale , maladive et haillonneuse .

Et toi la tienne est quasi cadavérique  vide et stérile , sans microbe et sans enfant .
Le damné de la robotique qui ne peut connaître la mort puisqu’il ne l'a pas vécue .
Je sais , je suis immortel et je suis venu te donner des ordres .
Un paysan passe , le regard hébété .
Tu n'es point notre ange gardien. ?
Quelle régression ce progrès .

14 février 2015

La Théorie du Chaos (Fairywen)

La Théorie du Chaos.

Le Tisseur se raidit en regardant l’image qui se dessinait sur sa toile. C’était impossible, juste impossible… Il ne pouvait y avoir deux choses aussi contradictoires dans la même toile… D’un côté, un paysan derrière son cheval, en train de labourer son champ. À côté de lui, un soldat de l’Empire Galactique, et dans le ciel, des vaisseaux spatiaux ! C’était du grand n’importe quoi. Les Mondes ne devaient pas se mélanger. C’était interdit. Dangereux.

Comment cela avait-il pu se produire ? Il était un Tisseur expérimenté, qui créait des Mondes depuis des décennies. Oh, bien sûr, au début, il avait fait quelques petites erreurs, comme tout le monde. Rien de dramatique. Il avait toujours réussi à les rattraper. Mais là… Mélanger des Mondes, même un débutant ne le faisait pas ! Alors un Tisseur de son niveau…

Furieux, le Tisseur s’approcha de la toile et l’examina attentivement durant de longues minutes. Et il finit par voir. Un tout tout petit minuscule accroc, fait par l’aile d’un papillon qui passait par là… Un accroc qui avait mélangé deux Mondes en création, un petit rien qui pouvait aboutir à une destruction apocalyptique.

Le Tisseur s’empressa de saisir ses instruments pour réparer la déchirure. Le laboureur continua à labourer tranquillement son champ. Le soldat et les vaisseaux retournèrent livrer leur guerre impériale. Le Tisseur contempla un instant ses œuvres, satisfait du travail accompli. Puis il saisit doucement le papillon entre ses mains et le relâcha par la fenêtre, qu’il referma ensuite soigneusement. Certes il faisait beau dehors et l’air printanier transportait des fragrances délicieuses, mais pas au point de risquer la mort d’un Monde, tant il est vrai que le battement d’une aile de papillon dans un point de l’Univers peut déclencher l’apocalypse à l’autre bout des Mondes…

Illustration défi 337 du samedi 7 février 2015

7 février 2015

Défi #337

Donnez votre propre interprétation

de ce tableau revu et corrigé

par l'artiste écossais : Wintersixfour !

 

Tableau classique revu et corrigé façon star wars

Bonne imagination à toutes et à tous

A tout bientôt à

samedidefi@gmail.com

 

 

7 février 2015

Ont-ils approuvé Woody Allen ?

7 février 2015

Participation de bongopinot

 

bo01

 

Une bonne tradition

Cette petite baguette

A pour seul ambition,

faire ouvrir les mirettes

 

Elle est toute dorée

Saupoudrée de blanc

Elle croustille à souhait

Dans la bouche sous les dents

 

Du lundi au dimanche

Le matin, le midi, ou le soir

Sa tendresse est une avalanche

De goût de couleur et d’histoire

 

Et son odeur si particulière

Me rappelle les saveurs d’antan

Le pain que faisait grand-père

Lorsque j’étais enfant

 

Vous me direz ... Tout ça pour du pain

Oui mais dans ma Sarthe natale

La rillette ne serait que chagrin

 Sans un bout de pain qui lui sera fatale

 

7 février 2015

Participation de Venise

Je suis légèrement en surpoids, et je n’ai jamais été sportive ;

Mais tous les ans mes parents traversés par un éclair de lucidité me contraignent à faire la montée   du MONT BLANC.

Leurs chances de réussite sont minces car pour tout dire mon surpoids  est chronique et que mes poumons ne supporteraient pas un tel appel d’air.

A l’arrivée du printemps comme chaque année, tradition oblige ils m’imposent cet effort supplémentaire et forcené  à mon petit corps défaillant pour gagner quoi ?

Je reprends espoir dans une météo briseuse de tradition.

Ainsi j’éviterai à mon sang de défier mes artères.

Mon instinct la veille du grand départ me conseille de me tortiller dans mon lit jusqu’à la dernière minute.

Mais à quoi bon  ! !! Ils finissent par me retourner sur le dos et me dire

Ma fille tu es fraiche comme une rose !!!

Je ne pense pas qu’on puisse mourir en rampant jusqu’au MONT BLANC mais ça saute aux yeux je hais les traditions.

 

ve01

7 février 2015

Participation de Nhand

 

 

Maurice et Nathalie viennent d'apprendre qu'ils vont avoir un fils. L'inévitable question du prénom est posée sur la table.

- On l'appellera Maurice, évidemment.
- Oh non, pitié !
- C'est la tradition dans la famille, tu sais bien. Tous les premiers nés reçoivent Maurice comme prénom, ça fait des générations que ça dure, je tiens pas à briser la chaîne.
- C'est ridicule... En plus, il est horrible, ce prénom !
- Je te permets pas...

Nathalie marque une pause, avant de poursuivre, malicieuse :

- Bon, d'accord, va pour Maurice...
- Puisque je te le dis !
- À une condition...
- Laquelle ?
- Que tu me laisses coucher avec Gérard.
- Quoi ?!
- C'est la tradition dans ma famille, toutes les femmes ont trompé leur mari.
- Non mais t'es complètement folle, ma parole !
- Ah, tu fais moins le malin, là !
- Pas ma faute si tu descends d'une famille de dégénérés !
- Alors, on garde toujours Maurice ?
- Chantage !
- Tu vois que suivre les traditions pour suivre les traditions, ça veut pas dire grand-chose...

Maurice, pensif, chiffonné, se gratte nerveusement la tête et finit par demander :

- Mais, dis-moi... Il te plaît, Gérard ?
- Ah, s'il était moins chauve et moins fauché...

 

 

LOGO NH-PF

7 février 2015

Voici le hic (par joye)

 

tradition le hic

7 février 2015

Respect et traditions (EnlumériA)

Après une matinée somnolente ponctuée par les formules lapidaires de la chef de contrôle et le rire chatoyant de Marion, je pénétrais dans le réfectoire de ce pas lent et sénatorial qui est en quelque sorte ma marque de fabrique. Avec une moue blasée, je consultai rapidement le menu. Hésitant entre la pizza aux fruits de mer et le ragoût de mouton, j’optai finalement pour des spaghettis à la bolognaise.

Ce sacré Philippe était déjà à table, pérorant d’importance (j’allais dire comme d’habitude) devant une dame chignonnée et fagotée comme un camionneur et une blondasse maquillée pot de peinture à la mine dégoûtée. Les nouvelles recrues du service contentieux.

Je m’installai à côté de Filochard – surnom dont j’avais affublé Philippe – juste en face de la dame au chignon. Présentation rapide, sourire chafouin du pot de peinture et coup d’œil réfractaire du chignon. Nul besoin de me faire un dessin, la collègue s’adonnait sans conteste aux divertissements saphiques. Mais ne ressentant aucune appétence pour les amours corporatives, je me moquais bien de cette particularité.

Je pris la conversation en route. Remarquez bien que quand je dis conversation, c’est par pure convention. Le mot exact eut été… soliloque. Filochard parlait, s’écoutait parler et s’esclaffait de mots d’esprit dont lui seul saisissait la subtilité. De temps à autre le pot de peinture lui lançait un regard torve tandis que le chignon tentait une ingérence sous forme d’onomatopées.

Il était question d’un reportage sur l’Ouganda. Évoquant un passage où il était question de l’excision, Philippe s’emportait contre des pratiques qu’il proclamait barbares, rétrogrades et inhumaines. Sa colère provoquait de grands moulinets de fourchette au risque de projeter sur le pot de peinture une rafale de fruits de mer. Chignon s’impatientait. Je voyais qu’elle s’acharnait à trouver une brèche dans le mur de paroles philippique.

La nature est bien faite. La logorrhée donne soif et soudain, sans prévenir, le torrent verbal se tarit. L’orateur des cantines but à long traits un verre d’eau fraîche. Chignon s’engouffra dans la brèche.

Elle nous expliqua d’une belle voix d’alto que l’Afrique, elle connaissait bien. Elle y avait vécu de longues années à l’époque de son mariage. Entendant cette information pour le moins surprenante, je levai le nez de mon assiette et, repensant à mon impression première, je lui lançai quelque chose à propos d’une vocation tardive dont elle ne sembla pas très bien comprendre le sens exact. Sans importance ! D’une fourchette évasive, je touillais machinalement mes spaghettis qui n’avait pas l’heur de me mettre en appétit. J’attendais la suite de l’argumentation.

La dame nous expliqua qu’il s’agissait de traditions et qu’en tant que telles, nous n’avions pas le droit d’en mettre en doute le bien fondé. La blonde expliqua avec toute la navrance dont elle était capable que c’était une prescription de « ces arriérés de musulmans quand on voit comment ils traitent leurs femmes… » Bref ! Les balivernes habituelles des crétins désinformés par TF1 et consorts. Ignorant cet aparté, Chignon proclama à la fois son féminisme militant et son respect des traditions. Philippe s’étranglait de fureur. La blonde ricanait dans son rimmel. Et moi, je me demandais selon quelles prescriptions il la traitait le supporter de foot alcoolique qui devait lui servir de mari. Je rêvais de la ligoter et lui faire subir cette tradition si respectable. Le rasoir découpant sa chair molle de vieille femme aigrie. Le sang ruisselant sur ses cuisses et les hurlements de chèvre à l’équarrissage jaillissant de son gosier.

Philippe totalement dégoûté par la tournure qu’avait pris la conversation ne proférait plus un mot. La blonde peinturlurée crut bon d’en rajouter une couche en étalant à la face du monde son incommensurable ignorance des prescriptions coraniques.

Moi, décontenancé, je regardais mon plat de spaghettis avec un dégoût croissant. Mais qu’est-ce que c’était que cette pause déjeuner de merde ? Je me levai brusquement de table, le ventre vide et les oreilles pleines d’immondices.

La dame au chignon me lança un regard interrogateur et moi, je lui lançai mon plat de spaghettis au visage.

« Ne m’en veuillez pas, dis-je, c’est une tradition respectable là d’où je viens ! »

Évreux, 6 février 2015

7 février 2015

Loreille et Lardu ethno-folkoristes (Joe Krapov)

 

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- Ce sont des choses que l’on sent bien, Lardu, surtout ces temps-ci.
- De quoi, Loreille ? Le Munster ? Le Vieux-Lille ?
- Tout le monde est d’accord pour dire qu’être intègre est une qualité.
- Tu parles de quoi, là ? Tu ne vas pas nous faire tout un fromage avec ces histoires d’intégration ?
- Mais par contre l’intégriste est vu d’un sale œil.
- Alors que c’est lui qui nous lance des regards noirs !
- Tout le monde s’accorde aussi sur le bien-fondé du bien-fondé.
- Par contre pour le bien fondu, il faut prendre de la raclette.
- Ainsi on ne peut pas discuter avec quelqu’un dont la pensée est sans fondement.
- Alors là je reste sur le cul ! C’est pour moi que tu dis-ça ?
- Et pourtant les fondamentalistes sont mal considérés.
- Et donc ?
- Et donc, si je te dis que j’aime la musique traditionnelle, il ne va pas se passer cinq minutes avant que tu ne me traites de traditionnaliste.
- Si c’est une tradition, c’est certain que je vais la respecter. Genre fromage et dessert. Et verre de vin qui va avec.
- Remarque je peux toujours m’en tirer en disant que je suis un folkeux.
- Moi je suis un rockeux. Le rock fort, il n’y a que ça de vrai
- Je peux dire aussi "fan de musique ethnique".
- Ca ne va pas plaire ni à ta mère ni à Dominique. Elles ne sont pas coulantes côté vocabulaire et rimes pourries. De toute façon ta sœur a rarement le sourire !
- Et pourtant il me semble qu’en écoutant la musique traditionnelles des pays autres que le mien, je fais preuve d’ouverture d’esprit, non ?
- Personne ne te reproche rien, Loreille ! Tu peux écouter toute la world music que tu veux et même dormir sur tes deux, si tu veux ou plutôt si tu peux ! Du moment que tu ne préfères pas les nains sectaires au saint-Nectaire, moi ça me va !
- Alors ça ne te dérangera pas si je mets des images de coiffes bretonnes avec de la musique du Brabant dans un diaporama sur le thème de la tradition ?
- Qu’est-ce que tu boirais avec un Chaource, toi ? Un Saint-Nicolas de Bourgueil ou un Chardonnay ?
- Je n’ai pas de religion là-dessus. Dis, ce n’est pas le tout de causer philosophie en latin de cuisine. On passe à table ? Qu’est-ce que tu nous as préparé ?
- Ca !
- Ah non ! Pas encore un repas de fromages ! Sans apéro, sans entrée, sans plat de résistance ! Pas de dessert non plus, je parie ? T’es chiant, hein, Lardu !
- Dis-donc, Loreille, ce n’est pas pour dire mais toi t’es vraiment du genre à mettre les petits plats dans les grands et les pieds dedans ! Qu’est-ce que tu peux être traditionaliste, finalement !

7 février 2015

Participation de JAK

 

Toujours intrusifs, les us et les coutumes

Restent pour moi une  fastidieuse corvée.

Ah ces rituels protocolaires, qu’il me faut

De gré ou de force, de toute façon ,  accomplir

Ils m’emmerdent, me soulent,  occasionnent  bien des  soupirs

Tyrannisent mon esprit  anticonformiste

Immolent mes envies d’indépendance déviantiste

Où est mon libre arbitre, à tire-d’aile envolé.

Non, ici  je le  crie,   je veux retrouver ma liberté

 

7 février 2015

Comment se dire adieu (Krystel)


Cette coutume est réservée aux collègues qui quittent l’entreprise, histoire de voir si le soleil brille mieux ailleurs!
Pour le futur candidat au départ, c’est loin d’être une surprise puisque en général il assure ses arrières, et pour se prémunir de toute catastrophe, il aura prit le soin de laisser dans son vestiaire tout ce qu’il a de plus précieux!
Ni voyez là, ni règlement de compte ni acte de cruauté, juste une façon bien à nous de fêter le démissionnaire ou plutôt de lui faire ‘sa fête’  (gentiment bien sûr!)
Imaginez-vous un service de rééducation d’hospitalisation complète, les journées peuvent être longues pour certains résidents, aussi pour rompre la monotonie un peu d’animation est la bienvenue.
Ils sont des complices redoutables, ils connaissent bien les lieux, le personnel, des affinités se sont créées au cours de leur séjour ponctué par des soins avec différents intervenants.
Nos amis vont se prêter au jeu de l’appât, quoique de plus normal pour eux d’appeler le personnel en cas de besoin dans l’exécution d’un acte de la vie quotidienne.
Les membres de l’équipe sont réunis dans le poste central infirmier autour d’une table, et se livrent aux transmissions d’informations sur leurs patients, la séance se termine.
La sonnette stridente de l’appel malade retentit.
Un sourire de connivence s’affiche sur les lèvres des conspirateurs.
On donne un coup de coude discret à son voisin, les hostilités vont pouvoir commencer!
L’un d’entre nous demande: «Tiens Sylvie, c’est Rémi qui appelle, tu vas le voir?»
Étonnée du ton directif, Sylvie qui se sait bientôt partie, fait bonne figure et obtempère.
Elle répond à l’interphone, tranquillement: «Oui Rémi, que se passe-t-il?»
«J’ai besoin d’aide pour mon transfert au fauteuil, tu peux venir s’il te plaît?»
Sylvie se fait la réflexion que la voix de Rémi est un peu étrange, comme étranglée!
Bien sûr elle ne le sait pas mais Rémi s’étrangle de rire sur son lit, tout à la joie du bon tour qu’il s’apprête à lui jouer.
En professionnelle consciencieuse, elle se dirige en direction de la chambre de Rémi.
Elle frappe à sa porte, réajuste sa blouse blanche qui malgré sa tenue informe flatte ses douces courbes juvéniles.
A l’invitation d’entrer, elle pousse la porte, enjouée.
Son regard balaie la pièce, méthodique. A sa droite la télévision fixée au mur, éteinte, les portes coulissantes du placard mural, fermées.
En face d’elle, deux grandes fenêtres donnant sur des sapins séculaires qui ravissent la vue du patient comme du visiteur toute l’année.
Sur sa gauche une table adossée au mur, et dans la continuité bien au centre le lit électrique, haute technologie (quand il ne tombe pas en panne) et enfin la table de nuit couleur sable.
Le fauteuil roulant manuel posté prés du lit, attend sagement son conducteur, qui observe à la dérobé sa visiteuse.
Il l’apostrophe gaiement: «C’est pas trop tôt, j’ai failli prendre racine ma petite Sylvie!»
Elle riposte avec humour: «Vous avez oublié que dans une heure, je ne fais plus partie du personnel?» «Vous avez de la chance que je vienne m’occuper de vous.»
Le jeune homme blond opine du chef et la gratifie d’une magnifique grimace, qui laisse transparaître une rangées de dents impeccables.  
«Mon petit rayon de soleil!» S’exclame-t-il: «Comment vais-je faire sans toi?»
Elle fait un pas vers lui et bloque les freins du fauteuil, lui saisissant les jambes elle répond avec malice:
«Vous en trouverez un autre de soleil...»
Les effluves capiteuses de son parfum chatouillent agréablement les narines du paraplégique, qui s’empresse de faire son transfert, histoire de cacher à sa gentille aide-soignante, son trouble et quelques scrupules naissants.
Sa voix se fait rauque pour murmurer : «Merci Sylvie.»
La porte de la chambre s’ouvre avec force et une nuée de blouses blanches font irruption, Sylvie a juste le temps de lâcher un : «Oh non!» de surprise que déjà elle se retrouve le postérieur vissé sur un fauteuil douche, sans autres formes de procès!
Son coeur bat la chamade, le visage agité de rictus, partagée entre la peur et l’ excitation.
Ses mains se crispent nerveusement sur les accoudoirs verrouillés, pas moyen d’échapper à ses ravisseurs!
A moins de les implorer?
Elle risque un: «Les filles, je n’aime pas jouer avec l’eau...»
Peine perdue,pas de réponse, les rires fusent, l’atmosphère est à l’amusement, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin!
En avant dans le couloir, ou le chahut fait sortir les résidents de leur chambrée, qui poussent une olé effrénée sur nôtre passage.
Les festivités commencent avec une soignante qui déverse scrupuleusement le contenu sirupeux d’une poche de nutrition sur la chevelure brune de nôtre Sylvie, offusquée!
Suit le déversoir de toute une série de produits colorés, visqueux, collants, sur la blouse blanche.
Le teint rougi par certains liquides, le cheveu poisseux dégoulinant, Sylvie prise de fou rire reprend son souffle et nous confie: «La misère, je colle de partout!»
Hilare, le cortège rejoint la salle de bains, ou l’eau salvatrice froide au début puis tiède arrose copieusement toute la troupe.
Puis enfin, on relâche nôtre victime consentante, qui a pris l’apparence d’un épouvantail trempé, l’oeil humide.
Une larme perle délicatement à la racine des cils, l’assistance s’inquiète: «Pourquoi tu pleures?»   
Sylvie se blottit contre l’épaule de Camille et entre deux hoquets nous avoue:
«Les filles, je vous aime.»
Et oui, chez nous aussi on pleure deux fois, quand on arrive et quand on part.

7 février 2015

la clé (Fairywen)

 

La clé.

Chaque année, en fin d’année, le même cérémonial se reproduisait au quartier général des Forces Spéciales Intergalactiques. Une tradition à la fois attendue et redoutée, car il ne s’agissait rien moins que de décerner le titre de meilleure recrue de l’année. Quoique, depuis un certain nombre d’années, la place de champion ne passionnait plus grand monde, tant l’identité du gagnant était certaine. Les paris s’ouvraient plutôt sur la place du second.

Car nul ne doutait que le premier serait encore et toujours le Chasseur. Il était le meilleur depuis son arrivée. Même après avoir été interné plusieurs mois en camp disciplinaire, il avait réussi à rafler le trophée. Bien sûr, ses succès lui valaient beaucoup de jalousies.

Il s’en moquait. Royalement.

 

Et pour la première fois, il se moquait aussi d’avoir gagné. Il s’en moquait même complètement. Car au fond de son cœur, il estimait avoir subi le plus cuisant des échecs. L’Ombre lui avait échappé. Encore et encore. Il l’avait traquée de planète en planète, l’avait approchée à maintes reprises, mais toujours elle s’était enfuie. Il savait bien que dans son dos, on se moquait de ses mésaventures. Car non contente de lui échapper, l’Ombre l’avait souvent ridiculisé. Comme cette fois où il s’était retrouvé attaché et littéralement emballé par un gros nœud rouge… Oh, l’Ombre avait bien tenu sa promesse, elle avait effectivement appelé les forces de l’ordre du coin pour venir le libérer. Mais elle avait pris soin d’appeler une équipe de femmes, et pendant des mois, il avait dû endurer les sourires entendus de ses collègues masculins.

Jusqu’à ce que ses poings finissent par ramener tout le monde à la raison…

 

Morose, le Chasseur avala d’un trait son énième verre de whisky. Il s’était éclipsé dès qu’il avait pu, et noyait ses déconvenues dans l’alcool. Il jeta un regard désabusé à la médaille qu’il arborait. Elle lui importait si peu qu’il avait pensé la refuser, mais la tradition était la tradition, et il avait supporté sans broncher des félicitations qu’il n’estimait pas mériter.

« On ne t’a jamais dit que l’alcool était mauvais pour la santé ? susurra une voix derrière lui, non, ne te retourne pas. Il y a une arme plantée dans tes reins. »

Le Chasseur s’était raidi en reconnaissant la voix de l’Ombre. Comment osait-elle entrer dans un bar empli de flics ? C’était… insensé, suicidaire… et digne d’elle.

« Tu sais qu'il suffit que je dise un mot pour que tout le bar te tombe dessus ? répliqua-t-il sur le même ton.

— Mais ce mot, tu ne le diras pas, Chasseur. Je suis armée, dangereuse, et je ferais beaucoup de dégâts dans un espace aussi restreint. Et surtout, tu ne supporterais jamais qu’in autre que toi m’arrête.

— Qu’est-ce que tu veux ?

— T’offrir un cadeau, bien sûr. Ce n’est pas une tradition, d’offrir un cadeau au gagnant ? »

Une main passa à côté de lui, une main fine, mais qu’il savait forte, et déposa une clé sur le bar.

« Chambre 7, au Paradise. Garde tes médailles, j’adore ça. »

Elle s’évanouit aussi silencieusement qu’elle était venue. Il ne se retourna pas, il savait que c’était inutile. Mais il ramassa la clé et la mit dans sa poche. Il s’en voulait de ne pas pouvoir résister. Elle avait à peine posé la clé qu’il savait qu’il la rejoindrait dans la chambre 7 du Paradise.

Ça aussi, c’était une tradition. Ennemis, amants, ils se combattaient et s’aimaient tout à la fois. Il ne savait pas lui résister, et cette fois encore, il irait la retrouver.

Pour l’aimer jusqu’au bout de la nuit…

Retrouvez l'Ombre et le Chasseur ici.

Défi 336 du samedi 31 janvier 2015

 

7 février 2015

De la bonne graine (Vegas sur sarthe)


La coutume des haricots consistait à équeuter une montagne de gousses que le papi répartissait par grosses poignées entre nous tous - cousins et cousines - jeunes volontaires désignés d'office.
Le papi se réservait la tâche honorifique et tarabiscotée de les ranger verticalement - une fois équeutés - tels des petits soldats dans un régiment de bocaux à l'alignement millimétré.
En ronchonnant, chacun castrait son “mangetout” par les deux bouts, retirant un fil, recoupant les plus longs à la taille réglementaire sans les esquinter en se dépêchant lentement pour éviter une poignée de haricots supplémentaire.
Le papi ne jurait que par le Contender... “De la bonne graine” disait-il “ à l'inverse de vous!”.
 
Quand on est gamin et qu'on s'apprête à vivre les traditionnels mois de vacances dans la grande maison de famille bourguignonne posée à deux pas d'adulte du Canal du même nom - soit quatre ou cinq pas d'enfant - il y a de quoi être soucieux.
 
Le rituel dominical consistait à traverser les deux ponts pour jarter jusqu'à l'église située en haut du village avant le dernier coup de cloche et sans salir nos beaux habits.
La mamie rêvait d'un autre habit pour nous... soutane pour un garçon ou voile pour une fille mais la vocation ça ne vient pas toujours dans un missel garni d'images de communiants et le Patron - figé sur sa Croix et contraint de subir les sermons déjantés d'un curé loufoque - n'embaucha guère plus que quelques espiègles enfants de choeur.
 
L'usage du coucher consistait à entamer une seconde journée faite de batailles de polochons et diverses embistrouilles, et tout ceci à tâtons puisque l'ingénieux papi avait inventé l'extinction des feux télécommandée au moyen d'un interrupteur traîtreusement disposé vers sa chambre.
 
La traditionnelle pêche à la ligne était parmi les corvées les plus douces puisqu'en quelques secondes nous posions pliants, bourriches et épuisettes sur la berge devant la maison.
Armés de patience et de fourbes hameçons, nous taquinions tout ce qu'il y avait à taquiner entre deux passages de péniches chargées à ras bord et qui déclenchaient des tsunamis couleur café-au-lait où disparaissaient nos bouchons dans des relents vaseux qui viaunaient le gasoil...
 
Quand on est gamin et qu'on s'accroche la serviette autour du cou pour une de ces rituelles orgies qui s'étirent presque jusqu'à l'heure du souper sans pouvoir officiellement quitter la table, il y a de quoi être soucieux.
On vous y gueude au pâté en croûte, vous torture aux escargots persillés, vous condamne au doublé poisson-viandes avant les tourments salade-fromage-dessert tout en vous promettant aux calendes grecques ce fameux galopin de Ruchottes-Chambertin dont les grands se gobergent.
Pour peu que l'orgie dégénère on vous forcera à chanter en public l'immuable et planétaire classique de Guy Béart “Ma petite est comme l´eau, elle est comme l´eau vive, Na na nère...”
Pourquoi tant d'eau au pays du pinot noir?

La fin des vacances arrivait à grands pas - sonnant la fin des réjouissances - alors, au risque d'attraper la drouille et une tisane on sacrifiait à Notre tradition, celle qui ne figure dans aucune archive locale: on allait se gauger dans l'eau glacée du lavoir, là où on savait que l'horrible mélusine ne se risquait jamais!


Lexique de mes bourguignonneries:

drouille: diarrhée
embistrouiller: embêter
esquinter: abîmer
galopin: verre
gauger: tremper
se goberger: s'empiffrer
gueuder: rassasier
jarter: marche très vite
tisane: engueulade
viauner: sentir mauvais

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