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Le défi du samedi

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24 mars 2018

Participation de Venise


Je me suis penchée sur le scarabée,

Il était en équilibre sur une brindille.

J’entendais son cœur battre sous son ventre luisant.

Ces yeux comme trempés dans une encre violette s’étonnaient de ma présence.

Alors il me dit :

Toi et les tiens cessez d’ébranler les piliers du ciel
Avec ta main de glace, ne touche pas les ailes de nos présences de funambule.

La nuit commençait à peser sur la nuque de l’animal quand quelque chose s’est produit.

Un duvet de lumière lentement est descendu le long de la brindille et comme un funambule il m’a pris la main. J’étais dans un état de stupeur, car soudain je savais que je n’avais jamais rien dit d’important.

J’abdiquais devant ce fragile équilibre de toute souveraineté devant ce monde Puis nous fîmes beaucoup d’effort pour retrouver notre équilibre, sa brindille et moi sur le sol trempé.

v01

Maintenant je me tiens comme une funambule, sous le ciel usé de ce monde.

Au moindre geste je glisse, entre les herbes de vos mots, mais je sais maintenant que cela n’a aucune importance.

Je ne réponds plus aux questions, Tristan et Yseult viennent de fermer leurs yeux pour avoir rompu avec les places qui leur étaient assignées.

D’un bond insensé, ils sont ensevelis dans ce pourpre nuptial qui leur tient de dernière demeure.

C’est le fil de cette étoffe que je tire sous vos yeux ébahis, ce fil que rien ne peut rompre et sur lequel vos pas mal assurés avancent vers moi.

C’est le plus bel instant suspendu au-dessus de l’abîme.

Le scarabée est là accroché à ma robe, plein de la fatigue du jour, son haleine se répand dans le moindre silence.

v02

Je suis comme une reine en marche vers vous

 

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24 mars 2018

La piste aux étoiles (Vegas sur sarthe)

 

Quand j'ai rencontré Germaine, elle jouait les casse-cous sur le fil à linge de ses vieux, enjamant les culottes de mamie et les collants de flanelle du pépé.
Moi je faisais déjà de la mobylette sur mon vélo avec un bout de carton et deux pinces à linge en guise de moteur.
On avait treize ans chacun et je crois bien que c'est l'amour des pinces à linge qui nous avait réunis... et les gamelles aussi.
On en a pris des gadins chacun de son côté, elle dans sa buanderie à un mètre du sol et moi dans la descente du garage qui jouxtait leur maison.
Alors tels deux combattants de retour du front on a commencé à comparer nos blessures, nos genoux couronnés peints au mercurochrome, on a confronté notre résistance à la douleur, aux machins qui piquent et au sparadrap indécollable... et puis à force de se toucher les genoux on est passés à autre chose, on est passés du genre thérapeutique au genre concupiscent mais en un seul mot... 

Dans le salon des vieux de Germaine il y avait un trésor inestimable : la première chaîne de l'ORTF et sa Piste aux Etoiles chaque mercredi soir, alors on se délectait des trapézistes volants, des clowns Alex et Francini et des funambules, collés-serrés sur le canapé à s'empiffrer des carambars.
A force de se faire des niches et des chatouilles ça dégénérait souvent sous le plaid mais on faisait gaffe à cause de la mamie qui nous espionnait derrière ses lorgnons en rafistolant sa pauvre corde à linge.
Si elle avait su qu'on avait déjà fait la chose... c'est à dire qu'on s'était embrassés avec la langue sans respirer pendant au moins cinq secondes ! 

Ainsi j'avais connu le grand vertige, ma piste aux étoiles à moi, ma voie lactée, cette sensation à la fois exaltante et terrifiante de tomber dans un abîme insondable tandis que Germaine – visiblement rompue à l'exercice – maîtrisait l'apnée en toute décontraction.
J'avais affaire à une pro de l'équilibre, à une funambule de la rapeuse qui prenait son pied en me laissant pantelant après l'exercice.
Germaine montrait des dispositions précoces à en juger par les anecdotes que me racontait Bébert, un voisin de quatorze ans qui se l'était "faite" l'année d'avant. 

Il faut dire que pour une future funambule, elle avait déjà le mollet dur et la fesse ferme, autant qu'elle me laissait en juger.
Combien de fois remit-elle dans le droit chemin une main exploratrice par trop aventureuse qui s'évertuait à chercher l'origine du monde...
Faut dire que j'ai toujours été un manuel mais à cet âge on est plus système D que point G.

Elle ne voulait pas d'enfant avant ses seize ans ce qui m'arrangeait bien car j'avais encore de l'occupation à perfectionner mon moteur de mobylette à pinces à linges.
Comme j'étais prêt d'aboutir dans mon projet d'augmentation de cylindrée, Germaine choisit ce tournant crucial dans ma carrière pour tomber amoureuse... de Zavatta ! Elle comptait même le suivre en Russie où il partait en tournée avec le Cirque français et sa troupe de voltigeurs. 

La mamie à la corde à linge ayant haussé les épaules, j'en conclus qu'il ne s'agissait que d'une passade comme doivent souvent en avoir les filles et qu'il me suffirait simplement d'être patient.
Quant à la suite, certains la connaissent... les autres devront patienter

 

 

24 mars 2018

Funambule sans fil... (Tilleul)


Les gamins se demandaient à quoi pouvait bien
Servir ce câble tendu entre le clocher
Et le haut balcon de la maison de Martin
Les filles et les garçons étaient bien intrigués.

A la tombée du jour, les gens sont arrivés
Les yeux fixés sur le sommet de l'église.
Une clameur fusa : mais quelle bêtise
Une moto roulait sur le fil éclairé...

De rose vêtue, une demoiselle,
Glissait sur ses pieds nus en tenant une ombrelle.
Effrayé, mon cœur battait en accéléré,
Était-elle attachée ? Et si elle tombait ?

Parfois dans la vie, sans être funambule,
Tu marches sur un fil sans aucun vertige,
Mais choisir devient de la haute voltige...
Tu voudrais tellement sortir de ta bulle...

24 mars 2018

Funambule -> Fil -> Filet (Walrus)

 

Vous avez vu la suite logique ?

Un funambule se déplace sur un fil et à l'époque actuelle, obsédée par le principe de précaution, il est impensable de pouvoir encore entendre l'annonce qui faisait les délices de nos jeunes années :

"Et remarquez que l'artiste travaille sans filet !
 S'il se tue...
 C'est la mort certaine !"

Et ne me dites pas que c'était cousu de fil blanc !

24 mars 2018

for bongo, with love (joye)

bongo

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24 mars 2018

for bongo, with love (joye)

bongo

24 mars 2018

Tigresse, es-tu donc funambule ? (Cavalier)

 

Ta berge est joli nénuphar
Qui se dérobe en renoncule,
Emprisonnant mon tronc hagard
Sous la pâleur du crépuscule,
Ta pulpe tiède qui circule
Autour de moi, sans un seul bruit,
Me fait chérir ton calicule,
Quand gloire en fleur n’a point de fruit…

Je serai ton doux léopard
Pris dans tes douves en férule,
Dans tes coquillages sans fard,
Je serai ton conciliabule,
La pluie aux lunes de cupule,
Aux ronces de tes mots minuit.
Je t’aime ô sombre tarentule,
Quand gloire en fleur n’a point de fruit…

Il est des roses sur ton dard,
Ocelles pourpres qui pendulent
Des miaulements en étendard,
Mes allers-retours articulent
Pour dévêtir la libellule,
Laisser la nymphe, et que ma nuit
Découvre enfin ta peau de tulle,
Quand gloire en fleur n’a point de fruit…

Tigresse, es-tu donc funambule,
Liant ma vie où tout s’enfuit ?
Car sous tes fils mon cœur bascule,
Quand gloire en fleur n’a point de fruit…



tigresse3000

 "Ton tatouage prend toutes mes sensations…
Alors viens, sombre funambule,
Laissons là le plombier à ses beaubourgs,
Mais emporte tes jurons de palefrenier fleuri,
Ton smartphone à la glue si jolie,
Et prends ma main je ne la lâcherai pas…"

--> Carrousels - Cavalier 

 

 

24 mars 2018

Réécriture circassienne d'un chef-d'oeuvre piscénois (Joe Krapov).

DDS 499 funambule supertramp

- J’ai beau être sous ta férule,
Ma chère maman que j’adule, 
Je ne veux pas faire funambule !
Très peu pour moi !

Depuis cet étroit monticule,
Sur le fil d’une tarentule
Avancer comme un somnambule ?
Très peu pour moi !

Ca fait frissonner les globules
D’une populace incrédule ?
Ca relève des travaux d’Hercule ?
Très peu pour moi !

Il y a parmi ces minuscules
Un détestable groupuscule
Qui attend juste que tu bascules !
Très peu pour moi !

S’écraser en tas de fécule,
S’accidenter au crépuscule,
S’éparpiller en particules ?
Très peu pour moi !

Je ne connais pas la formule
Pour se changer en libellule !
Et casser mes jolies rotules,
Très peu pour moi !

- Arrête ce conciliabule
Qui nous brise les testicules !
On a compris ton préambule,
Vieille tête de mule !

N’empêche, pour gagner ton pécule
Et faire claper tes mandibules
Faut autr’ chose que tes opuscules
De poésie, vieux ridicule !

Arrête de nous faire une pendule,
T’impressionnes pas la pellicule !
T’es jamais qu’un ancien ovule !
Numérote ton matricule !

Tu vas pas t’dorer la pilule
Jusqu’à ce que vienne la sainte-Ursule !
Dis-moi donc, triste noctambule,
Espèce de crapule à pustules

Qui bulles sans aucun scrupule, 
Ce que tu veux faire comme boulot,
A part fainéant majuscule,
Dans notr’ petit cirque ambulant ?

- Moi, je veux jouer de l’hélicon !
Pon pon pon pon !
 

24 mars 2018

Martine funambule (Kate)

Martine funambule

"En escadrille !"... comme disait un ancien Président, et il n'est pas facile de trouver un vrai équilibre sur le parcours semé d'embûches de la vie...

Allons, soeurs et frères funambules, marchons sur le fil de la vie tendu d'un point que l'on connaît à celui que l'on ne connaît pas. Radieuse, en éclaireuse, Martine regarde droit devant comme il se doit, un bras servant de balancier tandis que l'autre tient la charmante ombrelle, ne se retournant pas sur les facéties des clowns qui s'apprêtent à tomber...

martine-au-cirque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur une couverture plus ancienne, elle est précédée de ce charmant petit ami au canotier de travers ! 

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Je ne concluerai pas sans présenter la couverture originale de 1956 du livre de Gilbert Delahaye où Martine a bien les pieds sur terre et salue en costume de ballerine.

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On nous y explique que Martine réussit tout et c'est agréable comme histoire pour une/un (petite/petit) fille/garçon !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr, on comprend pourquoi dès le début, page 12 :merci les rêves !

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24 mars 2018

Feu rouge (Pascal)


Toulon. Je m’étais retrouvé, avec cette bande de furieux motards, arrêté au feu rouge, à  la montée de l’avenue François Fabié. A cette époque, en arrivant par la N97, (Nice) et avant de rejoindre le Boulevard de Strasbourg, on pouvait tourner sur la droite, par cette large voie. Après avoir traversé le pont quatre voies du chemin de fer, encore sur la droite, on prenait le boulevard de la Démocratie et la direction du quartier de la Loubière où un de notre équipée avait sa piaule et son garage attenant…
A l’esbroufe et côte à côte, chacun de nous cherchait à impressionner l’autre en mettant son ambition sur sa maestria imprudente et sur le vague potentiel de sa moto ; aux coups nerveux et répétitifs sur les poignées de gaz, nos machines rugissaient…

Entre mes heures de quart à la chaufferie, ponctuellement, je m’acoquinais avec cette fine équipe de sept ou huit « madus* », tous vingtenaires, roulant toujours sur les chapeaux de roue. Comme des morts de faim, ils se « tiraient la bourre » entre les feux sur les boulevards ; c’était à celui qui prendrait le plus d’angle dans les virages, qui doublerait sans visibilité, qui freinerait le plus tard, qui ne s’arrêterait pas aux stop, et toutes ces conneries de trompe-la-mort qui brûlent la jeunesse sur le bûcher de l’inconséquence.
Sans cesse, ils prenaient leurs bécanes pour aller chercher un paquet de clopes à tel tabac, pour boire un café à tel endroit, mettre dix francs d’essence à la station ou pour aller bricoler leurs machines dans d’obscurs garages. Sitôt arrivés, pris par le démon de la vitesse et des frissons qu’elle engendre, ils avaient des fourmis dans les jambes et un besoin impérieux de remonter sur leurs engins pour aller encore affronter la chance et sa sueur d’adrénaline. Ils étaient tous des funambules en équilibre sur le mince fil déroulé de la route. Je crois qu’ils ne passaient que rarement le quatrième et le cinquième rapport ; c’est comme cela que je sus que je pouvais « tirer sur la troisième » jusqu’à plus de cent soixante, malgré des vibrations intenses et des soubresauts violents cherchant toujours à me désarçonner…

Ceci explique cela, nous étions tous possesseurs de « 900 » et de « 1000 » Kawasaki, plus ou moins trafiquées, avec des peintures personnalisées, des pots quatre en un, des guidons bracelets et autres cadres renforcés. Dans cette enragée bande d’arsouilles, je crois que j’étais le seul à avoir une machine d’origine et un boulot régulier ; je devais être, aussi, le seul à être assuré…
 
Je ne voulais pas jouer les clampins et rester en rade, au passage du feu vert ; avec ma béquille centrale, mon quatre en deux chromé et mon grand guidon « corne de vache », je ne m’en laisserais pas compter. Je savais que cela « allait envoyer » ; certains se tenaient sur leurs machines comme s’ils allaient se lancer dans une course de moto-cross ; d’autres, la tête fixant ostensiblement le feu tricolore, se penchaient en avant comme pour éviter que leur bécane parte sur la roue arrière. Les visières étaient descendues, la première vitesse était engagée, les mains étaient crispées sur les poignées d’embrayage ; il en allait de notre honneur…

Tous les yeux des clients de la terrasse du bar proche étaient rivés sur nous ; nous étions l’attraction du moment ; interloqués, des passants se bouchaient les oreilles en hochant nerveusement la tête ; d’autres se reculaient des trottoirs comme si l’imminence du départ allait forcément engendrer un inéluctable accident grave…


Moi aussi, j’avais enquillé le premier rapport ; d’un rapide coup d’œil à gauche, je mesurais mon adversaire. C’était Bunny, à cause de ses dents de devant et des grandes oreilles qu’il avait peintes sur son casque ; il jouait avec son embrayage et sa machine faisait des petits bonds en avant, quand il relâchait la potence de frein. Sa moto était montée de bric et de broc, avec des pièces toutes plus louches les unes que les autres ; ce n’était pas la peine de lui demander les factures de ses jantes à bâtons ou de ses étriers Brembo chevauchant ses fins disques percés. Véritable « farci* », rien ne le prédisposerait à ralentir dans la petite courbe à droite, sur le pont, cent cinquante mètres après le feu ; celui-ci, je le garderais coincé à l’extérieur, lui laissant la porte fermée. C’est sûr, ça allait frotter blouson contre blouson, jambe contre jambe, guidon contre guidon…
A droite, c’était un jeune loubard, avec sa copine collée à lui, sur la selle speed. C’était le plus « calu* » de la bande et le chef aussi, par toute sa folie contagieuse ; il semblait discuter avec sa nana comme si le passage du feu au vert n’était qu’une formalité pour lui. Pourtant, je voyais bien qu’il se tenait sur ses gardes. Sa puissante machine, à la peinture personnalisée, représentant une tombe ouverte dans un cimetière lugubre et une lune laiteuse pour éclairer tout ça, était un amoncellement de pièces pour moto de course. Bras oscillant Martin, amortisseurs Marzocchi à gaz, pot d’échappement libre « Devil Piste », fourche empruntée à une Ducati, durites « Avia », pneus « Pirelli Phantom », etc., c’était la référence du moment. Avec son moteur noir Z900 ou Z1R modifié, avec sa rampe de carbus à cornets courts, son pignon « trente-six dents » et le poids, même léger, de sa copine, il aurait du mal à conserver sa machine sur ses deux roues. Derrière sa visière fumée, lui aussi m’observait crânement…
A côté de lui, il y avait Game’s, un type sympa, qui s’était trouvé cette famille accueillante pour passer le temps et oublier la sienne ; Game’s, c’était le diminutif de « gamelles », parce qu’il s’en prenait au moins une par semaine. Soleil ou pluie, vent ou froidure, il était toujours en position instable sur la roue arrière et gare aux dommages collatéraux…

Un peu plus haut, de chaque côté de l’avenue, les gens qui attendaient devant l’entrée des cinémas s’étaient retournés ; cette équipée furibarde, cette horde sauvage, désormais, c’était nous sur l’affiche grandeur nature de leur prochain film à suspense…  
Devant nos bécanes menaçantes, sur le large passage protégé, les piétons se hâtaient ; en pressant le pas, les mères tiraient sur la menotte de leurs gosses, les vieux oubliaient leurs cannes en augmentant leur démarche boiteuse ; inconscients, les jeunes s’attardaient entre les bandes blanches en essayant de reconnaître les marques de nos motos…  

A mesure de l’instance suprême du départ, les régimes moteurs augmentaient ; l’enfer de nos machines pétaradantes n’était plus que d’effroyables enchevêtrements de grondements rauques où s’emmêlaient nos accélérations nerveuses et nos panaches blancs et bleutés ; des flammes surgissaient des échappements recuits tels des souffles incandescents de dragons furieux… Tout à coup, le feu passa au vert…



*Madu, farci, calu : méridional, fou inconscient.


24 mars 2018

Quand tu m'as sauvé la vie (Laura)

 

Quand nous nous sommes installés à Casablanca(capitale économique du pays et plus grande ville du Maghreb) au Maroc en 2005(pour trois ans mais que je pensais partir pour plus longtemps), je ne savais pas trop à quoi m'attendre. C'était la première fois que j'allais en Afrique, au Maghreb, que je traversais l'Atlantique, que je quittais le continent européen. J'avais des a priori suite à des films, reportages, lectures et à ce que j'avais pu entendre de français étant aller là-bas ou de franco-marocains parlant de leur pays d'origine. Bref, je n'étais pas "vierge"  mais un peu inquiète et surtout curieuse comme ça avait été  le cas pendant les sept déménagements précédents et ce serait le  pour les trois suivants.

J'ai tout de suite aimé cette ville comme j'aime les grandes villes et encore plus les très grandes villes. Elle est très vivante, bruyante avec les inconvénients qui vont avec : trop bruyante, trop de circulation, trop de pollution. Je ne situe pas où se situe Casablanca en terme de pollution et de bouchons dans les classements mais elle doit être au moins aussi embouteillée sinon plus à mon avis. Les bouchons et la pollution s'aggravent par le non -respect quasi généralisé du code de la route(le même qu'en France, mais encore moins respecté qu'en France, je vous l'assure), le nombre énorme de grosses cylindrés des riches(anciens ou nouveaux), la vétusté du parc automobile (qui s'améliore) des plus pauvres(les plus nombreux, le Maroc étant un pays en croissance mais toujours pauvre) et par le climat tempéré(pas comme la France) et humide(en taux d'humidité et non en pluie).

J'ai aimé me perdre dans cette ville, y découvrir les courants froids de l'Atlantique à cet endroit. Je me suis faite au brouhaha constant des klaxons, des magasins aux horaires d'ouverture  extra-larges, au constant va et vient des Casouis(sauf ftour du Ramadan qui rend la ville silencieuse le temps du repas) et de la circulation. Nous nous méfions de tout quand mon mari conduisait ou quand nous marchions, ce que nous faisions souvent.

Un jour, cependant, sur un des ^plus grands boulevards de Casa, juste derrière chez nous et que nous traversions presque chaque jour; nous nous sommes arrêtés pour attendre le feu vert pour les piétons. Quand c'est arrivé, j'ai eu juste le temps de sentir le souffle d'une voiture contre mon corps et la poigne de mon mari me tirant en arrière pour éviter la voiture qui venait de griller le feu rouge. J'ai fait encore plus attention après.

 

24 mars 2018

Sur le fil du rasoir (Nana Fafo)

Sur le fil du rasoir

10_sur_le_fil_du_rasoir

Pingouinnot était à mi-chemin entre l’excitation et la frustration.

Il essayait de comprendre, de garder le cap.

 

Son petit trio n’avait aucune piste sérieuse, une piste vide, aucun spectateur,

triste spectacle pour cet équilibriste !

3 cerveaux qui bullent à Bullet Journal pour trouver l’inspiration

car The show must go on…

 

A chaque instant tout peut basculer.

 

Pingouinnot était retourné dans ses pénates,

sur sa banquise, perdu dans ses pensées

l’horizon en point de mire

 

Il sentit une ombre derrière lui…

Serait-ce le fruit de son imagination fertile ou de ses peurs laissées en suspens ?

Suspense …

 

Il ne pût résister, il se retourna, perdit l’équilibre,

comme poussé par cette ombre, sa peur

comme happé par le vide, son imagination

L’appel de l’eau, l’eau glacée.

Il prit une douche froide en comprenant que tout ceci était bien réel.

 

Quelqu’un l’avait poussé…

Il se hissa sur le fil de sa banquise, avec l’agilité d’un funambule qui navigue en eaux troubles.

Troublé.

 

Il ne restait que quelques plumes sur le sol.

Son vilebrequin et sa boussole avaient disparu.

 

 

17 mars 2018

Défi #499

 

Quand la vie ne tient qu'à un fil...

Funambule

 

4991

 

17 mars 2018

Se sont pris pour des artilleurs

17 mars 2018

Participation de JAK

j01

 


Ce matin grand ramdam dans le landerneau
On en cause même aux télé-journaux

Biscotto le boulanger a disparu.
Nul sur la place ne l’a aperçu
Les commères s’attroupent et piaillent
Emettant des hypothèses sans faille
Avec l’épicière il serait parti
Mais non d’une pipe sapristi
Tiens la voila l’épicière
Qui passe droite et très fière
Ce n’est donc pas la raison
Pour laquelle il a laissé seul son mitron.
Non la raison est bien plus simple
Ce matin se servant de son écouvillon
Fait d’un linge attaché à un long bâton,
Il a nettoyé son four en faisant de grands tourbillons
Mais le feu a pris au fournil où il avait entreposé des brindilles
De châtaigniers et de pins pour parfumer ses pains ronds
Qui font considérablement son renom aux alentours du canton.

Hélas la fournée surprise par tant de chaleur, a brûlé
Et notre boulanger dépité
Honteux et déshonoré, tout comme Vattel
De remord s’est fait sauter la cervelle.

 

*
Ecouvillon Vieilli, BOULANGERIE. , Vieux linge attaché à un long bâton, avec lequel on nettoie le four [chauffé au bois], lorsqu'on veut enfourner le pain`` (Ac. 1835-1932)

17 mars 2018

Participation de Venise

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 Au dos de cette carte postale oubliée au grenier j’ai retrouvé les traces de mon grand pére .

 

 La guerre de 14/18 avait fait de lui un militaire, et tout ce qui avait de féminin en lui hurlait de désespoir d’être déguisé en homme sanguinaire.

 Voici un extrait de sa lettre adressée à ma grand-mère /

 

Portes tu toujours les gossard des G7 en maille fine brillant translucide et nacrée. Ici on se gèle le cul

 Et on a aucune chance de voir une fille qui en porte sous son cache cœur.

J’aurai dû sauter par la fenêtre de ce train qui nous conduisait dans l’enfer de Verdun.

On est au cœur de l’épicentre d’un volcan, la terre tremble ici tous les jours.

Une femme qui dort en soutien-gorge quoi de plus fabuleux ?

J’ai acheté un gros bouquet de roses rouges hier et je les ai offertes à une vielle femme en noir.

Quand je rentrerai je n’aurai plus un radis j’aurai appris à manier l’écouvillon dans les chiots !!

Quand on est piégé à Verdun c’est rare qu’on y échappe alors ces roses elle ira les déposer sur mon cadavre .

Ton père avait un ami au ministère des armées . On pourrait tenter de me faire réformer . J’avais les mains tremblantes l’autre jour quand j’ai ouvert la petite enveloppe bleue lavande . ta petite écriture  penchée est tellement penchée que je risque à chaque fois de perdre l’équilibre .

Je garde encore l’odeur de la banquette de veau , le papier peint coquille d’oeuf de notre chambre. Les rideaux étaient fermés pour que les ennemis ne nous voient pas.

Ici je vis à ciel ouvert et les bombes pleuvent. .

Je crois que ton soutien-gorge ça ne soutient pas que tes seins mais ça soutien mon moral en ce moment.

TON LOUIS

 

17 mars 2018

L'écouvillon par bongopinot

 

Ecouvillon objet pratique
Cylindrique parfois en plastique

On l’appelle aussi goupillon
Utile pour nettoyer les biberons
Vos bouteilles propres sur l’heure
Indispensable pour les radiateurs
L’utiliser c’est l’adopter
Le concept le rend aisé à manier
Outil que j’aime bien
Nécessaire au quotidien

 

17 mars 2018

O comme Oremus (Adrienne)

 

Ils étaient trois amis qui à seize et dix-sept ans, possédaient déjà une vaste expérience d’enfant de chœur. Ils savaient exactement jusqu’où ils pouvaient aller « trop loin » et ne s’en privaient pas : c’était même une limite qu’ils s’amusaient à transgresser de temps en temps un brin de plus. Sans rien forcer, bien sûr, pour ne pas s’aliéner la sympathie de monsieur le curé. 

La semaine pascale offrait les occasions les plus intéressantes de se divertir, en particulier la messe du samedi soir, celle où on renouvelle ses vœux de baptême. 

Parmi les préparatifs à la sacristie – le bénitier et son goupillon, la grande croix d’argent et l’encensoir – il y avait aussi ce moment où ils procédaient à un discret tirage au sort pour décider lequel des trois aurait l’immense joie – et la grande responsabilité – de tenir le seau d’eau bénite. 

Le goupillon, une énorme brosse à longs poils noirs, même trempée légèrement dans le seau, déversait une belle ondée sur les fidèles qui restaient stoïques, tête baissée. Il suffisait de peu de choses, enfoncer un peu plus le goupillon, rehausser légèrement le seau au moment du trempage, et c’était la grosse averse. 

Le plus dur alors pour nos enfants de chœur, c’était de garder leur sérieux pendant toute la promenade dans la travée centrale, quand monsieur le curé aspergeait abondamment à gauche et à droite, et que les gens lui présentaient spontanément leur dos en rentrant la tête dans les épaules. 

Après leur passage, il y avait de belles flaques par terre et les porteurs de lunettes sortaient un grand mouchoir pour essuyer leurs verres. 

Seul celui qui marchait devant avec la lourde croix d’argent ratait ce beau spectacle et se promettait que l’an prochain, ce serait son tour de rigoler. 

 

17 mars 2018

Participation de Cavalier

Bien des personne quand on leur demande si elles écrouvrillonnent parfois, se précipitent derechef sur toutes les bouteilles vides de leur maison, et leur font un gros nettoyage de printemps à l’eau bouillante, par contre, d’autres ouatent plutôt fermement un gros coton tige et s’empressent de nettoyer allégrement en public tous leurs orifices, mais pour la plupart ici, en Top Grave Nouvelle France de Terre Adélie –  Je me re-souviens même est un mème fameux, vous le savez tous maintenant  -, bref, pour la plupart ici, au simple son du mot, d’aucuns se dépêchent d’aller impunément en rivière ou en fjord, pêcher des écrevillons, ces petits écrevisses radioactifs, dont la taille est pourtant inférieure à 50 cm. Je rappelle que c’est interdit !

Il est navrant de constater combien le mot « écrouvrillon » est si mal interprété dans toute notre Top Grave Nouvelle Belle Province. Je retracerai ici donc l’histoire et donnerai la définition réelle de ce mot.

Écrouvrillon :

Milieu du siècle, expressions françaises : écranlefiond, fiond d’écran, écran-fyont. Suite à de nombreux différents d’un ancien ministre candidat en Grave Vieille ex-France et à la réitération d’autres délits impliquant ses deux chats Siamois, puis son Labrador – employés comme « animaux de compagnie »  – sont passées dans le langage courant et ont pris le même sens qu’esbroufeur en rideaux de fumée.

Ont pris donc le même sens que magouilleur : «  Quel écran-fyont celui-là !  » (Phrase commune)  

Ensuite, comme beaucoup d’autres mots dans certains groupes consonantiques, la consonne intervocalique «  F » s’est mutée en «  V ». (écranFiont -> écranVillon). De plus, comme souvent en français, il s’est produit la perte de la dernière consonne muette en syllabe de fin.

Le mot a fini par être troublé par deux altérations analogiques et un rapprochement morphosémantique (attraction paronymique) avec les mots « Vrille » - qui vissée a aussi son écrou - et «  Écouvillon », justement. Pratiquement en presque fin de siècle, seuls les musiciens de la puissante et riche mafia du Groenland l’utilisaient encore dans leurs magouilles : « Il n’y a que les écrouvrillons pour encore jouer du saxophone dans les bars. » (Commissaire Leblanc)

Fin de siècle, écrouvrillon : nom masculin. Personne méprisable, indigne de considération : «  Quand une femme s’affiche, ce n’est jamais pour un homme honnête, c’est pour un écrouvrillon.  » (Raymond)

Au pluriel : grandes démonstrations de train de vie. «  Ils étalent des écrouvrillons somptueux : mais du reste, ils n’ont ni déjeuners, ni dîners, pas de dépenses ménagères.  » (Carole Henny)

Extraits tirés du dictionnaire de l’histoire des significations du français, Paul Gerbault, Edition Labrune, août 2299  

 

17 mars 2018

C'est du propre ! Une ballade d'après François Écou-Villon (joye)

Outils à manche, qui après nous cirez,
N'ayez les touffes contre nous endurcies,
Car, si pitié de goupillons avez,
On peut enlever tous les beaux gâchis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Tant de brosses à mains, qui trop avons poli,
Serons bientôt encore et beaucoup salies,
Oui, nous, outils, balayons cendre et poudre.
De notre tâche personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Si l’hygiène vous échappe, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par la tâche. Toutefois, vous savez
Que chaque demeure n'a pas d’outils rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Anticipant l’arrivée des invités mal choisis,
Que les godasses ne soient pour nous salies,
Nous poussant toujours vers l’infernale poudre.
Nous sommes là pour, personne ne nous harie,
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Les bonnes nous ont déboués et lavés,
Leur huile de coude a toujours bien servi.
L’écouvillon a la cuvette raclé,
Et enlevé la honte et les soucis.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le boulot varie
Au bon ménage, sans cesser nous manie,
Et tout fulgure comme un coup de foudre.
Ne restez donc dans ce qu’on a sali ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Bon ménager, qui sur tous a maistrie,
Garde que la crasse n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que frotter ce que soudre.
Défi, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

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