Chevaux de bois multitude, vous tournez :
En chemins de feu et non de glace !
La nacelle brûlante et la tête dressée.
À quels extrêmes d’attractions nous livrez-vous ?

Les caravanes sur mon cœur se sont arrêtées pour boire,
Alors je t’ai vue comme un rêve,
Et ton tatouage prend toutes mes sensations…

Le nombre de grands huit et de coasters
Que ce jour compte n’est plus compte de mots.

Du train fantôme à ses pantins d'apocalypse,
Je ne dirai plus contre le petit ni contre le grand,
À moi les fêlures du ciel sous ses derniers courroux…

Chevaux de bois multitude, nous suivons vos chemins aveugles.
Nous voilà ! Au glissement des cabines sur la ligne,
Au grand murmure des montagnes russes,
À l'accélération des G sur les latéraux,
Et sur le bras central, tombent, tombent les souvenirs et un baiser…

Viens,
Laissons là le plombier à ses beaubourgs,
Mais emporte tes jurons de palefrenier fleuri 
Et  ton smartphone à la glue si jolie,

Prends ma main, je ne la lâcherai pas…

Chevaux de bois multitude, nous vous entendons :
Attraper la queue, attraper la queue,
Oui, décroche le pompon, Girl !
Stand up, stand de tir, autos tampon, cogne, cogne,
Fleur du diable,
Et pause, pose ta main sur le levier, à grande roue,
Aux flèches et aux couteaux…

Et puis ce souffle ardent qui vient vers nous,
Et qui se déplie comme le grain sous sa meule de grès…
Tourne, tourne
… l’œil s’écarquille, la voix s’efface, la main retourne l’essaim prodigue
Par-delà les tables de pierre…

 


« Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie. » Françoise Héritier