Outils à manche, qui après nous cirez,
N'ayez les touffes contre nous endurcies,
Car, si pitié de goupillons avez,
On peut enlever tous les beaux gâchis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Tant de brosses à mains, qui trop avons poli,
Serons bientôt encore et beaucoup salies,
Oui, nous, outils, balayons cendre et poudre.
De notre tâche personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Si l’hygiène vous échappe, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par la tâche. Toutefois, vous savez
Que chaque demeure n'a pas d’outils rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Anticipant l’arrivée des invités mal choisis,
Que les godasses ne soient pour nous salies,
Nous poussant toujours vers l’infernale poudre.
Nous sommes là pour, personne ne nous harie,
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Les bonnes nous ont déboués et lavés,
Leur huile de coude a toujours bien servi.
L’écouvillon a la cuvette raclé,
Et enlevé la honte et les soucis.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le boulot varie
Au bon ménage, sans cesser nous manie,
Et tout fulgure comme un coup de foudre.
Ne restez donc dans ce qu’on a sali ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !

Bon ménager, qui sur tous a maistrie,
Garde que la crasse n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que frotter ce que soudre.
Défi, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tout va se dissoudre !