Ont pondu leur sonnet au(x) sansonnet(s)
Adrienne ; Laura ; MAP ; Vegas sur sarthe ; Walrus ;
EnlumériA ; JAK ; Venise ; joye ; Joe Krapov ;
bongopinot ; Célestine ;
Adrienne ; Laura ; MAP ; Vegas sur sarthe ; Walrus ;
EnlumériA ; JAK ; Venise ; joye ; Joe Krapov ;
bongopinot ; Célestine ;

D’un coup mon ciel change de couleur, s’assombrit
Au passage d’une multitude d’étourneaux
Dans une danse de jolis coups de pinceau
Ils volent dans un tourbillon étrange de gris
Et mon cœur devant ce spectacle s’attendrit
Et voilà que j’entends mon sonnet sonner faux
Pendant que le temps passe à tout petit trot
Je rêve un instant éblouie à l’abri
Je reprends ma plume admirant ces oiseaux
Et il se forme dans le ciel un écriteau
Et ils m’écrivent un beau message tendre
Me délivrant au passage un doux secret
Mais vous l’écrire serai bien trop indiscret
Regardez le ciel ils pourraient le répandre
Comme un jeune étourneau, il était étourdi.
Non, il ne s'était pas sonné sur une vitre,
Il prenait simplement mardi pour mercredi.
Alors les gens pensaient qu'il voulait faire le pitre.
Ils murmuraient entre eux : "Mon Dieu, quel drôle d'oiseau!
Manqu'rait plus qu'il sévisse en plus sur les réseaux
Sociaux, ce jocrisse, ce faiseur d'embarras,
Cette calamité, cette face de rat !"
Mais il y était bien, vous verrez tout à l'heure
Qu'il ne recule pas, cet oiseau de malheur,
Devant les pires tours naissant dans sa cervelle
Pour gaver votre esprit de sottes ritournelles
Et vous faire avaler, camouflées en vers,
Des folies à vous mettre l'encéphale à l'envers.
Ce n'est pas de la roupie de sansonnet,
Ce sonnet de Nerval, cet épitaphe
Où il se compare tantôt au sombre Clitandre
Quand il n'est pas "gai comme un sansonnet"
Je ne prétendrais jamais faire aussi bien
En parlant des corbeaux que mon grand-père imitait
Ou des serins à nos fenêtres, qu'on enfermait
Que dire de l'ombre du héron près du grand bassin?
Comment ne pas évoquer Le chardonneret
De Carel Fabritius, rendu célèbre par Donna Tartt
Dans un poème qui se désire comme un sonnet?
Pour revenir aux corbeaux de Van Gogh
Et à l'ombre du héron de la fable
Comme la mort de mon grand-père et de l'artiste
Qui dit qu'il n'y a plus d'étourneau sansonnet ?
J'en ai vu en pâté, en daube provençale
pas plus tard qu'aujourd'hui au centre Commercial
où je venais chercher un précieux Chardonnay
Mon petit producteur en avait ras le fût
d'entendre gazouiller les sturnus vulgaris
leur goût pour les raisins, leur fièvre prédatrice
et tous ces sifflements, cliquetis, ce raffut.
Fi des effaroucheurs et des grands moulinets
il chargea le fusil de cartouches de trap
je n'avais jamais vu tant de force de frappe
La nuée s'abattit avant qu'il ne tirât
il se vit submergé, noyé, fait comme un rat
Qui niera qu'il n'est pas d'étourneau sans sonnet ?
Si un Micromegas débarquait des lointains
Et se trouvait plongé d’un coup dans la volière
On peut gager qu’il en perdrait son bas latin
Tant les oiseaux d’ici ont des moeurs singulières
Il y verrait le Sarkozinus cabotin
Donner des coups de bec au grand Fillonoptère
Et le Valsoptéryx au fichu caractère
Battre de l’aile sous les coups de l’Hamontin
Dans un coin de la cage, une Marinoptère
Grifferait les médias les traitant de pantins
Tandis qu’à l’autre bout fulminant de ses serres
Le Melanchonistus pourfendrait les crétins
Remontant aussitôt dans sa fusécoptère
Notre géant fuirait, criant au baratin !
Le sansonnet se fiche, aux temps du Changement,
De compter les petons des vers : il les boulotte !
Il les porte à son nid où sa Marie-Charlotte
Couve quelque chef d’œuvre en mal de pépiement.
Ah ! Sacre du printemps ! Foutre de la métrique !
Calices d’égrillards ! « Poète, prends turlute » !
Crânes de piafs, trillant du mieux que vous le pûtes
« Dans le monde animal tout le monde a la trique » !
Les oiseaux sont des cons mais nous bien plus encore
Qui trimons durement pour séduire Pécore
Là où l’oiseau se rit de la complexité !
Ah ! N’embrasser personne et pas même les rimes
A la fin du tercet ! Quelle légèreté !
Mais après tout… N’est-ce pas là ce que nous fîmes ?

"L'étourneau des Rossini" *
Collage de Jean-Emile Rabatjoie du 27-01-2017
d'après "Le Souper à Emmaüs" du Caravage.
* Ceci n'est pas... autre chose qu'un contrepet à dire avec l'accent italien !
Un grand frisson parcourut mes reins
Ce fut comme une décharge
et je fus soudain convaincu que le violent mistral
Emporterait avec lui passereaux , grives et perdreaux .
Comme ces oiseaux quittent vite les arbres
Comme tu as deserté ma vie , mon lit , mes draps.
Gentil mari , doux camarade de mes nuits .
La route a la couleur de l’eau et je rame comme
Une âme rincée par le chagrin.
Question naïve :
Pourquoi sommes-nous malheureux alors que le malheur ne sert à rien?
Pourquoi dites-moi!!
Comment se fait-il qu’on soit autant servi par lui ?
Bientôt la nuit empêchera mes larmes
Passereaux viendront fermer les volets de mon cœur .
Les questions s’envoleront alors loin à l’horizon
Et l’absence de chemin donnera à mon somme une respiration nouvelle .
Pourquoi sommes-nous malheureux alors que le malheur ne sert à rien .?
Il y a bien longtemps, obsédée de danse aérienne, l’Alouette pispolette avait convaincu son amie d’enfance, une Bécasse des bois de s'envoler ensemble afin de se faire enrôler dans les ballets, du Bolchënvol de Moscou
Leurs mères deux cousines, une Barge rousse, et une Barge à queue noire n’étaient pas d’accord, et poussaient des Râles géants.
Elles firent usage du Martinet des maisons pour amener à la raison leurs filles, mais rien n’y fit.
Elles allèrent quérir les conseils d’une Avocette élégante spécialiste aux affaires familiales, issue d’une grande famille, c’était une Faisane noble ancrée dans des mœurs très conservatrices, tout à fait opposée aux migrations, surtout vers ces terres inconnues.
Je vais de ce pas demander conseil à Labbe à longue queue ayant un cousin spécialisé le Tarier de Siberie leur dit-elle.
J’aurais tôt fait, de traverser la forêt avec mon Echenilleur frangé, m’ouvrant la route, et qui me sert de Phaéton à bec jaune ; grâce à ses rémiges hautes et légères, les kilomètres sont vite avalés.
En route elle rencontra une Barge chauve, apparentée à ses clientes, une vraie Bécassine sourde, curieuse de surcroit, qui lui barrait le chemin pour savoir où elle se rendait. Oh Bécasseau minuscule mêle toi de tes affaires, sinon je t’envoie la Buse féroce. Consacres toi plutôt à cuisiner du Colin de Californie à tes petiots qui réclament la becquée.
Elle poursuivit son chemin, saluât le Chevalier aboyeur avec déférence car c’était le substitut général de la contrée avec qui elle avait souvent recours pour débrouiller des affaires Torda-grande.
Arrivée à destination, elle fut déçue d’apprendre que Labbe à longue queue n’était pas là ; mais son secrétaire, un Capucin marron fit l’affaire.
Il lui donna de précieux conseils.
L’Avocette élégante, fut de retour rapidement dans la soirée du lendemain de la veille.
Elle se rendit chez le procureur, un Barbu à collier, à la Huppe fasciée, les mains garnies de Diamants azuvert, affublé d’un Tarin des aulnes que n’aurait pas dédaigné Monsieur de Bergerac, Cela le rendait risible, malgré les atours précieux qu’il arborait.
Elle lui exposa l’affaire et s’enquerra des sanctions qui pourraient être administrées aux jeunes rebelles, car à cette époque les enfants n’avaient pas la loi, SOS enfants maltraités n’avait pas encore vu le jour. Ils devaient obéissance entière.
Ce vieux procureur, qui était loin d’être un Vanneau sociable, condamna les jeunes oisillonnes à tourner en rond dans le ciel en une sorte de nuée, puisque tel était leur désidérata de paraitre en spectacle. Ainsi elles donneraient aux humains une représentation impressionnante à la tombée de la nuit.
Cela dura des siècles, elles virevoltaient comme les enfants punis qui tournent dans la cour d’école.
Un Bruant à sourcils roux leur accorda la grâce.
Soumises elles se marièrent et eurent des Etourneaux d’enfants, de vraies têtes de linotte, et à leur tour, elles ne purent les faire obéir…
C’est en souvenir de leurs lointaines aïeules, que l’on peut voir ces envols, des murmures, qui envahissent le ciel et captent nos regards certains soirs nous envoutant de leur charme ...
Rubis de sang, sonnez, murmure morte à régner
Dans limbes imparties, du trépas s’impatiente.
Sans détour ni mécompte, honorée parturiente
Cette reine déliquescente, huit pattes écartelées,
S’en trouve apaisée par d’étranges résonances.
Stupéfiée mais ravie par de scabreux cloportes
Experte au déduit mais qu’on dérange de la sorte
Qu’elle s’épuise à mourir en sempiternelles nuisances.
Rapsodies létales d’un chœur d’hypalectryons
Allant jusqu’à ressusciter d’improbables hymens.
Enfantant la genèse de somptueux Phlegmons
D’ors et déjà couronnés d’extase dissociée.
La reine meurt et s’abandonne, splendeur luciférienne,
Dans la clameur de l’aube et par l’abeille déflorée.
Notre chère MAP ne s'étant pas manifestée cette semaine
tout en espérant que les motifs de son absence ne soient pas graves,
je vous propose un exercice de mon cru.
Tant pis pour vous !
Un nuage dans votre ciel ?
Qu'importe :
Pas d'étourneau sans sonnet !
Allez-y! Vous connaissez le principe du sonnet.
Sinon, renseignez-vous auprès de Vegas sur sarthe.

Il marchait sans bruit et sans but précis
Son cœur était triste d’être si seul ici
Depuis longtemps personne ne l’attendait
Alors les mains derrière le dos il marchait
Et durant cette nuit de déambulation,
Il avait aperçu l'étonnante composition :
Une miniature exécutée à la tempera
Sur un panneau de pin posé près d’un mimosa
C’était le portrait d’un jeune enfant
Il avait les traits élégants et l’air charmant
Un joli garçonnet aux cheveux longs
Avec une coiffe qui descendait son front
Un tableau si réaliste qu’il resta figé devant
Ça lui rappelait tellement son propre enfant
Parti depuis si longtemps et si loin
Il resta donc prostré là jusqu’au petit matin
Puis en allant chez lui les yeux encore embrumés
Il vit au détour d’un chemin de peuplier
Un garçon ressemblant au tableau qu’il venait de voir
l’enfant lui souriait mais lui n’osa pas y croire
Mais qui donc était ce môme de douze ans
Qui ressemblait trait pour trait à son propre enfant
Tout ça lui sembla irréel et il poursuivit sa route
Il crût entendre papa, tout son être se mit à l’écoute
Il se retourna et vit l’enfant au côté de son père
Tous deux lui souriaient puis vers lui volèrent
Il reconnut de suite son enfant devenu adulte
Il l’enlaça et ils tournèrent en une danse celte
Puis ils se racontèrent leurs secrets si lourds
Se jurèrent de rester ensemble pour toujours
Voilà comment sur un sentier de peupliers
Trois générations s’étaient enfin trouvées
Jan van Eyck eut un petit sourire en coin... il avait aperçu l'étonnante composition : une miniature exécutée à la tempera sur un panneau de pin. Il pensa : "Ces Italiens en sont toujours à leurs méthodes primitives à base d'eau et d'œuf et ils appellent ça la Renaissance !"
Sur ce, il s'éloigna en fredonnant...
"La peinture à l'huile,
c'est plus difficile
mais c'est bien plus beau
que la peinture à l'eau..."
De quel tourment
Habillait-il l'obscurité
De son regard ?
De quel cri
Cousu sur ses lèvres
Creusait-il un chemin
De l'oubli ?
De quel secret
Nourrissait-il le silence
Posé sur son visage
Tôt dépris de l'enfance ?
Par l'entrebâillement improbable
D'une porte de l'atelier
Il avait aperçu
l'étonnante composition :
Une miniature exécutée
À la tempera
Sur un panneau de pin
Chef-d'œuvre singulier
Cible de toutes les convoitises
Il garda le secret
En muette solitude
Ils sont isolés dans la campagne. La mère et l’adolescent habitent la Toscane., au décor idyllique pour les peintres par la grâce de ses paysages. Le père les a abandonné il y a belle lurette pour la ville et une jeunette..
Une réelle Mama, aux formes généreuses. La cuisine est sa passion et sa consolation.
Chaque jour elle cuisine avec amour pour son fils mille mets qu’il apprécie. Particulièrement des bombolinis, sorte de beignets, une gourmandise aux lipides avantageux.
Par cet état de fait, même si il ne fréquente pas les fast-foods, il n’y en a heureusement pas d’ailleurs dans ce paysage de rêve toscan-, il grossit, grossit, se gonfle, s’enfle, comme la grenouille de la fable.
Il ne peut presque plus marcher, et reste vautré sur son lit, à lire à infiniment
Il a parcouru presque tous les livres de Gilbert Sinoué, car régulièrement son père lui envoie de nouveaux titres.
En effet d’origine égyptienne, ce père volage a un vague cousinage avec l’écrivain, dont il reçoit, à chaque parution un exemplaire du dernier roman.
Esprit de famille oblige.
Ce matin lors de sa lecture en cours, « L’enfant de Bruges », un passage attire particulièrement l’attention de l’ado, il le relit plusieurs fois :
"... il avait aperçu l'étonnante composition :
Une miniature exécutée à la tempera sur un panneau de pin"
Qu’il traduit dans sa tête de linotte, aux neurones encombrés de graisse, obnubilé par la bouffe,
Il avait aperçu l'étonnante composition :
Une mignardise exécutée à Tempura sur un morceau de Pain "
En enfant gâté qu’il est, il enjoint rondement sa mère, avec des hauts cris, de lui préparer ces tempuras. Il en bave d’avance.
Celle-ci, un peu plus érudite que son fils le traite d’idiot ne sachant pas lire.
Elle lui apprend que à la tempéra c'est une méthode moyenâgeuse pour créer de la peinture et que les tempuras qu'il lui réclame sont des beignets japonais, et pour rien au monde elle ne ferait de cuisine nipponne. Elle a encore en tête un épisode qui l’a marqué durant la seconde guerre mondiale : Zampieri * son cousin issu de germain, et d’autres camarades, avaient dérivés durant plusieurs jours dans un canot de sauvetage avant d être capturés par les Japonais, connus pour leur traitement inhumain des prisonniers de guerre, sans parler de la faim qu’ils endurèrent.
Et ce qu’il lui avait raconté en revenant, maigre comme un beignet sans gras, était resté dans sa mémoire. Il ne fallait surtout pas lui parler du pays du soleil levant et bien moins de ses habitants.
Mais ce qu’ignore la signorina, c’est que tout comme Monsieur Jourdain pour la prose, les beignets qu’elle mitonne sont des fritures d’origine japonaise, les fameuses temperas.
Néanmoins, pour faire plaisir à son fils vénéré, elle concocte alors une recette, s’inspirant de la méthode moyenâgeuse de peinture, c’est une artiste !
Elle se met à ses pinceaux de cuisine , prend de la farine de mouture ancienne fuyante et plâtreuse, rajoute un jaune d’œuf , un peu de graisse, quelques pigments de safran pour donner un ton jaune, du chlorure de sodium , un peu de gélatine faisant fonction de collagène , étale le tout sur sa planche à découper et badigeonne avec rage les pochons qu’elle manufacturés avec ses mains noueuses.
Elle les appellera les TOSCANABRUGES
Pour une réussite, c’est une réussite … son fils se gave et prend à la suite quelques kilos de plus.
Ainsi elle pourra le garder pour elle seule, les belles toscanes n'auront nulle envie d'un tel beignet lipeux.
Nota l’épisode guerre est inspirée du film invincible des frères Cohen
*pseudo pour garder l’anonymat
Comme la plupart des gens, j’avais acheté mon appartement à tempérament. Juste pour être tranquille. « À temps paiera ! » était ma devise.
Mais comme la tempérance n’était pas vraiment mon point fort, j’accumulais les impayés… et les ennuis. Autant dire que lorsqu’un huissier vint prendre la température, je ne discutai pas, j’obtempérai sans broncher.
Qui paie ses dettes s’enrichit, affirme le bon sens populaire. Je confirme !
J’en ai donc profité pour acheter un clavecin bien tempéré, histoire de passer mon Bach ; et mon ennui. Mais ma quiétude tant espéré tardant à venir – et les voisins tempêtant sans cesse – j’ai laissé tomber la musique et la multiplication des pains 1.
Comme je persistais à m’ennuyer ferme, j’empruntai un livre à la bibliothèque municipale ; sans grande conviction, je dois l’avouer. Le soir même, alors que l’ouvrage allait me tomber des mains, je lus le passage suivant : « Il avait aperçu l'étonnante composition : une miniature exécutée à la tempera sur un panneau de pin. » 2
C’est alors que l’idée me vint de me mettre à la peinture.
A tempera bien entendu.
1) Fausse note en argot musicien
2) L’Enfant de Bruges (Gilbert Sinoué… qui n’est pas égyptien) 3
3) Sinoué l’Égyptien (Mika Waltari)