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Le défi du samedi

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1 septembre 2018

Le ukulélé par bongopinot

 

bo

 

Un corps en bois lissé

Des hanches bien dessinées

De petites cordes pincées

Et chante le ukulélé

 

Dans les bras d’un Hawaiien

De ses mains douces et agiles

A trouvé le moyen

De faire danser son île

 

Cette musique Hawaïenne

Qui arrive à mes oreilles

Moi qui ne suis pas musicienne

D’un seul coup me réveille

 

Et me transporte au vent alizé

Voir des paysages accidentés

Et des plages au sable doré

Avec un climat super toute l’année

 

Ce petit corps en bois lissé

Ces hanches bien dessinées

Ces petites cordes pincées

C’est le ukulélé

 

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1 septembre 2018

Ouh qu’il est laid ? Non ! Ukulélé ! (Sebarjo)

 

Ouh qu’il est laid ?

Non ! Ukulélé !

 

seb

 

Pour moi, l’ukulélé est une petite guitare rose qui n’a que quatre cordes mais qui est très mignonne, de par son format et les teintes qu’elle peut prendre.
J’ai découvert cet instrument grâce à mon ami Joe Krapov et surtout à son fidèle compagnon Lucien Rose.

Très rapidement, j’ai adopté un animal de la même espèce mais d’une essence différente, plus bleu qu’une orange, plutôt que plus rose qu’une crise de foie.
Au bout de quelques mois et plusieurs tentatives pour apprivoiser ce doux sauvage, je me suis lancé et me suis dit qu’avec mes cinq doigts de chaque main, ce serait le comble si je ne parvenais pas à composer une chanson en utilisant ces quatre petites cordes sensibles.

Ce que je fis dans l’après-midi et voici la chanson qui naquit en conséquence :

T'as voulu voir Mexico
On est allé à Mexico
Pour ses merveilles, pour son soleil,
Pour ses chapeaux.

On a enfilé direct' nos maillots
Pour profiter du bord de l'eau
Loin des autos, dé tu madre
Y del pueblo

Sous le soleil de Mexico
On bronze beaucoup
On crame surtout Aïe Aïe Aïe !
A Mexico Mejico !

Sous le soleil de Mexico
N'oublie ton chapeau
Il fait trop chaud Ay ay ay !
A Mexico Mejico !

Comme il faisait vraiment trop chaud
Sous le soleil de Mexico
On est parti en hélico illico !
A Saint-Malo

Alors on suçait des glaces à l'eau
Des remparts on r'gardait les bateaux
Sous nos écharpes, sous nos polaires
A Saint-Malo Aïe Aïe Aïe San Malo !

Et on rêvait dé Mexico
Dé son soleil de plomb Ay Mejico
Dé ses UV (youvé)
Oultra-violentés

 

On regrettait Mexico
On pensait à nos chapeaux
Sous nos bonnets
A Saint-Malo Ay San Malo !

Sous lé soleil dé Mexico
Tout nus, on veut bronzer
Et même cramer un poco
A Mexico Mejico !

Sous lé soleil dé Mexico
A l’aise sous nos sombreros
Il fait bien chaud Ay ay ay
A Mexico Mejico !
Me-xi-coooo !

 

Vous y verrez certainement pas mal de clins d’œil… !

 

Où écouter Sebarjo

 

1 septembre 2018

Délice des îles (Vegas sur sarthe)


Quand j'ai rencontré Germaine, elle jouait du ukulélé dans la batterie fanfare de Chalou Moulineux, autant dire qu'on l'entendait peu mais c'est son port de tête et sa choucroute à la Bardot qui avaient retenu mon attention, plus que sa guitarounette à quatre cordes.
La sienne était un soprano de quatorze pouces avec des cordes en boyaux de mouton mais c'est sa taille de guêpe et son mollet ferme qui m'avaient séduit avant tout ; elle aurait joué du fifre ou de la grosse caisse que j'en aurais été tout autant épris.
On s'est tout de suite accordés... en do sixième – sol, do, mi, la – l'accordage standard du ukulélé hawaiien alors que je n'avais jamais su jouer que « Les portes du pénitencier » sur mon harmonica.
Je jouais comme un manche et un autre monde s'offrait à moi ; j'avais du mal à imaginer en l'écoutant jouer « Singing in the rain » le soir dans le lit conjugal que Jimi Hendrix et Neil Young avaient commencé comme ça !
Je dormais dans le lit d'une pop star... du moins l'ai-je cru au début.

Car les années ont passé, le ioukoulélé s'est endormi au placard et moi aussi. Germaine avait troqué sa choucroute Bardot contre un balayage tendance et s'était abonnée aux Feux de l'amour sur TF1 et sur canapé...   
La routine avait eu raison de la magie hawaiienne tout comme les éclairs au chocolat de la taille de guêpe de Germaine.

Je fais des efforts et « Over the rainbow » tourne en boucle sur la platine – Israel Kamakawiwo'ole, imprononçable et inoubliable –  mais Germaine attend Adam et Chelsea qui devraient refaire l'amour dans l'épisode 7517 à moins que ça ne soit Hilary et Devon... et nous deux dans tout ça?
J'avais inscrit Germaine a un cours de danse hawaiienne dont l'intitulé m'avait séduit : Le hula, Délice des îles ou comment bien maigrir mais elle m'a jeté le dépliant au visage... j'avais dû mal choisir mon horaire, mais je ne m'avoue pas vaincu pour autant.

1 septembre 2018

La nuit avançait nue (petitmoulin)


La nuit avançait nue
Au-dessus de la mer

Dans l'ombre caressante
D'un jeune musicien
Elle se déhanchait
Au rythme langoureux
D'un air d'ukulélé
Un parfum d'hibiscus
Flottait dans ses cheveux
Et la vague roulait
Sur le bas de ses reins
 
La nuit avançait nue
Jusqu'au frisson de l'aube
 

1 septembre 2018

Shaka mahalo (joye)


Eulalie signed

Ukulélé : « du mot hawaïen comp. de uku « puce » et lele « qui saute » »

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1 septembre 2018

Dithyrambe du ukulélé (Joe Krapov)

Hou qu’il est beau l’ukulélé!

DDS 522 090711G_062

On s’attend sans doute ce jour à ce que je fasse le dithyrambe du ukulélé. Je vais tâcher de ne pas décevoir vos espoirs mais pour cela il me faut encore une fois jouer les archivistes ! Je n’en sors décidément pas du farfouillement (je préfère dire farfouillis !) dans les armoires de ma mémoire, dans les strates de mes disques durs externes, dans mes pérégrinations musicales diverses.

Peu importe, allons à l’essentiel et faisons le dithyrambe de Dithyrambe. Il s’agit là d’un duo de comédiennes musiciennes que nous avons entendu pour la première fois au Festival des Affranchis à La Flèche (Sarthe). C’était le 11 juillet 2009 dans la cour de l’hôtel Huger et nous avons vu alors débouler, sur le petit carré de pelouse intemporel, deux beautés datées du XVIIIe siècle.

« Débarquées dans le monde contemporain après 257 ans et trois mois de cryogénisation dans une crevasse des Alpes, Dame Bérénice de la Troufinière et Dame Culnégonde de la Garde Montée, comtesses de leur état, découvrent le punk et le disco et le chantent à la façon de John Dowland en s'accompagnant à l'éventail et au ukulélé. Décoiffant ! » disait le programme.

Et sur cet instrument qui a l’air d’un jouet, les deux artistes se sont lancées dans l’interprétation de ce répertoire-ci :

ABBA - Gimme Gimme Gimme a man after
The Clash - Should i stay
Queen - A break free
ACDC - Tiger
Mickaël Jackson - Billie Jean
Sex pistols - God save the queen
Trust - Antisocial
Les Mules - J'ai la quéquette qui colle

Ce fut un régal en matière de surréalisme et j’ai pu doubler la mise en 2011 où elles furent invitées aux Tombées de la Nuit de Rennes. L’ambiance côté public y fut un peu moins réceptive et j’ai retrouvé une vidéo jamais publiée dans laquelle un fonctionnaire municipal vient mettre un terme au délirant concert de Dithyrambe : il était l’heure de fermer le jardin du Thabor. L’heure c’est l’heure ! 

En 2014, je fis l’acquisition du fameux ukulélé rose qui me caractérise désormais aux yeux de certain(e)s bipèdes. Joe Krapov, l’homme qui a flashé sur Isaure Chassériau et sa robe rose au point de s’acheter un ukulélé rose, un appareil photo rose, de voir la vie en rose et à qui on offre des nœuds papillon roses !

L’année suivante j’intégrai le groupe « Les B Car » (B car Brassens, Barrier, Brel etc.) où je jouai longtemps du ukulélé sans qu’on m’entendît vraiment : les deux autres guitaristes « bûcheronnaient » et le chanteur avait une voix à enfoncer Stentor sous trois tonnes de ses décibels.

Lors d’un concert au cours duquel je montrai mes dons sur cet instrument, un ami me dit : « Tu joues bien du ukulélé mais tu me fais moins d’effet que Marilyn Monroe ! ». Tout cinéphile qui se respecte sait que la dame en joue en effet dans «Certains l’aiment chaud» de Billy Wilder.

DDS 522 UpDuck-18-11-17

Depuis novembre 2017 je fréquente un café rennais, l’Ubuntu, où se rassemblent, une fois par trimestre, des joueurs et joueuses d’ukulélé pour « faire le bœuf », apprendre des morceaux ensemble et participer à une scène ouverte. Cela s'appelle "Up d'uke", "Un poil d'uke" ! Il y a là Christophe, Louise, Marianne et des tas de talentueux-tueuses de la mini-guitare à quatre cordes. Houla, qu’ai-je dit là ?

Car attention : on ne se fait pas que des amis avec un ukulélé. En musique aussi, et ce jusque dans ma propre famille, il y a des puristes. Certains me reprochent de céder à une mode venue des Etats-Unis, d’autres me disent que non, ce n’est pas comme une guitare avec un capodastre à la cinquième case et un troisième ensemble m’affirme que l’accord que j’ai noté do est en réalité un fa : du coup je dois réécrire toutes mes partitions si je veux qu’on joue ensemble. Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai de moins en moins de temps pour écrire des bêtises sur le Défi du samedi ? C’est que les instruments-jouets et la musique légère… c’est un boulot à part entière !

P.S. Sans compter qu’au bout de tout ce temps, je ne sais toujours pas s’il faut prononcer oukoulélé ou ioukoulélé !

1 septembre 2018

Ouh, qu'il est laid ! (Walrus)

 

Comment ça, "Hors sujet" ?

 

 

w

 

1 septembre 2018

Ukulele (Tilleul)

 

C'était il y a dix ans

 C'était l'âge d'or des blogs... Presque chaque jour, je postais un message et commentais chez plusieurs amis du net. Un dicton dit « amis du couvent (internat ou pensionnat pendant les études), volent au vent ». Pour le net on pourrait dire la même chose, ou pire peut-être. Que sont-ils devenus tous ces « gens » qui venaient gentiment commenter mes écrits ?
Certains s'en souviennent, cette blogueuse, avant de partir en Arizona vivait en Angleterre et postait régulièrement des vidéos sur son site... Un jour, elle nous avait montré son ukulélé. C'était la première fois que j'entendais ce mot. Elle chantait en s'accompagnant de cet instrument à cordes, beaucoup plus petit qu'une guitare.
Depuis, si j'entends parler d'un ukulélé, je pense à elle...
Un jour, avec son amie Valérie, elles ont fait le pari d'écrire un défi chaque samedi... C'est ainsi qu'est né « le défi du samedi »...

Janeczka, si tu passes par ici, vois qu'on pense encore à toi...

 

25 août 2018

Défi #522

En même temps que le mois d'août
se termine la série photographies

Reprenons l'ordre alphabétique
avec un instrument cher à mon neveu Joe :

Ukulele

 

 

5221

 

 

25 août 2018

Ont-ils vu l'arc-en-ciel ou la fontaine ?

25 août 2018

La mamie de Louise par bongopinot

bo

 


La mamie de Louise
Photographe à ses heures
L’œil près de l’objectif, vise
Experte le bouton elle l’effleure

Et prend ce magnifique cliché
Un arc-en-ciel côtoyant une fontaine
Qui se pose délicatement à ses pieds
Lui offrant une couronne de reine

Des reflets saisissants
D’une nature si belle
Arrêtent les passants
Au parc de Bruxelles

Plus loin les statues de pierre
Amusées  regardent
Ce tableau spectaculaire
Tout en montant la garde

La mamie de Louise
Photographe à ses heures
L’œil près de l’objectif, vise
Pour nous donner ce bouquet de couleurs

25 août 2018

L'eau (Venise)

 

Il y a un nuage au-dessus de nos têtes pour chacun de nous .

La pluie tombe encore en pluie blanche , pour encore combien de temps ?

Elle disparaitra et nous perdrons la fraicheur naturelle de la terre .

Il suffirait d’un pas plus léger , désencombré , plus gracieux, pour remonter à la source .

Il faudra défaire la pelote , se recroqueviller sous les tilleuls et reconnaitre qu’ils sont plus grands que nous que vous et moi.

ET là dans ses heures calmes, le ciel nous accordera un peu d’eau .

Mais pour combien de temps ?

v

Les nuages sentinelles continuent leur course , tout ce que je sais d’eux je le dois

Aux vagabonds ,à ceux qui se lavent sous un ciel gris en riant .

Je le dois à nos faiblesses, à nos désaccords, à toutes ces petites choses qui se vengent en nous .

Afin qu’on nous accorde encore un peu d’eau et des larmes.

 

 

25 août 2018

Memorie d'ultre-impresa ~ Capitulo otto : Continuazione e fini (joye)

suite et fin

25 août 2018

L'arc-en-ciel pour les Nuls (Vegas sur sarthe)

 

Un arc-en-ciel est une illusion d'optique formée de trois mots reliés par des traits d'union et de sept couleurs qui forment un arc dans le ciel d'où son nom.

Pour l'observer on a besoin à la fois de pluie et de soleil et donc d'un parapluie, d'un parasol et de deux yeux au minimum.

On dit qu'un arc-en-ciel est beau mais au bout d'un quart d'heure d'observation tout le monde s'en fout comme c'est le cas pour toutes les choses qui durent trop longtemps c'est pourquoi il ne dure jamais longtemps.

Aristote n'y voyait que 3 couleurs quand plus tard Plutarque en voyait quatre alors que Newton qui en voyait six en a rajouté une septième - l'indigo - pour faire le malin et pour correspondre aux sept notes de la gamme.

Plus tard ces sept notes permettront de créer la chanson mythique Over the rainbow et ses paroles inquiétantes comme « Quelque part au-delà de l'arc-en-ciel Là où les soucis fondent comme des sorbets citron volent des merles bleus » (Fin de la fumette)

 

L'arc-en-ciel en noir et blanc n'existe pas sauf pour les observateurs atteints d'achromatopsie.

L'ordre des sept couleurs se retient grâce à un moyen mnémotechnique comme celui-ci : Regardes Obélix. J'ai vu bataille ici. Va, soit Rouge Orange Jaune Vert Bleu Indigo Violet.

A noter que cela fonctionne bien avec Obélix mais pas avec Asterix.

 

Pour observer un arc-en-ciel de nuit à la lumière de la lune on a besoin à la fois de pluie et de lune et donc d'un parapluie, d'un paralune et de deux yeux au minimum. Les anglais l'appellent « moonbow » car ils ne savent rien faire comme tout le monde.

On peut créer soi-même son arc-en-ciel en arrosant son jardin ; pour cela il faut se munir d'un jardin, d'un arrosoir, se tenir le dos au soleil en arrosant en pluie fine ; on peut aussi arroser n'importe quoi ou n'importe qui.

Quand l'arrosoir est vide, on le plaint car l'arc-en-ciel se termine et cette chronique aussi.

 

 

25 août 2018

Arc-en (-tre)-ciel (et terre) (Laura)


Arc de couleurs
Comme un bonheur
Après la douleur

Entre air et terre
Entre soleil et grisaille
Entre ombre et lumière

Entre air et eau
Comme un cadeau
De là-haut

Entre air et feu
Un surgissement lumineux
Qui saute aux yeux

Entre eau et terre
Comme des larmes
Séchées  par une mère

Entre eau et feu
Faire le vœu
D’être toujours deux

Entre air et feu
Un peu
Comme un incendie des cieux

Entre feu et terre
Comme une étincelle
Entre matière et rêve

Arc-en-ciel
Une merveille
Entre terre et ciel
 

25 août 2018

Courbe de lumière (petitmoulin)


Parfaite courbe de lumière
Muette beauté
Intouchable
Elle emplit tout l'espace
De ses couleurs
Feu
Boit à la fontaine
Avant de s'effacer
Sans laisser l'empreinte
De son silence

Fixe sur ta mémoire
La splendeur de l'instant
Ton âme y trouvera refuge
Au creux de tes hivers

25 août 2018

Ils sont fous, ces Brusseleirs (Walrus)

 

Septembre 2005.

Dans ma bonne ville, le dimanche sans voiture (maudit soit-il) vient se loger au cœur des journées du patrimoine.

Comme à l'époque nous pouvions encore marcher jusqu'à la station de métro, mon épouse décide d'aller "voir ça".

Les dimanches avec voitures, la ville est plutôt calme : pas d'embarras de circulation, les navetteurs restent chez eux, on est entre Bruxellois et touristes. Si les organisateurs de ce genre de manifestation idiote voulaient qu'on s'aperçoive de la différence, ils n'auraient qu'à nous pondre un mardi sans voiture, là, ça en vaudrait la peine.

Bref, nous voilà en ville.

C'est l'horreur !

Je vous le garantis sur facture : vous risquez moins votre peau dans une ville remplie de voitures (quasiment à l'arrêt because les embouteillages qui font la réputation de notre charmante cité) qu'au milieu du même patelin envahi de centaures vélocipédistes (maudits soient-ils eux aussi).

Pour contenir leur flot, les flics sont obligés, lorsque les feux de circulation passent au rouge, de tendre un de ces grands treillis de chantier en plastique vermillon en travers de la route.

Pour échapper à cette corrida, nous avons dû nous réfugier dans le Palais de Justice (vous savez bien, celui qui a transformé "Architekt" en insulte locale) dont les marches monumentales rebutent même les pires vététistes.

Ensuite, en rasant les façades, nous avons rejoint le parc qui sépare le palais royal de la chambre des représentants, le temps que mon épouse prenne cette photo au calme aussi trompeur qu'apparent avant de nous précipiter dans la première bouche de métro venue (il n'y avait heureusement qu'un trottoir à traverser).

Depuis, chaque dimanche sans voiture, nous nous levons tôt, quittons ce patelin de fous et allons voir Kläre, la patronne  du "Zur Alte Mühle" à Wiesenbach. C'est moins dangereux sur l'autoroute saturée que sur les trottoirs de Bruxelles.

 

25 août 2018

L’arc-en-ciel (Pascal)

 

« Allez, ne lambinez pas ! Il me faut un peu plus d’indigo ! Un peu plus d’orange ! Hé, là-bas, ne forcez pas sur le rouge !... »

« Dites, Maître de la Nature, est-il normal que notre arc-en-ciel ait été récupéré à des fins, comment dire, uranistes ?... Pour exprimer sa différence, n’y a-t-il pas d’autres moyens ? Ils célèbrent leurs propres jeux olympiques ! Nous avons celui des athlètes, celui des handicapés (qui sont aussi des athlètes à part entière) et, maintenant, celui des homos. Quel singulier engagement sportif pour afficher sa divergence ! Au concours de tafioles en jupette, c’est « cours après moi que je t’attrape !... » Johnny Weissmuller, notre Tarzan, Greg Louganis, le plongeur, Ian Thorpe, le nageur, Amélie Mauresmo, la tenniswoman, sont de ceux-là !... »

« L’exaltation, le lyrisme, la poésie sont aussi des couleurs humaines ; tous les goûts sont dans notre nature. Encore un peu de jaune !... »

« Ha, parlons-en des poètes ! Verlaine, Rimbaud, Shakespeare, Voltaire, Goethe, et consort étaient tous de la jaquette flottante !... Quelque part, je ne lis plus leurs poèmes de la même façon ; savoir qu’il ont écrit des choses sublimes dans les yeux d’un autre bonhomme, ça me gène, ça me dérange, comme si j’étais le voyeur forcé de leurs jeux saphiques… »

« L’Amour n’a pas de sexe ; cambré mais insaisissable, visible mais intemporel, il est comme notre arc-en-ciel en offrande au panorama utopique des hommes. Entre les dernières gouttes du rude orage et les premiers rayons du soleil, il vient iriser le monde et ils le considèrent comme un jour nouveau, une nouvelle opportunité à saisir. Ses couleurs éblouissent, elles se marient aussi entre elles et forment d’autres carnations plus subtiles, si utiles aux aquarellistes… »

« Les peintres ?... Mais c’est sodomites et compagnie ! Michel-Ange, Léonard de Vinci, Le Caravage, Delacroix, David, Gauguin, Bazille, trempaient leurs pinceaux partout ! Tu parles d’un maquillage ! Ça devait ruer entre les toiles !...

« Encore du vert sur l’arche, par là !... »

« Pourquoi tout ce qui touche aux choses du délicat, des émotions, des frissons, des passions, des douleurs, des délires a son parterre d’artistes lesbiens ?... »

« La sensibilité a ses émules ; ils sont plus éblouis que les autres ; ils ressentent les choses plus viscéralement ; leur empathie est débordante… C’est sans doute plus facile d’exprimer cette sensibilité exacerbée à un homme qu’à une femme… »

« C’est un pour tous, et tous pour un ! Kipling, James Dean, Buffalo Bill, à la queue leu leu, tous unis sous la même bannière, sous le même flambeau, sur le même radeau !... »

« L’exubérance de Freddie Mercury, l’obstination du baron Pierre de Coubertin (ceci explique cela), les carnets de Pierre Loti, les esquisses de Dali, les voyages de Jules Verne, les stances de Colette, etc., nous les devons à leur tribadisme… »

« Joan Baez, Janis Joplin, Alanis Morissette, Muriel Robin, Jodie Foster ! Ça m’a fait quelque chose quand j’ai su que Jodie broutait des minous ; je n’arrivais plus à la regarder avec la même admiration ; il y avait quelque chose de cassé dans mon imagination… »

« L’homosexualité n’est pas une maladie, ni une fatalité… »

« Mais pourquoi y en a-t-il de plus en plus ?... L’enchantement est-il dans le même sexe ?... Est-ce, en fin de compte, la recherche de soi-même ? Le besoin de connaître ses limites ? La curiosité ? La mode ? L’ambivalence ? Les gènes ? Le déclin de l’humanité ?... »

« Ils s’affirment, ils s’affichent, ils sortent de l’ombre, ils s’assument ; en fin de compte, ils revendiquent leur banale déviance ; c’est le coming out. L’Amour à la papa maman, c’est fini ; il faut essayer, tenter, chercher d’autres plaisirs, élargir ses connaissances… »

« Et son fondement… »

« Ils ont leurs docteurs, leurs avocats, leurs commerces, leurs lieux de vacances, ils se regroupent, ils militent, ils enflent, ils représentent une puissance… »

« L’oignon fait la force… »

« Désormais, il faut compter avec eux ; ils sont des électeurs potentiels qu’il faut écouter, dorloter et prendre en compte… »

« Socrate, Platon, Auguste, Tibère, Alexandre le Grand ! Dès que je fouille un peu, et depuis que le monde est monde, il y en a plein qui sortent des dictionnaires pour proclamer leur inversion sexuelle ! Et les hommes d’état sont pléthore ! Des empereurs tafioles, des présidents tantouses, des ministres chochottes, des chefs de cabinet de la jaquette, des généraux lopettes  !... »

« Persécutés, chassés, concentrés dans des camps d’extermination, il y en a tellement qui sont morts pour avoir bredouillé leur homosexualité… »

« De la cage aux lions à la cage aux folles : les premiers chrétiens, en quelque sorte… Mais la dépravation n’est pas dans les plans de la planète !... »

« Tu critiques, tu juges, tu condamnes. Tu es martelé par ton éducation, ta religion, ta compréhension, et cela te donne un angle de vision à larges œillères. Les préjugés sont dans les tiroirs de l’ignorance… »

« Tant pis ; je ne connaîtrai pas l’ivresse profonde de la pédérastie. Je suis et je resterai un hétéro-plouc… L’arc-en-ciel, je veux le voir dans les yeux des femmes ! Je veux souffrir dans ces regards adversaires et mourir dans leurs sortilèges ! Avec un homme, on peut tout faire, sauf l’Amour ; avec une femme, c’est le contraire… »

« Sois compréhensif, admets la différence comme une ressemblance, une complémentarité naturelle, une anormalité constructive… »

« De là à marcher main dans la main, y a encore du chemin… »

« Pour leurs raisons, toutes recevables au tribunal du tolérantisme, ne crois-tu pas qu’ils paient le prix fort pour assumer leur différence ? Ne crois-tu pas qu’ils ont aussi droit aux couleurs de l’arc-en-ciel ?... Ne crois-tu pas qu’ils la méritent un peu, cette banderole multicolore ? Allez, laisse flotter leurs rubans bariolés : la vie n’est qu’une mascarade, un feu d’artifice, de la poudre aux yeux…
Allonge et courbe encore ces couleurs d’arc-en-ciel ; pour croire en son bonheur, l’homme a besoin d’illusions grandioses ; ne gâchons pas ses rêves… »

« On ira tous à la gay pride, on ira… »

 

18 août 2018

Défi #521

 

Bruxelles septembre 2005

 

18 août 2018

Ont été sensibles à cette affirmation

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