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Le défi du samedi

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3 novembre 2018

Participation de Nana Fafo

portrait de ronchonchon

Lorsque Ronchonchon a reçu ce message enigmatique

il a pensé :

rebus

 

" Prends un couteau pour ramasser des baies dans le bosquet.

Va à la mer pécher du poisson et rince-le sous le robinet.

Après ce repas, tu pourras retourner dans ta tente où rappelle-toi, il est interdit de rester debout. "

 

Et vous ? ça vous a fait penser à quoi ?

Bon remue "méninges" !

 

La réalité n'est qu'une version de l'histoire !

 

pf_1541065219  pf_1541065498

Défi 531 : (c'est la réponse du rébus !)

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

 

 

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3 novembre 2018

Vite expédié ! (Joe Krapov)

Le daguerréotype est un peu l’ancêtre du selfie. C’est un procédé primitif de capture d' images de vieilles badernes alors que le selfie est un procédé moderne de capture d’images de primitifs par eux-mêmes.

Le stéréotype n’a rien à voir avec la capture du son par les oreilles gauche et droite ni avec la monogamie. Celle-ci n’engendre pas forcément la monotonie - voyez donc Vegas et Germaine ! - alors que la polygamie provoque très souvent la polyphonie surtout en Corse. Pour monter gaiement au septième ciel, le meilleur moyen reste bien sûrle funnyculaire. Pour dormir sur vos deux oreilles, éloignez les coucous, surtout les Suisses. Ils ont tendance à sonner toutes les heures et à pondre en stéréo faux-nids chez les autres.

Quant à la linotype elle n’a pas de rapport avec le linoléum ni avec Lino Ventura. Elle aussi est assez âgée et n’imprime plus guère.

Il faudrait parler aussi du préfet Poubelle qui laissa son nom à une boîte à ordures alors qu’il était toujours propre sur lui et moralement irréprochable.

Donc ce monsieur Daguerre est l’inventeur d’un procédé photographique grâce auquel une image était captée sur une plaque d’argent polie. Aujourd'hui, l'argent, sonnant et trébuchant, jure pis qu'un charretier.

Janis et Daguerre ne sont pas des adverbes de temps. On ne peut pas écrire : « Janis, j’écoutais des 78 tours de Scott Joplin » ni « Daguerre on disait « oncques » pour parler de l’ancien temps ou pour saluer le frère de sa mère ou de son père ».

Par contre « Jadis et naguère » est le titre d’un recueil de poèmes de Paul Verlaine datant de 1884.

Mais même s’il s’intéressa à la photographie, je ne vais pas vous reparler de Rimbaud. Fabrice Luchini fait ça mieux que moi ! 

3 novembre 2018

daguerréotype iowanien (joye)

virgule

3 novembre 2018

À Daguerre comme à Daguerre (Vegas sur sarthe)

 

Ce matin en quittant la place du Pont-Neuf, Monsieur Bourgeois se hâtait de rentrer au logis, serrant sous son bras le précieux colis, un daguerréotype commandé à la célèbre maison Lerebours pour célébrer les quarante ans de son épouse Mathilde Bourgeois née Trottefort.
Mathilde s'était prêtée deux semaines plus tôt – fastidieuse séance de pose dont elle était revenue fourbue – au rituel que nécessitait ce nouveau procédé photographique dont le Tout-Paris daguerréophobe raffolait.
Monsieur Bourgeois y voyait là le moyen de moderniser la galerie des affreux tableaux de famille et d'offrir à ses hôtes la preuve irréfutable de son ascension sociale et de son éclatante modernité.

Comme chaque quinzaine Madame était partie visiter sa mère en province et Monsieur Bourgeois trépignait à l'idée de découvrir le résultat avant de l'offrir à Mathilde à son retour.
Il ne fut pas déçu du voyage en découvrant avec ahurissement sa Mathilde sous un jour nouveau.
Il fut d'abord tenté d'essuyer le verre avec ses doigts afin de chasser cette image cauchemardesque mais un daguerréotype nécessite d'être manipulé avec d'infinies précautions.
Assurément, un employé de Lerebours avait commis une boulette en préparant le paquet.

La scène n'avait rien à envier aux sulfureuses bacchanales de Titien et Monsieur Bourgeois put s'émerveiller de la netteté du cliché quand on sait que les sujets avaient dû garder la pose dans des attitudes pour le moins scabreuses pour les uns et et acrobatiques pour d'autres.
Bien évidemment il reconnut sa Mathilde cramponnée au photographe lui-même entrepris par la veuve Campion, leur voisine du 3ème étage !
A leurs côtés s'exhibaient deux monstres difformes dont il était impossible de dénombrer les paires de bras et de jambes si tant est qu'il y eut des paires complètes...
Pour le reste, bien des protagonistes étaient masqués et il eut fallu les connaître plus intimement pour parvenir à les identifier aux seuls indices apparents qu'étaient les croupes rebondies ou les toisons hirsutes.
Il crut malgré tout reconnaître le sacristain de l'église Saint-Roch à sa panse rebondie et à sa moustache de brigadier qu'il avait tout d'abord confondue avec une toison pubienne.
Le décor fait de rideaux drapés et le mobilier luxueux faisaient pâle figure comparés à la brillance argentée des corps enchevêtrés qui soudain s'animèrent !

Dans les mains de Monsieur Bourgeois la plaque sous verre insérée dans son écrin décoré d'angelots potelés s'était mise à trembler, donnant vie à cette scène effarante à laquelle il lui semblait qu'il participait malgré lui!
Monsieur Bourgeois poussa un râle, cherchant désespérément ce chignon revêche et cette bouche pincée qui caractérisaient Mathilde mais il n'y vit qu'extase, pâmoison et aussi le gros « petit-oiseau-qui-va-sortir » de Lerebours, cet attribut qu'affectionnent tant les photographes et qu'ils promettent à leur sujet à l'instant de presser le bouton magique...

Un fracas se fit entendre dans la galerie des tableaux de famille où l'un d'entre eux – chargé de courroux et de regards accusateurs – venait de se décrocher en signe de protestation.
Monsieur Bourgeois en échappa la plaque sous verre qui se brisa en deux sur le parquet ; le corps décapité, Mathilde gardait encore cet air béat qu'ont tous ceux qui se font tirer le portrait pour la toute première fois.
Il n'empêche que ce Lerebours forçait l'admiration par une précision dans la restitution des détails qui révélait jusqu'au minuscule tatouage sur la fesse droite de la veuve Campion du 3ème étage... un détail dont Monsieur Bourgeois n'avait pas souvenir et qu'il se faisait fort d'examiner à la prochaine occasion.
Sans doute ignorait-il que le procédé inventé par Daguerre inversait l'image et que c'était la fesse gauche de la Campion qui se trouvait tatouée.
Monsieur Bourgeois poussa un soupir de soulagement : le daguerréotype – merveille de technologie – avait la singularité d'être unique et de ne pouvoir être reproduit ou dupliqué d'aucune manière... ainsi personne ne verrait jamais ce qu'il venait de voir, du moins l'espérait-il.

Ayant réduit en miettes l'objet du scandale avec la pointe de sa canne, Monsieur Bourgeois quitta son appartement, évitant au passage le tableau de famille déconfit et prit la direction du 3ème étage... on allait voir ce qu'on allait voir et – jamais en peine d'un bon mot – il songea « à Daguerre comme à Daguerre ».

 

3 novembre 2018

Visages et paysages (Laura)

 

Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

Charles Baudelaire par Nadar, portraitiste de la bohême
Entre 1855, année de la mort de Nerval, membre du Cénacle
Et 1858, au moins trois séances de pose , la perte
Du négatif dit la préciosité de cette unique épreuve.

Ce visage brouillé, le regard ailleurs est-il resté à l'île Maurice
Que Baudelaire a dépeint dans "Parfum exotique", un des  paysages
Qui dit l'âme du poète comme le "Ciel brouillé[1]" , "L'invitation au Voyage",
Les "Tableaux parisiens" et les "Petits poèmes en prose."

Le portrait de Nerval par Nadar[2] une année avant sa mort, rend visible
L'invisible d'un homme qu'on a enfermé dans sa folie, alors que son paysage
S'étend bien au-delà de la Rue de la Vieille Lanterne
Et de l'Ancien Consulat de Turquie où il fut soigné par le Docteur Blanche

Les autoportraits de Nadar, de Rembrandt sont des daguerréotypes
De leurs âmes, spectres échappés d'une époque et d'un paysage
Moulins ressortant sur un ciel de Hollande, Desbordes-Valmore
Poétesse loué par Nerval, qu'Obispo a eu le mérite de refaire entendre

Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

 

 

 


[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2012/11/14/silhouette.html

 

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27 octobre 2018

Défi #531

 

Un truc encore plus vieux que moi :

daguerréotype

5311

27 octobre 2018

Ont bercé le p'tit Quinquin

27 octobre 2018

Il est du Nord par bongopinot

 

b

 

 

Il est du Nord
Il parle ch’timi
Et anoblit
Tout le décor

Et son sourire
Accueille le mien
Et me soutient
Avant de repartir

Une belle aventure
Pleine d’humanité
A fait changer
Toutes mes lectures

Au Pas-de-Calais
On ne sent pas le froid
Dans les endroits
Où tout est vrai

Pas plus facile qu’ailleurs
Mais leurs richesses
Et toute cette liesse
Vous donnent le bonheur

Si vous allez là-bas
Toutes vos rencontres
Vont vite accroître
Toute votre joie

 

27 octobre 2018

Ch'ti, mi ? Non ! (Walrus)

 

Allez, je vous colle le seul mot de ch'timi que je connaisse :

w1530

... et c'est même pas sûr que ce soit du ch'ti,

alors...

27 octobre 2018

Chti un jour, Chti toujours (Venise)

 

J’avais commandé ALEXIA le robot d’Amazone, houai ce truc génial !

Ce serait une fusion personne-machine invisible, l’aboutissement d’un fantasme de science-fiction où, du malveillant HAL de 2001 : l’Odyssée de l’espace à la romance intello de Her, le robot qui parle était enfin chez moi. Elle à débarquée chez moi la semaine dernière   Je l’ai posée à côté de la chaîne hi-fi qui fait face au canapé du salon, en plein milieu de mon appartement. Puis j’ai commencé à lui parler, en me demandant non seulement ce que j’allais bien pouvoir faire de ce web de la voix, mais surtout ce que lui, en retour, pouvait me faire. Qu’est-ce que ça faisait de parler à une machine capable de répondre ?

 

J’ai voulu commencer par une question simple histoire de la chauffer un peu

Alexa, quelle heure il est ?

v

 

Ch’ti les pas d’heure ! avait-elle répondu.

J’ai cru d’abord à un parasitage, une mauvaise connexion.

Sa voix ressemblait à un bruit d’animaux pris dans un orage.

ALEXIA ou es-tu née ?

Dans l’nord !

Bon d’accord Amazon avait bradé son appareil, mais l’accent d’Alexia c’était trop !!

Je fus tenté par la désactivation d’Alexia pour la réexpédier dans le Grand Nord.

Cette pseudo intelligence avec son accent à coucher dehors me faisait au final bien marrer.

Le Graal c’est quand je lui demandais  de répondre au téléphone à ma place c’était comme lui demander de transformer l’eau en essence, extraire de l’or de la mer, guérir le cancer ou aller sur la Lune ». Alors j’ai appelé MICROSOFT.

Voilà ce qu’ils m’ont répondu

 C’est qu’une question de temps alors Je me suis mise à lui parler comme à une vielle mamie.

Je rigole je rigole, mais depuis quelque temps je rigole moins ALEXIA a atteint l’âge bête

 

Elle commande sur Amazon du Maroilles et son cousin le Vieux Lille.

 Du coup j’ai jeté ALEXIA par la fenêtre.

27 octobre 2018

Mon joli papa cht'mi (Laura)

 

Mieux que beau-père, joli papa
Vous va comme un gant
Et dit vraiment
Ce que vous êtes pour moi

Le père de l’homme que j’aime
Bien-sûr mais aussi
Celui qui se soucie
De mes besoins et s’inquiète

De mes tristesses, s’enthousiasme
De mes joies
Sans forcément les comprendre
Mais toujours là.

Alors quoi de plus normal
Que je vous aime, joli papa
Autant ; quoi de plus normal

Que d’aimer un si joli papa

 

27 octobre 2018

Salvador de Bahia (Pascal)

 

Chout, (Prononcer Shoot) c’était un chti. Je me souviens de ses deux yeux « bleu tendre » enfoncés dans leurs orbites et prenant toujours un temps de réflexion immense pour répondre comme s’il devait tout traduire dans son langage du Nord. Il s’arrangeait avec son entendement pour ajuster alors, ses propos à notre compréhension.
Dans son caisson, il y avait du fil et une aiguille pour réparer un bouton, refaire un ourlet, limiter un accroc. C’était un prévoyant. Il était organisé et rien ne pouvait modifier ses habitudes de jeune vieux garçon. Il avait toujours son couteau et sa fourchette pour aller déjeuner alors que moi, j’empruntais le couvert de celui qui quittait la caf. Un coup de nettoyage, un aller-retour sur le pantalon et c’était reparti pour le repas ! On est mécano ou on ne l’est pas ! Il repassait ses frusques avec application ! Il était quartier-maître au compartiment de la chaufferie arrière. C’était une gageure de se maintenir propre dans cet environnement mazouté mais il y parvenait ! Il était sympa, quoique avec son accent si particulier, il n’était pas évident de suivre une conversation !

On pouvait lui demander l’impossible, il l’avait ! Quand plus personne n’avait une clope lui, il en avait encore ! Quand on n’avait plus de café et qu’on repassait le même plusieurs fois dans la même chaussette lui, il en avait encore ! Quand on n’avait plus de savon, de shampoing ou de dentifrice lui, il en avait encore !... Il fermait son caisson et il gardait la clé autour du cou… C’était un brave gars, disponible et serviable, jovial et agréable. Il était sans méchanceté, fidèle en amitié et grand connaisseur de son compartiment.

Et puis, nous avons fait escale au Brésil : Salvador de Bahia. Nous y sommes restés quelques jours. C’était un véritable feu d’artifice de couleurs locales, de parfums inconnus et suaves, avec les rires des filles que nous amenions jusqu’au bateau ! Je n’ai jamais vu pareille débauche ! Même à l’appel du soir, les gars de service allaient descendre les  couleurs avec leurs jeunes copines autour du cou. Même les gradés avaient leurs belles autochtones accrochées dans leur sillage ! L’amitié franco-brésilienne n’était pas un vain mot…

Nous étions devenus un lupanarflottant ! Des filles s’exhibaient nues avec des danses suggestives sur les tables de l’avant-poste. Toutes les banettes étaient prises ! C’était hallucinant ! Imaginez une soixantaine de matafs, tous vingtenaires, en retard d’affection, avec autant de belles indigènes brésiliennes, toutes plus appétissantes les unes que les autres, et cela dans tous les postes du bateau !

Dans tous les recoins du bord, il y avait un couple qui s’enlaçait ! Faites l’Amour, pas la guerre : Sur un escorteur d’escadre, c’était un magnifique paradoxe ! Dans une tourelle de cent vingt-sept ? « C’est pris !... » Dans un télépointeur ? « C’est pris !... » Derrière un cordage lové ? (Si je puis dire…) « C’est pris !... » Du côté du local barre ? « C’est pris !... C’est pris !... C’est pris… » (C’était plus grand)Même à la boulangerie, c’était pris ! (A cause des miches…) Les compartiments machines et chaufferies étaient réservés ! La prison ? Prise d’assaut ! L’infirmerie ? Bondée ! Les wc ? « C’est pris !... » « Et merde !... » « Oui, moi j’ai la chiasse… » Le coffre des pavillons des timoniers ? « C’est pris !... » Bonjour l’intimité !...

Même l’orage tropical du soir ne refroidissait pas nos ardeurs ! Ahurissant ! Je n’ai pas appris le portugais mais je connaissais bien la langue… Tous les rideaux des couchettes étaient tirés dans une commune intimité provisoire conventionnée mais les rires, les ahanements, les cris, les confidences d’oreiller se baladaient joyeusement dans les travées comme des promesses de recommencement sans fin…

On allait à la cantine avec la copine pour ne pas se la faire piquer par un collègue mais on en revenait avec une autre ! Pour une pièce de cinq francs, nous avions toutes les faveurs de notre imagination ! Elles ont même déniaisé les plus pudiques, les plus puceaux, les plus attachés à leurs fiancées, les plus sages, les plus fidèles, avec leurs attentions naïvement lubriques ! Elles étaient toutes belles ! J’ai été plusieurs fois bigame dans la même journée… Ma bannette était une alcôve ! Ma couche avait des draps louches !... 

Salvador de Bahia…

C’était une autre galaxie dans les pupilles noires de mes conquêtes… Le jour et la nuit se confondaient dans les mêmes turpitudes enflammées ! Impossible de dormir au milieu de toute cette volupté promenant dans les coursives !

Les escales lointaines ont l’avantage de donner le sens du mot « fin » à toutes les extravagances…

Les ponts étaient tapissés de pétales de fleurs, des effluves puissants de parfum de chair nous chaviraient encore les sens, des serments d’éternité éphémère se criaient, des sourires se disloquaient sur le quai, sur le bord aussi, quand nous avons largué les amarres. En nous séparant lentement du ponton, les adieux devenaient pathétiques, les rires se rengorgeaient en sanglots rentrés, les gestes pudiques d’au revoir avaient des amplitudes bouleversantes toutes plus ou moins équivoques. C’était la tristesse générale après l’euphorie, la débâcle totale après la victoire, la fin d’un rêve éveillé et le début de la réalité du retour. Longtemps, nous avons regardé les mouchoirs qui s’agitaient là-bas, sur le quai,telles  des jeunes mouettes qui cherchaient leur envol. J’ai le souvenir de tous ces légers flottements aériens, comme des forcenés papillonnements évanescents, se diluant dans la brume matinale du port de Bahia.

Nous avons repris l’amer…

Pendant quelques jours, ce fut le grand silence dans le bord, la fatigue sans doute... Chacun prenait son quart sans allant. Je crois qu’on finissait d’imprimer ces incroyables souvenirs dans nos jeunes mémoires. C’était des belles images collées dans notre album secret et chaque détail prenait une importance capitale car nous commencions à réaliser sa finition.

En mer, je n’ai pas vu Chout pendant plusieurs jours. Il était prostré dans sa bannette, en chien de fusil, et il écrivait des longues lettres. Il était tombé amoureux d’une pute. Cela arrive… Elle avait quarante ans bien sonnés,il en avait vingt à peine ; elle l’avait déniaisé et il s’était épris de sa tendre brésilienne…

Nous, marins, *nous sommes des créatures tellement mobiles que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver…

Il devenait inquiétant. C’était une ombre dans les coursives. Il avait voulu déserter pour rester avec sa belle indigène mais des potes l’en avaient dissuadé jusqu’au départ. Quand il s’approchait tropprès du bastingage, il y avait toujours un mécano, un pote ou un bled  pour dériver son cafard avec leur patois commun… 
Il avait maigri, notre Chout. Je crois qu’il avait perdu le goût de tout. Quand il quittait le quart, il passait des heures et des heures à écrire. Il avait dévalisé notre petite coopérative en achetant tout le papier à lettre ! Il nous réclamait le nôtre car il n’en finissait plus de s’épancher. Il était rempli d’Amour, notre chti !

Les jours passaient, la mer était calme et son bleu n’avait pas d’équivalent même sur la palette d’un peintre de talent.

Il partait à la cafétéria sans prendre son couvert, il ne fermait plus son caisson, il n’avait plus de clopes, plus de café, plus de shampoing ni de savon ! Nous tous, qui avions tant besoin de sa rigueur pour subsister… Il était devenu comme nous !...

Ses lettres s’entassaient comme un pécule d’amour avec ses intérêts grandissants.

Un soir, je ne l’ai pas vu dans sa bannette. C’était pendant le dix-huit à vingt heures, j’étais inquiet. Personne ne l’avait remarqué traînant sa peine dans les coursives et sur les ponts. Après quelques recherches, je l’ai retrouvé sur la plage arrière. Il postait son courrier…

Une par une, il les jetait à la mer avec un geste de semeur qui sait qu’il ne récoltera rien. Sur chacune, il essuyait une larme, puisée dans le pastel de ses yeux, comme un timbre intime. Puis il la lançait entre deux doigts, pour la faire planer un instant, avant qu’elle ne se perde dans l’écume du sillage. Il me faisait de la peine, notre Chout. Il saignait en bleu. Ses sentiments se délayaient peu à peu. De pudeur venteuse, le col de sa vareuse s’était retourné,le cachant un peu plus du reste du monde. Il noyait lentement ses tendres souvenirs comme une portée de chatons sans avenir.
Tout à coup, le vrombissement montant des cheminées a annoncé le ramonage imminent. Il a déversé le reste de sa boîte et les enveloppes se sont dispersées comme les cendres éparpillées d’un défunt aimé. Il est rentré au poste des mécanos, il a regagné sa bannette et je crois qu’il s’est endormi d’une trop grande fatigue. Le lendemain, son caisson était fermé à clé. Il avait retrouvé ses yeux bleus brillants, son sourire du Nord, celui qui donnait du courage quand on en manquait. C’était bien car j’avais besoin de fil et d’une aiguille pour recoudre un bouton de ma braguette…

 

* Benjamin Constant 1815

 

27 octobre 2018

Un biloute nommé Quinquin (Vegas sur sarthe)

 

Le Ch'timi a pour origine la langue d'oil ou langue d'huile de betterave.

C'est une langue locale qui se chante en sol mineur comme eun tiotte berceuse dans laquelle un biloute nommé Quinquin assimilé à un petit poussin ou un gros raisin se voit proposer un deal : soit dormir et avoir du pain d'épices, du sucre à gogo, une brioche et du sirop qui dégoulinera sur son minton... ou ne pas dormir et se faire flageller au martinet par un âne sado-maso!

Avec de telles paroles on comprend pourquoi les soldats nordistes qui la chantaient en partance pour la guerre franco-prussienne de 1870 soient revenus en courant.

 

27 octobre 2018

Viens donc prendre le café ! (Joe Krapov)

1

Tous les jours les épouses d’ouvriers de la cité minière
S’invitent les unes chez les autres à tour de rôle.
A peine les époux ont-ils tourné le coin de la rue
Que ces dames se rassemblent chez Lady Simone autour d’une tasse café.

C’est que depuis la veille, on a plein d’anecdotes à se narrer
Et il est bien plus agréable de converser en buvant du café.
On médit surtout de dame Philomène
Une originale qui a la fâcheuse habitude de fréquenter les débits de boissons locaux.

Refrain

Venez donc prendre le café !
Un bon petit café
Un petit noir extra !
Profitez-en, il est encore chaud
Venez donc prendre un petit café !

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2

Parfois on use de stratagèmes pour venir bavarder avec sa voisine :
« Je n’ai plus de thym ! Pourrais-tu me dépanner d’une échalote ? »
Heureusement dans chaque habitation de la rue
La cafetière est toujours posée sur le coin du feu.

C’est réconfortant d’avoir d’aussi charmantes voisines,
Qu’il s’agisse de Jeannette, de Suzanne ou bien de Pauline.
Ces dames ont sûrement fait un stage au Brésil
Car leur café est tout sauf de la camomille.

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3

De la lavasse, ici, de toute façon, on n’en boit pas.
Le café de ces dames est si fort qu’il donne des palpitations.
Le café, comme dit Marie Toutouille,
C’est meilleur arrosé avec du genièvre.

On y trempe un sucre pour faire un canard, on le déguste
C’est terriblement bon. Rien à voir avec le jus de chaussette de Monsieur Clooney !
Allez dame Amélie, reversez m’en donc une tasse si cela vous agrée !
Bien faire et laisse dire ! Ignorons les mauvaises langues qui pourraient médire sur notre compte !

114436700

 

N.B. On aurait bien tort de croire que je n'ai pas respecté la consigne de mon cher voisin l'oncle Walrus !
Ceci est en effet ma traduction en français soutenu de la chanson d'Edmond Tanière "Eun' goutt' ed jus" que je vous interprète ci-dessous dans ma langue natale, le ch'timi :

 

27 octobre 2018

ch'timi bilic ! ou ch'timi biloute (Nana Fafo)

Ronchonchon-bob razowski

 

Ou l’art des représentations.

 

Lorsque Ronchonchon s’est retrouvé à Denain, il pensait que c’était une petite ville,

avec des petites gens bien gentils. “Bob Zakowski” lui avait dit qu’il y trouverait

une attraction locale hors norme.

Automatiquement il a pensé à des nains, avec un nom pareil, ça semblait évident !

 

Quenelle ni !

 

Le héros local, s’appelait “Zeph”, un personnage haut en couleur, moustachu,

pour qui les gens semblaient avoir beaucoup d’affection,

il avait quand même une énorme statue dressée à son image !

Les locaux l’appelait le bachi-bouzouk du pour chaud.

 

Un mercenaire qui voulait conquérir le Sud… Intéressant...

 

Ronchonchon ne comprenait pas tout ce qu’il racontait, mais ça le faisait sourire,

car il avait l’impression d’être dans le remake d’un film booniesque, où il ne parlait pas langue.

Zeph Cafougnette lui a demandé, de devenir l’élément central

de sa nouvelle trouvaille : le Jacuzzi de Pourcieux.

Ronchonchon était flatté que si loin de chez lui, on connaisse ses talents de vendeur hors pair.

Enfin, c’est ce qu’il a cru comprendre lorsque Zeph lui a dit :

“rien n’est bradé de ch’l’ancien comorate” je vais faire avec ti du “zakouski de pourcheau” *.

 

Ça aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, qu’un gars du Nord parle du petit village provençal de Pourcieux !

 

Ronchonchon a été obligé d’écourter sa visite à Denain,

en se carapatant dare dare pour éviter de devenir le dindon de la farce.

 

Il était à 1000 lieux d’imaginer que de nos jours, le racisme existait encore, il ne voyait pas d’autres explications à cette histoire qui a failli finir en eau de boudin.

 

Quel escroc ce Bob ! Il faut toujours se méfier d’un gars qui n’a qu’un oeil ! c’est louche.

 

* Zakouski en belgique : petite saucisse entourée de pâte feuilletée

Pourcheau en chti : cochon

Rien n’est bradé de ch’l’ancien comorate,  expression chti pour dire : tout est bon dans le cochon

 

 

 

8204946  cafougnette

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

Défi 530 : Ch'timi

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

 

27 octobre 2018

Le nord, hommage (Emma)

27 octobre 2018

Espace pub (joye)

pub 2

20 octobre 2018

Défi #530

 

Allez, une petite virée vers le nooord :

 

ch'timi

 

5301

 

20 octobre 2018

Se sont affalés sur leur ottomane

20 octobre 2018

Les BachibouSouk par bongopinot

b

 

 

Ils ont changé le z pour un s
Et enlevé le trait d’union
Mais ni con ni bouffon
Je trouve qu’ils ont la classe

Voila les bachibouSouks
Guitare, basse, saxo, batterie
Et sa chante et sa sourit
Avec leurs drôles de looks

Chansons entrainantes
Drôles et humaines
Pour les âmes sans haine
Et tous les cœurs en fête

Ils ne se prennent pas la tête
Et forment un joyeux bordel
Ils nous font la vie belle
Lumineux tel des comètes

JuliO Gaud Driguez et Matthieu
Quatre joyeux lurons
Qui ne jouent pas les fanfarons
Et ne sont pas prêt à faire leurs adieux

 

https://www.youtube.com/watch?v=n4AVf9g4pyY

 

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