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Le défi du samedi

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11 juillet 2009

Erotitude pyrénéenne (vegas sur sarthe)

Elle se sentait plus forte, plus belle, plus femelle depuis qu'elle avait cherché conseil auprès de Mado, la doyenne du clan; certes elle n'avait pas tout saisi de ses explications chevrotantes: l'érotitude, le piment, les épices affreux disiaques, ranimer la flamme de la bougie! Enfin elle pensait avoir retenu un message essentiel "Comme on lisse son poil, on se couche".
Quant à dénicher un lit bido dans les Pyrénées ? (soupir de marmotte)

C'est pourquoi en ce beau début de soirée et faisant fi de tous ces obstacles, tandis qu'un soleil fatigué répandait ses ocres sur les pics des Trois Seigneurs, Charlotte lissait soigneusement sa fourrure d'une langue experte.
Le grand rocher plat accroché au versant ensoleillé de l'alpage était l'endroit rêvé pour être vue de ses congénères et suffisamment à l'écart de l'autoroute que les randonneurs appelaient le GR10.

Fière de ses longs poils fauve et brillants et de son adorable petit museau elle n'appréciait pas du tout que Johnny se désinteresse d'elle depuis que la grosse Britney était revenue d'Italie!
Que cette poufiasse fasse la couverture des tablettes Milka, Charlotte s'en souciait comme de sa première carotte sauvage... mais qu'elle dérègle à ce point le champ de vision de Johnny avec ce drôle de chapelet de graines autour des reins, c'était plus fort qu'une orgie de sainfoin!
Sûr que cette trainée se manucurait au gingembre!
Charlotte attaqua l'entre-cuisses à petits coups de langue nerveux, là où le duvet est moite et si soyeux; elle s'était roulée tout l'après-midi dans le trèfle odorant et, non contente de constater quelle sentait particulièrement bon pour une marmotte, elle écrasa quelques myrtilles entre ses griffes émoussées avant de les répandre sur son ventre palpitant.

C'est alors qu'un cri strident retentit comme une alarme, la faisant tressaillir et elle chercha dans le ciel l'ombre tant redoutée de l'aigle royal mais tout était calme.
Un second cri, plus proche la fit tressailir de désir cette fois: la stature massive de Johnny apparut entre deux éboulis, et comme il s'approchait vivement elle eut aussitôt envie de lui; malgré les conseils de Mado qui prônait la distance et l'indifférence, elle ne put retenir un peti cri sensuel, comme un mot cru au bord d'une bouche trop gourmande.
Et Johnny, émoustillé reçut son cri comme une invitation au plaisir, trébuchant sur le grand rocher plat; Charlotte la marmotte ne sut jamais s'il était tombé volontairement ou pas... toujours est-il qu'en s'y prenant de la sorte, au diable les préliminaires aux myrtilles, il allait lui faire au moins trois marmottons!


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11 juillet 2009

Touche ! (botté en...) (Walrus)

L'image utilisée par l'auteur du présent défi est éminemment suggestive.

Et... que suggère-t-elle, me demandez-vous, tout émoustillés ?

Ben, vous réponds-je, Road 69, tout naturellement, un petit bout de nationale perdu dans l'Indiana. Encore qu'il y en ait partout, m'y retrouve pas dans les Uesses et leurs routes.

Comptez pas sur moi pour vous en dire plus. J'ai la fâcheuse impression que l'érotisme, de par son fort contenu fantasmatique, a tendance à se muer en pornographie dès qu'on tente de le matérialiser.  Le mot est fort ? Bien, disons alors qu'il se teinte vite d'une touche de lubricité, de salacité. C'est mieux ?

Dans ce domaine,  j'ai toujours trouvé ce qui se laisse deviner bien plus efficace que ce qui s'exhibe.

Enfin, que ce que j'en dis ne vous empêche pas de vous livrer au petit exercice demandé, vous êtes bien trop subtils pour donner tête baissée dans le panneau (de circulation) et les grincheux, je dois en convenir, ne sont guère érotiques.

Qui a dit "sexy" ?

11 juillet 2009

Consigne #69

69


Consigne érotique...


Parce que des textes érotiques, on en veut DEUX fois plus, cette consigne sera d'actualité pendant DEUX semaines.

10 juillet 2009

Prop'EAU-sition pour l'été

Où en sommes nous :

MAP, shivaya-warduspor, Papistache, vegas sur sarthe, Oncle Dan, Walrus, Poupoune, Tiniak, Toltek, Phil, Joe Krapov, Sebarjo, Jo Centrifuge, Joye, Aignel, rsylvie, Val, Moon, Zigmund, Vanina, Virgibri


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10 juillet 2009

Une fenêtre ouverte (Virgibri)

_Dali


Tu avais tout ouvert

En grand les fenêtres

Un entrebaillement de porte

Les cadenas ont sauté

Plus de limites

Plus de sanctions

Pas de punitions

Tu avais la clef

Celle que personne n’avait trouvée

Tu avais effacé le F

De la serrure

La clef était clé

Clé de sol

Clé de ciel

Clé de soi

Aujourd’hui j’ai tout jeté

Tout fermé

Il y avait trop

De courants d’air

Dans mon cœur ouvert

J’ai fermé les fenêtres

La porte

Ma bouche

Et j’ai remis le F

Qui saura

A nouveau

Le décrocher ?

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10 juillet 2009

Défi #68‏ (Vanina)

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10 juillet 2009

Clef alexandrine (Captaine Lili)


Il a ouvert sa porte, ai franchi le pallier.

Pour le code d’entrée, suffisait de s’aimer !

Il a tourné sept fois sa langue dans ma bouche.

La serrure a craqué, suffisait qu’il me touche !

Approchée contre lui, il eut le mot de passe.

De nos écrits hardis, suffisait qu’il m’enlace !

Il a vu la piste de ma carte du tendre.

Le rossignol savait, suffisait de m’apprendre !

Il a posé les mains sur une de mes clefs,

Il m’a offert de ses dix doigts la liberté.

9 juillet 2009

Prop'EAU-sition pour l'été

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dscf1493

DSCF5067

9 juillet 2009

quelques clés en vrac (Zigmund)

Sur les clefs tout fut dit ou quasi.

Joe Krapov a traité, mieux que je ne l’aurais fait, l’idée  qui me tournait dans la tête, de vous livrer les secrets de mon trousseau de clefs.

Si quelqu’un détient les clefs de l’horloge, je serais heureux d’avoir du rab de temps *pour vous écrire un défi plus digne. (mais je dois choisir entre mes préparatifs de voyage en Chine et une belle réponse au défi).

Quitte à vous livrer un défi bâclé, autant  vous le faire court.

Mes premières clefs sont des lettres, celles de l’alphabet latin puis hébraïque intégrés dans l’enfance.

P1040220

Peut être est la raison de ma fascination pour les  alphabets, la magie des  lettres elles mêmes, quelle que soit leur origine ou la langue dont ils ouvrent les portes.

Je réserve un bout de ma retraite(si j’en ai une, et si mes yeux tiennent) à la découverte de l’écriture égyptienne .

 Plus tard, mes  clefs sont  des mots : un exemple en est la préparation aux concours, qui  fait appel aux sacro saints  « mots clefs », jalons donneurs de points ;  pour répondre à la question d’examen, caser n’importe quelle ineptie était envisageable, pourvu que le correcteur pressé repère ces  marques d’un savoir artificiel. Telle était  la clé de la réussite au concours pour devenir médecin. ( les QCM d’aujourd’hui sont plus expéditifs)

La langue chinoise écrite repose également sur des clefs ou radicaux ; ceux-ci permettent quand ils sont maitrisés, de décortiquer ou de prononcer un caractère chinois inconnu.

P1040225

Avec ce qui précède le rapport est lointain, je n’ai jamais oublié la séquence des clefs du film de Gébé l’An 01 (1973) où les gens se débarrassent de toutes leurs clefs dans la rue, sur une chanson de François Béranger.

Mais voilà, chers défiants,  il me reste 9 jours pour me replonger dans la langue chinoise… reconnaissez que c’est bien peu…

(*mouvement  pour le développement du rab)

9 juillet 2009

Rien à trouver (Moon)

cerveau

8 juillet 2009

Prop'EAU-sition pour l'été

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8 juillet 2009

Un petit quelque chose quand même… (Val)

Clés, clés… remords, et regrets.
Sur combien de défis ai-je fait l’impasse ? Trois ? Quatre d’affilée ? Je n’ai pas compté. La clé ne me parle pas plus que les précédents, et pourtant, entre remords et regrets, j’ai trouvé un petit quelque chose – Oh ! pas très loin, je l’ai trouvé là, juste par terre, à mes pieds, il m’a simplement fallu le baisser et le ramasser- à raconter sur le thème des clés.


Lorsque j’ai eu mon permis de conduire, je n’avais pas un sou. J’ai eu du bol, les parents de mon mari (un truc drôle : bien qu’il n’était pas encore mon mari, c’était déjà ses parents, à l’époque. Il n’en a pas changé. ) m’ont donné une voiture qu’ils avaient chez eux : une super 5 blanche.
Qui a déjà possédé une super 5 ? Ou une première Twingo ? Ou une première clio ? (Et certainement beaucoup d’autres modèles du début des années 90…) ?

Sur ces voitures, il y a truc sympa mais qui peut s’avérer ennuyeux si l’on en abuse. Figurez-vous (pour les rares extra-terrestres qui n’auraient jamais conduit ce genre de voiture qui commence à prendre un peu de bouteille) qu’il est tout à fait possible de les fermer entièrement à clé… sans clé. Il suffit d’appuyer sur le bouton, coté intérieur de la portière –ce bouton qui est sur toutes les voitures- sauf que sur ces modèles, on peut le faire portières ouvertes. On fait claquer la portière et la voiture est verrouillée sans n’avoir touché aucune clé.

Ma super 5 blanche, bien qu’elle possédait tout un tas de choses en double – essuie-glaces, rétroviseurs, phares, et j’en passe (Ben quoi ? Comment ça, encore heureux ?)- m’a été remise avec une seule clé.

Alors, effectivement, vous tous qui êtes intelligents, et prévoyants, et prudents et au top de la perfection ça va sans dire, vous auriez fait faire une seconde clé « au cas ou ». Eh bien, moi, je n’y ai pas pensé. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit.

Rassurez-vous ! Je n’ai jamais perdu cette unique clé. Jamais !

Alors ? « Ou est le problème », allez-vous me dire ?
Si je n’ai jamais perdu cette clé, en revanche je l’ai de nombreuses fois enfermée à l’intérieur de la voiture (rappelez-vous, cette histoire de bouton et de claquage de portière…). Sur le contact, dans la boite à gants, dans mon sac à main…

Une première fois, sur le parking de Leclerc, le caddy plein, j’ai appelé Manu. Pas un serrurier ! Manu ! Heureusement, c’est une automobile qui est facile à ouvrir sans clé. 
Une seconde fois, sur le parking d’Inter marché, j’ai appelé mon beau-frère. Moins spécialiste que le sien –de beau-frère- il a tout de même réussi à ouvrir le véhicule (une chance j’avais laissé une vitre un peu ouverte, il a appuyé très fort dessus jusqu’à ce qu’elle descende…).

Une troisième , une quatrième, une cinquième fois… et puis je me suis fait engueuler, et puis je suis devenue la risée des tablées lorsque les discussions tournaient autour de (au choix) :   perte de clés, pannes de voitures, étourderie, cerveau des femmes, et j’en passe !

Alors, j’ai décidé (non pas de faire plus attention, non pas de faire faire un double et de le garder sur moi) de ne plus appeler aucun membre de ma famille lorsque j’enferme ma clé dans ma voiture.

Un jour ça m’est arrivé au travail (ou plusieurs fois, plutôt, mais une seule m’a marquée). J’ai donc demandé à quelques collègues d’effectuer deux ou trois tours de passe-passe pour déverrouiller ma voiture. (Quel pourcentage d’ouvriers, dans une usine de campagne, savent ouvrir une voiture sans clé, à votre avis ? Il vaut mieux que vous ne le sachiez pas !).

Ils y étaient, à deux. L’un au cintre métallique, l’autre en donnant de petits coups de bassin sur le côté. Moi, qui leur faisait une confiance aveugle, j’étais rentrée travailler.  L’oncle de mon mari (ce n’était pas encore mon mari, mais déjà cette personne était son oncle), soudeur dans la même entreprise, est sorti fumer une cigarette sur le parking à ce moment-là. Il a cru que deux mecs étaient en train de voler l’automobile de son beau-frère et de sa belle-sœur.

Conclusion :
J’ai eu beau me passer de l’aide d’un membre de la famille pour réparer mon étourderie légendaire, je suis restée la risée de la tablée encore longtemps.

Pardon, je n'avais rien d'autre à vous donner que cette anecdote pas très intéressante mais tout ce qu'il y a de plus vraie.

8 juillet 2009

défiCLE (rsylvie)

La clé  ou la cléf ?

La clémentine et la clémence.

La clé0pattes

la clé UBS !

La cléVoulez vous ?

 

Bien sur il en est tant étang qu’elle ne savait plus à laquelle se vouer.

Le passe partout en poche, elle se dirigea vers le crochet et décida d’en faire l’inventaire.

 

D’abord par ordre de taille. De la plus petite à la plus grande,

des petits mots clés, à lourd passe partout de l’église.

Par ordre géographique, en reliant d’une seule traite au moyen de sa bicyclette

 la clairière et la clé des champs.

Puis par ordre de valeur. Mais, de la clé de sol ou de fa,

comment savoir quel rossignol sonnait le plus juste.

Impossible de dire à laquelle se fier. Il en était de même, quand elle prit dans les mains la clé du coffre à jouets et la clé du coffre de la banque pour les ranger par ordre de prix !

Vint l’ordre d’arrivée, de la clé de la maternité à la clé du paradis..

de Adam à Dieu le père, qui fait la poule et qui fait l’œuf ?

Et puis il y a aussi, la clé de douze, la clé de huit… la clé de nulle part !

Alors de là à la clé de la réussite, il n’y avait qu’un pas !

Soudain… Non d’un trou sot !

Mais c’est bien sur

Woody Allen 

Lui seul détenait la clé du succès !  

"Non seulement Dieu n'existe pas.

Mais essayez donc d'avoir un plombier le week-end."

8 juillet 2009

Un oubli vite réparé (Aignel)

Ma chère Maman,

Je t’écris cette lettre pour te dire que je suis bien arrivée. Je t’envoie mon adresse où que tu pourras m’écrire et m’envoyer des nouvelles de la famille et des copines. Je l’ai écrite au dos de l’enveloppe, tu la donneras aux filles de ma part. Je compte sur toi.
Vous me manquez déjà, j’espère que tu pourras rapidement m’envoyer un mandat, car ici la vie est chère et j’ai peur de dépenser très vite ce que tu m’as donné à l’aéroport.

Je t’embrasse ma chère Maman.
Aignel qui t’aime

PS : Je m’aperçois que je suis partie en emportant l’unique clé de notre boîte aux lettres. Je la mets dans l’enveloppe.

8 juillet 2009

ROMANBIERE À CLÉ (Joye)

Devant ce défi musclé, je n'ai rien de taclé à cercler, mes pieds nickelés, j'ai renaclé, pas de texte bâclé ni recyclé, oh non ! mais j'ai tout de même un peu sarclé en attendant ma raclée.

 

7 juillet 2009

Prop'EAU-sition pour l'été

Où en sommes-nous :

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7 juillet 2009

La Ballade des pendues (Joe Krapov)


Petit jeu de l’été : rendez à chaque pendue sa dernière parole !

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1

Je suis Cultura la sorcière

Et j’ouvre, au pays de Poussière,

L’accès aux livres défendus,

Aux vyniles qu’on écoute plus,

Aux déguisements des enfants,

Aux paperasses des parents,

A un souk, nul ne peut le nier,

Car je suis la clé du grenier.

2

Je donne accès au lieu divin

Ou l’on conserve le bon vin

Et toutes sortes d’attirails

Eclairés par des soupiraux

(Tiens, ça ne rimaille

plus !)

3

Je suis la clé du paradis !

Je suis la porte du logis,

Du petit nid à Nirvanas

De Krapov et de Marina !

4

Quand il a trop dit de salades,

Quand sa tête est un peu malade

A force de l’avoir creusée

Pour pondre des billevesées

Il vient, me tourne et, tel un pro,

Parmi l’empilement des nombreux placebos

Que l’on vend aux gogos pour soigner leurs bobos,

Extirpe le tube d’Aspro.

J’ouvre le saint des saints ici :

La p’tite armoire à pharmacie.

5

Pour qu’aucune rôdeuse

Ne chipe la tondeuse,

Pour qu’aucun malandrin

Ne démunisse le jardin

De ses outils, de ses semences,

- Bien qu’on cultive avec clémence

Les clématites et le chicon

Ici plutôt que l’ananas –

On a muni d’un cadenas

La porte du p’tit cabanon.

6

C’est moi qui ouvre l’horizon !

C’est moi qui brave les saisons !

C’est moi qui tourne en deux serrures

Et les emmène à l’aventure !

Je suis la clé de la voiture !

7

Chacun promène son enfer de façon proche.

Moi je suis toujours dans sa poche.

Sans avoir l’air (R) ni prendre l’eau (O)

Je suis son bOurReau : le bureau.

Chacun promène dans sa poche son enfer !

Krapov m’a baptisée « Cerbère » !

8

Moi j’ai pêne à me rappeler…

Quels beaux trésors amoncelés ?

Quelles merveilles au fond d’un coffre

Qu’en un ou deux tours j’ouvre et j’offre ?

Quelle ceinture de chasteté ?

Quelle porte de château hanté ?

Quelle histoire m’est attachée ?

Ma mémoire est partie, j’enrage

Et je pends sans utilité,

Perpétuellement accrochée

A un vieux clou dans le garage.

7 juillet 2009

Consigne 68 (Jo Centrifuge)

-Salut Pierre , ça va depuis hier? Motivé?

-Comme un lundi, P’tain toujours en retard ce bus!

-Ca a pas l'air d'aller très fort. Préoccupé?

-Rien d'important... Enfin si : j'ai paumé ma clé!

-De ton appart? Ca c'est la tuile. Moi ça m'est arrivé...

-Non, tu sais c'est la valise que j'ai trouvé dans la rue.

-Ah ouais, et il y avait quoi dedans au fait?

-Je ne sais pas ce j'ai fait de c'te clé, pourtant elle doit pas être loin...merde!

-...Bah! tu la retrouveras. Je sais pas si je l'ai pas v…

-P'tin, mais c'est pas vrai d'être aussi con...'Faut que je la retrouve! A tout prix!

-Oh tu m'écoutes? Je sais pas si chez moi tu l'as pas laiss...

-J'ai cherché partout...Mais rien à faire...

-...

-Pourtant je l'avais dans ma poche. C'est bien un monde ça!

-Wééé! Ah Ah! T'as vu mes nouvelles pompes, classe non?

-'Faut que je repasse mon appart au peigne fin. Je vais tout retourner.

-Elles brillent, hein? Et ben sans déconner : 30€, pas plus !

-Je retourne chez moi!

-Eh!... Mais!...Y'a le 36 qui arrive!... Eeeh? Tu viens pas au boulot?

Assis dans le bus qui démarrait, je vis Pierre s'éloigner en courant comme un damné en direction de son appartement, j'étais bien loin de me douter que ce serait la dernière image que j'aurais de lui.

Ce fameux jour, il ne se présenta pas au bureau et je commençais à m’inquiéter.

Le soir, je rentrais hâtivement et, sans même embrasser ma femme, je me ruais dans les toilettes pour y retrouver, au milieu des revues entassées par terre, la fameuse clé. Dans mes doigts, elle était tout ce qu’il y a de plus banale, argentée, plate, sans gravure. Je la glissai dans ma poche et, presque soulagé, j’entreprenais de téléphoner à Pierre. Mais il ne répondit à aucun de mes appels.

J’aurais dû le raisonner.

J’avais bien tenté de lui faire comprendre qu’il me semblait avoir aperçu sa clé chez moi… Pourquoi il ne m’a pas écouté !

Durant la semaine qui suivit, personne ne le vit. Il ne répondait ni au téléphone, ni aux mails. Bien sûr, j’étais identifié comme « le collègue le plus proche » et donc assailli de questions, auxquelles je m’appliquai à répondre le plus évasivement possible. Pour finir, le patron, hors de lui, vint en personne me demander de joindre Pierre : « Prenez votre journée et allez chez lui. Si je ne le vois pas demain à 8 heures, c’est le licenciement ! »

Mais je ne suis pas marié avec lui, merde !

 

Dans le hall d’entrée, sa boîte aux lettres dégueulait de prospectus. Je montais les marches jusqu’à la porte d’entrée. Elle était entrouverte. L’appartement était sens dessus dessous. Renseignements pris auprès de la concierge, Pierre était parti comme ça, sur un coup de tête, une drôle de petite valise à la main. On ne lui connaissait ni amis ni famille.

La vieille dame de l'épicerie en face de l’immeuble me regardait avec de grands yeux tristes.

« Ah! Monsieur Pierre est si gentil! Je n'aurais jamais cru qu'il se drogue. Vous savez, lundi, il a du faire un « bade tripe ». Un dément ! Il cherchait partout dans le magasin une clé qu’il avait soi disant perdu… ».

Il avait fait le même cirque au bistrot du coin de la rue. Un client l’aurait aperçu en milieu de semaine, errant dans les rues. Mais personne ne pu me dire où le trouver à présent.

Pierre, tu m’emmerdes avec ta clé. Mais qu’est-ce qu’il t’a pris ? Maintenant le vieux va te virer. Tant pis pour toi.

Il était presque midi et je passais devant un magasin de maroquinerie de luxe.

« Oui, c’est une clé de valise blindée. Il y est implémenté un système de sécurité. La valise et la clé émettent toute deux en permanence un signal GPS. Je serais vous, je l’amènerais tout de suite au commissariat le plus proche. »

 

Et c’est devant le magasin que vous m’avez trouvé… Maintenant vous pouvez me le dire. Qu’est-ce qu’elle ouvre cette foutue clé ?

L’homme en noir éclata de rire et s’écria:

- Le paradis, mec. Ouais, c’est la clé du paradis !

Il arma la gâchette de son flingue.

- Passes le bonjour à ton pote !

7 juillet 2009

La Clé USB nuit gravement à la Clé Mence (Sebarjo)

-Sig ?

-Ma chérie ?

-Sig... arrête...

-Arrête quoi ?

-Sig, arrête de fumer.

-Ah...Nous y voilà ! Le problème c'est que je n'ai toujours pas trouvé la clé du succès.

-C'est sûr, je le savis déjà !!! Pourtant, avec le fameux trousseau que je t'ai apporté à notre mariage, tu n'as que l'embarras du choix...Tu devrais réussir à la trouver tout seul, cette fameuse clé...

-Oui bon ça va !!! Je te signale que mon père n'était pas serrurier !!! Et puis justement c'est l'embarras du choix qui m'embarrasse !!! Ton trousseau c'est le bazar, je m'y perds... J'en ai pourtant essayé tout un jeu...Souviens-toi... Tout d'abord, la CLE Mentine, mais du coup je compensais en me bourrant de vitamines et c'était vraiment pas mieux... puis il y a eu la CLE Rette de Die, mais là je bullais sans cesse... Ah et la fameuse CLE Ptomane ? Alors là ,j'embarquais tout ce qui traînait et ça te mettait dans des états parce que tu ne retrouvais plus rien !!! J'ai même tenté la CLE Dermann mais ça me rendait tellement hystérique que je pianotais sans cesse. Et enfin le pire, les CLES Ziastiques...dès la genèse, je m'en suis roulé une avec le papier Bible !!!

-Très drôle ton inventaire... Tu devrais essayer la CLE Rvoyance !!! ...

 Non, sérieusement, qu'est-ce qui pourrait te motiver ??? Tiens, par exemple, toi qui prétends être le Roi de Wimbledon – tu ne fumes tout de même pas le gazon, j'espère ??? - le tennis, ça ne t'aide pas à vouloir arrêter, plutôt que de souffler comme un boeuf et de cracher tes poumons au bout d'une demi-heure de jeu !!!

-Ah... oui mais alors là...

-Tiens d'ailleurs, tu n'avais pas un match ce matin...

-Oui eh bien justement, figure-toi que ce fut épique !!! Je n 'ai pas pu jouer...

-Ah bon, tu étais essoufflé avant même de commencer ?

-Du tout... Il m'est arrivé une drôle d'aventure... Comme d'habitude je me rends à la salle omnisports de l'USB (Union Sportive de Bretagne)... jusque-là tout va bien, je connais encore le chemin et j'ai tout de même assez de souffle pour m'y rendre ! Non, le problème c'est quand j'ai voulu entrer dans la salle...La porte habituellement ouverte était close...

-Et alors ???

-Eh bien, figure-toi que pour entrer dans les locaux de l'USB, il faut désormais une clé USB !!! Alors avec ça hein, si même le tennis devient virtuel, ce n'est pas ça qui va m'aider à arrêter !!!

-Quelle blague !!! Tu carottes mon vieux ! Cette histoire est fumante mais ne me dis pas que c'est juste ça qui t'abat !!! Et puis hein, tu n'as qu'à te mettre à la cigarette électronique, ça se fait aussi aujourd'hui.

-C'est ça et puis je boirai mon Ricard avec des glaçons numériques !!!

-Et voilà, parce que je m'inquiète de sa santé, mÔossieur en fait tout un pastis !

Sig part, fâché en baragouinant des gna gna gna...

-Ce n 'est pas en prenant la clé des champs que tu trouveras la clé de la réussite ! Nom d'un chien, quel grincheux celui-là ! Quand il s'y met, il est pire qu'un CLE bard !!!

7 juillet 2009

Boîte à mots (Phil)

Elle me suit partout, ma boîte à mots,

Le petit machin bleu

Que je branche à la prise adéquate

Sitôt que l’ordinateur est allumé.

Boîte à mots, le petit machin bleu,

La clé USB

Qui me suit partout.

Les mots sont la vie.

Les mots sont ma vie.

C’est pour ça qu’elle me suit partout,

La clé USB.

Dans la boîte il y a des mots.

Les mots érudits.

Ceux qu’on n’emploie jamais.

Ceux du jeu des mots.

Classés là dans l’ordre alphabétique

Qui est une clé comme une autre.

Des mots que j’aurai peine à recycler.

Même au jeu des mots.

Dans la boîte il y a des mots.

Les mots vivants.

Ceux qui disent la vie d’aujourd’hui

Et celle d’hier.

Ceux qui s’envolent à tire d’aile

A travers le monde

Ceux qui fusent un jour dans l’écheveau

Des réseaux.

Dans la boîte il y des mots.

Les mots vivants.

Ceux qui sont ordonnés de telle façon

Qu’on ne sait jamais vraiment

Si les phrases ainsi construites

Disent la vie

D’hier ou d’aujourd’hui

La vie vraie

Ou une vie imaginée

On ne sait jamais

Où se trouve la frontière de ça

L’imaginaire et le vrai

Ecrits dans la boîte

On ne sait jamais

Si le contenu de la boîte

Est le reflet de la mémoire

Il n’y a pas de clé.

La boîte à mots porte un nom étrange :

Clé USB

Clé : quel nom étrange pour une boîte.

Avec quoi ouvrira-t-on la clé ?

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