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Le défi du samedi

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16 juin 2009

Mais pourquoi je me rénerve les nerfs, encore ? Je (r)sey pas ! (Joe Krapov )

Au moment où le réveil a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce voyage que nous venions de faire. Il allait falloir reprendre le collier, regagner ma cage, côtoyer les apôtres du fonctionnalisme, retrouver la caste des reclus rationnels, ces locuteurs intarissables aux yeux comme grillagés en forme de fichiers Excel, sourds au chant et insensibles aux couleurs, les « ceusses qui travaillent plus pour avoir le plaisir de gagner plus ». Leur temps est trop précieux pour qu’on risque de les voir traîner par ici afin d’y lire ce type de récits qui venait d’emplir mes rêves :

 

« Houlà, les pieds ! Le ciel est resté couvert toute la matinée. Réticent comme moi ce matin à tâter du eggs and bacon. Pain, beurre, confiture, croissant, pamplemousse, café et jus d’orange ont suffi à mon bonheur. Et puis en route ! Nous sommes allés faire le plein de Figolu Crawfords au magasin Spar puis avons acheté des sandwiches et des pommes Pink lady, mes préférées, aux halles centrales. Ensuite direction l’Esplanade et long périple tout plat sur la jetée sous le ciel blanc vers Saint-Aubin (3 miles) au bout de la baie. A la sortie de ce village la petite route monte vers des hauteurs boisées. Marina commence à peiner à cause des ampoules attrapées hier. De mon côté je me fais « alpaguer » par une mamy anglaise à l’air « shocking » qui me trouve « very special » parce que je photographie les noms des maisons et les heurtoirs de portes.

- Pourquoi vous faites ça ?

- Parce que je suis Joe Krapov, old rouspéting lady ! Je photographie tout ce qui ne bouge pas !

 

 

Jersey_1

 

Parfois il y a des exceptions, comme cet écureuil et ce faisan sur la route de Noirmont. Après avoir croisé le chemin de Belcroute (non ce n’est pas encore l’heure de casser la) nous empruntons le chemin de randonnée qui mène à la pointe. Nous l’empruntons mais nous vous le rendrons, amis Jersiais ! Au mémorial de la guerre 39-45 nous jugeons la vue sur la baie de Portelet suffisamment agréable pour ne pas nous engager sur la petite boucle initialement prévue. Tant pis, nous ne verrons pas du coup la tour et la tombe de Janvrin. Nous retournons par le chemin de Noirmont, tournons dans Portelet Lane, le chemin du Portelet et le mont du Quaisné. Quelques gouttes de pluie nous accompagnent mais elles ne dureront pas, c’est juste du pipi de cat ! Nous arrivons à la Ouaisne Bay et nous pique-niquons là en compagnie d’un goéland effronté qui lorgne sur nos casse-croûtes. (J’aime bien les mots comme casse-croûte dont le pluriel est mystérieux. Et c’est toujours un réel plaisir que d’aller déposer un soutien-gorge dans le moteur de M. Google pour voir ce qu’il a sous le bonnet !).

 

 

Jersey_2

 

A la remise en route, la plage reste jolie avec ses couleurs de mer verte, de ciel gris, ses mouettes pataugeantes, son canard de mer et son bateau jaune. Puis nous montons au cimetière marin. De là nouvelle escalade forestière vers le belvédère au-dessus de la baie de Beauport. C’est ici que Miss Ampoule jette l’éponge ! Il faut qu’elle s’allonge sur l’herbe, mette les pattes en l’air et elle demande à retourner sur la route B45 pour choper un bus et revenir à la case départ sans toucher 20 000 £. Ca va pas la tête ? Je la menace de publier la photo de ses jambes sur Internet si elle ne change pas de discours et, superbement généreux bien que non natif du signe du lion, je lui accorde dix minutes de repos pendant lesquelles je m’esbigne pour photographier la baie de Beauport.

 

Finalement remise sur pied après cette partie de jambes en l’air [sic] Marina décide de poursuivre la route jusqu’au cromlech invisible puis jusqu’à la moche prison de l’île, bien moins hospitalière que le Norfolk lodge Hotel où nous séjournons depuis jeudi. Bien lui en a pris, elle souffre moins des pieds, ma belle plante ! Plus loin le sentier redevient côtier tout du long et surplombe de belles falaises mi-irlandaises, mi écossaises et mi-bretonnes car tapissées de genêts (ou d’ajoncs, je ne sais jamais lesquels piquent !). Quand nous arrivons au phare de Corbière, le soleil se lève enfin, le ciel se dégage et la récompense est là : nous achetons une glace à la cerise noire (black cherry) pour elle et une à la noix  de coco (coconut but with a curious saveur of fruits de la passion !) pour moi. « Beware of the seagulls ! » nous conseille le marchand qui ne fera jamais fortune puisque ces deux glaces ne nous coûtent que 2,80 £. « Les mouettes ! » Ah bon ? Elles attaquent en piqué comme celle de Gaston et vous piquent le cornet ou bien elles déposent un gateau sur la cerise ?

 

 

Jersey_3

 

Courageusement, malgré la présence toute proche d’un arrêt de bus, Epouse-courageuse-qui-marche-sur-des idées-géniales-de-bandes-dessinées m’accompagne sur la Corbière walk. Sur le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer vers Saint-Aubin il y a maintenant un joli chemin de terre bordé de pins et écrasé de soleil revigorant.

 

Nous n’irons cependant pas jusqu’au bout. Après avoir longé un terrain de golf et croisé d’étranges fleurs oranges, nous bifurquons après le Clos des sables, prenons la petite rue des Mielles et revenons à Red Houses où nous trouvons un arrêt de bus. 8 minutes après, le véhicule bleu stoppe à notre hauteur. Pour trois livres en liquide, le chauffeur nous ramène à Saint-Hélier. Il n’a pas l’air bourré comme ça mais il l’est : il roule complètement à gauche tout au long du trajet, ce fou ! Heureusement, en face, les autres ont bu aussi et font pareil ! Ca fait peur, quand même !

 

Il nous dépose devant la Frégate, nous rentrons nous écrouler et nous doucher à l’hôtel. Le soir à la pizzeria « Express », dans une ambiance « sortie en famille du samedi soir » je me régale d’une Four seasons en hommage à Antonio Vivaldi qui fut longtemps mon compositeur préféré avant que je ne devienne fan invertébré de la plus baroque encore Iowagirl. Bien que cela ne soit pas très diététique, je goûte à une Péroni Gran riserva, une bière italienne qui ressemble un peu à la Leffe et que je recommande à Walrus pour patienter pendant les pauses trilili de Madame ! Attention, les gourmand(e)s ! On ne sert pas de desserts dans les restaurants de Jersey le soir ! Même aux gens qui ont marché 22 kilomètres !»

 

Voilà ! Quand le radio-réveil a sonné, il m’a tiré de mon paradis perdu (lost paradise !) et de mes vannes à deux balles pour me faire entendre la dernière saillie de M. Heurtefoi. Hélas pour moi, il fallait que je retourne dans la réalité, chez M. Hajtyla et chez Mme Yonyon, avec, pour résister toute une sainte journée, le seul soutien solidaire de Stella Monétoile, ma voisine hypotendue chez qui je vais prendre ma pause-pomme.

 

Madame Yonyon ! C’est l’exemple type de ce que je dénonçais gentiment au début ! Elle le sait bien pourtant que je suis un fou de Venise ! Il y a des calendriers pleins de gondoles partout sur les murs de mon bureau ! Eh bien pensez-vous qu’elle aurait pris ne serait ce que trente secondes de son temps pour me raconter son séjour de cette année au carnaval de la cité des doges ? Que Tarchinenni, comme on dit chez Exbrayat !

 

Et Brice Heurtefoi ! C’est peut-être un homme exquis dans le privé bien que, je le vois d’ici, certains étrangers sans papiers parmi vous me semblent en douter. Lui, tout ce qu’il trouve à me dire ce matin c’est qu’il songe à repousser plus loin encore l’âge du départ à la retraite !

 

M’enfin Marina, explique moi ! Moi, Joe Krapov, je ne comprends pas tout ! Pour combler le déficit de l’Etat et le trou de la Sécu, on ne pourrait pas plutôt mieux partager les richesses, piocher dans les milliards à Total ou dans ceux de Carcopino qui rachète les palais de Venise pour y exposer ses croûtes ? Ils en font quoi, à part ça, de leur pognon, tous ceux qui en ont ? Tu dis ? Ils le planquent ! Où ça, que je fasse un casse ! Dans des paradis fiscaux ? Mais où ça donc ? Quoi ? A Jersey ?

 

Waooh ! A Jersey !

 

OK, je n’ai rien dit, rien écrit.

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16 juin 2009

Hors ligne (Virgibri)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. J’aurais dû dire non à ce énième trajet, mais le capitaine 47 était cloué au lit. J’étais le seul pilote disponible. J’en ai pourtant plein les pattes, et le décalage horaire me tue. Je n’ai même pas eu le temps de me remettre de l’aller-retour en Argentine.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Encore une énième conférence sur l’œuvre de Proust à donner. Mais qu’est-ce qui m’a pris de me spécialiser sur un auteur aussi célèbre et couru ? J’aurais dû en choisir un quasi inconnu du grand public. Mais bon, Marcel et moi, ça date d’il y a si longtemps… Je me souviens de cette première lecture Du côté de chez Swann, difficile et inaccessible, tant et si bien que je me devais de recommencer par plusieurs fois les phrases aux tournures alambiquées, aux sujets rejetés, aux propositions emboitées – et la merveille, la révélation à mon cerveau lorsque ce puzzle devenait une image nette et splendide, un tableau de maître auquel j’avais enfin accès, comme un pirate découvrant par miracle la malle aux trésors ardemment cherchée pendant des années !

Au moment où le réveil a sonné, j'ai r’gretté d'avoir accepté ce voyage. Bobonne qui réclamait un cadeau pour nos trente ans de mariage, et patati et patata. On verra le carnaval, blabla. Ouais, ben moi, tout ce qui m’intéresse dans c’t’histoire, c’est de voir des minettes rouler des hanches gratos devant moi, avec leurs gros lolos qui s’agitent, sans que mémère vienne râler !

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Je n’avais pas envie de laisser les enfants à mes beaux-parents, ces gens sans goût et sans tendresse, qui nous avaient reproché tant de fois « d’avoir fait des mômes en toute indécence », puisque nous n’étions pas mariés. Le reproche changera dorénavant, puisqu’on nous parlera d’avoir tant tardé, d’avoir jeté l’opprobre sur la famille, tout ça. Mais au moins, nous sommes unis officiellement maintenant. Je me moquais de ce que nos familles pouvaient penser. Mais protéger les enfants, c’est tout ce qui m’importe. Et voilà qui est fait. Sébastien voulait absolument que nous partions loin pour notre voyage de noces, et seuls pour que l’on se retrouve vraiment, a-t-il dit. Moi, je me retrouve quand ma tribu est là : mon amour, ma petite princesse et mon petit homme … Un voyage en France m’aurait suffi, et les enfants, ce sont mes rayons de soleil. Pas besoin de partir de l’autre côté de l’Atlantique pour être heureuse.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Je n’ai plus l’âge de faire des orgies, je crois. Le nouveau petit steward était pourtant à croquer, et je ne regrette pas cette nuit passée à le dévorer. Je pense qu’il a été surpris de découvrir que le mythe de l’hôtesse de l’air n’est pas mort… Si je le retrouve sur un prochain vol, je lui ferai danser la capoiera à deux sous les draps ! Oh punaise, ma tête… Mes amis aspirine et fond de teint vont encore me sauver. Allez, je vais appeler un taxi pour ne pas être en retard cette fois-ci.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Mon psy m’avait dit : « Prouvez-vous que vous êtes acteur de votre vie ! » Le seul truc que j’ai trouvé à faire, puisque je passais des heures sur le net, ça a été de surfer sur des sites de voyages de dernière minute. Une offre irrésistible, hors saison, au soleil, avec l’excuse culturelle du carnaval. J’ai été un bon danseur, autrefois. Enfin, surtout avec Michèle. Bien avant qu’elle ne me quitte. Je me suis dit qu’aller là-bas, en terre de la samba, me redonnerait peut-être l’envie de danser, et que je pourrais reconquérir Michèle…

 

 

Au moment où le téléphone a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce poste de dirigeant d’une compagnie aérienne…

16 juin 2009

- Début de voyage - (Akel)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage. Sans même jeter un regard à l'engin infernal, je devinais qu'il était déjà tôt, très tôt. Cinq heures moins dix. Super.

Je gesticule encore quelques minutes, désireux de profiter de la fraîcheur des draps. Imane a déjà dû se lever, j'entends quelques bruits provenir de la douche. Des jurons, c'est sûrement elle. Elle ne changera jamais, toujours elle, ça. Même si elle est souvent de bonne humeur, elle ne peut s'empêcher de jurer quand les objets lui échappent des mains. Paf ! Et de deux. C'est sûrement son shampoing préféré, ça, j'en suis presque sûr.

Pourvu qu'elle ne tombe pas. Elle est si maladroite, parfois...

Les minutes passent sans que je ne m'en rende compte. Les bras et les jambes en croix, je contemple le plafond en silence, me demandant ce qui va arriver, ensuite. Imane et les surprises, ça a toujours fait des étincelles. Quand je pense à toutes les catastrophes que ça a engendré par le passé, je me demande pourquoi est-ce que j'accepte encore de la suivre. Franchement, je devrais me surveiller plus.

Même si, d'un autre côté, elle sait se montrer très persuasive. Dieu, c'est une chose qu'on ne peut lui enlever !

Je jette un coup d'œil au réveil. Cinq heures et douze minutes. Je fronce les sourcils, inquiet. Déjà vingt minutes et elle n'est toujours pas sortie. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien faire, à la fin ? Elle a fait tomber son savon, ou quoi ? … Non, aucun bruit n'émane de la salle de bain. Alors ? Et si j'allais voir ce qui se passe, hein ? Hum, non non. Calme-toi, elle finira bien sortir.

Pour m'occuper l'esprit, je descends au rez-de-chaussée et me mets en tête de préparer le petit-déjeuner. Je suis en train de mettre les couverts lorsque j'entends des bruits de pas accompagnés d'un petit tapage à travers le plafond. Imane et la discrétion, ça fait deux. Je secoue la tête en songeant à la lointaine époque où nos voisins de tout l'immeuble se plaignaient du boucan qu'elle faisait, autant de jour comme de nuit.

Maintenant que j'y pense, je n'ai jamais réussi à la calmer, j'ai à peine eu la bonne idée d'acheter une maison. Comme ça, plus de problèmes, plus de plaintes, plus d'insomnies.

La paix... Enfin, à quelques détails près.

Je l'entends faire d'autres va-et-viens et je me sens vaguement coupable. Elle a toujours pris l'habitude de faire elle-même nos bagages. Ce genre de choses ne m'a jamais vraiment dérangé. En fait, n'importe quoi ferait l'affaire, du moment que ce soit convenable. Et décontracté, surtout.

Peut-être que les voyages lui ont toujours fait cet effet-là ? Non, elle a toujours été très énergique, alors... une envie de me faire plaisir ? Hum, non, rêve pas, mon bonhomme, rêve pas.

Un silence relatif s'installe dans la cuisine. Bêtement je me demande s'il ne lui est pas arrivé quelque chose. La pluie crépite doucement contre la fenêtre, et je soupire. Drôle de temps pour faire un voyage, quand même.

Quelques minutes plus tard, c'est une toute autre ambiance qui règne dans la cuisine. Ma femme est descendu en quatrième vitesse et elle dévore à présent avec appétit le petit-déjeuner que je lui ai servi. Elle a des manières peu conventionnelles (bon, j'avoue, c'est parce qu'elle est plutôt pressée, en ce moment), mais j'adore toujours autant la regarder manger. Tout à l'heure, j'avais oublié qu'on s'était depuis longtemps mis d'accord sur la procédure. Quand on avait un voyage de prévu, comme aujourd'hui, elle se chargeait de nos bagages tandis que moi je devais préparer le petit-déjeuner, comme un célibataire le ferait. Quoique c'était toujours un petit-déjeuner pour deux – enfin, très très peu pour moi –, bien sûr.

J'avais oublié de mentionner que ma femme adorait parler et manger en même temps. Les plus conservateurs d'entre vous diront peut-être que c'est très révélateur, mais je m'en fiche. J'ai toujours adoré la regarder manger, en silence, sirotant de temps à autre mon café sans sucre. Admirateur émerveillé ? Meuh non, bien sûr que non.

Parfois, elle variait la formule, et se contentait de secouer la tête en rythme, heureuse d'écouter sa chanson préférée dès le matin, un peu comme en ce moment.

"You, you're such a big star to me
You're everything I wanna be
But you're stuck in a hole and I want you to get out
I don't know what there is to see
But I know it's time for you to leave.
" 

Shine, de Take That. C'est pas le genre de musique que j'écoute, mais j'ai fini par adorer. Un peu comme elle, tiens.

Sous la table, mon pied lui aussi, bat en rythme.

"Au fait, aujourd'hui j'ai décidé qu'on allait faire un tour à Azrou, passer par Ifrane, puis après revenir à Fès. Ça te tente ?
- Hm-hm."

Ouaip. Finalement, c'est pas plus mal, comme ça.

J'adore tes petites surprises, ma chérie.

16 juin 2009

Rêve (Brigou)

Au moment où le réveil a sonné j’ai regretté d’avoir accepté ce voyage et j’ai préféré me réfugier dans les reflets de mon rêve.

Les yeux entrouverts entre sommeil et conscience, entre ici et ailleurs, je me suis laissée porter. Comme s’il y avait une autre vie, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Une vie dont les contours sont redessinés, où tout est possible. Une vie tellement belle, tellement forte qu’elle déborde et inonde de couleurs.

Ce rêve si troublant et si tentant, je l’ai apprivoisé et je l’ai gardé tout contre moi…

16 juin 2009

2+2=4 (Tilleul)

Au moment où le réveil a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce voyage…

Non ! Cette phrase ne termine pas un livre que j’aurais écrit… Je ne m’appelle pas John-John Smith et je n’ai pas besoin de réfléchir pour choisir entre des madeleines ou des petits LU, je prendrais les deux !

Je ne dois pas non plus rejoindre les Pyrénées et partir très tôt en prévoyant des « arrêts pipi » pour atteindre Paris avant sept heures…

Celui que j’aime depuis longtemps m’accompagne,

Celui que j’aime depuis longtemps ;

Celui que j’aime,

Bref ! Il fait partie du voyage ! Nous avions même prévu de fêter nos vingt ans de mariage en amoureux… C’était un peu comme si nous recommencions notre lune de miel…

C’est hier soir que nos beaux projets sont tombés à l’eau…

« Allo, mon chéri ? C’est maman ! J’ai une belle surprise pour vous deux… Papa et moi voulions prendre aussi des vacances… Tu ne devineras jamais ! En consultant les départs « dernières minutes »,  il restait justement deux places dans votre avion… »


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15 juin 2009

MAP offre sa tournée, mais qu'a-t-elle mis dans nos verres ?

15juin

Où en sommes-nous ?

Joye, Papistache, Walrus, Moon, Poupoune, PHIL, Vegas sur sarthe

15 juin 2009

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage (Vegas sur sarthe)

Au delà des nuages, à bord du grand oiseau
moment de féérie mais plaisir solitaire
l'éclat du soleil mélange ciel et terre
le nouveau monde est là  mais sans toi c'est moins beau

réveil
en décalé, que fais-tu à cette heure
a force de compter le temps parait si long
sonné mon téléphone? j'ai rêvé pour de bon
j'ai hâte d'appeler Mona, mon petit coeur

regretté de n'avoir pas assez insisté
d'avoir à délaisser notre nid pour un temps
accepté pour mes fils et mes petits enfants
ce périple sans toi qui va tant me manquer

voyage qu'on fera toi et moi, promets-le

15 juin 2009

Le canal du centre (Phil)

Lucie est venue me chercher hier et nous sommes rentrés à la maison. Je suis heureux de me retrouver chez moi, même si je sais que plus rien ne sera comme avant.

 

Ce matin, je me suis réveillé de bonne heure. J’entendais les hirondelles s’affairer dans leurs nids accrochés sous l’avancée du toit, j’entendais les merles chanter leurs éphémères victoires sur le cerisier. Lucie dormait près de moi et ému, je me laissais bercer par le doux chant de sa respiration.

 

Au moment où le réveil a sonné, j’ai regretté d’avoir accepté ce voyage.

Mais je dis n’importe quoi, bien entendu. Je n’ai pas eu à proprement parler à accepter le voyage. Cette entreprise inconsidérée, c’est juste ma petite voix interne, ou mon petit doigt, c’est comme on veut, qui me l’a suggérée. Et puis il est bien temps de me lamenter, maintenant que ça fait des semaines que le voyage est terminé.

 

C’était donc il y a des semaines. J’étais seul à la maison, Lucie étant partie pour quelques jours à Montmorillon, chez son amie Karine. Ne me demandez pas pourquoi cette dernière s’était retirée dans un patelin pareil, je n’en ai aucune idée. Lucie m’avait téléphoné dans la soirée. Elle m’avait raconté des choses anodines sur le contenu de ses journées là-bas, et à vrai dire je n’avais aucune idée de ce qu’elle y faisait. Ceci dit, j’ai toujours eu confiance en elle, et aucun soupçon de tromperie ne m’était venu à l’esprit. N’empêche que Lucie me manquait.

 

Après qu’elle avait raccroché, je m’étais accordé un petit remontant sous la forme d’un peu de schnaps dans ma tasse de café, dans le fond de laquelle séchait un reliquat de sucre cristallisé. Oui, bon. Le terme « un peu » est assez relatif, je sais. J’avais un peu rempli la tasse, en fait. J’écoutais Gerry Mulligan quand, sans qu’il y ait un rapport bien évident, je me suis mis dans l’idée de chercher la dernière revue de décoration que Lucie avait achetée en même temps que sa feuille de chou mensuelle. Et c’est en farfouillant de le porte-revue que je suis tombé sur la plaquette. Et que les bras m’en sont tombés. Il se trouve qu’à Montmorillon, obscure sous-préfecture du Poitou, est organisé tous les deux ans au mois de juin un salon du livre. J’avais en main la plaquette présentant la troisième édition de cette auguste manifestation et je me suis dit que Lucie avait certainement dû y faire un tour, vu qu’elle était sur place à la bonne date. Par curiosité j’ai ouvert le dépliant pour voir quels auteurs pouvaient bien se rendre dans un trou pareil, et j’ai été assez surpris d’y trouver nombre d’auteurs connus, et même certains que j’aimais bien lire, et d’autres moins connus, et c’est là que j’ai eu un choc.

 

Je me suis frotté les yeux. Mais non, je n’avais pas rêvé. Le nom de Lucie figurait bien parmi la liste des écrivains présents sur ce salon, qui n’était manifestement pas si modeste qu’on aurait pu croire.

Je savais que mon épouse consacrait une bonne partie de son temps libre à l’écriture, c’était difficile de l’ignorer. J’aimais même la regarder écrire. Elle semblait vivre physiquement cette activité, je ne sais pas comment décrire cela. L’écriture est un combat, disait-elle parfois, et c’est exact qu’elle semblait devoir déployer un effort physique considérable. Par contre j’ignorais complètement qu’elle ait pu publier un de ses textes. Elle ne m’en avait jamais parlé, j’ignore pourquoi. Je voulais t’en faire la surprise, dirait-elle plus tard. Quand il serait trop tard.

 

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Il y avait comme une urgence. Je voulais voir Lucie dans l’instant, je voulais la prendre dans mes bras, je voulais me noyer en elle. Je me suis mis au volant de la Golf et je suis parti. Il était plus de minuit, j’avais au minimum cinq heures de route et j’avais bu du schnaps, mais je n’en avais cure. Une petite voix interne me susurrait que je devais voir Lucie. Je n’ai pas fait attention aux paysages familiers, je ne me souviens pas clairement d’avoir passé la Saône, pourtant le j’ai fait. Je ne me souviens pas clairement d’avoir passé Montceau les Mines, Paray le Monial et Digoin. Pourtant je l’ai fait. Je me souviens que le camion qui me précédait était jaune et vert, et qu’il venait de Lyon. Je ne peux que m’en souvenir, c’est la dernière chose que j’ai vue avant de tomber dans le canal. C’est la dernière chose que j’ai vue.

 

Je ne sais pas comment je m’en suis sorti. Je me suis réveillé dans une chambre d’hôpital.

Je ne sais pas de quelle couleur en étaient les murs.

Je ne sais pas ce qu’on voyait de la fenêtre.

Je ne sais pas si l’infirmière était blonde ou brune.

Je ne sais pas la couleur des vêtements que portait Lucie. Du bout de mon index, je suivais les larmes qui ruisselaient sur son visage.

 

Ce matin, quand je me suis réveillé, je savais qu’il faisait jour, puisque les oiseaux chantaient, mais je ne savais pas si le ciel était bleu.

Je ne verrai jamais l’ordonnancement des phrases de Lucie. Je ne verrai pas s’ils ont mis une jolie illustration sur la couverture de son roman. Ce soir, quand elle reviendra de l’école, je lui demanderai de m’en lire un chapitre. 

15 juin 2009

de retour (Poupoune)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage.

Ecrasée de chaleur malgré l'heure matinale, j'étais comme collée au matelas par la sueur. Entre le ronron lancinant du ventilateur qui ne servait qu'à brasser un peu d'air chaud et un moustique tenace que je n'avais pas réussi à tuer, je n'avais pour ainsi dire pas dormi.

Je me suis extirpée du lit avec lenteur, comme dans du coton, le moindre de mes gestes nécessitant un effort dans la moiteur de cette chambre d'hôtel miteux.

J'ai essayé de me rafraîchir sous le fin filet d'eau qu'offrait la douche, mais en vain. A peine sèche, j'étais de nouveau humide de sueur. J'ai enfilé une robe légère, noué mes cheveux sur ma nuque et je suis descendue déjeuner.

Je me suis installée au bout d'une grande tablée de touristes fraîchement débarqués avec qui j'ai échangé quelques mots polis et je me suis forcée à manger un peu de pain sec et de beurre rance, que j'ai fait passer avec du mauvais café.

Je n'arrivais toujours pas à comprendre ce qui m'avait poussée à accepter de venir... Dix ans avaient passé et je m'étais juré de ne jamais remettre les pieds ici. Il avait pourtant suffi d'un coup de fil.

J'ai décliné les offres de chauffeurs de taxi plus ou moins autorisés qui se proposaient de m'emmener à peu près n'importe où et je suis partie à pieds.

Dix ans, mais rien n'avait changé. Les routes poussiéreuses, les trottoirs inexistants ou défoncés, les étals de viandes côtoyant ceux de vis, boulons et autres écrous graisseux, la cahute branlante du coiffeur adossée au maquis où l'on n'est jamais sûr de trouver une boisson fraîche... et le bruit, le monde, l'effervescence, malgré le poids écrasant d'un soleil déjà de plomb.

Dix ans, mais je n'avais pas oublié le chemin du commissariat. Je croyais avoir pourtant réussi à tout oublier de cette histoire, mais à peine avais-je entendu l'écho caractéristique quand j'avais reçu l'appel que tout m'était revenu. Notre décision précipitée de partir, la préparation hâtive du voyage, notre arrivée et nos premiers déboires à la douane, qui n'avaient entamé ni notre bonne humeur ni notre soif d'aventure. Et puis ce fameux jour où on était partie chacune de son coté... on devait se retrouver à l'hôtel. Je ne l'ai jamais revue.

Ça avait duré des semaines. Chaque jour je m'étais rendue au commissariat, j'avais raconté mon histoire des centaines de fois, passé des heures, dégoulinante de sueur dans une pièce où il devait faire cinquante degrés, à ne reconnaître personne sur des centaines de mauvaises photos qu'on me montrait, rien. J'avais cru que je ne rentrerais jamais, mais les flics avaient fini par me laisser repartir, en promettant de me contacter s'ils avaient du nouveau.

Dix ans.

La communication avait été très mauvaise, mais j'avais compris qu'ils voulaient que je revienne.

15 juin 2009

Dominique (Moon)

Il n’y avait que trois endroits où je n’aurais pas voulu être.

Chez ma mère à Charleville :

« Je m'ennuie beaucoup, toujours ; je n'ai même jamais connu personne qui s'ennuyât autant que moi. »

A Louxor dans le temple avec Philippe.

« Je n’écrirai plus sur les murs qui virent la majesté. »

A Ashoqa, pas loin de Kandahar, le jour où on a découvert les pendaisons.

« Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées, un morceau de chair tremble à leur maigre menton »

Mais aujourd’hui, je n’étais pas loin d’en ajouter un quatrième. Celui où je me trouvais.

Au moment où le réveil avait sonné, j’avais regretté d’avoir accepté ce voyage.

Ce voyage à Coëtquidan qui avait décidé de ma vie aujourd’hui…

Bien entendu la carrière militaire avait toujours été une éventualité pour moi, papa était le héros de mon enfance et ses missions, ses départs, ses retours avaient rythmé mes jours et mes rêves de fillette.

Mais le commandement… Qu’est-ce qui m’avait pris ? Qu’est-ce que j’allais faire avec ce régiment qui n’avait jamais vu une femme à sa tête ? Comment allaient-ils me regarder et quels murmures allais-je entendre dans mon dos ? Aurais-je encore à prouver qu’on peut être une femme de rigueur sans être agressive ?

Que dirais-je à tous ces journalistes qui s’extasieraient sur mon parcours ?

Qu’est-ce que j’allais surtout dire à tout le régiment aujourd’hui pour expliquer que j’allais les mener à la dissolution en si peu de temps ?

« Vous êtes heureux d’apprendre que je vais vous disperser dans d’autres unités… »

Et si je retournais au lit me plonger dans mon beau volume de la Pléiade que m’a offert Philippe avant de partir ?  Le papier bible est si doux aux mots de Rimbaud…

14 juin 2009

MAP offre sa tournée

14juin

Où en sommes-nous ?

Joye, Papistache, Walrus

14 juin 2009

On t'a sonné ? (Walrus)

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage.

Parce qu'avec la manie centralisatrice des Français —et c'est pas avec Nicolas Ier, le champion toutes catégories de la Tsar Academy, que ça va s'arranger— si tu veux atteindre le pied des Pyrénées dans la journée, faut être à Paris, où mènent toutes les autoroutes, au plus tard à sept heures.

Et pour être à Paris à sept heures en respectant les arrêts pipi de Madame, tellement réguliers et fréquents qu'on en viendrait à penser que c'est Madame qui a une prostate, ben faut partir à quatre heures.

Et pour démarrer à quatre heures, avec le chargement des bagages en plus du reste dont le trilili de Madame, je vous dis pas l'heure à laquelle il faut se lever !

Voilà pourquoi au moment où le réveil a sonné, non seulement j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage, mais en prime, j'ai même pas osé regarder l'heure !

14 juin 2009

L'embarras du choix (Paspistache)

“Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage.”

Fin

John-John Smith reposa, sur le maroquin élimé du bureau, son stylo-plume Parker — celui que son père lui avait acheté au monoprix de Saint-Symphorien-le-Château pour son entrée en 6e — . Le roman qui occupait ses jours depuis plus de huit mois était enfin achevé. Il allait pouvoir reprendre une vie sociale : aller au cinéma — tant de nouveautés lui avaient échappé — ; diner avec ses amis — il ne sortait pas de sa chambre tant que l‘œuvre sur laquelle il planchait n‘était pas achevée ; goûter les myrtilles des Vosges — il repoussait depuis trop longtemps la proposition de sa petite sœur exilée à Remiremont ; accompagner Sylvie en Toscane —elle n’osait même plus lui en parler— ; accepter cette tournée des plus prestigieuses universités européennes que son éditeur et ami tenait tant à lui voir effectuer ; traverser la Mongolie à dos d’âne avec Florence — son amie d’enfance — ; diriger la caravane qui localiserait, enfin, la météorite géante que Théodore Monod chercha en vain toute sa vie ; balayer le désert de cailloux du plateau de Nazca ; enchaîner — en costume d’époque— les périples historiques de la conquête des pôles de Roald Amundsen, Robert Peary et Frederick Cook  en une seule saison ; collecter l’intégralité des déchets spatiaux en orbite terrestre à l’aide du révolutionnaire filet en dentelle du Puy mis au point par son voisin, professeur émérite au Small House’s Institute ; au risque de voir sa masse tendre vers l’infini, accélérer l’allure, doubler l’instant T zéro et tutoyer le Grand Ordonnateur des Choses...

On frappa à la porte ; bien qu’il ne fût pas le dernier homme sur la Terre, John-John Smith sursauta. François, l’aide-soignant de jour, ouvrit sans attendre que quiconque l’y invitât :
— Votre thé, Monsieur John. J’ai pris la liberté de  remplacer les sablés bretons par des petits Lu, nous sommes en rupture de stock... vous comprenez... les vacances d‘été qui se profilent, l’inventaire... à moins que vous ne préfériez une madeleine de Commercy.
L’odeur du thé noir  chatouilla agréablement les narines de l'écrivain. Des petits Lu ? il n’en avait pas trempé dans sa boisson de 17 heures depuis le dernier inventaire, en juin de l’a
nnée précédente ; une madeleine ? c'était tentant également.  John-John Smith actionna la manette électrique de son fauteuil roulant ; le gouter serait servi près de la fenêtre : 2,50 m ; il réfléchirait pendant le trajet et annoncerait sa décision à François...

13 juin 2009

ATTRITION (Joye)


 

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté.

Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté.

Au moment où le réveil a sonné.

Au moment.

 

Comme ça, je m’en allais vers un autre pays, où je ne connaissais personne, loin de tout.

Comme ça. je m’en allais vers un autre pays, où je ne connaissais personne.

Comme ça, je m’en allais vers un autre pays.

Comme ça, je m’en allais.

Comme ça.

 

Éperdument, je t’avais demandé de m’accompagner, mais sans une larme, tu m’as refusé.

Éperdument, je t’avais demandé de m’accompagner, mais sans une larme.

Éperdument, je t’avais demandé de m’accompagner.

Éperdument, je t’avais demandé.

Éperdument.

 

Et voilà que nous avons enterré tout notre amour, notre vie à deux, notre passion.

Et voilà que nous avons enterré tout notre amour, notre vie à deux.

Et voilà que nous avons enterré tout notre amour.

Et voilà que nous avons enterré tout.

Et voilà.

 

C’est ainsi que j’ai appris à vivre ma vie jour par jour, moment par moment.

C’est ainsi que j’ai appris à vivre ma vie.

C’est ainsi que j’ai appris à vivre.

C’est ainsi que j’ai appris.

C’est ainsi.

 

13 juin 2009

Au revoir

Comme certains d'entre vous le savent, j'ai des projets personnels qui me prennent de plus en plus de temps.
Tellement de temps, hélas, que je ne peux plus assurer mon rôle ici.
Je 'prends ma retraite' des défis...
Bien sûr, je repasserai, commenter et participer. Mais beaucoup moins qu'avant, j'en ai peur.

Je suis néanmoins très heureuse d'avoir pu faire ce bout de chemin avec vous. Vous m'avez tous et toutes épatée avec vos textes et vos créations, et grâce à vous, je peux assurément dire que les défis ont encore une longue vie devant eux.

Merci, et grosses bises à tous.

13 juin 2009

Consigne #65

Cette semaine, une consigne 'convenue' mais dont vous saurez sans aucun doute tirer le meilleur parti: utiliser un incipit (où vous voulez dans votre texte).

Je vous propose l'incipit suivant:

"Au moment où le réveil a sonné, j'ai regretté d'avoir accepté ce voyage."  (La fascination du pire, de Florian Zeller).

J'espère que ça vous inspire! Envoyez vos petits bijoux à l'adresse habituelle:
samedidefi@hotmail.fr

12 juin 2009

Chez Virgibri : Dernier jour avant fermeture !

CHEZVIRIGBRIVENDREDI

Où en sommes-nous ?

Walrus, Zigmund, MAP, Tiphaine, Alice, Moon, Joye, Val, Plume Dame, rsylvie, Vegas sur sarthe, PHIL, Poupoune, Virgibri, Tiniak, Joe Krapov, Caro_Carito, Tilleul, Stipe, Tiphaine (bonus), MAP (jeu)

et arrivé tard dans la nuit Shivaya-warduspor

12 juin 2009

Souvenir d’un grand film. Lequel ? (MAP)

Dans le silence qui suivit
la grande désintégration
les cœurs des amants pétrifiés
battaient, battaient à l’unisson !


Amants


MAP

12 juin 2009

toqué ! (shivaya-warduspor)

Il avait sûrement commencé à perdre la boule depuis un moment, mais il était sûr d'avoir entendu un coup à la porte.

 

"ça se fait pas des trucs pareils, pas à moi, a-t-il aussitôt pensé. D'accord je suis encore tout chamboulé, mais non, je suis pas fou à ce point !"

 

Il aurait pas dit qu'il avait la trouille, mais il aurait pas dit non plus qu'il l'avait pas... pour tout dire il savait pas quoi penser de ce boum.
Rien ne filtrait plus dehors ni dedans, tous les sons se résumaient en ce seul : boum !

 

"C'est comme cette machine dans ma tête ! Machines sourdes et tempête... si ça se trouve, j'en ai pris un coup dans le cigare, moi. Déjà, je suis toujours en vie, mmm... boum... c'est déjà ça."

 

Il marchait seul... boum, dans cette pièce. Et son coeur battait fort dans sa tête, boum.

 

"Pour sûr, je me l'étais répété et répété... Je te survivrai, je te survivrai, je te survivrai... et ça avait marché. Mais ce nouveau boum me fait l'effet d'un nouveau coup de folie, c'est pas fini, folie, fini, ooooOOOooooh"

 

Il se mettait à entendre des boums partout... il était fou, enfin, pour de bon cette fois. Il allait pouvoir supporter cette existence de solitude et d'angoisse. Il savait qu'enfin il ne défendrait plus son bien, le cul sur la commode. Il en descendit même, d'un bond. Mais au lieu de tomber, il s'éleva dans la pièce. Pas de beaucoup, mais il avançait dans les airs, à deux doigts du plafond. Un genre de cosmonaute d'intérieur. Il lui semblait que jamais rien ne l'empêcherait plus d'aller plus haut.

 

"Je suis comme l'oiseau... murmura-t-il dans un souffle extatique en lévitant vers la porte."

 

Et là, boum !

 

"Ni une ni deux, rien compris, me suis retrouvé le cul par terre. Boum. J'avais l'air d'un con, mais je m'en foutais pas mal vu qu'y avait pu un rat pour me voir dans c'foutu bled."

 

Boum !

 

"A moins que... ?"

11 juin 2009

Chez Virgibri : On essaie le jeudi ? Bingo, c'est ouvert !

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

CHEZVIRIGBRIJEUDI

Où en sommes-nous ?

Statu quo :

Walrus, Zigmund, MAP, Tiphaine, Alice, Moon, Joye, Val, Plume Dame, rsylvie, Vegas sur sarthe, PHIL, Poupoune, Virgibri, Tiniak, Joe Krapov, Caro_Carito, Tilleul, Stipe, Tiphaine (bonus)

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Le défi du samedi
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