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Le défi du samedi

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2 juillet 2009

Défi de Tiphaine

Chapitre LXVII (Tiphaine)

 

Le plaisir ne dure qu’un temps.

Akinisi et Anosmik étaient étendus, comme sans vie, ils regardaient le ciel.

Cette planète était étrange et ne ressemblait guère à la leur.

L’herbe rose, le ciel orange et jusqu’à ce soleil aux rayons bleus ne cessaient d’émerveiller la jeune voyageuse.

Son compagnon, lui, essayait de calculer l’éternité que devrait leur prendre le trajet retour.

 

Akinisi : Regarde ! Mon amour ! Comme ils sont beaux ces nuages !

Anosmik : Oui, oui…

Akinisi : Oh ! Vise un peu celui-là ! On dirait notre fusée !

Anosmik : Moi je trouve qu’on dirait une bite…

Akinisi : Pffff… Tu ne comprends vraiment rien à la poésie du monde, toi… Oh ! Tu as vu le gros nuage là-bas ? Regarde ! Tu ne trouves pas que ça ressemble à un de ces angelots joufflus qu’on voit dans les vieux livres ?

Anosmik : Hum…

Akinisi : Quoi ?

Anosmik : Rien, rien…

Akinisi : Mais si, vas-y…

Anosmik : On dirait juste une grosse paire de fesses, c’est tout.

 

Akinisi se leva rageusement et fit mine de s’en aller. Anosmik ne dit rien. Il avait la rage profonde mais discrète. De même que la douleur.

Relevant la tête, il aperçut au loin l’adversité. Comme tous les soirs, elle tissait… Voulant se rattraper de sa précédente maladresse, et peut-être motivé par le fait que cette romantique personne était la seule du sexe opposé à des années lumière à la ronde,  il interpella courtoisement sa compagne qui s’éloignait à présent :

- Mignonne ! Regarde l’adversité tout là-bas ! Que te semble-t-elle tisser, ma douce ?

Akinisi scruta l’horizon un long moment, puis déclara pensivement :

- Desseins… de noirs… desseins…

Perplexe, Anosmik se rembrunit soudain.

Il ne comprendrait décidément jamais rien aux femmes…

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1 juillet 2009

L'été nouveau est arrivé ...

Poissons

Où en sommes-nous ?

Walrus, Vegas sur sarthe, MAP, Joye, Tilleul, PHIL, Brigou, rsylvie, Joe Krapov, Moon, Virgibri, Toltek

1 juillet 2009

Consigne 67 (Toltek)

Chapitre LXVI

 

« Alors, mon bon Trousse-Laine, quoi de mieux qu'un bon bain dans l'onde fraîche pour se remettre de ses émotions ?

- Ah, Messire, ce n'est point moi qui vous contredirai. J'ai cru retrouver dans cette eau la douceur du sein de ma mère, Dieu ait son âme.

- Diantre, Trousse-Laine, cela n'a pas dû bien te changer des ribaudes que tu as l'habitude de côtoyer d'assez près ! »

 

Le chevalier et son écuyer s'étalaient paresseusement dans l'herbe, sous les frondaisons d'un vieux chêne, nus sous les nues, séchant paisiblement leur corps repu de fraîcheur au soleil, tandis que leurs montures paissaient tranquillement non loin.

 

« Messire, visez un peu ce nuage ! Ne dirait-on pas la croupe vaillante de quelque gourgandine ?

- Ah ah, mon garçon, tu ne penses donc qu'à courir la gueuse ! Ne peux-tu point juste profiter de la caresse de la brise, plus douce que n'importe quelle main experte, ou de la chaleur des rayons de notre soleil, si réconfortants ?

- Messire, pardonnez-moi, mais j'aime les plaisirs simples, ceux qu'on peut toucher pour quelques pièces ou que l'on peut tenir entre ses doigts pour deux ou trois belles paroles.

- Tu as ton lyrisme et ta poésie, je te le concède bien volontiers, si prosaïques soient-ils.

- Oui-da, Messire. A ce propos, ne devrait-on point s'inquiéter de notre dîner ? Pensez-vous que nous puissions lever un lièvre ou quelqu'autre succulent gibier aux environs ?

-Je crains fort que nous devions nous passer de dîner, mon bon Trousse-Laine. Il faut nous vêtir sans tarder et lever le camp illico. Les Hommes du Guet sont à nos trousses, et je doute fort que Messire Alvain se laisse distancer trop longtemps après l'affront que nous lui avons fait la nuit dernière. »

 

Ainsi fut fait, tandis que les oiseaux piaillaient continûment dans l'air évanescent de ce début d'après-midi, et qu'au loin on devinait l'approche tonitruante de la troupe des poursuivants.

1 juillet 2009

Dallas (Virgibri)

Chapitre LXVII


Pamela était allongée sur sa natte en osier. Elle demanda à John de lui remettre de la crème solaire. Lui, ne sachant s’il devait faire de ce geste une banalité ou bien le tourner en moment sensuel, hésita un instant.

_ Johhhhhn ?, roucoula-t-elle.

_ Oui, oui, j’attrape la bouteille au fond de votre sac, Pamela.

_ Merci…, et elle soupira d’aise, replongeant son visage au ras du col.

Il faisait si chaud que des gouttes de sueur perlaient à leur front, le long du dos, sur le nez, et au-dessus des lèvres… Il mourait d’envie de les lui sécher.

Mais il étala un peu de crème dans ses mains, et, au moment où il pensa à retirer sa chevalière pour glisser langoureusement sur la peau de Pam, entendit une voix perçante :

_ Oh my God ! John, c’est toi ?

Ses mains pleines de crème solaire se suspendirent en plein élan. Il avait toujours détesté sa façon sèche d’attaquer les dentales.

Pamela releva la tête et abaissa ses lunettes noires sur le bout de son nez aquilin.

30 juin 2009

L'été nouveau est arrivé ...

Bateau_1

Où en sommes-nous ?

Walrus, Vegas sur sarthe, MAP, Joye, Tilleul, PHIL, Brigou, rsylvie, Joe Krapov, Moon

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30 juin 2009

Les premiers saltimbanques (Joe Krapov)

Nous formions, elle et moi, un curieux équipage.
On eût dit une reine et j’eusse été son page !
Mais c’est moi qui dardais de mon bel aiguillon
Le quadrille léger
De la gent papillon
Dont nous étions les passagers.

Qu’elle fût callipyge ou pas, nul ne l’occulte :
Tous ses adorateurs lui vouaient un gros culte.
Ses appas dénudés enflammaient les nuages
Et c’est à l’aventure
Par doux vagabondages
Que nous parcourions la nature.

Nous semions ici bas l’ivresse, le plaisir,
Le trouble et l’émotion sous forme du désir.
Chacun était touché de nos traits insidieux,
On nous aimait beaucoup :
J’étais enfant des dieux
Et je faisais mouche à tout coup.

Cette image de nous qu’à présent je contemple
Soulève mon courroux. Je cherche en vain le temple
Où nous pourrions encore aujourd’hui essaimer.
Je ne suis pas miraud
Et je sais bien qu’aimer
N’est plus donné qu’à des héros.

Danser la capucine en ces temps n’a plus cours
Et vous n’accordez plus à ces charmants discours
Du dieu Amour grande importance en vérité.
Cette époque est foutue.
Faites sans nos bontés :
Eros ne bande plus, Aphrodite s’est tue.

dds67_eros_et_aphrodite

Edouard Toudouze. - Eros et Aphrodite (Musée des Beaux-Arts de Rennes)

30 juin 2009

Chapître LXVII (Moon)

Chapitre LXVII

C’était le premier été depuis bien longtemps. De ces étés où il n’y a plus à penser à rien, plus d’organisation à prévoir dès le réveil.

Que vont faire Tina et Charles aujourd’hui ? Que va-t-on leur faire découvrir ? Que mangerons-nous ce soir ? Où va-ton garer la voiture pour accéder à la plage ? Y a-t-il une animation au village ce soir ?

Sophie se sentait légère et engourdie, un peu anesthésiée par le soleil et par la main de Patrice qui lui frôlait la hanche. Deux semaines, rien que pour eux, c’était presque inimaginable et si délicieux.

Ils avaient choisi ce village naturiste en souvenir de leurs premières années ensemble. Le corps radieux de leur jeunesse et la curiosité de jeunes adultes qui cherchaient à affirmer voire à démontrer leur liberté.

- Tu te souviens de cet homme arrivé au bord de l’eau, très vanille fraise après sa rando à vélo dans les calanques ?

- Hmmm, opina Patrice, mais je préfère me souvenir de la splendide italienne qui avait provoqué une érection au marchand de glaces…

Sophie lui donna une petite tape sur la main en riant.

Ensuite ils avaient délaissé les camps ou les villages naturistes parce que les enfants n’aimaient pas ça et avaient honte de montrer leurs photos de vacances. Ils avaient choisi des clubs où les activités sportives comblaient Tina et la plage ravissait Charles et sa nonchalance…

- Tu crois que Charles va s’en sortir tout seul à la maison ?

- Mais oui, arrête de te faire du souci, il a même l’âge de trouver ça très intéressant ! Et puis, si ça ne va pas, il appelle sa sœur.

La consigne d’avant le départ avait été : Tu te débrouilles et en cas de problème tu téléphones d’abord à ta sœur. Tina n’était pas loin, occupée par l’organisation de son marathon des dunes et avait donné son accord pour chaperonner le « petit ». Le petit qui avait fini ses épreuves de bac une semaine avant, péniblement, et qui n’avait pas vraiment de projet ni d’envie.

Patrice avait un peu forcé la main de Sophie pour qu’ils s’éloignent vraiment et le laissent à son désert…

Sophie continuait de s’inquiéter un peu mais de moins en moins chaque jour, toute à ce plaisir retrouvé de passer ses journées avec son homme, à bavarder enfin du futile, de la forme des nuages ou de la force du vent qui leur permettrait peut-être de sortir un dériveur.

Dans le panier de plage de Sophie, une petite mélodie familière se fit entendre. Sophie tressaillit, se remit à plat ventre pour attraper son panier, farfouilla nerveusement pour atteindre son portable qui venait de recevoir un SMS. C’était Tina :

« Rectorat vient d’appeler. Big pb ! »

29 juin 2009

L'été nouveau est arrivé ...

Où en sommes-nous ?

Walrus, Vegas sur sarthe, MAP, Joye, Tilleul, PHIL, Brigou, rsylvie

mouette

29 juin 2009

"puzz'ltions" (rsylvie)

-"hé merde ! j’ai perdu une pièce !
Jean Paul chéri, tu m’aides à ranger les morceaux du puzzle ?

tu es

» ?

–« mais là, ma chérie »

-« Nu » ?

–« sous le soleil »

-« Allongé sur le dos » !

–« nous discuterons de la forme des nuages

de la caresse du soleil sur ta peau

des petites bêtes qui peuplent la lande»

,

-« ben dit donc, ça t’inspire .. j’savais pas tes talents cachés pour la poésipuzzlienne.

par contre je crois que tu es entrain de tout mélanger à force de gigotter dans tous les sens et te trémousser de la sorte. Je sais pas ce que tu as, mais tu me sembles bien excité d’un coup !

Allé sois sérieux, je ne voudrais pas qu’un morceau soit écorné, je ne pourrais plus l’entrer dans son orifice !

T’inquiètes ma puce, je gère .

Regardes, j’en ai retrouvé un

oups ! pardon j’m’ai trompé » .

-« jean PAUL !

c’est amusant comme l’esprit peut vagabonder rien qu’à farfouiller ou tripoter

ces jolies formes arrondies. Regarde celle-ci,

on dirait comme une paire de fesses.

Si, j’t’assure. ,

ça me fait le même effet ! » 


Jean Paul merDE, tu t'concentres oui ?

ou alors, c’est pas la peine de faire mine de m’aider parc’que tu vas voir

tandis qu’à l’horizon, l’adversité tisse ses noirs dessins »…

pupuce…. Là comme ça sur la moquette…

parmi les pièces de puzzle… J’ai envi de toi.

29 juin 2009

La sieste (Brigou)

Tout est calme. C’est l’heure de la sieste. Papa et Maman se sont assoupis à l’ombre sous les arbres
Couchés sur le dos, Rémi et Margot badigeonnés de crème solaire n’ont aucune envie de fermer les yeux. Le bob sur la tête, les lunettes de soleil sur le bout du nez, la limonade citronnée dans leur verre, le soleil les chatouille. 
Ils ont joué à deviner des formes dans les nuages, ont compté le nombre de trainées blanches laissés par les avions, ont écouté les oiseaux chanter au loin…

-    Dis Rémi, tu penses à quoi ?
-    J’aimerai être un petit papillon… tiens comme celui-ci ! Il vole, tourne, danse. Il se pose sur les fleurs, hume leur parfum. Il est le Roi dans ce champ.
-    Ah oui !
-    Je deviendrai ton papillon de compagnie. Je te suivrai dans chacun de tes pas, toujours à côté de toi. Qu’en dis-tu ?
-    Ben que ce n’est juste qu’un rêve !

29 juin 2009

Chapitre 67. François. (PHIL)

Je suis assis à la terrasse d’un bar, au coin de la place Charles de Gaulle. C’est une terrasse pavée, ou plus précisément un coin de place pavé, juste au chevet l’église Notre-Dame. Je sirote un café après avoir fini le marché pendant que ma mère allait faire une course à la brûlerie. Quand j’y pense : faire les courses avec ma mère ! Voilà une éternité que ce n’était pas arrivé. Et je ne suis pas sûr d’avoir envie de renouveler bientôt l’opération. Enfin… Disons que je suis un peu plus disponible depuis que la princesse a disparu sans laisser de traces.

Je termine mon jus et je soupire d’aise en m’étirant. Je suis assis sous un tilleul, et en regardant en l’air, je peux admirer le contre-jour dans le feuillage et les fleurs de l’arbre qui exhalent leur suave parfum. Je me maudis d’omettre systématiquement d’emporter mon appareil numérique quand je vais quelque part, parce que j’ai toujours des idées de trucs à faire qui ne seront du coup jamais faits, et je sens de ce fait comme un arrière-goût de frustration. Parce que les feuilles et les fleurs des tilleuls, en contre-jour, c’est vachement joli. Surtout s’il fait beau, comme c’est le cas. Il y a juste quelques cumulus insignifiants par ci par là sur le ciel bleu, rien de méchant, et ce serait joli sur les photos si je n’avais pas oublié l’appareil. Le cumulus, ça meuble une image, c’est bien connu.

C’est marrant, cette histoire de nuages, ça me rappelle la fois où nous étions allongés nus sur les galets de la pointe du Hourdel, avec la princesse, et que nous commentions la forme des nuages. Oui, bon, je sais, c’est des conneries, nous n’étions pas nus, ce n’est pas cette fois-là que nous étions nus, c’était l’été d’avant, sur un tapis de bruyères, du côté du mont Lozère. N’empêche que nous étions réellement allongés sur le dos, dans les galets du Hourdel, pas nus, et que la sensation que j’ai éprouvée à cet instant, l’impression que les pierres me faisaient comme un matelas très doux dans lequel je m’intégrais progressivement m’a laissé un souvenir extrêmement vivace. Je ne suis pas certain que la princesse ait partagé mon enthousiasme. Je ne suis même pas certain qu’on ait vu tellement de nuages, finalement. Et on n’a pas vu de phoques non plus, ça j’en suis sûr.

Elle n’aimerait pas que je dise la princesse par ci, la princesse par là. Elle déteste ça. Que je l’appelle la princesse. Alors je ne le fais pas. La princesse, c’est juste un petit mot comme ça que je m’autorise à moi-même. Je lui ai dit une fois Ma princesse, dans un moment d’égarement. Je ne renouvellerai pas l’opération. Elle m’a fusillé du regard. Elle a les yeux revolver, comme disait une chanson débile d’il y a plein d’années, mais disons que je n’ai rien dit, parce que vous allez encore m’en vouloir de vous avoir fait chantonner toute la journée. Comme je disais, la princesse déteste les petits noms. Elle veut que je la nomme par son prénom, Angélique, et c’est sans appel.

Je ne sais pas où elle est passée. Un jour elle n’était plus là, c’est tout. Elle n’a rien dit. Elle n’a laissé aucun mot d’explication. Rien. Elle a disparu de la circulation. Ça va faire un mois. Je ne pense pas qu’elle ait été enlevée ou quelque chose comme ça : elle est partie avec un sac de voyage. Je ne pense pas non plus qu’elle m’ait quitté : ses chaussures préférées sont restées dans son placard. Elle est dingue des chaussures, la princesse. Je ne sais pas combien elle en a de paires. A croire qu’elle les collectionne. A mon avis, il y en a pour du pognon, parce que je peux vous dire que ce ne sont pas des chaussures de bas de gamme. Dans le lot, il y en a bien quelques unes que je lui ai offertes, mais pour la plupart, elle se les paie elle-même.

Je pense qu’elle est partie pour son boulot. Peut-être à l’étranger. Je ne sais pas. Elle est toujours très mystérieuse. Elle ne me fait jamais de confidence sur sa vie professionnelle. Je sais seulement qu’elle est « dans le refroidissement », c’est ce qu’elle a consenti à me lâcher, un jour, du bout des lèvres. Dans le refroidissement. Ce sont ses mots. Elle n’a pas dit climatisation ou frigorifique, elle a dit refroidissement. Bon. Cela lui arrive de partir quelques jours sans trop me prévenir, alors cette fois je n’en ai pas fait plus de cas que d’habitude. Au début. Sauf que là, ça commence à faire long. Je m’inquiète, moi. Je m’inquiète énormément, même. Je commence à ruminer des idées sombres. Ce n’est pas qu’elle me paraisse tellement vulnérable, non, elle est même plutôt du genre à mener sa barque seule, mais je m’inquiète, c’est tout.

François ! François ! Hou hou ! François !

Aïe. Ça y est. Ma mère a fini ses courses…

28 juin 2009

L'été nouveau est arrivé ...

soleilOù en sommes-nous ?

Walrus, Vegas sur sarthe, MAP, Joye, Tilleul

27 juin 2009

La version de Joye

chapitre_LXVII

27 juin 2009

Pressentiment MAP


Chéri, veux-tu aller voir si tout va bien pour les enfants.

Cet avion a l’air bizarre. Tu ne trouves pas qu’il vole trop bas ?

_Localis_

27 juin 2009

La version de Tilleul

Où, nus, allongés sur le dos, nos deux héros discourent de la forme des nuages, de la caresse du soleil sur la peau, des petites bêtes qui peuplent la lande et du plaisir d'être, tandis qu'à l'horizon, l'adversité tisse ses noirs desseins.

Une petite brise légère rafraichit l’atmosphère lourde de cette fin de mois de juin… Les examens sont terminés. Les résultats devraient être à la hauteur des efforts fournis durant cette longue période de torture estudiantine. Les vacances promettent d’être belles…

Elle attendait depuis longtemps ce jour où il lui déclarerait enfin sa flamme… Maintenant, elle a l’impression que son cœur est trop petit pour contenir la joie qui l’habite.

Il se demande pourquoi il a tant tardé à lui avouer son amour…

En observant le bleu du ciel, ils s’amusent comme deux adolescents sans soucis à interpréter le dessin formé par les quelques voiles cotonneux qui traversent l’azur… Ils sont seuls au monde… Leur bonheur durera longtemps !

Soudain, effrayés, ils se redressent d’un mouvement brusque…  et c’est debout qu’elle s’exclame :

« Non ! Ils ont osé ! »…

 

27 juin 2009

Chapitre LXVII : "Chef! je bronze..." par vegas sur sarthe

"Marylin..."
"Comment Chef?"
"Je disais Marylin... mon p'tit Mangin, on dirait le corps de Marylin, là! le cumulus à droite, tout rose et sinueux"
Minute de silence... on n'entendit même pas le "pou pou pi dou" dans la tête du Chef.
Mangin rompit le charme, il n'avait pas son pareil pour faire ça:
"Chef, je dirais plutôt madame Poitevin, celle du 3ième à la compta"
"Pff! Mangin, je vous conjure de ne pas parler boulot ici! 8200 kilomètres, ça devrait vous permettre de déconnecter, non?  Et puis Poitevin a des fesses beaucoup plus larges, croyez-moi"
Il se retint d'ajouter que c'était son métier de bien connaitre ses employés.
Minute de silence... nécessaire à Mangin pour un savant calcul comparatif des volumes fessiers, Monroe contre Poitevin.
"Je sais pas Chef, en tout cas le p'tit nuage tout rond à gauche, c'est la tête de Francine tout craché!"
"P..... Mangin! je ne sais pas c'qui m'retient de vous refoutre dans le prochain avion, et je vous interdit de faire la plus p'tite allusion à Francine; songez qu'à cet instant, ma plus proche collaboratrice tient les rènes de la société avec brio et ne souffrirait None of your bloody comments, Understand?" Il switchait toujours en anglais dans ces cas-là!

Mangin se retourne sur la natte, mi-vexé mi-cuit pour faire rissoler sa face jusqu'alors cachée; ça cogne dur aux Maldives et toutes ces questions qu'il n'ose pas poser lui échauffent la tête.
A cet instant, quelle heure est-il à Arpajon?
Qui c'est ce Brio qui se permet de tenir les rênes avec Francine en absence du Chef?
Et si ce Brio était un espion de la concurrence, sournoisement introduit au sein de la société comme un ver immonde et malfaisant?
Et cet énorme trou dans les comptes, qu'il a découvert juste avant de partir?
Mais puisque le Chef l'exigeait, il ne parlerait pas de tout ça; non, juste profiter de l'instant, de la chaude caresse du soleil et d'une Marylin éclatante sur le ciel d'un bleu indescriptible.
Mangin lorgne vers son chef, assoupi sur sa natte et déjà bien cuit côté face.
Il n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère: "Vous avez une sacrée zigounette, Chef!"
"Humm?"
"Euh! Chef, je disais que vous avez un sacré cumulus erectus"
"Hein?"
"Non, rien Chef... je m'demandais si on aurait encore du poisson pour le diner?"

Minute de silence... Mangin ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qu'on lui avait confisqué en débarquant, son whisky et surtout sa collection de Play-boy. Il se demandait si le Chef ne pourrait pas user de son influence et des ses formidables qualités de négociateur pour récupérer son bien.
Il se promit d'en parler au dîner; il amènerait le sujet discrètement, après le deuxième cocktail, et il jurerait de ne rien dire à propos de Francine et de Brio...
Visiblement au top de sa cuisson, le chef se retourna à son tour "Si vous alliez nous chercher deux cocktails, mon p'tit Mangin?"
Il avait toujours adoré qu'il l'appelle son p'tit Mangin, surtout devant les autres, les jaloux, ceux qu'on emmenera jamais aux séminaires en Asie.
Comme Mangin se dirigeait vers le bar, un employé de la réception lui fit un grand signe de la main... si c'était une bonne nouvelle de l'aéroport au sujet de ses objets confisqués?
C'était un message pour le Chef; après tout le p'tit Mangin pouvait bien en prendre connaissance; une cure de soleil aux Maldives ça créée des liens.
Il vérifia bien que le Chef n'avait pas bougé sur sa natte et, s'abritant derrière un énorme éléphant en albâtre, il ouvrit l'enveloppe...

27 juin 2009

Chapitre LXVII (Walrus)

Où, nus, allongés sur le dos, nos deux héros discourent de la forme des nuages, de la caresse du soleil sur la peau, des petites bêtes qui peuplent la lande et du plaisir d'être, tandis qu'à l'horizon, l'adversité tisse ses noirs desseins.


Ils sont nus... mais ils ne le savent pas.

Ils sont nus, mais ils ne le savent pas encore.

Pas encore, car au-dessus d'eux, au bout de l'extrême rameau de l'arbre, le malin, de son nez de serpent, pousse doucement pour qu'il se détache et tombe, comme la pomme de Newton, le fruit de la connaissance.

27 juin 2009

Défi #67

Chapitre LXVII
***


Où, nus, allongés sur le dos, nos deux héros* discourent de la forme des nuages, de la caresse du soleil sur la peau, des petites bêtes qui peuplent la lande et du plaisir, tandis qu’à l’horizon, l’adversité tisse ses noirs desseins.

Cette semaine, vous nous donnerez votre version du chapitre 67 de ce roman fleuve dont nous ne lirons pas le début faute de l'avoir jamais retrouvé.
Soyez fidèles aux promesses de cette introduction et gardez-vous de conclure l'histoire, il n'est pas impossible qu'on vous demande de poursuivre le texte (selon une règle de constitution des binômes tenue secrète pour l'instant) d'un de vos co_partenaires de défi lors d'une semaine à venir.

* libre à vous de les placer dans le règne animal de votre choix — y compris de fantaisie— et de leur attribuer le sexe qu'il vous plaira de leur voir arborer.

Envoyez votre texte à samedidefi@hotmail.fr et ne retenez pas votre verve : osez !

26 juin 2009

La cabine du photomaton est exigüe mais il y fait bon...

26juin

Où en sommes-nous ?

Walrus,Vegas sur sarthe, Joye, Sebarjo, PHIL, Brigou, Virgibri, Zigmund, MAP, Papistache, Moon, Poupoune, tiniak, shivaya-warduspor, rsylvie, Joe Krapov, Tilleul

26 juin 2009

texte de Caro Carito

5 h 58. Elle voit le soleil qui pointe, sang sur le sable et les pierres. L’enfant se fait lourd dans ses bras. Il est pourtant si frêle. Il ouvre et ferme ses yeux pâles. Devant elle, le groupe a grossi à chaque baraque, à chaque village. Le vent leur amène le bruit de la mer. La file de bus, de camions, de fourgonnettes cahote. La ville est proche. La ville et ce centre de soins dont le nom lui a été glissé dans la main par le Padre Lucio. Il lui a aussi indiqué le nom de son frère, qui a quitté le village pour conduire un taxi et qui habite une masure de terre dans les barriadas du haut de San Cristobal.

6 h 30. Alan est en maraude dans sa vieille Chrysler. Dernière course avant le retour à la maison Il entend la course des collectivos les plus matinaux qui arpentent encore silencieusement les grandes artères. Le soleil darde quelques rayons au dessus de la frange de montagnes. Mais déjà une barre jaune et épaisse se dresse au dessus des quartiers sud et des cheminées des fabriques. L’autoradio grésille une cumbia puis se tait. Il cherche distraitement une station. Sans succès. Il va rentrer bientôt, apercevoir Rosario et les jumeaux derrière son bol de café en poudre et le grand sommeil. Une ombre blanche sur l’esplanade debout devant l’hôpital central. Sa dernière course ? L’homme écrase une cigarette et s’éloigne.

Javier a franchi le sas translucide. Il a déjà chaud sous sa blouse d’infirmier. Les volutes de poussières qui décorent les parois forment une œuvre d’art mouvante et volatile. Il ne la voit pas, se dirigeant avec précipitation vers le bureau 12 A où on lui donnera son affectation pour la semaine. Les lampes crachotent dangereusement sans qu’il y prête attention. Ce n’est qu’au moment exact où Mme Lupe lui tend le papier bleu que les lumières s’éteignent définitivement. Ils attendent. Rien. Noir total. Il sent dans la pénombre le bruit métallique d’un briquet. Une flamme et la voix douce qui répond à son interrogation muette. « Le groupe électrogène, le fournisseur refuse de se déplacer tant que les factures ne sont pas payées.» La ville endormie tait encore l’écho des manifestations du mois passé, les morts laissés en tas sur les trottoirs et les blessés qui affluaient et encombraient le hall d’entrée. Sur le bureau, il entrevoit la Une du diario nacional. La photo est mauvaise mais il reconnaît sans peine le visage figé de Vincente Loyola, chef de l’opposition et disparu depuis trois semaines et demie.

6 h 31. L’homme remue à peine. La geôle est humide et obscure. Il entend les sons étouffés d’une conversation, des rires gras. Et des jurons soudains. Une heure après, le judas s’entrouvre. Il ne distingue pas le visage du garde, juste le faisceau puissant de sa torche qui furète dans tous les coins, caresse le fil électrique qui pend au plafond et finit par se poser sur son corps douloureux. Une pensée de haine le transperce. Le tyran a osé encore une fois ; priver la population de courant, condamnant bon nombre à la faim, à la ruine, à la mort peut-être. Le judas se referme dans un claquement. Il sent une larme couler sur sa joue recouverte de crasse. Qui ? Qui se lèvera maintenant qu’il n’est plus qu’un demi-mort. Un visage du passé s’esquisse sur les parois qui suintent la peur et la mort.

Armando a deviné depuis longtemps que la nuit recelait quelques complots. Le bruit a transpercé son sommeil léger aux environs de 2 heures. Il a gravi l’escalier en silence et observé l’agitation qui filtrait derrière les minces persiennes. Des gardes ceinturaient sa maison. Il sut instantanément que son téléphone était sur écoute. Depuis combien de jours déjà. 3, 4. Toute communication lui était désormais interdite, net, fax. Il ne pouvait même plus sortir. Il était devenu inutile pour la cause. C’est plus tard, dans son bureau, alors qui écrivait boulimiquement, que la lumière cessa. Vers 8 heures, le téléphone sonne. Sa mère sans doute. Il ne prend pas la peine de répondre, elle peut toujours joindre son frère. Lui, ne peut plus rien faire pour quiconque. Juste attendre que l’étau se resserre sur lui et qu’il rejoigne dans une prison inconnue le chef de file du syndicat. Dans l’oubli que le président et la junte ont creusé méthodiquement pour les opposants.

9h27. Le capitaine Orlando a enfilé ses gants immaculés. La voix fatiguée de sa mère l’assaille encore. Elle est inquiète et sans nouvelles de son frère. Il a tu ce que le bon sens lui soufflait. Armando sera bientôt, à moins d’un miracle, un homme mort. Il l’a laissée s’abandonner à un flot de paroles apaisant. Long filet de gémissements, de plaintes qui apaise et draine tous les malheurs que la rue rapporte. Derrière la tension et la vieillesse mêlées de cette voix, il perçoit en sourdine un concert de sons mats ; les voisins sont aux fenêtres tapant sur leurs casseroles. Il perçoit les portes qui claquent et le rassemblement qui enfle et monte jusqu’au palais où va se tenir le discours présidentiel. Ultime provocation pour saluer une victoire truquée. Les paroles de sa mère semble ne plus se tarir, se gonflant des morts qui se déverse des portes de l’hôpital, tabernacle des mots tus de ce peuple qui l’a vu grandir et qu’il a quitté pour une solde, un travail, un repas. Cette voix l’enveloppe, comme lors des jours d’enfance, sans répit. Il est l’heure de rejoindre son poste, derrière l’homme fort, en deçà des gardes du corps. Son revolver d’ordonnance ne bougera pas. Il caresse dans sa poche intérieure droite un browning de femme, joujou qu’il a dérobé en vue d’un crime sans signature. Il ne sent pas la morsure froide de l’acier.

9h45. Devant un micro, un homme s’écroule. Juste avant le chaos, cet instant irréel. Miracle ou délivrance. Dans la masse qui gronde au bas du balcon présidentiel, au sein des gardes prêts à faire feu ou dans le maintien brusquement relâché des officiels, tous sentent, en un moment fugitif, le poids du temps qui bat, qui marche, qui obère. Sous l’épais brouillard sale, quelques rayons percent.

Barriadas : bidonvilles - Collectivos : minibus qui servent de taxis.

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