Et puis, l'aube venant, je ne sentis plus rien qui flottât dans le vent ni tilleul, ni jasmin, ni marines senteurs Le passage à demain s'était fait sans odeurs pas même les voitures n'encombraient l'air ambiant de leurs hydrocarbures
Je me fouillai le nez pour en être certain Il était dégagé - pas moins que de coutume et comme ne souffrais d'angine ni de rhume je dus m'y résigner : rien n'avait de parfum !
Allant chez le voisin pour le solliciter d'un avis tiers, serein, d'un mot d'explication je trouvais porte ouverte et sur son paillasson une lettre pliée J'en lus le contenu, reculant, effaré à chaque affirmation :
Demain, c'est le futur ! Pleurez, bande de nazes ! Vous vous découvrirez dépourvus de tout blase... Ne pouvant me sentir, disiez-vous, et bien chiche ! Vous priverez de nez ! Mon billet ? Je t'en fiche !
Ah ouiche, et c'est pas tout : "blase" est dans tous les sens qui se puissent partout entendre et reconnaître Quand, demain, pointerez le votre à la fenêtre paraîtrez inconnus, sans nom et sans essence aux yeux de Nul Pardon
J'ajoute à ce désastre un dernier pied de nez plus aucun carburant ne pourra davantage alimenter le train où vous précipitez - sans vous en alarmer ! vers son dernier naufrage la civilisation
A la question "Qui suis-je ?" aurez-vous répondu quand vous aurez fini de pleurer vos vestiges ? Ai regagné mon siège au-delà de ces nues où vous n'aurez cherché qu'à dompter le vertige... Tout est dit, adieu donc !
Consolez-vous quand même... Vous reste ce confort : à manquer d'odorat aucun éternuement ne sent plus le colza
Elle était là assise sur sa chaise d’il y 60 ans. Qu’elle était jeune ! Elle regarda par-dessus sa jeune épaule ce qu’elle pouvait bien faire sur ce bureau. Dessiner ? Comme elle l’avait toujours fait avant que ses tremblements l’en n’empêchent. Jouer avec la paume de sa main ? Ou tout simplement fixer les rainures du bois et rêver ? Elle vit un texte, écrit à la plume. Elle se souvint et s’entendit le lire.
« Mes yeux se ferment. Je revois ton visage, ton sourire. J’entends ton rire, ta voix. Je sens ton odeur.
Dans mes rêves les plus osés, les plus fous, je me vois là-bas dans tes bras. Encore toute petite, quelques cheveux sur le caillou, fragile. Dans mes rêves les plus fantaisistes, je te vois toi qui lui donnais le sourire, toi qui comblais sa vie.
Dans tous mes rêves, tu es là avec eux. Vous êtes là près de moi. Voilà mon plus grand souhait. Tous ensemble, réunis. Personne ne manque. Je profiterais de ces derniers instants pour faire ce que je n'ai pas pu faire avant que vous partiez.
Une photo de vous je cacherai dans ma petite boîte. Mon magnétophone enregistrera une discussion sans intérêt où se mêleront vos débats habituels sur votre quotidien et vos rires exubérants annonçant votre présence. Je remplirai une fiole de chacune de vos odeurs. Ainsi quand les larmes me monteront aux yeux, je les sortirai de ma petite boîte et je revivrai cette époque où tous ensemble nous étions heureux et ne pensions pas à l'avenir. D'une certaine façon, ce sera ma manière à moi de remonter le temps.
Mon présent est rempli de nostalgie et d'attente. Je ne peux vivre l'instant présent alors que tout me manque. Vous êtes ceux qui m'ont permis de me construire et maintenant je dois marcher seule.
Alors j’attends désespérément… »
Elle avait toujours été ainsi. A cette époque, c’était son plus grand rêve. Une larme coula sur sa joue. Elle se réveilla, elle était de nouveau chez elle dans son salon, rempli de toutes les photographies qu’elle avait pu prendre durant sa longue vie. Elle réalisa que jamais elle n’avait profité complètement de l’instant présent et que toujours elle avait attendu un moment dans le futur pour pouvoir le savourer. Elle ne voulait plus attendre. Elle avait déjà trop attendu. Personne ne pouvait lui venir en aide. Personne d’autre ne pouvait effacer toute cette nostalgie, sécher toutes ses larmes qui coulaient depuis longtemps regrettant l’instant passé.
Difficilement, elle sortit de son fauteuil. Le feu crépitait dans la cheminée. De sa main tremblante elle prit cette photo qu’elle chérissait tant, la sortit de son cadre et l’embrassa. Elle fit de même avec toutes ses tendres photos. Elles ne pouvaient empêcher les larmes perlées le long de sa joue qui suivaient le chemin des précédentes. « Cette photo c’était le jour de son baptême il était encore là », disait-elle. Celle-ci le jour de ses 7 ans. Sa mère avait préparé un fabuleux repas et elle avait eu le gâteau de ses rêves. Un gâteau en forme de champignon. Elle retomba sur ce vieux polaroïd le seul de sa collection … Puis une photo de son mari et elle, à leurs débuts à Saint Tropez. Son frère encore petit. Ses enfants encore là, près d’elle. Tout lui avait échappé. Elle n’en pouvait plus. « Trop de temps… j’ai perdu trop de temps », marmonna-telle.
Elle s’empara de toutes ses photos, de son passé et les jeta dans les flammes. Une odeur de brûlé remplit le salon comme lorsqu’elle avait raté le soufflé au fromage. Elle jeta toutes ses cassettes, elle ne voulait même plus les écouter, elle les connaissait par cœur. Sa mère et sa douce voix qui la réconfortait quand elle était malade, son père au téléphone l’appelant de loin, ses cousins en train de rire et de parler des prochaines soirées, son mari et sa voix suave et sécurisante, les rires de ses enfants, sa voix à 19 ans. Mais ce furent ses fioles qui causèrent sa perte. Ces élixirs de rose, de produits chimiques, de Nivea, de BabyDove… A l’instant même où elle les jeta, les flammes s’embrasèrent. Une petite flamme put atteindre son confortable fauteuil, le brûlant ainsi. Le feu se répandit peu à peu. Elle se résigna à quitter ce chez elle qui l’avait toujours été mais en vain.
Trop vieille elle était et elle l’avait oublié à force de vivre dans le passé ce qu’elle n’avait pas pu vivre dans le présent. Elle se retourna et regarda le feu consumer tout ce qu’elle avait chéri et empêcher de vivre. Résignée elle se raccrocha au dernier souvenir épargné par les flammes. Elle l’approcha de son visage. C’était son oreiller. Elle sentit une dernière fois son odeur. La plus douce des odeurs. C’était cette odeur qui la réconfortait lors de ses déceptions. Cette odeur qui la serrait fort et qui l’aidait à tout surmonter. Elle respirait encore et encore dans son oreiller. Elle pleurait, pleurait et regrettait de n’avoir pu vivre plus intensément. De n’avoir pu profiter d’eux et de cette odeur.
Elle se retournait l’oreiller contre le cœur. Les flammes s’approchèrent d’elle. Elle allait mourir, elle le savait. Mais enfin, elle allait pouvoir les rejoindre, revoir leur visage, leur sourire. Entendre leur voix et rires. Sentir l’odeur qui lui manquait tant et qui allait la prendre dans les bras comme il le faisait autrefois.
Je suis aux cent coups. En un mot comme en cent, il me faut venir à bout de ce nouveau défi. Sans attendre cent sept ans, deux expressions me viennent tout de suite à l’esprit. Je ne donne que cent mots aux cent un dalmatiens pour raconter leurs quatre cents coups. Cela a tout d’une blague à cent balles. Puis je me suis interrogée : La guerre de cent ans a-t-elle vraiment durée cent ans. Je vous le donne en cent. Vérification faite, elle a duré cent seize ans. Cela me fait une belle jambe, allez-vous me dire.
Quel divin plaisir que de lécher le côté interne du chapeau d’un yaourt, là ou est collé une fine couche de produit laitier légèrement pâteux. Il m’arrive de faire exprès de retourner le pack de 16 au moment de le mettre dans le caddy pour avoir encore plus à lécher le soir même... et c’est là que commence l’aventure.
Il faut choisir le bon coin pour bien ouvrir le fin papier plastifié sans risquer de le déchirer afin de ne rien perdre et de profiter de la moindre perle de produit laitier. Arrive ensuite le moment de la chasse au fruit à la cuillère, le fébrile désir de trouver le plus gros morceau de fraise ou d’abricot. A partir de ce moment là, plus rien ne compte sur cette terre si ce n’est d’arriver le plus vite possible au fond du pot et utiliser ma langue comme le ferait un castor en plein cuni de foune de chamelle qui ne trouverait pas son point G. Si je pouvais, j’y mettrai bien la tête aussi.. Puis de se jeter sur un deuxième yaourt au parfum différent en prenant bien soin à nouveau de ne pas déchirer son chapeau.
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Et ainsi va ma vie, le soir, au fond de mon canapé, devant la télé..
Dix-sept heures, une chambre. Au centre, un grand lit. Sur ce lit, un couple… Au milieu des draps froissés, deux corps au repos, la pose voluptueuse.
Devant la fenêtre, rien que le filtre du rideau, séparation fragile avec la vie du dehors et pour ces deux-là, pourtant, le sentiment d’appartenance à un univers rien que pour eux.
Le passage insidieux du soleil cependant, et avec lui, de la chaleur… une grande flaque sur le lit, un bain pour nos deux amants.
Plus de torpeur encore, de la béatitude sur leurs lèvres souriantes et dans leurs visages endormis… Le sommeil à deux, pour quelques minutes puis, au réveil, un regain de vigueur pour une ultime union, pleine de fureur…
Un subtil changement de la lumière du jour, annonce du soir. La disparition du soleil par derrière les toits, et avec, le rafraîchissement de l’air et l’apaisement des corps…
Cueillette rapide des vêtements, partout sur le sol de la chambre… Frôlements, doux échanges de regards, ébauches de caresses, soupirs de regrets…
Sortie dans les ruelles sombres et fraîches de la ville, main dans la main…
Sous le porche de la belle, un dernier et langoureux baiser…
Dans un souffle, une demande ou plutôt, une promesse : « Demain, dix-sept heures ?... »
8h00 Mon rendez vous est bien là, je le sentais venir. Je dois être bien réveillé pour bien m'occuper de lui.
9h00 Il y a des clients qui par leur simple présence imposent le respect. Je me concentre.
10h00 Je sors mon matériel, ma panoplie, mes peintures.D 'ailleurs quelle couleur vais je choisir?
11h00 La couleur est choisie, je badigeonne, je fais trés attention à ne pas blesser la personne. J'ai opté pour la couleur rouge.
12h00 Nous sommes prêts, j'essaye de lui faire garder la position. Celle qui rendra le mieux.
12h30 J'applique et j'enveloppe je n'aurais pas droit à deux essais.
14h00 Le résultat est très satisfaisant ! Je remercie mon client, il faut bien, car tout à un prix.
15h00 Je laisse le tout pour le moment, j'ai rendez vous, pour un autre client.
16h00 Ce sont les moments les plus délicats, je vais voir, discuter, l'approche est délicate, la plus part du temps je visite les hôpitaux.
17h00 Je n'es pas eu de chance aujourd'hui, pas assez convaincant peut-être. Je repars préparer mon bois.
18h00 De retour à mon atelier, ma galerie est ouverte. Je peins des souvenirs mortuaires, des linceuls à qui veux laisser une trace dans mon art dans mon drap.
Atroisheures sonnantes, ce mercredi matin troisième jour du troisième mois de l’année en cours, il se leva.
Que pouvait le tirer de si bonne heure de son lit ?
Il suffira de lire les trois ou vingt-trois ou trente-trois pages suivantes pour en savoir plus sur cet homme, haut comme trois pommes. A savoir si cela ne fera pas cent-trois pages.
En deux temps, trois mouvements, il fila sous la douche, se sécha et fit ce qu’il devait faire pour être sur son trente-et-un avant d’enfiler un costume trois pièces.
En trois coups de cuillère à pot, il était prêt à partir.
Mais où allait-il de si bon matin ?
Nous pouvons imaginer au moins trois solutions :
Partir faire ses trois jours, il a passé l’âge et cela n’existe plus. Nous sommes en 2033, ne l’oubliez pas ?
Partir rejoindre une troupe où seront frappés les trois coups ? Dans le spectacle, il tiendrait le rôle principal d’une pièce qui respectera la règle des trois unités. Il jouerait l’un des trois mousquetaires ou destrois petits cochons ; à moins que ce ne soit pour être l’un des trois Pieds Nickelés ou des trois Rois mages.
Ou alors fait-il partie de l’Éternel triangle, ce ménage à trois ? Mais mari ou amant, telle est la question en suspens à ce point de notre récit.
Je crois que pour ce jour, les mots vont stoppés leur ronde. Trois petits tours et puis s'en vont.1,2 3 avouons-le, ce texte ne casse pas trois pattes à un canard !!!
Pour votre facilité, j'ai rendu public le tableau énumérant les diverses consignes et le nombre de participations les concernant.
Plutôt que de laisser le lien vers ce tableau dans mon commentaire sous l'annonce du quatrième défi de l'été, je l'ai collé dans la colonne de droite du blog dans la rubrique "LIENS" sous le titre "Liste des sujets".
Cela aidera peut-être certains à trouver un sujet qui les inspire.