La cantine (Pascal)
Un jour de cantine, je patientais tranquillement dans la queue et j’avais mis les discussions de la populace alentour en veille. Rien de ce qui se disait n’avait une quelconque importance dans cet endroit d’attente. Certains papotaient comme des commères en retard de ragots, d’autres continuaient à travailler dans leurs grosses têtes ; ils finissaient des rapports obscurs ou complétaient des tableaux de bord, sans réelle direction...
Et cette file indienne sédentarisée trépignait en avançant mollement dans l’hymne des casseroles ambiantes et des poêles environnantes. Pour faire le bon tempo, les ventres grognaient de concert. Les yeux cherchaient déjà l’entrée, réfléchissaient sur le plat de résistance ou sur le goût du dessert. On fomentait des couleurs dans ce plateau, bientôt garni, pour s’en faire un bouquet appétissant. Dans la lente avancée continue, on se taisait cérémonieusement, en sourdes prières de viandes tendres, de frites rissolées, de fromages gastronomiques et de gâteaux attrayants. On allait communier pour apaiser nos ventres dans ce mess. On se taisait pour saliver à l’avance et pour aiguiser nos papilles excitées dans ce recueillement journalier…
J’étais collé dans cette foule processionnaire, en presque sur place, en petits pas, en instance d’approvisionnement de cette fringale légitime qui animait ma patience retenue.
Affamé, j’allais sur mon erre dans ce cortège sans oreilles, poussant mes devanciers et poussé par mes suiveurs ; la faim justifie les moyens… d’avancer…
A la vue de tous, dans l’antre de la cuisine, les serveurs s’affairaient à remplir leurs étalages de nourriture qui se dégarnissait plus vite que le zèle qu’ils avaient derrière leurs tabliers. Affublés de belles toques blanches ou de petits calots, souriants et avenants, ils s’inquiétaient de la cuisson de telle ou telle victuaille et ils garnissaient les assiettes dans la proportion autorisée.
Un petit gars, un peu grand, un peu frêle, un peu gauche, un peu perdu, mais très seul, s’activait pour satisfaire les besoins des convives devenus impatients. De l’autre côté du rideau, sur la grande scène, il jonglait entre la louche et la spatule à dessert ; de son mieux, il agençait les difficultés défilant devant ses responsabilités. Sous les feux de la rampe des néons et des aliments alignés, il demandait à chacun le choix du plat de résistance ou du gâteau et il s’appliquait, avec ses moyens et toute son assiduité, à remplir l’assiette réclamée.
Sa voix était infiniment fluette, étrange et décalée, complètement hors de propos avec son âge, comme si ses cordes vocales avaient oublié de grandir avec lui. Et tout le monde riait de cette anomalie et on lui faisait répéter seulement pour écouter encore sa voix de castrat et l’hilarité s’amplifiait au fil de la queue railleuse. Oui, c’était de l’animosité malsaine et ce pauvre grand gamin, conscient de sa gêne dont il n’était pas responsable, s’évertuait encore à satisfaire de son mieux tous ces terribles clients…
Je me souviens d’un sketch avec Smaïn où il dit « qu’il préfère pleurer dans une Porsche que rire dans une deux chevaux » et tous les gens dans la salle avait applaudi à tout rompre à cette parabole hautement intéressée ; moi, je préférais rire dans une deux chevaux, même une seconde, que pleurer dans n’importe quelle voiture. Tous ces gens dans cette file d’attente devaient être le public de ce comique…
Ce pauvre garçon, je suis sûr qu’il devait se boucher les oreilles dans sa tête pour ne pas entendre les quolibets railleurs et les moqueries déplacées. Devant la vague de ces assaillants imbéciles, tendu telle une triste figure de proue, il essuyait la tempête féroce de leurs rires malsains. Des boutons d’acné constellaient son visage et il rougissait pour se défendre. J’entendais les méchancetés et les brocards alentour ; lui, avec sa manche, il essuyait ses yeux et son front pour mélanger l’écume de sa sueur et de ses larmes, baignant à fleur de joues.
Ce jeune stagiaire s’accommodait péniblement de toute cette agressivité espiègle, cette causticité malsaine, cette amertume ambiante, cette taquinerie méchante. Il était sourd aux lazzis, aux sarcasmes, à ces affronts le bafouant et il servait les lasagnes, le boudin purée, le poisson blanc en tendant poliment l’assiette réclamée. Il s’obstinait pourtant à rester souriant, affable, pour faire croire à tous qu’il comprenait toute cette cruauté environnante…
Je voyais bien qu’il était désemparé, seul au gouvernail de son service le chavirant, mais il assumait avec détermination sa tâche. Sa toque, trop grande, un peu pliée, mal ajustée, glissait sur ses yeux et tous les fléaux de la terre s’abattaient sur sa modeste personne…
Il me faisait penser à un pauvre clown triste qui joue le vrai rôle de sa vie. En étant ce qu’il pouvait être, il amusait la galerie des abrutis chalands se restaurant à ses dépens. Ravi de cet interlude, le monde imbécile cherchait encore à le décontenancer et il puisait, sans retenue, dans ses restes de force pour appréhender la future question, et les rires méchants, ces seules réponses en échos sadiques, revenaient à ses oreilles attentives…
J’avais de la peine à assister à cette scène où je n’étais qu’un mauvais témoin passif pendant cette exécution sommaire, tellement assaillante. Pourtant, ce grand gosse donnait une belle leçon de courage, d’abnégation, de bravoure, de force et d’énergie à cet entourage mesquin. Quand vint mon tour, il n’eut pas le temps de poser sa sempiternelle question revenante et tellement nasillarde. Je précédai sa demande en lui formulant mes desiderata, assez fort pour tuer le brouhaha de l’atmosphère moqueuse. Je devenais le grain de sable utile dans cette machinerie piquante et narquoise…
Le p’tit gars avala sa salive pour abreuver sa gorge en manque de fraîcheur et ses deux grands yeux noirs semblèrent me remercier de vivre enfin cette opportune accalmie. Il s’appliqua en remplissant mon assiette en faisant durer le temps de cette tranquillité subite. Au bout de son souffle, il respirait vite ; il récupérait de ses affres… Quand il m’a dit « Bon appétit », les autres avaient oublié de se moquer, le maléfice était rompu…
Maléfices (Thérèse)
Lune ronde et large s’étale dessus l’horizon
Méfie-toi de la lune ronde
quand elle brille à nouveau sur le monde.
Lune inconsciente s’égratigne accrochée dans les branches
Méfie-toi de l'astre moqueur
quand il joue à t'induire en erreur.
Lune sanguinole sur le bord de la route
Détourne-toi de sa froide lueur
sa lumière ne te réchauffera pas le cœur.
Lune s’écarlate et puis soudain s’élève, mauvaise conseillère
Elle te fera prendre des chemins détournés
qui te perdront dans des voiles d'obscurité.
Lune maudite exacerbe nos sens
Mystérieuse,
malicieuse,
méfie-toi de ses maléfices
quand elle baigne dans un halo de tranquillité.
Lune sournoise exaspère nos nerfs et bouscule notre perception
Prends garde à elle quand ses yeux te regardent
elle te fera perdre la tête si tu n'y prends garde.
Lune méchante embrouille notre esprit
Un peu sirène, un peu sorcière,
complice attentive du poète
qui lui adresse ses prières.
Lune ricane, triomphante, se moque de nos bévues et des cœurs chamboulés
Eblouissante, fascinante, Lune
se rit de notre infortune.
Aussi sournoise que belle,
elle est perfide et cruelle.
Lune satisfaite se dore dans sa poussière d’étoiles.
Paysages de maléfices (Laura)
À force de regarder des tableaux, je finis par ne plus pouvoir me voir en peinture
À force de fréquenter les sorcières en tableaux, j’ai du attirer sur moi des maléfices.
Est-ce « Le sabbat des sorcières » de Francisco Goya qui a décidé de ma jeter un sort[1] ?
Quand elles ont pris leur envol[2], ont-elles plané sur mon crâne pour qu’il me déchire ?
Le taureau qui présidait leur assemblée semblait pourtant si sympathique…
« La sorcière au chat noir [3]» de Paul Ranson avait beaucoup d’autres préoccupations
Pour se pencher sur mon cas ; j’avais presque envie de la consoler.
Otto Dix aurait-il relevé sa sorcière blonde[4] de son drap rouge pour me poursuivre ?
Devant « La Célestine [5]» de Pablo Picasso, j’hésitais encore entre pitié et peur.
Quelle potion maléfique, la sorcière de Paul Ranson faisait-elle mijoter dans son chaudron[6] ?
Dans la forêt, « les sorcières [7]» de Paul Klee jetait des maléfices naturels comme des douleurs.
Ma grand-mère n’a jamais ressemblé à la « Sorcière bretonne[8] » de Paul Sérusier ;
Elle fut plutôt la bonne fée qui de sa baguette magique me donnait de la confiance.
Ecrire à Rimbaud ? 11, Maléfices (Joe Krapov)
Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières
Mon cher Arthur
“Sweet Lorraine
Let the party carry on… »
Uriah Heep (Ken Hensley ; Mick Box ; Lee Kerslake)
A force de m’interroger sur le maléfice ardennais, sur cette suite de catastrophes que fut ton existence, j’en viens à me demander si je ne suis pas, moi-même, le maléfice ultime !
N’ai-je donc rien de plus intéressant à accomplir dans la vie que cette exploration non essentielle des bibliothèques et d’Internet au sujet de ton œuvre et de ta vie afin d’en souligner, s’il en est encore besoin, la malchance infinie ?
N’ai-je pas à rechercher des images plus colorées, plus joviales que celles du Harrar en noir et blanc ou de Charleville-Mézières après le passage de la météorite Rimbaud ou des bombes de 14-18 et 39-45? J’en connais pourtant ! Et des tonnes !
Est-il bien utile d’offrir en partage ma dernière trouvaille ? Sans doute que oui, histoire de relativiser le fait que «Non seulement j’ai écrit des bêtises mais j’en ai chanté aussi». J’avoue, j’aime bien balancer des horreurs dans les oreilles des gens, c’est pour cela que je chante ! Mais avec le «Rimbaud» de John Zorn, vous allez être gâté(e)s ! C’est du pire to pire !
Il ne sortira donc jamais, de la tête des hommes, que le génie du mal et le goût pour l’inaudible ? Serions nous tous ensorcelés ou quoi ?
Attention, passage litigieux :
Et pourtant, c’est bien la société elle-même et, paradoxalement, l’école qui nous encouragent à cela. On y prône la curiosité, le goût pour la lecture, pour les arts, pour la science, pour la découverte, bref tout ce qui a causé ton malheur… et mon bonheur !
Sans la fréquentation des livres, Arthur Rimbaud, tu serais sans doute devenu un paysan ardennais plus ou moins prospère. C’est à cela que te réduit d’ailleurs M. Thierry Beinstingel dans son roman «Arthur Rimbaud, vie prolongée». Arthur Rimbaud, contremaître à béquilles dans une carrière de marbre belge, marié puis veuf avec enfants, qui traverse l’affaire Dreyfus et 14-18 sans prononcer un mot plus haut que l’autre… Désolé de spolier celles et ceux d’entre vous qui souhaitent lire ce livre mais, à part le fait que c’est très bien écrit, ce scénario n’a rien de bien intéressant !
L'autocritique du jour : La malédiction des auteurs de romans c’est le lecteur qui se prend pour un critique littéraire !
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne reproche rien à ce Charlemagne qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école. Je ne fais pas partie de ceux qui veulent l’interdire avec la musique, le jeu d’échecs et la liberté de parole pour voiler tout cela du grand manteau noir d’une religion. Allez-y, les jeunes gars, les jeunes filles, à l’école ! Allez y, vous n’en reviendrez pas, comme le chantait Brigitte Fontaine jadis. Oui, c’était assez inaudible aussi !
En effet, sans les livres d’images, sans les bandes dessinées, sans la liberté de publier et de diffuser la culture, fût-elle d’abord souterraine (underground) puis récupérée (mainstream) et officielle (old dinosaurs, Pink Floyd, Rolling Stones, Bob « Nobel z’années » Dylan), sans les couvertures des romans de science-fiction et les pochettes de disques vinyles, comment aurais-je pu rencontrer les démons et sorciers dessinés par Roger Dean pour les albums d’Uriah Heep et d’autres groupes de rock des années 70 ?
Bien sûr, c’était en dehors de l’école, mais il n’y a pas que l’école dans la vie, ou mieux, toute la vie est une école et le professeur-cancre Joe Krapov y donne des cours de récréation ! Bien sûr c’est le hasard qui préside à la sorcellerie, à la magie et qui fait qu’un sortilège devient maléfice ou enchantement. Rien ne l’abolit et surtout pas un coup de dés.
- T’as du faire nénette, deux, deux et un, Jean-Arthur, et moi casser la baraque avec trois six !
J’ai eu la chance de découvrir chez lui et d’emprunter à l’ami J.-B. B. le premier 33 tours de Uriah Heep, «Very ‘eavy, very ‘umble». Que faisait-il, égaré dans sa collection de disques de musiciens de la West Coast des Etats-Unis (Jefferson Airplane, Grateful Dead, Hot Tuna, CSNY) ? Mystère !
Toujours est-il que «The Magician’s birthday» est bien le premier disque de rock acheté par les pauvres deniers de mon argent de poche de l’époque. Je suis toujours aussi scotché par le morceau final de dix minutes sur la face deux avec son solo de guitare électrique et de pédale wha wha. Le plus enchanteur des sortilèges musicaux n’en reste pas moins Demons and Wizards, l’album qui précédait celui-ci, avec la suite magique de Ken Hensley, «Paradise / The spell».
Et donc, de maléfice en aiguille, pour le seul plaisir de posséder des illustrations de Roger Dean, j’ai été victime de fièvre acheteuse et je possède encore les disques du groupe Greenslade, de Yes et même de Badger.
Bon, assez disserté sur mes envoûtements personnels. Je m’aperçois que, tout à mes recherches et à mes écoutes de musiques folles, j’ai oublié de voir passer le 20 octobre et de te souhaiter un bon anniversaire ainsi qu’à ce cher oncle Walrus qui est né dans ces eaux-là aussi, un peu plus tard quand même qu’en 1854 !
C’est pourquoi je termine cette lettre en vous Balançant à tous les deux un «Happy birthday, magician !».
P.S. Et comme je ne suis pas chiche, je vous offre mes derniers trésors du Trégor. Vous pourrez ainsi constater que Messieurs Nikon et Canon ont prononcé à mon endroit aussi un terrible maléfice : «Chaque fois que tu prendras des photos, Joe Krapov, tu tourneras la molette des effets créatifs afin de te retrouver dans un autre monde qui te rendra fou ! Ha ! Ha ! Ha !" (Rire maléfique de Nippon ni mauvais qui te jappe au nez).
P.S. Oui, je t’ai entendu, Jean-Arthur !
- Passer de Sweet Lorraine à Loreena McKennitt, c’est une belle façon de boucler la boucle. Et ce serait bien que tu la boucles un peu plus souvent, Joe Krapov !»
- Ha ! Ha ! Ha ! Compte là-dessus et bois de l’absinthe !
Maléfice (joye)
La voisine, je ne peux plus la voir en peinture.
Au début, oui, ça allait. Elle était jolie, le jean agréablement serré, un parfum indistinct qui fait rêver un mec. Une bouche carmine. Vous voyez le genre. Parfait pour moi, un homme distingué, compositeur et musicien accompli.
Un soir, elle vint frapper à la porte. C’était l’heure de l’apéro, ça tombait bien, j’avais passé la journée avec des gamins immondes, leur apprenant à ne pas baver sur le clavier de mon Hans Weber. J’étais sur le point de lui proposer un petit porto quand elle me fit sa demande.
Pouvais-je m’occuper de son chat ce week-end-là ? Elle venait de l'adopter de l'abri. Malheureusement, son jules était allergique et il l’attendait en bas, il voulait aller en amoureux au bord de la mer, mais elle ne pouvait pas laisser l'orphelin sans ses croquettes et puis le pauvre minou serait tout seul et serais-je un amour et le garder ?
Je n’avais même pas le temps de formuler un refus galant avant de me retrouver avec une boule blanche sous le bras et la voisine qui descendait rapidement l’escalier en riant « Il s’appelle Maléfice ! »
Le chat et moi nous regardâmes, l’un plus méfiant que l’autre.
C’était sans doute là le point culminant de son séjour.
Ça dura quatre jours, six bagarres et plusieurs lacérations. Mon appart’ sentait abominablement le vomi et le pipi. Ce crétin de chat avait aspergé les rideaux du living, laissé ses poils blancs partout sur mon meilleur costume, et ses crottes dégueues sur mon Kilim. La maudite créature renversa même ma petite figurine de Limoges. Bon, j’avoue que je n’aimais pas trop la babiole, maintenant en miettes, mais je regrettais les six cents balles qu’elle valait, c’est sûr.
Enfin, cette gonzesse de voisine fut de retour de son week-end voluptueux. Elle avait l'air heureuse et reposée. Moi non. Quand elle passa récupérer son sacré grippeminaud, j’étais prêt.
- Eh oui, Madame, votre Maléfice était un amour ! je ronronnais. Tellement que je lui ai fait un petit cadeau.
- Ah bon ? Un cadeau ?
- Oui, oui, oui, j’ai découvert, figurez-vous, que votre chat était doué pour la musique.
- La musique ?
- Oui, oui ! Tout à fait ! Ne le saviez-vous pas ? Il joue de la sonnaille.
- De la sonnaille ? Ça alors !
- Bah oui, je sais. Allez, tenez, votre petite bouboule et la sonnaille. Je la lui offre en souvenir de notre petit week-end ensemble.
Elle semblait plus qu’un peu déconcertée, la voisine, mais elle ne pouvait pas refuser ma générosité. Soit cela, soit elle se méfiait de mon sourire inquiétant.
Après tout, depuis quatre jours, ce putain de raminagrobis n’avait pas arrêté de faire le vacarme chez moi. Et maintenant, il allait continuer chez elle.
Et elle, elle tint exactement deux jours avant de ramener Maléfice d'où il venait. J'ignore ce qui arriva à la sonaille.
Mâle et fils (tiniak)
Mâle & Fils, S.A. - DIRCOM
À l'heure où le hashtag « dénonce la grosse porcasse qu'il te plaira de vilipender pendant tes ragnagnas » atteint des sommets de laïks, d'échanges, partages z'et divers ritwittes sur la toile mal tendue - mais Ô combien fréquentée ! par la plupart des frustrés z'en tout genre que notre monde en déliquescence a fomenté en son sein véreux, une question se pose, là.
Non pas là, là !
Question t’en question : « Dites-voir donc... C'est quoi d'où que ça vient-il ces attaques répétées contre Mâle & Fils !?! Mmh ? »
Mâle & Fils ? Pensez ! Une société qui a fait ses preuves depuis… pfff… depuis, au moins l’âge des grottes décorées z’à la peinture à doigt – et avec quel doigté ! C’est dire !
Nah mé, sans dec' ! Depuis le temps que le droit de cuissage a survécu aux libéralismes z'à-tout-vat, que les joyeuses rapines de fin de siège perdurent durant les conflits z'armés (zarma !) qui agitent teu t’aujourd’hui moins les chroniques que la planète, et que les mains t'au cul (z’au Q ?) continuent de fleurir sur les trottoirs z'et avenues z'où transports tant commun (néanmoins pratiqués tant solitaire), vous croyez-t-y pas qu'il s'agit précisément d'une pratique ancestrale qui a fait ses preuves depuis des millénaires ? Voireuh bien plusse chez les millionnaires !! Hein ? Bon…
Alors, bon... Bon, bon, bon... Je dirais même : Oh ! hé ! Hein ? Bon !...
Le problème, il est : même si ça fait bonbon qu'on essaie de démontrer qu'aussi – hein ? eh ! oh ! z’ il y a toujours z'eu, et qu’y aura toujours, des z’aguicheuses pour rechigner après coups (portés, pourtant, t’avec un geste savant, acquis z'en des temps z'archaïques (cités plus z’haut) et conservé aux pris de longues luttes contre le Sur-Moi t’et les différentes morales z'afférentes aux systèmes sociaux (successifs z'et subséquents), je m'interroge, ben si ! Je m’interroge : « Pourquoi, eh… pürkwa tant d'émotion autour de billevesées après coût... [nnnnh, ghh !] après tout, fort t'anodines z’et plutôt enclines t’à démontrer que le lien social, fondamental z’et sépulcral qui nous… euh… lie, tient z'à très peu de choses, en vrai : quelques gestes, regards, paroles, frottis, commis dans l'effervescence de l'instant, quoi ! en toute spontanéité, quoi ! par quelque mâle (ou son fils), élevé par... une femelle, euh… une femme lelaquelle, par nature, n'a tant (Nathan ?) voulu, souhaité, porté à bout de sein, caressé de la main, que le bonheur, serein n'et bienveillant de sa progéniture ? » M’interrogé-je, Serge.
Hein ? 'pas con, la question !
Ben ? V’là qu’il neige ! C’est bonnard, ça, dis ! Une ou deux traces, et woup ! Je m’en vais charrier Magali (ma ‘tite stagiaire 95C) qui prend mes direux z’à la dictée (là, non, hein… je vous z’écris de mon plaint grais, en toute disgrétion), pour z’y souffler t’au moment de partir : « Ben, Magali ! M’ fais pas r’un flan… C’est-y que t’es ma girlie, z’ou nan ? »
Tu vois la finesse ? Hashtag « Mâle & Fils », wesh !
Mais qui ? (petitmoulin)
Qui a planté un clou
Dans la courbe
De l'aube ?
Qui a vidé le vent
Du parfum
De la mer ?
Qui a fermé le ciel
Sur l'élan
De l'oiseau ?
Qui a creusé un trou
Où sombre
La lumière ?
Qui a déshabillé
La densité
Des mots ?
Qui a couvert de cendres
Les traces
Du poème ?
Qui diable ?
Mais qui ?
Mâle et fils (Walrus)
À peine avais-je imaginé vous faire le coup de l'intitulé homophonique que le message de Vegas m'est parvenu nous apportant une participation au titre basé sur un jeu de mots similaire.
C'est fou comme les grands esprits se rencontrent.
Remarquez que Vegas, lui, a de la suite dans les idées et qu'il nous a construit sur ce thème un de ces galimatias dont il détient les tortueux secrets puisqu'il en est le Roi incontesté, lui qui plane au ciel de la ponte scripturale ainsi qu'en atteste le cul bleu de son nouveau perroquet.
Tandis que moi, misérable avorton scribouilleur, à part le titre...
Ben oui, à la fin de l'envoi, je (botte en) touche !
Mal et Fils (Vegas sur sarthe)
Depuis tout petit mon obsession c'était de déchiffrer en défrichant du défraîchi et c'est ce que je fis sans difficultés.L'enseigne était délabrée mais je pus lire aussitôt "Mal et Fils".
Je tirai la chevillette et comme l'avait prédit Perrault en son temps la bobinette pivota vers le bas et sortant de la gâche, finit par choir en libérant l'huis qui n'avait pas dû s'ouvrir depuis fort longtemps.
J'aurais pu simplement dire que j'avais ouvert cette porte mais j'ai ce souci du détail qui agace parfois et auquel je ne peux résister.
J'entrai et je dû m'habituer à la pénombre où un maigre lumignon qui tenait plus du quinquet que de la lampe tentait d'éclairer un guéridon encombré de grimoires et de bouquins.
L'un d'eux portait un titre énigmatique "Nonante nuances de noir"... pas franchement gai tout ça.
Sur un perchoir vermoulu un perroquet à croupion bleu passablement déplumé me regardait d'un oeil morne. "Vive le roi" lança t-il d'une voix rauque comme pour alerter de ma présence et sans présumer de mes origines modestes.
"C'est trop d'honneur" répondis-je "Monsieur Mal est-il là... ou son fils?"
"Vive la reine" rectifia le volatile qui semblait ne pas m'avoir bien calculé.
Signe d'un courant d'air venu de la pénombre, le lumignon se mit à flageoler puis le courant d'air ouvrit la bouche."C'est pour quoi?" grinça une voix fluette.
Le gnome – je dirai un petit gnome au risque de pléonasmer – source du courant d'air bondit sur le guéridon histoire de pouvoir parler de gnome à homme :"C'est pour quoi?" répéta t-il comme si je n'avais pas entendu.
"Monsieur Mal ?" m'enquis-je.
Il éructa une fois – ou flatula, la différence est ténue chez les petits gnomes – avant de dire :"Non c'est le fils, mon père n'est plus...là"
"Désolé" crus-je bon de répondre à l'orphelin.
"ça ne fait rien" dit-il "je remplace avantageusement ce vieil abruti qui est parti avec la marâtre de Blanche Neige et son foutu miroir!"
"Quel foutu miroir ?" osai-je demander.
Un gnome qui soupire n'est pas beau à voir, pas plus que quand il rote ou pète, aussi ne vous décrirai-je pas la scène en détail.
Il expliqua: "Cette marâtre possèdait un miroir maléfique, un smartfaune de chez La Pomme qui donne le temps qu'il fait, des nouvelles de ses sujets et des recettes de beauté comme ce masque de Cesare Frangipani à base de frangipane et de beurre en pot... mais pourquoi vous bassiner avec tout ça ? Allez plutôt chercher ces balivernes chez Vegas qui en remplit des grimoires entiers dans sa Sarthe!"
Pour un petit gnome il en avait visiblement gros sur la patate ce qui lui donnait l'air d'un culbuto ridicule.
J'évitai donc de le questionner plus avant sur son père, sa poufiasse et ce miroir empoisonné.
Ma quête était toute autre et quand j'eus exposé l'objet de ma visite, le petit gnome se transforma en deux ronds de flan.
Je cherchais en fait une sorte de décodeur magique, une poudre de perlimpinpin, un onguent ou même un lavement enfin quelque chose qui puisse me traduire des mots et des expressions nouvelles pour moi comme galimatias, chacun-et-chacune, celles-et-ceux, pique-boeuf, aggiornamento,totipotent, irrédentisme et tant d'autres calembredaines.
J'évitai certaines expressions comme In petto qui aurait pu l'inciter à flatuler de nouveau.
Le double rond de flan me regarda de l'air désolé du commerçant au bord du dépôt de bilan :"Je n'ai rien pour ça. J'ignore qui parle de la sorte et je n'aimerais pas être à votre place!"
"Je n'ai pas choisi ma place pas plus que je n'ai choisi la sienne" soupirai-je à mon tour "j'aimerais juste comprendre ce qu'il dit, moi qui n'ai pas mon pareil pour déchiffrer en défrichant du défraîchi"
Tout petit qu'il était ce gnome n'était pas dénué de jugement puisqu'il conclut en hochant sa tête de flan:"Il vaut peut-être mieux ne pas comprendre du tout..."
Je sentis que j'allais repartir bredouille et le gnome sentit ce que je ressentais.
Comme je repassais l'huis – j'adore repasser les huis – en le remerciant de rien, il me tendit la perche ou plutôt le perchoir.
Je repris alors ma route avec mon nouveau perroquet à croupion bleu passablement déplumé et à l'oeil morne.
"Vive le roi" me siffla t-il à l'oreille.
Finalement ce babillard commençait à me plaire.
Sont entrés dans le carrousel
Venise ; Laura ; Walrus ; Pascal ; Vegas sur sarthe ;
Thérèse ; Joe Krapov ; petitmoulin ; tiniak ; joye ;
Le cheval de mes nuits par bongopinot

C’est pendant la nuit
Au détour de mes rêves
Qu’il vient à ma rencontre
Moi, docile je le suis
C’est un cheval gris clair
Qui annule mes cauchemars
Même quand la lune est noire
À ces côté droite et fière
Je n’ai plus peur de rien
Personne ne peut m’atteindre
Je n’ai plus rien à craindre
Dans ce sommeil divin
Je sombre et m’envole
Sur son dos au petit trot
Parfois même au galop
Sur le sable on décolle
Au dessus les étoiles
Au dessous la mer calme
Dans mes yeux une larme
Au loin esquisses de voiles
Cheval, mon petit Lipizzan
Se transforme en pégase
Ces mots comme une rose
Marquent le temps présent
Et ce soir à la nuit tombante
Tu reviendras me chercher
Avant que l’heure de mon lever
Pour une virée enivrante
Zébulon (Pascal)
Loin des grands axes et au hasard d’une de nos sorties dominicales en moto, du côté de Saint-Tropez, Nanou et moi étions passés devant un centre équestre et nous avions décidé d’une promenade impromptue à cheval. C’est quand les choses ne sont pas prévues à l’avance qu’elles sont les plus exaltantes ; elles deviennent alors des souvenirs inaltérables. Chaque image a son charme, chaque détail son parfum, chaque ombre est le négatif précieux dans l’album des photos sensationnelles.
Incorrigible couturier, l’automne dans les arbres avait sa façon d’embellir les décors. D’une branche à l’autre, c’était des confettis d’or, des guirlandes topaze, des bouquets sertis aux intenses tonalités jade et rubis ; des bousculades de vent emportaient les feuilles dans des ouragans multicolores ; les entrées des sous-bois pastel, illuminées de grenat et d’ocre, avaient des reflets éblouissants, chamarrés, pétillants ; des effluves entêtants d’eucalyptus et d’encens saupoudraient l’ambiance en nous soûlant de campagne…
Passionnée, devant les écuries, tu rayonnais comme si tu avais retrouvé ton élément ! Tu as toujours aimé les chevaux, l’atmosphère qui plane dans les manèges, les enclos, les hennissements, les odeurs fortes de paille et de foin ; tu sais leur parler à l’oreille, les gâter avec des friandises, les caresser longuement, flatter leur croupe, et toutes ces choses rapprochantes qui font cette connivence magique entre l’animal et l’humain.
Puisque tu connaissais parfaitement le « maniement » des chevaux, on te prêta une monture en rapport avec tes qualités de cavalière. On me refila un gentil canasson, nommé Zébulon, parfaitement amorphe et digne de mes compétences de néophyte. Passer d’une Kawasaki Z1000, avec ses quatre-vingt-trois chevaux, à un seul, monté sur ses quatre pattes, n’était pas pour moi une sinécure ; grimper dessus, fut toute une aventure…
Bon an, mal an, pas franchement rassuré, je suivis l’équipée, le temps de cette balade bucolique. Au pas, tout allait bien ; au trot, j’avais mal aux fesses d’être tamponné sur la selle. Ce qui était un plaisir pour toi devenait un supplice pour ma colonne vertébrale.
Malgré le début de fraîcheur automnale, pas très à l’aise, je transpirais sous mon blouson de cuir…
Incommodé par ma lenteur, notre jeune guide-accompagnateur m’avait cassé une petite branche pour que je puisse de temps en temps fouetter la croupe de mon canasson.
A cause de toi, peut-être, il faisait le beau, ce jockey de carnaval ! Ici ou là, il cabrait sa monture ! Fringante, la bête donnait des antérieurs comme si elle boxait l’invisible !
Moi aussi, sur ma bécane, je savais faire des roues arrière !...
Son cheval était flamboyant ; on aurait dit qu’ils étaient faits l’un pour l’autre ; à la moindre sollicitation, à la moindre pression sur les rênes, l’animal répondait à la requête de son picador avec une grande application. Pire, ils étaient beaux…
Ton cheval piaffait d’impatience ; pour un peu, vous seriez partis tous les deux en caracolant dans la garrigue, en m’abandonnant lâchement avec ma Rossinante !...
Zébulon s’endormait et ça m’arrangeait ! Le fouetter ? Jamais ! Je ne voulais surtout pas le réveiller ! Je lui souhaitais même des rêves sans ruade avec d’immenses prés de marguerites, une écurie remplie de fourrage frais des alpages, des juments pas trop regardantes et des saillies d’anthologie ! Les branches me giflaient la figure, j’avais mal au dos et de la sueur d’inquiétude collait dans mes mains…
Zorro, l’écuyer-randonneur, sûr de son effet, nous avait emmenés à travers les chemins tortueux, jusque sur les hauteurs de la colline. Du haut de nos montures, au loin, on pouvait apercevoir le Golfe de Saint-Tropez, ses falbalas bleutés et la brume dentelée que le soleil s’évertuait à peindre en isatis. Comme des cerfs-volants libres dans l’azur, des bateaux dessinaient des arabesques sur l’onde céruléenne ; leurs voiles brûlaient en lavande, en parme, en lilas indigo…
Aussi, je n’aimais pas la houle que la démarche de mon cheval créait en avançant ; cela me donnait le mal de mer, au milieu de la poussière du chemin. Parfois, un de ses sabots glissait sur une pierre et j’avais toujours l’impression que j’allais me casser la gueule au milieu du sentier ! Brusquement, il donnait des coups d’encolure pour chasser les mouches avec sa crinière ! Par jeu ou par dépit, souvent, il pinçait les fesses du cheval le précédant avec des coups de dents adroits ! J’avais la hantise d’un taon belliqueux, d’une épine acérée ou de quelque objet hétéroclite qui déclenche sa peur...
Tout à coup, à la vue d’une petite clairière et sans que je n’esquisse le moindre petit geste, ma monture se mit à galoper ! Tétanisé, droit comme un i, je me sentis glisser inexorablement de la selle ! Au secours !... Mon cheval s’est emballé ! Il va me désarçonner ! J’allais droit à la gamelle ! J’aurais dû garder mon casque de moto ! Le cheval : la plus belle conquête de l’homme ? Tu parles ! Moi, j’adore le cheval ! Surtout dans l’assiette, en steak tartare !...
Enfin, heureuse de galoper, tu chevauchais bride abattue comme si tu voulais gagner une course de tiercé ! Le cavalier-cosaque-outsider t’avait emboîté le… sabot, trop content de se débarrasser de ma charge !...
Nanou !... Nanou !... Où est le bouton marche-arrêt sur ce p… de bourrin ?!... Il est monté sur ressort, ce Zébulon ! Allez, déconne pas, cheval ! Repasse en mode léthargie ! Promis, je ne mangerai plus jamais un de tes semblables !...
Au bout de la clairière, l’animal était redevenu calme et il avait repris sa somnolence de vieille carne, seulement agitée par ses coups de queue sporadiques.
Je ne sais pas comment je n’étais pas tombé ; j’avais les mains crispées sur les rênes, chaud dans les bottes et des grands soupirs de forçat…
Souriante, tu m’attendais à l’entrée du chemin du retour ; aussi, je me redressai sur ma selle comme un cavalier émérite quand il a réussi son difficile parcours de sauts d’obstacles…
Paysages avec chevaux (Laura)

Des chevaux bleus tournent sur la piste de Raoul Dufy.
Ils me font penser à ceux qui trônent à côté de ma gare à St Etienne[1].
Alors que Rosa Bonheur peint une foire aux chevaux aux couleurs plus classiques: Lipizzan
ou Isabelle.
Quatre chevaux et leurs cavaliers se dirigent vers la plage sous le pinceau d'Edgar Degas.
Le cheval de Théodore Géricault est gris alors que je me souviens de la "Complainte du petit cheval blanc" de Paul Fort apprise à l'école: si belle, si triste.
Pendant ce temps les "Chevaux de bois" de Paul Verlaine tournent sur toutes les places de France.
La "femme cheval" de Chagall est rouge alors que le "petit cheval" de Franz Marc est violet".
Chagall voit aussi parfois le cheval en vert mais je veux terminer avec un cheval bleu de Marc.
T'en foutrai du Lipizzan, moi ! (Walrus)
Mais où diable ai-je pu aller pêcher cette idée stupide ?!?
Eh bien, je vais vous le dire :
Initialement, j'avais pensé proposer "liposuccion" mais je n'ai pu repousser un frémissement à l'idée de ce qu'auraient pu faire de ce sujet éminemment sympathique mon neveu Joe et quelques uns de ses amis du genre Vegas. Et comme j'en étais à Lip, Lipizzan m'est tout naturellement venu à l'esprit.
Mal m'en a pris, le seul cheval que j'aie jamais monté n'avait rien d'un Lipizzan, je vous le garantis !
Que faire dès lors pour honorer le sujet que je nous ai moi-même jeté en pâture ?
Ne vous inquiétez pas pour moi, j'ai de la ressource (si j'ose dire) !
J'ai un souvenir, douloureux, avec les Lipizzans :
C'est moi qui ai payé les billets quand mon épouse et mes petites-filles sont allées voir l'exhibition de l'École d'Équitation Espagnole de Vienne au palais du Heysel de ma bonne ville.
Participation de tiniak
Ah, le sang d'Alezan, mon Isabelle !
(fallût-il que tu fusses bien cruelle)
se répand dans le champs de nos saillies
quand tu bailles z'et répètes : "Ba'hi..."
Tu m'as offert, pour un galop, une galoche
Je t'ai rendu ma sève foutraque et fantoche
Et quand j'ai dû quitter ta croupe mécanique
Alezan a surgi, hénissant : "tu la niiiiques ?!"
Oh, c'est trop d'imbroglio, cette histoire...
Je ne suis qu'un Tornado sur fond noir
recyclé pour honorer les juments
pas pour froisser mon vieux pote, Alezan !
Nan, c'est bon ! Ne viens pas m'aguicher par ici
Ne veux plus rien cambrer de mon anatomie
avant d'avoir logé - quelque en soit l'écurie
de mes pairs, la lignée, la longe et le frichti
Eh, va-t-en, Alezan, voir Isabelle
bailler ton ratelier pour ta femelle
Mais...? Tu ne bouges pas plus qu'un I-phone !
Oh, mon pauvre coursier, tu es atone...
Le couchant prend les rênes (petitmoulin)
Soudain le silence se cabre
Un galop le traverse
Venu de nulle part
Un coup de vent brutal
Secoue la crinière
Des buissons
Désarçonne le jour
Qui se retire au petit trot
Le couchant prend les rênes
Le temps d'effacer sa lumière
Tu crois voir un cheval blanc
S'éloigner dans la nuit
Tu ne sais pas
Si tu entres dans un rêve
Ou si tu en sors













