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Le défi du samedi
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24 août 2019

Romane d'apprentissage : Épisode sept instone (joye)

Non, ce n’est pas chaque femme qui peut vivre une telle vie : veuve d’un artiste et d’un restaurateur, chapelière et star, amante d’un faux-curé et d’un vrai-bossu ! Et tout cela dans l’espace de six semaines…

…normal alors que je cherche un peu de répit en faisant des études.

Je m’inscris alors au programme docte et oral à l’Université des Sciences métaphysiques en Californie sur le campus à Dubrovnik, Pas-en-Californie.

Là-bas, mon prof préféré, un grand Irlandais qui s’appelait Phil O’Saufy était un amour. 

Après tout, c’est quoi la philosophie sinon l’amour du savoir, comme disait ma tante Kafère ?

Et qu’est-ce qu’il savait ! Ce fut bien mon Phil qui m’apprit la magie. Voyez-vous, ce n’était pas sorcier.

Je publiai plusieurs sortilèges aussi (disponibles pour 25 euros chacun chez Amazone e-bouquins), dont je vous livre un extrait gratos icitte :

Lorem ipsum dolor sit amet, mel putent maiestatis an. Duis labores te sit, pro hinc pertinax appellantur ut, cu discere dignissim mnesarchum nam. No everti docendi menandri quo. Iracundia comprehensam ne his, utinam officiis convenire vix ea. Te nam nibh audire vituperata, duo et maiorum torquatos. 1

Oui, je sais, impressionnant, n'est-ce pas ? Et ça se prononce exactement comme c'est écrit. Je vous en prie.

Vous n'allez pas le croire, peut-être, mais avant la fin de mon cursus, je sus mettre la tête d’un enfant au milieu d’un mur, en murmurant  !124433339

Malheureusement, j’eus mes diplômes seulement avec mention assez bien, parce que je ne pus jamais remplacer cette stupide tête en plâtre avec la tête de l’enfant vivant. Je dis à mon comité que cela ne fut pas mon intention, mais ils choisirent méchamment de ne pas me croire. Est-ce de ma faute qu'ils sont tous maintenant des crapauds ?

Bon, à la semaine prochaine pour la fin scintillante de ma saga estivale.

Oscula magna acadabracantim,

Romane.

1D’Aprentissage, Romane. Sortilèges qui marchent super bien. Université de Métaphysique à Dubrovnik, 2019. eBooks en vente (Amazone).

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24 août 2019

Voir le Monde (Minuitdixhuit)

 

  C’est de là que je peux voir le Monde.

  Il ne lève pas souvent le nez, toujours à fixer la pointe de ses chaussures ou à fermer les yeux bien fort, parce que sans doute qu’en priant bien fort, il vaut mieux qu’il garde les yeux clos, des fois qu’il apperçoive la vanité et la vacuité de ses jérémiades adressées au ciel.

  Moi, Maline, je préfère me tapir dans ce haut de l’église qui est déjà un peu plus près de ce ciel qui ne m’attend pas, mais qui n’a pas l’air d’attendre grand monde de ce beau Monde prosterné.

  Il y a la Bigote qui boit le Diacre qui boit le Curé qui boit l’Évêque qui boit le Pape qui boit le Saint-Esprit qui boit Dieu et bien sûr, Dieu rince son verre sans avoir besoin de vénérer personne pour cause de hiérarchie sommitale et j’ai bien compris que c’est à lui qu’il faut s’adresser, ou même à pas s’adresser du tout, parce que ça, Grand-Mère me l’a appris :

—   Pense avec ton cœur, Maline, pas avec les boniments des montreurs de médailles miraculeuses.

  Grand-Mère, elle n’y croit plus trop aux miracles, depuis que son premier a été emporté par la tuberculose, son second tombé sur le front des Flandres, il ne lui est resté que ce petit-là que les cochons n’ont pas voulu manger, pas très vaillant, pas très malin, mais c’est son fils et c’est mon Père, ça m’a permis d’être et je sais que Grand-Mère est, pour si peu de ça, heureuse. Il lui a donné sa préférée : moi.

  Bien sûr, c’était pas compliqué, sans frères ni sœurs je suis la seule rescapée de cette famille de vivants-morts, Grand-Père parti dans la boîte en bois, Maman dans la belle maison où on va la voir tous les Dimanches, avec Papa et son bouquet de fleurs et on la retrouve dans le grand parc :

—   Mais qu’elle est jolie cette petite fille, mais comment s’appelle-t-elle, Monsieur ? Et ces fleurs ! Vous êtes aimable, Monsieur, si seulement mon mari venait me voir de temps en temps avec un si joli bouquet, vous savez, je suis mariée, mais bien sûr… Les hommes… Vous, vous n’êtes pas comme eux, hier aussi, un Monsieur est venu, mais sa fille et ses fleurs étaient épouvantablement laides, pas comme celles-ci… Mais qu’elle est jolie cette petite fille, mais comment s’appelle-t-elle, Monsieur ?

  Papa, il est jardinier, alors les fleurs c’est son métier, heureusement, parce qu’elles sont apaisantes pour lui et pour Maman, et gratuites. Avec tout ce qu’il lui offre comme fleurs, il y a longtemps qu’il n’aurait plus les moyens de revenir saoul du café. Il est gentil, triste, mais gentil. Il s’assoit à la table de la cuisine, moi, j’ai fait de la soupe aux pâtes, c’est facile à faire et c’est la seule chose que je sais faire, alors je le regarde qui mange et qui pleure. Papa, il ne sait faire que trois choses, bêcher les jardins, pleurer Maman et boire sa soupe de peine. Mais ce sont les mêmes trois choses.

  Alors moi, Maline, je préfère me tapir dans ce coin d’église qui est déjà un peu plus près de ce ciel qui ne m’attend pas, mais qui n’a pas l’air d’attendre grand monde de ce Monde.

   Je ne suis pas bien grande, mais, si c’est Dieu qui a décidé de tout ça, je crois que je peux faire un peu mieux, sans me vanter.

 

24 août 2019

Le petit garçon par bongopinot

Blythburgh

 

Elle aime visiter église et chapelle

Pour retrouver un peu de paix de fraîcheur

Elle reste un moment devant l’autel

Admirant toutes ces lueurs

 

Son petit garçon solitaire

Regarde lui par une lucarne

Et ça à l’air de lui plaire

Son regard se porte sur sa mère

 

Lui aussi apprécie les vitraux

Les statues si blanches

Les bougies formant des halos

Une main sur sa tête l’autre sur sa hanche

 

Il s’imagine dans dix ans

Il sera un grand aventurier

Ses cheveux bouclés dans le vent

Par monts et par vaux parcourant les sentiers

 

Inspectant les monuments

Travaillant pour survivre

Ici et là toujours en mouvement

Mais pour l’instant il parcourt ses livres

 

Il est encore trop jeune pour partir

Mais il sait que son jour viendra

Il est quand-même pressé de grandir

Néanmoins pas de problème il patientera

 

24 août 2019

El sindg èst al bawète, i fera bô dmin (Walrus)


C'est ainsi qu'on salue une personne se trouvant à une fenêtre dans ma  région natale.

Vous n'avez pas compris ? Je pourrais vous dire de demander à Madame Chapeau, elle vous traduirait ça les doigts dans le nez ! Mais pour les quelques rares personnes qui pourraient ne pas y être arrivées toutes seules (donc sans doute pour personne), je traduis : "Le singe est à la lucarne, il fera beau demain".

N'allez pas jusqu'à me demander ce qui lie la constatation à la prédiction, ma sagacité a des limites !

Le singe en question (sur la photo sujet) est ma fille au prénom gallois, quand elle arborait encore sa toison flamboyante.

La photo a été prise dans l'église de Blythburgh

Blythburgh-0005

Une église énorme pour un patelin plutôt petit (≈ 300 âmes, hameaux compris).

Quoi ? Vous ne voyez pas bien le côté flamboyant ? Qu'importe, j'ai une autre photo de la même époque :

Maltings

Ouais, c'est un peu flou, on ne peut pas tout avoir, hein, c'est une vieille dia...

24 août 2019

La tête (Venise)

 

Tu vois la preuve est là

 

Les chrétiens sont des coupeurs de têtes.

Qu’est ce que tu racontes. ?

 

Oui ! depuis des siècles ils abattent les têtes qui n’opinent pas du chef.

La tête de cette enfant en est la preuve irréfutable.

Tu fais preuve d'un art consommé de la rhétorique, mais cela t’amènera à un internement psychiatrique crois moi !!

 Sais-tu ce que disait Platon : « L'opinion se situe à mi-chemin entre le savoir et l'ignorance.

 

Regarde !! le visage a bougé furtivement.

Ça va mieux maintenant.

Pas vraiment, assieds-toi,   ici on ne ferme jamais .

Rappelle-toi ce que disait Winston Churchill : “Un fanatique est quelqu'un qui ne veut pas changer d'avis et qui ne veut pas changer de sujet”

Bien peut-on continuer notre visite ?

Oui à condition que je puisse fumer une clope.

Je fume pour ne pas m’envoler au septième ciel .

 

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17 août 2019

Défi #573

30ans048

17 août 2019

Ont suivi la ligne

17 août 2019

O comme obélisque (Adrienne)


Il doit bien y avoir dix ans que l’Adrienne est abonnée aux Notules dominicales de Philippe Didion. Le dimanche vers l’heure de midi, la notule hebdomadaire arrive dans la boîte aux lettres.

L’auteur y recense scrupuleusement chaque film vu, chaque livre lu, ainsi que l’avancement de quelques chantiers, comme les photos d’enseignes de maisons de coiffure ou les monuments aux morts de 14-18.

Ce dernier chantier prétend à l’exhaustivité et requiert par conséquent une stratégie infaillible : à l’aide de la liste des communes du département, suivre l’ordre strictement alphabétique et visiter, semaine après semaine, chaque village, chaque commune, pour y photographier le monuments qui commémore la Grande Guerre.

En 2001, il était à la lettre B. Ce mois-ci, dix-huit ans plus tard, il est au R. C’est dire l’ampleur du chantier.

En plus de la photo, Philippe Didion fait une description complète du monument : ciment ou granit ? Entouré d’herbe ou de gravier ? Fleuri ou délabré ?

Les inscriptions aussi sont soigneusement recopiées : textes, dates, noms.

L’Adrienne trouve ça terriblement émouvant.

 

17 août 2019

La photo (Venise)

 

Je me fiche pas mal de savoir qui a déplacé les chaises du cloitre, Monsieur le commissaire.

Ce que je veux savoir c’est où est passé notre bon curé.

Il a peut-être mis les voiles dit le commissaire. Il s’est débiné de ce trou perdu voilà c’est tout renchérit l’inspecteur.

Avec cette canicule son thermostat a dû se dérégler.

Ils prenaient tous deux cette disparition à la légère et le frère corbin était très agacé.

Bien décrivez nous ce grand disparu .il porte une paire de lunette cerclée de métal sur le nez.

Il adore Bob Dylan et fredonne souvent blowin ’in the Wind.

Il conserve dans sa chambre un poster de Tarzan et estime que Johnny Weissmuller aurait pu déloger le christ sur sa croix.

Il portait ce jour là une tenue de tennis blanc. Il passait son temps à chasser les écureuils, à poser des collets à lapin , à cueillir des baies .

A cause du manque d’action à l’église le bon curé s’adonnait au site de rencontre dit la servante.

La nouvelle n’avait pas tardé à se répandre dans le village.

Le curé s’était fait la malle !!L’histoire avait fait bien rire .

Comment juger l’audace la drôlerie la fantaisie de ce curé qu’on n’a jamais revu dans le coin.

 

17 août 2019

Pourquoi à Saint-Sulpice? (Laura)

 

Comme tout le monde, je crois que j'ai lu le "Da Vinci Code"

J'ai trouvé ce livre moyen au niveau de l'intrigue

Et mauvais au niveau du style, par rapport à mes lectures

De polars littéraires et d'essais sur les sciences occultes.

Je crois que j'ai vu le film tiré de ce livre.

Peu de souvenirs dans ma mémoire.

Tout le monde  s'est rué au Louvre et à Saint-Sulpice

Pour (re)voir la Joconde et la Méridienne[1].

Je suis allée au Louvre pour "Bouchardon[2]" et à Sulpice

Avant tout le monde pour sur les traces de Baudelaire

Qui y appréciait de Delacroix les peintures murales[3].

Sûrement ai-je aussi là-bas à Nerval car je pense

Souvent à lui mais pourquoi à Saint-Sulpice?

 

 


[3] https://www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/ou-l-on-decouvre-baudelaire-admirateur-de-delacroix/25409

 

17 août 2019

Romane d'apprentissage : Épisode sixtus...comme le pape (joye)

Eh non, ce scandale luxembelgeois n’était pas la fin de mon saint supplice amoureux.

J’avoue que j’avais du mal à me débarrasser du bossu Glen-Glen, qui aimait visiter les églises à travers l’Europe, mais les pièces qu’on nous jeta sur chaque parvis m’aidèrent à vite rétablir mon indépendance financière.

J’étais bien son Esmeralda, je lui payais à boire, nous étions contents…bon, moi, j’étais quasi-contente jusqu’au jour où Glen-Glen m’abandonna et s’enfuit avec un gnome qui s’appelait Mon.  Ce gnome Mon, qui aimait l’astronomie, était un pilier de sa communauté.

124380158Bref (c'est le cas de le dire), je vis la lumière.

Je savais qu’ils ne se feraient pas prier, Glen-Glen et sa stupide Rosslyn qui descendèrent en ce moment-là au Méridien.

-          Arrête ton cinéma !  me crièrent-ils avant de se sauver à Houbois (voui, « Hollywood » en v.o.)

-          Merde ! leur répondai-je.

Alors, grâce à moi et mon souhait, ils vécurent heureux à tout jamais.

Et moi ?

Ben moi, j’ai encore deux épisodes à vous raconter, moi, votre Romane d’été.

Je garde la poire pour la fin, quoi.

***

Post-scriptum : Oui, c’est un peu court cette semaine, en raison de fêtes.

Normal.

J’assume.

17 août 2019

Gnomon et toutes ces sortes de choses (Walrus)


Dès la parution du sujet, Emma avait identifié la chose puisque le commentaire qu'elle a déposé ce jour-là fait référence au Da Vinci Code.

Il s'agit du Gnomon de la méridienne de l'église Saint Sulpice, à Paris.

Contrairement à ce que prétend le dit bouquin, le filet d'or qui traverse l'église n'est pas la matérialisation du méridien de Paris (lequel passe par le cœur de l'observatoire à quelques centaines de mètres de là et possède lui aussi son insert d'or), c'est une simple méridienne et elle sert à déterminer avec précision le moment précis de l'équinoxe ainsi que l'heure solaire locale.

Ah, le méridien de Paris ! Il exprimait la volonté du Roi-Soleil de faire de sa capitale la référence du monde (Il n'est bon bec que de Paris...) alors que nous savons pertinemment bien qu'il s'agit de Londres.

Cette histoire de méridien m'a rappelé ces aventures de Tintin "Le Secret de la Licorne" et "Le Trésor de Rackham le Rouge" où le capitaine Haddock se met le doigt dans l'œil en oubliant que la longitude figurant dans le message de son ancêtre faisait référence au méridien de Paris et pas à celui de Greenwich.

Il faut comprendre qu'Hergé était Belge et avait trouvé cette astuce pour corser un peu les aventures de ses héros. Mais il est impensable qu'un marin français, un fils de cette république où l'on nomme encore la Marine Nationale "La Royale" et où une large partie de la population compte encore en "anciens francs", ne fasse pas immédiatement la correction de 2°20'13,82" pour se retrouver en longitude connue (mais l'a-t-il faite dans le bon sens ?).

 

17 août 2019

Il est passé par ici... (maryline18)

 

Parfois, dans le coeur de nos enfants se cachent des monstres...

Oh, avec vos yeux bienveillants de mamans, vous ne pouvez pas les voir... Il est inutile d'avoir des remords, des culpabilités.

Je me demande pourquoi ce monstre a abîmé son coeur ; j'y avais mis tellement d'amour protecteur...De plus, pour être sûr qu'il ne lui arrive rien, pour le protéger de maux invisibles, imaginaires, le prêtre l'avait baptisé, dans la grande église. Moi, je n'y croyais pas trop au pouvoir de ce p'tit monde au ciel, mais bon, tout le monde dormait sur ses deux oreilles après ça.

Parfois, dans le coeur de nos enfants, se cachent des monstres...

Le monstre n'est pas "lui", mais "en lui", et donc un jour il en ressortira. Si vous saviez comme cette pensée me réconforte.

...Surtout, ne pas penser, ne pas s'arrêter, ne pas repartir en arrière...VIVRE et attendre qu'il remballe son mépris et s'en aille. Ne pas donner d'eau au moulin de sa méchanceté, juste attendre qu'il soit à cours d'arguments et parte.

...Il tente d'étouffer les bons moments passés, c'est normal, il fait son travail de saleté de monstre. Je le déteste. Moi je sais bien tout ce que tu aimais : ton histoire préférée c'était Boucle d'Or, tu adorais mes "moka" avec les crottes de toutes les couleurs au dessus, tu aimais nos balades en vélo, nos après-midi bricolages, nos sorties au parc ou à la piscine.

Plus tard, tu attendais comme moi ces week-end où on se racontait tout, où on rigolait pour rien, comme deux ados...Il y avait les gares, les billets qu'il fallait composter, les vélos qui montaient les marches aussi vite que nous pour arriver sur le bon quai. Et puis on faisait les courses et je t'offrais les plus beaux fruits comme les trophés de ma toute neuve indépendance...

Quand tu étais rentré, le dimanche, souvent je n'avais pas le courage d'attendre seule le train du retour alors je pédalais, pédalais. J'économisais le prix du billet. Où allais-je chercher toute mon énergie ! Pour que tu sois fier de moi, je ne pouvais pas baisser les bras alors je fonçais vers mes quatre murs de liberté tandis que mes larmes coulaient... Un week-end c'était si vite passé ! Je retournais à mes privations pour bientôt revenir te chercher et te voir rire encore !

Quand le monstre s'en ira, je te raconterai et tu m'écouteras...peu-être. Il est passé par ici, il repassera par là !

 

17 août 2019

Le trésor de l'abbaye (Lecrilibriste)


J'ouvre la grande porte sculpée
pour pénétrer dans  l'abbaye
l'obélisque au garde à vous
sur son socle de marbre rose
protège le seuil et veille
avec les morts des vieilles guerres
incrits à jamais dans sa pierre

Le silence l'habite
chargé d'odeurs d'encens
et de cire fondue des cierges
Vertige de la lumière
le bleu et le rouge des vitraux
éclairés de soleil
dessinent un kaléidoscope
de la nef jusqu'au choeur
sur les dalles de pierre

Les pas se font menus
pour ne pas heurter le silence
Transcendant l'instant
le regard embrasse la mémoire,
sonde le mystère d'un Moyen Age
batisseur de cathédrales
créateur de merveilles
que l'on ne sait plus faire
malgré les techniques partenaires
des batisseurs de ce siècle
 
Piétinement de vies, de besognes et de prières
Etés, automnes, hivers, printemps
ont résisté au temps
En spires les suppliques
des ans et des neiges d'antan
les psaumes, les pater et les ave
s'accrochent aux feuilles de lierre
des colonnes sculptées
pour grimper vers le ciel

Deux fois l'an,  un rayon de lumière oblique
traverse la rosace au dessus de l'autel
au cœur de la colombe aux ailes déployées
Il vient caresser une large dalle de pierre
usée par tous les pas qui l'ont foulée
C'est le trésor secret de l'abbaye
c'est du moins ce qui se dit
Il emplit d' un regain d'énergie
cosmique et tellurique
les corps des  fidèles initiés
qui attendent pieds nus sur la dalle sacrée
l'instant magique où il va l'éclairer

17 août 2019

Il suffirait (Kate)

 

Il suffira 

De dire : "Dans mon corbillon,

Qu'y met-on ?"

gnomon

 

rennes le chateau

Pour qu'on s'entende répondre :

- un gnomon

Pour mesurer le monde,

- un Da Vinci Code

Pour décoder le monde,

- une église Saint-Sulpice

Pour magnifier le monde

 

 

IMG_20190812_095345

Il suffira

De relire : "Si j'avais un pivot,

je soulèverais le monde"

 

 

 

 

 

 

 

Pour se redire : "Si j'avais un marteau"...,

J'enchanterais le monde

marteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il suffira 

De photographier un peu

La réalité

Pour tenter de la transfigurer

En un petit peu mieux

astérix

photos de l'auteur, août 2019

17 août 2019

Moi, Mélanie (Zigmund)


Trouver  du  travail  en  traversant  la  rue  qu'ils  disaient  ...

Moi  c'est  la  place  que   j'ai  traversée  jusqu'à cette église. Ce jour  là,  j'avais  fui  la  canicule et je  m'étais  réfugiée à la  recherche  d'un  asile  de  fraîcheur. C'était  ça  ou  le   rayon  surgelés  du  supermarché. (j'avais  choisi  l'église  pour  le  silence) 
Chômeuse  en  fin  de  droits,  j'avais  soif  et  un peu  faim  aussi,  ils  m'ont  proposé  un  travail 
 ...j'ai accepté.
Au  départ, ça  semblait  simple  :  épousseter  les  chaises, passer  le balai  dans  les  allées... jusque  là c'était  dans mes  cordes.
Oui,  mais alors  que  j'avais  presque  fini,  le  curé  est revenu  : "ah  j'oubliais  un  petit  détail  : il  faudrait  aussi  épousseter  cette  colonne et  surtout  faire  briller  la  boule au  sommet ;
l'évêque  arrive  demain  en   compagnie  du  ministre Cassetamère,   cette  boule  doit briller  de  mille  feux, c'est  très  important ".
Le p... de piège à c...
Ben  oui comment  on  fait pour atteindre  la  sphère  dorée ?
L'escabeau  dégoté  au  fond  de  la  sacristie était  ridicule   avec ses  5  marches vermoulues.
Une  fois  arrivée  au  sommet  j'avais  l'air malin, et  avec  mon  plumeau, j'arrivais à  caresser péniblement la  moitié du pilier.
J'ai  commencé  à  imaginer  divers  plans  dont  certains  particulièrement  farfelus :
- construire  un  échafaudage  avec  toutes  les  chaises,
- utiliser  le  tuyau  d'arrosage (un  karcher  aurait  été bien  mais je n'en  avais  pas sous  la  main)  
-faire  appel  à  un  homme  canon au  chômage, (ne  pas  se  rater  et  attention  à ne  pas  trouer  les  murs ! ) 
-passer  par  le  toit,  suspendue au  bout  d'une  corde avec  mon plumeau dans  un numéro de  trapèze inoubliable,
- emprunter une  girafe  ou un éléphant au  zoo  voisin, (on  oublie )
-scier  cette saloperie  de  colonne en  3  morceaux  puis  la  remonter  une  fois nettoyée ( et comment  on  scie le  truc  sans  se  le  prendre   sur  la  tête  hein ?)
-installer  une  fausse colonne posée  devant l'original,  fabriquée  grâce  à  une  imprimante  3D, 
 -faire  appel  à  une  pyramide  humaine  recrutée  en  urgence  sur  les  réseaux  sociaux, 
-aller  voler  la nacelle des  laveurs  de  vitraux ("je  ne  suis nacelle  que  vous  croyez") 
- poser  à l'aide  d'un  cerf  volant un  préservatif  géant sur  cette  foutue  colonne...
Je  vous  passe  les  délires  graveleux  que  m'inspirait  ce  pilier  à  boule...
La  solution ? vous  croyez  que  je  vais vous  la  donner ?  Même  pas  en  rêve ! ... 
Pas  question  de  retourner  pointer  à pôle  emploi... 



17 août 2019

Juste histoire d'être là (Joe Krapov)

DDS 572 124380158

Voyez comme il va l’ancien
Du côté de Valenciennes
Comme il promène son chien
D’Outre-Quiévrain à Marchiennes !

Non !

Pour notre pain quotidien
Il nous offre une méridienne,
Cadeau d’une immense main
Qui nous occupera la semaine !

Non !

Est-ce que tu y étais, Titien
Au raout d’l’esthéticienne ?
Je n' sais pas si tu t' souviens,
C’était avant que survienne
Ce philosophe kantien
Qui nous sortit son antienne
Et nous avoua combien
Il était fou de Fabienne.

Non plus !

Coiffé d’un bonnet phrygien
Il réclamait de l’hygiène
Jusqu’aux sommets himalayens
Où règne Cosima la hyène.

Non. Je vais peut-être reprendre le début finalement.

Voyez donc comme il va l’ancien,
Un peu plus haut que Valencienne :
Il nous fait cogiter sur du Saint-Sulpicien
Tandis que d’un œil assassin supplie sa chienne
Qu’il l’emmène trotter pour son tour quotidien
Tout le long de la méridienne.

Mouais. Mais je ne peux pas en faire une chanson. En même temps je sens que je tiens quelque chose avec la chienne.

***

Finalement, quelques heures plus tard, René Rivedoux finit par pondre son poème qu’il intitula "Idylle philoménale". Il le mit en musique et entreprit la tournée des interprètes en vogue du moment.

La chanson fut immortalisée par Yves Montand et, après ce petit succès vite effacé des mémoires, l’auteur redisparut dans les limbes de l’oubli. 

17 août 2019

Chenille Music Express (Minuitdixhuit)

 

  Jojo avait dit :

—   C’est quoi ? Un ballon en or sur une fusée Atlas ? Ça, j’en crois pas mes yeux, waouh, c’est la classe !

  Moi, j’avais la honte parce que les USA avaient gagné la Coupe du Monde Féminine de Foot et que, naturellement, j’étais pour la France et ça me plaisait qu’à moitié d’être un peu inférieur à Jojo, malgré notre âge. On avait 22 ans à tous les deux, et moi 11 et quart… Donc…

  Jojo, ce qui me sauvait, c’était son accent, ça faisait marrer mes copains.

—   Eh, la fille, elle mâche tout le temps et elle sait même pas dire cheuvaingume comme tout le monde.

  Elle était meilleure en Français que la plupart au village mais elle avait parfois besoin d’un interprète.

  Je l’aurais bien défendue aussi, mais elle était assez balaize pour ça, plus que moi, et c’est elle qui avait filé un pain dans la tronche à Gros Bernard, pas moi, et ça il l’avait pas vu venir, mais bien cherché, à toujours se moquer d’elle.

  Le GB, il avait la haine de s’être fait ponché par une gamine épaisse comme une affiche alors il faisait genre amnésie et je me suis accusé à la place de Jojo. Parce que c’est comme ça qu’on devait faire m’avait expliqué Grand-Mère, Allons ! Nous les Enfants de la Patrie. C’était la grandeur de notre nation, nos bras vengeurs pour protéger les filles et les compagnes, la veuve et l’orpheline.

  Jojo, elle s’en fichait, elle était pas orpheline, mais Américaine, c’est tout comme, expliquait Papa qui écoutait souvent la radio.

—   Ces gens-là, ils n’ont pas de passé, comme qui dirait, pas de parents, c’est pour ça qu’il faut pas leur en vouloir, ils n’ont pas eu de la bonne éducation ancestrale, comme toi, mon garçon.

  Moi, j’en étais pas si sûr, mais je voulais pas me faire disputer.

  Elle était en vacances de par chez nous, moi aussi, mais moi, de par chez moi. Comme répétait souvent Papa,

—   Quand on a ce qu’on a, c’est pas la peine d’aller se chercher des Amériques ailleurs.

  Et Maman, qui était de bien plus loin que le bourg d’à côté, levait les yeux au ciel.

  J’avais accompagné Jojo à l’église du village, elle me l’avait demandé, parce que jouer aux covebois et aux Indiens, ça l’intéressait moyen et moi aussi. Elle m’avait murmuré :

—   C’est des trucs bizarres qui s’y passent, il paraît.

  Moi, j’étais pas au courant, alors j’avais confirmé :

—   Oui, vachement bizarres.

  Elle m’avait regardé… bizarrement…

—   Des trucs avec des vaches ?

  J’étais assez content. C’était la première fois que je parvenais à la surprendre.

  Bon, finalement, la fusée au ballon Coupe du Monde lui avait fait penser à autre chose et c’était mieux ainsi qu’une sordide histoire de vaches et j’étais rudement rassuré.

  Alors, le soir, à la fête au village, comme Papa m’avait donné 5 Francs, on était monté dans une voiture de la Chenille Music Express, celle qui accélère et se couvre d’une bâche verte au bout du troisième tour et qui inquiète les parents parce qu’en dessous, il s’y passe des trucs bizarres, paraît-il.

  Et au bout du troisième tour, sous la toile, Joye m’avait embrassé comme jamais j’ai encore oublié. Pas un baiser de Grand-Mère, mais comme elle m’avait dit après :

—   À la Française, Béééïbi !

  Ça devait être une coutume ancestrale Américaine.

  Et de toutes ces vacances, j’ai jamais recraché son cheuvaingume.

 

17 août 2019

Saint-Sulpice (bongopinot)

PICT0213

 

En balade

Vacance oblige

je dirige

Ma promenade

 

Vers un monument asymétrique

Et comme j’aime visiter les églises

Souvent magistrales et grandioses

J’y rentre et découvre un obélisque

 

C’est à Paris que je le trouve

A l’église de Saint-Sulpice

Sous de bien beau auspice

Et cette photo le prouve

 

C’est un élément insolite

Un moyen ancien de savoir

Un simple outil de mesure

Sur le temps qui nous hante

 

L’image du soleil s’y projette chaque jour

Et tous les jours elle change de place

Marquant ainsi les saisons les solstices

C’est un calendrier naturel de bonjours

 

10 août 2019

Défi #572

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