Miroir par bongopinot

Qu’il soit rond, carré
Rectangle ou ovale
Il vous offre votre reflet
Matin chagrin ou magistral
Pour vérifier votre tenue
Il est partout dans la maison
De forme et de style inattendus
On le suit à tort ou a raison
Il peut être décoratif
Style ancien ou baroque
Il n’a qu’un seul objectif
Etre Indispensable et pratique
On le trouve parfois dans un sac à main
De taille réduite portatif élégant
Entre le rouge lèvre et le parfum
Pour les beaux sourires intrigants
Ha ! Oui ! C’est un peu court
Pour un si magnifique miroir
Réfléchissez lumière du jour
Pour entrevoir dans mon couloir l’espoir
Défi #332
A partir d'un seul mot
il vous sera demandé aujourdhui
de composer un texte,
un récit, un dialogue, une poésie .... !
Ce mot sera :
MIROIR !
Bonne recherche à vous !
A tout bientôt
Pourraient être de la Belle Province
![]()
Fairywen ; Vegas sur sarthe ; Venise ; Ristretto ;
Walrus ; Pivoine ; Pascal ; Emma ; Nhand ;
bongopinot ; EnlumériA ; Joe Krapov ; joye ; MAP ;
La cantine (Pascal)
Je me souviens… Je me souviens quand on avait pris ma voiture pour aller déjeuner ensemble à la cantine. Je m’étais débrouillé… Les autres étaient montés dans un autre véhicule et je m’étais empressé de t’inviter dans la mienne. Je crois bien que tu t’étais laissée faire… Je t’avais pour moi tout seul, le temps de cette excursion d’appétit, le temps de cet enlèvement consenti, le temps de traverser Toulon et ses encombrements de midi.
Si tu savais comme j’étais fier de te savoir à mon côté, à ma droite. Tout me paraissait si magnifique, de la journée grise jusqu’au clochard qui était venu quémander quelques pièces à notre fenêtre baissée, pendant le temps d’un feu rouge. J’aurais voulu lui lancer des pièces d’or, sans qu’il ait besoin de me remercier, juste pour te regarder t’étonner de ma bienveillance sans limite. J’aurais tant voulu t’impressionner en jetant tous mes atouts si fragiles dans tes yeux si bleus. Je voulais les voir s’illuminer autant que les miens pouvaient briller quand je t’admirais à la dérobée. J’étais un grand chevalier et j’avais toutes les bontés dans la circulation pour que tu remarques mes tonnes de mansuétude courtoise envers le monde environnant. Je roulais doucement.
Si tu savais comme j’ai voulu nous perdre dans la foule ; j’espérais des bouchons d’anthologie, des fins de grèves, des travaux, même des accidents, je l’avoue, pour te garder plus longtemps prisonnière dans mon fauteuil de passagère. J’aurais voulu faire le tour du monde pour rejoindre la cantine ; je voulais t’inviter au restaurant et réserver une table avec plein de fleurs des champs pour qu’elles jalousent tes yeux brillants de fin d’enfant… Même les feuilles décolorées des platanes, mortes, allongées, saignant le long des caniveaux leurs couleurs fanées avaient des auras de merveilleuse fourrure d’automne. Chaque passant, chaque automobiliste, chaque humain croisé avait quelque chose de merveilleux. C’est comme si je ne voyais que le meilleur en eux au travers de mes sourires planants.
Je me souviens de toutes les secondes de ce voyage de réfectoire. Même les bosses, les nids de poule, les retardataires piétons de trottoirs, sur des passages protégés étaient sujets à nos amusements notoires. Nous étions dans le même fabuleux manège ! Si tu savais comme j’étais heureux ! Pour toi, j’aurais décroché tous les pompons !... Nous regardions le même paysage, nous allions dans la même direction, nous avions la même faim, le temps de cette escapade aux mille impressions !... Comme le gris valentin installé dans notre ciel depuis le matin n’avait pas encore de projets chagrins, j’ai abaissé le toit à la faveur d’un ralentissement pour que tu puisses goûter aux joies de rouler dans une belle décapotable. Je voulais que tu ressentes le plaisir d’être une princesse emportée dans son carrosse…
Une seconde, tu as été surprise de voir ce toit escamotable se ranger en douceur en dessus de ta tête jusque dans le coffre. Curieuse et intriguée, tu découvrais les nuages en regardant le ciel. On aurait dit une enfant dans un nouveau jeu en train d’en comprendre les couleurs et les senteurs. Protégée par le pare-brise, le vent ne pouvait refroidir ton intérêt. Tu admirais les étages supérieurs des immeubles, la cime des arbres alignés sur les trottoirs et tu écoutais l’ambiance bruyante des boulevards. Tu avais quelques émotions de voir l’immensité du tableau troublant et, en même temps, d’être vue par les acteurs de ce même tableau déroulant.
J’observais la moindre de tes réactions, je voulais tant te faire plaisir en déployant tout mon jeu. Je voulais tant faire briller quelque chose de neuf dans tes pupilles en me regardant mais, comme une enfant gâtée, tu étais trop intéressée par le paysage traversé. A ma façon, je t’offrais un tour de manège et tu en profitais sans discernement, comme quelque chose de soudainement naturel.
Même dans mon carrosse, j’avais les cheveux blancs… Je restais laquais à jamais… Pourtant, je me souviens, nos regards se sont croisés quelques fois ; c’était pour se faire croire qu’on admirait des paysages différents. Je ne pouvais pas t’admirer en continu, je conduisais… Et puis, la circulation était malheureusement fluide. Tout se passait trop vite. Un évènement comme celui-là, je voulais le graver d’éternité au milieu de ma mémoire. Je savais bien que cela serait, entre nous, la plus grande intimité qu’on allait partager dans ce monde. J’étais un héros sans gloire, un chevalier d’antan sans rien d’intéressant à déposer à tes pieds, un gueux sans miséricorde.
Je pourrais me rappeler de chacun des visages que nous avons croisés ! Tout était tellement surnaturel. Je flottais dans une dimension autrement plus authentique que mes rêves les plus audacieux. J’étais plus qu’un spectateur dans notre réalité. J’en étais l’instigateur, le créateur… Je n’arrivais même pas à parler ; je me concentrais sur ma conduite et mes envies irrépressibles de t’admirer se laissaient dévisager… Quiconque nous regardant aurait compris cette douce machination…
Je dévorais ton reflet dans la vitre du pare-brise pour que tu ne t’aperçoives pas de cette admiration déplacée. Ta peau était blanche, en retard de soleil ou en retard de sommeil, un peu anémiée, comme une feuille de courrier où rien de vraiment essentiel n’a jamais été encore épanché en folle passion. Les quelques grains de beauté décorant ta figure étaient comme des finauds panneaux indicateurs à la signalisation confidente de tes frissons amoureux. Ce n’était que ma traduction secrète mais elle me plaisait bien au moment où je la pensais. Je t’avais pour moi tout seul à l’audace de ma servile timidité conquérante. Je n’osais même pas te parler, j’étais un grand benêt de cinquante ans !...
Je crois que j’avais tellement de mots d’Amour à te confier qu’ils se bousculaient tous aux portes de mon palais comme des axiomes approximatifs… Je voulais tant allumer l’Etincelle dans les yeux de tes vingt-sept printemps… Tes cheveux, surpris par quelques jeunes tourbillons venteux, se plaquaient sur ta figure comme un masque blond transparent mais ténébreux mais d’un doigt, tu les rattrapais magiquement en mèches apprivoisées en les cernant derrière tes oreilles. J’adorais ce geste tellement féminin qui naissait naturellement à la faveur des gentils courants d’air. C’était la facture mirobolante d’un charme fou, un sortilège, et tu ne comprenais même pas l’impact foudroyant qu’il jetait sur moi…
L’affreux bâtiment de la cantine était déjà là. Du tocsin, mon cœur sonna subitement le glas. L’avalanche… l’ensevelissement… l’asphyxie… l’apnée… la mort… par l’arrêt du moteur… Je redevenais fantôme et l’illusion sublime s’estompait comme un rêve qu’on ne peut plus retenir. Si tu savais comme j’aurais aimé prendre ta main pour escalader les marches qui emmènent à la cantine…
Je me souviens…
Participation d'Emma
Je me souviens…
Je me souviens de votre premier cri fragile et chevrotant…
Miracle sidérant.
Je me souviens du petit clown en fer avec une clé dans le dos.
Je me souviens du bonheur.
Je me souviens
de l'odeur de l'encre violette,
et de maître corbeau sur son arbre perché…
Je me souviens de ma première orange, à 6 ans,
cadeau du gros monsieur de la chambre voisine
à l'hôpital…
Je me souviens que sur le chemin de l'école, Gérard a coupé avec son canif
la queue d'un cochon qui dépassait d'un camion,
le pauvre gueulait tellement qu'il a ameuté tout le quartier.
Je me souviens du canard décapité qui courait dans la cour de la ferme.
Je me souviens que Matisse avait dessiné nos cartes de ciné-club,
et qu'elles étaient très moches.
Je me souviens que le serial incendiaire était un pompier.
Je me souviens que l'assassin de notre pauvre facteur était un gendarme,
et que le gendarme était le père d'un petit copain.
Je me souviens de mon enfance
Je me souviens
du corbillard noir sur la neige blanche
et de mes petits pieds
gelés dans mes souliers d'été.
Je me souviens de la douleur
Je me souviens des raggazzi de Naples
qui sifflaient nos robes légères
avec constance, sinon conviction…
Je me souviens de nos exaltations et de nos rêves
sur les banquettes en skaï du bistrot de Pierrot…
Je me souviens "du" concerto pour clarinette[1], un soir de plénitude,
un soir de plénitude où les flammes dansaient,
avec la certitude que la vie serait belle.
Je me souviens de la ferveur
Je me souviens,
mon Dieu, je me souviens,
des soirs et des matins,
des soleils et du vent, des roses et du ressac,
des couleurs et des goûts, des notes et des mots,
des baisers,
et de chaque étincelle qui fit
que la vie fut si belle.
Je me souviens de l'an 2000 (Joe Krapov)
- Je me souviens que le prénom d’Alzheimer est Aloys.
- C’est bien, c’est suffisant pour qu’on ne t’enferme pas et qu’on te laisse libre de tes mouvements !
- Je me souviens que le prénom de Pérec est Georges et qu’il avait une tête de marin-pêcheur breton.
- Je confirme, aussi vrai que je m’appelle Jean-Emile Rabatjoie.
- Je me souviens qu’on disait « Je vous souhaite une année bonne et heureuse » et qu’on répondait : « Une longue et vigoureuse ! ».
- Aussi vrai que je m’appelle Jacques-Henri Casanova, je confirme !
- Je me souviens que ma nièce, Isaure Chassériau, avait reçu un ukulélé rose à Noël !
- Aussi vrai que je m’appelle Joe Krapov, je confirme. C’est moi qui le lui avais offert !
- Je me souviens que j’ai toujours eu horreur de jouer à ce jeu de « Je me souviens »! A partir d’un certain moment ça devient le carnaval des animaux autofictionnels ! Voire la Danse macabre des années qui passent !
- Alors, aussi vrai que tu t’appelles Camille Cinq-Sens, oublie ça et sers-nous une autre tournée ! Et souhaitons une bonne année 2015 au Défi du samedi de la part de Rennes-en-Délires !
Apprentissage sorcier (par joye)
Je me souviens de Dale and Dale. Cours élémentaire de français. Copyright 1963 by D.C. Heath & Company. Oui, j'ai beau être une nouvelle, le bouquin était déjà vieux...ou déjà vu !
Je me souviens des casques et des micros. C'était drôle de jouer au pilote ! Je me souviens que je laissais toujours plusieurs poils longs sur l'appareil en l'ôtant parce qu'un idiot d'ingénieur quelconque avait trouvé bon de mettre un vis en plein milieu du bandeau de la casque. Je ne sais plus si je n'étais pas un peu chauve avant la fin de cette première année.
Je me souviens des dialogues et des phrases garanties utiles qu'il fallait apprendre par coeur, comme :
- Pauvre petit ! Il glisse, il tombe, il pleure.
Je me souviens de Madame Truc. C'était une BD dans une revue destinée aux apprentis de FLE tazuniens. Elle, c'était une vieille concierge d'avant-guerre, éternellement habillée en gilet, vieille robe, et pantoufles. Elle avait un chat qui s'appelait Simon. Ou Sasha. Ou quelque chose d'autre qui commençait par la lettre S. Maintenant que j'y pense, je pense que cet amour de chat s'appelait Claude ! Madame Truc m'embêtait quelque peu, mais j'adorais le chat. Il avait un grand nez d'humain et un regard éternellement furax. Il me faisait hurler de rire.
Je me souviens de Toute la Bande, une série de films à propos des jeunes Français. Ils avaient une petite voiture blanche - qui tombait toujours en panne - et une invitée sénégalaise. Dans un des films, elle portait un soutif blanc sous sa blouse transparente. C'était le choc total pour nos petits yeux innocents ! Mais le prof nous a expliqué que le film avait été banni dans le Sud, non pas à cause du soutif de la fille, mais parce qu'un garçon blanc l'embrassait sur ses belles joues noires. Le choc total pour les racistes de Dixie à l'époque !
Je me souviens des exercices rigoureux de grammaire venant du AMSCO WORKBOOK. Ça, c'était du sérieux, mes amis ! Ouais ! Chaque article, chaque mot de vocabulaire, chaque verbe, on conjugait et reconjugait six mille fois, on traduisait - version et thème, tchlack ! - et je vous assure que la police du texte était petite ! Et, au bout du texte, des cartes, de la géo, de l'histoire française, mais en anglais. On vous remettait en français aux deuxième et troisième livres. La prof gardait l'anglais et la civilisation en anglais pour le vendredi, histoire de nous reposer les neurones un chouïa après les interros. Chic non ?
Je me souviens de Pilote. Je me souviens de Paris Match. Je me souviens des bûches de Noël et des chansons. Je me souviens de la mort de Charles de Gaule et de la vie de Georges Pom-pom-pidou.
Je me souviens de Suivez la Piste. Malheureusement, je ne suis jamais arrivée au bout de ladite piste...mais maintenant, grâce à l'Internet et à Plain Local Schools et sans doute grâce à une expiration de copyright, je peux ! Et vous aussi. Tiens, un petit morceau pour vous allécher ? Bah oui, hein, pourquoi pas ?
Allez, messieurs-dames, attention, vous allez revivre un petit moment de nostalgie...vous aussi, vous souvenez-vous des pièces de vingt centimes, des cabines téléphoniques, des annuaires, des jours d'avant France-Télécom-Bonjour ?
Eh ben, voilà, c'est pour vous. Ne quittez pas.
Participation de Venise
Je n’oublierai jamais comment -portées par une brise capricieuse- les voix des indiens
M’arrivaient par intermittence.
Je me souviens la première fois où j’entendis ma mère jouer NABUCCO de VERDI.
Les vitres tintaient dans leurs feuillures
De la poussière libérée du plafond poudroyait dans un rai de lumière.
Je me souviens de l’odeur du civet de grand- mère qui dégageait des arômes en bouillotant dans l’arrière cuisine.
Je me souviens de la première piqure de guêpe à la lèvre alors que je me trouvais au verger en train d’éclaircir les fruits.
Je me souviens de cette brume qui m’enveloppait le soir de Noël. A mon réveil elle restait
Suspendue comme une mousseline autour des arbres.
Je me souviens de ma mère ramassant sa paire de ciseaux et couper les perles qui ornaient la dentelles de ma robe.
Je me souviens de la naissance de ma sœur des poissons d’argent flottaient devant mes yeux.
Mais qui danse encore la Rumba ? (Walrus)
1
Je me souviens d'une chanson qui disait "Je me souviens des beaux dimanches..." que je verrais bien fredonnée aujourd'hui par notre chère Lorraine. Celle dont c'est le pseudo, pas celle qui habite la Lotharingie (comme disent mes compatriotes du nord), encore que...
2
Je me souviens d'avoir entendu ma mère raconter plusieurs fois s'être jetée au sol avec moi dans ses bras sous les rafales d'un Messerschmitt 109, mais je ne me souviens pas du moindre goût de cette terre que j'aurais eue dans la bouche, ni de l'évènement lui-même d'ailleurs.
3
Je me souviens de notre petite maison de la rue du Pont Bary où, au matin du jour de la Saint-Nicolas, le poêle ronflait répandant une agréable chaleur et entourait d'une aura rouge les jouets disposés sur le sol.
4
Je me souviens d'une petite fille habitant la maison voisine de celle du coiffeur Isidore (que mon père traitait de "tailleur de pierre", fait que je n'aurais peut-être pas dû lui répéter) et dont la tenue ressemblait étonnamment à celle de sa poupée : souliers noirs vernis, soquettes blanches bien tirées sur les chevilles, robe à la jupe gonflée par un jupon plissé, gros nœud dans les cheveux, une vraie petite Martine, mais je ne me souviens plus de son prénom.
5
Je me souviens d'avoir, en compagnie de mes parents et d'autres curieux, marché la nuit en suivant les voies du tram jusqu'à l'endroit où elles plongeaient dans les eaux noires et sinistres de la Sambre sortie de son lit.
6
Je me souviens du saisissement que m'avait causé un sale gamin en me faisant observer une vieille boîte à sardines remplie d'eau tandis qu'il y envoyait le souffle de sa carabine à air comprimé. Éclaboussé, je pleurais comme un veau, ce qui m'a valu d'être consolé par une "grande" qui semblait faire office de chef de bande de ce ramassis de va-nu-pieds. Quelques jours plus tard, j'ai fait semblant de pleurer dans ses jupes, mais je ne devais pas être très convaincant car elle m'a envoyé sur les roses.
7
Je me souviens de cet étrange malaise, une sorte de vertige, qui me prenait chaque fois que je pénétrais avec mon père dans la salle des redresseurs qui alimentaient en courant continu les "trams verts" de Charleroi.
8
Je me souviens du slogan d'un apéritif au quinquina qui disait "Mieux vaut Laterre dans le corps que le corps dans la terre". Mes parents m'en envoyaient chercher à l'épicerie où j'entrais en saluant les tenanciers d'un joyeux "Bonjour Monsieur Mestdagh ! Bonjour Madame Mestdagh !", alors que c'était le nom de la chaîne de leur magasin d'alimentation.
9
Je me souviens d'avoir échangé avec mon ami André ma Sten enrayée, rouillée et un brin pesante pour mes petites mains contre un casque de l'armée américaine trop grand pour ma petite tête.
10
Je me souviens de ces petits galets enduits d'une couche brunâtre et emballés dans du papier de soie que l'on achetait sur les ducasses et qui "pétaient" quand on les jetait sur le sol.
11
Je me souviens de ce voisin qui avait l'outrecuidance de porter le même prénom que moi (mais le nom d'une marque de mayonnaise, bien fait !) et dont j'ai porté longtemps l'empreinte des dents sur la poitrine après qu'il m'ait mordu jusqu'au sang avant d'être victime d'une crise d'épilepsie.
12
Je me souviens d'avoir bu de grands bols de sang de bœuf et de grandes cuillers d'huile de foie de morue, mangé du foie de veau cru, subi des séances de rayons UV, des douches glacées au jet, j'en passe et de meilleures, mais je ne me souviens plus s'il était question de rachitisme ou d'anémie ou des deux ou d'autre chose encore.
13
Je me souviens du chausseur "À la chapelle" où l'on pouvait voir ses pieds dans ses godasses au moyen de rayons X, un pédoscope ils appelaient ça, j'avais pas encore de dosimètre à l'époque.
14
Je me souviens des "barakis" qui vivaient dans leur roulotte un peu plus loin que chez ma grand-mère. En été, leurs enfants venaient balader leur "snotneus" sur le seuil de la porte tandis que nous goûtions et finissaient toujours par recevoir des tartines.
15
Je me souviens de Leila, la fille d'un voisin de ma grand-mère avec qui je préparais des compotes sur un petit poêle dans un appentis de sa maison et qui m'assura un jour avoir le cœur à droite et m'en administra la preuve en attirant ma tête contre sa poitrine (très modeste à l'époque).
16
Je me souviens de la passerelle enjambant la ligne de chemin de fer où je courais m'immerger dans la vapeur à l'odeur douceâtre des locomotives entrant en gare d'Havré-Ville.
17
Je me souviens de ma voisine Maria qui me demandait de tendre l'avant-bras puis exécutait une "roue" enroulant sa taille autour de ma main. Par bonheur elle ne m'a jamais demandé d'inverser les rôles, j'ai jamais pu faire la roue, j'aurais eu l'air de ce que je suis...
18
Je me souviens de la fureur du colonel quand il avait découvert le halftrack de notre bureau de tir à l'ombre d'un pommier au sommet d'une colline de l'Eifel "On vous voit de Berlin(-Est)" qu'il gueulait. Mais c'était rien à côté de ce qu'il nous a passé quand ils nous ont retrouvés trois jours après la fin des manœuvres au fond de la grange d'une ferme en suivant la ligne téléphonique hors d'usage.
19
Je me souviens du visage extatique de MAP dégustant son premier advokaat à la petite cuiller.
20
Je me souviens de mon étonnement en découvrant sur "Chou romanesco, vache qui rit et intégrales curvilignes" un billet où une vidéo explique la démarche oulipienne au moment où cette même MAP nous demande de singer Georges Perec.
21
Je me souviens d'avoir arrêté ma lecture de "La vie, mode d'emploi" à la page 146 (sur 640) pour avoir commencé à trouver la chose plus chi pesante encore que le chef-d'œuvre de Marcel, et ce n'est pas d'avoir découvert le coup du cheval (voir 20) qui va me remettre en selle pour terminer le parcours.
22
Je me souviens d'avoir cherché sur quelle astuce était basée la rédaction du "Je me souviens" du même Perec, mais je n'ai rien trouvé de probant, sauf qu'il y a 480 de ces phrases numérotées. Alors, je pousse l'exercice jusqu'au bout ?
Comment ça, vous n'êtes plus là ?
je me souviens… (Fairywen)
Je me souviens…
Je me souviens… De quoi ? De tant de choses… Fidèle à moi-même, les tristes, je ne vous en parlerai pas. Seulement des tendres et des belles.
Je me souviens du goût des abricots que ma mère me donnait toujours à goûter lorsque nous étions en vacances au bord de la mer, l’été, et que je sortais de l’eau.
Je me souviens de l’odeur de foin et d’animaux du clapier de mon grand-père.
Je me souviens du grenier de ma grand-mère où je passais des heures avec mon cousin préféré.
Je me souviens de jardin de mon grand-père, où j’allais “voler” les fraises, les carottes (pour moi et pour les lapins) et les tomates.
Je me souviens de Lancelot, ce grand cheval noir teigneux avec tout le monde sauf avec moi.
Je me souviens de Julie, Voyou et Réglisse, mes premiers chats. Et bien sûr de Mystic, mon bébé parti trop tôt.
Je me souviens des goûters de noix, pain et sucre dans le verger de mon grand-père, des cerises noires et juteuses que j’allais cueillir sur l’arbre.
Je me souviens des bouquets de coucou que je faisais chez ma grand-mère, où le printemps était toujours en avance de 15 jours par rapport à chez nous.
Je me souviens de la neige, l’hiver, des parties de luge avec les copains, et du chocolat chaud de ma mère quand je rentrais.
Je me souviens de mon 1er parcours de CSO[1] avec mon cheval, où nous avons fini à la deuxième place. Et de mon premier sans fautes avec ma jument.
Je me souviens de ma première balade avec lui, enfin libres tous les deux.
Et surtout, je me souviens de cette torride nuit d’été en Espagne où j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari, puis de la naissance de la plus belle des petites filles, de ses premiers pas, de ses premiers mots.
Oui, je me souviens, et surtout, j’espère que je me souviendrai encore longtemps de tout ça…
Goût amer (Vegas sur sarthe)
souvenirs de Ristretto
Je me souviens des nuits de moissons – borborygmes d’insectes géants mastiquant les champs.
Je me souviens de la bouche noire du puits, le rire grinçant de la chaine – mes yeux fermés.
Je me souviens d’un porte-bagage, et de son dos, son dos…
Je me souviens de l’odeur mate après l’orage.
Je me souviens, dans la musique de fête foraine, le goût sucré des pralinés.
Je me souviens des diabolos et de l’électronique « Pop corn »
Je me souviens de la brioche à la messe du quinze août – nous étions fidèles ce jour là !
Je me souviens de sa main sous mon pull.
Je me souviens de mon Solex
Je me souviens de ce manoir que l’on s’était juré d’habiter quand on serait grands.
Je me souviens de notre collection de petites cuillères piquées dans les bistrots.
Je me souviens des nuits, l’herbe sèche, les étoiles filantes, nos quinze ans.
Participation de Nhand
JE ME SOUVIENS D'UNE BELLE HISTOIRE
1
Je me souviens du jour où tu m'as dit « c'est quand tu veux ».
2
Je me souviens du baiser timidement échangé dans une salle obscur, mais pas du nom du film.
3
Je me souviens des heures idylliques, entre le bleu du ciel d'août et le vert de la Pelouse de Reuilly.
4
Je me souviens d'un soir en Baie de Somme, de la chaleur de ton corps et de la buée sur les vitres de la voiture.
5
Je me souviens du balcon où j'acceptais de prendre froid pour ne pas t'enfumer.
6
Je me souviens des chocolats liégeois de chez Dupont, ils avaient le goût de l'insouciance.
7
Je me souviens de ta main qui me rattrapait chaque fois que je voulais traverser la rue, alors que le petit bonhomme était encore au rouge.
8
Je me souviens de ton aversion pour la pâte feuilletée. A mon avis, tu n'aimais surtout pas les miettes sur ton joli pull.
9
Je me souviens du selfie que tu as pris de nous un après-midi que je siestais dans tes bras.
10
Je me souviens de la promenade sur l'Île aux Cygnes. La grisaille et le froid sur la Seine portaient les habits des premiers doutes.
11
Je me souviens de tes yeux qui parlaient pour toi. Joie, colère, tristesse, confusion... Ils ne savaient rien me dissimuler.
12
Je me souviens de ton irrépressible engouement pour les dépenses vestimentaires.
13
Je me souviens de tout, des moments velours, des instants silex, et même de ce que nous n'avions vécu qu'en rêve.
14
Je me souviens du jour où tu m'as écrit « je t'ai aimé ».
15
Je me souviens de ton sourire, le plus beau du monde.

Participation d'EnlumériA
Avertissement.
L’une de ces affirmations est totalement bidon ! À vous de deviner laquelle.
- Je me souviens que je ne voulais pas venir au monde, mais qu’une instance supérieure ne m’en a pas laissé le choix.
- Je me souviens de ma première visite chez le coiffeur. J’avais peur que ça fasse mal.
- Je me souviens des parfums de l’orangeraie que je traversais pour me rendre à l’école, à Boumerdès, anciennement Rocher Noir, en Algérie.
- Je me souviens du dernier film que je suis allé voir à Alger avec mon père avant de revenir en France : Les sept mercenaires.
- Je me souviens du caïd de l’école à qui j’ai cassé la gueule en CM2 parce qu’il commençait à m’ennuyer sérieusement.
- Je me souviens de ma première guitare, une gamelle épouvantable que j’avais achetée parce que la couleur me plaisait.
- Je me souviens de la chanson qui passait quand j’ai embrassé une fille pour la première fois. La demoiselle s’appelait Véronique et la chanson, c’était Let it be, des Beatles.
- Je me souviens de la première fois où j’ai joué sur scène. J’avais seize ans. Je tenais la basse et avec Claude, le guitariste et Gérard, le batteur, nous reprenions entre autres des morceaux de Jimi Hendrix. J’avais tellement le trac que j’ai joué le dos tourné au public pendant la moitié du concert.
- Je me souviens des deux master-class que j’ai suivies avec Barney Kessel, grand guitariste de Jazz devant l’Éternel.
- Je me souviens de ce mois de mai 1982 à New-York, de ma rencontre avec Keith Richards, le guitariste des Stones, et de la gentillesse de cet homme-là.
- Je me souviens de cette suspension du temps lorsque j’ai rencontré tout à fait fortuitement ma future épouse au détour d’un couloir. Son regard dans le mien avec cette certitude que le coup de foudre existe dans toute sa réciprocité.
- Je me souviens de la naissance de mon premier fils. Je l’ai tenu dans mes bras quelques minutes avant que le SAMU l’emmène à l’hôpital Trousseau où il a passé les six premiers mois de sa vie dans une chambre stérile, entouré de machines, sans aucun contact avec l’extérieur.
- Je me souviens de ma rencontre avec l’ange, juste avant l’aube. Ils n’ont pas d’ailes et sont d’une beauté terrifiante.
- Je me souviens d’un lendemain de cuite*, ma femme assise sur le lit attendant que je me réveille pour me dire : « Je demande le divorce. »
- Je me souviens de cet Ovni observé un soir d’été dans le ciel étoilé du Gers. Trajectoire impossible, en ligne brisée. D’abordvers l’Est, puis retour quelques minutes plus tard, vers l’Ouest.
- Je me souviens de ma conversion à l’Islam à la mosquée d’Argenteuil pleine à craquer, le premier jour du ramadan 2009, expliquant aux fidèles que j’avais enfin trouvé la religion qu’il me fallait après avoir lu la Bible, la Bhagavad Gita et surtout le Coran pour la quatrième fois.
- Je me souviens du concert donné en 2012 à Saint-Germain-en-Laye avec mon ancien groupe au complet, Varenkor, 30 ans plus tard. Le croirez-vous, mais d’anciens fans de l’époque étaient présents dans la salle.
- Je me souviens de la dernière fois où une femme m’a bien fait comprendre, en employant des termes d’une exquise cruauté, que c’était grillé pour moi de ce côté-là et qu’il fallait que j’accepte de passer le reste de ma vie avec mon chat pour seul compagnon.
- Je me souviens des premiers symptômes de la maladie qui a décidé de pourrir le restant de ma vie.
- Je me souviens du jour pas si lointain où j’ai réalisé que l’écriture et la musique allaient finalement sauver les meubles.
- Je me souviens que votre temps est précieux, aussi ne vais-je pas vous importuner plus longtemps.
Merci de votre attention.
Prenez soin de vous.
Évreux, le 29 décembre de 2014.
* Merci de m’épargner le commentaire vaseux trouvant un rapport avec le souvenir précédent. Ce serait par trop téléphoné.
Je me souviens (Pivoine)
Je me souviens de deux plats ovales, un bleu, un rose.
Mes parents y disposaient les sandwiches fourrés à de tout, lorsque nous recevions à la maison, chose rare.
Je me souviens de mon uniforme bleu marine, à l'école, jupe plissée, chemisier bleu clair à écusson rouge, pull ou gilet, socquettes blanches, tablier d'un bleu plus indigo, costume de gym importable, béret à pans flottants dans le dos pour aller à confesse et rubans roses...
Je me souviens du cérémonial des "Notes", le samedi matin, quand nous devions faire la révérence devant la Révérende Mère.
Je me souviens d'avoir fait ma communion en mai 68 et d'être allée en vacances en France la même année.
Je me souviens des disques de rock que mon frère empruntait à la Discothèque Nationale de Belgique : Led Zeppelin, Pink Floyd, Deep Purple, festival de Woodstock, John Lennon et le Plastic Ono Band...
Je me souviens d'un train qui quitte Firenze pour Bologne et de ma cousine qui reste sur le quai de la gare.
Je me souviens de la gare Saint-Charles, à Marseille, où nous avons mis mon frère sur le train de Bruxelles, puis, d'avoir musardé dans toute la Provence et de l'arrivée en Arles.
Je me souviens de mon arrivée dans un nouveau lycée, en septembre 1972, de conférences, de récits contre la guerre, de pièces de théâtre, du 11 septembre 1973 et des dimanches sans voitures.
Je me souviens du réveillon de nouvel-an de mes seize ans où j'avais une jupe gitane.
Je me souviens d'un double 33 tours qu'on me prête un 18 décembre, "Léo Ferré chante Rimbaud et Verlaine".
Je me souviens du "oui" de mon mariage et du "oui" de mon divorce qui était un non à ce même mariage.
Je me souviens d'un manteau et d'une écharpe bois de rose et d'une lecture des « Mémoires d'Hadrien », au théâtre Poème de Bruxelles.
Je me souviens d'avoir "flashé" sur les écrits d'un blogueur sur skynet...
Et d'avoir entamé avec lui une conversation qui dure encore.
Je me souviens d'une foule d'époques impossible à énumérer ici.
Je me souviens et pourtant, qui sait ?
Peut-être qu'un jour je ne me souviendrai plus.
***

je me souviens par bongopinot

Je n’oublie rien de rien je me souviens
Des mots de mon père qui rassuraient
Ceux qui encore aujourd’hui font du bien
Et permettent à mon cœur d’être vrai
Et je me souviens aussi et surtout
Des parties de pêche avec mon grand-père
Pendant les vacances ces jours étaient si doux
Et à son bras moi si petite j’étais si fière
Je me souviens d’un noël si blanc
Où je reçus un landau bleu et une poupée
Magnifiques cadeaux pour une enfant
Avec des affaires que ma mère avait tricotées
Je me souviens lorsque je suivais mes frères
Pour aller à l’école je courrais derrière eux
Ils étaient grands et marchaient à vive allure
Mais tous les trois nous étions si heureux
Je me souviens de tout je me souviens de toi
Ensemble nous avons aimé user nos souliers
A marcher trop longtemps dans le vent et le froid
Pris dans les filets de la vie mon enfance s’est envolée.
Images aimées (MAP)
Je me souviens des beaux sourires
de mes grands-parents maternels
sur cette photo en noir et blanc.
J'ai plus connu ma grand-mère
que mon grand-père trop tôt disparu
c'est pourquoi cette photo m'est très chère !
Je me souviens de cette poupée espagnole
fabriquée par Maman à partir d'une cuillère en bois
et de papier crépon !
A une époque c'était sa grande joie de créer
ces poupées ! De bons souvenirs y sont attachés !
Je me souviens du bruit que faisaient
la poulie et la chaîne manipulées par
mon grand-père paternel pour remonter l'eau
de la citerne destinée à arroser son jardinet !
Je me souviens de ce panier à salade
qui après de bons et loyaux services
est devenu une sorte de nid
pour ficelles, bouchons, capsules et divers petits objets.
L'art de la "récup" en quelque sorte !
Je me souviens de ce petit tableau
-avec ses jolies roses aux couleurs tendres-
qui ornait le bureau de mon grand-père paternel.
Par la suite ce bureau est devenu la chambre
que j'occupais pendant les vacances scolaires.
J'ai toujours aimé et j'aime encore ce tableau !
Je me souviens des roses trémières
qui poussaient dans le fameux jardinet !
Elles m'éblouissaient par leur faîche beauté !
Eles sont toujours là, longues, élancées
épanouies, vrai régal pour les yeux et le coeur !
Je me souviens de mes livres d'enfance
que je lisais et relisais, assise sur les marches
de l'escalier en bois qui conduisait à la chambre
de ma grand-mère maternelle.
Je me souviens de l'ombre de ce sapin
projetée sur le mur voisin !
Décor provisoire créé par le mouvement du soleil ...
Attendre le bon moment ...
Se réjouir d'avoir pu le capter ...
Appeler ses proches pour qu'ils en profitent
eux aussi !!!
Je me souviens,
Je me souviens ...
Je me souviens .......














