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Le défi du samedi
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18 août 2012

Et pour couronner le tout (Walrus)

MAP nous offre un pain marguerite.

En dehors de sa forme qui en dit long sur le peu d'intérêt que manifestent les artisans pour l'optimisation de la surface de cuisson laquelle mènerait tout naturellement au façonnage de pains rectangulaires, la marguerite en question me semble présenter quelques signes de momification.

Serait-elle de Cortone ?

Marguerite

 

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18 août 2012

Petit frère (Adrienne)

- Va chercher un pain, dit-on à la petite en lui tendant quelques pièces.

Parfois c’est le montant exact. Alors on lui dit :

- Fais attention à ne pas perdre la monnaie !

Parfois c’est un billet. Mais dans ce cas on lui dit la même chose. Au ton qu’on emploie, elle a compris que perdre le billet est encore plus grave.

Ce qu’on ne manque jamais non plus de lui dire, c’est :

- Et demande-le bien cuit !

Toutes ces précautions sont inutiles : c’est toujours la petite qui va au pain, jamais elle n’a perdu la moindre piécette, ni à l’aller, ni au retour – elle les serre toujours bien fort dans son poing fermé – et jamais elle n’oublie de préciser à la boulangère, une fois son tour venu :

- Un grand pain, s’il vous plaît, bien cuit !

D’ailleurs elle se dit que la boulangère doit savoir elle aussi, depuis le temps, ce que la petite va lui demander…

Puis elle se dépêche de rentrer, en tenant le grand pain rond et lourd serré contre elle d’une main et la monnaie dans l’autre. Des nuages de farine resteront collés à ses vêtements, mais elle n’y peut rien. Elle espère qu’on comprendra.

A la maison, on retourne tout de suite le pain pour en vérifier la croûte :

- Tu n’as pas oublié de demander du bien cuit ? fait-on d’un air soupçonneux.

Car souvent on trouve qu’il n’est pas assez brûlé.

« Brûlé », bien sûr, c’est le mot que pense la petite. Elle ne comprend pas pourquoi les grandes personnes tiennent tellement à ce que la croûte soit quasiment noire.

Mais ces derniers temps, elle a un problème plus grave à résoudre que celui de la couleur des croûtes. Désormais le petit frère, qui a trois ans, veut l’accompagner à la boulangerie.

- Je préfère y aller toute seule, dit-elle à sa mère.

Mais le petit frère ne lâche pas prise. Elle est bien obligée de l’emmener.

Avec lui, rien n’est simple. D’abord, il faut le tenir solidement par la main. Il est imprévisible et la route est dangereuse. Au retour, il faut porter le pain, bien garder la monnaie, tenir le petit frère. La petite aurait besoin de trois mains.

Puis, à la boulangerie, il la fait rougir de honte :

- Je peux avoir un bonbon ? demande-t-il bien fort à la boulangère.

- Tu ne peux pas demander de bonbons, lui explique tout bas la petite, cramoisie. Ce n’est pas poli.

Mais le petit frère fait la sourde oreille. Elle a beau le sermonner, si la boulangère n’est pas assez rapide pour lui tendre un caramel, il s’écrie :

- Je peux avoir un bonbon ?

Les efforts éducatifs de la petite finissent tout de même par produire leur effet. Au bout de quelques semaines, alors qu’elle tend la main pour recevoir la monnaie, le petit frère se tourne vers elle et lui dit :

- Je suis sage, hein ? Je n’ai pas demandé de bonbon !

18 août 2012

Comme le bon pain (Célestine)

Il avait les cheveux blonds comme un champ d’épis ondulant à la brise.

Sa peau était dorée, et croustillante, surtout à certains endroits très précis de son anatomie.

J’adorais enfouir mon nez au creux de sa peau, et m’enivrer de son parfum appétissant de pain au lait.

Ses baisers avaient le goût de ces pralines rouges que l’on trouve au coeur des Saint -Genis.

Quand il était allongé, tout nu, là devant moi, je me sentais fondre comme un croissant au beurre sous la langue.

Sa petite brioche toute ronde était douce et chaude, et ses petites  fesses ressemblaient à deux belles miches pétries avec amour.

Il était dans ma vie depuis trois mois, et pourtant il était déjà toute ma vie.

Je n’oublierai jamais son odeur de pain craquant sorti du four.

C’était mon premier bébé.

18 août 2012

Le pain (KatyL)

Chers amis, je vous adresse mon pain, en espérant un jour le partager

avec vous.

Mille bisous

katyL

 

Katy207

 

18 août 2012

À chacun son pain quotidien… (Mamido)

Mamido207

 

Chez nous on appelle «flûte » le pain de 400 g, chez d’autres « restaurant », « pain long » ou « pain de deux ». Bref, chacun reconnaîtra le sien ! Si vous avez d’autres appellations, je suis preneuse.

Souvent les pains portent des noms imagés en fonctions de leur forme ou de leur grosseur : la miche, la baguette, la ficelle, le bûcheron, le polka, le bâtard… Celui-là, du même poids que la baguette a la section de la flûte. Ni l’un ni l’autre, il porte bien son nom donc, tout comme le pain épi ou la marguerite

A chaque région, ses pains traditionnels : La faluche des Flandres, la fouée de Touraine, la gâche de Normandie ou de Vendée, la fougasse du Midi, le pain Napoléon de Cherbourg, le crestou de l’Aveyron… Là encore faîtes-nous connaître vos spécialités !

Dans les pays, même chose : Les gressini italiens rivalisent avec les Bagels allemands. Les pains suédois sont croquants, les viennois très moelleux mais tous les deux nous régalent au petit déjeuner. Wiki me signale le pain Mantou de Chine et le pistolet bruxellois… Jolis noms exotiques qui donnent envie qu’on les connaisse.

Ils sont blancs ou noirs, bis également.
Fabriqués à partir d’une farine de seigle, de maïs, d’épeautre, de châtaigne, d’orge, aux cinq céréales, au son.
On les nomme d’épice, de mie, de campagne, au lait, en fonction de la recette employée… Pour les fêtes, on les farcit aux figues, aux noix, au fromage, au citron, à l’ail, à la citrouille et bien sûr, plus traditionnellement,  aux raisins ou au chocolat…

Ils sont au levain ou alors azyme.

Il y en a pour tous les goûts, de toutes les couleurs, pour toutes les occasions et nous les français, on adore ça.
D’ailleurs, c’est bien connu, il n’y a pas plus long qu’un jour sans pain !

 

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18 août 2012

Le pain (Venise)

Quand reviendra le temps

Où l'on partageait le Pain comme autrefois

Sur le sommet de la Terre, où le voyage a commencé !

Quand réveillés d’un long sommeil

Nous jetterons à nouveau la mie à tous les oiseaux de la Terre !

Faut-il cent colombes blanches près du gué de la rivière pour festoyer ensemble et fendre le pain du matin ?

Comment chasser les douces vengeances des plumes blanches des anges

Ne sont-ils pas comptables de nos moissons ?

Sommes-nous aussi têtus que le scarabée ?

Pour choisir de ne pas ouvrir la porte

Et manger ton cœur plutôt que couper ton pain avec l’ami qui vient ?

Ne vois-tu pas que ton sang est noir comme la nuit.

J’ai parié sur ton songe, quand la nuit tu dors nu.

Le seul moment où tu vis à l’envers.

Et où comme un aiguillon je viens t’empêcher de nicher dans la lune.

Quand reviendra le Temps où l'on repartagera le pain.

Comme autrefois ……. Venise208

 

18 août 2012

Sur le vieux pont (MAP)

Un chat, là-bas

sur le vieux pont

s’était endormi tout en rond.

 

Sous le soleil

ce beau rouquin

moi, je l’avais pris pour un pain

-une couronne bien dorée

toute gonflée de pâte fine

et tigrée de blanche farine-

 

En m’approchant

je m’étonnai

car la couronne ronronnait …

  

Chat roux, chat doux

j’ai deviné :

tu es le chat du boulanger !

 

Chat-Couronne

 * * *

11 août 2012

Défi #207 -Défi de l'été-

Septième photo du défi de l'été :

DSCF1137

Mettez-nous l'eau à la bouche

et envoyez vos participations à

samedidefi@hotmail.fr

11 août 2012

Ont rencontré Félix Leclerc

11 août 2012

DAD (Joye)

Je vois cette paire de chaussures usées et je pense à toi, papa.

Je me souviens de tes Redwings, je me souviens que tu avais une nouvelle paire chaque année.

Je me souviens que leur prix était ruineux, mais que tu devais les avoir, en dépit de tout, même quand il n'y avait pas d'argent, parce que tu boîtais à cause du trou dans ta jambe, laissé par un éclat d'obus japonais. Quand les semelles étaient trop usées, tu ne pouvais plus marcher correctement, et tu avais affreusement mal au dos, je m'en souviens.

Je me souviens que c'était à moi de défaire les lacets chaque soir quand tu rentrais de la traite et de te les enlever.

Je me souviens du parfum de leur cuir marron.

Je me souviens que ce cuir était d'abord un peu raide, je me demandais comment tu faisais pour porter des chaussures si raides. Mais peu à peu, le cuir s'adoucissait.

Je me souviens que parfois, je devais tirer très, très fort sur tes chaussures pour les enlever, je n'aimais pas ça parce que parfois, je tombais sur mon derrière et cela faisait mal, et que même si tu portais des chaussettes de laine épaisses, même en hiver, tes chaussures ne voulaient jamais te quitter facilement.

Comme je les comprends, maintenant, papa.

 

11 août 2012

Avancer, toujours avancer. (Droufn)

Hier soir une envie folle d'aller me perdre au milieu des rayons gaiement achalandés de ma Grande Surface en prévision du magnifique mois de septembre qui sonne à la porte pour nous annoncer l'automne, le froid, les feuilles mortes, etc.. Me pris. J'étais dans un état pâteux, accroché à mon chariot comme le débutant à son tire-fesse, l'œil aussi vide qu'une boite de nuit le jour. Soudain, une petite étincelle de mon cerveau capte un truc au coin de l'allée des liquides. Des bouteilles de vins chaud.. Ôo Tiens ? Trop compliqué pour essayer de comprendre, je continue à me laisser traîner par mon chariot. Au rayon suivant on me propose des galettes des rois, avec la fève, la couronne.. Bon ! On est au mois d'août, enfin je crois.. Râ ! merde j'ai  un doute du coup. Je regarde autour de moi, personne équipé comme en décembre, pas de pull, encore moins de manteau de laine, ni aucun bonnet. Allez, c'est pas grave, je file vite acheter mon camembert et je me casse sans regarder en arrière au risque de tomber sur le père Noël.

11 août 2012

Après les portugaises ensablées (Walrus)

J'en ai ras les godasses du sable chaud et des légionnaires !

 

11 août 2012

Participation de Lilou

Une paire de croquenots pour les pieds bots

Deux godasses qui délassent

Une paire de sabots pour danser le mambo

Deux chaussons pour enfiler les ripatons

Une paire de sandalettes pour les galipettes

Des souliers de satins pour danser sans fin

Deux galoches pas si moches

Une paire de grolles un peu molles

Des escarpins pour faire valser les lutins

Et une paire de brodequins en maroquin

Deux bottines pour les mutines coquines

Quelques tatanes qui sentent la banane

Des charentaises un peu niaises

Une paire de péniche pour l’aguiche

Et des savates pour l’épate.

Ouf quelles pompes !

 

11 août 2012

En attente… (trainmusical)

Sept heures :
          Les pompes sont en éveil,
          Il ne manque que les pieds,
          Attendons que se lève le soleil,
          Et que le réveil ait résonné.

Huit heures :
          Les pompes espèrent,
          Le réveil a retenti,
          Toutefois Marcel se retourne,
          Il s’est rendormi.

Neuf heures :
          Les pompes sont au garde à vous,
          Marcel joue au mort.
          C’est tout de même fou,
          De ne pas avoir plus de remord.

Dix heures :
          Les pompes sont cocues,
          Marcel ne pointe pas le bout de ses pieds,
          Il reste étendu
          Il préfère son lit que ses souliers.

Onze heures :
          Les pompes vont être mises à l’épreuve,
          Le téléphone sonne,
          Le temps est comme un fleuve
          Cette fois la sortie est la bonne.

Le reste de la journée :
          Les pompes sont sur la chaussée,
          Elles chaussent Marcel au pied,
          Tous deux ont fait la grasse matinée,
          Ce fut le pied.

 http://i45.tinypic.com/r02om8.jpg

11 août 2012

Sans sous liés (Anémone)

               Si je vous dis que je rêve d'une société
               Les pieds nus dans l'herbe
               Et sans sous liés,
               Croirez-vous que je suis folle - ą lier -,
               Ou que je vous fais marcher?
               Ou bien me direz-vous: j'accours!
               Et arriverez-vous ą grands pas,
               Déchaussés de vos bottes
               Comme un superbe mille-pattes?
               Individus articulés
               Solidaires et selon les moments ensemble 
               À leur gré.
                       

11 août 2012

Vite vite, je suis en retard !!‏ (Djoe L'Indien)

Moi aussi j'avais, un temps passé, des "chaussures fontaines à sable" !

Elles sont quelque part là-bas au bout, sous le gros tas qu'on aperçoit.

DSC_3434

Parfois on trouve encore quelques personnes qui les cherchent

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Personnellement, j'ai abandonné...

Mais avouez qu'elles ont bien fonctionné, n'est-ce pas !

 

Je serai plus ou moins absent un certains temps, peut-être un petit passage à l'occasion si l'occasion se présente, alors à bientôt tout le monde :-)

PS : pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit de la dune du Pyla.

11 août 2012

LE PETIT BONHEUR (Lorraine)

             J’ai laissé ma voiture  juste avant le pont,  mon bureau d’architecte est de l’autre côté et je porte mes souliers bruns en veau fin, souple, des souliers d’homme élégant.  Je chantonne aussi à bouche close :

 

             « C’est un petit bonheur que j’avais ramassé, il était tout en pleurs sur le bord d’un fossé.

 

             Ca tourne dans ma tête. Il fait un de ces soleils d’automne à vous coller l’envie de tout plaquer, de vous envoler par-dessus les arbres et de planer, loin. Alors, j’ai bifurqué, oui, d’un coup, comme ça  sans me consulter vraiment, j’ai quitté le trottoir et coupant à travers une prairie, je suis parti vers le sous-bois dont je vois la cime se balancer. Une envie folle d’odeurs humides, de sentiers détrempés, une envie d’étang boueux et verdi. Et toujours cette rengaine du « P’tit bonheur ». Je marche. C’est vrai, j’aurais dû mettre mes basketts., ou mes vieux cloutés de randonnée.  Mais non, voyons,  j’allais au bureau, j’ai donc enfilé mes  souliers bruns en veau fin. Oui, je me répète, mais je me sens bien, comme cela ne m’était plus arrivé depuis longtemps.  J’entends le rare appel d’un corbeau, le doux grésillement d’un écureuil discret, la voix plaintive  d’une fleur. Une fleur ?... Une fleur d’automne comme je n’en ai jamais vu.  Assise au bord de l’eau, sa corolle de pétales jaunes humides de brume, elle a les larmes aux yeux. Enfin, c’est incroyable, une fleur ne parle pas ! Mais elle insiste, elle dit :

 

            « Monsieur, emmenez-moi, chez vous emportez-moi »...

 

            Je me secoue : impossible, ce sont les mots de la chanson, elle ne peut pas savoir que je la fredonnais, elle est sorcière, cette fleur ! Une fleur ?..

 

            Alors, j’ai bien regardé. Non, c’est une toute petite femme triste, haute comme une tige, qui tend vers moi des bras de verdure, des yeux de myosotis. Agenouillé près d’elle, dans le chemin détrempé, je l’ai prise dans ma main. Elle a souri, s’est assise dans ma paume, puis, couchée en rond, comme un chat, elle s’est endormie.

 

             Je l’ai emportée dans la poche de mon veston. Nous allons nous marier. Demain, je la présente à ma mère. Elle sera contente.

 

11 août 2012

défi les souliers‏ (Ristretto)

............................................................

Noir et gris en damier,

Du plomb dans les souliers.

 

La marelle a perdu son ciel et puis son arc

Aux couleurs parfumées d'anis, de genièvre, d'herbes folles des sentiers.

 

Demain s'effaceront les lignes et les traits,

Le jeu ne sera plus.

 

Amours à la craie

 

Noir et gris en damier

Du plomb dans les souliers.

 
..................................................................
11 août 2012

Inventaire cordonnier. (Mamido)

Les « Babybottes » que je portais bébé.

Chaque matin, ma mère les blanchissait pour qu’elles soient immaculées, impeccables. Je garde encore le souvenir olfactif du produit dont elle se servait.

 

Les sandalettes qu’on m’achetait chaque printemps, enfant.

Toujours de forme identique, seule la couleur changeait : cuir naturel, bleu marine, vert criard, jaune « caca d’oie » et mes préférées, rouge.

 

Les « Clark’s » en vachette de mon adolescence.       Mamido206

   

Je complétais ma tenue avec un jean « pattes d’éph » et un pull de laine ultra court et très moulant, pour ressembler aux copains de ma génération, me fondre dans la masse des ados du début des années soixante-dix.

 

A peu près à la même époque, les chaussures à semelles compensées, aux larges talons carrés.

Elles allongeaient mes jambes, tout comme la minijupe, ou le short que je portais avec un chemisier aux manches et au col largement volantés. Les yeux cachés derrière de larges hublots carrés, aux verres légèrement bleutés et les cheveux relevés en un charmant chignon mille neuf cent, dont s’échappaient quelques boucles savamment tirebouchonnées au Babyliss. Coiffure quelque peu branlante, sur laquelle je passais des heures en prenant modèle sur un cliché de Bardot en couverture de « Match » ou « Elle » pour la promotion du film « Les pétroleuses» avec Claudia Cardinale.

 

Les fins escarpins en vernis noir de mes fiançailles.

Ils brillent de mille feux sur la photo « officielle », où l’on se tient gauchement, côte à côte et main dans la main, ce 25 Décembre 1974.

 

Les sandales blanches de mon mariage.

On n’en voyait que la pointe dépassant de ma longue robe blanche. Je n’ai jamais remis la robe mais j’ai porté les chaussures plusieurs étés de suite… Le long voile de tulle a terminé en moustiquaire sur le petit lit cage familial, protégeant le sommeil estival de mes deux enfants.

 

Les talons aiguilles de dix centimètres, eux aussi en vernis noir, en tout point identiques à ceux de ma meilleure amie.

Nous nous les étions offerts dans une boutique chic du Cap d’Agde. Puis nous avions fait tout le chemin, le long du port, sur les larges dalles grises, haut perchées sur nos chaussures neuves, jusqu’au camping municipal où nous attendaient nos deux maris énervés gardant nos quatre enfants en bas âge. Tous néanmoins béats d’admiration devant les si radieuses jeunes femmes que nous étions alors. Nous nous sommes pavanées devant eux à l’arrivée. Je ne voulais pas que ça soit le dit mais j’avais les pieds en sang et je souffrais le martyr.

Je n’ai jamais reporté ces talons par la suite. Mais je les ai gardé… longtemps.

 

Au fil des années, mes goûts se sont assagis. Désormais le confort prime sur la mode et l’élégance. J’aime porter des chaussures souples et légères avec des talons les plus plats possible. J’ai de la chance, de nos jours, les progrès technologiques permettent aux fabricants d’exaucer mes souhaits. La dernière paire que je me suis acheté est légère comme deux plumes et lorsque je marche, j’ai l’impression d’être sur un nuage.

 

C’est l’avantage de prendre de l’âge… on a enfin le privilège d’être à l’aise dans ses charentaises !

 

11 août 2012

Participation d'Adrienne

 78037189[1]

Nous l’avions trouvé grâce à une amie de ma mère qui l’appelait saint Antoine sous prétexte qu’il en avait une effigie sur sa cheminée. Il habitait notre rue et pourtant jamais nous n’avions soupçonné qu’il y avait là, derrière ces petites fenêtres voilées de blanc, l’échoppe d’un cordonnier.

Dès qu’on poussait la porte, l’odeur de vieux cuir et de pieds nous prenait. Par terre, toutes les chaussures étaient alignées dans un ordre connu de lui seul, sans distinction visible pour nous entre les réparées et celles à réparer. Jamais il ne devait chercher, il repérait avant nous celles que nous lui avions apportées trois jours plus tôt.

Trois jours, c’est tout ce qu’il lui fallait pour remettre à neuf, coller, clouer, cirer, lustrer. Il nous les rendait comme neuves pour seulement trois francs six sous. Quand j’ai voulu recoller moi-même un bout de semelle, j’ai payé plus cher le petit tube de colle que si j’avais confié le tout à saint Antoine. Mais il venait de fermer sa boutique pour toujours.

Je le regrette encore aujourd’hui : pour la qualité de son travail, pour son infinie gentillesse et pour sa sagesse. Un jour que je poussais sa porte avec la troisième paire de chaussures à ressemeler en trois semaines, je lui ai dit en riant:

- Hé oui, c’est encore moi ! Mon mari use vraiment beaucoup ses chaussures !

- Ce serait bien pire, m’a-t-il répondu, s’il ne les usait plus.

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Le défi du samedi
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