Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 569
Derniers commentaires
Archives
11 août 2012

Mes groles (Venise)

Mes groles m’ont souvent donné envie de tout planter là ,de détacher les amarres.

C’est alors que je me suis mise à penser aux neuf vies proverbiales du Chat.*

J’avais l’impression qu’avec  ,elles, j’entrais dans ma deuxième vie.

Les étoiles étaient brillantes, en clocharde méthodique j’étendis mon sac sur le sol et me couchai toute habillée.

Il m’est alors venu à l’esprit que fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations.

Quoi qu’il en soit j’avais décidé de profiter de ma paire de groles toute neuve pour traverser la grande arche du pont de Save et la jonction du Danube

Il parait raisonnable quand on entreprend un long voyage d’éviter que le soleil d’aout nous troue les paupières.. J’enfonçai mon chapeau en peau de chèvre jusqu’à ce qu’il me protège.

Au départ quand on rencontre des étrangers sympathiques loin de chez soi. On partage des chansons et du fromage de chèvre.

Pourtant j’avais le sentiment qu’il me manquait quelque chose. Mais quoi ?

Je n’ai mis le doigt dessus qu’à mon retour les pieds bien cachés dans mes pantoufles, alors que je sentais encore la cendre de mes godillots.

Mes tranquillisants !!

Je pouvais faire n’importe quoi sous l’emprise de l’enthousiasme, mais pas sur la durée.

Très vite sous l’emprise de  la peur de l’immensité d’évènements inattendus je rebroussais chemin vers mon logis.

En fait la réalité est toujours bien différente .E t ce que tu fais  a pas forcément quelque chose à  voir avec ce que tu imaginais faire.

Je me disais que ces groles étaient maintenait un part de moi drôle et émouvante mais très bien dans mon armoire.

A l’aube mon corps était un bloc je ne voyais plus comment j’allais pouvoir faire un kilomètre à pied. Bref allongé sur mon tapis de sol je me demandais si j’allais me réconcilier avec la marche à pied. Tout ce que je voulais c’était un professionnel pour me tirer de là.

J’avais honte de téléphoner à ce podologue, mais ça m’est venu com’ça !!

Quand il a vu mes pieds il a crié doux Jésus, d’où sortez-vous ????Quelle injustice me suis-je dit : faire tout ce voyage avec aux pieds des groles pas à ma taille !!!

C’était à cause des soldes.

Ce n’était pas du tout ça que je comptai dire.

C’est fini me répondit il c’est bientôt fini.

Venise206

 

Publicité
11 août 2012

Sabliers (MAP)

 

DSCF0822

 

La marche du TEMPS

en d'étranges sabliers.

Passage de VIE

11 août 2012

Les souliers d’EVA (KatyL)

Eva m’a raconté que lorsqu’elle était petite, sa maman est partie loin, loin.........

Comme Eva était l'aînée d’une fratrie de 4 enfants, elle est devenue mère à 11 12 ans de ses deux sœurs et de son petit frère.

Les enfants sont restés avec leur père, qui les avait gardés, plus pour ennuyer leur mère et la faire souffrir, lui faire payer son départ sur un autre continent que par amour pour eux.( le juge ne connaissant pas le pays de résidence de la maman ne voulut pas qu’elle ait un droit de garde sur aucun d’eux !)

Les pères de cette époque ne savaient pas s’occuper des enfants, ni les border, ni leur raconter une histoire, ni leur faire à manger…et encore moins leur acheter des chaussures, et des vêtements, tant et si bien qu’Eva, ses sœurs et son frère portaient les habits des autres, ceux qu’ils voulaient bien leur donner, et qu’Eva reprisait le soir, ou remettait à la taille pour les petits.

Oh ! ils ne leur en donnaient pas des neufs, non des habits déjà bien portés, ou trop petits ou trop grands pour l’autre enfant ( qui lui avait de vrais parents) ils donnaient souvent des  abîmés ou plus du tout à la mode, alors ils  estimaient : 

-« Tiens, si je donnais ces habits à des nécessiteux » !

Même la propre famille d’Eva agissait à l’identique, et pas une seule fois, tantes, grands-mères, ou autre, n’avaient songé à leur en acheter des neufs !

Pour les chaussures c’était pire ! Car personne ne donnait des chaussures, et le père d’Eva ne pensait pas du tout aux  enfants qui allaient à l’école à pied, qui marchaient beaucoup avec la même paire de chaussures !

Aussi la petite Eva demandait à son père :

-« Papa quand pourras –tu nous acheter des chaussures, pour mes sœurs et moi, elles sont trop usées ! »

-« Plus tard, à Noël sans doute ? Je n’ai pas les moyens avec ce que ta mère a laissé comme dettes » (il disait toujours cela même des années après son départ, alors que lui-même allait à son club presque tous les soirs)

Eva repartait contrariée et honteuse, il fallait découper des cartons pour remplacer les semelles usées, alors elle eut l’idée de faire le tour des chaussures au crayon pour ensuite découper dans des cartons, des semelles qu’elle voyait accrochées chez le cordonnier et que son père ne voulait pas acheter ( tout ça à cause de leur mère, qui était partie si loin !)

Katy1

Katy2

 

 

Elle regarda les chaussures des sœurs et du frère et fit à tous de solides semelles.

Et pour que sa petite sœur ne soit pas triste elle alla cueillir dans le jardin quelques fleurs, les mit dans ses chaussures et elle posa les chaussures devant le lit de l’endormie. (Elles vont sentir bon, elle sera contente, plus la semelle de carton que je lui ai faite, elle pourra aller à l’école heureuse se dit-elle)

 Katy3

Pour elle et ses petits frères et sœurs aller plusieurs mois avec les mêmes chaussures aux pieds devenait un souci, les pieds des enfants poussent trop vite !

Et lorsqu’il pleuvait ce qui était le cas en Normandie où habitait Eva, les chaussures prenaient vite l’eau et les cartons se mettaient en bouillie dans la chaussure par les trous.

Quand il ne pleuvait pas, Eva cachait ses pieds sous les chaises de peur que ses camarades de classe ne se moquent d’elle et de ses trous sous ses chaussures.

Elle pensait toujours à ranger ses pieds..

 Katy4

Mais un jour une copine de classe qui elle était le bureau juste derrière Eva, fit tomber un crayon sur le sol, qui atterrit sous la chaussure trouée d’Eva !

Elle dit tout haut en classe !

-« Elle en a des chaussures celle-là toutes trouées, des godasses ! Des vraies godasses ! Je n’ai jamais vu ça ! »

Eva entendit et se mit à rougir de honte, et se mit à pleurer.

Le prof d’histoire qui faisait son cours et qui n’avait pas suivi la conversation ni l’histoire dit :

-« Que se passe-t-il Eva pourquoi pleures-tu ? »

-«J’ai pensé à quelque chose de triste dit-elle sans dénoncer sa camarade de classe qui pouffait derrière elle, car elle avait peur que tout le monde cette fois entende qu’elle avait des godasses pourries et trouées »

-« Écoute ma petite sors un peu prendre l’air et quand cela ira mieux tu pourras revenir, mais dorénavant sache bien que pendant les cours tu ne dois penser  qu’aux cours et laisser tes pensées tristes chez toi ! Est-ce entendu ? »

-« Oui Monsieur »

Eva sortit de la classe morte de honte.

 

Elle se souvient encore des cartons dans ses chaussures car il a fallu quelques années, qu’elle soit devenue une femme et gagne sa vie pour avoir enfin plusieurs paires de chaussures en bon état ! Idem pour la garde-robe.

 

Eva fait attention quand elle donne quelque chose que les affaires soient propres, à la mode, en très bon état, et si elle connaît une personne qui a besoin de quelque chose, si elle le peut, elle lui offre à l’état neuf, mais jamais elle ne voudrait mettre mal-à-l’aise une personne qui souffre, la honte serait pour elle.

4 août 2012

Défi #206 -Défi de l'été-

Sixième photo proposée pour le défi de l'été :

DSCF0822

 

A bientôt le plaisir de suivre vos pas !

Vos démarches seront accueillies à l'adresse habituelle :

samedidefi@hotmail.fr

Photo extraite de l'oeuvre d'un Etudiant en ART pour une exposition à la Médiathèque de Nancy.

4 août 2012

Ont retrouvé la clef

Publicité
4 août 2012

Fiche & Bauche (Vegas sur sarthe)


Soupirant, Dame Blanche s'ennuie fort au château
les hommes sont partis par les monts et les vaux;
craignant pour son honneur, redoutant un faux pas
son jaloux de mari tient sous clé ses appâts.

Un gentil troubadour et sa viole de gambe
vient à brûle-pourpoint pour lui tenir la jambe;
"Pose ton instrument" (Dame Blanche s'affole)
"c'est en venant plus près que tu iras plus loin"
"ne te contente point de branlette espagnole"
"crochette la serrure de mon petit jardin"

Le petit musicien n'est pas très bricoleur
ni Leroy ni Merlin où trouver son bonheur
"Allons dépêche toi! la forgeras-tu donc
cette satanée clé qui ferme mon dindon?"
Tout est vain, les prières, les Abracadabra,
Tire la chevillette, la choupinette choira...

"Ce morceau de ferraille me brûle l'entrejambe,
si je tenais celui qui a imaginé
ce Bon Dieu d'anti-viol, je lui ferais payer
en lui mettant moi-même à sa troisième jambe!"

Dame Blanche transpire, le troubadour aussi,
le métal est solide et résiste aux outils
"Va t'en, toi, ton gourdin et ta viole de gambe
et ne reste pas plus longtemps entre mes jambes"
"Trouve moi Fiche et Bauche, mes braves serruriers
dis leur que je me rouille, qu'ils viennent sans tarder"

Ayant pris les empreintes et lorgné tout leur soûl,
ils ont forgé la clé qu'ils essaient à genoux;
et la porte en grinçant libère Blanche Dame
qui s'offre ruisselante, se donne corps et âme.
Fiche et Bauche, doués et grands professionnels
ont fait deux autres clés, l'occasion est trop belle.

Alors si, d'aventure, la nuit près d'un château
vous entendez grincer quelque vieille serrure,
attendez patiemment, guettez un vibrato,
c'est sans doute une dame qui fourbit sa fourrure.
4 août 2012

JEUX AUX LIMPIDES (Joye)

- Comment tu t'appelles ?

- Key.

- Ben, toi.

- Non, moi, je m'appelle Key.

- Ah.

- Et toi ?

- C'est Rure.

- Oui, je vois ça, mais comment tu t'appelles ?

- Je m'appelle Rure.

- Ah ! Ma Rure !

- Oui, mon Key !

- Hein ? Monkey ? Je ne suis pas un singe ! OH !

- Mais non, Banane ! MON Key !

- Ah ! Ne veux-tu pas que je te serre, Rure ?

- Si, oh si !

- Eh ben, oui, je vois !

- Oh, Key, je ta...door !

- Oh, Rure, tu es ma belle lock !

- Une loque ? OH ! Quel goujat !

- Eh, la ferme, tu veux ?

- Non, je préfère vivre en ville.

- Allons, on va aller faire un tour.

- D'accord !

NDLR : Pour ne pas choquer les âmes sensibles, l'illustration qui accompagne ce texte se trouve ici. Merci de votre compréhension éventuelle.

 

4 août 2012

L'horreur à la clef (Walrus)

Moi, quand on me montre un trou de serrure, je pense "clef".

C'est que je ne suis pas voyeur, je suis logique.

D'autant que ça fait une paie que, grâce à Yale et ses imitateurs, il n'y a plus rien à voir dans un trou de serrure : c'est fou ce que nous sommes devenus jaloux de notre intimité.

Donc, je pense "clef" et pensant à la fois "clef" et "serrure" me revient un conte fantastique de Jean Ray intitulé "Storchaus" où une maison de Hanovre habitée par un esprit maléfique parle à un certain Bill Cockspur en lui suggérant des images mentales issues de son enfance.

Ainsi, pour l'obliger à ouvrir la porte dissimulant l'horreur contenue dans l'édifice, elle lui rappelle une chanson grivoise soulignant l'adéquation de taille qui doit relier la serrure à sa clef.

"Petite serrure demande petite clef,
 Grosse serrure..."

Et je suis sûr de ce que j'avance, j'ai vérifié : je reviens de chez mon fils à qui j'ai transmis toute ma collection d'histoires fantastiques de Poe à Seignolle et de Ray à Owen, sans oublier les de Ghelderode et de Quincey.

Non, je ne vous raconte pas l'histoire. Il faut de l'estomac pour l'encaisser !

4 août 2012

Participation de Mamido

 

La clé

Papa, je n’ai pas retrouvé la clé du vieux pigeonnier. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé

Tu l’avais si bien cachée que même toi, tu ne savais plus dans quel endroit la chercher. Il faut dire, que ces dernières années ta mémoire te jouait des tours, elle s’était quelque peu … comment dire… embrumée.

Il y a longtemps, tu avais trouvé que l’endroit était devenu dangereux. Le plancher était vermoulu, ses planches disjointes, posées sur une charpente qui menaçait de s’écrouler. Tu nous en avais interdit l’accès et peu confiant en notre capacité à t’obéir, tu avais enfoui la clé quelque part. Et puis les années s’étaient écoulées, jusqu’à oublier ce qu’il pouvait bien y avoir dans ce vieux pigeonnier.

 

Lorsque cet hiver tu nous as quitté, il a bien fallu aller voir.

Ce n’est pas sans un certain émoi que j’ai grimpé la petite échelle de fer qui menait au palier du petit pigeonnier. Je me suis penchée sur la grosse serrure dont on a perdu la clé et par le trou, j’ai regardé. Tout était comme dans mon souvenir, rien n’avait changé et j’ai cru un instant que le temps s’était arrêté, j’ai soudain été projeté à la période d’avant que tu en ais perdu la clé. Un temps où j’avais douze ans et où j’allais me réfugier dans le vieux pigeonnier, comme toi avant moi lorsque tu étais enfant.

J’ai vu le grand fauteuil d’osier placé sous la lumière du petit cafuron* où je m’installais pour lire les livres que tu avais lu avant moi, au même âge et qui étaient rangés là sur l’étagère : tous les Jules Vernes, les Alexandre Dumas mais aussi HG Wells, E Rice Burroughs, Jack London… Et encore les illustrés : Zig et Puce, Les Pieds Nicklés, Le petit vingtième avec Quicke et Flupke… des trucs de garçons mais que je dévorais avec passion dans la douillette pénombre du petit pigeonnier.

 

Comme il fallait bien entrer, Simon, ton petit-fils a donné un grand coup de pied dans la porte et la vieille serrure a cédé. Nous nous sommes avancé avec prudence, chacun notre tour, sur le vieux plancher qui, malgré tes crainte, a tenu bon et supporté notre poids. Quand j’ai voulu les feuilleter, les vieux illustrés se sont effrités et mon cœur s’est fendu. C’était comme si tu t’effaçais un peu plus encore. Soudain, le courage m’a manqué. J’ai tout reposé pour m’en aller et là contre le mur près de la porte, j’ai vu le petit vélo blanc que tu m’avais offert, pour mes cinq ans. Je me suis souvenu de mon ingratitude à ton égard ce jour-là. Je n’avais pas pu cacher ma déception car j’avais imaginé qu’il serait rose…

Et alors là, au seuil du vieux pigeonnier, elles se sont enfin écoulées, toutes les larmes que je n’avais pas pu répandre au moment de ton décès.

 

*Cafuron : lucarne (parler régional, Rive de Gier, 42)</p

4 août 2012

La porte (Djoe l'Indien)



Il ne savait plus quand il avait entendu parler de cette porte la première fois. Du plus loin que remontaient ses souvenirs, il lui semblait qu'elle était présente ! Peut-être pas depuis le berceau , quand même. Quoi que... N'en avait-on pas parlé alors qu'il n'était encore qu'un tout petit bébé ? Et son esprit encore inconscient n'en avait-il pas pris note ? Genre "s'occuper de cette histoire lorsque j'en aurai l'âge".
Oh, cela ne le préoccupait tout de même pas au point d'y perdre ses journées, ses nuits et le reste de son temps libre. Néanmoins l'idée de ce mystère faisait toujours plus ou moins partie de ses pensées.

Bien sûr il s'était renseigné, avait posé des questions à tous ceux qui auraient été susceptibles de lui donner quelque renseignement, le plus infime soit-il. Mais à ce sujet, son entourage semblait surtout être susceptible tout court !
Depuis sa plus tendre enfance il se rappelais avoir essayé toutes les clefs qui avaient pu lui tomber entre les doigts ! Et si elles n'y tombaient pas il se débrouillait tout de même pour qu'elles s'y retrouvent ; "par hasard", répondait-il aux questions qu'il jugeait indiscrètes.
Bien sûr, il arrivait parfois qu'il ne tente rien pendant un mois, voire même deux. Une clef, on n'en trouve pas forcément tous les jours, n'est-ce-pas !

Il se souvenait de celle qu'il avait trouvée un matin, dans un petit coffret perdu rongé par les termites et la rouille au fond de la cave, et qui lui avait presque donné une lueur d'espoir. Elle entrait parfaitement, et même elle donnait l'impression de vouloir tourner dans la serrure.
Pourtant, elle forçait et ne voulait pas dépasser le trois-quart de tours.
Pourtant il forçait lui aussi, mais il avait un peu peur de tout casser. Il avait déjà pensé à huiler la serrure, maintes et maintes fois, assez pour qu'à ce jour elle baignât dans l'huile, sans le moindre doute ! Non,  ce n'était tout simplement pas la bonne, il fallait bien se rendre à l'évidence. Il avait même songé à la ré-usiner un peu, dans l'espoir de trouver par un heureux hasard la forme adéquate, mais avait finalement abandonné...

Ce jour-là il était monté jouer au milieu du bric-à-brac du grenier. Il en avait l'autorisation et s'efforçait de ne pas tout mettre sans dessus-dessous. Du moins pas plus que ce ne l'était déjà.
Il y découvrait chaque fois toutes sortes de trésors, se lançait dans mille et mille aventures toutes plus merveilleuses les unes que les autres !
Et là il venait de découvrir un vielle enveloppe qui dépassait d'un vieux tissu rongé par les mites. La colle ne tenait plus depuis des siècles, il l'ouvrit... Rien, si ce n'est une clef ! Son sang ne fit qu'un tour, il était certain d'avoir mis la main sur ce qu'il cherchait depuis si longtemps !

Il redescendit alors, à pas de loup. Il avait du mal à refréner des jambes qui ne demandaient qu'à dévaler les escaliers et à parcourir les couloirs à toute allure, mais il ne tenait pas à alerter qui que ce soit, sinon il n'aurait plus eu qu'à numéroter ses abattis.
Arrivé devant la porte, il tremblait légèrement, les jambes en coton, le coeur battant la chamade... Il parvint tout de même à insérer la clefs dans la serrure du premier coup. Tout doucement il commença à la faire tourner... Elle força légèrement en rencontrant le mécanisme, mais continua son tour, jusqu'à ce que retentisse un petit "clac". La porte s'ouvrit lorsqu'il actionna la poignée et il la tira lentement à lui, de peur qu'elle ne grince, avant de pouvoir jeter un coup d'oeil de l'autre côté.

Une lumière étrange régnait en ce lieu, comme un peu brumeuse. Il ne semblait pas y avoir grand chose et il décida d’entrer. Tout d'abord il reprit la clef, de peur sans doute que quelqu'un ne refermât derrière lui (ou tout simplement ne découvrît qu'il était là) tira un peu plus sur le battant, se faufila à l'intérieur et fit un ou deux pas en avant.
C'est alors qu'il entendit le petit "vlan" de la porte qui se refermait derrière lui.
C'est alors, en se retournant, qu'il se rendit compte que la porte n'avait ni serrure ni poignée...

4 août 2012

Initiation et mythe (Anémone)

Il réparait la serrure et le bas de la porte principale, endommagé à coups de pieds.

Nous l'avions échappé belle. Des  malfrats avaient tenté de forcer l'entrée.
Il avait frappé chez moi, qui habitais le rez-de-chaussée (en réalité le sous-sol), pour savoir si j'étais au courant des déprédations, et sinon m'en informer. Et demander si j'avais de la colle à bois. J'en avais.
Nous habitions tous deux cette maison de maître, de même qu'une autre locataire qui demeurait au premier, ou plus exactement au bel-étage. Cependant nous ne nous étions presque jamais rencontrés. Lui habitait sous le toit, dans les anciennes chambres de bonnes. Moi dans les cuisines-caves. Nous avions donc en commun de résider dans les extrémités du bâtiment consacrées au petit personnel. L'autre locataire n'était presque jamais là.
Je devais m'apercevoir par la suite que, d'un naturel anxieux, il était tout sauf calme.
Mais pour lors, avec une force tranquille, il réparait patiemment les dégâts. Je lui passais les outils.
Dans le même temps je respirais l'odeur de cuir de sa veste (un 15 février, se tenir sur le seuil ne pouvait se faire en petite tenue). Et tout mon être se tendait vers la formidable énergie de vie qui émanait de lui, de ses mains fortes, de la douceur de sa voix.
D'un seul coup, je compris que je vivais avec toute l'intensité requise un moment grave et exceptionnel. Le franchissement d'un passage. Une rencontre initiatique avec une âme proche de la mienne dont j'avais peut-être été, dans un indéfini passé, la complice privilégiée. Nous étions en train de nous reconnaître. En tout cas moi, je le reconnaissais.
Ce fut le début d'une période où je passai soudain de nombreux moments assise sur le seuil Comme entre deux mondes. Une époque où je pénétrais avec fulgurance mais pérennité un univers qui ignorait de façon absolue routine et banalité. J'étais de partout. Entre le haut et le bas. Entrée dans une autre dimension. J'étais une héroïne. Il était un héros. Vu qu'il me parlait souvent des Etats-Unis, je me propulsais beaucoup en Amérique.
Le vent qui agitait les arbres devant la maison, l'éclairage public qui rendait en nocturne le feuillage phosphorescent, tout était devenu féérique. Irréel presque. Et en même temps d'une colossale densité. J'avais acquis la faculté de me téléporter.
Dans la foulée je perdis ma clé de rue. Il me prêta la sienne pour que j'aille en faire refaire une.
Un soir qu'il était de sortie en ville, d'autres malfrats revinrent. Ils allaient entrer comme chez eux sans forcer la serrure, car ils lui avaient volé son trousseau. Moi je ne fermais plus depuis belle lurette la porte de mon appartement, vivant comme un prolongement de mon logis le seuil et les escaliers. J'entendis grincer les gonds de l'entrée, pensant que c'était lui, lorsque la police est arrivée, qu'il avait eu la miraculeuse présence d'esprit d'appeler sitôt agressé. Je n'ose penser à ce qui me serait sinon arrivé. Pour toute sécurité, je me remis à verrouiller ma porte avant de me coucher.
Mais je continuai, de jour comme de nuit, à traverser les mythes. A voyager avec les dieux et les demi-dieux. Avec le même bonheur, je m'asseyais devant mon habitation en Arizona, arpentais des propriétés cossues de Toscane ou marchais sur des sentiers rocailleux et chauds de Crète riches de racines et de parfums de thym. Le coeur transporté d'un manière jusque là inconnue. Et la tête bourdonnante de bruits d'abeilles.
4 août 2012

Chanson pour Olivia Ruiz (Célestine)

(Qui veut la mettre en musique ?)

 

J’ai laissé la clé sous le paillasson

Pour le cas où tu aurais des remords

J’t’ai laissé la clé de mon petit corps

Te rappelles-tu mon goût de bonbon 

 

Où es-tu allé mon p’tit cœur d’amour

Tu m’as plantée là, seul’ dans le salon

Où es-tu allé mon p’tit cœur d’amour

Pour des cigarett’s je trouve ça long

 

J’ai laissé la clé sous le paillasson

Pour le cas où tu aurais des remords

J’t’ai laissé la clé de mon petit corps

Te rappelles-tu mon goût de bonbon 

 

Je t’attends depuis un jour, bientôt deux

J’ai fané les fleurs de mon pyjama

Je t’attends à m’en arracher les yeux

Et cette serrur’ qui ne bronche pas

 

J’ai laissé la clé sous le paillasson

Pour le cas où tu aurais des remords

J’t’ai laissé la clé de mon petit corps

Te rappelles-tu mon goût de bonbon 

 

Sur mon canapé si j’entends la clé

Tu vas découvrir le goût du savon

Tu vas découvrir mon goût de citron

T’avais pas le droit de m’abandonner

 

T’avais pas le droit de m’abandonner

Si j’entends la clé, sur mon canapé

Tu vas découvrir le goût du savon

Tu vas regretter mon goût de bonbon

Tu vas découvrir mon goût de citron

Ad lib

4 août 2012

Défi 205 (KatyL)

Que vois-je par le trou de la serrure ??

Katy1

Je vois le ciel, la lumière, le jardin.

 Katy2

Puis je vois un monde de peinture.

 Katy3

Cette femme que j’étais il y a quelques temps !

*****************

Mais je me retourne je regarde dans le miroir de la semaine

Passée et je me dis :

« Rien à regretter je suis bien là avec eux je suis sereine.

Le temps passe, mais chaque jour de vie est une richesse

A quoi bon regarder par cette serrure, elle ne t’apprendra rien

de nouveau, le trou de la serrure est le temps qui passe »….

4 août 2012

Mystère (MAP)

 

Navire et serrure

 

Porte du mystère …

pour la franchir ... se munir

de la clé du rêve !

4 août 2012

la promesse( Zigmund)

 
 C'était un soir d'orage, Mini Zigmund marchait seul sous le ciel noir (et en broyait un peu aussi) 
Il se souvenait de la promesse faite à son grand père. Avec sa soeur Nanazig et ses deux cousins encore petits, il  avait renouvelé solennellement le serment devant son père et son oncle. 
Mais il était l'ainé, les autres étaient bien trop jeunes pour honorer leur parole.
Mini Zig arriva devant la porte et regarda la serrure. Dans sa main il serrait la clef rouillée pour ne pas trembler.
Il ne pouvait plus reculer...
Il se demanda pourquoi la promesse avait sauté la génération de son père et de son oncle.
Il comprit en voyant la Table :  sur une feuille A4  protégée dans un cadre de verre  il lut les dernières consignes de son grand père écrites au stylo à calligraphie :
                    mon cher petit,
  Tu es l'ainé de mes petits enfants, c'est donc à toi qu'est donnée la Clef . 
 Celle qui conduit à cette Table qui fut, tu le sais,  à la fois  ma raison de vivre et mon désespoir.  Ton père et ton oncle ont promis de ne rien toucher et de transporter la Table telle quelle dans cette pièce.
Seuls "Mémaile "I  II III ... etc (les ordis) ont été gardés à part.
Je sais que tu auras un choc en voyant cet amoncellement de papiers.
Aie le courage que  ni Gabrielle, ni ton père, ni ton oncle, ni moi même n'avons su avoir : BALANCE MOI TOUT  CA AU FEU !
Ne garde rien , ne lis pas, si tu lis, tu es perdu : tu n'auras pas le courage de jeter et tu devras transmettre la clef à tes petits enfants.   
Ta récompense sera cette table,  qui une fois vide  sert aussi à recevoir les amis. 
Vas y ! ne me déçois pas ...
Un petite allumette pour toi un grand ouf pour toute la famille ! 

Table Zigmund

4 août 2012

Par le trou de la serrure (Venise)

             Derrière la porte fermée à clef de Pétrarque coule une rivière cristalline. L’œil au creux de la serrure j’ai vu :

                                

Venise205 

 

            Ses cheveux noirs en désordre, il monte les escaliers de cette vieille demeure pour rejoindre Laure, sa muse qui dort près de la cascade.

 

Il est toujours désarçonné quand il pénètre dans ce lieu. Le bras du Seigneur devait être merveilleusement inspiré pour créer un tel paysage se dit Pétrarque

 

Laura est l’incarnation de la beauté ; elle se tient de dos au moment où Pétrarque referme la porte de sa chambre.

Maintenant ils se tiennent tous deux par la main pour plonger au sommet de la cascade.

 

C’est une forêt nomade qui leur offre à chaque fois la chance de rester des enfants.

 

Cette vielle maison de briques, Pétrarque la partage avec une usine à papier

 

Elle a sur sa face ouest un immense moulin à eau qui aspire la cascade qui dévale le vallon.

Le soir ils rentrent tous deux nus pieds sur l’herbe encore chaude

 

La maison semble froncer les sourcils quand ils tardent trop.

On peut avoir une chance insensée longtemps, sans pour autant grandir et du même coup éviter  ainsi de s’encombrer des soucis des grands

 

Pétrarque aime partir dans sa vie réelle à lui celle qui ne rentre en collision avec personne

Il y rejoint les fougères qui se noient dans la rivière et la mousse que préfèrent ses pieds.

 

Laura l’enchante, il a appris à nager avec elle au milieu des flots tumultueux de la cascade.

Les rosiers qui bordent l’eau sont là pour éloigner les curieux qui se seraient introduits par erreur dans sa chambre .

Le soleil comme une fine poudre d’or se fraie un passage entre la densité du feuillage des tilleuls.

 

 Pétrarque embrasse Laure, celle-ci se sert de jasmin pour en faire des boucles d’oreilles, elle a cousu sur le gilet de soie de Pétrarque un coquelicot qui songe à la nuit.

  Il faudra fonder la confrérie du jasmin et habiller toutes les jeunes filles les soirs d’été de la délicate odeur blanche de ces merveilleuses fleurs, filles des anges.

C’est ici la gloire de la jeunesse du printemps qu’on fête.  Au vingt ans de Laure se mêle la jeunesse

De la cascade.

Même maltraitée par l’hiver la cascade irradie de lumière transportée par de fines gouttelettes d’eau que le vent ramène sur le visage de Pétrarque.

 

Pétrarque à choisi de vivre derrière la porte de sa chambre où coule une rivière.

Ce qui est invisible pour tous a une telle densité pour lui que Laure est née de ce paysage

 

Elle est arrivée une nuit alors que la neige était tombée encore fraîche sur le sol

Depuis ils ne se quittent plus.

 

C’est un savant mélange d’écorce d’arbre et de miel des abeilles qui bourdonnent dans leurs oreilles

 

Un violent orage d’été les pousse à se retrancher sur un rocher habité par une libellule.

 

L’insecte a tenté à plusieurs reprises de passer le pas de la porte de la chambre de Pétrarque en vain.

Elle voulait être dédommagée du chagrin causé par Laure et Pétrarque

 

On ne pénètre pas ici sans cadeau en retour, la libellule continuait à battre des ailes comme une prière.

 

Les deux enfants ne prêtaient pas attention à la beauté de l’animal. Ils grelottaient assis sur cette grande paroi.

 

La forêt les enveloppait avec bienveillance.

Devrais-je errer comme une âme perdue toute ma vie dit la libellule ?

Je voudrais vous suivre de l’autre côté de la porte. Qu'y a-t-il là-bas pour que vous vous absentiez longtemps sans moi ?

 

Il te faudrait affronter la mort qui maraude et qui prend souvent d’étranges allures dit Pétrarque

Tu devrais te défaire de tes ailes et ramper comme un ver de terre dit Laura en riant.

En quelques minutes la libellule s’était blottie dans le châle de lin de laure

 

Elle grelottait de peur, un lys pas étranger à la conversation se pencha vers la libellule

Tu ne connais pas le code des hommes, reste ici ils viendront souvent te voir.

Nous aussi nous ne voulons pas partir du paradis, tous les jours nous négocions avec les anges notre passage

 

Laure et Pétrarque, Pétrarque et laure, une simple libellule s’est infiltrée dans le jeu de l’enfance c’est la brèche de l’âge qui vous fait perdre la clef de la porte et regarder au creux de la serrure

Si vous les croisez en remontant la cascade bordée de roses trémières

Prenez quelques galets et griffonnez un poème sur le bord de l’un d’entre eux.

Ne négligez rien lors de cette rencontre soyez attentif à tout. Le chant du rossignol, le cou penché d’une aigrette

Et le soleil ...  Griffonnez attrapez le zeste du vent

 

Publicité
<< < 1 2 3
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité