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Le défi du samedi

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18 mai 2009

Souvenirs d'enfance - Poupoune

Chère Madame,

Vous n'imaginez pas le soulagement qu'a été pour moi la lecture de votre lettre. Si vous étiez seule à l'enterrement de Mireille, ne croyez pas pour autant que personne ne voulait la voir morte : c'est elle qui avait choisi de disparaître... sans quoi il y a bien longtemps que je serais venue la tuer moi-même de mes propres mains.

Cette femme était le diable, Madame. Si vous aviez seulement idée du mal qu'elle a fait à notre famille! Ce monstre était ma soeur. Je ne pourrai jamais comprendre ce qui lui a pris de nous détruire ainsi.

Papa n'était qu'amour et tendresse avec nous. Maman était une femme comme savaient être les femmes à l'époque, discrète et dévouée. Moi j'étais une petite fille réservée. Mais elle... De huit ans mon aînée, elle n'a d'évidence jamais supporté les attentions de Papa à mon égard, elle était d'une jalousie maladive et dès le retour de Papa le soir, elle usait de mille ruses pour le détourner de moi et s'assurer ses faveurs. Que de soirées j'ai pu passer à sangloter à cause d'elle!

Quand il allait se coucher, elle avait le toupet de venir me consoler... en dénigrant Papa qu'elle s'était donné tant de mal à éloigner de moi! Et si vous l'aviez entendue parler de Maman... elle qui s'effaçait si gentiment pour nous laisser pleinement profiter de Papa. Mireille lui a même un jour craché au visage! Pouvez-vous seulement imaginer ça?

Son adolescence a été une douleur pour toute la famille... moi qui n'était qu'une enfant, elle cherchait sans cesse à me convaincre de la suivre. Elle voulait que je complote avec elle pour que nous puissions nous enfuir toutes les deux. Quitter ce foyer pourtant si plein d'amour... Une fois elle m'a même obligée à partir avec elle et quand Papa nous a retrouvées il nous a punies toutes les deux! Alors chaque fois qu'elle a voulu m'entraîner dans ses fugues par la suite, je l'ai dit à Papa. Je ne comprends pas pourquoi elle ne voulait pas partir sans moi... tout aurait été tellement plus simple!

Et il y a eu ce jour horrible, dont le seul souvenir me fait encore aujourd'hui froid dans le dos. La police, les médecins, les dames de l'assistance... Les cris de maman, le regard résigné et tellement triste de Papa. C'est Mireille qui avait provoqué toute cette agitation, cette panique... Elle avait... Oh mon dieu, quelle horreur, cette seule pensée... elle était enceinte et s'était enfuie pour tuer cet enfant de l'amour. Cet enfant de Papa. Croyez-le ou non, elle s'est planté un couteau dans le ventre! Mais ça, elle a survécu, elle...

Papa a été enfermé. Il s'est pendu deux semaines plus tard. Maman est morte le mois suivant, de honte ou de chagrin sans doute. Pour moi la vie s'est arrêtée là. Mireille est venue me voir... elle a eu le culot de me dire que tout irait bien maintenant, qu'on allait être ensemble. Ce jour-là j'ai essayé de la tuer, mais j'étais trop petite. J'ai demandé à ce qu'on ne la laisse plus jamais m'approcher. Plus tard j'ai voulu la retrouver pour lui faire payer le mal qu'elle nous a fait, mais elle avait disparu. Les seules nouvelles que j'espérais d'elle depuis lors sont celles que vous venez de me donner et je vous en remercie.

Au lieu de brûler cette lettre, brûlez un cierge en priant que son âme pervertie n'ait pas corrompu la vôtre et pissez plutôt sur sa tombe.

Avec mes meilleurs sentiments.

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18 mai 2009

Une chanson douce (Virgibri)

18 mai 2009

Tentative d'esquisser le portrait d'une inconnue‏ (Vegas sur Sarthe)

Vous me demandez si j'ai connu Mireille, Madame Laipouls-Scière? Et comment, et mon père aussi... non pas qu'il ait eu besoin de ses services mais rapport à la rouste qu'il m'a filée ce jour-là.
Il faut dire que je venais juste d'avoir mes 13 ans et Lucien, c'était le balèze de la classe, tenait absolument à ce que je "perde ma petite peau de bébé" comme il disait !
Alors il a fait une quête dans la cour des grands et il m'a traîné à saint Lazare... c'était un jeudi après-midi, rue de la bienfaisance si vous connaissez Madame Laipouls-Scière; Lucien, lui il connaissait une vendeuse de bonheur mais à l'époque elle se faisait appeler Greta. Il faisait un temps de chien et je ne l'ai pas bien vue ni elle non plus dans la cage d'escalier, mais j'ai remarqué qu'elle boitait un peu en montant et je serais redescendu si Lucien ne m'avait pas poussé aux fesses.
Elle n'était pas toute jeune et moi, je devais faire peine à voir avec mes chaussures trempées et mon billet de 20 francs à la main... alors elle a éclaté de rire en se tournant vers la petite table: "Viens voir là mon biquet, ce que j'ai à t'offrir".
Elle m'a demandé où j'habitais et m'a tartiné trois belles grosses tranches de pain avec du Nutella que j'ai dû commencer à manger devant elle; elle souriait et moi comme un con de biquet avec mon Nutella, je la trouvais moins vieille ! Elle souriait et moi je ruminais...Lucien en serait mort de honte.
Je suis redescendu trop vite sur les fesses, la dernière tartine à la main et je n'ai rien eu à dire à Lucien; on est rentrés daredare chez nous avec les 20 francs.
J'entends encore mon père en passant la porte:
"D'où tu sors à cette heure?"
"Ben... J'suis allé avec Lucien voir les dames sur le trottoir..."
"Hein? Explique toi bon sang! "
Expliquer! Quand on a encore du Nutella sur la bouche, ça parait dérisoire.
"Ben, avec les deux premières ça a été, mais pour la troisième je n'en pouvais plus..."
"Hein?"
"Alors je l'ai juste léchée"
Mon père a hésité un instant entre la syncope et la rouste, mais la syncope c'était pas son style.

Beaucoup plus tard je suis retourné voir Greta; j'avais vieilli et elle aussi... elle a bien voulu que je l'appelle Mireille et m'a gardé toute la nuit avec elle; mais ça je ne l'ai jamais dit à mon père même si c'est des histoires d'homme.
Alors si vous ne comprenez pas, Madame Laipouls-Scière ce n'est pas grave; j'espère que vous aurez lu ma lettre jusqu'au bout.

18 mai 2009

Variante (Citronnelle)

Madame,

De quel droit vous allez-vous fouiller dans les affaires d’une défunte et vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ?
Je suis un honnête homme, moi ! Je ne veux pas savoir ce que faisait mon nom dans le répertoire de cette mauvaise chanteuse de cabaret  mais ma femme, elle, m’assomme de questions et ne cesse de me houspiller depuis que cette lettre est arrivée chez nous. Elle a 88 ans et n’en est pas  moins jalouse ! Depuis le temps, il y a pourtant prescription !
Mes pauvres yeux ne me laissent pas le loisir de vous en écrire davantage... mais un conseil : jetez ce carnet aux ordures !
Je ne vous dis pas merci !

Jean De Lamacrelle




Madame,

C’est mon aide-soignante, Ghislaine, qui me prête sa main pour rédiger cette lettre. Je suis vieux moi aussi, mes yeux sont fatigués, ma main tremble mais j’ai toujours ma tête et mes souvenirs. Je m’interroge depuis plusieurs jours au sujet de votre lettre et de votre louable requête. Ce sont les petits jeunes qui ont acheté notre maison qui ont fait suivre votre courrier. Cela fait 4 ans que ma femme n’est plus de ce monde et que j’ai quitté l’adresse où votre lettre est arrivée. Mes enfants ont préféré me placer dans cette maison. J’y serais mieux, disaient-ils...Ce n’est pas faux, Ghislaine et ses collègues s’occupent bien de moi...


Mireille Icks (ne s’est-elle donc jamais mariée ?) je l’ai connue il y a bien longtemps mais je n’ai jamais oublié son nom, bien qu’elle soit restée pour moi, « La belle Lou ».

J’étais alors instituteur dans une petite ville du Nord. Elle était chanteuse dans un   cabaret minable, terne et sale mais qui était très fréquenté...Les hommes venaient de loin pour la voir. Lou, la belle. Un ange en dentelle noire. Un ange au purgatoire... Sa voix enchanteresse, je l’entends encore.
J’étais timide, je n’osais trop lui parler. Elle était entourée d’hommes, de ces bons bourgeois pleins aux as. Attention, ne vous méprenez pas ! C’était une femme respectable ! Elégante, ensorcelante, souvent.  Joyeuse et... colorée,  parfois mais jamais vulgaire ! Son parfum de violette la suivait entre les tables du cabaret... Je choisissais toujours une place dans un coin pour être discret. (Un instituteur doit prendre garde à sa réputation, mais n’en est pas moins un homme.) Nos regards se sont croisés plusieurs fois, nous avions même échangé quelques paroles. Une fois, je me souviens, après son spectacle, elle s’était racontée... Mireille, bien moins scintillante que Lou, mais tout aussi touchante... 
Je l’aimais secrètement... J’étais bête, timoré, je n’avais pas l’audace que donne un portefeuille bien rempli  pour le lui dire vraiment.
Un soir, j’avais même acheté un bouquet de roses jaune pâle. Après les avoir cachées toute la soirée sous la table,  je les ai finalement jetées. J’en ai gardé une, entre les pages d’un recueil d’Apollinaire.

C’est ridicule, ne trouvez-vous pas ? Je vois bien le regard amusé de Ghislaine qui couche mes paroles sur le papier. Elle s’en défend poliment, elle a du tact,  mais tout de même, je le sais...

Puis la guerre est arrivée. Je suis parti, il a bien fallu. Quand je suis revenu, elle avait disparu. Ensuite, j’ai rencontré mon épouse, une honnête femme, travailleuse et aimante. Nous avons eu trois enfants, nous avons emménagé dans ce petit village où nous avons fait notre vie et où j’ai effectué toute ma carrière d’instituteur. J’ai été heureux mais j’ai souvent relu ce poème d’Apollinaire en pensant à elle : « Je t’écris ô mon Lou... » Le connaissez-vous ?

Comment a-t-elle retrouvé mon  adresse ? Et pourquoi ? Ces questions ne cessent de me troubler depuis que votre lettre m’est parvenue. Je ne puis m’empêcher de penser que peut-être...

Je ne sais ...et puis, je suis bien vieux pour me tourmenter ainsi.

Je vais demander à Ghislaine de  joindre à cette feuille la rose séchée que les poèmes d’Apollinaire ont  conservé si longtemps. Vous la lui offrirez pour moi...

Merci,
Sincèrement vôtre.

Jean Lamoureux

PS : Monsieur Jean nous a quitté la nuit qui a suivi l’écriture de cette lettre.  C’était un gentil monsieur.

Cordialement, Ghislaine.

17 mai 2009

Champfleury (Joye)

Pour voir la participation de Joye, cliquez sur le lien ci-dessous, merci !

Champfleury20

 





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17 mai 2009

LE NOUVEAU DÉFI DU SAMEDI EST NÉ, CE DIMANCHE, A 14 H 00

blogadoChers défiants,
notre bébé a grandi, il s’adapte au succès.

Après un échange au sommet, conclu à l’unanimité, voici en quoi consiste la métamorphose :


Tous les samedis, 9 h 00, un nouveau défi sera lancé à la terre entière.

Les participations seront mises en ligne, chaque jour, à partir du dimanche, 17 h 01, en fonction de leur envoi. Trente textes le même jour (voire plus) cela devenait difficile à gérer.

De temps en temps des défis spéciaux (comme le #50) seront encore organisés en direct, le samedi (voire un autre jour : des bouleversements professionnels s’annoncent chez certains co-administrateurs).

Et tenez-vous bien : la révolution est déjà commencée :

17 h 01, les premières réponses à Katia L.-S.

17 mai 2009

Consigne #61

Mme Katia Laipouls-Scière                                           Vendredi 15 mai 2009
Aide-soignante de jour
à la Résidence des Écureuils
28*** Berdoncière


Madame, Mademoiselle ou Monsieur,


Madame Mireille Icks vient de décéder, à l’âge de 94 ans, le 8 mai 2009, à la maison de retraite des Écureuils de Berdoncière.

Avant de mourir, elle m’avait confié un petit agenda très usagé. J’y ai trouvé toutes les adresses notées au cours de sa longue vie. Certaines semblaient très anciennes. La vôtre y figurait.

Quels étaient vos liens avec Madame Mireille ? A quelle époque de sa vie l’aviez-vous fréquentée ? Quels souvenirs avez-vous conservés d’elle ?

Je ne l’ai connue que fort âgée. Elle se livrait peu. Je voudrais que vous m’aidiez à me faire une idée de son passé. J’ai entrepris d’écrire à toutes les personnes dont je suis parvenue à déchiffrer les adresses.

Je lirai toutes les réponses et, au cimetière, je brûlerai votre lettre et laisserai tomber les cendres sur la modeste tombe de Madame Mireille. J’étais seule à suivre son enterrement.

Vous serez aimable de m’envoyer votre lettre à l’adresse suivante : samedidefi@hotmail.fr, vous prendrez la précaution de préciser : “Tentative d'esquisser le portrait d'une inconnue.”

Je vous prie d’agréer, Madame, Mademoiselle ou Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus dévoués.


Katia L.-S.

P.S. : Ne vous étonnez pas qu’une aide-soignante d’une maison de retraite de campagne sache rédiger une lettre sans trop de  fautes d’orthographe, j’ai profité d’un des rares moments de lucidité hebdomadaire d’un gentil vieux monsieur de la résidence qui a accepté de relire mon brouillon en échange d’une sucrerie proscrite par la faculté “diafoirine”.

17 mai 2009

Levée du voile

pH : Walrus imitant Walrus
ions H3O+ : Tilleul imitant Walrus
1966! : Tiniak imitant Vegas sur sarthe
La balance à péache: Vegas sur Sarthe imitant Vegas sur Sarthe?
Le vide : Brigou
Perrier : Virgibri
L'amertume: Janeczka imitant Kloelle (ou souhaitant imiter!)
Acidité, etc : rsylvie
Petit rébus : MAP imitant Joe Krapov
Une bonne leçon : MAP
Acide comme: Laura
Pl'acide : Poupoune
Camélia : PHI
La Clémence est la fille de la félicité et de la pl-acidité... : Sebarjo
Alcide : Zigmund
Consigne 60 : titmuchou
Acid Ulrik :
shivaya-warduspor
Acidité : Joye
L'acidité met la Reine Divine aigre : Papistache
Acidité: Martine27
Effet d'optique: Caro Carito
Aciduité: Joe Krapov imitant MAP
Acidité I , II , III : Berthoise
Conversation basique autour d’un jus de citron: Tiphaine
La surdité : Val
Oh ! : Tilu
En rentrant de l'école : Adi
[Acidité, nom féminin. Qualité de ce qui est acide, acerbe. Causticité.]: Stipe
Drôle de chimie: Pandora

Petit ajout de P. (pour agrandir, cliquer sur l'image)

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16 mai 2009

Drôle de chimie (Pandora)


J’ai toujours été un angoissé du bocal. A me torturer pour tout et n’importe quoi. Je me rongeais tellement les sangs que j’ai eu mon premier ulcère de l’estomac à six ans, les médecins n’en revenaient pas. Je me consumais, pour ainsi dire,  de l’intérieur.

On m’a donc interdit d’utiliser les transports publics, j’étais considéré comme une matière dangereuse. Soumis à étiquetage et à règlementation spécifiques. Tellement corrosif que j’irritais tous ceux qui m’approchaient.

On peut dire que je ne manquais pas de piquant.

Un jour que je marchais dans la rue, je suis rentrée dans une jolie jeune fille. Sur le moment, je l’ai trouvée plutôt caustique. Ce n’était pourtant pas ma faute si on s’était tamponnés. Mais croyez-le ou non, elle m’a transformé.

Elle m’a totalement neutralisé, je suis devenu doux comme un agneau.

Pourtant, elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même très basique. Et plutôt forte. Mais c’est la femme de ma vie.

L’amour est tout de même une drôle de chimie.


16 mai 2009

[Acidité, nom féminin. Qualité de ce qui est acide, acerbe. Causticité.] (Stipe)


La première fois…

Tout le monde s'en rappelle toujours. De l'avis général, c'est rarement la meilleure des fois. Oui mais c'est la première.
Il faut dire qu'il l'attendait depuis tellement longtemps, ça fait une paie qu'il a envie de passer à l'acte mais que l'occasion s'est faite discrète.

Et puis un jour, parce que le patron a été encore plus con que d'habitude, parce qu'un type lui a fait une queue de poisson, parce que le PSG a fait match nul contre l'OM, parce qu'il a l'alcool festif, parce qu'il a enfin la faiblesse d'avoir le courage, il la cogne.

La première fois c'est toujours trop rapide. Juste une gifle.

Il s'étonne lui même de l'avoir fait, mais il sait déjà qu'il va aimer ça, il sait déjà qu'il y aura d'autres fois.

Il a franchi le pas, il l'a fait. L'histoire est en marche et l'avenir lui appartient.

Les claques se rapprochent en temps, s'intensifient, se font plus efficaces. Il fait dans la frappe chirurgicale.

Puis les claques deviennent de vrais coups, de ceux qu'on donne pour briser.

Puis les objets volent, les meubles s'intègrent au procédé et les insultes se font toujours plus jubilatoires.

La simple gifle de présentation a muté en vraie correction, en "bonne branlée".

Il s'est installé dans le processus, il s'y sent bien. Il a pris ses marques, elle compte les siennes.

Il a la présence d'esprit de ne pas négliger la lucidité. Elle pourrait partir, se rebeller, parler ou pire, tenter de lui donner des états d'âme.

Alors il l'entretient dans un monde de terreur. Chaque raclée qu'il donne n'est rien par rapport à celle qu'elle prendra si elle s'essaie au grabuge. Elle comprend ça? Bien…

Il sait lâcher du lest pour qu'elle reste femme tout de même, qu'elle ne soit pas qu'une victime qui baisse les yeux. Elle perdrait de son charme…

Il donne des raisons : le boulot, les gosses ("tu préfèrerais que j'm'en prenne aux gosses, peut-être?"), toutes les frustrations accumulées, tout l'alcool bu. Pas forcément parce qu'il est alcoolique, non. Mais surtout parce que l'alcool est un catalyseur, il désinhibe, décuple les forces, prend le self-control de son incontrôlabilité, fournit une excuse.

Boire parce qu'il cogne, pas l'inverse.

Aux raisons, il attribue des excuses.

Les excuses, ce n'est pas vraiment ce qui manque. Un mot dit, un mot tu, un sourire, une expression mal interprétée, un grief notable sur la tenue du foyer familial ou un truc que de toute façon elle ne peut pas comprendre mais qu'elle a fait exprès de faire juste pour l'énerver. La pute.

Lui fournira toujours les raisons, elle fournira toujours les excuses.

Après chaque guerre il faut reconstruire, ou du moins balayer les traces des combats.

L'armoire à pharmacie regorge d'anti-dots et d'oublie-douleurs.

Il l'aide à penser ses plaies, parfois. Il s'aide à panser ses plaintes, souvent.

Il l'aide à fournir des alibis, lui rappelle qu'elle est tombée dans les escaliers ou qu'elle a pris une porte en pleine tronche. Elle est édentée mais il est aidant.

Souvent, il accompagne tout ça de gestes doux et prévenants, de paroles rassurantes.

Pas par rédemption, non. D'abord pour se rassurer lui-même et se rappeler qu'il n'est pas une brute sanguinaire mais tout simplement un "homme".

Et puis aussi pour lui expliquer à elle. A quel point elle est conne et pénible, elle sait qu'il est nerveux et elle l'agace exprès!

Si tout se passe bien pour lui, elle murmurera un "oui, je sais…" et elle demandera pardon.

Alors il pourra s'endormir en paix, serein et assouvi.

Non sans lui avoir fait l'amour avant. Enfin il dit "faire l'amour" comme il aurait dit "baiser". L'important c'est qu'il la saute.

Elle serre un peu les dents, parce que son corps est endolori et parce qu'il la viole plus qu'il ne la caresse. Elle ferme les yeux, elle gémit un peu pour l'encourager à en finir au plus vite.

Qu'il s'endorme, enfin, avec son sentiment du devoir accompli.

Tout n'est pas que violence et crachats et viol.

Le reste est humiliation, rabaissement quotidien, menaces et culpabilisation.

Qu'est-ce qu'elle deviendrait sans lui?

Il lui rappelle qu'elle est dépendante de lui financièrement, socialement, intellectuellement, affectivement…

Et puis il l'aime, puisqu'il est toujours là, avec elle.

On ne devient pas une femme battue, on ne se retrouve pas victime. On est prédestinée à ça.

Il le lui rappelle aussi.

Il se sait crié, il se devine moqué, il se voit caricaturé.

Mais n'est-ce pas là le lot de tous les incompris, de tous ceux qu'on juge par principe plus que par raison? Où est la victime?

Et qui le juge, après tout?

Les femmes, elles qui ne sont rien sans les hommes ? Elles qui ont réclamé l'égalité des sexes alors que la nature les a construites faibles ?

Les hommes ? Quels hommes ? Ceux qui se laissent faire, les pédés, les lâches, les hypocrites?

Il a raison, il le sait.

Il a ses défauts, il a fait des erreurs, il a ses souffrances et ses faiblesses.

Mais il a raison, il le sait.

Elle fait la cuisine, il se fait sa cuisine. La vie n'est-elle pas bien foutue?

Sur les plaies, rajouter un zeste de citron.

Sur le visage, parsemer les gestes du litron.

Séparer le souvenir de la mémoire,

Battre les yeux en beurre noir.

Réserver les larmes, cuire à feu dur.

Sur la patte brisée, du sel en chapelure.

Accompagner d'un coup de rouge ou d'un coup de sang,

Servir les marrons chauds, l'appeler maman.

16 mai 2009

En rentrant de l'école (Adi)

- Papa ! Aujourd’hui j’ai appris un nouveau mot avec le maître !

- Lequel mon fils ?

- J’ai appris ce que c’était que la cidité !

- Ah ! Eh bien ! Tu en apprends de ces choses ! Dis moi ce que le maître vous a dit de l’acidité…

- Alors, le maître il a dit que la cidité c’était quand on devenait vieux…

- Ah bon le maître a dit ça ?!

- Oui, et il a dit que la cidité ça s’attrape aussi par accident…

- Ah bon, mais pourquoi il vous a dit ça le maître ?

- Ben Victor il écoutait pas la leçon, alors le maître il a dit que Victor il avait atteint la cidité !

- T’es sûr que le maître a dit ça ?

- Oui Papa !

- Et il vous a expliqué exactement ce que c’est que l’acidité ?

- Ben oui ! La cidité c’est quand tu entends plus rien du tout… Papa t’es sûr que toi tu sais ce que c’est que la cidité ?

16 mai 2009

Oh ! (Tilu)

Oh !

 

Trois phrases qui piquent

Mots vinaigre, zestes d’aigreur

Larmes de citrons

16 mai 2009

La surdité (Val)

Comme je n’ai plus une très bonne vue (Eh ben quoi ? Vous verrez quand ça vous arrivera, bande de petits malins !) , je demande à ma petite-fille de me lire les consignes pour que je puisse participer aux « délits du samedi ». J’aime bien c’est tout plein de jeunes gens, ça me rajeunit.

 

Cette semaine ça va être très dur.

Quoi ? De la feuille ? Dur de la feuille toi-même, espèce d’ingrat !

Non, je disais que ça allait être difficile.

 

La consigne est compliquée. Elle ne me plait guère :

 

Pour la soif en thème, on vous propose de jouer à la dinette. (Bon, ça je comprends !).

Vous avez bien lu ! (Enfin, sauf moi, je les lis pas, les consignes, parce que c’est ma petite fille qui…Quoi ? Comment ça je radote ? Et mon pied au cul ?).

Samedi prochain, sur la piste des participants, excités, les sexes consignés seront publiés. (Quoi, toi ? Comment ça, obsédé ? Non mais dis-donc ! J’fais que répéter la consigne moi ! ).

Ce sera à vous deux de diner (A nous deux ? Moi et qui ? Et ma petite-fille ?) qu’il y a d’écrit, quoi. (Oh ben ça, c’est pas français ! Et ça se dit amoureux des mots ! Ah laisse-moi rire, tiens !).

 

Après c’est encore pire. Voilà qu’ils me parlent de la police et de mon caractère ! Comment ils ont su ?

Charlotte ? C’est toi qui leur a dit pour l’autre jour ? Au sujet de la police et pour mon caractère ? J’t’avais interdit !

 

Bon, ça pour la fourchette, logique. Soif, dinette, dîner, fourchette, j’ai déjà le champ lexical. On s’en sort pas si mal !

 

Ah, non d’un chien ! J’suis foutu ! Charlotte (c’est ma petite-fille, elle est mignonne, la gosse…) vient de me dire que le thème cette semaine c’était la surdité. J’suis baisé, les gars, vous m’verrez pas cette semaine ! J’suis myope comme une taupe, ça, ça me connaît, mais la surdité, j’y connais rien ! J’vais pas pouvoir participer.

 

Vous m’en voulez pas, hein ? Mes oreilles, c’est tout c’qui m’reste, alors laissez-moi les encore quelques années, d’accord ? Parce que le jour ou je comprendrai plus rien quand ma Charlotte me lira les consignes, eh ben vous m’verrez pu ! Et ça m’en f’ra, du chagrin, vous savez. A part ma Charlotte, j’ai pu que vous au monde, les copains…

16 mai 2009

Conversation basique autour d’un jus de citron (Tiphaine)


Bobby retourna soudain Pamela sur le billard et la regarda droit dans les yeux.

- Au fait Pam, je me demandais, pour un aldéhyde de formule : R-CH2-CO-H… Je sais que le H en alpha du carbonyle est acide car l’attraction du carbonyle affaiblit la liaison C-H et l'ion énolate formé est stabilisé par résonance. Mais quand même… Si c'est le cas du H en alpha, alors pourquoi donc le H qui se trouve sur le C du carbonyle n'est pas acide vu que l’oxygène est électronégatif et décharge le C et donc affaiblit la liaison C-H ?

Bobby se défit vivement de l’étreinte de Pamela pour aller saisir sa citronnade givrée.

Il but deux gorgées pensivement… Pam ne disait rien… Il reprit alors :

- J'ai regardé dans mes bouquins, Pam, et à chaque fois ils parlent du H en alpha qui est acide , jamais du H sur le C du carbonyle, ça me laisse profondément perplexe... Dans un acide carboxylique, le H du OH est acide car le O très électronégatif affaiblit la liaison O-H donc… Est-ce que cette propriété acide dans l’aldéhyde n'est due qu’à la stabilité de l'anion formé et se peut-il que l'affaiblissement de liaison ne puisse avoir lieu que pour un H collé à l'hétéroatome?

Pamela rejeta sa longue crinière auburn sur son épaule soyeuse et dit d’un air las :

- En fait Bobby, c'est très simple, les stabilisations par effet mésomère sont beaucoup plus importantes que les stabilisations par effet inductif… Si je me souviens bien, on appelle ce genre de cas un équilibre céto-énolique. La forme déprotonnée est beaucoup plus stable sous la forme énolate mais cette forme n'est accessible que si un H en alpha part.

Bobby se rapprocha, intéressé.

- Donc, si je comprends bien, le proton en alpha est arraché plus facilement car l'anion formé est plus stable que celui qu’on obtiendrait si on arrachait le proton sur le C carbonyle? Mais ce dernier est quand même un peu acide non, ma Pam?

Pamela vit le trouble qui se reflétait dans l’œil de son compagnon. Elle prit une pose lascive et, dévoilant discrètement son voluptueux nid d’amour, elle poursuivit :

- Mon chou, il faut se dire qu'en chimie TOUTES les réactions sont des équilibres plus ou moins déplacés ! Cela veut dire que le proton du carbonyle pourra être également arraché mais la majeure partie des protons qui seront arrachés sur cette molécule seront ceux en alpha du carbonyle !

Bobby, dans un état second, rapprocha alors fougueusement son bassin de la bouche pulpeuse de Pamela et débita d’un ton saccadé :

- Pam… L'arrachement d'un proton… sur le C du carbonyle… conduirait… Ah… à un anion … dont la charge… négatiiiiive… serait sur le car….bone du carbonyle… donc… sur un ah… sur un ah…tome voisin… d'un ah… d’un atome électronégatif…ce qui est impossiiiiiiible !

Il explosa en elle et haleta :

- L'atome H du carbonyle d'un aldéhyde n'est absolument pas acide…

Pamela bougonna quelque chose d'inaudible et prit soudainement congé.

16 mai 2009

Acidité I , II , III (Berthoise)

I ) Au bout de la langue
Douceur aigüe du fruit
Je grince des dents.


II ) Qui mord et blesse
Sur le bord de tes lèvres
Le piquant des mots.


III ) Sous son attaque
Tout fond, tout bout, se dissout
Liquide fatal.
16 mai 2009

Aciduité (JoeKrapov)




Trois visions de l’acidité ( ???)

 

1


DDS60_1_aciduite2

- Les Défiants samediens, M’sieur Rimbaud, c’est rien qu’une secte !

- Lâche-moi, U vert avec tes problèmes de tout-à-l’égo !

 

2


DDS60_2_Assis_dix_T

Très tranquilles, taciturnes, en train de méditer sur la stupidité et la méchanceté,

Voici, assis, dix T

 

3

 

DDS60_3_AhCiditemissaest

Qu’il est joli garçon l’assassin de papa !

Rodrigue as-tu du cœur ?

N’entre pas dans les ordres !

Trop tard !

Ah Cid ! Ite missa est !

 

16 mai 2009

Effet d’optique (Caro Carito)

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Margarita ou Gin Fizz ? Madame s’éclipsa dans un froufrou de satin paille. Le maître de maison s’avança, smoking de rigueur sur une impeccable chemise de sergé paille. Dieu qu’il est beau, pensa-t-elle en secouant ses boucles platine.

Sur un signe de Lawrence, le majordome, elle se tourna vers le troupeau de gorgones et autres dragons familiaux emperlées, cravatés et momifiés qui s’engouffra illico dans la salle à manger. Croustade d’écrevisses et asperges au citron, lotte au beurre « colbert », poulet aux agrumes confits et lemoncake. Décidément, Jasper et Lucy étaient à la hauteur de leur réputation culinaire. Un tour dans le salon parme ou le fumoir, avant de voir la meute d’invités s'engouffrer dans la nuit froide.

Elle l’observait, allongé sur le sofa,  l’air satisfait.  Orchidées, vins fins, cristal et argenterie au grand complet sur la nappe tissée de fil d’or. Jusqu’à ce jour, elle n’avait jamais connu sa belle-famille qu’à travers potins et articles de presse. Et à ce regard sombre qu’il avait parfois. Elle y lisait toute la tristesse d’une enfance solitaire dans le manoir grand-paternel. Jusqu’à la salvation de l’internat à la mort de sa mère.

Elle rit soudainement. Tu as remarqué, Chéri, comme c’était drôle. Leurs persiflages et leurs propos acerbes, toutes leurs piques perdaient de leur intensité au fur et à mesure du dîner. Leurs visages avaient pris une teinte jaunâtre, comme si leurs remarques amères leur étaient montées à la tête. Tu crois que c’était un effet d’optique ? Après tout, les chandelles étaient en cire jaune. Ses traits se durcirent. Elle vit passer un éclat de haine dans son regard. Ce n’est qu’au bout d’un long silence qu’il murmura acidité gastrique.

Au petit matin, alors qu’elle s’enivrait encore de l’odeur âcre et citronnée de sa peau, il se confia enfin. Ils souffrent tous de reflux variés, d’ulcères... Une tradition familiale en quelque sorte. Estomac délicat et fiel de vipère. Leurs lèvres ne s’ouvrent que pour faire souffrir leurs semblables. J’ai haï chaque repas sous le toit de Torsel Manor. Toutes ces viandes grasses, ces gibiers, me donnaient la nausée et je courrais aux cabinets pour vomir. Ma bonne me montait un porridge dans ma chambre pour que je ne crève pas de faim. Ce n’était rien. J’ai vu ma mère retenir ses larmes à chaque dîner. Ils l’ont tuée. J’ai pu respirer à nouveau le jour où, orphelin, j’ai pu entrer à l’internat. J’étais maigre et souffreteux. Mais j’étais sauf. Je me suis juré de n’avoir jamais à mendier leur argent. Qu’après ce repas, ils crèvent, ce ne serait que justice. Mais je voulais les faire souffrir. Une seule fois. Qu’ils savourent l’amertume de la cigüe, ces salopards.

Il se tourna vers elle et lui caressa la joue. C’est fini, nous ne les reverrons plus. Ils se pencha mais ne l’embrassa pas. Ces mots lui étaient-ils destinés ? N’avait-elle pas senti une frêle présence?  Sa mère ? Sur le sol anglais, ça n’avait rien de choquant. Et un fantôme au manoir, pourquoi pas.

Défi 2

 

Ecstasy is a Paradise lost.

 

Au creux de leurs yeux

Au creux de leurs mains

Un cachet pâle

Extase amère versus envolée fluo

Fruit défendu au goût de citron.

La nuit demeurera sombre


16 mai 2009

Acidité (Martine 27)

"Assis" dit Thé la maîtresse (pardon la professeure des écoles) en entrant dans la classe des petits Défiants.

"Aujourd'hui rédaction"

"Ah non" s'exclament-ils tous en choeur.

"Ah si !" dit Thé "Le thème sera l'Acidité et vous êtes priés d'écrire en Arial taille 12, allez sortez vos feuilles et au travail"

Ca grommelle dans les rangs.

"Comment veux-tu arriver à faire des bons mots avec ça"

"Et puis moi j'aime pas Arial"

"Et d'abord comment veux-tu qu'on arrive à écrire en Arial, moi je sais écrire qu'en Script"

"J'aime pas le citron"

"J'aime pas le vinaigre"

"Je m'en vais retourner dans les grandes plaines du far-west"

"Et les montages photos comment on les fait en Arial je vous le demande"

"Et moi qui aime mettre des petites images partout ben je vois pas comment ça va passer inaperçu"

"Vous croyez que je vais arriver à caser Miss Chasseriaux là-dedans ?"

"Et les vidéos vous en avez vu beaucoup vous en Arial"

Bref, c'est la révolution dans la classe des Défiants, ils râlent après la 60ème consigne, faut dire que Thé la prof leur en donne à faire des rédacs, c'est de l'acharnement, au moins une toutes les semaines, comment voulez-vous ne pas être un peu acide après ça.

"Acidité, acidité est-ce que j'ai une gueule d'acidité"

"Ah si dit Te(b), il y a un truc auquel elle n'a pas pensé la prof, elle a pas dit s'il fallait écrire justifié, centré, à gauche ou à droite"

"Ouais pas bon jusqu'à maintenant on est pas des masses à avoir écrit en centré"

"T'es pas positif toi tiens !"

"Non, je suis acide voilà"

"Alors les enfants" dit assise Thé "ça avance ?"

"On réfléchit"

"De toutes façons nous on est pas acide on est tout doux et gentil"

"Je ramasse les copies" dit Thé à ses élèves "Mais c'est quoi ça, c'est la révolution ? Il n'y a rien d'écrit sur vos feuilles"

"Ah si" disent-ils "regardez en deuxième page"

Et Thé la prof voit écrit en Arial taille 12 bien appliquée le même mot sur toute les copies "Acidité".

Ca ne va pas être facile à noter ça !

16 mai 2009

L’acidité met la Reine Divine aigre (Papistache)

L'As de pique dit : « Thé ! »
Et la Reine de cœur, que dit-elle ?
« Thé  aussi ! » fait la Reine Divine.
Le Roi se tait ; son amie Tiphaine
accroche des ailes aux carreaux.
Il rêve qu’elle enfante des fées.
Le valet — vas-y, coupe ; c’est à toi —
dresse sur le trèfle, — c’est l’été —
les thés de l’As et la Reine.
Divine, la Reine, suppe sa tisane de thé, la trouve basique.
Elle hurle : « Du vinaigre pour mon thé ! »

Moralité :
L’As i’dit « Thé » mais la Reine dit « Vinaigre ».

16 mai 2009

Acidité (Joye)

Il faisait beau, ce jour-là, il y a quatre ans. Ce jour-là, Majid avait pris un seau rempli d’acide et il l’a versé sur la tête de la belle Amenah, la fière, celle qui avait refusé de l’épouser, la garce !

 

Ce jour-là, le corps d’Amenah s’est mis enfin à fondre devant les demandes de l’homme qui la désirait.

 

L’acide a rageusement rongé ses jolis yeux noirs. Il a fait liquéfier son beau visage. Il a transformé la jeune femme en noix de beurre amer – aveugle et cicatrisé.

 

Voilà comment Majid et l’acide ont cherché à l’embraser, enfin.

 

- Je n’ai rien fait de mal ! a-t-il protesté encore, tout en se moquant acerbement de la « hideuse » lors du procès.

 

Mais la loi du talion précise autrement.

 

La loi du talion dit un œil pour un œil, un corrosif pour un corrosif.


Et parce qu'un homme vaut deux femmes, Majid perdra ses deux yeux. Le tribunal l'a condamné à recevoir dix gouttes d'acide sulfurique dans chaque œil. 

Amenah, qui avait proposé cette punition, au lieu de l'argent, a demandé au tribunal : « Retirez-lui ses yeux pour qu'il devienne comme moi ». 

- Ne vous inquiétez pas. Je saurai lui faire la leçon, susurre l'acide.

 

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