Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le défi du samedi

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 660
Derniers commentaires
Archives
12 septembre 2009

Le temps d’une heure (Tilu)

La prochaine fois que je te vois

Il faudra que je le retienne,

Que je l’attache, que je le noie

Que je l’étouffe à perdre haleine,

Que je l’étrangle de sang-froid

Que je le stoppe, que je le freine…

 

Le temps…

 

Parce qu’une heure en ta compagnie

N’est qu’une poignée de secondes

Qui filent sans qu’on ait compris

Comme des folles furibondes.

Il suffit que tu me souries

Alors s’accélère la ronde

 

Du temps…

 

Les heures passées avec toi,

Déjà qu’il n’y  en a guère

Pourquoi faut-il qu’en plus de ça

Elles passent en vitesse lumière …

 

Publicité
12 septembre 2009

Un instant d’égarement (Papistache)

Jean-François détenait le monopole de la confection des heures pour le bonheur de l’univers qui s’en dilatait de satisfaction. Privilège accordé à sa famille, par la grâce du père du Roi des Rois de la Mésopotamie inférieure, avant même que les hommes et les femmes ne copulassent face à face.

L’entreprise était florissante, le travail facile. La pâte à heures sortait de la presse quasi tiède et il suffisait de faire glisser les moules sous le ruban émollient pour que les heures vinssent se lover précisément là où il fallait qu’elles se logeassent.

Jean-François avait un fils, fier enfant blond, don d’une jolie violoncelliste que sa passion pour les fugues avait emportée loin du domicile conjugal. Promis à la succession de son père, le fils apprenait bien.

Il arriva, cependant, qu’un matin, la vue du galbe des mollets d’une préposée à la gestion des stocks jeta le trouble dans la poitrine — un peu plus bas, peut-être ; la jeunesse, parfois,  étonne— de l’héritier. Un moule fut, un peu vite, poussé de côté. La pâte à heures manqua, en partie, le sillon dans lequel elle devait refroidir.

Jean-François vieillissait, il ne contrôla pas la production du jour. La livraison suivit son cours. L’heure tronquée fut distribuée. L’histoire raconte qu’elle échut à un écrivaillon de troisième zone qui ne put ach

12 septembre 2009

L'heure la plus courte (Sebarjo)

L'heure la plus courte dans une vie c'est quand on...BING !!!

Merde elle était vraiment courte, elle a déjà filé !

12 septembre 2009

Entre parenthèses (Phil)

Je tiens pour acquis que je ne saurai jamais si, de ma vie, elle est la plus longue ou la plus courte. Cette heure singulière.

Une heure entre parenthèses.

Bien que j’aie peu l’occasion de me vanter de mes faits et gestes à cette époque, il m’est toutefois arrivé de l’évoquer et, jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré quiconque ayant vécu ce que j’ai vécu.

 

J’accomplissais mon service militaire. Qu’on en juge à ces quelques mots. Voila des années que ladite corvée fut abolie. Les femmes n’étaient pas concernées : la moitié de la population hors jeu. Les sportifs n’étaient pas concernés : ils étaient tous affublés de pieds plats ou de souffles au cœur, donc réformés. Du moins ceux que j’ai connus. Je pourrais trouver encore plein de critères d’élimination. Bref je ne me fourvoierai pas plus longtemps dans une énumération ennuyeuse, sachons seulement que j’appartiens à la petite caste de ceux qui ont été baisés donné une année de leur temps à la nation.

 

J’ai peu de souvenirs agréables de cette année un peu gâchée. Encore qu’en grattant un peu, on en trouve. A commencer par des amitiés aussi solides qu’éphémères. Et les longues courses en forêt du mardi matin, dans la brume et les fougères humides. J’avoue avoir été un des rares à y prendre plaisir. Et puis les permissions du soir quand, accompagné d’un ou deux comparses, je sillonnais au volant de ma vieille Peugeot les routes beauceronnes empourprées par le couchant. Bizarrement toutes ces routes menaient à la ville, Chartres en l’occurrence, où dans les bars on servait de la bière tandis que « Hotel California » éclipsait les raclements de chaises et les éructations des ivrognes.

 

Avant de me trouver enfoui au fin fond des immensités céréalières, j’avais fait mes classes, comme on dit, au Mont Valérien, un fort bardé d’antennes de transmissions qui domine une boucle de la Seine, dans l’ouest parisien. C’est là que j’ai vécu cette heure singulière dont je ne saurais dire si elle fut la plus longue ou la plus courte.

 

C’était par une chaude nuit de fin septembre. Un samedi, pour être exact. A mes pieds je voyais palpiter la ville. J’étais vaguement curieux de ces quartiers que je ne connaissais pas. Partout les lumières scintillaient. La circulation était peu dense, mais je percevais néanmoins la rumeur urbaine. J’avais le sentiment d’observer le mécanisme à nu d’une horloge compliquée, ou mieux, d’un organe en pleine santé. Ça pulsait.

 

Je ne me lassais pas. Il était très tard. Pour en avoir confirmation je jetais un coup d’œil à ma montre et je devinais plus que je ne voyais qu’il était quelque chose comme deux ou trois heures du matin. Etrangement je n’avais pas sommeil. Au contraire mon esprit était particulièrement alerte, à défaut d’être productif. Je me plaisais à imaginer les millions de vies qui bruissaient à mes pieds. Mentalement je voyais des gens faire l’amour, d’autres se déchirer. Je déployais une carte virtuelle et, en me repérant à ce que je voyais, je traçais un imaginaire plan de vol en direction des miens…

 

J’ai du mal à m’imaginer vêtu d’un treillis militaire, chaussé de rangers lustrées, le cheveu très court, coiffé d’un béret ridicule. Et pourtant c’était le cas. Puisque à cet instant, lors de cette heure mémorable, j’étais de garde. Et plus précisément j’avais en charge la surveillance de la soute à munitions. Ce n’était pas un mauvais poste, en effet c’était le seul qui bénéficiait de cette vue panoramique dont je me délectais. L’inconvénient, pourtant, était qu’il était isolé à l’écart du peu de vie qui restait dans la caserne. C’est ainsi qu’à un moment où je regardais une nouvelle fois ma montre, j’eus la certitude qu’on avait oublié de venir me relever. J’eus la tentation d’utiliser le téléphone de campagne pour appeler le chef de poste, mais je n’en fis rien. Non pas que je fusse particulièrement sensible à l’injonction selon laquelle je ne devais agir ainsi qu’en cas de nécessité absolue, par exemple une attaque éclair de martiens armés jusqu’aux dents, mais tout simplement, n’ayant pas tellement sommeil, je n’avais pas non plus envie de rejoindre une couchette inconfortable dans un local exigu et malodorant où j’aurais à subir les ronflements des autres plantons.

 

J’ai donc continué d’attendre tout en rêvant d’ailleurs et d’amour. J’ai même rêvé ainsi une heure de plus que mon dû. Une heure entre parenthèses, dont je ne saurais dire si elle fut la plus longue ou la plus courte de ma vie : vous savez, cette heure étrange qu’on rajoute certaine nuit d’automne lorsqu’il s’agit de régler les pendules sur l’heure d’hiver.

12 septembre 2009

L'heure qui n'avait jamais existé (tiniak)

De retour de la boulangerie un peu navré - je n'ai pas été servi comme à l'accoutumée par sa fille, mais par le boulanger en personne. Homme fier de l'être, homme. Et l'homme est lunatique, perclus de sens pratique, ferru d'aphorismes déprimants.
Une baguette pas trop cuite et bien modelée, pour elle, une biscornue et grillée, pour nous, autour d'elle, doux cheptel prenant garde de ne rien perturber de sa mise en route journalière.
Il n'as pas réagi, comme l'eût fait sa fille, d'un mot, d'une vétille, en enveloppant la baguette réputée invendable.
- Et vingt qui font quatre-vingt, dit-il en me remettant mon bien son regard cherchant sous mon coude à jauger le client suivant - un garçon qui n'a pas dix ans et en paraît six.
Je claironne un joyeux congé à la petite file bien rangée que l'écho de mes filles ne reprend pas, n'étant pas venues avec moi.
Je sors. Dehors, j'exécute mon petit tour de jongle avec porte-monnaie, journal, monnaie et mes deux baguettes brûlantes, dans leur papier enfariné... ça craque un peu, ça menace sous le coude, mais tout prend place, s'équilibre, parfait mon allure d'homme libre et me confère une élégance mâtinée d'insouciance.
En vérité je n'en mène pas large. Je viens de détruire mon ménage et ne sacrifie à l'usage que pour atténuer les effets du désastre annoncé.
Je ferme la porte derrière moi. J'appelle, on ne me répond pas. Pas de ruades dans l'escalier, pas de cartables dans l'entrée, pas de chaussures de ville, que les tongues des filles et ce petit bout de papier posé sur le piano :
- Non mais t'as vu l'heure ?! Bravo !! On règlera ça plus tard.
Je file à l'horloge de la cuisine : neuf heures moins le quart. J'hallucine !
Qu'ai-je fait de tout ce temps ?
Six minutes aller, six minutes retour, et allez, six minutes sur place, maxi... ça fait pas le compte !
Je suis parti à huit heures et vingt passées, disons vingt-cinq... la demie, allez... ça fait toujours pas le compte.
Sur le boulevard, en contrebas, on monte les plateaux scéniques de la Fête de la Musique qui aura lieu ce soir.
De quoi j'ai l'air avec mon petit-déjeuner caduc, le nez planté contre le vitrage, le bide noué par la rage, aussi dépité qu'un eunuque dans le gynécée déserté.
- Et merde, oui! C'est l'heure d'été !

Publicité
12 septembre 2009

L'heure la plus courte (Teb)

L'heure la plus courte ?????

 

Celle que je passerais en tendre compagnie ... enfin !!!

 

 

Pfff.... midinette, va !!!

12 septembre 2009

LES AIGUILLEURS (Joye)

6 h 37. Ce matin-là, le soleil se levait timidement, il faisait froid dehors. Dans l’obscurité grisante, la femme discernait l’autre tête sur l’autre oreiller, le mouvement lent d’une autre poitrine sous le duvet. Tout son corps sentait la chaleur rayonnant de l’autre, elle humait l’odeur épicée de sa peau. Ses doigts, hésitants, connaissaient déjà le grattement des bouts durs des poils sur sa mâchoire, la soie de ses sourcils ayant déjà souvent subi des caresses. Son front était paisible, ses yeux fermés bordés des cils qui restaient noirs pendant que la chambre reprenait doucement ses couleurs. Peu à peu, elle voyait paraître la courbe du nez de l’homme, au dessus des deux lèvres charnues qui savaient, elles, être douces et tendres par moments, insistantes et voraces, par d’autres. Il était encore trop tôt pour voir les couleurs dans cette lumière grisâtre d’un matin d’hiver, mais c’était un plaisir voluptueux d’explorer sans hâte cette topographie. D’ici quelques secondes, ses yeux s’ouvriraient, sa bouche à lui retrouverait avidement sa bouche à elle, ses lèvres, ses joues, son cou, ses épaules, son ventre…ils se rediraient bientôt bonsoir, bonjour, bonheur, et bon, très bon, bonjour… et puis bon retour…7 h 37.

12 septembre 2009

L'heure la plus courte d'une vie... de vacancier ( Vegas sur sarthe)



L'heure la plus courte c'est d'abord la moins longue (La Palice 1470-1525)

C'est aussi l'heure où la paille du cocktail de la Rhumerie de la Rade n'aspire plus rien d'autre que l'air tiède d'une soirée de folie ... "Et tu tapes tapes tapes c'est ta façon d'aimer. Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit. Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie" Waouu ! Je sais encore danser là dessus ?
C'est l'heure où le chevronné bouliste lavandourain, balançant un carreau magistral dans un nuage de terre rouge vous pulvérise le cochonnet sous les Oh des curieux... à en foutre les boules aux pétanqueurs du dimanche.
Ou bien c'est l'heure où, accoudé au parapet encore tiède du restaurant Bellevue, une pleine lune galbée à souhait illumine votre crème brûlée et essaie de vous distraire du spectacle des toits d'un Bormes-les-mimosas qui s'assoupit aux accord jazzy d'un quartet de rues ignorant le tintouin italo-croato-germanique des touristes en goguette... (Soupir)
C'est l'heure où Crystal le transformiste de la Rhumerie dans un dernier sursaut de paillettes sonne le glas de la saison d'été et renvoie les danseurs à leurs tables, l'heure où l'on se dit:"l'année prochaine, promis, j'essaie le tango".
A moins que ce ne soit l'heure bénie à l'eau de mon Alizé-vapeur-essentiel B glissant dans un dernier faux-pli sur mon bermuda préféré... Ma Vedette Grand Soin n'avait fait qu'une bouchée mousseuse de tous ces grains de sable, les témoins récalcitrants d'une vie bien remplie de vacancier ou de vacancier bien rempli, enfin bref, qui s'éteint pour un an.
A moins que dans dix jours je ne fasse le plein d'un autre sable, celui du désert de Vegas! A la bonne heure!


12 septembre 2009

... (Anthom)

"Elle aurait pu dire tant de choses!
Elle aurait pu évoquer ces minutes qui s'étirent indéfiniment, sans saveur et grises, comme ce chewing-gum dont on coince entre les dents la boule trop longtemps mâchée qui a perdu toute couleur et toute saveur et qu'entre deux doigts on tire en un fil qui s'amincit et finit par rompre...
Elle aurait pu raconter le regard fixe qui hypnotise le cadran de la montre, rivé à l'aiguille des minutes dont il guette le saut imperceptible qui trace son chemin interminable sur le cercle émaillé...
Elle aurait pu dire la boule coincée au fond de la gorge, la paralysie de tout l'être ramassé sur la chaise, les yeux qui parcourent sans lire les pages de la revue écornée, froissée par les innombrables mains moites qui l'ont machinalement prise croyant ainsi tromper l'anxiété...
Elle aurait ainsi évoqué l'ennui infini d'une journée de vacances trop vide, raconté l'attente d'un coup de téléphone qui ne vient pas, dit l'angoisse dans une salle d'attente.
Elle aurait pu en écrire tant et tant  sur ces heures qui paraissent ne jamais devoir finir, sur le temps arrêté, si seulement le sujet de ce devoir avait été "quelle a été l'heure la plus longue de votre vie?"
Un coup d'œil rapide à sa montre...
Mon Dieu, c'est la fin de l'heure, il faut rendre la copie, elle n'a pas écrit un seul mot!"

6 septembre 2009

Ont vu tourner les aiguilles...

pendule1Anthom ; Zigmund ; Vegas sur sarthe ; Joye ; Teb ; Tiniak ; Phil ; Sebarjo ; MAP ; Papistache ; Tilu ; Martine27 ; Virgibri ; Captaine Lili ; Joe Krapov ; Poupoune ; rsylvie ; Gilsoub ; Jo centrifuge ;

5 septembre 2009

Consigne #72

Une heure de repassage c'est donc bien long.
Mais, l'heure la plus courte d'une vie. Laquelle est-ce ?

5 septembre 2009

Des nouvelles de la suite du défi #67

Des nouvelles de la suite du défi #67

Nous avons eu dix-sept auteurs : 1 + 7 = 8

Les paires ont été constituées grâce à un glissement de huit crans.

Cliquez fort ! :67suite

Comme certains de nous vont partir sont en vacances sommes presque tous rentrés de nos vacances, nous écrirons, à notre rythme fissa, la suite (ou la fin) du texte du camarade que le sort nous a attribué, nous l'enverrons (le texte) en précisant défi #67 bis et tous les textes seront donnés à la rentrée courant septembre. Un rappel sera effectué également vient d'être effectué début le 5 septembre.

Si vous pouviez, dans votre envoi, faire une copie du texte de départ, cela nous faciliterait la tâche d'édition.

Nous avons reçu quelques pas mal de textes mais encore très peu il en manque certains*, c'est normal, les vacances sont prioritaires, il faut arriver à remettre ses pieds dans nos petits souliers.

* dont celui du bonhomme qui s'autorise à faire ce rappel !

5 septembre 2009

J'ai vu (Gilsoub)

C’était une belle voiture, je pouvais passer des heures à son volant, j’aimais sa carrosserie, les longs voyages fait avec. Combien de tours du monde ? Elle volait s’il le fallait, elle traversait les mers, les forêts, les montagnes, les routes du désert et la neige du pôle Nord. Je l’ai aimé ma voiture quand j’étais petit, les grands, eux n’y voyaient qu’un vulgaire rocher, ce n’est pas marrant les grands…

----------------------------------------

Il ne voyait plus qu’une garce, une traînée, une putain, et bien d’autre chose encore, il disait qu’elle était moche, mal fagotée, sans goût. Ce n’était que son ex-femme. Moi je la trouvais très belle, raffinée bien habillée, un brin magique, mais oserais-je lui dire que maintenant c’est ma fiancée ?

5 septembre 2009

L’enfant et le rhinocéros (Zigmund)

rhinoc_ros

La petite fille en rose ne voit pas le photographe, parce qu’ elle regarde le rhinocéros. Le photographe, collectionneur de rhinocéros, a d’abord repéré la statuette, seul objet intéressant de cette boutique pour touristes. La petite fille ne verra peut être jamais de vrai rhinocéros ; même dans les zoos c’est devenu tellement  rare…comme l’ivoire interdit dont est peut être fait l’animal se dit le photographe…
Et la petite fille est trop jeune pour savoir les soit disant vertus aphrodisiaques que la médecine traditionnelle de son pays attribue à la corne de la bête en voie d’extinction.
Avenir de la Chine versus mémoire de l’Afrique …et un occidental un peu mal à l’aise qui cherche sa place et s’éclipse comme un voleur après avoir pris la photo.

5 septembre 2009

Sur la colline (MAP)

Sur_la_colline

l’une portant un lourd fardeau

l’autre suivant, tête penchée

d’un pas plutôt mal assuré.

………………………….

S’agirait-il de deux voleurs

s’en allant cacher leur butin

loin des habitants du village ?

………………………….

Non, c’est un père et son enfant

qui vont enterrer leur vieux chien

ami fidèle et bon gardien !

* * *

(En souvenir d’un très beau film : Le chien jaune de Mongolie)

5 septembre 2009

SAMEDI, LE 5 SEPTEMBRE (Joye)

Pour eux
un espace
nec plus littéraire :
un endroit
pour briller
dans l’ex-
traordinaire

*
Pour elle,
la magie :
d’abord celle
des gens
et puis celle
des claviers vraiment é-
légants

*
Pour eux,
toute la gloire
qui était leur dû ;
pour elle,
patinoire,
lieu de joie é-
perdue

*
Pour eux,
c’était clair
c’était juste
un samedi
(même si c’était
Le Retour
du Défi !)

*
Pour elle,
pas d’excuse :
pas d’oubli
tant qu’à faire !
(bien sûr
que c’était
son anniver-
saire).

5 septembre 2009

Une gorgée de bière (PHIL)

Nous étions assis côte-à-côte à la terrasse du café.

Je me tournais vers elle et je pouvais ainsi admirer son profil. Je me plaisais à lire sur son visage le plaisir de la première gorgée de bière, ce n’est pas un vain mot, vous savez, on a déjà écrit sur le sujet. En fait il ne s’agit même pas de la gorgée à proprement parler, mais plus exactement de l’instant magique où on sent le friselis de la bière nous titiller la lèvre supérieure tandis qu’un peu de mousse nous dessine une éphémère moustache.

Le soleil d’été nous offrait une belle lumière. J’admirais son profil dans le contre-jour. L’ambiance était orangée.

Son regard se perdait vers l’ouest et je me demandais quel songe océanique accaparait ses pensées.

Que vois-tu ? Demandais-je.

Alors elle répondait qu’elle voyait les automobiles et les motos foncer sur le boulevard, les piétons se presser sur le trottoir d’en face, la tour Montparnasse écraser le quartier de son ombre allongée…

Voila qui me paraissait étrange.

Et toi, que vois-tu ? Demandait-elle.

Alors je répondais que ce que je voyais était magnifique, que dans son regard perdu au large je voyais danser les vagues, que ça transformait la rumeur du boulevard en halètement de houle.

Elle a tiré une bouffée de sa cigarette. J’ai vu rougeoyer la cendre. J’ai vu une volute de fumée bleue s’élever dans le contre-jour orangé. J’ai vu ses yeux se plisser brièvement. J’ai aimé voir tout ceci.

Ce que je vois est magnifique, ai-je répété.

Et un léger sourire est venu illuminer son profil.

5 septembre 2009

Baby blues (Val)

-    J’ai peur de ce paquet, posé là, entre mes bras. Il m’effraie. Pourquoi donc m’a-t-on remis cette lourde charge dans les bras, et puis tout cet attirail ? J’en suis embarrassée, je me sens gauche. Que l’on vienne et que l’on me soulage de ce poids qui accable tant mes avants-bras ! Autrement je vais lâcher… Je vous préviens, je vais lâcher…
-    Appelez un médecin, elle a de la fièvre ! Diable !  Mais c’est ton enfant !


-    Qui donc m’a offert ce joyau dans son écrin de coton rose ? Que ce généreux donateur me reprenne ce présent au plus vite… je ne me sens pas à la hauteur.  Recevoir une telle faveur ? Oh non, vraiment… c’est trop.  Ce diamant est bien trop beau et trop précieux. Je ne saurais prendre soin d’un bijou d’une telle valeur. Offrez-le plutôt à quelqu’un de meilleur…
-    Laissez, elle reprend ses esprits ! Mais si ! Prends… C’est ta fille.


La mienne –de fille- aura trois ans lundi.
Bon anniversaire, ma petite merveille... qui grandit!

5 septembre 2009

CHAINON MANQUANT (Jo Centrifuge)

Trois indiens Aguarunas ricanaient, accroupis à proximité de la toile camouflage d'où sortait une étrange conversation :

-Mais enfin, professeur, vous l'avez vu comme moi!

-Oh non, mais détendez-vous mon petit! Je vous assure : ça n'est qu'un vulgaire piaf!

Les deux scientifiques se débattaient pour sortir de la tente qui leur servait d'affût ce qui provoqua une nouvelle crise de fou rire chez les indiens. Le ventre douloureux et les larmes aux yeux ils vinrent extirper le professeur Banhart, et Vanessa, sa jeune assistante.

-Ces indiens sont adorables, énonça étrangement le professeur. Ils sont toujours joyeux et plein d'attention pour nous.

-C'est ça oui, répliqua Vanessa, vous n'avez pas encore compris qu'ils se foutent de nous?

Un des Aguarunas demanda : Tigwaï? Tigwaï? Le mutisme déconfit du professeur engendra une nouvelle explosion de rires.

-Bon ça suffit, dit-il visiblement vexé, moi j'ai envie d'une bonne mousse bien fraîche! Je rentre au village.

Sur la sente qui courait dans l’épaisse forêt amazonienne, Vanessa revint à la charge :

-Je ne vous comprend pas. Ce bec denté, ce ramage. Ce spécimen correspondait en tout point à la description qu’en font les Aguarunas. C’était bien un Tigwaï ! Le chaînon manquant entre les dinosaures et les oiseaux. C’est un découverte remarquable et…

-Vanessa, mon petit, bouclez la ! Si j'ai accepté de m'encombrer pour une semaine d'une petite thésarde c'est par égard à votre père. Je vous rappelle toutefois que je suis sur site depuis un mois et fort de ce cela je vous assure que cet animal n'existe pas.

-Mais prof…

-Je vais finir pas vous appeler Bernadette si vous vous entêtez à fantasmer sur le premier volatil venue. Je vous dit que ces récits d’oiseau fossile ne sont qu'un folklore local, vous m'en voyez navré! Profitez de ces quelques jours pour photographiez les papillons ou faire un peu de bronzette. Voilà!

Au village hommes, femmes, enfants et vieillards les accueillirent avec de grands éclats de rire:

-Vous avoir trouvé Tigwaï? Pffffffmouahahahaaaaaaaaaaaaahahahah!

Cette mascarade n'avait que trop duré se dit Vanessa hors d'elle. Elle entraîna par le bras le professeur jusque dans leur hutte.

-Maintenant vous allez me dire le fin mot de l'histoire! Je ne suis pas folle, cet oiseau je l'ai bien vu, tout comme vous. Alors quoi? Et pourquoi est-ce que toute l'ethnie Aguarunas doit se payer notre fiole à chaque fois qu'on leur passe devant.

-Croyez moi, mon petit, la recherche scientifique est parfois une tache bien amère et il y a des vérités qu'il vaut mieux taire...

-Non! Vous allez cracher votre pastille ou bien faut-il que j'explique à tout le monde universitaire vos méthodes incompréhensibles!

-Très bien. Je crois qu'il est temps que vous appreniez la vérité.

Il tendit la main pour se saisir de son ordinateur portable. Il l'alluma et montra à Vanessa le résultat d'un mois de travaux : de nombreuses photos de Tigwaïs, de rapports d'observation, un descriptif exhaustif, des estimations de peuplement, des propositions de classement, une nomenclature des échantillons de plumes récoltés, bref un travail scientifique des plus sérieux.

-Mais c'est merveilleux! murmura Vanessa. C'est une découverte fantastique... Oh mais je comprend. Ne vous en faite pas, jamais je ne revendiquerai quoi que ce soit sur votre découverte...

Le Professeur Banhart avait les larmes aux yeux et gémit :

 

-Non, vous ne comprenez rien, mon petit.

Il lança un lecteur multimédia et passa l'ordinateur à Vanessa avant de s'accroupir comme prostré dans un coin sombre de la hutte.

Dans chacune de ces vidéos on pouvait voir le Tigwaï évoluer naturellement dans son habitat naturel mais bien vite la situation dégénérait. Une vidéo figurait un Tigwaï qui culbutait ridiculement sur une branche en poussant de petits cris pitoyables. Une autre specimen sautillait tranquillement jusqu'à la gueule grande ouverte d'un boa blanc et jaune vif qui s'empressait de le gober dans un claquement de mâchoire. D'autres Tigwaïs plongeaient leur tête dans les pétales d'une orchidée et s'endormait sur cet oreiller, parfois pendant un temps si long qu'un prédateur arrivait tranquillement pour leur dévorer l'arrière-train. Vanessa crut défaillir à la vision d'un Tigwaï qui, prenant son élan pour s'envoler, allait s'écraser lamentablement contre un énorme tronc.

Elle repoussa avec dégoût l'ordinateur.

 

-Qu'est-ce que... Mais ils sont complètement...cons!

Le professeur se leva brusquement l'écume au lèvre :

 

-Le voilà votre chaînon manquant, votre survivant, votre merveille scientifique!

-...

-Le Twigaï est une anomalie, une insulte au règne animal! Même Darwin leur aurait donné des coups de pieds au derrière! Et vous voudriez que nous associons nos noms à « ça »? Merci bien, je pense avoir déjà bien assez diverti les Aguarunas...

-Je... Je suis désolée...

-Vanessa, mon petit, croyez-moi, si vous avez une quelconque ambition scientifique il vaut bien mieux laisser cette découverte à d'autres...  Heureusement pour le monde, au rythme auquel ils se font bouffer, il ne restera bientôt plus que leurs fossiles pour nous rappeler leur misérable existence...

5 septembre 2009

Avant la sonnerie (Virgibri)

Ohlalala, j’espère que j’vais être dans la classe à Chloé ! Kevin est là. Il est trop beau ! En plus il a bronzé. J’adoooore son t-shirt !

Bon, voyons un peu les gagnants de cette année. Pourvu que je n’aie pas encore Kevin en cours. Il a l’air toujours aussi… kévinesque. Les minettes sont drôles avec leur sac au creux du bras. Tiens, lui, il va arrêter de faire l’amour à son chewing-gum dès que nous serons en classe.

Vas-y, c’est quoi ces profs ? I’ sortent d’où ? Non, mais t’as vu sa tronche à c’ui-là ? Pourquoi elle m’regarde comme ça, la prof ? P’tain, j’la sens mal, c’te année ! Qu’est-ce que j’fous là ?

Je vais faire avec eux l’argumentation, d’abord. En lecture intégrale, Candide. Ou bien Orwell. Cela dépendra de leur  niveau. En même temps, la méthode du commentaire composé pour leur faire faire l’Eldorado en lecture analytique personnelle. Plusieurs apologues pour varier les plaisirs, et j’en mettrai quatre sur leur liste de Bac. Après, en lecture complémentaire…

Wouah, l’beau gosse ! Tes darons t’ont acheté les nouvelles Nike ? Trop cool.

Il ne faut pas qu’ils devinent que je suis néo-tit. Ne pas sourire. Oui, c’est ça, je ne vais pas sourire. Et puis faire de la discipline de suite. A l’IUFM, ils ne savent pas ce que c’est, eux, d’être en ZEP. Je crois n’avoir rien oublié ce matin. Je vais vérifier encore mon cartable. Ne pas sourire.

Pffff, ce qu’ils sont nuls ! Ils se la pètent mais c’est tout ce qu’ils savent faire. Moi je veux mon Bac. Mes parents ont raison.

Non seulement je dois gérer la rentrée, mais aussi les profs. Je sens bien qu’ils ne m’ont pas trop écouté hier, à la réunion. Pourtant, je trouvais mes efforts payants. Il y en a déjà trop qui viennent se plaindre. J’en ai pour des heures de boulot à tout refaire…

Si je garde ces heures de cours du vendredi matin, je ne vais pas pouvoir tenir. C’est effroyable. Je n’ai qu’un tiers-temps et ils me mettent tout le matin. Oh, que je suis mal ! Je sens les angoisses revenir. Il faut absolument que j’en reparle au proviseur.

Elle a l’air jeune la prof d’espagnol ! T’as vu ? Tu crois que c’est sa première année ? A ton avis, notre prof principal, il enseigne quelle matière ? Il est trop mignon !

Allez, c’est ma classe maintenant. On va pouvoir monter après l’appel. Ils ont de bonnes têtes. Je vais juste leur faire un peu peur au début. Après, je relâcherai la pression. Quelle angoisse, quand j’avais leur âge…

On m'a appelée ! Chloééééééééééééééé !

Installez-vous dans le calme. Je vais faire l’appel…

 

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité