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Le défi du samedi

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26 septembre 2009

La complainte du « Sacateb » (Teb)

(sur l’air de « Le Chanteur – Daniel Balavoine »)

J’me présente, j’m’appell « Sacateb » 

J’vais vous dir’, c’qu’ell m’fait avaler… Sans pitié ….

L’est sympa, ell’m’emmèn’ partout

Mais parfois j’suis bien fatigué

Car voilà… elle ne sait pas se séparer des choses …

 

J’suis l’sac à main, j’garde tous ses p’tits secrets

Mais faut pas dir’, que j’vous raconte tout ça, non faut pas.. hein !!

J’pince les doigts d’tous les indiscrets

Et j’coince les fermetures éclair

Pour protéger toutes ces p’tit’s choses qui sont rien qu’à elle !!!

 

Et partout dans les poches…

Porte feuille, agenda

Crème de soin, sudoku

Quelques jolis crayons

Le p’tit cal’pin pour les grandes idées …

Voisinent avec, les chéquiers…

 

Dans la poch de devant

Les clés d’ses assoc

Et encore des crayons,

Et puis, au fond, bien à l’abri

L’APN qu’elle ne quitte pas, Et ses piles…

 

Oui mais moi j’suis bien fatigué

Faudrait quand même pas abuser, J’suis trop plein ….

Comme si elle avait b’soin d’tout ça !!!

Y’a plein d’trucs qui lui servent pas

Oui mais trier, ça elle veut pas, quel mulet !!!

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26 septembre 2009

Il y a une pierre dans mon jardin (Sandrine)

Il y a une pierre dans mon jardin, posée au bord de la mare. On l’a mise là, il y a neuf ans, six mois, trois heures et vingt minutes. Depuis, elle fait partie du paysage. Lorsque j’observe mon petit poisson rouge qui s’ébat dans l’eau, c’est près d’elle que je me mets. Je l’ai toujours aimé ce caillou, je ne sais pas trop pourquoi : je suis du genre à tisser des liens affectifs avec les objets. J'aime à me planter près d'elle pour observer mon petit poisson rouge tout en mouvement. Quand mon poisson chatouille le reflet du rocher dans l'eau, un petit bien être et comme un rire semblent sortir de la pierre. Oui, quand on tisse des liens avec les choses, on devient parfois le jouet de sa propre imagination. Mais le plus souvent, je ressens comme une peine, un vague à l’âme, un je ne sais quoi de triste qui émane d’elle. Alors, un jour, j’ai murmuré tout bas : « ne dit-on pas ‘malheureux comme les pierres’ ».

-Et voilà, ça recommence.

 

Hein quoi, mais !?! Non, fichtre ! Etait-ce possible ?

 

-Et maintenant, vous allez embrayer sur le cœur de pierre. Je me trompe ?

 

-Oh, ben ça alors ! Ainsi, tu as vraiment une âme ?

 

- Ben oui et j’ai même un cœur, un cœur de choux à la crème d’amandes et de pistaches, mais mon petit cœur, il ne sert à pas grand chose, j’existe pour presque personne, il n’y a que le petit poisson qui vient me taquiner à l’occasion et puis…

 

Oh, avez-vous déjà entendu une pierre soupirer, c’est d’une tristesse à fendre les dolmens.

 

-Tu veux que je dépose près de toi, un autre rocher ?

 

-Oh, non, moi ce que je voudrais, c’est avoir un manteau de mousse qui me recouvre et me tienne chaud l’hiver. Un manteau pour moi et un matelas pour la fée qui vient parfois causer avec moi.

 

-Une fée ? Il y a une fée dans mon jardin ?

 

-Oh, oui, une toute mignonne, avec des ailes en chiffon et une robe en papier. Elle aime bien ma conversation, mais elle reste toujours un trop bref instant. Elle ne peut pas se poser sur mes arrêtes saillantes. Vous comprenez ? Ses petites ailes toutes molles ne la supportent pas bien longtemps et quand elle se pose à terre, je ne l’entends plus : j’ai les oreilles sur le dessus du caillou et sa voix est toute petite. J’attends, j’attends et ça fait bientôt dix ans que je me prive de mon plus grand bonheur : rouler. La nuit quand toutes les pierres du jardin se mettent à faire des pirouettes et des cavalcades, je reste stoïque et je ne bouge pas d’un quartz. Comme ça, un jour, j’amasserai la mousse et elle viendra se poser et converser sur moi…

 

La patience est une grande qualité presque toujours récompensée, mais des fois, les choses parviennent trop tard, l’avez-vous remarqué ? Alors, pour éviter que pareil drame n’arrive,  j’ai arpenté tous les coins de mon jardin pour récolter de quoi coudre une parure moussue et l’enfiler à ma petite pierre, en prenant bien soin de ne pas recouvrir les oreilles au dessus. La pierre a frissonné de joie.

 

Depuis ce temps là, la fée vient prendre sa rosée du matin et discuter avec son ami le rocher. On entend les murmures de leurs voix s’élever parfois jusqu’à la tombée de la nuit et quand elle part, la petite pierre chante pour accompagner son vol et rester avec elle, encore un instant…

26 septembre 2009

Déclics (Virgibri)

Elle n’en a jamais rien su. Des nuits à l’attendre dans le noir, de la poussière qui s’entassait sur mon corps, de la sueur qui coulait le long de mes hanches lorsqu’elle me tenait. Rien non plus sur la jouissance qu’elle me donnait du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvrait sur ma vie, des pupilles qui se dilataient, encore moins de ma solitude dans le coffre de métal qui devait me protéger.

Elle sait pourtant le bonheur du soleil d’hiver sur mes joues, et mes paupières délicates. Les ombres ne m’ont jamais fait peur. Je ne pouvais pas avoir peur : elle était là.

Jamais elle n’a tremblé.

Ah, si, une fois. Enfin, elle a eu peur de trembler. Elle a craint de rater l’image parfaite, de ne pouvoir la saisir. Je sais qu’elle aime les portraits. Elle dit qu’elle rend les gens beaux. Qu’elle ressort d’eux cette beauté, parfois insaisissable.

C. était là, dans la lumière déclinante du début de soirée, après une promenade dans les monts auvergnats. Les pantalons et les pulls avaient souffert, mais nous étions arrivés jusqu’à Saint-Nectaire. Nous étions passés par les champs interdits. Les chemins de traverse. Le moment était parfait.

C., assise sur un banc de fortune, perdue dans le fil de ses pensées, vraisemblablement heureuse à ce moment-là, précis et infime. Prête à se lever, seule sa main se mouvait, comme un signe de départ.

Elle m’a pris entre ses mains légèrement tremblantes, à la fois empressées et savourant l’instant parfait. La lumière. L’arbre noueux en arrière-fond. Ne pas manquer le tronc ancien, qui entourait le visage de C.. Les yeux de cette dernière ont braqué notre regard, et ont ébauché un sourire. C’était le signal.

Elle n’a pas tremblé. Le portrait serait parfait, forcément. En noir et blanc, forcément.

Plus tard, quand C. sortirait violemment de sa vie, elle me rangerait dans une valise rembourrée. Je l’ai attendue des mois, des années peut-être. Ma meilleure amie. Ma plus belle amante. Celle qui se cache derrière moi pour mieux se voir au travers des autres. Inconnus ou personnes aimées.

Il y a maintenant des milliers de cadeaux que nous avons faits ensemble. De l’infiniment petit. Des nus. Du très proche. Des œuvres d’art. Paris. Beaucoup de portraits.

Elle n’a jamais tremblé. Juste failli une fois. C’était il y a longtemps. Des mois, des années, c’est sûr.

Elle n’en saura jamais rien. Des nuits à l’attendre dans le noir, de la poussière qui s’entasse parfois sur mon corps, de la sueur qui coule le long de mes hanches lorsqu’elle me tient. Rien non plus sur la jouissance qu’elle me donne du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvre sur ma vie, des pupilles qui se dilatent, et encore moins de tout l’amour que l’on s’échange, entre deux miroirs…

 

26 septembre 2009

Parti pris des choses (Phil)

Il se prend encore pour un grand poète, c’est sûr.
A vouloir ainsi donner une âme aux choses.
Normalement je suis un objet inanimé.
Personne n’est censé savoir que j’ai une âme.
Et voilà que lui, le poète du dimanche, se met à se prendre pour Francis Ponge, et à nous prêter toutes sortes d’intentions farfelues. A nous, les choses. A moi. Pourquoi moi ? Qu’ai-je donc de si particulier ?
Je suis rouge. C’est entendu. Mais je pourrais être d’une autre couleur. J’en ai connu des blancs ou des verts, des tels que moi. Par exemple.
Je suis rouge. Peut-être que c’est cela qui l’inspire. Peut-être est-il un poète du dimanche rouge. Un poète maudit.
Je suis rouge et je suis rangé (normalement) avec deux de mes semblables. L’un d’eux est mon jumeau, quoique le poète l’ait acquis après m’avoir perdu. L’autre, le petit dernier, comment dirais-je ? Il est plus pop, on va dire. Plus dans le vent. Mais rouge aussi.
Je suis rouge, hormis la partie fonctionnelle de mon anatomie, qui est tout bêtement couleur de ferraille. Parfois le poète en éprouve le fil avec le gras de son pouce. Il fait ça avec circonspection comme si j’allais le mordre. Qu’il se rassure : s’il ne fait pas de geste maladroit, il n’y a pas de raison que son sang coule. Mais c’est déjà arrivé, hein, un matin de vendange, si ma mémoire est bonne. Sa main gauche saignait, saignait…
Je suis rouge, mais ce n’est pas une raison pour qu’ils me confondent avec une mara des bois. Si ? Parce que le poète, ou sa femme, je ne sais plus lequel des deux était le coupable, m’a un jour oublié purement et simplement sous le ciste qui s’étale paresseusement sur l’empierrement de l’allée. Sous un ciste. Vous parlez d’une idée. Je n’ai jamais rien eu à faire avec ce ciste, je vous assure. Sinon il ne s’étalerait pas aussi paresseusement.
Et lui, que croyez-vous qu’il écrit, dans son poème farfelu ? Que je me suis caché. Oui, vous avez bien lu. Caché. Comme si c’était ma vocation de faire mumuse. Comme si c’était marrant de rester des semaines durant sous un ciste. Pas étonnant que je sois tout tavelé maintenant. Ben oui, j’ai plein de taches de rouille sur ma robe rouge. A cause de ça.
La vérité, c’est qu’ils m’ont abandonné, oui, et ça, c’est une chose qui ne me fait pas tellement plaisir. Remarquez, pour ne pas faire de jaloux, ils ont oublié mon jumeau aussi, une autre fois. Sous un tas de mauvaises herbes. Qui a pourri sur place pendant des mois. Ce qui fait qu’il a fini par se trouver enterré. Alors qu’il n’était même pas mort. C’est fou comme les gens ne sont pas soigneux. Du coup il est tavelé tout pareil que moi, le jumeau. Il n’y a que le petit dernier qui s’en sort bien. Mais il grince, lui, j’ai remarqué.
Le nouveau, c’est comme un enfant, voyez, alors ce doit être pour cette raison qu’il a les faveurs de la femme du poète (je ne dis pas la poétesse comme on dirait la présidente ou la générale, elle n’écrit pas, elle, elle ne se prend pas pour un grand poète, mais ça ne l’empêche pas d’être moyennement respectueuse des objets).
C’est donc le jumeau ou moi qui avons la joie d’être pris en main par l’autre grand rêveur. C’est l’archétype du distrait, ce mec. Un poète, quoi. Même du dimanche. C’est d’ailleurs souvent le dimanche qu’il s’acharne sur l’un de nous. Il se dirige vers un buisson, et je peux vous garantir que dans ce jardin il y en a une pléiade, des buissons, de la main gauche il s’empare d’une poignée de branches, et de l’autre main, il m’envoie au charbon. Evidemment, comme il est distrait, il fait à peu près n’importe quoi, ce qui fait qu’il jure à n’en plus finir et que le boulot est mal fait et qu’il s’en prend à moi et disant que c’est moi qui fais n’importe quoi, que je suis complètement ouf, et là cela va sans dire que j’adapte mon langage, hein, parce que je ne voudrais pas qu’un des non-mousquetaires des défis du samedi en vienne à me censurer.
Le pire, c’est quand il s’attaque à la treille. Parce qu’avec les pampres et les vrilles qui s’entortillement partout, j’ai beau être vigilant, je n’y peux rien si sa main droite a deux mains gauches et qu’on récolte des feuilles à la place des grappes bien dorées, ou si on confond le fil du téléphone avec un sarment sec. Après ce coup là, j’étais toujours dans la poche arrière de son jean quand il a pris son portable pour appeler piteusement le service de dépannage.
Voilà. Aujourd’hui c’est le forsythia qui a morflé. Je vais regagner la caisse où m’attendent le jumeau, le nouveau et d’autres objets plus ou moins utilitaires tels que le plantoir, la serfouette, et les gants renforcés. Enfin, s’il daigne me ranger, évidemment.
Avec tous ses effets de style et ses tours de phrases, le poète du dimanche n’a même pas songé à me nommer, je remarque. Et bien tant pis. Je suppose que ses lecteurs comprendront quand même qui je suis. Non ?

26 septembre 2009

"T R E M O L O dans la voix, ou merci à vous" (Rsylvie)

Pst…. J’ai peur »

l’ordinateur se retourne. Machinalement le clavier s’arrête.

Une voix venant du fond de la pièce se fait entendre à nouveau.

elle range tout. … elle fait du vide… je vous avoue avoir très peur »
dit la voix ( ( le premier qui ose rappeler que l’obligation de sponsor c’était la consigne précédente, et qu’il n’est pas futé de ma part de vous imposer LA VOIX,,, celle communément appelée mystère sur TF1… HA vous ne regardez pas SECRET story !!!! ben moi non plus d’ailleurs c’est juste ma bande d’ados qui….. )….. )

Pst…. J’ai peur »

ha oui, la voix !

La boite informatique ne semble pas disposé à faire un effort. Le clavier quant à lui ne voudrait d’aucune façon contrarier

l’unité centrale. Alors tout deux décident de faire comme s’ils n’avaient rien entendu.

P A U S E

Pst…. Soyez sympas, aidez moi » reprend la voix qui semble tirer profit de cette consigne. Ben oui, depuis le temps qu’elle laisse ses p’tites participations par-ci par-là.

Enfin un défi à sa hauteur. « Objets inanimés, avez vous donc une âme ... »

pas besoin d’être écrivain pour deviner que LA Sylvie l’aime plus ».

T R E M O L O S

-« Pas une caresse, un effleurement… Rien !
Par contre des babioles ? ha ça oui, j’en suis couverte !
Alors comment voulez vous que je travaille » ?

S O U P I R S

Pst…. Dites lui, que je lui pardonne, insiste la voix

dites lui combien j’aime la caresse de ses doigts sur mes touches,

la résonance du frappé sur mes cordes,

le souffle de sa voix sur la partition ».

V I B R A T O

Rien ni fait, LA Sylvie est en pleine crise de rangement

Ni tambour ni trompette

 de bousculer guitare et piano..

et d’astiquer les vieux meubles

 et de dépoussiérer l‘instrument
V E L O C I T E
La suite... LA suite...


Et bien là, en cet instant que je tapote le clavier avec toute la vigueur de mes années de gammes et solphége derrière moi, je ne sais quelle direction faire prendre à cet article

.… Petite puis jeune fille, j’ai détestais mais aussi appréciais (si si c’est vrai j’aimais) de passer du temps à chanter au clavier de mon piano  (une splendeur moderne, à la boiserie incomparable qui illuminait la pièce. Ce qui faisait que le premier coup d’œil en entrant dans le salon allait vers lui.. et forcément de demander à La Sylvie de jouer… mais là , j’avoue (si si c’est vrai j’aimais pas du tout) détester faire le spectacle. Alors devant les yeux rougis de ma mère qu’une fierté innommable inondait de larmes et le sourire peu fier de mon père, je m’exécutais et en mourrais à petit feu comme la maladie qui les rongeait discrètement , pour me les enlever un matin d’hiver… emportant dans leur sillage les partitions du bonheur partagé.

….Ma voix et mes doigts, comme la lumière d’une bougie qui s’éteint au loin, n’ont plus illuminé le piano qui s’est désaccordé, la guitare détendue et les aigus inaccessibles.

Et puis le printemps est arrivé, joliment accompagné de l’été,
aussitôt chassé par une autre saison que les années ont propulsé jusqu’à ce jour,
où non loin du piano j’écris ces quelques mots emplis de nostalgie.

M E T R O N O M E

Mais le cœur n’y est plus, et tant de travail

à reprendre à zéro pour à nouveau faire chanter l’instrument…

Un jour peut-être ?

Oui, un jour certainement !

N O I R E …. B L A N C H E ….

Et si ce jour était maintenant ?

M E L O D I E

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26 septembre 2009

Consigne 74 (Borsolina)

Le matin.

Encore une fois, machinalement, elle m’attrape par le manche. Après m’avoir enduit d’une pâte, elle appuie sur mon bouton, et je me mets à vibrer de tout mon corps. Ah au réveil, ça fait du bien ! Je vais pouvoir me faufiler dans tous les moindres recoins et lui redonner le sourire.

Après m’avoir utilisée, elle me rince toujours et me repose, bien droite dans mon verre posé sur le lavabo. Hé ! A quoi vous attendiez-vous ? Je ne suis qu’une brosse à dents, mais à pile m’sieur-dame !

 

Je travaille beaucoup pour elle, trois fois par jour. Il paraît que ce n’est pas le cas de toutes mes congénères. Certaines ne sortent de leur pot qu’une fois par semaine, et ont les poils tellement écrasés et noirs… pouah, je ne peux imaginer ça ! Moi, ma maîtresse, elle me dorlote, me bichonne, et me parfume tous les jours à la menthe. Même une fois, elle m’a opérée du ventre et m’a changé un truc. Je peux vous dire que les vibrations ne m’avaient pas chatouillée comme ça depuis mon déballage.

Il lui arrive parfois aussi de me mettre dans une sorte de mini-valise. J’aime pas. J’suis serrée, il fait noir là-dedans. Il y a toujours les tubes de gel douche ou de démaquillant qui se frottent à moi. Ils sont vraiment sans gêne ceux-là. Rhooo la la, ça me fait penser qu’une fois, le flacon de shampooing n’a pas pû se retenir et s’est vidé dans la trousse. Il s’est sacrément fait engueulé à l’arrivée, et on est tous passés au karcher.

 

Et puis, je ne sais pas ce qu’ils font à l’extérieur, mais on est ballotés, secoués dans tous les sens. Par contre, je dois l’avouer, quand elle me sort enfin de cette trousse, et que je prends place dans la salle de bains d’un palace, je ne suis pas peu fière !

L’autre soir.

C’était un mauvais soir. Je ne sais pas ce qu’elle avait mangé… ni bu ou fumé d’ailleurs. Mais on peut dire que j’ai pas chômé. Y avait un de ces boulots. Mais le pire, le pire de tout, et là, d’ailleurs je n’ai pas compris… c’est qu’elle m’a prêtée ! J’ai atterri dans la bouche d’un type… Mon dieu, quelle horreur. Je me demande bien où elle l’avait trouvé celui-là. En plus il m’a fait mal, il avait plein de trous bizarres dans les dents. Je n’avais encore jamais vu ça.

 

Depuis quelques jours.

Ma vie est lamentable, finie, terminée. Elle m’a remplacée par une jeunette… avec tête rotative qu’elle m’a dit. Je suis tout à fait inutile, dans mon verre à dents. Je me dessèche, mes poils se durcissent. Quelle triste fin. Elle ne me regarde plus, je n’existe plus pour elle. Je vais me suicider. C’est décidé !

Mais alors que j’étais prête à faire le grand saut dans le tourbillon d’eau des toilettes, elle m’attrapa et m’emmena avec elle. Si j’avais pu le faire, j’aurais remué la queue. J’étais folle de joie, elle ne m’avait pas oubliée, elle m’aimait encore et… blurp bluuup glouuu glou… aaah mais j’ai failli me noyer ! Où suis-je ? Oh non, je crois comprendre, elle me recycle. Me voilà en train de nettoyer les parois de son aquarium. Beurk y a plein d’algues, c’est dégoutant… ça pue !

Et depuis les jours passent, et je nettoie chaque semaine les vitres pleines de vase et le moteur encrassé de la pompe. Mon seul réconfort est qu’elle me rince toujours tendrement après chacune de mes corvées.

Hier soir.

Je n’y croyais pas, je ne réalise d’ailleurs toujours pas. Le bonheur, je ne me souvenais même plus comme cette sensation était agréable… elle m’a à nouveau prêtée !

26 septembre 2009

Raté ! (Walrus)

Plein d'enthousiasme, j'allais vous parler de mon réveil-matin, lorsque j'ai pris conscience qu'il était... animé !

Raté, donc.

Un qui, par contre, aurait pu prendre conscience de l'inanité de ses dires, c'est le scripteur de l'alexandrin, là.

Il a sacrifié la logique à la rythmique, ma parole. Il devait bien savoir qu'inanimé, étymologiquement, veut dire "sans âme". Que nous bonit-il là ?

Ah, Fonske*, Fonske*, pathétique romantique !

Quoi ? Que dites-vous ?

Oxymoron ?

Et volontaire ?!?

Indécrottables chauvins toujours prêts à défendre la France, même si ce n'est que Lamartine.

* C'est ainsi qu'on dit Alphonse dans ma région.
 

26 septembre 2009

consigne #74‏ (Vegas sur sarthe)

Un yoyo de bois blanc au fil enchevetre
par un curieux hasard est tombe du grenier
entrainant malgre lui le plus beau scoubidou
que j'avais autrefois torsade a mon gout.

"Me lacheras tu donc" rouspete le yoyo
"j'ai bien assez de noeuds et nul besoin de toi".
"Moi, ce sont tous mes noeuds qui me rendent si beau"
repond le scoubidou, "ne compte pas sur moi".

L'un fait, l'autre defait, la bataille fait rage
les deux echeveles me prennent a temoin;
mais dans mes souvenirs je suis deja tres loin;
le livre de la vie a tourne bien des pages.

Mes joujoux de gamin n'ont qu'a se debrouiller,
d'un grand coup de ciseau je ne saurais trancher
et j'ai tant de plaisir a les voir s'animer
que je vais rester la, tout pres d'eux a rever.

 

21 septembre 2009

Ont déjà donné une âme à leur(s) objet(s)

marionetteZigmund ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Borsolina ; Rsylvie ; Phil ; Anthom ; Virgibri ; Sandrine ;  Teb ; Martine27 ; Val ; MAP ; Joye ; Papistache ; Joe Krapov ; Poupoune ; Jo Centrifuge ; Oncle Dan ; Sebarjo ; Stipe ; tiniak ;

20 septembre 2009

Petit message à l'attention de tous

Chers tous, nous voudrions aborder un sujet que nous n'avons encore jamais évoqué.

« Dernièrement, quelques-uns de nos fidèles ont émis le souhait de donner plusieurs textes pour un même défi, nous leur avons répondu que pour que les lecteurs ne se sentent pas débordés par un trop grand nombre de textes le samedi ( ou dans la semaine) il nous semblait préférable de n'en écrire qu'un  seul chacun.

Cette remarque entraine donc celle qui suit :
Nous savons (parce que les auteurs nous l'ont dit) que quelques-uns usent de plusieurs pseudos pour participer (il est possible que d'autres agissent de même, par gourmandise, sans se dévoiler) il nous semble souhaitable qu'on puisse s'en tenir à une seule participation par personne physique.

Il ne sera pas procédé à une chasse aux sorcières.
Nous sommes grands, nous adhèrerons à cette "charte".

Nous profitons de ce petit message pour remercier (on le fait périodiquement mais les bonnes choses ne lassent pas) tous ceux d'entre vous qui savent prendre un peu (voire plus) de leur temps pour déposer des commentaires sous les textes des autres joueurs. »


Les quatre pas-mousquetaires
(ni sbires de Richelieu non plus)

MAP, Papistache, Valérie, Walrus

19 septembre 2009

La consigne # 74

Objets inanimés

avez vous donc une âme ...

Vous connaissez ces vers de Lamartine.

Les objets qui nous entourent pourraient raconter bien des histoires

si nous voulions leur prêter attention.

Ce sera le défi de cette semaine.

Veuillez envoyer à l'adresse habituelle :

samedidefi@hotmail.fr

les paroles, les souvenirs, les plaintes, les joies ...

d'un ou de plusieurs de vos objets familiers.

A vos stylos et à tout bientôt !

19 septembre 2009

A SHAGGY DOG STORY (Joye)

Ça rentrait comme dans du beurre : me trouver un sponsor pour mes participations chez les Défiants du samedi. Autrement dit, mettre du bon beurre dans les épinards. Allez, fastoche, même pour une Ricaine lointaine comme moi qui n’ai pas inventé le fil à couper le beurre.

Pas grave, j’attrape mon portable.

Heum, ah oui, oké, appel international, on fait d’abord le 011 : tip-tip-tip.

Et puis le code du pays, c’est bien le 33 : tip-tip.

Et puis le numéro, mais gaffe, on ne fait pas le zéro sauf lorsqu’on a les pieds dans l’Hexagone même, sinon, tous les réseaux téléphoniques mondiaux s’éclatent en même temps et les ondes de choc arrivent jusqu’à l’espace pour griller la petite satellite traquée à Ploumour-Boudou. Donc, prudence. Et une fois arrivée en Armorique, ma petite communication n’aurait pas encore trop loin à filer.

Donc, voilà, pas de zéro, mais un bien joli 2 : tip.

Et puis le reste du numéro en orthographotapant NOBODY (6626339) : tip-tip-tip-tip-tip-tip-tip.

Ça sonnait à la française : Brrrrrrrrrrrrp. Brrrrrrrrrrp.

Et puis ce petit déclic.

- Allô bonjour le toutou, tu es bien chez Adopte-Un-Homme, à qui voudrais-tu aboyer ?

- Euh…Aboyer ? Eum, je ne sais pas aboyer…

- Vous n’êtes donc pas un chien ? Désolée, madame, nos clients sont des chiens, exclusivement, nous les aidons à adopter de beaux maîtres gentils et généreux…

- Oui, oui, je sais ! Ne coupez pas ! Je téléphone depuis les États-Unis !

- Mais nous sommes un organisme…

- Oui, je sais, madame, je sais que vous êtes une agence qui permet aux chiens d’adopter des maîtres singuliers. Moi, je cherche des sponsors, et je voudrais bien vous demander de me sponsori…

- Écoutez madame, nous ne sommes pas là pour vous servir d’assiette de beurre, vous savez ! Nous sommes un organisme sérieux, fondé par un très beau chien extraordinaire, Nobody, et l’homme qu’il a adopté, l’incroyablement talentueux J. Nikolai Baryshnikov Bolshoi Spasiba Troïka à la Balilaika-Krapov. Père.

joye

- Ah oui, je sais, madame, mais je me demandais bien…

- Même si je vous proposais un petit générique de pub ?

- Générique de pub ? De la musique ?

- Oui, cela vous dirait-il ?

- Ah, si vous saviez, madame ! Depuis le temps que monsieur Balilaika-Krapov a eu le Prix Nobel en Rondeaux Exceptionnels, il est devenu photographe du National Geographic. Il pédale partout dans la Chouque-Route, sur celles de Ma Dissonance et ailleurs, et il n’a plus du tout le temps de composer des musiques.

- Je vous passe un morceau de la mienne ?

- Avec plaisir !

Donc, je pose le télef, j’attrape ma Takamine, et je chante de tout chœur…euh…cœur !

http://www.onmvoice.com/play.php?a=8468

À la fin, la dernière corde toujours en train de vibrer tendrement, j’entends comme un petit étouffement à l’autre bout du fil, le son d’un tiroir qui s’ouvre, un Kleenex qui sort d’une pochette et trois ou quatre secondes de mouchages étrangement bruyants.

- Mais, vous pleurez, Madame ? Ça, je n’aurais jamais cru !!!

- Non, madame, je ne pleure pas, je suis allergique au moisi !

- Aumoix quoi ?

- Non, je suis désolée, nous ne pouvons pas vous aider.

- Non ?

- Non ! La chanson n’est pas très…eum…comment pourrais-je le dire gentiment ? C’est que..finalement…bon…Madame, il n’y a pas plus de Balalaika-Krapov dans cette chanson-là que de beurre en brioche à la margarine ! Au revoir !

Et clic.

Hélas, mes amis, vous connaissez maintenant la triste fin de la triste histoire…

…car lors de mes démarches pour faire mon beurre d’Adopte-un-Homme, je suis tombée, hélas ! complètement à côté de la plaquette.

Brought to you by...

kANALBLOGG_S

19 septembre 2009

Le beurre perdu (Captaine Lili

Chanson-comptine sponsorisée par Les bisounours fondus, le magasin des douceurs de l’enfance (peluches, bonbons, livres et bien d’autres choses encore !)


bisounours_fondus_1


« Le beurre a disparu ! »

Déplore émue

Mzelle Aufray l’ingénue

Intendante, c’est connu,

De l’école des Ptits Lu.

La cuisinière déçue

Ne pourra - sans beurre, c’est exclu -

Fourbir son régal au lait cru,

Jusque là inconnu,

Le soufflé de laitue.

« Un vol, qui l’eut cru ! »

Répètent en chœur têtu

Mzelle Aufray, jeune et menue

Le gardien, joyeux hurluberlu,

Et puis la mère Lulu, la cuisinière fessue.

On soupçonne le dahu,

Et puis le rat des rues,

On enquête, on évalue,

Quel gone ventru

Aurait-pu… ?

C’est alors qu’on trouve repue

De graisse la table en bois nu :

Le beurre a fondu !

Reste une question ardue :

Qu’y-aura-t-il au menu ?



Et en prime (time) la voix de la crémière (ndlr) :


beurre_perdu

19 septembre 2009

Ca conte pour du beurre ? (Joe Krapov)

Distribution des rôles :

Maïté, cuisinière : Mme Conchita Ibarruri

Yseut Aufray : Mlle Philomène Troll

Les élèves : Madame et MM. Ludivine Dieu, Dominique La Palice, Patrick Wolf

Les décors sont de Roger Tarte.

 

1

- Madame Aufray ! Madame Aufray !

- Qu’y -t-il, Maïté ?

- Une plaquette de 250 grammes de beurre a disparu de mon frigo !

- Ugh ! Vous en êtes sûre ? Si c’est vrai, je vais devoir mener une enquête dans l’internat. De quelle marque était ce beurre ?

- Isaure d’Aubignie Sainte-Mère !

- Ne jurez pas, Maïté !

- Je ne jure pas, madame Aufray, c’est réellement la marque du beurre !

- Et savez-vous ce qui était organisé pour distraire les élèves hier après-midi ?

- Eh bien je crois me souvenir que les surveillants ont emmené les petits au cirque.

- Ne cherchez plus, Maïté ! Ceux qui ont fait le coup, ce sont les quatre éléphants qui étaient montés dans une deux chevaux . Regardez-vous-même : je viens de découvrir leurs traces dans les petits suisses aux fraises des bois !

 

Ce sketch a été proposésous sa forme écrite à la la Société Carambeurre pour insertion dans un de ses célèbres papiers d’emballage sous le nom générique de « blague Carambeurre» et refusé par leur comité de lecture présidé par Mme Adriana. Qu’ils aillent se faire voir chez Nunutella, ceux-là !

 

 

2

- Madame Aufray ! Madame Aufray !

- Qu’y -t-il, Maïté ?

- Une plaquette de 250 grammes de beurre a disparu de mon frigo !

- Ugh ! Vous en êtes sûre ? Si c’est vrai, je vais devoir mener une enquête dans l’internat. De quelle marque était ce beurre ?

- Elzevier, je crois.

- Je ne connais pas cette marque, Maïté. Mais vous, savez-vous quel film on projetait au ciné-club du lycée hier-soir ?

- « Le dernier tango à Paris » de Bernardo Bertolucci.

- Houla ! Je crains le pire !

 

Ce spot publicitaire a été refusé par la société Elzevier. Il nous ont dit : « Mais c’est de l’inconscience ? ». Direct ! Quelle bande d’ankylosés du porte-monnaie, eux, alors ! Qu’ils soient transformés en e-boucs, tiens !

 

 

3

- Madame Aufray ! Madame Aufray !

- Qu’y -t-il, Maïté ?

- Une plaquette de 250 grammes de beurre a disparu de mon frigo !

- Ugh ! Vous en êtes sûre ? Si c’est vrai, je vais devoir mener une enquête dans l’internat. De quelle marque était ce beurre ?

- C’était du « Paysan breton » !

- Ah ? Intéressant ! Ca me met déjà sur une piste. Pouvez-vous vérifier si on ne vous a pas « emprunté » aussi 250 g. de farine, 250 g. de sucre et un sachet de levure de boulangère ?

- Vous croyez que…?

- Vérifiez !

- Mais… oui ! Il manque ça aussi !

- Et … savez-vous quel jour nous sommes aujourd’hui ?

- Euh ? Le 14 août ?

- Et voilà ! L’énigme est résolue ! Les coupables sont derrière la porte ! Ouvrez-là, Conchita !

 

Etonnée, la brave cuisinière ouvre la porte. Les élèves entrent, portant cérémonieusement un kouign-amann odorant et doré à souhait, couvert de bougies allumées. Ils chantent :

- Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire, Maïté-Conchita ! Joyeux anniversaire !

 

Ce spot publicitaire est sponsorisé par le Conseil général du Finistère, la ville de Douarnenez, la région Bretagne, Ouest-France, l’ARVOR (Association  des Rigolos de Villejean et de l’Ouest de Rennes) et l’UBIBFR (Union des Baffreurs Iatrophobes de Bretagne Fous du Raison (Loïc)). Merci à tout ce beau monde et à Mimizan-Appétit.

 

 

dds73_kouign_amann

19 septembre 2009

En quête (MAP)

Quand Mademoiselle Aufray se mit en quête de la disparition de 125 gr de beurre du réfrigérateur de la cantine elle ne pouvait pas savoir qu’elle allait avoir la peur de sa vie.

Il faisait bien sombre dans les couloirs de l’Internat en ce soir de fin octobre.

Le vent faisait rage au dehors, la pluie s’abattait en furie contre les vitres des fenêtres grillagées, les ombres mouvantes des longues branches des marronniers de la cour dessinaient sur les murs des formes effrayantes.

Comme Mademoiselle Aufray désirait mener son enquête discrètement elle n’avait pas allumé l’électricité et elle se contentait de la faible lumière d’une lampe de poche hors d’âge, la seule qu’elle avait pu trouver.

Des bruits sourds lui parvenaient qui semblaient venir du dortoir  « Gutenberg »

-celui des classes de secondes- En s’approchant elle entendit des chuchotements et surtout une voix qu’elle ne reconnaissait pas ! Puis un grand silence se fit !

Elle frissonna.                       GLING  !   Une petite page de PUB !

Freshissimo

Arrivée à deux pas du dortoir la porte s’ouvrit brusquement et Mademoiselle Aufray eut juste le temps de voir surgir une forme noire surmontée d’une horrible tête bleue au crâne rasé. Un son étrange s’échappait de la bouche de ce terrifiant personnage, une sorte de rire maléfique !

Mademoiselle Aufray n’en vit pas d’avantage car elle s’écroula par terre, évanouie …

GLING !

Avec les Assurances «  Cékoilepépin » vous tombez bien !

………………………………………………………………………………........................

Un peu plus tard l’affaire fut rapidement éclaircie quand le proviseur trouva cette « recette » qu’un élève avait déniché sur un site de jeu d’Internet.  Il l’avait imprimé subrepticement pendant le cours de S.V.T. –comme il l’a lui-même avoué par la suite-

Halloween

La punition fut sévère, l’élève fut envoyé travailler à l’usine *« BABEURREFRET » tous les week-ends du restant de l’année scolaire.        GLING !

  * Babeurrefret la saveur sans les frais !

Une fois remise de ses émotions, Mademoiselle Aufray donna sa démission d’intendante et trouva une bonne place dans une agence de publicité.

 GLING ! GLING !

 « PUBATOUTVA » ne vous décevra pas !

19 septembre 2009

ELLE ET LUI (Jo centrifuge)

- Alors Mademoiselle AUFRAY, avez-vous découvert notre voleur?

Elle était toujours nerveuse devant Monsieur le proviseur :

- Eh bien, Madame la surveillante générale a procédé à la fouille des chambres et nous avons confisqué quelques paquets de cigarette, des allumettes et un magasine féminin. Mais aucun indice quant à la plaquette de beurre dérobée dans le réfrigérateur de l'internat hier soir.

-Poursuivez vos investigations Mademoiselle l'intendante. Je ne puis tolérer un quelconque comportement qui ternirait la respectabilité de notre institution. Les parents d'élèves ne le pardonneraient pas, vous me comprenez?

- Très bien...Au revoir... Monsieur.

Mademoiselle AUFRAY se rassit et contempla le butin de la journée étalé sur son bureau. Elle piocha une cigarette, une américaine, et l'alluma en faisant jouer d'une seule main un briquet à essence. C'était un "truc" que lui avait appris des GIs en janvier 45 sur un hôpital de campagne des Ardennes. Quoiqu'en dise le Proviseur, peu lui importait que des pensionnaires se grillent à l'occasion une petite clope dans les toilettes. Mais que certaines passent leurs soirées à lire en cachette les imbécillités frivoles d'un magasine de mode, voilà qui dépassait son entendement. Drôle d'époque.

Pourtant il fallait poursuivre l'enquête tant que ces demoiselles étaient encore en classe. Eh bien, il lui restait une heure pour fouiller les poubelles des parties communes du lycée. C'est dans une caisse en bois près de la petite porte menant au parc qu'elle découvrit, sous des feuilles mortes, l'emballage du disparu. La sonnerie de la fin des cours retentit.

Parfait, se dit Mademoiselle AUFRAY, voilà le cadavre. Il me reste à découvrir un mobile et je pourrais confondre le coupable. De retour à l'économat, assise à son bureau, elle s'offrit une nouvelle cigarette et tenta d'élaborer un plan d'action : faire surveiller la porte du parc, questionner le personnel sur des allers venues suspectes,.. qu'est-ce qu'une interne peut bien faire d'une plaquette de beurre?... Ses pensées finirent par dériver lentement comme les volutes de tabac qui emplissait la pièce à présent. Et c'est alors qu'elle remarqua comme une anomalie sur la couverture du magasine saisi. Une trace de doigt avait fait gondoler le papier et enlevé un peu d'encre. C'était comme... une trace de gras!

Elle feuilleta le journal à la poursuite de ces traces jusqu'à la page fortement abîmée des conseils beauté. On y découvrait comment une friction de beurre mou pouvait redonner leur splendeur à des cheveux abîmés. Ridicule... mais elle comprit immédiatement. Elle tenait son mobile, elle pouvait tendre une embuscade.

La nuit était tombée sur le parc et Mademoiselle Aufray, cachée derrière le tronc d'un grand peuplier, souriait car les faits confirmaient ses brillantes déductions. Plus loin, derrière une brèche dans le mur d'enceinte du lycée, une pensionnaire avait retrouvé un beau jeune homme. A les voir, elle devinait qu'un grand amour unissait ces deux là. En partant discrètement, elle se dit qu'ils méritaient bien leur bonheur.

Le beurre passerait par pertes et profits, n'en déplaise à Monsieur le Proviseur. Après tout, elle et lui...

19 septembre 2009

Dura lex, le beurre moins (Poupoune)


 

Dans l’épisode précédent : Melle Aufray, l’intendante, a constaté la disparition troublante d’une plaquette de beurre doux du réfrigérateur de l’internat.

 

Aux cris stridents qu’elle entendit en provenance du dortoir, Mademoiselle Aufray se douta que son affaire de beurre disparu allait passer à la trappe.

Elle fonça vers le lieu où semblait se jouer un drame et découvrit Sœur Yvette, en robe de bure, hurlant et se signant, comme possédée, sous le regard perplexe des jeunes-filles de la chambrée. Réussissant non sans mal à calmer la sœur indignée, elle demanda des explications.

 

- C’est… c’est… balbutia la sœur.

- C’est rien, Mademoiselle…

- Rien ? Rien ? Comment osez-vous... ?

 

Je regardais tour à tour les filles et la sœur, les unes amusées l’autre rouge de colère. La sœur reprit :

 

- Alors dites-nous ce que vous faisiez avec ce beurre !

 

Ainsi donc mon beurre était retrouvé. Au moins un mystère résolu.

 

- C’est pour le vibro, ma sœur…

- Ah !... Seigneur Dieu !

 

La sœur au bord de l’apoplexie, j’intervins :

 

- Euh… Plaît-il ?

- Oui, ben elle a essayé la vase, Line, mais ça irrite, alors on a piqué du beurre.

 

 

 

Cet épisode des « Chroniques de l’internat du Foyer de La Miséricorde » vous a été proposé par Durex, pour faire durer le plaisir.

19 septembre 2009

Les Fleurs du Mâle, Ouvrage sponsorisé par le beurre Le Fleurier (Alice)

Dans ce recueil, vous trouverez tout ce qui fait la réputation de notre maison plus que centenaire :

- Une tartine d'informations percutantes  :
"L'extrait gras du haschisch, tel que le préparent les Arabes, s'obtient en faisant bouillir les sommités de la plante fraîche dans du beurre avec un peu d'eau. On fait passer, après évaporation complète de toute humidité, et l'on obtient ainsi une préparation qui a l'apparence d'une pommade de couleur jaune verdâtre, et qui garde une odeur désagréable de haschisch et de beurre rance. Sous cette forme, on l'emploie en petites boulettes de 2 à 4 grammes ; mais à cause de son odeur répugnante, qui va croissant avec le temps, les Arabes mettent l'extrait gras sous la forme de confitures."

- Un concentré de matière bien grasse, même crue :
“La femme est le contraire du Dandy. Donc elle doit faire horreur.
La femme a faim, et elle veut manger ; soif, et elle veut boire.
Elle est en rut, et elle veut être f…
Le beau mérite !
La femme est naturelle, c’est-à-dire abominable.
Aussi est-elle toujours vulgaire, c’est-à-dire le contraire du Dandy.”

- Un suce pinces extra fin :

Une plaquette entière de cet exquis beurre
A disparu soudain du réfrigérateur
Dans l'internat figé, retentissent les pleurs…

Mademoiselle Aufray ne connaît pas la peur;
Elle mènera l'enquête, fuyant la rumeur,
Jusqu'à ce qu'enfin le grand Charles boude l'heure...

Alors n'hésitez-plus, foin des mottes !
Offrez-vous Les Fleurs du Mâle, le bouquet frais des hommes vrais !
Attention : en ce moment, pour tout achat d'un recueil, une mini dosette de 2,5 grammes de beurre Le Fleurier vous est offerte gracieusement ! Qu'attendez-vous pour devenir de vrais hommes?!

19 septembre 2009

"pour 250 Gr de beurre" ! (rsylvie)

-« Un sponsor, un sponsor ! et puis pourquoi pas se déclarer au registre du commerce » ! ronchonne dans son coin mademoiselle Aufray, intendante du pensionnat des Hirondelles à « Mentent Les Jolies » région Pivoleuze, en décachetant l’enveloppe d’un fournisseur  pour pâtisseries industrielles..

Tout avait commencé, il y a de ça 5 jours, quand la mère supérieure avait appris qu’une plaquette de beurre de 205 gr, avait disparu du réfrigérateur de l’internat. Tout de suite, les soupons s’étaient portés sur la plus ancienne des sœurs. Celle là même qui n’avait plus toute sa tête. Et de ce fait, certainement rangé la dite tablette à un endroit non approprié. Qui, faute de bonne température, avait du la faire fondre comme neige au soleil.

Seulement voilà, aucune des habitantes de la congrégation ne semblait se satisfaire de cette réponse. Et surtout pas sœur Charlotte, qui le sonHAUTtonne en permanence déréglé hurlait à qui voulait bien l’entendre sans mentir, tout le voisinage à plus de 3 km à la ronde que ce n’était pas elle, dieu lui en était témoin ! C’est ainsi, qu’après le goûter de 4 heures, la prière de 16 heures, la congrégation réunie au grand complet votait à mains levées (pfff, j’ai bien vu que sœur Tilège avait levé la main, parqu’elle craignait les représailles de sœur Tonnerre… et la p’tite nouvelle, la caramélite, ai bien vu qu’elle faisait comme toutes les autres pour ne pas déroger à la régle…) …votait que moi, Mademoiselle Aufray, seule civile du pensionnat, sans parler bien sur des jeunes filles que nous accueillons et à qui nous enseignons l’amour de son prochain….serait préposée pour trouver le coupable et surtout, offrir une solution afin qu’un tel acte ne se reproduise plus. Car voyez vous, c’était la 3ème fois, que nous constations d’étranges disparitions au sein de notre Etablissement.

La première fois, veille de mardi gras, je n’en ai même pas parlé, pensant à une erreur de livraison. Il est vrai que depuis que notre fournisseur, Monsieur Baratte a pris sa retraite, la jeune crème qui lui succède est quelque peu novice en la matière et de ce fait, portée à commettre quelqu’étourderies !

la deuxième disparition ne m’a pas étonnée car nous étions surtout elles en pleine période de carême, et qu’à telle période de l’année, je diminue de moitié les quantités à commander !

Hors ce matin, quand une fois de plus j’ai du constater qu’il manquait 1 plaquette de beurre de 250 Gr dans le réfrigérateur de l’internat, je n’ai pas eu d’autre recours que d’en parler à la mère supérieure. Alors là, attention les yeux ! Sa Supériorité de nous jouer le grand jeux de l’enquête policière et « les coupables seront sévèrement punis » 

Ni une ni deux, je me mets en poste de filature et guette tout c’qui bouge !

pas une ombre, un bruissement ne m’échappent !

je suis partout et nul part à la fois,

on me voit, on ne me voit plus…..

je suis chat elles sont souris, je suis le poulet dans cette basse court.

je suis ici, je suis là, j’n’suis plus !

….je n’y suis plus , c’est le cas de le dire , écoutez bien le dénouement de l’histoire .

En moins qu’il n’en faut pour l’écrire, je glisse furtivement de pièce en pièce, quand mon soulier vernis s’embrouille en pirouettes artistiques pour m’envoyer valser au fond du prétoire d’un parquet ciré, à tel point que j’en ai la cheville morcelée…. Et le poignet cassé !

Aux commentaires avertis de l’urgentiste  devant le pale cliché d’une radio fraîchement développé
-« une fracture en motte de beurre,,,, oui Madame Aufray » !, J’ai pleuré de douleurs et de rage.
Mais j’ai vu jaune, devant les explications de sœur Bernique
myope comme une taupe qui avait confondu crème pour les boiseries et plaquettes de beurre… Hors je n’étais pas dupe !
Légèrement handicapée par un plâtre que je devais garder 3 semaines, j’avais eu le temps d’observer le manége de nos jeunes pensionnaires, qui n'imaginaient  pas être démasquées. Seulement c’était mal me connaître, que de penser que l’idée ne me viendrait pas de les soupçonner en voyant leur petit manège devant les fenêtres du dortoir quand arrivait le fournisseur de produits fermiers !

Et ces demoiselles d’avouer avoir volontairement mis le beurre dans la boite de cire d’abeille, afin de faire revenir plus rapidement le charmant fournisseur !

19 septembre 2009

Flash (PHIL)

Flash

 

Les heures avaient beau passer, j’étais consterné. Les heures d’insomnie, je veux dire. De celles où tu regardes le plafond sans le voir, et pour cause parce qu’il fait noir, que tu n’oses pas allumer la lampe de chevet de peur de réveiller ta moitié et de la mettre de mauvaise humeur. De celles où tu tentes vainement d’assembler des mots dans ta tête pour en faire des phrases, d’assembler des phrases pour en faire des paragraphes et d’assembler des paragraphes pour en faire des histoires. Tout ça mentalement, sans faire l’ébauche d’une esquisse de geste qui tendrait à s’emparer d’un carnet et d’un crayon, ou d’un écran et d’un clavier, histoire de concrétiser un peu. Ça ne se passe pas comme ça, dis-tu ? L’écriture est un combat, dis-tu. Tu te dois de trimer sur ton clavier et de connaître les affres de la page blanche, dis-tu. Foin de ces objections. Moi j’aime bien assembler des idées dans ma tête quand il fait noir et que je ne dors pas et que je pense qu’à mes côtés, Elle en écrase méchamment, ce qui dans la réalité vraie n’est pas forcément le cas, il se peut qu’elle soit la proie d’une insomnie jumelle de la mienne, qu’elle croie que je dors profondément et que de ce fait elle n’ose pas allumer la lumière de son chevet. Bref. Je disais que j’étais consterné, oui, parce que je venais de lire la nouvelle consigne des Défis du Samedi et que, bêtement j’étais perplexe. Oui. Seulement perplexe. Rien d’autre. Comme quoi. Cela arrive. Oui, parce que je dois te dire : d’habitude ce n’est pas du tout ainsi. Je lis la consigne. Peut-être que je la relis. Et que je la relis une deuxième fois. Pour être bien sûr. Pour être, comme qui dirait imprégné. Et hop. Il y a comme un flash. L’idée est là, la trame disons, et il n’y a plus qu’à laisser mijoter quelques heures, voire une nuit ou un peu plus. Pas tellement plus. Tu n’as jamais remarqué que je postais généralement ma contribution le lundi ? Pour en revenir à ce que je racontais, c’est là que c’est bon : la nuit. Quand je me débats avec l’insomnie, et que soudain je lâche prise, que je gis sur le dos et que je regarde le plafond sans le voir, évidemment, puisqu’il fait noir. Alors l’idée figée au flash semble s’animer. Il y a soudain des mots qui s’agglutinent, des phrases qui s’envolent, légères comme des bulles, et puis cela finit par construire une histoire, une histoire virtuelle puisque rien n’est encore écrit et que je reste inerte, là, comme ça, allongé sur le lit, dans le noir. Et qui sait si le lendemain, ou le jour d’après, il en restera quelque chose, de ces bulles si légères. Tu me diras que l’écrivain, le vrai, il n’attend pas que les choses s’évaporent. Il se lève en tapinois et s’en va fébrilement allumer l’ordinateur afin de concrétiser les mots et les phrases et toutes les bulles qui sont nées du flash. Et bien je te le dis, c’est non. D’abord je ne suis pas écrivain, alors je me fiche éperdument de ce que font les vrais, et puis, je te le redis sans risque de me fourvoyer, le tapinois, c’est une connerie monumentale. Parce que, inévitablement, tu fais craquer le parquet, tu te cognes dans le pied du lit ou dans le montant de la porte, ou dans les deux, tu laisses échapper un cri, et fatalement tu réveilles Elle, qui t’agonis de reproches, elle qui dormait si bien finalement, et paisiblement, parce que tout le boucan que tu fais, c’est comme si elle s’était pris un coup de flash dans la figure, tu vois, un bien puissant digne des meilleurs modèles de chez Nikon, tiens soyons fou, disons le SB5000 et elle est aussi contente que si elle avait trouvé tes traces de doigts dans la demi-livre de beurre.

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