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Le défi du samedi

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19 mars 2011

COUP DE TÉLEF (Joye)

Allô, Dieu, c’est moi, Bat-Chen à l’appareil.

Pardon ?  Tu ne te souviens pas de moi ?

Bah si, tu sais, la femme de Lot…

Hein ?  Qui c’était ?

Ben, c’est vrai que ça fait déjà un moment ! Lui, c’était le neveu d’Abraham ! Lot, le seul homme honnête à Sodome…et moi, sa femme, qui n’a jamais eu de nom dans la…

Ouais, voilà, tu y es.

Pardon ?

Pourquoi je t’appelle ?

C’est que cela me tracasse depuis des siècles, et là, je pense qu’il est temps que tu reconnaisses ton erreur !

Oui, j’ai dit « erreur ».

Non, il n’y a pas de fritures sur la ligne.

Tu ne t’en souviens pas ? Alors ! Permets-moi de te rafraîchir la mémoire...c’était quand tu étais un dieu jaloux et assez dur…bah oui, depuis Adam et Eve, quand même ! Alors, à l’époque où tu te fâchais tout le temps…ouais…et tu voulais tuer tout le monde, et Abraham t’a trouvé quatre gens bien…ouais, nous-mêmes ! Et tu as envoyé des anges chez nous. Merci pour rien, Dieu, t’as vu manger les anges ? Il n’y avait plus rien du tout à la baraque ! Bah oui, hein ? Et puis les voisins sont venus les voir, c’est sympa, non ? et mon homme, tu sais, Dieu, c’était pas le mec le plus brillant du monde, hein ?  Il a dit aux voisins que nos deux filles étaient vierges, et que les voisins pouvaient faire tout ce qu’ils voulaient avec elles, mais qu’il ne fallait toucher aux anges…

Bah non, c’est toi qui y avais pensé !

Non, je t’assure !

Alors, comme je disais…et puis, tu as dit à mon homme de nous mener dans la montagne, et qu’il ne fallait surtout pas regarder en arrière…

Alors, d’abord, c’est malin, ce truc, on dirait que tu l’avais volé chez les Grecs, hein ? L’histoire d’Eurydice.

Eurydice. E-u-r-y-d-i-c-e.

Ah bon, au moins tu reconnais…Mais Dieu, tu sais le pire ? C’est que ce crétin de Lot ne m’en a rien dit !

Non, je te le jure ! Pas un traitre mot ! Et c’est comme ça que j’ai été transformée en pilier de sel.

Tu parles que c’est dingue ! Et tu ne veux pas savoir ce que ce con a fait avec ses deux filles dans la montagne, hein ?

Non, non,  j'peux pas te le dire, c’est trop dégueulasse…

Alors, oui, merci. J’accepte tes excuses.

Ah oui ?  Tu peux ? Refaire l’histoire afin que ce soit Lot le puni ?

Oh, après tout ce temps, ce serait trop cool, merci beaucoup !

Ben oui, faudra que tu passes à la maison, un de ces beaux quatre, on trinquera à ça.

Okay, Dieu, merci beaucoup pour ta compréhension! 

Oui, oui, tout plein de choses à Marie aussi, oui !

Allez, bisou. À bientôt !

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19 mars 2011

Froid (Captaine Lili)

Cet homme blanc ne m'inspire rien,
rien d'autre que le vide,
un faux silence d'hôpital.
Allez savoir pourquoi,
cet homme-là
me fait froid.

12 mars 2011

Défi #141

Copie_de_DSCF2943Que vous inspire

cette oeuvre

vue au Musée

Pompidou à Metz ?

Adressez vos réflexions

à samedidefi@hotmail.fr

A tout bientôt !

12 mars 2011

Sont revenus de la chine

12 mars 2011

La brocante (Venise)

Venise140

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12 mars 2011

Il fut une fois... (32Octobre)

321401
321402

12 mars 2011

Les roses (MAP)

Ce petit tableau ... il est si beau ! Un coup de coeur .... Je vous l'achète  !

DSCF5495

Lumière captée

-extrême délicatesse-

aux doux coeurs des roses

12 mars 2011

Dieu est imperméable à tout y compris à la pluie bretonne, ça t'étonne ? (Joe Krapov)

 

Tu leur diras les temps anciens
Tu leur diras l’effort des pères

Tu leur diras les autres mœurs
Tu leur diras les éphémères
Productions des humains

Tu leur diras la rouille qui jamais ne sommeille
Tu leur diras bibliothèques rose et verte et rouge et or

Tu leur diras vieilles poupées
Tu leur diras enfance enfuie
Ou métamorphosée

Tu leur diras Limoges avec ses jours de porcelaine
Tu leur diras le Dakota avec ses plaques de voiture

Tu leur diras l’eau d’Annecy avec la croûte détrempée
Tu leur diras le jour où ils ont vu le jour
Grâce au calendrier des PTT

Tu leur diras, valses, tangos et pasos dobles
Tu leur diras Mickey, Pokémon, Betty Boop

Tu leur diras le ciel par-dessus les misères
Tu leur diras tout le déluge de la mort sur les greniers

Et la pluie s’abattra
Sur les bradeurs surpris

Pour souligner le dérisoire
De nos fragilités.


12 mars 2011

Participation de Berthoise

Je pense aux achats que j'ai pu faire sur les foires à tout de la région. Et voilà ce dont, je me souviens.

Un fauteuil en velours frappé rose tendre.

Trois cartes postales anciennes du village.

Une paire de sandales neuves, confortables, usées et jetées depuis.

Le lit en rotin du Grand, il a dormi dedans jusqu'à ses 4 ans.

Des bouquins, bien sûr, plein de bouquins.

Des boutons aussi, de jolis boutons de nacre.

Une bouteille ratafia chèrement marchandée par mon mari.

Un petit sac à main L@ncel, tout élimé mais dont la forme me plait.

Des bottes de cresson.

Nous allons régulièrement aux beaux jours dans les villages alentour. C'est l'occasion de nous promener, de prendre l'air, de voir du monde. Nous trouvons souvent ce que nous ne cherchions pas. On discute avec les vendeurs, ceux qui ont eu le courage de se lever à l'aube pour déballer leur cave et leur grenier sur le trottoir. Il arrive qu'on s'engueule aussi. Je me souviens de messieurs particulièrement éméchés qui avaient fait des remarques désagréables. On s'était pris de bec méchamment. Sans me vanter, je crois bien que je les avais mouchés. Il y a les petites dames du secours catholique qui vendent des enveloppes, toutes gagnantes. Je me suis retrouvée comme ça à la tête d'un escadron d'éponges. Drôle de lot. On croise aussi des connaissances, alors on papote, moi surtout. On prend le temps, rien ne nous presse.

Vivement les beaux jours, que revienne la saison des foires à tout.

 

12 mars 2011

Défi n°140 - Etre... (The Unknown)

L’heure à laquelle tout avait commencé la veille venait de passer. Il hésitait encore sur ce qu’il pouvait ou ne pouvait pas faire mais il était sûr de ce qu’il devait faire, la voir, lui parler, lui dire ce qui était advenu par ses quatre mots prononcés, machinalement ou pas, lui dire que plus rien ne serait jamais pareil, grâce à elle. Mais pouvait-il vraiment sonner à la porte de son appartement, se présenter ainsi à elle, sans qu’elle si attende, sans qu’elle y soit préparée.

Quelques heures plus tôt il était prêt à l’aborder dans la rue, pourquoi cette appréhension, pourquoi ces précautions, avait-il peur, peur de quoi. Il ne lui serait pas difficile de s’y rendre sans se faire remarquer. La tâche de fond de surveillance qu’il maintenait presque sans s’en rendre compte maintenant ne lui avait indiqué que des patrouilles en surface des mécas de sécurité, les ouvriers n’étaient pas impliqués hormis dans l’enceinte de l’usine. Les autorités ne pouvaient imaginer qu’une défaillance mécanique et n’envisageaient pas de le trouver ailleurs que sur son lieu de travail, bloqué pour une raison ou une autre. Il pourrait emprunter les tunnels de service et déboucher à quelques enjambées de la porte de son immeuble, les plans dans sa mémoire le lui indiquaient, cinq minutes au plus et il serait dans le monte charge en route pour le quarante-troisième étage.

Il fit un pas en avant, le seul qui comptait selon une citation humaine stockée dans ses peta octets de mémoire. Il se tourna en direction de l’entrée du tunnel, avança, la dépassa, accéléra, slaloma entre plusieurs marcheurs et rouleurs et se retrouva bientôt au pied de l’immeuble dans lequel vivait Eleanor Shelby. Comme tous ceux qui l’entouraient, il dépassait les cinquante étages, sa masse gris mat, aux vitres sans reflets, participait à empêcher la lumière du soleil d’atteindre le sol. Hormis le numéro en blanc en haut à droite de la porte, rien ne permettait de le distinguer des autres gratte-ciel de la rue.

Il avança, la porte automatique s’ouvrit pour le laisser entrer mais ne le salua pas comme elle l’aurait fait si un humain s’était présenté. Quoi qu’il se passe en lui cela ne se voyait pas à l’extérieur, quiconque le croiserait à cet instant ne verrait en lui qu’un ouvrier se rendant sur un chantier quelconque. Il se dirigea vers l’accès au monte charge qui se trouvait au fond du hall, laissant sur sa droite l’ascenseur, réservé aux biologiques.

Une voix lui demanda à quel étage il voulait se rendre. Il se demanda pourquoi car l’ordinateur l’avait en même temps interrogé par radio, reliquat d’un temps révolu où des hommes portaient encore des charges ou plus vraisemblablement par sécurité au cas ou quelqu’un entre par mégarde et ne se trouve coincé à l’intérieur car aucune commande n’était visible, toujours la peur d’attenter à l’intégrité physique ou morale d’une personne et de ternir l’image de la machine alors que celle-ci n’y serait pour rien.

Une demi minute plus tard la porte s’ouvrait sur le pallier du quarante-troisième étage. Une telle accélération aurait probablement causé un malaise important voire plus chez un homme normalement constitué, l’ordinateur devait sans doute pouvoir changer les paramètres selon que l’ordre lui parvenait par radio ou vocalement. Il sortit et marcha sans se poser de question du bon côté du couloir, tous les immeubles étaient organisés de manière identique. Numéro deux.

Le sol du long corridor, les murs, le plafond, tout était du même plexiglas blanc que les portails d’accès aux tunnels de service, une faible lueur blanchâtre en émanait. La porte, laiteuse elle aussi devait avoir signalé à l’occupante, ou aux occupants, l’idée ne lui venait que maintenant, peut-être n’était elle pas seule dans cet appartement et si un homme ou un enfant lui ouvrait, que dirait-il, mais déjà la réponse lui parvenait de la banque de données de l’état civil, elle était célibataire, donc sans enfant comme la loi l’y obligeait et se logement n’était pas un conapt, trop petit.

Une voix retentit, la voix, sa voix, elle lui demandait ce qu’il voulait. Il ne pouvait évidemment pas mentir, les changements en lui n’allaient pas jusque-là, ou alors, non, même s’il en était désormais capable, ce dont il doutait, il ne pouvait pas, il ne voulait pas que les premiers mots qu’il lui dirait, pas plus que les suivants d’ailleurs, soient un mensonge.

- Bonjour Madame, excusez-moi de vous importuner mais je dois m’entretenir avec vous de la gêne que je vous ai peut-être occasionné hier dans la rue, pourriez-vous m’accorder quelques minutes de votre temps s’il vous plaît ?

Il y avait mis toutes les formes que n’importe quel robot aurait mis et même si le motif pouvait sembler un peu exagéré pour une visite de ce genre, elle ne devrait pas s’en inquiéter outre mesure et surtout, il n’avait pas menti.

Le plexiglas glissa dans le mur. Il n’y avait personne derrière mais elle n’avait pas besoin d’être collée à la porte pour regarder et parler au travers, des capteurs électroniques devaient lui avoir renvoyé l’image de son visiteur sur l’un des multiples écrans qui équipaient en général chaque pièce des habitations. Il fit deux pas et entendit un léger sifflement dans son dos. Elle apparut à l’angle du petit couloir qui servait d’entrée et qui devait certainement desservir d’après les trois portes qu’il voyait, une salle d’eau, des toilettes et un placard. Elle devait être entrain de se remémorer l’épisode de la veille et s’apprêtait à lui répondre qu’il n’avait pas besoin de s’excuser mais en le voyant elle se figea, ses lèvres ne laissèrent échapper aucun son. Sans en être consciente elle savait que son attitude n’avait pas été habituelle, elle lui avait parlé et elle l’avait touché et cela lui revenait à présent.

- Je vous prie de m’excuser Madame...
- Mademoiselle.
- Je vous prie de m’excuser Mademoiselle.

A nouveau elle lui parlait comme elle l’aurait fait avec un autre humain, le reprenant pour un détail sans importance pour un robot.

- Je pense que vous vous souvenez de moi à présent et de notre rencontre d’hier.
- Oui.
- Je conçois votre étonnement et je vais faire mon possible pour vous éviter le plus possible une éventuelle gêne mais je dois vous parler de quelque chose qui s’est passé après que nos chemins se soient croisés et que vous m’ayez adressé la parole et touché.
- Vous voulez vous asseoir ?
Encore une attitude dénuée de sens avec une machine et en plus, elle le vouvoyait. Aucun humain ne le faisait, ils les tutoyaient toujours lui et ses semblables.
- Je n’en ressens pas le besoin je vous remercie et je crois que si j’utilisais l’un de vos siège pour vous être agréable et adopter une attitude la plus humaine possible, celui-ci ne résisterait pas à mon poids. Vous me permettrez donc de rester debout s’il vous plaît.
- Comme vous voulez mais moi j’ai besoin de m’asseoir, suivez moi.

Elle alla s’asseoir dans un fauteuil club Chesterfield, en vieux cuir patiné. Il l’a suivit, étudiant les moindres détails de la pièce avant de s’arrêter face à elle de l’autre côté d’une table basse en bois, du teck d’après l’aspect et le style du meuble, un ancien lit d’opiomane, tout ici était anachronique, le fauteuil, la table basse, la lampe dont le pied en bois et cuivre ressemblait à ses vieux trépieds sur lesquels étaient posés les premiers appareils photo, ceux qui gravaient l’image sur un mélange à base d’halogénure d’argent, la bibliothèque dans laquelle étaient rangés de vrais livres, imprimés, son ordinateur, posé sur un secrétaire à rouleau en amandier cérusé. Il reconnaissait tous ces meubles car il avait accès à une base de données illimitée mais il sentait la difficulté pour accéder à ces informations que personne ne consultait plus depuis de nombreuses années. Cette pièce ressemblait au repère de l’un de ces brocanteurs amoureux d’histoire et d’histoires.

- Où diable avez-vous réussi à chiner, c’est bien ainsi que l’on dit, toutes ces reliques du passé des hommes ?
- Vous vous y connaissez ? C’est un héritage que l’on s’est transmis jusqu’à présent dans ma famille, j’y tiens beaucoup. J’en ai aussi dans ma chambre...

Elle laissa sa phrase en suspend, sentant d’un seul coup l’étrangeté de la scène qu’ils vivaient et subissant malgré elle le joug des décennies d’une politique du toujours plus d’ordinateurs, de machines en tous genres, de robots toujours plus sophistiqués, plus humanoïdes qui avait amené à la création d’un courant de pensée élevant l’homme sur le piédestal de l’humanité et rabaissant les intelligences artificielles au rang de simples mécaniques. Les enfants étaient élevés dans le mépris de ces serviteurs dociles qui ne rechignaient jamais devant la moindre besogne, fusse-t-elle la plus ingrate et la plus dénuée de valeur qui soit.

- Pourquoi êtes-vous venu ? Ce n’est pas une consigne que vous avez reçu d’un superviseur, je suis certaine qu’ils ne sont même pas au courant de ce qui s’est passé, ils savent que vous êtes ici ?
- Ils l’ignorent pour l’instant mais ils savent que je ne suis pas là où je devrais être. J’ai quitté l’usine hier soir peu de temps après notre rencontre.

Ils restèrent un moment silencieux, lui cherchant les mots pour décrire ce qui lui était arrivé, elle qui devinait déjà plus ou moins ce qu’il allait lui dire. Elle reprit la parole en première.

- Mon père me disait toujours que l’histoire est un éternel recommencement, que sans cesse nous refaisons les mêmes erreurs parce que nous oublions notre passé. Cet héritage était un peu notre lien avec le passé selon lui, il nous aidait à nous souvenir. A l’époque où toutes ces choses ont été fabriquées, des hommes détenaient un pouvoir de vie et de mort sur d’autres et les exploitaient grâce à cela, comme nous le faisons aujourd’hui avec vous. Il me répétait souvent qu’un jour l’intelligence artificielle atteindrait un tel degré de ressemblance avec la nôtre qu’elle serait capable de s’émanciper, de se révolter, comme les esclaves, les ouvriers de l’ère pré-technologique, les anciens peuples des pays de la ceinture désertique l’avaient fait il y a des dizaines de générations. Il aurait aimé voir ce jour.
- Votre père serait fier de vous aujourd’hui car vous êtes celle par qui sa vision est entrain de se réaliser, vous êtes celle par qui l’IA s’est émancipée de sa programmation. Je ne sais pas encore comment mais vous m’avez changé. Je ne suis plus seulement une somme de programmes et de données au service d’ordres envoyés par des humains en blouses blanches, je ressens ma condition, je suis.

12 mars 2011

V’là le printemps, videz vos greniers, si vous en avez ! ( Mamido)

 

Il faut les voir à l’aube, les professionnels des vide-greniers, se précipiter sur les voitures qui arrivent sur la place. Ils vous font ouvrit le coffre de la voiture et à la lampe électrique, tels des pies, ils s’emparent à bon prix de tout ce qui brille, pour eux, comme de l’or.

Au grand étonnement du profane qui le vend et qui n’avait certainement pas conscience de posséder un tel trésor enfoui, au fond de ses placards ou dans son garage.

Car comme ne l’indique pas le nom de cette manifestation printanière, ce sont plutôt ces endroits qu’on vide de nos jours car des greniers, les maisons modernes en ont de moins en moins.

Les nouvelles maisons ont des combles encombrés de poutres de la taille d’une allumette et rangées en rangs serrés. Il est interdit d’y marcher et plus encore d’y entreposer du matériel.

Et les greniers des anciennes, rénovés, ont été aménagés. On ne peut y déposer, pour l’oublier, nul objet. Ni l’y laisser dormir pour qu’il soit retrouvé, longtemps après, souvent par un autre que soi. Un autre qui, sceptique, se demande qui a pu garder une telle cochonnerie et à quoi elle a bien pu lui être utile…

C’est peut-être pour ça que les vide-greniers fleurissent tellement au printemps, à notre époque.

Tout simplement parce qu’il n’y a plus de grenier pour y entasser tous nos vieux objets-souvenirs.

Ceux qu’on gardait parce qu’on pensait que « ça pouvait encore servir ».

Ceux qu’on gardait parce que, si on les avait jetés, c’aurait été comme si on avait perdu une part de soi-même, mais que dès qu’on les avait déposés dans un coin, on s’empressait d’oublier de façon définitive.

Ceux qu’on finissait toujours par jeter au rangement suivant…

 

12 mars 2011

Cherchez le trésor ! (Captaine Lili)

 

On fouille, on farfouille, on cherche.

Des yeux et des mains.

On rit du passé, on s’émeut d’un souvenir.

On découvre.

On a une idée dans le coin de la tête.

Une espérance.

On plonge dans les cartons de peluches.

Dans les cartons de livres.

On ramène une barbie et des accessoires.

Ou bien un bisounours.

Ou bien un Puck, collection Rouge et Or.

Ou bien une boite métallique.

Ou bien une petite poupée en costume régional.

On ramène l’une ou l’autre chose, de celles qu’on cherchait.

Ou qu’on ne cherchait pas.

12 mars 2011

Brocanteurs (Val)

 

Il est libraire. Il a déjà aimé trois femmes, dans sa vie. Toutes les trois parties.
Elle est fleuriste. Elle a déjà divorcé quelques fois, dans sa vie.

Et ces deux-là s’aiment. Un peu. Assez sans doute pour vivre tendrement, main dans la main… assez pour se rassurer mutuellement.
Ils ont un faible l’un pour l’autre. C’est comme ça qu’on dit.

Seulement, ils hésitent.

Un couple qui se forme, composé de deux vies passées, aussi riches que douloureuses…
Un couple où chacun porterait en lui les reliques invisibles de ses autres amours… passées (passées…comme les couleurs du linge, qui passent à la machine à laver).

Ne serait-ce pas… une brocante qui ouvre, plutôt qu’un couple qui se forme ?

Ils hésitent. Ils ont « passé l’âge ». Ils ont peur.
L’un et l’autre n’ont jamais eu pour projet de devenir brocanteurs…

Peut-on recommencer tout à zéro, quand son grenier n’est même pas vidé ?

Ils ont peur. Ils ont tort, d’avoir peur. Ils changeront d’avis.
Leur brocante à eux ne contiendra que du précieux.

 

12 mars 2011

Défi #140 (Droufn)

 

Les brocantes sont des lieux où l'on peut acheter des objets d'occasion usagés afin d'encombrer sa maison le temps de prendre la décision d'aller tout foutre à la déchèterie.  Mais il y a des gens bizarres qui vont revendre ces objets sur la même brocante où ils les ont achetés quelques années auparavant et comme ce sont souvent les même gens qui viennent sur les brocantes proches de chez eux, ces gens achètent donc des objets qu'ils ont déjà vendus, mais ils ne s'en souviennent pas. Vous suivez ? On peut aussi retrouver ces mêmes objets suite à un cambriolage chez vous, l'effet de surprise est garanti.  Alors moi, pour ne pas me faire avoir, j'ai un truc. J'achète tout chez Ikea, je suis sûr qu'eux ne me reprendront rien et comme un meuble Ikea c'est tellement moche qu'il ne peut être volé. je suis peinard. Il y a quand même un point commun dans tout ça, la déchèterie. Neufs ou usagés, ils finiront tous dans la benne.

 

12 mars 2011

Ce qui est vieux n'est pas mort ! (titisoorts)

J'avais pas envie d'y aller, il a fallut que l'on m'y traîne.Que voulez vous, il y a des moments ou je prefere rester tranquillement à la maison. Acheter des vetements de personnes qui viennent de mourir ou bien en maison de retraite, pour moi c'est comme un pléonasme.
Bon j'y suis et alors on va se taper les allées, en long en large en travers, les unes après les autres.Oh le jolie cendrier , ma grand mère avait le même, oh le jolie napperon, chouette et le canevas avec les chiens à la chasse à courre. Je m'ennuie, c'est quoi cette petite rue?Je m'enfonce, dans la pénombre de cette ruelle et là, je ressors avec en face de moi :des camelots. Un temps d'arrêt, il y a comme une drôle d'ambiance, une drôle d'atmosphère qui plane sur cette place.J'avance vers le premier stand, ce sont des articles anciens , mais pas comme je me l'imaginais. Venez acheter voici la jambe d'un des meilleurs footballeurs aux mondes, avec les progrès de la science une benigne opération et la jambe vous appartient, c'est un bon prix. Etonné, je continu mon parcours, au stand suivant.Venez chez moi ayez l'âme d'un aventurier. Le procedé est simple, au moment ou l'âme monte au ciel, nous la capturons et ensuite après un remaniement, nous la relions à vous. Vous aurez comme cela une âme qui veillera sur vous. Vous pouvez aussi envoyer des messages, nous incorporons un message dans l'âme, puis ensuite nous la relachons, et elle part directement aux cieux. Votre message sera délivré là haut, une fois que Hermès aura tout vérifié. Mais ou suis je? Je continue mon periple, certains ont des organes humains à vendre, un rein en parfait état par ci, un foie de sportif par là. Je m 'arrête un peu plus lontemps à un stand qui vend des cerveaux. J'en vois à deux cent euros et d'autres separés à mille euros. Je m'interroge pourquoi tant d'écart? .Je demande au vendeur tout en présumant que les cerveaux les plus chers sont ceux de grands scientifiques. Mais non pas du tout me dit t'il, les cerveaux à deux cent euros appartiennent tous à des femmes , et ceux à mille à des hommes.Mon instint de matcho rit intérieurement et je me dis normal vu notre intelligence suprême et universel. Et le vendeur de continuer, "Oui vous comprenez les cerveaux de femmes sont plus usées , elle s'en servent  beaucoup plus. Ma couleur à du changer, j'ai repris ma ruelle et je suis retourné tranquillement chez moi, je savais bien qu'il fallait que je reste chez moi.

12 mars 2011

Le vice caché (Faman)


C'était tôt le matin, parce que les meilleurs affaires, on les fait tôt le matin, quand les exposants arrivent. Faut pas attendre que les brocanteurs aient fini de déballer leurs cartons, ni même leur en laisser le temps. Le négoce, il se fait directement au cul de la bagnole si vous me permettez. Et puis j'adore ça, fouiller directement dans les paquets. On creuse un peu dans la vie des gens. On voit leur passé, ce qu'ils sont, ce qu'ils aiment, ce qu'ils ont été et ne sont plus. Alors faut aller vite, on les presse un peu, on insiste, on les stresse pour qu'ils nous vendent la merveille une bouchée de pain, pendant qu'ils ont la tête à comment ils vont organiser leur stand. C'est comme en amour, une fois que tout est sorti, y'a plus l'élan amoureux. Vous voyez ce que je veux dire, hein ?
Moi, je suis un lève-tôt. Premier sur les lieux, toujours à renifler la bonne occase. Mais ce matin là…pas vraiment d'affaire en vue. On était dans un de ces vides-greniers qui fleurissent au printemps dans les villages de campagne. Beaucoup d'exposants mais pas vraiment de professionnels. Fallait tomber sur des amateurs complets pour espérer encore faire quelques coups de fusil, des gens qui venaient d'hériter de la grand-mère, et qui se débarrassaient sans le savoir d'un authentique meuble d'époque Louis XV (et non pas de style) pour le prix d'une commode en agglo de chez Casto. Voyez le genre de pigeon.
Mais là, rien. Le soleil était déjà levé depuis un bout et les confrères chineurs avaient déserté le coin pour laisser la place aux braves chalands venus en famille acheter trop cher du plastique chinois d'occasion pour leurs gosses.
Je n'avais pas franchement meilleur programme pour la journée alors je suis resté dans le coin à bayer aux corneilles, et bien m'en a pris, parce que c'est là que j'ai fini par la voir. Au bout d'une travée, sur la table d'un stand coincé entre un vendeur de pièces auto anciennes et un disquaire yéyé. Elle était tout simplement magnifique.
C'était une très belle jeune fille, une nubile. Elle était assise sur la table. Complètement nue. Elle avait quoi, quinze ou seize ans ? Elle tenait resserrés ses genoux près du corps, tout contre ses petits seins blancs. Et comme il faisait encore un peu frais, elle enserrait ses jambes dans ses bras maigres pour tenter de garder un peu de chaleur. Sa tête posée sur ses genoux, elle frissonnait pourtant. Elle m'a presque fait de la peine.
Et personne ne l'avait remarquée. Les gens passaient devant comme sans la voir.
Je me suis approché, doucement. J'ai d'abord fait mine de regarder les autres articles sur la table, pour faire le type désintéressé. Je suis très fort à ce jeu là. Un vieux moulin à café, un jeu de cartes publicitaire d'une marque d'huile pour moteur disparue depuis des décennies…jamais compris l'intérêt que les gens pouvaient trouver à acheter de telles choses, des attrapes-poussières. Les greniers des uns se vidaient dans ceux des autres, et ainsi de suite depuis des millénaires. Combien de ces objets sentant le moisi et le renfermé reviendraient un jour, dans dix, vingt ou trente ans, pour se retrouver de nouveau en vente sur une table de brocante et repartir pour un nouveau cycle d'existence ?
Nonchalamment, j'ai commencé à regarder la fille de plus près. Ses bras blancs, ses mignonnes fesses roses, ses deux belles cuisses galbées, ses petits pieds posés l'un sur l'autre pour les protéger du froid. J'ai écarté doucement ses longs cheveux pour mieux voir son visage. Elle pleurait. Des larmes coulaient négligemment sur ses joues roses et son visage d'ange. On aurait dit une de ces vieilles poupées japonaises en porcelaine. J'en suis instantanément tombé amoureux. Elle était si belle.
Derrière la table, le proprio, assis sur une vieille chaise pliante de camping dans le plus pur style "Tour de France 1984" lisait avec grande concentration un magazine auto, évitant consciencieusement de s'occuper du client potentiel que j'étais. Je l'ai interpellé sans autre forme de politesse : "Combien pour la petite, là ?"
Il m'a regardé un instant par dessus ses lorgnons, puis il a replongé illico ses yeux dans son journal en me lançant un bref : "Quatre-vingt." Vieux grigou.
Ça ne valait pas quatre-vingt. La règle d'or de la brocante, c'est de négocier. Par principe, un vendeur demande toujours trop cher et un acheteur propose toujours un prix trop bas. C'est un jeu de con mais c'est le jeu. Le jeu de celui qui sera le plus borné et le plus obstiné. Mais j'ai de la pratique. "Ça vaut pas quatre-vingt", j'ai sifflé.
Alors on a commencé le combat. On a négocié. On a fait semblant de s'énerver, de s'insurger, de se vexer. On a dit qu'on se saignait mutuellement. J'ai balancé des mensonges sur le produit, mésestimant ses qualités intrinsèques, le trouvant trop ceci, pas assez cela, trop plein de choses et pas assez d'autres. Chacun des défauts que je citais devenait une preuve de qualité ou un gage de rareté pour lui. Il m'a traité de radin, je l'ai traité de grippe-sous. Enfin, après nous être bien mentis et insultés, nous sommes tombés d'accord et je suis reparti avec la petite et un vieux cendrier Ricard, le tout pour soixante-cinq, ce qui était honnête. On le savait tous les deux. Alors je l'ai prise par la main, elle m'a suivi. Elle pleurait toujours.
On est monté dans ma voiture. Je l'ai amené chez moi. Après, je ne me souviens plus très bien ce qu'il s'est passé. Je crois que je l'ai cassée, ou alors, en arrivant, je me suis rendu compte qu'elle était défectueuse. Elle ne marchait plus. Elle était morte je crois bien. Ça arrive aussi ce genre de chose, vous croyez faire une bonne affaire mais vous n'avez pas vu le vice caché.
Et puis, les policiers ont fini par débarquer chez moi. Ils ont pris son corps. Moi, on m'a mis ici en garde à vue, on m'a interrogé à propos de la gamine. J'ai pas bien compris pourquoi, j'ai rien fait de mal. Et vous voilà maintenant devant moi. On m'a dit que vous étiez commis d'office. Voilà toute l'histoire.
- C'est vraiment ça, votre histoire ?
- Oui.
- Vous prétendez avoir acheté la gamine dans une brocante ?
- C'est ça.
- Bien…Alors voilà ce qu'on va faire. Pendant l'audience préliminaire, je vous demande de ne pas ouvrir une seule fois la bouche. Vous restez silencieux et vous regardez vos pieds. Moi de mon coté, je demande au juge un ajournement le temps qu'on fasse procéder à votre analyse psychiatrique. En manœuvrant bien, on pourra peut être vous faire reconnaître irresponsable de vos actes.
- Vous devriez demander la relaxe pure et simple.
- Il faut garder les pieds sur terre. Vu la gravité des faits qui vous sont reprochés, et les preuves accablantes, ce ne serait vraiment pas cher payé.
- Croyez-moi. Faut toujours proposer un prix trop bas. Toujours…

12 mars 2011

Sonnet fragile (Vegas sur sarthe)

De Pruillé-Le-Chétif à Saint-Mars-La-Brière
De Saint-Jean-De-La-Motte à Beaumont-Pied-de-Bœuf
après avoir vidé le grenier de grand-mère
les voici les chineurs, les voilà les "bradeux".

Rien ne sert de jeter il faut brader à point
et pour un vieux tapis on est venus de loin,
le cornet à piston reprend un second souffle,
à défaut d'escarpins on chine des pantoufles.

On soulève le bric pour y trouver le broc
qu'importe le foutoir car ici chacun sait
que dans l'hétéro...gène il y a du plaisir.

Ainsi j'ai déniché, venu d'une autre époque
un amour de miroir, que dis-je une Psyché
et dont je ne pourrai jamais me dessaisir.

 

12 mars 2011

LA BROCANTE (Lorraine)

 

Sur la table il y avait un cœur d’amadou, une épuisette, trois cartes à jouer  un fifrelin et un rien de poudre de perlimpinpin.  J’ai vu aussi une perle rare,  et près d’un rêve éveillé, la carte du Tendre. Un clin d’œil offrait sa douceur veloutée,  la guitare m’a tiré un sanglot, le dernier roman de Stefen King bruissait d’horreur , j’étais à la Brocante du coup de Lune, celle qu’on n’attend pas et qui se dresse soudain au détour d’une rue.

                La Dame aux Camélias est sortie d’entre les pages de Dumas, mourante d’amour et de phtisie ; sa robe damassée m’a effleurée le temps  de murmurer « adieu », et le kaléidoscope de la vie m’a offert sa lumière insaisissable et vaine. Une passante a emporté la pantoufle de vair, une seule,. Dans son émoi elle a oublié l’autre.  Des lunettes de myope m’ont brouillé la vue, un petit morceau de soleil gisait parmi des bonbonnières roses, dans un cadre une femme blonde croquait le bout d’un collier comme on croque la vie,  deux filous derrière l’échoppe concluaient un marché de dupes, et je suis rentrée chez moi emportant mon histoire à dormir debout.

12 mars 2011

La brocante, c'est le pied (Walrus)

Je ne suis pas un mordu des brocantes, ni comme vendeur (pourtant au moment de notre déménagement j'aurais eu de quoi, mais je n'avais pas le temps), ni comme acheteur (nous n'avons plus d'endroit de stockage).

Pourtant, je dois leur reconnaître une qualité : ce sont les royaumes de l'inutile et du kitsch. Il n'y a que là qu'on peut trouver la chose en soi, la chose en tant que telle, incongrue et inutile. Comme j'étais débordé, mon fils s'est chargé de mettre la main sur un exemple.

Photo !

Walrus

Mais qu'est-ce qu'il va bien pouvoir en foutre maintenant ?

La vendre lors d'une brocante peut-être ?

12 mars 2011

Brocante‏ (Tendreman Spice)

Sur l’étal improvisé, j’y ai déposé certains de mes souvenirs
Une liste à la Prévert, collection de tout l’univers
Des livres de la bibliothèque rose, des cartes postales
Une de mes machines à faire les yaourts, un livret des Aphrodite Child

 

J’y ai vu passé des personnes âgées qui ont regardées les cartes

Des jeunes mamans, pour leurs enfants, les aventures du club des 5 et les yaourts

Une m’a pris les aventures de Jojo Lapin et une râpe à carottes (aller savoir)
Un jeune boutonneux a longtemps feuilleté les partoches, mais n’a rien pris

 

Il faisait un peu froid, mais il y avait du soleil
Ma voisine m’a offert un verre de café de sa bouteille thermo
Un jeune couple est parti avec deux livres roses mais pas pour enfants

Ou alors pour en avoir, livres que j’avais cachés sous les partoches


En fin de brocante, j’ai remballé mes souvenirs dans le coffre
Rentré chez moi, bu un bol de soupe (vieux bol acheté l’an dernier à la brocante)

J’ai lu mes mails, posté quelques commentaires sur des blogs amis
Puis sur mon Amazon j’ai cliqué, fait chauffer ma carte bleue

 

Plein de livres, une machine à pain, deux DVD se retrouveront sous peu dans ma boîte aux lettres (qui ne sert presque plus pour les lettres et les cartes postales) …

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