Ceci n'est pas un sonnet de Magritte (Joe Krapov)
Le poison s’insinue comme un pied dans la porte
Mais le vent ne vend plus son « Encyclopédie
Des roses parfumées à la liqueur trop forte »
Et puis rien ne s’oppose à cette comédie.
Un nuage de lait se pose dans la tasse,
Invite le nimbus à s’asseoir au fauteuil.
Personne ne sait plus très bien ce qui se passe :
Une envie d’éclater de rire dans le deuil ?
La montagne a pris forme d’oiseau au passage,
La femme a un bouquet de fleurs sur le visage,
L’homme au chapeau melon une trogne de pomme.
Une locomotive est sortie du foyer
Et tout est chamboulé au royaume de l’homme
Car je dors près d’un ciel aux ailes déployées.
Au feu ! (Sable du temps)
Il avait ouvert le journal, la tribune de Genève.
La nouvelle s'étalait, là, sous ses yeux, en toutes lettres.
En voyant la photo qui illustrait ce terrible drame, il s'était exclamé:
- " De dieu de dieu ! Depuis le temps que je l'disais qu'il y aurait un malheur, ça devait bien arriver un jour !
Si c'est pas Dieu possible, des badauds inconscients jouer avec les allumettes, où allons-nous ?
C'est affreux, oui affreux ! Je n'aurais jamais cru voir ça de toute ma vie. Quel désastre ! Que va-t-il se passer désormais ? "
Sous le coup de l'émotion, il avait appelé sa femme:
- " Viens vite, viens vite voir, c'est terrible, un vrai cauchemar ! "
- " J'arrive ! "
- " Allez, dépêche-toi … tu dors ou bien ? ! "
- " Oui, j'arrive j'te dis, y a pas l' feu au lac tout de même ! "
- " Eh ben … justement ... si !!! "
...
Au bout de ses doigts (joye)
ses doigts sentaient le basilic de notre jardin
ses pieds nus tâchés par le gris du sol
ses cheveux faisaient l’écho des marguerites folles
qui bordaient le chemin
nous servant de gardien
ses yeux étaient deux jolis boutons bleus de chicorée
sa peau brunie par les caresses sous notre ciel
et le rouge et le blanc de son sourire au soleil
ont fait de mon coeur
un beau porte-bonheur
quand j’ai enfin senti venir l’assaut
de ce premier nuage d’automne
j’ai fermé les fenêtres, j’ai verrouillé les volets,
j’ai tiré les rideaux
mais j’ai oublié
de fermer
la porte à clé
le lendemain matin, je me suis rendu compte qu’il pleuvait
dans notre maison, qu’il y avait de grosses gouttes partout
dans nos chaussettes, dans notre cuisine, dans notre café
même au coin de ses deux beaux yeux bleus
abandonnés
par l'été
le nuage est reparti sans un mot, sans au revoir
prenant avec lui toutes nos joies
et le rouge et le blanc de ce sourire au soleil
et l'odeur
de basilic
au bout de ses doigts
La porte, bon Dieu ! (Vegas sur sarthe)
Haute pression (Minuitdixhuit)
- C'est à cette heure-ci que tu rentres ? tonna la grosse voix grise de Cúmulo.
La petite Névoa, légère, s’évapora rapidement vers sa chambre pour éviter les foudres de son père.
C’était le dernier jour du printemps, l’été venait demain et, comme chaque été, elle ne partirait pas en vacances avec ses amis Nimbus, Cyrus et Stratus. Elle resterait seule là, à s’allonger parfois sur l’herbe d’un jardin, un peu en tout début de matinée, à pleurer une petite rosée puis à vite s’effilocher pour se blottir à l’ombre.
Voilà pourquoi, avant que tous les autres ne s’envolent vers le nord, pour ces destinations exotiques qu’elle ne connaîtrait jamais, França, Bélgica, Suíça, Evelynedheliat… où eux pourraient tout l’été s’égoutter à cœur-joie, pleuvoir de rire le jour, la nuit s’essorer comme des éponges dans des dépressions mémorables et finir au petit matin dans les volutes d’une belle bruine locale, elle était restée un peu tard en leur compagnie pour une dernière saudade, pas trop arrosée, au Bairro Alto.
- C'est à cette heure-ci que tu rentres ?
A cause de cela elle était devenue anti-anticyclonique. C’était vraiment trop dur d’être une jeune nuage incomprise, l’été, au Portugal.
****************************
Ci-dessous, le Portugal.
Cúmulo : Cumulus (nuage)
Névoa : forme poétique de « bruma », brume.
França, Bélgica, Suíça, Evelynedheliat : Pays imaginaires d’Europe centro-occidentale a parlé tout ou partiellement francophone, assez souvent pluvieux.
Saudade, Bairro Alto : je vous laisse vous promener à leur rencontre.
Participation de Venise
Le nuage criait dans le hall d’entrée ;
Y A quelqu’un ????
Il portait des gants de sure de grés et tenait un chasse-mouche de bazar qu’un habile joaillier des cieux avait orné d’un motif en perles turquoise.
Pour un tel affront, le nuage avait déjà reçu douze coups de fouet et s’en était allé pleurer sur les berges du NIL.
L’étrange panache de son hérédité de nuage n’était pas étranger à son audace et à sa déroute.
Son frère nuage s’était pris pour Dieu en traversant la cordillère des Andes et avait reçu une leçon très amère.
Il s’était mis à dire la bonne aventure aux Indiens !!
Demain avait-il dit en assombrissant le soleil quelque chose changera le cours de votre vie.
Ya quelqu’un gloussait il d’aise en pénétrant dans le palais.
J’ai un message pour le prince. !
Le Prince devint fou furieux à la lecture du message.
Le nuage commençait à être moins fier de lui et rêver qu’une bourrasque l’emporte loin du palais princier.
L’automne dernier on trouva des nuages pendus au treillage que soutient la vigne la plus fameuse de la ville.
Depuis il ne pleut plus le soleil brille de tous ses éclats
Les hommes ont fait silence sur la lettre d’adieu des nuages à la Terre
Changement d'adresse
Hotmail a été racheté par Microsoft.
Les adresses hotmail sont donc aujourd'hui gérées par cette société et le nom de l'application est devenu "Outlook".
Poussée par je ne sais quelle préoccupation sécuritaire (peut-être pour nous protéger des intrusions de la NSA :-) ), Microsoft nous demande d'introduire un code envoyé par mail au propriétaire du compte-courrier, lequel propriétaire se trouve être une de nos mères fondatrices. Nous avons fait une tentative avec l'aide de celle-ci, mais elle a échoué et nous bénéficions aujourd'hui du dernier jour d'accès à notre compte-courrier actuel.
Comme Val est un brin débordée avec sa petite famille, nous ne voulons pas l'obliger à consacrer trop de temps à dénouer ce sac de nœuds et nous avons décidé d'utiliser une autre adresse.
Nous vous demandons donc d'utiliser à l'avenir la nouvelle adresse suivante pour l'envoi de vos participations et de vos courriers :
samedidefi@gmail.com
Désolés de cette petite complication indépendante de notre (bonne) volonté.
Défi #261
Ont joué les nounou(r)s
![]()
Minuitdixhuit ; JAK ; Joye ; Venise ; Vegas sur
sarthe ; Droufn ; Joe Krapov ; Prudence Petitpas ;
MAP ;
Couronné Mot (Prudence Petitpas)
Juteusement sur le papier
Eclaboussé, il s’est jeté
Contre la feuille et tout trempé
Le mot aspirait à sécher…
Jalousement sur le carton
Il rêvait d’être polisson
Et joyeusement, s’est déclaré
Etre le maître des mots usés…
Cérémonieusement,
S’est fait couronné
Par des phrases entrecoupées
De tout plein d’onomatopées
Faisant : ho, ha, hé, t’es pas gêné ?
Le mot juteux a déclamé
Etre le roi des mots bafoués
Célestement a paradé
Au milieu des calembours interloqués
De pouvoir jouer sur les mots
Sans causer d’autres maux
Que le vacarme d’une feuille remplie
De lignes et de signes amis
Qui réunis, enfin se livrent
Afin d’écrire le plus beau livre…
Que même un enfant pourrait lire…
Participation de Venise
Les géants avaient décidé de me confier une étrange graine qui devait disaient ils élever ma conscience.
Ils m’avaient observé quelques secondes en souriant et les géants avaient doucement refermé la porte.
C’était une graine forte étrange composée de feuillets mouchetés d’encre noire.
Mais, ce sont mes pieds qui retenaient plus aisément mon attention.
Je savais que les géants n’aimaient pas ce genre d’exploration, mais je savais leur tenir tête.
Les méandres paresseux des nuages me tenaient compagnie et je délaissais peut à peu la graine aux feuillets multicolores.
Comme une tige de bambou au milieu d’un fleuve, je dormais quand les géants qui rôtissaient à petit feu sur la pelouse se mirent à pousser d’étranges cris.
De la fenêtre on pouvait voir le soir tombait, les collines étaient roses et nacrées comme les ongles des géantes aux gros seins.
Un profond sentiment se solitude s’empara de moi et je me mis à observer les étoiles.
Souvenir d’enfance Albert Einstein.

Cinq petites légendes pour le début d'un siècle (Joe Krapov)
- Ce n’est pas un peu tôt pour lui donner à lire du Emile Ajar ?
- « La vie devant son soi », vu l’âge qu’il a, c’est idéal, non ?
- Dis chérie, tu n’aurais pas vu mon édition du Kama Soutra illustrée par Dubout ?
- La chair est triste hélas et j’ai lu tous les livres !
- Pas moi ! C'est le premier qui me tombe sous la main et je crois que je vais le dévorer !
- Tu ne crois pas, chéri, que ta mère aurait mieux fait de lui offrir une liseuse ?
Il appartient quand même à la génération Y 3.0, non ?
Photo de notre oncle Walrus, enfant, se lançant dans la « Recherche du temps perdu »
(à moins qu'il ne s'agisse d'Adrienne ?)
Participation de Droufn
Le canapé est magnifique quoique un peu salissant pour une sieste crapuleuse. Il aurait mérité d'être au premier plan et le gosse derrière avec son ours, car je doute que ce soit le môme qui soit à vendre, non? Donc soit le photographe est con, soit c'est une feinte pour cacher une grosse tache de pizza. Voilà, c'est tout ce que cette photo m'inspire. Je parle pas du tapis, j'aime pas les tapis, ce sont des nids à poussière. Ni du livre d'ailleurs, je lis pas..











![89050150[1]](https://storage.canalblog.com/68/99/447472/89244449_p.jpg)



