Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 622
Derniers commentaires
Archives
16 octobre 2010

Le dit du vent (Captaine Lili)

Chut !
Je filais dans les roseaux
Me reposer de là-haut

Chut !
Si j’ai bousculé la dune
Oui, c’est la faute à la lune

Chut !
Du  sable or éparpillé
Des mots bruns ont échappé

Chut !
Je jouais dans les roseaux,
J’aime leur bruit sur mon dos

Chut !
Si je m’esquive à la brune,
Serpentant vers les lagunes

Chut !
C’est que les mots exhumés
Sont lourds d’un cœur déchiré

Chut !
Ce que m’ont dit les roseaux
Me fait chagrin bien trop gros

Chut !
Pour vous conter l’infortune
De la demoiselle brune

Chut !
Un poète j’ai cherché
A qui d’autre me confier ?

Chut !
J’ai trouvé dans les roseaux
Une touffe de sanglots

Chut !
Je l’ai livrée à Neptune
Le secret n’est plus que runes

Chut !
Galets polis et usés
Par une mer éplorée

Chut !

Publicité
16 octobre 2010

Garde ça pour toi ! (Adrienne)

- Surtout, garde ça pour toi ! On m’a dit ça en confiance !

Quand ma mère me sort cette phrase-là, je sais qu’elle l’a prononcée avec la même conviction à son amie G***, à l’occasion de leur dernier papotage autour d’un café et de biscuits.
Qu’elle l’a répétée au téléphone à son amie K***, qui a déménagé mais est restée friande des potins « de chez nous ».
Qu’elle l’a chuchotée entre deux portes à sa voisine du dessus.

Je le sais, parce que la voisine du dessus s’empresse de le raconter à sa fille, qui est une de mes jeunes collègues et qui aime me montrer qu’elle est dans le secret des dieux.

Je le sais, parce que l’amie G*** le raconte à son fils, pour qui je fais la cuisine de temps en temps, et qui est très fort pour mettre ingénument les pieds dans le plat.

Et l’amie K***, comme les roseaux de la fable, le raconte à tous ceux qui veulent l’entendre.

***

- Et toi ? Pas de nouvelles ? Tu ne me racontes jamais rien ! se plaint ma mère.

16 octobre 2010

Les choses secrètes qu’on ne fait qu’en vacances et dont on n’a pas forcément envie de parler après (Joe Krapov)

1)    Apprécier les journées qui commencent mieux que les autres.

La baguette de pain est commandée pour arriver à huit heures et, ça tombe bien, à 7 heures 20 ce bouffon de Joe Krapov est réveillé. Quand il met le nez dehors de la tente, l’examen des conditions météorologiques met en joie la moitié masculine du ménage cyclotouriste : le vent est tombé, le ciel est bleu, bien que chargé de nuages blancs dont on sait très bien, à Pont-Coblant, Finistère, que cela ne veut rien dire tant ils peuvent, dans la demi-heure qui suit, devenir gris ou noirs. A 9 h 25, le petit déjeuner absorbé, on met en route nos bicyclettes en direction de Châteaulin. La première borne kilométrique rencontrée le long du canal de Nantes à Brest porte le n° 338 et nous indique que cette petite ville se trouve à 21 km d’ici. A la première écluse, chacun de nous donne un coup de pompe à sa roue arrière. Ce n’est pas que nous aurions abusé du taboulé la veille au soir. C’est juste qu’il faut bien expliquer pourquoi on se retrouvera, un peu plus tard, rendu au point n° 5 de ce récit.

2)    Entendre une détonation qui vous fait changer vos plans

A l’écluse suivante, nouvel arrêt. Mon vélo fait un drôle de bruit. Ce n’est pas le cadenas qui cogne contre le cadre, c’est plutôt comme si la roue était voilée et que ça frottait quelque part. L’œil sagace de Marina Bourgeoizovna repère que c’est au niveau du frein que se situe le problème. Le pneu arrière commence à se déchirer et le coup de pompe a fait enfler la chambre à air qui cherche à se faufiler par la brèche. Je sors la clé miracle, desserre le frein et reprends la route sans être plus gêné mais sans plus avoir non plus trop de freins à l’arrière. Le temps reste beau et variable jusque Châteaulin avec à nouveau du vent dans le nez à l’arrivée. Nous pique-niquons au pied du pont et puis finalement, Marina décide de m’accompagner jusque Port-Launay et au-delà. Nous prenons un café dans un restaurant routier près du viaduc de Guilly Vraz. Auparavant Epouse-qui-pense-à-tout-et-même-à-sa-gourmandise a acheté deux parts de pommé dont nous décidons de concert qu’elles constitueront notre « quatre heures après l’effort le réconfort ». Au retour de Guilly Vraz, je photographie les bateaux de Port-Launay. A Châteaulin, nouvel arrêt pour acheter « Télérama » et « Le Canard enchaîné ». Puis c’est à nouveau la route qui longe l’Aulne avec une tout autre lumière qu’au matin, beaucoup plus variable. Cette fois-ci nous avons le vent dans le dos et je suis tout heureux de filer deux fois plus vite qu'à l'aller. Une écluse, deux écluses sauf que d’un seul coup je sens à nouveau que ça coince à l’arrière. Je me retourne et je vois quoi ? Une montgolfière ! Non je déconne : il y a un type à l’intérieur de mon pneu qui est en train de mâcher un Malabar et fait de splendides bulles, vous savez de ces gros ballons qui finissent par vous claquer au nez et justement… BANG ! Un vrai coup de fusil ! Qu’est-ce qu’on s'éclate ! On est à dix-neuf kilomètres du camp de base. Vous aimez la marche, Joe Krapov ?

DDS119consigne_midas2


3) Marcher en poussant son vélo

J’ai crié deux fois et Marina qui était devant s’est arrêtée pour m’attendre. J’ai encore dans l’idée de changer la chambre à air mais quand j’arrive à sa hauteur force nous est de constater que le pneu est foutu, déchiré sur à peu près dix à vingt centimètres. Nous convenons que je vais marcher jusqu’à l’écluse suivante, qu’elle va retourner au camping et venir me rechercher avec la voiture.

4) Vérifier qu’un gag de Woody Allen est toujours prêt à se répéter dès qu’il le peut


Me voilà donc à pousser mon vélo crevé sur le chemin de hâlage (je mets un accent circonflexe sur halage car même avec le soleil sous nuages nous sommes revenus très bronzés de ce séjour en Finistère). Un peu déçu de ne pouvoir inscrire 55 kilomètres à mon compteur ce jour, je m’interroge. J’ai de la lecture pour attendre, il doit bien exister une route qui mène à chaque écluse, la prochaine est, au pire, à deux ou trois kilomètres. Que voulez-vous qu’il m’arrive de fâcheux après cet incident ?
Qu’il pleuve ? Oui, bien sûr. A 14 heurs 43, lorsque j’arrive à l’écluse, il se met à pleuvoir à verse ! La dame de l’écluse me suggère de m’abriter sous son hangar un peu plus loin.

5) Attendre la voiture-balai en compagnie d’un vieux boxer sous le hangar à voitures de l’écluse de Prat-Hir (Prat-Hir, c’est pourrir un peu !)

Bon, ben là, j’ai tout dit et j’ai même pris la photo. Marina arrivera deux heures après. D’où je déduis que la lecture du « Canard enchaîné » de la page 1 à la page 8 en mode linéaire et en lisant pratiquement tout (sauf l’ours parce que le boxer veut bien supporter un Ch’ti rennais qui sent le chien mouillé près de sa niche mais a une dent contre les Pyrénéens), c’est deux heures. Voilà un euro et vingt centimes bien placés, même si ce qu’on lit là à propos du monde est parfois assez déprimant. Inutile de vous dire combien la douche et le pommé à l’arrivée ont été bien appréciés !



Quant au rapport de ce récit avec la consigne Papistachienne, à part le secret éventé d’une journée Krapovienne ridicule, le voici : si vous avez un jour un pneu crevé à Pleyben, faites comme moi, prenez votre mal en patience : le Midas du coin n'est pas facile à trouver !

DDS119midas


16 octobre 2010

Défi #119 (32Octobre)

 

Jour – 6 avant le 4ème anniversaire de ton premier message…

C’est mon secret, pardon notre secret.

 

Mais mon TOC à moi de compter les jours, de prendre des points de repère.

Alors, Vent, s’il te plaît, tiens ta langue !

 

Je persiste et ligne, Monsieur Vent a une langue.

Vous n’avez jamais vu les nuages qu'’il sculpte dans le ciel. Regardez bien et vous en verrez des géantes… vous en verrez des œuvres d’art dans le ciel. Vous vous en raconterez des histoires beaucoup plus belles que notre secret.

 

Vent se fait fi du 22. C’est avec impatience qu'’il attend le 31 octobre… il veut révéler à tous ce merveilleux secret. Je le sais, je le sens.

Ces jours derniers, il a soufflé de plus en plus fort. Et si j’allais regarder de près le bulletin météo des jours à venir, je tremble d’avance. Va-t-il s’emballer ? Non, très bonne nouvelle… le vent tombe, sa force décroit de jour en jour. Pour le 22, dame Grenouille annonce à peine 6 kilomètre/h.

Ouf, je devrais être sauvée cette année encore…

 

C’est un secret… cela ne se révèle pas, Monsieur Vent.

Vent mon ami, tais-toi !

 

Je sais que tu comptes les jours, tout comme moi.

Tu trépignes, sale gosse que tu es.

Va-t-en loin de nous soulever des tempêtes, mais pas dans notre vie.

 

Non ! Non ! Ne révèle pas notre secret.

Veux-tu que le ciel nous tombe sur la tête ?

Veux-tu que son sourire disparaisse, lui qui ne veut pas que son secret éclate à la face du monde ?

 

 

Vent, s’il te plaît, T A I S – T O I !!!


16 octobre 2010

Défi #119 (Venise)

venise

Je répandrai la nouvelle dans toute l’Asie mineure.

Je passerai ainsi à l’ennemi, je détournerai le regard sur ce seigneur qui triche, ment et appauvrit mon peuple.

J’ai vu ses conseillers prendre tout le blé et détourner les rivières.

Je vois que la bonne pluie ne donne récolte qu’aux riches, je répandrai la mauvaise herbe.

Il est venu animer des guerres et il effectue des travaux de sape pour nous perdre.

Ce roi veut nous tromper et cherche à nous soumettre.

Je sais qu’il cache dans les souterrains de sa demeure des prisonniers qui meurent sous la torture. 

Des sentinelles portées par le vent souffleront la nouvelle et même si tout est encore imprécis, le peuple abattra les murs de son empire pour manger à sa faim.

Les brèches feront trembler ce seigneur qui connaîtra sa pire défaite.

Il y aura des infidèles mais qu’importe, la rébellion viendra parce que la peur de manquer de vivre se saura bien vite .

Il n’y a plus de céréales, les récoltes sont mauvaises pour le peuple, le roi connaît la truculence.

Les sommes princières ne se redistribueront pas. Il organise notre pauvreté et le carnage n’est pas loin. On n’osera pas croire à ce secret que je délivre mais bientôt le vent va se lever sur la plaine.

 

Publicité
16 octobre 2010

Haïku du secret (MAP)

Secret

16 octobre 2010

Arbre généalogique du secret (Val)

Gontran avait un secret.
Il l’a dit à : Isa, Mag, Jasmine, Michel et Arnaud.

Isa a confié le secret à : Valérie et Jean.
Valérie l’a répété à Louise.
Qu’a fait Louise de ce secret ?

Mag a révélé le secret à Elodie.
Sur qui Elodie s’en est-elle déchargée ? On ne sait pas (pas encore).

Pour Jasmine, Michel et Arnaud, on n’a pas encore d’information quant à leur descendance du secret de Laurent.

C’est pas clair ? Je comprends !
Je fais un arbre pour vous éclairer.

Arbre généalogique (en cours de réalisation) du secret de Gontran :

val1192


Comme vous pouvez le constater, cet arbre n’est pas terminé. Des recherches ultérieures feront sans doute apparaître de nouvelles cases. Le doute subsiste.

Conclusions ?
-    Engendrer un secret nous fait vite devenir le patriarche d’une famille nombreuse.
-    Les secrets se reproduisent comme des lapins !

Vous croyez que ça pourrait être inventé, comme métier, généalogiste des secrets ?

9 octobre 2010

Défi #119

Il est pesant le secret surpris, si écrasant qu’à l’instar du serviteur du roi Midas, votre personnage, pour s’alléger du fardeau, l’a enfoui dans le sable meuble du désert ; mais une touffe de roseaux a poussé  au bord du trou et le vent s’insinuant entre les feuilles s’est emparé du secret et l’a répété.

Soyez ce confident accablé... ou le vent, le roseau, le sable du désert, le secret... à moins que vous ne préfériez être la victime trahie... ou tout à la fois.
Défi signé Papistache

Nous attendons vos révélations à l'adresse habituelle

samedidefi@hotmail.fr 

A tout bientôt !

9 octobre 2010

Ont pondu leur texte sans pâté (d'alouette)

9 octobre 2010

Alouette, tu pars... (Joye)

Alouette, tu pars…

Tyler Clementi, étudiant à l’Université de Rutgers, s’est jeté du Pont George Washington
dans la nuit du 29 septembre 2010. Il avait dix-huit ans.


le gosier tout gonflé de jeunes mélodies…

Ce jeune homme était un violoniste talentueux. Sa toute dernière partition portait les traces de désespoir,
de trahison, d’humiliation, sa vie privée atteinte par un autre qui ne comprenait pas
que l’amour entre deux individus ne regarde pas un tiers,
ni des milliers d’autres…


Et tu vas saluer le jour renouvelé…


Dans un monde où la pudeur, le respect, et la compassion
sont à la portée de tous, un monde où
la haine et la méchanceté ne sont plus que des mots oubliés
dans un vieux dictionnaire.

tyler_clementi

Image de www.teenspress.com

9 octobre 2010

LE CHANT DES OISEAUX (Lorraine)

Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies
Et tu vas saluer le jour renouvelé
Bonjour, la compagnie !

Le merle s’est perché sur le clocher là-haut
Et siffle ses folies
J’entends le sansonnet, ou plutôt l’étourneau
Parler de l’Italie

Le jaseur d’Amérique a mis son bandeau noir
Il dit qu’il fait très doux
Le geai bleu est bruyant pour annoncer le soir
Il vient je ne sais d’où

Voici le roitelet, huppé ou couronné
« Sisisi…sisisi
Dit-il, ne vous déplaise ! Et sans tergiverser
Voyez…il est assis! 

Ah ! beau chardonneret élégant et charmeur
Ta voix, ton gazouillis
Agacent  le pinson qui se pose,  râleur
A l’ombre du taillis

Vous êtes les oiseaux innombrables chanteurs
Volant à votre guise
Je guette vos refrains avec l’espoir au cœur
Quand le jour agonise

Et si je rêve un peu à l’envol de vos ailes
C’est que vous êtes beaux
Comme un bonheur perdu quand peu à peu chancelle
Le chant sous vos jabots.

 

9 octobre 2010

Pâté aux girolles (vegas sur sarthe)

André Theuriet a dit:
"Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies,
Et tu vas saluer le jour renouvelé".

Mais c'était sans compter
sur tous nos chérubins inscrits à la comptine
qui rêvent de plumer
Et ta tête et ton bec, tes yeux de gélatine

Ton dos ré-mi-mi-ré
Ton cou de chocolat, tes ailes nougatine
Ta queue saint-honoré
jusqu'au couplet final beurré sur la tartine

Méfie toi des gourmets
Tu as beau turluter mieux que le rossignol
ton gosier tout gonflé
finira, refroidi, en pâté aux girolles.

9 octobre 2010

Comme un chant d’oiseau (Vanina)

A 16 ans, elle est belle comme un cœur, une Sylphide romantique : elle tombe amoureuse. Elle est danseuse étoile, lui danseur plein de charme. Ils entament un pas de deux, leur corps est graphie, ils se marient.
Mais voilà, elle avait été trop confiante, Lallouette, car c’est son nom, est un homme volage, avant même leur mariage, il la pigeonne. Mais ce ne fût pas la mort du cygne, elle est oiseau de feu, flammes de Paris : nous sommes dans les années 30, elle demande le divorce et l’obtient !
Dans un grand jeté, elle fredonne :
« L"Al(l)ouette, tu pars, le gosier tout gonflé
de jeunes mélodies,
et tu vas saluer le jour renouvelé"*
dans les bras d’une autre parmi
tant d’autres dont plus jamais
je ne serai ! »
Elle n’a pas 20 ans, elle n’a plus qu’à s’envoler de nouveau. Construire un autre nid…
Le jour se lève sur le sacre du printemps.


* Vers d'André Theuriet (1833-1907) tirés de son poème "Petite alouette"

9 octobre 2010

Alouette (KatyL)

Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé 

Les ailes engourdies.                  

Où vas-tu saluer le jour renouvelé ??       

Ultimes mélodies,

Entendras-tu ce chant d’infinie poésie ?

Ton nid moelleux quitté

Tu fends déjà le ciel en quête d’ambroisie,

Et de la vérité.

*********************************

Alouette, tu pars, dans le clair firmament

Libre épanouie,

Oiseau des champs de blé, tu voles fièrement

Une lueur bleuie,

Et tes ailes blanchies de l’aube naissante

Ton plumage ouvert,

Ta robe déployée agile évanescente,

Exil au ciel, d’hiver.

************************************

Alouette, tu pars, esprit désemparé
L’aube monotone

Oublie déjà le chant dont tu l’avais paré

Un jour de l’automne.

Elégant voyageur, vis avec audace !

Tu fuis léger et libre,

Tu emportes de moi un regard fugace,

Et mon cœur qui vibre.

9 octobre 2010

Guillaume, le cor et le lit (Berthoise)

J'aime le son du cor, le soir au fond des bois...
Non, pas tellement. Enfin, je ne crois pas. Ai-je déjà entendu le son du cor,  le soir, au fond des bois ? À bien y réfléchir, non. J'ai déjà entendu le son du cor, mais ce n'était ni un soir, ni au fond des bois, c'était un après-midi, dans une cour de ferme
. Pour être honnête, le soir, c'est souvent au fond de mon lit que je suis, et le soir, du fond de mon lit, c'est la chouette que j'entends. La chouette vit au fond des bois, elle. Mais elle daigne approcher l'orée du bois pour m'honorer de son chant. Qu'elle en soit ici remerciée. J'aime entendre la chouette, le soir, du fond de mon lit.
Du fond de mon lit, au printemps, j'entends aussi les querelles incessantes des hirondelles qui nichent dans la remise. Le matin. Le soir, je ne les entends pas. Peut-être, quand vient le soir, au printemps, suis-je moins attentive aux querelles des hirondelles.
J'entends aussi le chant du merle et celui de la grive musicienne.
Mais celui que j'écoute et qui me ravit, c'est celui de la chouette, le soir, au fond de mon lit.
Pas d'alouette dans mon orchestre  pour me chanter l'aubade. Aussi je ne puis dire avec le poète :

"Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
               De jeunes mélodies,

Et tu vas saluer le jour renouvelé."

Chez moi , l'alouette se mange en pâté. Mon grand-père s'appelait Guillaume.

Mon bon Guillaume, as-tu bien déjeuné ?

Mais oui madame, j'ai mangé du pâté.
Du pâté d'alouette,
Guillaume, Guillaumette.
Chacun s'embrassera
Et Guillaume restera.

9 octobre 2010

Souliko (Joe Krapov)

Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
De jeunes mélodies
Et tu vas saluer le jour renouvelé.

Mais connais-tu aussi cette chanson de Géorgie
Que j'adaptai hier
En français ?

Même si je n'ai pas la voix appropriée
D'un rossignol milanais
Laisse-moi te la chanter :

081228_156

1

Dans le cimetière de province
Où n’est enterré aucun prince
Mes pas font crisser les graviers de l’allée
Et dessous la voûte étoilée

2
Un rossignol chante sa chanson
Pour accompagner à l’unisson
Mes sanglots muets et ma douleur profonde
D’être resté seul en ce bas-monde

3
Oh ma Souliko où donc es-tu ?
Mais le rossignol soudain s’est tu
Une rose rouge pousse au pied d’un arbre
Souliko est là sous le marbre

4
Ici gisent nos amours mortes
Nos bonheurs que le vent emporte
Et ce que souligne la petite rose
La fragilité de toute chose

5
Chante rossignol chante encore
Peut-être que tu n’as pas tort
Joins ta mélodie au bruit sourd de mes pleurs
Ton grain de folie à ma douleur

Pour entendre la chanson en français par Joe Krapov, cliquez ici



9 octobre 2010

"Petite alouette" (Tiphaine)

… Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
               De jeunes mélodies,
Et tu vas saluer le jour renouvelé…

Puis plus rien…
L'enfant regarde le maître, le maître regarde l'enfant.
L'enfant voudrait bien se souvenir de la suite.
La suite voudrait bien se souvenir de l'enfant.
Et le maître ?
Le maître attend.
Il a tout son temps, le maître.
Mais pas l'enfant.
Mais pas l'alouette.

Dans le fond de la classe des chuchotements légers :
- Dans l'air te balançant, tu montes et tu chantes,

               Et tu montes toujours…
L'enfant n'entend pas, il regarde le bout de ses chaussures.
Le maître entend, il fronce les sourcils d'un air sévère.
Les chuchotements cessent aussitôt.
Puis plus rien…

L'enfant regarde le maître, le maître regarde l'enfant.
L'enfant aimerait faire plaisir au maître.
Le maître aimerait faire plaisir à l'enfant.
Mais l'enfant ne se souvient plus des mots.
Mais les mots ne se souviennent plus de l'enfant.
Et le maître ?
Le maître sait les mots.
Il a tous ses mots le maître.
Mais pas l'enfant.
Mais pas l'alouette.

L'enfant baisse la tête.
Le maître se lève.
Derrière la fenêtre, un frôlement léger…
Comme un battement d'ailes.

9 octobre 2010

défi 118 (Caro_carito)

lampe_houssin

Une question d’éclairage

Le ciel est bas et le soleil ne pointe pas entre les deux tours. Je viens d’entendre le bip du micro-ondes, pas le temps d’allumer la cafetière ce matin. Le reste de café d’hier suffira, ajouté aux cinq minutes avant de plonger en apnée. Les grèves du jeudi filent encore dans le trafic du métro. Heureusement, les averses des deux derniers jours se sont essoufflées dans la nuit.

Une mésange vient de dégringoler du cerisier. Savourer la pause au goût amer, où chaque parcelle de mon corps se détend et, où mes pensées frémissent, attentives à l’envol de l’oiseau, à ce nuage tumultueux ourlé de bistre.

« Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé... »

La voix s’éteint en même temps que ma tasse cogne la table. La tension est revenue, dans la minute, ils vont tous se réveiller et, de nouveau, cette voix nasillarde reprendra en boucle ce refrain idiot. Des bruits de porte, de douches interminables, des cris, des bousculades, il y aura Paul et Philomène, qui engloutiront un bol de céréales, les deux petits suivront. Stéphane arrivera, tranquille, en jean et chemise impeccable. Après lui, une odeur de vieux accompagnera le bruit haché d’une canne sur le carrelage. Une odeur surette, désagréable, envahissante. Tenace. Je le hais.

«        De jeunes mélodies,

Et tu vas saluer le jour renouvelé. »

Tiens, aujourd’hui, il a retrouvé un gramme de mémoire. Mais il chante toujours aussi faux. L’autre jour, dans un accès de franchise, j’ai mentionné que cette torture devrait être interdite, Stéphane l’a apparemment mal pris en me débitant un discours sur les bases de la république, la sainte trinité, liberté gnagna, gnagnagné. C’est pourtant pas son père…

« Alouette, Alouette… »

Tiens le disque est rayé. Embouteillage à l’entrée pour ceux qui sont en retard, pour ceux qui sont à l’avance et Magali, l’aide qui s’occupe du vieux, sonne à la porte. Un des jumeaux, bonnet de traviole sur la tête, se précipite et j’entraperçois une silhouette vaguement féminine et le sourire énergique. Comment peut-elle le supporter ? J’entends le rythme inégal de la claudication. Les petits sont déjà dehors. Stéphane sourit au duo que forment l’insupportable vieillard et son massif ange gardien fraîchement débarqué. Elle vient de défaire son manteau. Sanglée de blanc, elle se tourne lentement vers lui et ils entament de concert le refrain, le visage ridé s’éclaire tandis que les mesures se répètent. Je les verrai presque baver d’admiration, mon spectateur de mari et le couple de rossignols. Je m’éclipse en bafouillant que je suis en retard, mais personne ne m’écoute.

Je suis loin déjà et les odieuses notes résonnent, toujours et toujours…. Je sais bien pourquoi ils lui sourient tous ; il est bourré de fric. J’ai bien vu le rictus de Stéphane quand nous étions tous réunis, deux sœurs / un frère et les pièces rapportées, pour se partager le vieillard ; soit couper en trois les quelques semaines où il vivrait encore sans complètement perdre la boule. Les deux aînés, les préférés, je savais qu’ils étaient prêts à tout pour ne pas laisser une miette des immeubles et des actions, des bijoux et des pièces rutilantes du coffre. Et d’autres conneries aussi. J’allais dire que je ne voulais pas de lui, quand Stéphane m’a prise de court ; nous nous sommes retrouvés avec le paternel, le lundi suivant.

À cet instant,-là, dans le bureau où bataillait des styles de nouveaux riches, j’ai détesté le visage de Stéphane sous l’éclairage hideux de la lampe Houssin. Tout comme j’abomine chaque jour davantage les lèvres mielleuses de sainte Magali, protectrice des futurs grabataires dans la blancheur du matin. À chaque fois, j’entends « la mise sur le vieux ! » et le tiroir-caisse qui chante.

Je ne veux pas de lui, il ne m’a jamais aimée. Ma mère est morte sans réponse à ce reproche, étais-je sa fille ? Vraiment ?

Je sens l’air froid, je me prépare à démêler les lignes du standard d’une voix attentive et policée. Dès la fin de la ligne de tram. Je m’en fous. Hier, quand je suis allée éteindre sa télé, écran plat, beuglante à souhait, je l’ai enfin vu. La lumière blafarde avilissait ces joues, révélant des cheveux épais et sombres encore. J’ai passé mes mains dans mes boucles cuivrées, caressé mes tempes à peine blanchies. À l’évidence, je ne saurais jamais.

Mais, cela n’avait plus d’importance, j’avais décidé, je n’étais plus sa fille. Tu peux aller saluer le jour renouvelé, avec ton cerveau en pâté d’alouettes, tu peux bien crever. Mais surtout, tu peux bien vivre.

9 octobre 2010

Il est de ces écrits qui ne sont pas perfectibles (Adrienne)

Messieurs

En 1852, votre Compagnie choisit comme sujet du concours de poésie l’Acropole d’Athènes. Je sortais du collège ; le sujet proposé me tenta, je résolus de concourir et de faire tout d’abord plus intimement connaissance avec les poètes grecs. Mes lectures me révélèrent la souveraine beauté de la poésie antique. Je croyais me tremper dans les eaux sacrées des sources Castalides et je prenais volontiers mon admiration pour l’inspiration poétique. Ce fut une période d’enchantement. Je composais mon poème sous les arbres d’un modeste jardin de province aux murs tapissés de framboisiers. Des plantes depuis longtemps démodées y fleurissaient fidèlement chaque année aux mêmes places. Derrière les pignons voilés d’aristoloches, je voyais pointer un clocher où les heures sonnaient discrètement. Aux mourantes rougeurs du crépuscule, je relisais avec attendrissement la page commencée et il me semblait, dans l’égouttement sonore des fontaines, dans les vibrations des cloches, entendre une voix familière qui murmurait :

"Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé
               De jeunes mélodies,
Et tu vas saluer le jour renouvelé."

+++

N’ayant pas l’honneur de connaître cette fine plume française, j’ai passé son nom à la moulinette googleuse et suis arrivée sur son discours de réception parmi les Immortels. Il est de la même eau que les trois vers que nous devions utiliser, d’où le titre de cette contribution 118…

Depuis Alphonse Daudet et son sous-préfet aux champs, on sait quel effet peuvent avoir sur les âmes les petits bois de chênes verts, les oiseaux, les violettes et les sources.

9 octobre 2010

Roucoule, racole (Séb B)

prostitution_h192

source : http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2007/10/01/prostitution_h192.jpg

Roucoule, racole...

Dans ce ciel irisé d'or ou de pics d'ozone

Alouette, tu pars, le gosier tout gonflé

De rire et de terreur, nue comme l'Amazone

Qui trahie par la Ville exhibe aux mal-famés

De jeunes mélodies

Pour un peu de sursis

De farouches épaules

Pour échanger son rôle

Et tu vas saluer le jour renouvelé

Après ta nuit de rouille au bord de gros trapus

Dans le matin froissé comme un espoir gâté

Et d'une aile sans phare on te jette à la rue

De jeunes mélodies

Pour un peu de sursis

De farouches épaules

Pour échanger ton rôle

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 > >>
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité