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Le défi du samedi

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13 août 2016

Bien essayé MAP ! (Walrus)

Mais j'ai tout de suite reconnu la pierre de la côte de granit rose :

Granit2

 

Les beaux-parents de ma fille ont une maison dans les Côtes d'Armor.

Granit1

 

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13 août 2016

Ruines whisky et petites pépées (JAK)

 

Chers amis

Délaissé par ma belle, déçu de mes promenades dans les rues à contempler des scènes bonnes pour les badauds, je décidais d’aller chez mon oncle   surnommé dans la famille ; l’étranger de L’Irlande du Nord où il résidait plus précisément, dans un coin perdu

Je n’y étais jamais allé.  J’allais donc découvrir cette maison qu’il me décrivait dans ses courriers occasionnels, me recommandant entre autres de venir le voir.

Mais depuis longtemps je n’avais pas eu de ses nouvelles, et bien que le sachant très original, et un peu loufoque je ne désespérais pas malgré son âge, de le retrouver encore sportif et en pleine santé.  Je décidais donc de partir pour lui faire la surprise

Après de nombreuses péripéties routières et ferroviaires, j’arrivais enfin dans sa contrée, entre le comté du Kerry, et le comté de Galway, (mon once avait épousé une belle rousse Irlandaise).

À l’adresse indiquée au bord d’un lac je trouvais enfin ce semblant de maison, qui était plus que délabrée !

 

ja1

 Et je lus une annonce   plaquée sur les vieux murs ;

À louer !

 

En français, bien sûr, mon tonton ne sachant écrire le gaélique irlandais région où l'anglais y est proscrit et naturellement cela va de soi, le français aléatoirement !

Vous dire si cette affiche dénotait doublement !

Heureusement que le ciel était bleu, sinon j’aurais sombré dans le désespoir. Aventureux comme vous me connaissez, j’avais laissé repartir le brave paysan qui m’avait rendu jusqu’ici sur un chariot de fortune, cahin-caha sur des chemins caillouteux, en lui disant que je me débrouillerais bien tout seul.

C’était la fin de la soirée en attendant de prendre une décision pour la suite des évènements, et surtout d’enquêter sur ce qui avait bien pu se passer je décidais de dormir sur place.

J’avais un duvet dans mon havresac cela ferait l’affaire, et une nuit à la belle étoile n’allait pas gâcher mes vacances, j’avais déjà donné, et cela me permettrai d’épater mes potes en racontant mon odyssée au boulot, à la rentrée.

J’allais m’endormir sous un beau ciel étoilé, quand m’apparut Peter O'Tool.

Il avait avec lui quatre bouteilles de whisky du GLENTURRET 27 ans d’âge, Single Malt Ecosse comme vous pouvez le supputer.

Bizarrement je ne fus pas surpris bien que le sachant mort. Il devait errer en fantôme dans son pays d’origine comme ils en existent des myriades par ici.

Il me proposa de trinquer avec lui, Je ne refusais pas,       ayant moi-même un gout notoire peur ce délicieux breuvage.

A la deuxième bouteille, nous chantions à tue-tête le célèbre chant de Michel Sardou ; Les Lacs du Connemara

A la troisième il me propose qu’à nous deux nous jouions un remake de lord Jim où pendant une tempête, un officier de marine abandonne son navire et pour expier sa veulerie, se lance dans des aventures les plus périlleuses.

Courageux mais pas téméraire j’arrive à lui baragouiner, la langue pâteuse, que j’aimerai mieux choisir autre chose.

À la quatrième je l’implore de me faire apparaitre   la princesse. Margareth, la petite sœur de la reine Elizabeth, qui en son temps a été folle d’amour pour lui et avec qui il a eu une aventure……

 …………afin que nous nous en occupions un peu….

♥♥♥♥♥

 

Le lendemain matin, c’est authentique, le brave paysan qui m’avait déposé sur les lieux est revenu inquiet de mon sort … et au nombre de cadavres de bouteilles qui m’entouraient, il m’a rafraichi avec un seau d’eau qu’il était allé quérir dans le lac, bien frais.

Je n’avais plus aucun souvenir, mais deux choses étaient certaines la pancarte à louer n’y était plus, et sur un fil tendu entre deux arbres flottait au séchage un joli dessous féminin, qui avait forte ressemblance avec ceux qu’arborait la charmante Lady Antony Armstrong-Jones qui n’avait jamais eu la pudeur de cacher les siens du temps de son vivant ...

 

 

Après une bonne tisane requinquante, je vous dis tchao à la semaine prochaine

13 août 2016

Participation de Venise


ALLO ici Mars!!!
À VOUS.
Le vaisseau mère met quelques secondes à répondre.
Une grande catastrophe a dû mettre un point final à l’humanité de la terre.
Mais une vielle construction a survécu à l’apocalypse .
Pas de fleuristes et encore moins de clochards chefs.
Ici rien ne vient confirmer les saintes écritures.

Chef j’en perds mon chapeau melon.
Rien que cette ruine sur toute la surface de cette planète.
Est-ce le vestige d’une ancienne superette appelée dans leur langue étable .?

Non chef aucune trace de caisse enregistreuse je suis désolé .

CHEF , CHEF? On vient de retrouver un cookie fossilisé.
Le martien pose une main compatissante sur le mur de la vielle maison.
Et dire qu’ils n’ont pas eu le temps de participer à notre jeu préféré .
MISSION TO MARS. !!

 

ve

13 août 2016

Une façade de pierres par bongopinot

ruine


Une façade faite de pierres
De chaque côté des rochers fiers
Un petit sentier très escarpé
Un endroit un peu oublié

Mais pour celui qui veut voir
La vie arrive quand vient le soir
C’est un beau défilé d’étoiles
Un feu d’artifice qui se dévoile

Ce sont des papillons battant des ailes
Qui sifflent leurs notes irréelles
C’est le vent qui souffle sur les feuilles
Et les fait tournoyer dans le ciel en deuil

Ce sont des chats se reposant dans cet abri
Et avec eux bien d’autres amis
Ils viennent apprécier ce spectacle
Où rien ne leur fait obstacle

Ce sont les feux-follets et les esprits d'antan
Qui entament une danse du printemps
Cette ruine maintenant désertée
Cache encore des secrets bien gardés

13 août 2016

LA MAISON DE L’UNIVERS (Alain André)

 

J’ étais bien peinard dans les lignes d’un roman dont  j’étais le narrateur omnipotent ( tant qu’a faire ! )  ; Un double blouck sur mon ordi me signale l’arrivée d’un nouveau défi : Aussitôt, j’enfourche ma souris galactique pour aller visualiser la photo du défi 415, et me voilà dans un autre univers !

Ou suis-je ? Me dis-je ! Je ne sais pas, mais tu le sais peut-être, cher lecteur ?

 

Il y a parfois ces drôles de constructions en Bretagne (ou ailleurs, ne soyons pas absurdement chauvins : Nous autres bretons avons tendance à nous croire issus du nombril de la terre… Ce qui est vrai !  Mais nous ne devons pas le dire car c’est peu charitable pour ceux et celles, qui, nombreuses, ne sont malheureusement pas bretons ! ) ;  Or, il n’y a pas de doute sur leur origine : Ces constructions ne sont pas, comme on pourrait le croire, d’anciennes maisons de korrigans, ( bien que je me sois laissé dire que des korrigans en ont habité certaines! ) La stricte vérité de ces édifices est qu’ils constituent des passages vers des univers parallèles ! Je le sais, j’y fus hier encore ; Mais pour y passer, il faut avoir quelques savoirs ancestraux que seuls quelques initiés peuvent connaitre :

Tout d’abord, il faut être d’origine bretonne ! Ca n’est pas donné à tout le monde !

(Etre Breton, c’est, comment dire, plus qu’une simple appartenance à un peuple d’exception, c’est un état de grâce sublime que vous autres, vulgum pecus, ne pourrez jamais approcher, même en rêve !) 

  Mais ça n’est pas suffisant ! Il vous faut au moins un ancêtre druide ( deux, c’est mieux, un druide et une druidesse, par exemple, c’est bien !)

Bon, tu as ces deux conditions derrière toi, alors, c’est simple ! Tu entres dans la maison, Il faut, lorsque tu passes  la porte, dire en chantant :

Tud an Argoad ha tud an Arvor 
Tud diwar ar maezh ha tud ar c'hêrioù bras 
Tud Breizh izel ha tud an Naoned 

Diwallit' ta mar plij, diwallit' ta…    ( 1 )

(Gens des terres et gens des côtes,
Gens des campagnes et gens des grandes cités,
Gens de basse Bretagne et gens du Pays Nantais,
Prenez garde, je vous avertis, prenez garde!)

 

Bon, là,  en principe, le vent du large se met à souffler, la bruine se dissipe, ( oui, en Bretagne, en général, quand il ne pleut pas, il bruine !) un soleil noir se lève derrière la maison, et tu es happé dans le courant d’air.

Alors, c’est la découverte absolue ! A aucune autre semblable, les flots déchainés, la vive violence de l’infini te saisit le corps, et même nous, fétus de paille que nous sommes, nous ne pouvons pas résister.

Une si petite maison sans toit, ( ni toi non plus d’ailleurs ) un si grand Univers ! Rien, jamais ne peut remplacer cet immense bohneur qui t’étreint le cœur à ce moment là… Rien !

 

( 1 )   BREZHONEG RAOK, Alan Stivell

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13 août 2016

Prédication (par joye)

sans toit

C’est le chic des reli-

Gieux

De soigner tous les majes-

Tieux

Et ignorer les beso-

Gneux.

Mais c’est le chic des ingé-

Nieux

Et même certains des auda-

Cieux

De savoir laisser passer tous les

Dieux

Et barrer le diable.

13 août 2016

La porte grillagée (Pascal)


La porte grillagée ? Tu peux la considérer comme la gardienne du Sombre, du Noir, des Ténèbres, de tout ce que tu tais.  Regarde : même l’Ombre fugace s’y réfugie ; elle s’y confine, elle s’y courbe, elle s’y racrapote, sans laisser la moindre trace au dehors. C’est une crypte, c’est ton caveau…

Imagine l’endroit froid, impalpable, nauséabond, invertébré, glissant, entre l’hiver et un faux printemps, une sorte de no man’s land lugubre où se frôlent sans cesse les fantômes de ce que tu refoules au plus profond de toi.

Ce noir, c’est ton reflet le plus sombre, c’est tout ce que tu sais de toi et que tu veux absolument dissimuler au monde. Là, tu y as entreposé tes inhibitions, tes fantasmes les plus malhonnêtes, ton côté nébuleux, tes cauchemars les plus ternes, les plus vils, les plus sales, cette peur irraisonnée qui vient du fond des Ages, ton malaise au quotidien, celui que tu caches sous ton savant masque d’hypocrisie, tout ce dont tu n’es pas fier et que tu veux oublier, tous ces conflits sans issue, toutes ces paix sans drapeau blanc, tous ces malheurs qui s’affichent en rémanence dans ton quotidien médiocre.

Ils sont là, tes revenants, en grappe, en groupe, entassés ; ils se battent à coups de larmoiements, de plaintes, de cris déchirants. Ecoute le bruit infernal de leurs chaînes traînant sur les pierres usées. Sens-tu remonter de ces profondeurs l’odeur du Soufre, la transpiration des Souffrances, les effluves de l’Accablement, la fétidité du vêtement moisi de l’Ignoble ?
Tu pourrais les dresser, tu pourrais leur donner un nom, les habiller en costume de Rancune, en manteau d’Amertume, en parure de Désolation. Tu pourrais les aligner à la parade annuelle des Supplices, les comparer, admettre le plus ténébreux comme le roi des Soupirs Malheureux. Pêle-mêle, tes bassesses, tes mensonges, tes échecs, tes pannes, ta cruauté, tes passions exacerbées, tes péchés mortels, sont là. Qui détient la palme du Mal ? Qui mets-tu sur le piédestal du Tourment ? Ce noir, c’est de la déconfiture au sucre glauque de tes larmes endeuillées. Tu ne peux l’ignorer ; il est comme cette ombre bronzée d’incertitude tout enchifrenée de n’être pas au soleil des réalités. Toutes les portes grillagées que tu visiteras te renverront inexorablement à ton impuissance astrale d’aimer les autres…  

Si cette porte est fermée ? Rien n’est sûr. L’échange avec le Dehors est constant ; le jour, la nuit, le clair, l’obscur, le blanc, le noir, se croisent infiniment. Tu ne peux modifier cet état de transfert ; après les craintes de la Nuit, la charpie des Décombres, le feu du jour éteint perpétuellement les pires Maux…

La fenêtre sur le Ciel ? Ses rideaux bleus sont ouverts. Remarque comme elle est plus petite. Penses-tu que l’on peut mettre la quintessence de tout ce qu’on aime dans une si petite lucarne ? Penses-tu que l’on peut placer tous ses espoirs à la luminosité de cette ambiance tellement azurée ? Regarde ; aujourd’hui, il est cérulescent et magnifique.

Chaque matin, c’est l’avènement du monde et, chanceux, tu es présent au spectacle ; tu sais, on peut tout espérer à l’embrasement nouveau d’un jour fabuleux. Installe-toi dans son créneau et oublie tes blessures. D’abord, tu verras sûrement des avions flécher le ciel avec leurs traits cotonneux, tu regarderas passer des troupes de moineaux piailleurs et furieux, tu assisteras au déploiement des nuages vagabonds, tantôt fuyants, tantôt paresseux. Ce qui est important, ce n’est pas la couleur que tu vois mais c’est celle que tu voudrais y mettre pour fortifier ton paysage à l’allant de tes attentes les plus précieuses. Remarque comme tes yeux sont éblouis par cette immensité insondable.
N’est-ce pas réjouissant d’être seulement présent au Festin de la Vie ? Au bal de la Nature, te voilà le meilleur prétendant à sa Valse sans nulle torture !

Ensuite, dans la Lumière ardente, tu décèles le Courage, la Foi, la Générosité, la Sagesse. Toutes ces valeurs te grandissent et c’est pour cela que tu regardes vers le ciel. C’est rassurant, ces papillotements incessants dans tes pupilles ; ils sertissent ta vision de diamants éclatants ; tu as chaud, tu bronzes de l’intérieur, tes desseins se colorisent, tu brûles d’une Flamme incandescente ; elle prend sa source au plus près de ton âme.
Te voilà enthousiaste ! Il te vient des idées de quête comme des sacerdoces qui auraient pris du retard à cause de ces trains qui emportent dans des impasses, dans des vies parallèles, dans des idées reçues, sans nul exploit que celui de la morosité ! Toute ta vie, si inutile, il te pousse maintenant des ailes ! Tes illusions sont en chair et en os ! Tes rêves se palpent ! Les battements de ton cœur ont des chamades que tu ne peux pas  contrôler ! On dirait que toutes les horloges du monde battent à l’unisson pour te crier qu’il faut aimer la Vie ! Pourtant, c’est déjà le crépuscule et c’est comme ça tous les jours ; implacablement, dans le ciel, la nuit vorace prend la place. Horreur ! La porte grillagée s’est ouverte ! Affamés, les monstres sont dehors ! Ils vont encore se nourrir de toutes tes Faiblesses !...

Mais non, mais non !... Regarde à travers le petit fenestron ! Admire ces blanches  semailles, ces brillances dans le ciel ! La Détresse, c’est Antarès ! Le Délire, c’est Altaïr ! Le Cauchemar, c’est Achernar ! La Colère est Polaire ! Regarde celle-là filer ! Du bout de son aiguille « rabibocheuse », elle reprise le Bien et le Mal aux mêmes scintillations caressantes ! Ouvre grand les yeux, écoute la Voie Lactée, remplis tes poumons d’Humilité ! Sens-tu enfin la Vibration de l’Univers ? C’est le défilé du Grand Chariot, du Dragon, de l’Aigle, du Petit Lion ! Là ! Jupiter ! Cassiopée ! Véga !...

Au bout de la nuit, le jour renaît ; les couleurs s’aiguisent tandis que les frimas cafardeux se remisent derrière la porte grillagée…

13 août 2016

Ta prison (Marco Québec)


Des remords qui te bouffent
De la peur qui t’étouffe
Des doutes qui te bloquent
Des propos qui te choquent
Tu as fait ta prison
 
Des illusions perdues
Des rêves évanouis
Des déchirures mal recousues
Des espoirs enfouis
Tu as fait ta prison
 
Tu es en prison
Et tu gardes la clé
Bien serrée
Au creux de ta main
La solution
Est à ta portée
Si tu le veux bien

13 août 2016

S comme Secret bancaire ? (Joe Krapov)

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- Bon alors, Lenglumé, ces fichés "S" ?
- J’ai épluché toutes leurs dépenses de juin-juillet, Chef ! C’est du lourd ! Des vrais Scandaleux !
- Très bien ! Qu’est-ce que ça raconte ?
- Le 26 juin ils ont acheté pour 52 € de liquide inflammable au relais des Trois marches à Vezet-le-Coquin.
- Des pyromanes ? Des incendiaires ?
- Non, c’est juste de l’essence pour la voiture. Ils refont le plein le 5 juillet. 58 €.
- Ben dites donc, ça a roulé, on dirait !
- Ouais. La femme a fait tout un va-et-vient entre Redon, Nantes et Montfort-sur-Meu.
- Ca existe, ça ?
- Ouais, c’est vache comme nom, hein ? On les retrouve le 9 juillet au camping de la Route d’Or à La Flèche dans la Sarthe. Deux nuits, 27,14 €.
- Un camping qui ne pousse pas vraiment à la consommation. La Sarthe, c’est là où il y a le Las Vegas ?
- Oui mais à côté, à Sablé.
- Qu’est-ce qu’ils fichent par là, les fichés ? Ils font du repérage chez François Fillon ?
- On ne sait pas. Premier contact le samedi avec deux natifs du cru. A cette date, à la Flèche, il y a un festival de théâtre de rue, les Affranchis. Gratuit ! Les comédiens prennent des spectateurs en otage. Ils prennent peut-être des leçons ? Toujours est-il qu’on a un chèque le lendemain midi à l’ordre de L’Etoile du Maroc.

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- Ah nous y voilà. Une mosquée ?
- Non, un restaurant de couscous. Ils y rencontrent deux autres complices venus d’ailleurs. Un dénommé Z et sa belle. Le 11 ils prennent à nouveau de l’essence et l’autoroute ensuite. Sortie à Bourg Achard près de Rouen. Le 13 ils sont à Carvin dans le Pas-de-Calais. Ils achètent des pinceaux et de la peinture dans un hypermarché.
- Pour maquiller le véhicule ?
- Non, pour repeindre un corridor et des toilettes ! Le 15 ils déjeunent à l’Opéra corner de Lille. Vous imaginez, chef ? 20,60 € ! Ils n’ont même pas pris de dessert !
- Ah, les fumiers ! Mettez-moi cet établissement sous surveillance. Je les connais, ils ne proposent même pas de menu à la carte à leurs clients ! N’empêche, Lenglumé, Pas-de-Calais, Nord, Hauts de France, on se rapproche de Molenbeek, hein ?
- Oui mais ils ne passent pas la frontière. Le 17 ils repartent sur Rennes. J’ai un reçu de la SAPN de 3,40 € aux Essarts et un chèque de 60 €uros dans une brasserie de Rouen.
- Rouen ! Nom de Dieu !
- Ils n’y restent pas. Le 20 ils refont le plein. Ils tirent 100 euros dans un distributeur à côté du stade de Rennes. Le 21 ils sont à Lannion, ils déjeunent avec une autre complice, devinez où ? A "La Chicorée", un restaurant Ch’ti !

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- C’est la filière « OSS 117 à Biloute » ou quoi, Lenglumé ?
- Le lendemain ils dépensent 20 euros tout rond à la librairie Gwalarn.
- Ils ont acheté le Coran !
- Non, le livre des chansons de jeunesse de Georges Brassens.
- Qui c’est ce mec ? Mettez-le en résidence surveillée, lui aussi !
- Pas la peine, chef, il est mort.
- Il est mort et il continue d’écrire des chansons ? Ca me semble vraiment louche, tout ça !
- Le 25 ils sont au camping du Golf à Saint-Jean-de-la-Rivière en Normandie après un nouveau retrait de 60 €. Là ils font un effort. 166,50 € pour six nuits. On n'a pas de trace des arrhes. Mais ni camping-car, ni mobil-home. Juste une tente pourrie de dix ans d’âge à deux places. Ensuite ça continue : essence et retrait à Barneville. 43,10 € au Café du Port à Cherbourg !
- Cherbourg, Lenglumé ! Ils veulent s’en prendre au Redoutable ! Le fleuron de nos sous-marins atomiques. Cherbourg ! Ils veulent nous refaire le coup du parapluie bulgare ! 
- Vous ne vous trompez qu’à Demy, Chef. Il y a d’autres objectifs possibles dans la Manche et ils ont plus d’un atout dans la leur : des témoins les ont vu randonner à Flamanville !

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- Merde ! Les centrales nucléaires ! C’est dans les cibles possibles, ça ?
- Voui, Chef ! La femme fait ses courses dans des boutiques bio et semble du genre à voter écolo.
- Des fichés S qui votent ? C’est quoi cette histoire, Lenglumé ?
- Le 1er août ils sont revenus à Rennes. Ils remplissent leur frigo. Le 3 on arrête le mec à la Bouquinerie du centre.
- Il avait acheté le Coran ?
- Non, deux albums de Lucky Luke : « L’escorte » et « La ville fantôme ». 9 euros les deux, d’occase. On a alpagué la femme chez elle.
- Des armes, des explosifs ?
- Non, de la tapisserie et de la peinture.
- Encore ? Mais elle n’arrête pas de bosser celle-là ! Du genre à s’accrocher au pinceau quand on retire l’échelle ! Que disent leurs portables, leur ordinateur ?
- Pas de portable pour l’homme, aucune activité sur les réseaux sociaux. Plutôt que Telegram un blog de photos du genre Instagram et de la messagerie même pas rose.
- Intéressant ?
- Juste des échanges en belge avec un morse.
- Vous voulez dire « des échanges en morse avec un Belge » ?
- Non, de l’humour de gens qui ont la frite avec un nommé Walrus. Et la meilleure, Chef…
- Oui, Lenglumé ?
160723 Nikon 051- Ces suspects n’ont pas la télévision !
- Alors là, bravo l’artiste ! Leur compte est bon. Vous avez fait quoi ?
- Envoyés au Centre de rétention-rééducation de Ploumanac’h.
- Motif ?
- « Décroissants au beurre sans aucun crédit sur le dos. Déviants du samedi et des autres jours ».
- De vrais Scandaleux. Leur réaction ?
- Morts de rire tous les deux. Ils n’y croient pas au chef d’inculpation de « trouble au plan de relance de la croissance sous forme de vacances économiques». On leur a dit qu’ils rigoleraient moins en cabane quand il se mettrait à pleuvoir.
- Ils ont répondu ?
- Oui. L’homme a dit qu’il ne pleuvait jamais en Bretagne. Et la femme a complété : «Sauf sur les cons. Les autres sont au bistrot ».
- Vous ajouterez « injure publique » à son dossier. Je n’aime pas qu’on se moque des douaniers.
- Mais, Chef, on est des flics ?
- Avec tous ces gens qui n’ont rien à déclarer, je ne sais plus, Lenglumé. Heureusement qu’on a les banques avec nous : un petit saut de puce pour l’homme, un point de contact géant pour la Police. Ou alors c’est la photo : peut-être bien qu’on est un peu sur le sentier de naguère, non ? 

13 août 2016

Derrière la grille (Lorraine)


    Derrière la grille, il n’y a rien
    Ou rien qui en vaille la peine
    Peut-être bien l’aboi d’un chien
    Qui aujourd’hui a fait carême ?
    
    
    Derrière la grille, un grand étang
    Frémit comme une houppelande
    Qui s’en irait dans le grand vent.
    Un homme venu de Hollande ?
    
    Derrière la grille un très vieux pont
    Vert-de-grisé par les années
    Semble écouter un orphéon
    Et sa complainte enamourée
    
    Derrière la grille c’était désert
    Mais j’ai l’esprit qui vagabonde
    A défaut d’avoir l’univers
    Je me suis inventé un monde
    

13 août 2016

L'acrostiche de Laura

 

Reste, ne t’en va pas
Une  journée loin de moi
Insiste, impose ta loi ;
Ne pars pas.
Elle n’a pas écouté ma voix ;
Série noire pour elle et ruines pour moi.
6 août 2016

Défi #415

Sixième défi photo

de l'été :

 

ruine

Envoyez vos participations à

samedidefi@gmail.com

A bientôt le plaisir

de vous lire !

 

6 août 2016

Ont réussi à garder la pose

6 août 2016

Cinquième carte de l'été :La petite fille et le mime (JAK)

defi 415 le mimes (page 1)defi 415 le mimes (page 2)defi 415 le mimes (page 3)defi 415 le mimes (page 4)defi 415 le mimes (page 5)defi 415 le mimes (page 6)

6 août 2016

Participation d'Alain André

aa

 
J’avais abordé cet homme statue, un soir alors qu’il venait de ramasser sa sébile et s’en allait tranquillement vers son logis :
- Bonsoir !  Me permettez-vous quelques questions ?
- Bonsoir, et bien, oui, que voulez vous savoir ?
-Comment tenez-vous immobile aussi longtemps ? Avez-vous un exosquelette sous votre costume ?
-Mais non ! Quelle idée ? Il faut de la concentration mentale, ne penser à rien, et travailler sa respiration, c’est très important, la respiration ;  et puis je bouge de temps en temps, je change de position chaque demi-heure, et je cligne des yeux rapidement quand quelqu’un met une pièce dans ma sébile ! Et puis, j’ai de l’expérience, je fais cela depuis vingt ans.
-Vingt ans !!! Je ne vous avais jamais vu ici !
- j’ai beaucoup voyagé : Londres, Rome, Madrid, Barcelone puis ici ;  j’aime bien les gens d’ici, ils sont cool, et généreux.
-Vous faites toujours cette statue de pierre ?
-Non, je campe différents personnages, selon les saisons, mes tableaux expriment chacun une histoire différente, un poème, par exemple en ce moment,  mon personnage exprime la beauté éphémère, c’est une allégorie du poème de Ronsard : « Mignonne allons voir si la rose… » ! Quatre tableaux par tranche de deux heures, dans le premier je cueille la rose, le deuxième me montre la flairant, le troisième, je l’offre aux passantes, et Le soir, la rose que je tiens est fanée : Je rentre chez moi !
-En effet, on peut y penser, à vous voir avec cette rose, mais, le corps même du texte ne m’était pas apparu clairement ! D’autant que le poème ne parle pas du tout du parfum ni de l’offrande d’une rose mais d’aller voir si elle n’a pas perdu, cette vêprée, les plis de sa robe pourprée !
-En fait, chacun y voit ce qu’il veut, c’est toute la beauté de cette discipline théâtrale : Laisser le spectateur mettre des mots sur la performance de l’artiste. Parce qu’exprimer ce que chacun veut y trouver sans rien faire du tout,  c’est une  véritable performance !
En d’autres temps, je me serais gaussé de cette fatuité, mais désormais, ayant acquis une étonnante faculté d’indulgence envers mes concitoyens, je ne fis que pouffer !
Je pouffai donc, et lui assénais cette sentencieuse question :
-Tout de même, on peut penser que vous ne vous fatiguez pas beaucoup ?
-N’en croyez rien ! C’est très fatigant de ne pas bouger, c’est épuisant de ne rien faire, très dur : ne rien penser, ne pas parler demande une force de caractère hors du commun !
Je regardai l’homme attentivement : Ainsi grimé, il est vrai qu’il me semblait très… beau…enfin, tout dépend de votre conception de la beauté, n’est-ce pas ? Il me sembla soudain exceptionnel de porter à ce niveau l’art du farniente ( En italien far=faire, niente=rien ), une expression artistique au final assez sublime : cette beauté immobile serait peut—être, me dis-je, une forme d’art en soi ? On a bien eu la toile non peinte, la sculpture non sculptée, nous avons la pièce de théâtre non jouée !
Et puis, il me dit :
-Voir s’allumer les yeux d’une petite fille quand elle me regarde…Ca n’a pas de prix !

6 août 2016

L'homme statue par bongopinot

La petite fille et le mime


Il se prépare pour le boulot
Tabouret, sacoche, casse-croûte
Il sort et passe incognito
Il marche et traverse une route

Il arrive se maquille et voilà
Dans sa main une rose il prend la pose
Une petite fille passe par là
S’arrête leurs regards se croisent

Il ne bouge pas reste de marbre
Il joue l’homme statue
Pour faire rire ou surprendre
C’est ainsi qu’il anime les rues

La petite fille doucement ose un pas
Elle sursaute lorsqu’il lui offre une fleur
Elle attrape la rose et s’en va
Elle se retourne lui sourit de bon cœur

De petits moments de doux bonheur
De surprises de rires et d’applaudissements
Moments de partage et de bonne humeur
Un bel artiste avec son spectacle vivant

Pour rien au monde il ne donnerait sa place
Il donne, n’est pas riche mais reçoit tant
Un saltimbanque qui jamais ne se lasse
Il n’a qu’à regarder les regards des passants.

6 août 2016

l'homme statue (par joye)

Voici l'inspiration pour mon texte :

 

Et voici le texte lui-même...

Le jour se lève à peine
Je suis déjà debout
Et déjà je promène un’ rose devant ma moue
Le café derrière
Les piétons devant
Et le maquillage dont je me sers
M'aident à prendre lentement
Prendre ma place sur le bac à fleurs
À prendre ma place sur le bac à fleurs

J'aimerais que quelqu'un me jette des sous
Mais celle que je viens de choisir
N’a trois fois rien
J’aimerais la voir s'enfuir
Mais je reste prisonnier de mes promesses
À mon public dans la rue
Qui me font figer dans la rue, statue,
Et qui m'obligent  
À prendre ma place sur le bac à fleurs
À prendre ma place sur le bac à fleurs

Et quand j’ai mal aux pieds
Quand j'ai envie de faire pipi
J’attends qu’un pigeon vienne
Laisser une crotte sur l’ahuri

Je suis une statue et aussi un pauvre homme
Je ne possède qu’un sac à dos
Je me parfume au regard sur leur pomme
Et j'ai peur de filer un lumbago
Je regarde s'éloigner les rebelles
Et je me sens à l'étroit dans ma peau
Mais j'ai juré sur la loi du show-biz
Que ça vaut un lumbago
Il faut que je prenne ma place sur le bac à fleurs
Faut que je prenne ma place sur le bac à fleurs

Et quand je ne veux parler à personne
Quand j'ai le blues
Je m’habille comme un stupide cowboy
Et je cherche du flouze

Parce que quoi que je dise
Quoique je fasse
Il faut que passent de petites filles

Je suis une statue et aussi un pauvre homme
Je ne possède même pas mes désirs
Je me parfume aux oxydes de carbone
Et j'ai peur de savoir comment je vais finir
Il y a tellement de choses graves
Qui se passent dans mes rues
Que déjà les enfants savent
Qu'il faudra qu'ils s'habituent
À prendre ma place sur le bac à fleurs
À prendre ma place sur le bac à fleurs
Ma place sur le bac à fleurs

NB:  Je tiens à remercier plusieurs amis FB
qui sont venus à mon aide pour le vocabulaire - à savoir,
Béatrice, Brigitte, Carole, Fanny, Pascal, Yves et Faute de Pas Mieux -
pour le mot « bac à fleurs »


6 août 2016

S'y prendre comme un manche (Joe Krapov)

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Vous n’allez pas me croire mais… moi aussi j’ai fait la Manche !

Je n’étais pas déguisé comme le gars sur la photo et je ne suis pas resté immobile aussi longtemps que lui mais j’ai quand même écumé toute la côte Ouest cet été !

160726 265 040Le premier jour ça ne m’a rapporté que des coups de soleil sur les orteils ! Ca m’apprendra à jouer les va-nu-pieds !

Avec ce que j’avais amené comme économies personnelles je suis allé à pied de Saint-Jean-de-la-Rivière à Barneville pour m’acheter de quoi me faire, le soir, au camping, des spaghettis aux tomates. Logique, non ?

Le lendemain je me suis dit « Ca va peut-être mieux marcher à Port-Bail. Et justement c’était le jour du marché. Ca faisait un sacré bout de temps que je n’étais pas allé à Port-Bail et ça faisait un bail que je ne m’étais pas rendu au Bhoutan.

 

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Comme le tour de France était passé par ici en juillet, mécaniquement, j’y suis allé à vélo. J’ai fait mon numéro sur le marché mais je n’ai pas réussi à capter… l’attention ni à me joindre, ni roulé en boule, ni assis, ni les deux bouts. Normal : je n’ai pas de téléphone portable et mes fonds – de culotte – sont bas – cela va – de soie.

Alors, comme il y avait un libraire d’occasion je lui ai acheté de la documentation sur la manche. Il vendait justement un bouquin très bien sur le sujet : « Le voyageur des siècles » de Noël-Noël. On y explique comment se vêtir pour passer inaperçu quand on est un homme du XXe siècle et qu’on revient en 1788 pour sauver de la guillotine une dame dont la beauté vous fait perdre la tête. Il m’a suffi de faire l’inverse de ce qui était écrit pour que les gens s’aperçoivent qu’un Gugusse du XVIIIe siècle était arrêté comme une statue au coin de la rue, y faisait son intéressant et mendiait une pièce ou deux, un bon geste en échange d’un bon geste.

 

Mais bon, sur un marché les gens ne s’arrêtent pas de ne pas s’arrêter sauf chez les commerçants de biens comestibles. Ils vont d’un stand à l’autre pour acheter, chez le poissonnier, sur l’étal, des poissons désarêtés ou, chez l’huîtrier, sur le volet, des huîtres aussi fermées qu’un porte-monnaie. Ils n’avaient pas l’air prétentieux du tout mais c’est comme ça : je vous la baille peut-être belle mais on m’a snobé à Port-Bail. Sans doute que le melon était en promotion ?

J’y suis resté une semaine dans le Cotentin, à vivre en tirant des sous de ma propre cagnotte.

 

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Au Cap de Carteret j’ai failli trouver une explication à mon infortune. Ca ressemble tellement à l’Ecosse, la Normandie, que les gens d’ici sont peut-être devenus aussi radins-rapiats que Mac Assett ou que Rougon-Macquart-Pagon-Coutainville !

 

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Plus haut, à Cherbourg, impossible de faire mon numéro : il y pleuvait tant qu’on ne voyait plus que des parapluies. Alors je suis allé demander de l’aide aux professionnels de l’immobilité au Musée Emmanuel Liais. Ces empa… illés de première se sont bien gardés de me livrer le moindre conseil ! Pis, c’est moi qui ai lâché deux euros pour les voir à l’œuvre dans leur vitrine. Très bien l’immobilité mais faudrait voir à bouger un peu de temps en temps quand même ! Ne serait-ce qu’un faux cil !

160728 Nikon 028On ne gagne décidément rien à quêter ni à enquêter dans ce département. A part Cherbourg, toutes les réputations y sont surfaites ou mensongères. Flamanville, par exemple, on n’y trouve pas un seul Belge ! Vous me direz, à Wallondville non plus mais c’est normal, Wallondville n’existe pas.

 

Flamanville ce n’est pas non plus la Camargue. La vie n’y est pas rose et le paysage est plutôt morose. On n’y voit aucun EPR : Energumène Particulièrement Rentable.

 

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J’ai quand même poussé jusqu’à Omonville-la-Petite pour interroger le pro de la chasse au bas de laine, M. Jacques Prévert. Manque de bol, il était mort de chez Mort !

Du coup, après cette semaine où j’ai fait la Manche, je suis rentré chez moi et j’ai vu que mon salaire avait été versé sur mon compte. Alors j’ai décidé d’arrêter la mendicité de luxe. L’année prochaine j’irai chiner en Chine. Ou bosser du dos en Beauce.

 

6 août 2016

Rouge coquelicot (Clémence)


Ma vie avait mal commencé. Très mal. Mais j'ai eu de la chance, beaucoup de chance.
Alors, j'ai oublié les cris et les colères qui  lacéraient mon visage.
Les rires et les sourires sont devenus mes compagnons. L'école était  un lieu de rencontres et d'ouverture et de satisfactions.
Le collège, le lycée, la fac...Tout s'enchaînait naturellement. J'ai fait la connaissance de Julie. Une fille merveilleuse. J'en étais certain. Le bonheur était acquis.

Mais il a suffi d'une seule soirée, d'une rencontre, d'un verre de trop. Ma vie fut brisée. Net.

Julie a refusé de comprendre ou d'excuser. Au petit matin, elle est partie.  Je ne me doutais de rien.
Dès le lendemain, j'ai commencé à avoir la tête à l'envers. Après le travail, je rentrais à la maison puis  ressortait aussitôt. Je ne supportais pas le silence et l'absence qui m'accusaient implacablement. Les virées dévoraient mes heures de sommeil. Mon travail s'en ressentit. Une première erreur. Excusée. Une seconde. Je fus licencié. Une pente dangereuse se profilait….

Je dus puiser dans mes économies. Ce fut un premier signal. J'échangeai mes virées avinées contre de longues balades dans la ville. J'observais ce long ruban d'humains aux différentes heures du jour et de la nuit. Mon œil se prit au jeu, il captait les regards,  décryptait les poses et postures, décodait les gestes anodins….Lorsque je rentrais chez moi, j'inventais mon spectacle, je ciselais des dialogues incandescents,  des répartie fulgurantes. Je l'avoue, cela a été salutaire pour mettre à jour ma part d'ombre.

Chez le boulanger du coin, mon regard fut attiré par une affiche. Je notai le lieu et l'heure. Et j'attendis avec impatience….Je fus enchanté, émerveillé.
Une rencontre avec les artistes était prévue après la représentation. Je m'y attardai et cela m'ouvrit de nouveaux horizons.

Je fis quelques achats et préparatifs, quelques séances  devant la porte vitrée. Après trois semaines, j'estimai que j'étais prêt.

Le soir venu,  je me rendis près du mur de pierres blanches. Je déposai mon sac,  montai sur un bac de fleurs et pris la pose : jambes écartées, bras repliés en un geste suspendu…
La foule passait, m'ignorait ou m'admirait.
Soudain, mon regard fut attiré par une tache de couleur. Le rouge d'un coquelicot sur une robe  blanche. Julie était là, au milieu des passants. Toujours aussi rayonnante. Nos yeux ne se quittaient plus….
Je la vis se pencher gracieusement, puis se relever. Les passants s'écartèrent.
Pas plus haute que trois pommes, elle se campa devant moi. Une mèche brune s'échappait d'un bob planté sur sa tête.  Ses yeux me scrutaient, cherchant je ne sais quelle faille.
Elle tendit son bras et m'offrit un coquelicot.
Mon coeur devint fou.

Je descendis de mon piédestal de fortune et m'avançais vers elles….J'en étais certain, la vie allait à nouveau nous sourire, pour l'éternité.


Version 1. …  et la vie reprit son cours...

Version 2. …  Une moto déboula….

6 août 2016

La Belle Noiseuse (Laura)

Avez-vous vu ce film de Jacques Rivette?
J'aime ces œuvres cinématographiques
Adaptées elles-mêmes d'œuvres littéraires
Parlant  des artistes et de leurs œuvres.
Un film gigogne, poupée russe, "Les ménines."
La représentation de l'œuvre d'art elle-même.
Le peintre dans un miroir en train de peindre.
"La belle Noiseuse" est le modèle de l'œuvre
Rebelle à cette décision de poser, prise
Sans elle mais belle "Olympia" patiente
Qui regarde ce peintre vieillissant qui la regarde
Deux désirs, deux regards, la confiance
En soi qui fait le modèle, l'attente
De l'œuvre qui fixera  cette entente.
Comme Balzac connaît ce "Chef d'œuvre
Inconnu", "Comédie humaine"
Qui se joue sur la scène d'une chambre
Où la relation s'érotise.

 

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