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Le défi du samedi
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19 mai 2018

La fête des chandelles (Pascal)

 

Avant le repas du soir, m’man préparait les crêpes. A la Chandeleur, elle n’avait pas son pareil pour les faire sauter dans la poêle. Ce jour-là, plus qu’un autre, aux premiers parfums de la goutte de Grand-Marnier dans la pâte jusqu’à la cuisson, il y avait de la magie dans sa cuisine et une bonne humeur contagieuse courant dans toute la maison. Je crois que c’était une récompense générale, au confluent de notre sagesse, de nos chambres rangées, des devoirs appris, des bons points et des images qu’on avait ramenés de l’école. On venait même lui réciter quelques vers de récitation pour lui prouver notre bonne foi et l’aider moralement, pendant son labeur…

Avec la louche à soupe, en un tour de main, elle étalait parcimonieusement sa pâte dans la poêle ; avec un coup de poignet adroit, elle s’arrangeait pour que toute la surface de l’ustensile soit imprégnée ; pour une fois, je la trouvais sympa, cette grande cuillère…
Sur la pointe des pieds, je surveillais la cuisson ; des cloques inquiétantes se formaient sur la pâte comme si l’air voulait empêcher la crêpe de cuire. Sans façon, m’man les perçait avec sa spatule en bois. Ailleurs, les bords se dentelaient de mordoré et, enfin, la peau de la crêpe brunissait avec, ici et là, des taches noirâtres comme des grains de beauté ; m’man donnait des couleurs aux cratères de la lune…  

Tout à sa surveillance, elle tapotait, en inclinant la poêle sur son feu, pour que la crêpe ne s’accroche pas. Puis venait l’instant grandiose, le tour de prestidigitation, le retournement tant attendu de la crêpe ! Même si on avait Pinder, en noir et blanc dans la télé, même si Monsieur Loyal, en grande tenue d’étoile filante, annonçait les funambules, admirer maman à l’œuvre au milieu des couleurs de sa cuisine, recompter les crêpes succulentes s’empilant dans l’assiette, sentir tous les parfums suaves environnants, c’était un autre cirque bien plus envoûtant… 
A la une, à la deux, à la trois ! M’man et sa poêle ne faisaient plus qu’un ! D’un geste savant, elle envoyait balader la crêpe dans les airs ! Saut périlleux avant, saut périlleux arrière ! Sur le côté ! Sur l’autre ! Dans le silence extraordinaire de la cuisine, la crêpe voltigeait dans les airs ! M’man était aux aguets ! Rien n’aurait pu détourner son regard de son œuvre de rattrapage ! Elle était à la fois équilibriste, clown, dompteuse de crêpes, jongleuse ! De rire ou de dépit, elle avait des petites exclamations pour signifier la relation fugace entre sa poêle et cette crêpe aux allures tellement acrobatiques ! J’apprenais même des nouveaux gros mots ! Tout l’art de la manoeuvre était qu’elle retombe bien à plat dans son escarcelle !...
Vite ! Vite, la deuxième arrivait déjà à la fin de sa cuisson ! Il faut dire que m’man s’employait avec deux poêles ; ce qui était de l’amusement pour moi était un véritable travail pour elle. Il ne fallait surtout pas la perturber pour ne pas emmêler sa cadence ; elle ne comptait plus ses brûlures aux mains et aux poignets. Avec un essuie-tout tampon, elle badigeonnait les poêles avec de l’huile avant de laisser couler la pâte onctueuse et tout recommençait…

La féerie était dans cet antre fantastique; il y flottait des effluves indéfinissables, de ceux  qu’on ne retrouvera plus jamais pendant toute son existence. On les cherchera vainement, on aura beau fréquenter des cuisines, relever la tête, tendre le nez, renifler dans le vent, solliciter un courant d’air d’enfance, jamais on ne le retrouvera. Pourtant, il est là, stocké dans notre mémoire olfactive mais il est comme une graine qui n’a pas d’eau. Colorés, chantants et parfumés, ces instants uniques et précieux sont tout l’or de notre patrimoine…

Moi, je dévorais les ratées, les trop cuites, celles qui s’étaient repliées en vol et qu’on ne pouvait plus décoller, celles qui s’étaient découpées sur le rebord de la poêle, celles qui retombaient à côté et qui se déchiraient sans possible réparation ! Comme un petit rapace affamé, je tournais derrière les plumes de son tablier, à l’affût de la moindre anomalie de fabrication ! Je crois que m’man, elle en ratait exprès pour que je puisse en profiter ; elle me grondait pourtant en me disant que je ne mangerais plus rien au souper, tout à l’heure…  

Dans une assiette, les crêpes vaincues s’empilaient lentement ; c’était rassurant de voir cet amoncellement de soleils baigné de vapeur odorante. Six à table, il fallait prévoir le stock… Quand il restait de quoi en préparer quelques-unes dans son ramequin, m’man nous appelait tous, y compris mon père, pour qu’on fasse sauter notre crêpe. Ho, m’man, elle n’était pas numismate ; chez nous, on n’était pas assez riches pour collectionner l’argent. Dans son placard, elle avait une petite pièce en or, un Napoléon, qu’on devait placer dans la main gauche pendant qu’on faisait sauter la crêpe, avec la main droite. Il était tout chaud, ce Napoléon, tant on mettait de l’application en serrant le poing.
En cas de victoire, c’était la richesse et la prospérité pour toute l’année ; moi, j’étais déjà riche d’avoir toute ma famille et la seule prospérité que je pouvais réclamer, c’était qu’il tombe encore… deux ou trois bouts de crêpes… Chacun notre tour, nous devions nous exécuter à ce rituel de Moyen-Âge ; m’man m’aidait et je réussissais toujours…

A la fin du repas, quand les crêpes arrivaient sur la table, il y avait un grand « ha » de satisfaction générale. On n’avait pas Roger Lanzac dans l’assiette mais monsieur Grand-Marnier en belle tenue parfumée, pour occuper notre gourmandise.
Avec du chocolat « Poulain » en poudre, de la confiture, du miel ou du sucre, on étalait soigneusement notre assaisonnement puis on enroulait solennellement notre crêpe.
J’aimais bien quand le sucre craquait sous les dents ou quand la confiture s’échappait par les trous de ma crêpe ; les mains collantes, avec des petits coups de langue adroits, j’essayais de contenir ces geysers impromptus de marmelade. Au grand désespoir de mon père, quand on riait, la poudre de chocolat s’envolait de notre bouche en un vrai nuage brunâtre de crêpe sans filtre ! Oui, cette petite pièce en or était un vrai porte-bonheur puisque nous étions tous heureux autour de notre grande table, à célébrer… « la fête des chandelles »…

 

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19 mai 2018

Dialogue (Walrus)

 

La femme du numismate :

"Chériii !?!
Tu en es où du repassage ? Parce qu'il te faut encore passer l'aspirateur avant d'aller chercher les enfants à l'école et passer par la pharmacie me chercher mes antimigraineux..."

 

Le numismate :

"Eh, oh, on n'est pas aux pièces hein !"

 

 

19 mai 2018

Si Louis dort, est-ce bien utile de l'éveiller ? (Joe Krapov)

DDS 507 Pistoles en stock Arthur

LE NUMISMATE - "Hé ! Ho ! On n’est pas aux pièces !" comme dit le numismate ! Et qu’est-ce qui vous prend, d'abord, d’entrer sans sonner dans l’arrière-boutique où je roupi(ll)e ? J’ai quand même bien le droit de piquer un som de temps en temps, non ? Vous n’allez pas en faire un dram d’avoir dû attendre cinq minutes ?

LOREILLE - Désolé, Monsieur, mais il s’agit d’une urgence ! Nous avons absolument besoin de vos talents d’expert !

LE NUMISMATE, les ramenant dans la boutique - Aboulez la monnaie ! C’est cinquante euros !

LARDU (à voix basse à Loreille) - Boudjou ! C’est cher ! Il pratique des tarifs de yen, ce charognard !

LOREILLE – Pendant que mon collègue vous fait un chèque, je vous expose notre problème. Hier après-midi M. Lardu et moi nous déchiffrions le terrain dans le petit bois derrière chez moi.

LARDU – Celui où il y a un peuneu.

LE NUMISMATE – Je pense que vous défrichiez, plutôt !

LOREILLE – En déterrant une souche avec une pioche on a entendu « Klong !».

LARDU – Et on a trouvé ce coffre métallique. Il est rempli de pièces bizarres.

Le Numismate examine les pièces une par une et reste silencieux. Puis :

LE NUMISMATE – Messieurs, c’est un grand jour à Mark-er d’une pierre blanche ! Je crois que vous avez mis la main sur le trésor de Monsieur Sequin, le célèbre curé éleveur de chèvres du midi de la France !

LOREILLE – Ah ? Et en tant qu’inventeurs ça va nous rapporter beaucoup ?

LE NUMISMATE – Pas une peseta ! Ce sont là des oboles versées pour le denier du culte ou lors des quêtes effectuées pendant la messe ! Il n’y a ici que des monnaies d’avant l’euro ! Elles ne valent pas un peso ! Des centimes, des sous, des couronnes tchèques, des escudos portugais, des lires italiennes, rien que des monnaies qui n’ont plus cours !

LARDU – Et on vous a payé cinquante euros juste pour entendre ça ?

LE NUMISMATE – Attendez, attendez, je n’ai pas fini ! Les pièces ne valent rien mais pas contre, comme je suis collectionneur, je vous rachète tous les boutons de culotte que les drôles de paroissiens ont donnés à la quête.

LOREILLE – Combien ça nous rapporterait ?

LE NUMISMATE - Trente euros.

LARDU – Attendez, ils sont vachement jolis, ces boutons. Ca vaut certainement plus, non ?

LE NUMISMATE – Allez, vous m’êtes sympathiques, je monte jusqu’à cinquante mais c'est mon dernier prix. Et du coup, comme la transaction est blanche, je déchire votre chèque et on est quittes !

Loreille et Lardu statère du regard et décidèrent d’accepter. Ils sortirent les boutons de la malle au «trésor», les laissèrent sur le comptoir, saluèrent le numismate et quittèrent la boutique avec leur coffret sans valeur sous le bras.

LE NUMISMATE, resté seul – Baht d’affaire ! Ah les gourdes ! On dirham ce qu’on voudra mais c’est quand même un sacré coup de bol que ces deux idiots-là aient mis la main sur ce coffre ! Il contenait la collection de boutons pour habits royaux dont le curé avait hérité après le décès de la marquise de Maravédis de Piastre-Pistole ! Et quelle chance qu’ils soient venus me trouver, moi, Louis Bienloti, qui connaissais cette histoire ! Allez ! J’ai gagné ma journée ! Je me sers un petit birr, je ferme la boutique, je contacte le musée Carnavalet pour leur vendre les boutons et après je retourne roupi-er !

19 mai 2018

Chaussez vos lunettes ou cliquez dessus (joye)

le samedi defiant journal

19 mai 2018

Numismate... maladie des nombre ? Echec et mat ! (Nana Fafo)

Episode 02-02 : Big Coin Philie ou Big Conne finie

Pingouinnot avait reçu un compte crypté

annonçant la suite de sa mission.

Le document provenait d’une Bête BedBéthèque du Coin BD.

 

Ce conte de la crypte disait :

 

"A la crypte du nombre clé, tu te rendras

Un précieux, présent, précis tu déposeras

La cathédrale, tu éviteras

Les yeux pour pleurer, il te restera

Si tout compris, tu as

A toi, il viendra

Par Pont Audemer, passé tu pourras

Manger un Mirliton te délectera."

 

Pingouinnot appela son alcoolique d’acolyte, Ronchonchon.

 

Bigcoinphilie

 

Ronchonchon et Pingouinnot allèrent “chez Thérèse” au troquet du Coin,

réfléchir à un plan d'action !

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

DEFI 507 - Numismate- thème de la semaine

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

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19 mai 2018

Sur le bord d'un fossé par bongopinot

 
Tout commença lors de mes dix ans
Je marchais sur le bord du fossé
Les herbes balayées par le vent
Offraient un paysage du plus bel effet

Un panorama incroyable fabuleux
Dont je connaissais les différentes humeurs
Passant du jaune au vert et du gris au bleu
Suivant les saisons les jours les heures

Je me mis à ramasser des primevères
Lorsque je la vis brillante et toute ronde
Une belle pièce de un franc très légère
Avec deux épis de blé coté face

Et coté pile une inscription
<< Travail famille patrie >>
Je la mis dans la poche de mon pantalon
Et bien vite le chemin de la maison je repris

Arrivée je pris ma belle boite en bois
Et j’y déposais ce nouveau trésor
En rêvant d’en tenir d’autre dans mes doigts
Je troquais pour que ma collection s’améliore

C’est ainsi que je devins numismate
Et commença ma passion pour les pièces anciennes
Grace à toutes ces petites pièces délicates
Glanées ici et là je m’offrais des odyssées sans gène

Des voyages dans des pays lointains
Les regardant des heures durant
Pour leurs différentes couleurs comme un jardin
Une collection née le jour de mes dix ans

19 mai 2018

Numis, mate ! (Laura)

 
Numis, mon ami, mate ma collection de livres
Je n’ai pas de pièce bien rare, ni bien chère
Mais c’est ma collection de livres, mon monde
De mots et de papier, la base de ma vie numérique
Sur mon blog et dans les ateliers ; numis, mate !
Même si n’est pas ton kif, si ton monde est autre.
Si tu as envie de me connaître, mate ma bibliothèque
Ou mon blog pour son reflet numérique

19 mai 2018

Une bien triste "course au trésor" ... (maryline18)

 

...Sur la route, au sud de Paris... mai 194O.

Mathilde et Renaud, s'étaient endormis, exténués, enlacés sur le banc à droite de l'église, enfin, à droite de ce qu'il en restait... Le centre du village ne ressemblait plus à leurs souvenirs d'enfance, ici aussi, les frappes avaient atteintes leurs cibles : les maisons dévastées par les bombes, évantrées de toutes parts, avaient projetées leurs équipements au dehors. Ainsi, un spectacle de désolation et d'enchevêtrement de différents matériaux s'étalaient devant leurs regards ahuris. Tout juste réveillés, courbaturés, ils se redressaient avec peine. Par chance, la nuit avait été fraîche mais sèche. Mathilde rabattit d'un geste la couverture sur ses genoux. Assis, ils contemplaient l'ancienne place du marché où leur tante venait vendre ses oeufs et son beurre. Mathilde se souvient du bon goût du lait frais et de la crème, épaisse, surnageant le bol du petit déjeuner. Rien ne serait plus jamais comme avant...  Ces bons moments lui semblaient bien loin à présent. Elle saisit le balluchon qui leur avait servit d'oreiller et en extirpas une pomme qu'elle tendit à son frère, de deux ans son cadet ; la deuxième, mais aussi la dernière, lui offrit un mince réconfort.

Leur "périple" arrivait bientôt à son terme : encore trois ou quatre kilomètres et ils arriveraient chez tante Gisèle. Nul moyen de savoir si elle était encore en vie et si elle avait reçu leur courrier lui annonçant la mort de leur mère. Mathilde ne laissait pas le  découragement la gagner ; elle trouvait des solutions pour que la vie remporte la victoire sur l'horreur de cette guerre qui avait fait d'elle une adulte avant l'âge. Le fruit terminé, elle plia en triangle la couverture et la déposa sur les épaules de Renaud, transi de froid.

-"Viens, il faut continuer maintenant !" Bien qu'il allait sur sa quinzième année, il appréciait qu'elle le maternait et il la laissait saisir sa main autant de fois qu'elle le voulait ; ce geste le rassurait. Sa maigreur, dûe aux restrictions, le faisait paraître plus jeune. Il parlait peu depuis leur départ. Son regard vide semblait tenir à distance tout ce qui lui était trop dur à voir. L'air absent, il remontait le temps et allait se perdre dans un monde intérieur et silencieux. Il avait repoussé le cadavre de sa mère, gisant de tout son poids sur lui, sur le sol de la cuisine de leur maison parisienne. Le bombardement nocturne ne leur avait pas permis d'atteindre la cave. Elle lui avait sauvé la vie...

Il n'avait jamais voyagé seul avec sa soeur. Mathilde refaisait le même chemin qu'il y a cinq ans. Elle était venue avec son frère et ses parents, passer quelques jours pour l'anniversaire de Gisèle. A ce qu'il restait de l'échoppe du cordonnier, elle prit à droite puis remonta la Grande rue .

-"J'espère que la ferme de "matante" est encore debout !" Renaud acquiesça d'un sourire triste et ajouta : -"Quand on arrivera on fera des crêpes, d'accord ?,"

-"Oui si tu veux ! J'irai ramasser les oeufs au poulailler pendant que tu verseras la farine dans un plat..."La perspective d'enfin manger à leur faim, les aida à marcher d'un bon pas. Au fur et à mesure qu'ils progressaient, la peur les gagnait : ils n'avaient croisé personne depuis leur descente du train, deux jours plus tôt. La fermette était en vue, au bout du chemin, mais toujours aucune âme qui vive dans les parages !

"Regarde, on est arrivé !" Lança Mathilde, pleine d'espoir. Ils s'approchèrent en courant. La porte était entrouverte, elle comprit tout de suite que ce n'était pas un bon présage...Ils entrèrent sans un mot. Les pièces étaient sales et tout en désordre.  Gisèle n'était nul part.  C'était sûr, elle avait quitté précipitemment les lieux et depuis plusieurs jours...Un bruit de casserole les fit sursauter. Un chat en quête de nourriture, venant de la cuisine, prit la fuite.

-"Je meurs de faim ! On les fait les crêpes ?" Insista Renaud, presque implorant, des trémolos dans la voix.

Mathilde se ressaisit et se mordit les lèvres pour cacher ses larmes. La déception la submergait.

-"Oui, viens m'aider à trouver la farine !"

Les armoires avaient manifestement été pillées. Le contenu des armoires se trouvait presque en totalité éparpillé au sol. Mathilde, s'accroupie et sur la dernière étagère, où il y avait des bocaux à confiture vides et de vieux journaux,  quelque chose l'intrigua : elle s'enfonça encore et remarqua que les joints de ciment de quatre briques étaient différents, plus clairs et moins lisses. Elle se releva et partit à la recherche d'outils pour casser les joints et libérer les briques fraîchement cimentées. Un sac confectionné dans un morceau de jute et resserré par une ficelle à son extrémité, se trouvait là.

_"Mathilde, qu'est-ce que c'est ? Laisse moi voir! Allez !"

Le sac en main, elle sortit du placard.

_"Regarde ! " Elle détacha la corde et les pièces d'or tintèrent sur le sol en tombant. Ils n'en croyaient pas leurs yeux ! Ils les contèrent pas deux fois. Il y en avait  quinze, quinze pièces d'or en excellent état !

...Mathilde à aujourd'hui quatre-vingt quinze ans mais se souvient de tous les détails de cette journée, à jamais gravée dans sa mémoire. Hélas, elle ne revit jamais son père, mort au combat. Gisèle, en fuite pour échapper à des pillards, fût retrouvée dans un fossé, morte de fatigue. Mathilde continua de prendre soin de son frère plusieurs années, jusqu'à ce qu'une méningite l'emporte, dans sa dix-neuvième année. Elle n'eût jamais le coeur de vendre les pièces d'or.

_"Tiens Sophie, j'ai été collectionneuse par la force des choses, comment tu appelles ça toi, une collectionneuse de pièces ?"

_"Une numismate, mamie !"

"Eh bien, tu choisiras de les garder ou de profiter de l'argent que tu pourras en tirer, moi je n'ai jamais pu m'en séparer !"

Sophie a fait expertiser les pièces de cinq francs, éditées en quantités limitées, entre les années 1878 et 1889. Elles ont une valeur de 10 000 euros chacune. Elle les a déposées dans un coffre. A travers elles,  il y a un peu de Gisèle et de ses parents et grands parents, et si on regarde un peu mieux, on peut y voir le sourire de Renaud et ...dans l'avenir, il y aura aussi beaucoup de Mathilde...La voilà devenue une numismate qui aura beaucoup d'histoire à raconter dans cinquante ans, ou plus, à ses petits enfants, si elle en a bien sûr !...Pour l'heure, Sophie commence ses recherches pour établir son arbre généalogique. Elle se sent riche, mais pas comme elle l'aurait imaginé, avant...

 

 

19 mai 2018

Participation de Venise

 

La chambre était vide, seul le corps du numismate gisait là sur une flaque de sang .

La fenêtre ouverte laisse entrait un air printanier.

L’inspecteur Harry en fin de carrière tout essoufflé de cette ascension jusqu’ au dernier étage comptait les coups de couteau sur le corps.

Il fut attiré par un timbre collé dans la pomme de la main gauche de la victime.

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Tiens ce dit il un règlement de compte entre collectionneurs !!

Le crime était signé de main de maitre.  Pourquoi un philatéliste en voulait -t-il à mort à un numismate ?

Une bouteille de champagne à moitié vide jonchait le sol.

L’inspecteur caressa pensivement sa barbe . Ce timbre collé dans le creux de la pomme injectait un doute encore plus insidieux dans son esprit.

Malgré toute son expérience, l’inspecteur ne s’attendait pas en fin de carrière à mordre la poussière.

Il consultait le registre de vente du collectionneur disparu.

Des noms mystérieux dont les consonances invitaient au rêve tout en promettant des cauchemars

Le faisaient se perdre en hypothèse

Dire qu’il avait peut-être dans ce registre le nom de l’assassin.

Assurément le numismatique vivait dangereusement. Collection le jour, mais peut être trafiquant de rêve la nuit.

Toute la collection était là sans valeur aux yeux de l’assassin. Ce vieux singe était parti expédier dans l’eau delà et le butin était une monnaie de singe.

Avec un claquement de langue, l’inspecteur finit par ouvrir la porte aux services enquêteur.

Ils ratissèrent les maigres indices /

Inspecteur regardez sur quoi on vient de mettre la main.

Un fin cheveu blond accroché au tapis de l’entrée n’avait pas échappé à cette équipe

Par ici les pépettes criaient le plus jeune !!

On n’a pas eu de mal à mettre la main sur cette philatéliste blonde qui entretenait une relation houleuse avec le numismate, mais le jour du crime elle était en Chine !!

Je ne suis pas une marchande de volaille avait criait avec arrogance la femme mes affaires me conduisent de par le monde !!

L’inspecteur Harry le regard qui semblait errer sur l’eau et se plissait comme une étoffe transparente

Écoutait tel un mandarin la maitresse du cadavre.

Il avait des créanciers à ses Basques disait la blonde, il aurait vendu sa mère pour couvrir ses emprunts !!

Elle dégageait une maitrise de soi presque irréelle.

Savez-vous qu’une horde d’éléphants lui a passé sur le corps mademoiselle dit-il en se grattant les tempes.

L’enquête fut fastidieuse L’inspecteur Harry prit la retraite sans dénouer l’énigme.

Les défiant à vous de jouer !!!

 

19 mai 2018

Numismate mate miss nue (La Licorne)

 

pièce de monnaie ancienne

 

Le comble pour un numismate ?

C'est qu'il est souvent désargenté..!

.

 

Normal : il a tout dépensé,

Pour s'en aller acheter...

Des tonnes de beaux écus dorés ! 

Il ne lui reste rien, au passionné,

Que les yeux pour pleurer

Et sa fièvre de collectionner...

 

 

Monnaie, monnaie, monnaie...

Des pièces, des pièces et des billets

Monnaie, monnaie, monnaie

Quand vas-tu t'arrêter ?

Tu dors sur son tas d'or

Tes deniers, tes Louis d'or...

Tes médailles oubliées

Et tes francs bien sonnés...

La belle semeuse n'est qu'une image

Qui reposera au fond des âges

Le vieux César et ses lauriers

Le présent te fait oublier...

Quitte donc les anciens visages

Ces faces de métal plus qu'usées

Et cesse de mater tes sous

Pour contempler les beaux dessous

Cher numismate embinoclé,

De la miss nue à tes côtés...:-)

 

 

12 mai 2018

Défi #507

 

Il a toujours une pièce
pour mettre au trou !

Mais non, pas tailleur...

Numismate

5071

 

12 mai 2018

Nous ont offert une aubade

12 mai 2018

Vers de mirliton (Vegas sur sarthe)

 

D'un tube de carton feras ton mirliton
pour en boucher le bout des pelures d'oignon
une fente au mitan, les lèvres tremblotant
Trou la la Trou la la, la flûte que voilà

Beugle dans ton pipeau, souffle dans ta trompette
ne t'étouffe pas trop, ne crache ni ne pète
il est des vents sournois issus du flageolet
qui pétaradent plus qu'un simple pistolet

Oublie le baryton, les dièses et demi-tons
nasille tout ton soûl, c'est juste un mirliton
joue leur Casse-noisette, le flûtiau enchanté
avant qu'une souillon ne vienne s'y planter

Fais du gazou gazou et aussi du Tut-tut
Invite les catins, les fées de la turlute
quand s'époumonera ton vibrant chalumeau
sonnera l'hallali piano... pianissimo

 

 

Les vers de mirliton (rien à voir avec les lombrics) sont des vers faciles, peu recherchés, dans lesquels le lecteur décèle immédiatement nombre de mots qui ne sont là que pour la rime, ou pour obtenir le bon compte de syllabes. Qui plus est, le texte en question n'a souvent aucune ambition poétique.

 

12 mai 2018

Mirliton ou kazoo (Kate)

 

- Allô Gaston ?

- Oui tonton.

- Apporte-moi un mirliton.

- Une boîte de thon ?

- Non un mirliton.

- Une boîte de bonbons ?

- Non mais dis donc !

- Quoi donc ?

- Je veux un mirliton !

- Un jus de citron ?

- Tu es sourd non ?

- Un bol de bouillon ?

- Tu connais pas le mirliton ?

- Le violon, l’accordéon, le bandonéon, l’hélicon…

- Un mirliton !

- Un kazoo ?

- Allez zou !

Après la guimbarde, le kazoo ! Toute une époque des plus « folk »… Ça nous rajeunit pas mais la musique j’adore ! Attention, la musique, pas le bruit donc je vous ai épargné « Le petit bonhomme en mousse » et autres "Papayou"… pour un "unplugged".

ERIC CLAPTON....SAN FRANCISCO BAY BLUES

Pour les rimes de mirliton, en voici une (photographique) trouvée au hasard d’une balade printanière… sans même avoir besoin de se baisser, juste zoomer un peu...

IMG_2772

Sinon, même si ni le titre ni la couverture ne m’ont attirée, le prix polar m’a attirée vers ce livre que je n’ai pas lâché : une avocate pénaliste qui se met dans la peau d’une traductrice-interprète au Palais de Justice de Paris. Un ton, un livre original.

IMG_2775

Oui, je vous ai épargné la rime de mirliton de la daronne avec la baronne ! Qui d'ailleurs ne sortit pas à cinq heures mais à bien des heures du jour et de la nuit...

 

12 mai 2018

Cricri, (maryline18)

 

C'est en déjouant l'attention de Léontine, en ce beau dimanche de mai, qu'elle l'avait apperçu pour la toute première fois. Elle s'était éloignée du chemin devenu trop coutumier pour subtiliser quelques clochettes violettes au pied d'un noisetier. Depuis que la maladie tenait alitée sa pauvre mère, elle n'aurait manqué pour rien au monde cette récréation hebdomadaire qui lui était "prescrite" par monsieur Legrand, le médecin de la famille Duchène, depuis toujours. Son teint pâle, presque tranlucide par endroit, laissait apparaître, partants du front jusqu'aux tampes, deux veines bleues. Au grand air, celles-ci s'estompaient, et ses joues  prenaient alors de jolies nuances roses. Elle ressemblait à ces poupées de porcelaine que l'on dépose délicatement sur le lit des jeunes filles. Comme elle aurait aimé porter des vêtements plus pratiques que ses robes de petite fille modèle, qu'elle devait faire attention de ne pas salir et qui risquaient de s'abîmer à la première chute.

Léontine, au service de la famille depuis les plus vieux souvenirs d'Alice, l'avait appelé plusieurs fois, avec très vite une pointe d'agacement dans la voix.

_"Alice ! Alice! Si vous ne revenez pas vous serez punie, vous ne goûterez pas les mirlitons que je vous ai préparé ce matin ! Et cette foi je tiendrai parole, je vous l'assure !

Alice, je vous ordonne de venir tout de suite me donner la main ou je rendre seule ! Votre mère sera très déçue par votre comportement ! "

 La petite fille ne répondit pas bien qu'elle connaissait les conséquences de son mutisme ; Le retour à l'imposante et belle propriété : "Les beaux vergers", se ferait sous les reproches de l'employée acariatre et vieillissante qui n'arrivait plus à la suivre.  Alice, d'un caractère pourtant calme la plus part du temps, subissait le mème envoûtement chaque dimanche. La forêt, tantôt sombre et mystérieuse, ou enchanteresse et percée ici et là par les raillons lumineux d'un soleil sublimant leur promenade, n'en finissait pas d'éveiller les sens de la mignone. Cette Normandie aux milles tableaux, leur offrait une nature encore préservée. Vagabondant ainsi chaque semaine, dès le printemps venu, Alice agrandissait petit à petit le périmêtre de son formidable terrain de découverte.

Son pelage roux avait attiré l'oeil curieux de la fillette. Semblant entammer une partie de cache-cache, l'animal bondissait de fougères en buissons. Elle avançait à pas feutrés pour ne pas l'effrayer. Il se dégageait de ses déplacements, une forte odeur d'humus qu'elle respirait avec bonheur. Elle aurait voulu suspendre le temps pour toujours tant elle se sentait en harmonie avec cette nature qui la métamorphosait. Ses troubles anémiques qui causaient tant d'inquiétude à tout son entourage, n'étaient plus qu'un mauvais souvenir quand elle suivait le chemin des fourmis travailleuses jusqu'à leur nouvelle trouvaille ou qu'elle confectionnait un bouquet de branches embaumantes d'épicéas.

Alice retenait sa respiration, la gorge sèche, accroupie derrière un vieux chêne magestueux. Il ne falait pas parler mais l'approcher sans en avoir l'air...Elle retroussa sa belle robe d'organdi rose jusqu'au dessus des genoux et se laissa tombée au sol pour l'amadouer.

-"Pssit, pssit ! osa t-elle...

Pouvait-elle avoir un écureuil comme ami ? En aurait-elle le droit? Léontine ne serait certainement pas d'accord...et après ! Son coeur s'accéléra quand il s'approcha. Elle réussit presque à le caresser quand elle sursauta :

-"Alice ! Mais que faites-vous ainsi au sol !? Levez vous, regardez votre robe, mais enfin, pourquoi ne me répondez vous pas quand je vous appelle ?

 -"Oh non ! vous l'avez fait sauver Léontine ! J'avais trouvé un petit écureuil orphelin et vous lui avez fait peur...!"

-"Allons, ne dites pas de bétise, ses parents ne sont sûrement pas loin et nous, nous sommes bien loin du chemin, il nous faut rentrer, vos parents vont s'inquiéter !"

-"Oh mais j'aimerait tellement avoir un petit animal à m'occuper ! comme il avait l'air gentil, il me regardait avec ses yeux noir et semblait vouloir jouer !"

-"Ce genre d'animal ne peut vivre qu'en forêt Alice, je vous promet que nous reviendrons dimanche et il saura vous retrouver, ces bestioles ont une intelligence qui pourrait vous surprendre, vous verrez !"

_"Bon d'accord mais ne me privez pas de gateaux Léontine, s'il vous plait, rien qu'a imaginer les amandes, j'en ai l'eau à la bouche, vous êtes la reine des mirlitons !"

-"Oh petite flateuse ! je ne peux vraiment pas vous en vouloir très longtemps ! Donnez moi la main à présent et rentrons ! Prenez ces clochettes pour votre mère !"

_"Merci Léontine, vous êtes trop gentille...Mais moi quand je serez grande j'aurais un écureuil rien que pour moi !"

Sur le chemin du retour, Alice jouait à essayer de piétiner les ombres filiformes qui s'étiraient de plus en plus devant elles et qui les devançaient toujours...Une odeur de pins les accompagnait. Non loin d'eux, un pivert tapait frénétiquement le tronc d'un arbre, des pinsons se renvoyaient des messages, une corneille semblait vouloir prendre part à la conversation. Elles aimaient cette agitation, laissant de longs silences que la nature comblait merveilleusement.

Quand la nuit eût rempli tout l'espace de la grande chambre de la petite fille, elle ferma ses grands yeux noisettes et rêva de son nouvel ami. Il se laissa cueillir au pied du chêne et le serrant sur sa poitrine, elle perçut le battement de son coeur. Le dimanche suivant elle enmena des friandises pour régaler celui qu'elle nomma Cricri.

12 mai 2018

Les cymbales à coulisse (Pascal)

 

Adam Delay était troisième mirliton, au grand orchestre des Eaux et Forêts, entre Maurice, le détenteur des cymbales à coulisse, et mademoiselle Lucie, l’émérite joueuse du triangle à percussion. Ha, cette Lucie, il n’avait d’yeux que pour elle mais que pouvait envisager un simple mirliton dans cette chorale instrumentale ? Un solo ? Une composition pour bigophone ? Il vibrait pour elle ! Il avait beau suffoquer tout ce qu’il pouvait, notre mirliton, elle l’ignorait avec tous ses « ding ding » ! Quand elle le regardait, ce n’était que pour lui signifier qu’il avait soufflé de travers…  

 

Vint se joindre, au grand orchestre, Huguette, une joueuse de Daxophone ; elle avait sa façon d’enflammer ses notes et de captiver l’ambiance avec ses mélodies extraordinaires ! Il n’en fallait pas plus à notre Adam pour tomber sous le charme d’Huguette et de son idiophone ! Lucie, n’étant plus l’objet de toutes ses attentions, devint jalouse… Mais, les avances d’un mirliton, elle n’en avait cure, la belle Huguette ! Seules comptaient ses compositions ! Elle n’avait que du dédain pour le troisième mirliton ! Quand elle le montrait du nez, ce n’était que pour le rabaisser…

Monsieur Dupupitre, le chef d’orchestre de la formation, s’enquit d’une harpiste, miss Emilie ; avec sa lyre en bandoulière, elle arrivait tout droit des US. Il fallait voir comme ses mains caressaient les cordes ! Ce n’était que vibrations, enchantements, mélopées envoûtantes ! Imaginez notre Adam ! La tête dans les étoiles, il était dans tous ses états ! (cinquante) Il était le plus fervent « mirlitant » du jeu de mains de Miss Emilie ! Mais que pouvait-il espérer ? Ses trémolos énamourés n’étaient que des mauvaises notes sur le registre de la belle américaine. Huguette, la daxophoniste, n’étant plus l’égérie de son intérêt devint jalouse à son tour…

Le temps d’une tournée, on embaucha Nathalie, une joueuse de piano ; virtuose, elle travaillait au café Pouchkine quand on fit appel à elle. Sur son clavier, à tous les temps et sans nulle xénophobie, Nathalie conjuguait les noires et les blanches à la perfection, avec une maestria digne d’une soliste remarquable. Immanquablement, notre troisième mirliton tomba sous le charme. Mais comment une joueuse de piano pouvait-elle remarquer un simple souffleur de flûtiau ? Il multiplia ses avances, jouant même les intros avant le piano ! Mais qui était cet Adam qui plombait la scission ?!... C’est Miss Emilie, qui n’apprécia guère de n’être plus sous les feux de l’Amour du troisième mirliton ; la harpiste éconduite devint jalouse à son tour…

Arriva Adèle, une altiste venue des Alpes, qui avait profité d’une halte sur son répertoire pour intégrer l’orchestre de monsieur Dupupitre. Son jeu ? C’était une symphonie d’accordances sublimes ! Elle jonglait avec les dièses, les bémols, les majeures et les diminuées ! Les soupirs ? Ils étaient tous du fait de notre Adam ! Il haletait, notre mirliton ! Ses coups d’archet étaient autant de flèches plantées dans son cœur ! Chaque geste de l’instrumentiste, ses bouclettes lancées dans le vent moqueur de la partition, sa gestuelle en un manège éthéré, ses œillades manigancées, c’était son hypnotisation générale !
Allez souffler dans un galoubet après de telles chaleurs !... Mais qui était cet agaçant mirliton, avec ses notes d’oisillon, pour venir l’importuner ?! Il y avait tant d’écart entre ces deux instruments que ce serait comme accorder une biche avec un moustique !... 
C’est Nathalie, la piano-girl, qui encaissa mal l’évincement spirituel ; n’étant plus l’indispensable d’Adam, elle devint jalouse à son tour…

Il y eut Martine et son hautbois, Josiane et ses tambours, Françoise et sa guitare et notre insatiable Adam tomba sous le charme des (h)anches des instruments de toutes ces dames. Chacune à leur tour, elles devinrent jalouses des musiciennes les précédant sur l’autel de l’Amour de notre pauvre cœur d’artichaut…  

Un jour de répétition, alors que la reprise battait son plein, on entendit une petite musiquette s’élever dans la salle de concert. Un grand frisson parcourut l’assistance ; il était le fil tendu de la grande Vibration… C’était si léger, si aérien, si séraphique ! Ecoutez cette musicalité extraordinaire, appréciez cette tessiture digne d’entrevoir le paradis et sa cohorte d’anges ! Tout le monde regardait le ciel comme si Dieu avait entrouvert le plafond de l’auditorium. Une « mirlitonne !... »
Facétieux, monsieur Dupupitre avait recruté Eve dans la plus grande discrétion. A la rime, Adam reprit le couplet ! Ils soufflaient à l’unisson ! Ecoutez ! C’est si rare, deux gazouillis de mirliton au même diapason !... Fa, mi, sol ! On dirait deux papillons posés sur la gamme !... Do, ré, la ! Adam et Eve au nirvana ! Ils croquent la pomme !...

En quelques notes, Eve se posa sur la branche fleurie d’Adam Delay en pleine pâmoison. Leur façon d’interpréter leur petit extrait de partition laissa bouche bée tout l’auditoire ! Surtout les disgraciées ! Pour montrer tout leur courroux et leur délaissement, les Lucie, Huguette, Emilie, Adèle, Nathalie, Martine, Josiane, Françoise et consort, jouèrent monstrueusement faux ! Il n’en fallut pas plus à monsieur Dupupitre, qui fait tourner son orchestre à la baguette, pour virer tout ce personnel tellement disgracieux !...

C’est ainsi qu’au grand orchestre des Eaux et Forêts, nous n’entendons plus que trois musiciens : Eve, la fabuleuse mirlitonne, notre Adam, mirliton heureux  et, naturellement, Maurice, le détenteur des cymbales à coulisse…

 

12 mai 2018

À Paul, l'inerme (joye)

Sous le pont Audemer coule la cène
Et nos ripailles
Faut-il encore un jeu de tire-pailles
La joie venait toujours même à la horsaine

Vienne l’entrée sonne l’heure
Les mets s’en vont on demeure

Les mirlitons dans les mains et nous bouche à bouche
Tandis que dans
L’assiette où la faim brasse
Des éternels regards au repas si farouche

Vienne le plat principal sonne l’heure
Les mets s’en vont on demeure

La bouffe s’en va comme cette eau courante
La bouffe s’en va
Comme la serveuse est lente
Et comme l’Indigestion est violente

Vienne le fromage sonne l’heure
Les mets s’en vont on demeure

On mange des jours et boit des semaines
Ni le sel passé
Ni le pain ne reviennent
Sous le pont Mirliton coule la cène

Vienne le dessert sonne l’heure
Les mets s’en vont on demeure

Mirliton-de-Pont-Audemer

12 mai 2018

Ô Kazoo (Walrus)

 

J'ai beau choisir les mots-sujets moi-même et en établir à l'avance toute une liste, ça ne m'aide pas quand il s'agit de pondre ma propre participation. Faut dire que côté anticipation, c'est pas gagné d'avance : une fois sur deux, au moment de rédiger la consigne, je remplace le mot que j'avais choisi par un autre sorti de je ne sais où (et qui ne m'aidera d'ailleurs pas plus côté rédaction).

Comment ?

Quel rapport avec le mirliton ?

Très bonne question !

J'essaie autant que faire se peut d'être original et c'est bien là que gît le problème :

  • proposer mirliton après lombric c'est pas malin, les vers de mirliton vont faire florès
  • proposer un mot qui commence par mi et finit en (boite de) ton va générer inmanquablement du Marlborough mironton mirontaine, du bœuf miroton (que même les Belges connaissent même s'ils ignorent la recette), du miston pour les Provençaux (comment, on n'en a pas ?).
  • on n'évitera pas la petite pâtisserie portant ce joli nom

Bref, essayer d'être original, autant souffler dans un mirliton !

Car vous êtes bien sûr au courant : souffler dans un mirliton ne sert à rien, il faut gringotter là-dedans pour en tirer un son.

À bon entendeur...

12 mai 2018

Vers de mirliteuton (Joe Krapov)

180504 Nikon 105

J’viendrais bien faire le mirlifore
Mirlitontaine, mirlitonton,
Avec mes vers de mirliton
Pour chanter la faune et la flore
Et les charm’s du pays teuton !

Je ne ferais pas de manières
Pour vous jouer un ou deux airs
Avec mon petit mirliton
Et vous dir’ comment, sans façons,
Je me suis prom’né en Bavière.

 

Mais au kazoo vous l’sauriez pas
De cet instrument de carton
Ne sort pas le son de la voix,
Juste un bruit de vol du bourdon !
Pour s’exprimer, c’ n’est pas coton !

Et pour vos oreilles c’est rosse :
Le son est un poil casse-couilles !
Cet instrument est pour les gosses !
C’est la cinquième Ruhr du carrosse,
Ca n’vaut pas La Mirlitantouille !

 

180504 Nikon 052

Alors du coup je passe la main !
Alors du coup je passe le Main !
Tant pis ! Ce sera sans musique
Que je commencerai demain
Le récit quasi mirifique

De mon voyage magnifique
De Marktheidenfeld à Munich
Via le château de Nymphenburg
Et l’alte Brücke de Würzburg
Où l’on boit du vin en public.

 

180504 Nikon 037 B

Finalement ça vaut mieux pour vous !
Quand je turlute dans mon kazoo
Tous les mirlitaires tombent à terre
En criant « Dieu, épargnez-nous !
Ce Breton est un vrai calvaire !».

Aussi pour que grand bien vous fasse
Je passe mon tour, je laisse ma place
A ces chanteuses sympathiques
De la Kantorei germanique
Devant qui, humblement, j’m’efface !

 

 

12 mai 2018

Participation de La Licorne

lali


Des vers de mirliton...

Des vers de mirliton
Des vers de mirliton...
Quelle drôle d'expression... !
Quel rapport y a-t-il donc
Entre la poésie et le mirliton ?
J'ai chaussé mes lorgnons,
Je veux dire mes lunettes...
Et j'ai cherché la définition
Dans la bible d'internet
La déesse aux mille voix
Nommée Wikipédia.
Elle m'a dit qu'autrefois
On copiait sur papiers
Soigneusement enroulés
Autour d'un mirliton
- Instrument de carton -
Des poèmes de guingois
De mauvaise qualité
Vendus pour quelques sous
Avec le p'tit biniou...
M'est avis que mon Dieu...
Un vendeur astucieux
Reprit l'principe plus tard
(Là, c'est un peu moins vieux)
Pour les blagues Carambar...
Moi-même je m'en inspire
Et j'vous conseille au pire
D'enrouler mes p'tits vers
Ecrits tout de travers
Afin qu'ils se tortillent
Autour d'une broutille
En carton d'pacotille …
Je vous les donne gratis
Afin qu'joyeux ils puissent
Sonner et résonner
Jusqu'au samedi 12 mai !
Mais après, jetez-les
Sans scrupule ni regret...
Je ferai mieux promis,
Pour le prochain défi !

La Licorne

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