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Le défi du samedi
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23 mars 2013

Participation de Venise

Je n’aime pas les livres qui dorment dans les bibliothèques.

Ce grand sommeil auquel ,ils sont contraints est injuste.

Les livres sont des pages de ciel bleu, qui sourient sur un banc.

Un livre c’est toujours quelque chose d’inespéré qui vous arrive

Le soir je vais voir mes livres blottis dans un écrin noir du silence

J’entends la rumeur qui monte des pages tournées retournées.

Quand je ne serai plus là, ils iront farouches compagnons dévorer l’azur.

Ils ont déjà la pudeur des violettes et le cœur simple des anges.

Je les sens terrifiés à l’idée d’être un jour abandonnés

Alors pour le moment je ne veux que rien ne m’éloigne d’eux et d’ailleurs je leur ai promis

De traverser la mort au gué avec tous mes livres.

LIRE, ÉCRIRE, AIMER voila la trilogie qui émerveille une vie.

Ve1

Mais je ne peux vieillir, car à chaque fois que j’ouvre un vieux livre je respire sa jeunesse/

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23 mars 2013

L’effet papillon d’un livre miroir (Prudence Petitpas)

pru1

J’avais 19 ans à peine, j’aimais déjà lire et j’étais constamment en recherche de lecture nouvelle !

Ce jour là, maman m’avait envoyé faire une course dans une librairie papeterie … Il y avait du monde et je tournais mon regard ci et là, accroché par toutes ces couleurs, tous ces articles… j’adore toujours autant les librairies. Plusieurs livres me narguaient de leurs étagères et je m’approchais d’eux timidement, discrètement, sans pour autant perdre ma place dans la file d’attente. Et puis, l’un deux m’a littéralement happée, je l’ai pris en main, je l’ai feuilleté, j’en ai oublié la queue qui filait sans moi, je me suis poussée pour laisser passer les personnes qui s’impatientaient derrière.

 Sur la couverture, une petite fille me regardait, et comme dans un miroir je lui souriais, elle n’était ni belle, ni vilaine, un petit air triste soulignait son visage, elle entourait ses bras de ses mains et semblait vraiment m’interpeller…

Le temps s’était arrêté et je n’avais d’yeux que pour ce livre ouvert dans mes mains qui m’agrippait de son titre : Toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent… je sortais tout juste de l’adolescence, ou peut être y étais-je encore un peu… et ce titre m’attrapait le cœur et m’obligeait à lire le résumé, en tournant et retournant le volume dans mes mains. L’auteur m’était totalement inconnu, elle s’appelait Muriel Rigal et je n’avais encore rien lu d’elle. Le résumé parlait d’un homme qui au contact d’une petite fille sortait de la grisaille d’une vie trop bien réglée pour entrer dans le paradis perdu de l’enfance…L’homme réapprenait alors à aimer mais hélas, l’enfant grandissait, et la puberté mettait fin à toute cette transparence. Le monde des adultes opacifiait tout et cet homme incapable de supporter cette évidence  tombait alors dans la folie… Sortant de ma torpeur à l’appel de la vendeuse qui me demandait si elle pouvait m’être utile, je posais le livre sur le comptoir, attrapais le bloc de papier demandé par ma mère et laissais noter les deux articles sur le compte de mes parents…

Voici comment j’ai pu me lancer dans la lecture d’un livre merveilleux où je me suis identifiée facilement à cette héroïne qui s’appelait Mouche… et où je me suis régalée de son histoire à tel point, que j’ai bien du relire ce livre une dizaine de fois.

Comme toutes les petites filles meurent parce qu’elles grandissent, je suis arrivée à l’âge adulte, je me suis mariée, et ce livre s’est retrouvé sur l’étagère de la bibliothèque familiale au milieu des autres sans plus d’intérêt qu’un simple ouvrage jusqu’à ce que…

Ma fille avait quinze ans quand elle l’a trouvé, elle était en pleine adolescence, ce passage entre l’enfance et l’adulte qui ne passe pas souvent inaperçu. Elle est tombée dans ce livre comme sa mère quelques années plutôt et ne l’a plus lâché. Je pense même qu’elle l’a relut encore plus souvent que moi. Elle se préparait à passer un baccalauréat littéraire dans l’année qui suivait et lorsqu’elle me fit lire le brouillon de son devoir de français, j’ai souri en voyant le sujet et surtout la manière dont elle l’avait traité :

« Un livre vous a plu, écrivez une lettre pour convaincre votre interlocuteur de le lire »… Bien sur elle avait choisi le livre de Muriel Rigal, celui là même qui nous avait toutes les deux tant apporté. Sa note de français : 15/20, pas mal du tout, surtout lorsqu’elle m’a expliqué que ne se rappelant plus le nom de l’auteur elle en avait  inventé un pour son devoir, l’examinateur, lui, n’y a vu que du feu. Le livre magique ne lui en n’a pas voulu, puisque je pense que c’est bien grâce à lui que ma fille a eu son bac… Belle leçon de livre qui voyage de mère en fille et peut être qu’un jour sa propre fille tombera sur ce manuscrit et s’y regardera aussi comme dans un miroir.

23 mars 2013

Participation de KatyL

k1

k2

16 mars 2013

Défi #238

La leçon des livres

Vos leçons seront reçues à

samedidefi@hotmail.fr

A tout bientôt !

16 mars 2013

Sont passés par le bureau du chiffre :

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16 mars 2013

Même pas peur, zéro crainte ! (Anémone)


Même pas peur, zéro crainte!
Mon sang n'a fait qu'un tour,
Mais jamais deux sans trois:
Pas de cheveux en quatre.
Si j'en crois mes cinq sens,
Plus le numéro six,
Je tournerai sept fois ma langue
Et bien assise sur le grand huit
Je fêterai l'an neuf en grande pompe.

Je te l'ai dit dix fois
Sans agressivité (pas une onze):
Tu me fais la vie douze,
Mais c'est treize embêtant
Quand tu quatorzes tout le temps.
On se verra demain en quinze
Dans un tableau de Seize Anne
(Si d'ici là pas de dix-sept
Comme en quatorze-dix-huit).

Même pas peur, zéro crainte!
Les nombres ont d'habiles contraintes.
Le dos d'un chat qui fait ronron
Et le carré, tout tourne rond.
Allons, ne prends pas la tangente.
Je viens d'un monde parallèle
Où tout est bien numéroté,
Sans que pourtant rien ne se compte.

Tout y repose sur les nombres,
Et leur plus grande perfection
Est sans doute leur réserve.
Dans la musique, dans la neige.
Dans toute proportion.
Dans tout équilibre.
Partout, présence discrète
Et efficace régulation.

Ne prends rien au premier degré:
Plutôt comme un message chiffré.
Avec toi j'irai aux confins du monde.
Des kilomètres sans les compter.
Des baisers, des gestes d'amour:
Seul cela compte.
Mais est-ce que ça peut SE compter?
Si le niveau d'essence baisse,
J'irai à pied.
Si le niveau de sens augmente,
J'aurai gagné.

Au loto? Un gain de combien?
Non mais tu veux rire!
Le bonheur, est-ce que ça se compte?
La conscience, est-ce que ça se compte?
La plénitude, ça peut se compter?
Dis-moi: est-ce que ça se compte,
L'éternité?

16 mars 2013

Les nombres complexes : (Porphyre)

Répétons quelle à été la technique constante de notre fabrication. Un nombre passif, soumis à l'action d'un opérateur, devient un résultat. Connaissant le résultat et, soit l'opérateur, soit le nombre passif, retrouver le terme manquant est une opération qui n'est pas toujours possible. Quitte à perdre en route quelques propriétés, nous avons franchi les barrages naturels : ils nous ont permis de trouver, de l'autre côté, des êtres mathématiques suffisamment ressemblants aux précédent pour mériter aussi le nom de nombre.

16 mars 2013

La peur des nombres (EVP)


Ils sont arrivés en nombre
Ça fait peur, ça fait peur
Ils sont sortis de l’ombre
Quelle frayeur, quelle frayeur
Le ciel est devenu tout sombre
Aïe terreur, aïe terreur !

Ils parlaient d’équations
Cornichons, cornichons
Et d’intégrales à foisons
Quels cochons, quels cochons
D’un type qu’on Fermat au fond
Frémissons, frémissons.

Et aussi d’une constante Fibonacci
Quel gâchis, quel gâchis
Enfermée pour un nombre d’or terni
Que de soucis, que de soucis
Pour une proportion d’argent aussi
Les bandits, malappris !

Des nombres naissent les divisions
C’est pas bon, c’est pas bon
Et leurs multiplications
Pour pas un rond, ça tourne pas rond
Additions et soustractions,
T’as plus rien, t’es couillon !

Les nombres moi ils me font bien peur
Pas d’erreur, pas d’erreur
Avec leurs algorithmes réducteurs
Quand des énarques pinailleurs, radoteurs
Font de nous de simples facteurs
Dans leurs calculs de menteurs, de sans cœur !

16 mars 2013

TROIS étapes en chiffres (KatyL)

k1 k2 k3

 Toute petite je regardais plus          

 Les papillons que les chiffres sauf à Noël j’avais appris à compter les jours jusqu’au soir De NOEL

Et j’avais une boite à chiffres et un boulier, c’était bien pour apprendre à compter.

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Plus tard adolescente je savais mes tables de multiplications par cœur, et j’avais peint un abécédaire en bois,  je savais compter les heures, le temps qui passe pour retrouver mes amies,  je savais gérer un budget et faire les courses, compter ma monnaie, faire les achats utiles  pour les repas …

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Maintenant comme femme, je jongle avec les statistiques dans mon travail, je gère ma vie, je calcule tout pour faire au mieux …Mais les chiffres je n’aime pas , j’aime écrire , peindre, faire de poèmes, de la cuisine et des grandes randonnées dans  la nature.. J’aime créer  en couture, faire des nounours et poupées et raconter des histoires aux enfants, j’adore chanter et danser…..

Celui qui trouvera le chiffre du cadenas de mon cœur sera le seul, je ne compterai pas il sera unique

Nous ne ferons qu’un pour les décisions et pour regarder vers l’avenir, tout en étant deux personnalités différentes et distinctes , nous aurons trois enfants ou plus, et nous diviserons mes tâches, nous multiplierons les efforts , nous essaierons de nous soustraire aux mauvaises ondes et aux gens négatifs, nous additionnerons notre amour et nos rêves

16 mars 2013

Crise de conjoncture (Vegas sur sarthe)

“Surtout docteur, ne me demandez pas de dire Trente Trois! Aïe!!”
“Mais enfin Monsieur Dupont, il doit bien y en avoir un qui ne vous effraie pas?”
“Croyez-moi j'ai fait le tour docteur, ce n'est pas une question de taille, ils sont tous plus terrifiants les uns que les autres”
“Hum, quel âge avez-vous?”
“Voyez! Je n'ose même pas vous dire mon âge, et puis ça change sans arrêt”
“Puis-je vous faire remarquer que le jour où ça ne changera plus, vous n'aurez plus besoin de venir me voir... Disons que vous serez guéri de façon définitive! Et bien alors, montrez-moi votre Carte Vitale”
“O.K. c'est vous qui voyez, docteur”
 
“Mais elle est vierge!”
“C'est à dire que j'ai effacé toute trace comme sur toutes ces maudites cartes”
“Vous voulez dire: comme bon nombre de cartes”
“Ahhh! Vous n'auriez pas dû prononcer ce mot docteur! Voyez ces petits boutons qui reviennent partout sur le visage”
“Mais c'est très gênant, ça!”
“Je ne vous le fais pas dire, docteur. En plus ça démange”
“Je veux dire... si votre carte bleue est effacée, comment allez-vous me régler la consultation?”
“Depuis que j'ai chopé ça, je paie en liquide”
“Et les chiffres sur les billets ne vous démangent pas?”
“Euh... je crois que ça démange tous les gens qui paient, docteur. Vous savez, la crise, la conjoncture, les réformes et tout ça. Mais j'ai une astuce, docteur! Je colle des gommettes de couleur sur les chiffres, ainsi ce bleu vaut... euh”
 
“Combien?”
“Je ne sais plus, docteur. Toutes ces contraintes me perturbent énormément”
“Enfin Monsieur Dupont, notre vie entière est faite de codes, de mots de passe, de Nombres, que sais-je et vous devriez...”
“Aaah! Vous l'avez encore dit docteur! Si vous pouviez le remplacer par un autre mot - n'importe lequel - vous m'éviteriez une nouvelle poussée d'urticaire”
“Hum... est-ce que le mot Number vous conviendrait?”
“Redites ça plusieurs fois pour voir?”
“Number, Number, Number, Number... ça va toujours?”
“Ca a l'air d'aller, docteur. Et ça veut dire quoi?”
“Quelle importance? Et si je vous le dis, vous allez hurler”
“Oui mais si je ne sais pas, ça complique les choses”
“A ce stade Monsieur Dupont, rien n'est plus compliqué. Permettez que je résume la situation:
vous êtes atteint de Numberophobie, votre couverture sociale est - disons - plutôt râpée, vos moyens de paiement sont inexistants au point que vous allez me régler avec des billets bleus d'une valeur inconnue!! Voyez-vous ici on n'est pas au Monopoly!”
“Vous voulez dire qu'il y a des gens atteints comme moi en Monopolie, docteur?”
“Pardon?”
“Et comment les a t-on guéris?”
“Faites-moi plaisir Monsieur Dupont, restons en là, rendez-vous directement à la case Prison et - Pardon, vous me faites dire n'importe quoi - n'en bougez plus. Je peux compter sur vous?”
“Ahhh... Ne me demandez surtout pas de compter sur moi, c'est au dessus de mes forces”
“Alors donnez-moi trois billets bleus et n'en parlons plus”
“Trois billets bleus! C'est pas donné chez vous”
“Je sais Monsieur Dupont, ça démange toujours un peu: ça s'appelle la conjoncture économique et je ne suis pas compétent dans ce domaine. Adieu”
16 mars 2013

Participation de Sandrine

(Dans la catégorie absurde)

Un psychiatre reçoit un patient, un habitué, la séance dure depuis un moment, et depuis le début,le médecin lui      pose des tas de questions et prend des notes en se grattant le cuir chevelu (le   psychiatre a des poux, il les élève pour conjurer sa propre peur d’en attraper  un jour…  Les poux venant d’une tête inconnue l’inquiètent      grandement et      c’est même pour ça qu’il est devenu psychiatre et pour couper les  cheveux en quatre).

Le psy : De quel chiffre avez-vous le plus peur ?

Le patient : D’aucun.

Le psy : C’est impossible,  vous devriez avoir peur de tous et il doit bien y en avoir un qui  vous effraye plus que les autres.

Le patient : Non, non, vraiment aucun.

Le psy : Bon, c’est  vous ou moi le médecin ? Je vous dis que vous avez forcément peur des nombres alors autant s’attaquer à la racine du mal et au chiffre qui vous  effraye le plus.

Le patient : Mais enfin je   suis comptable la nuit et prof de math le jour. Je suis même  astrophysicien le week-end, c’est dire si je n’ai pas peur des nombres.

Le psy : Le zéro peut-être ?

Le patient : Mais non !! Et puis, c’est quoi le rapport entre ma peur du vide et les chiffres à la fin ?

Le psy : Comment ça, c’est  quoi le rapport, mais c’est la racine du problème, la racine même.

Le patient : ???

Le psy : C’est une simple  question de logique et d’étymologie… Chiffre vient de l’arabe siffr et veux dire vide, si vous êtes sujet au vertige, vous avez DONC peur des nombres.

Le patient : ???

Le psy : Mais si  vous ne  voulez rien entendre, je ne peux rien faire pour vous ! Avec les  25 autres  séances, ça fera 1600 euros, mais je vais vous faire une fleur et  arrondir à  2000.

Le patient : 2000 ? Quoi ? Mais enfin, ce n’est pas possible !!

Le psy : Eh bien voilà, on y  vient… Alors, est-ce le deux ou les trois zéros qui vous font le plus peur ?   

16 mars 2013

PEUR DES CHIFFRES (joye)‏

Monsieur Émile -Hercule Roussel serra son stylo violet et marqua soigneusement en haut de la copie :  Étant donné votre peur des chiffres, mademoiselle Martin,  je vous déconseille vivement de faire carrière comme ingénieure, ou même caissière.

Voilà, le baiser de mort aux ambitions ridicules d’encore une pétasse qui se retrouvait dans ses cours d’algèbre au collège Albert Camus à Bar-le-Baron.  Roussel eut toujours  envie de rire quand un enfant de treize ans lui déclara, le premier jour des cours qu’il voulait devenir ingénieure, ou physicienne, ou encore un truc ridicule. Mais Roussel restait professionnel, et se contenta  toujours d’une grimace condescendante et un « Ah bon ? » nec plus froid, avant de passer à la prochaine déclaration indigne.

Il était tout simplement  le meilleur  prof de maths à Bar-le-Baron,  alors,  il faisait toujours de la démolition des ados boutonneux un point d’honneur qu’il devait au monde des mathématiques.

Roussel se frotta les yeux, et regarda par la fenêtre du train qui l’emmenait à Paris, et plus précisément aux studios de France 3. Convoqué par une lettre signée personnellement par son idole, Bertrand Renard,  Roussel sut tout de suite que ce serait impossible de refuser une telle invitation - de partager sa supériorité en calcul à tout le pays - les mots restaient blasonnés sur son cœur, avec la signature à encre violette. Tiens, ce Renard était un original, comme lui-même.

Arrivé à la Gare de l’Est, le petit homme touchait nerveusement son papillon nœud qu’il avait sorti exprès pour cette grande occasion. Pas de quoi être nerveux, sa supériorité en chiffres lui permettrait de sortir victorieux même s’il ne trouvait pas toujours le mot le plus long …

Roussel se dirigea vers la sortie pour trouver un taxi. Ruineux, oui, mais le temps du parcours, il pouvait répéter un peu ce qu’il allait dire sur scène pour se présenter son génie au monde.

-          Eh ! Bonjour !  Monsieur Roussel ! Bonjour !

Se retournant, Roussel vit un groupe de jeunes. Il crut reconnaître vaguement le grand et puis la voix de Sévérine Martin, l’auteur de la copie qu’il avait corrigée dans le train. C’était probablement une coïncidence, il ne connaissait personne à Paris. Ce n’était pas à lui que ce groupe d’ados s’adressait.

-          Hein, monsieur Roussel, vous ne nous reconnaissez pas ?

La petite Sévérine se mit entre lui et la queue qu’on formait pour les taxis.

-          C’est bien vous, non, monsieur Roussel ?  lui dit-elle, d’une voix très forte.

-          Eh oui, bonjour. Excusez-moi,  je suis pressé. Bonne journée !

-          Vous allez où ?

-          C’est une question très indiscrète.  J’ai rendez-vous. Bonne journée !

-          Où ça ? Vous ne voulez pas venir avec nous ?  On va au XVe, on va prendre le RER.

-          Non, merci mademoiselle,  je prends un taxi, je vous ai bien dit que je suis pressé.

-          Okay, d’ac, bonne journée, monsieur ! Elle lui jeta un grand sourire et rejoignit son groupe de copains qui riaient fort.

Ils étaient sans doute tous saouls ! Roussel se dit que les parents de ces jeunes crétins ne devraient pas leur permettre de sortir à Paris le week-end. Ils devraient rester à la maison et faire leurs devoirs. Enfin, c’était son tour et il monta dans le taxi, et donna l’adresse.

Le chauffeur de taxi le regarda dans son rétroviseur.

-          7, Esplanade Henri de France ?

-          Oui, c’est ce que j’ai bien dit. C’est pour un tournage, alors, faites vite.

-          Un tournage ?

-          Oui, un tournage. Pour l’émission Les Chiffres et les Lettres. Vous ne connaissez pas, j’imagine.

-          Oh, si, je connais. Tout le monde connaît. Mais êtes-vous sûr que c’est aujourd’hui ?

-          Mais oui, je suis sûr. L’invitation a précisé aujourd’hui, le 17 mars.

-          Oui, très bien, monsieur. Mais cela m’étonne quand même qu’on tourne un dimanche.

Roussel ne daigna pas répondre. C’était évident que pour les invités exceptionnels comme lui-même qu’on prenne une date qui convenait à ses heures de cours, et il continua à le penser jusqu’à leur arrivée aux studios où tout était déserté, à part un groupe d’adolescents qui attendaient devant la grille.

16 mars 2013

le nombre‏ (titisoorts)

un, c'est la liberté
un, seul à part agé
un, Dieu fier attitude
un, mort en solitude

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

deux, c'est vraiment super
deux, la fille au paire
deux, tu fais des ans vieux
deux, clos mes yeux aux pieux

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

trois, peur de l'addition
trois, dans la confusion
trois, c'est un accident
trois, l'amour descendant

je suis lorsque tu m'aimes
qu'un nombre de toi même
en corps l'éternité
l'ombre de mes années

 

16 mars 2013

Tirez-lui la queue, il pondra des œufs ! (Adrienne)

Quand elle était petite, elle aimait beaucoup les chiffres.

Ceux qu’on récite avec fierté dans les tables de multiplication, six fois sept quarante-deux..

Ceux qu’on chantonne Un, deux, trois, nous irons au bois.

Ceux qu’on danse à la corde, 1,2,3,4,5,6,7, Violette à bicyclette.

Ceux qu’on décompte pour désigner le joueur, Un petit cochon pendu au plafond…

Ceux qu’on frappe joyeusement du pied en marchant, Un kilomètre à pied, ça use les souliers.

Mais aujourd’hui, ça a bien changé.

Elle a peur de lire le thermomètre. Peur d’y voir un zéro ou un chiffre en-dessous de zéro. Car il ne fait plus que dix degrés dans la maison, et quatre dans la salle de bains.

Elle a peur de lire les résultats de l’analyse de sang. Peur d’y voir des nombres trop élevés ou trop bas. Car ce n’est jamais le moment de tomber malade, et aujourd’hui moins que jamais.

Elle a peur de lire son courrier. Peur d’y voir les montants à payer. Car elle craint de ne plus y arriver, un jour ou l’autre.

 

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept,
Adrienne a fait des dettes !

16 mars 2013

Participation de Violette

Comme uNe OMBRE............ils le disent : toi qu'a un bottin dans la tête, c'est quoi au fait le numéro...je suis le bottin.....et Je me débrouille de recettes en recettes par sept, sept oeufs, septs cuillères, 7 minutes.....demain le  17, j'ai 17 ans, je suis née en 1917.........Mon compte est bon, il chantait "comptez comptez vos points, comptez les bien...." le bon nombre? c'est certainement le paquet de fromage où il y a au moins un sept, non? Puis comptez pour rien, en marchant , en tricotant, en rangeant......Comptez le temps derrière et devant, le temps avec et le temps sans, s'en approcher....chercher son nombre d'or.......sans encombre.....même pas peur...Sombre, je suis moN OMBRE....

16 mars 2013

La peur des nombres ? (Vanina)

Non, elle n’avait pas la peur des nombres, juste la peur d’un nombre, un classique dans le genre, le « 13 ». Pourtant elle était née un 13 octobre 1913 et disait toujours que s’il avait existé un treizième mois, elle serait née ce mois-là !

« Mère-grand » (comme j’aimais l’appeler) était notre grand-mère gâteau qui ne manquait pas de nous faire remarquer à mes frères et sœurs et moi-même qu’un hôtel digne de ce nom n’avait pas de chambre n°13 et qu’un building bien pensé passait du douzième au quatorzième étage…

Je me souviens qu’elle avait en mémoire des évènements douloureux liés au 13, mais je n’arrive pas à me souvenir lesquels, sauf qu’un de ses frères, que je ne pense pas avoir connu, était mort un 13.

Avant tout, disons-le, ma grand-mère nourrissait des superstitions liées à son métier, elle était danseuse étoile, artiste de scène. Le vert était une couleur « interdite » et lorsqu’elle faisait tomber son peigne par terre, elle tapait dessus trois fois du pied gauche (surtout pas le droit !) en disant « merde – merde - merde »…

Cela explique-t-il que mes superstitions ne s’arrêtent qu’à ce qui porte bonheur et qu’il m’est très rare de dire des gros mots ?

16 mars 2013

Sacrés Nombres ! (Walrus)

Au livre des Nombres, l'Éternel, Seigneur des armées, enjoint à Moïse de faire le décompte des membres des tribus d'Israël.

Enfin... de la seule chose qui semble lui importer : le nombre des combattants potentiels.

Ce dénombrement donnera comme résultat six cent trois mille cinq cent cinquante.

Tsahal navigue toujours dans cette zone aujourd'hui, mais elle a dû incorporer les femmes...

Qui qu'a dit "Même pas peur !" ?

16 mars 2013

Drôles de numéros (Joe Krapov)

20 000 a peur des profondeurs et craint les capitaines comme personne.

69 ne prend jamais le volant quand il y a du verglas : il n’aime pas l’idée du tête à queue.

666 a peur qu’on l’envoie se faire voir chez les Grecs. Il aime bien Aphrodite mais pas trop ses enfants.

813 a peur qu’on le cambriole pendant que sonnent les huit coups de l’horloge dans l’ile aux trente cercueils.

747 souffre d’aérodromphobie et 714 ne veut pas s’envoler pour Sydney.

3,1416 est hypocondriaque : il peur que ça ne tourne pas rond dans sa p’tite tête ou pis encore.

6,35, 7,65 et 12,7 ont peur des armes à feu.

5000 craint de tomber du quai en arrivant au port.

22 a en horreur les bavures policières et 36 craint de voir des étoiles au même n° du quai des Orfèvres.

404 n’aime pas les erreurs.

732 se met martel en tête à cause des migrations internationales.

421 a du mal à entrer en piste : il se sent mal armé face aux coups du hasard.

451 a peur pour sa bibliothèque quand il fait chaud.

33 est comme moi : il traîne les pieds et tire la langue chaque fois qu’il est nécessaire d’aller chez le médecin !

16 mars 2013

Participation de Venise

Fini les événements hautement improbables, hautement aléatoires.

On ne tire jamais parti de l’incertitude. Dès demain, recevez votre carte de vie.

C’est ainsi que je reçus ma carte de vie un dimanche matin

Il était inscrit une suite de dates dont ma naissance et ma mort

toutes ces dates avaient l’air ordonnées structurées et non aléatoires.

Alors que ma mémoire avait de la peine à retenir un malheureux numéro à sept chiffres ;Ve1

Ma carte de vie me proposait pour la première fois de jalonner toutes dates importantes qui allaient marquer ma  vie .

C’était peut-être une meilleure façon de mourir, mais je fus heurtée par le procédé..

C’était donc ça l’aboutissement d’un siècle de lumière ?

La carte indiquait que le 16 mars 2013 un événement marquerait ma vie.

Comment ne pas être tributaire des ces prévisions en grande échelle !

Je décidai de faire mes choix avec une pièce de monnaie.

Pile je sors, face je reste chez moi, et cela tiré à l’infini. Ce que je voulais c’était réintroduire de l’improbabilité dans ma vie je revendiquais le droit à la cécité du futur

Un matin je reçus un courrier de la société du cygne noir : le hasard n’est qu’une suite d’informations incomplètes. Il faudra que vous achetiez un billet de loterie. Selon la courbe en cloche de votre trajectoire de vie vous êtes l’unique gagnant.

He bien vous n’allez pas me croire je ne suis pas allée acheter ce billet. Ce que je voulais c’était basculer l’incertitude du coté de ce qui se leurre.

Peu de temps après je reçus une autre carte de vie : ma date de mort avait été considérablement avancée.

16 mars 2013

1, 2, 3 partez (Prudence Petitpas)

 

Ces nombres qui nous font peur…

Ils sont partout dans notre vie et la rythment parfois à un train d’enfer…

 1 2 3 partez !!!!

 C’est le coup de feu qui nous propulse en avant et nous envoie comme un boulet dans la vie des grands…

 1 2 3                                   Je m’en vais au bois, mais de ces trois là, je ne me souviens pas !

4 5 6                                   Cueillir des cerises, et  là les souvenirs se précisent !

7 8 9                                     Dans un panier neuf, je ris, je joue, je pleurs, l’âge de raison ? Tout semble si neuf…

10 11 12                             Elles seront toutes rouges, le temps des copines, il faut que ça bouge !

13 14 15                             Le premier amour, la vie se complique parfois en un jour !

16 17 18                             Le temps des copains et de l’aventure, de l’amour tout plein à la déconfiture !

19 20 21                             Et puis la rencontre qui change une vie, serait-ce déjà lui, l’homme de ma vie ?

22 23 24                             Déménagement, emménagement... une vie qui démarre, déjà deux enfants arrivent en fanfare !

25 26 27                             Un enfant de plus s’ajoute au panier, on ne compte plus, c’est la panacée !

28 29 30                             Les petits plaisirs d’une jeune maman, les petits soucis de trois jeunes enfants…

31 32 33                             Les Scouts, la maison, pas le temps de souffler, la vie va trop vite, faudrait s’arrêter !

34 35 36                             Un petit dernier, comme ça pour la route, un dernier bébé à nous tous s’ajoute !

37 38 39                             4 beaux enfants, 1 super mari, une nouvelle maison, un boulot aussi !

40 41 42                             Le train-train qui vient, s’installe tranquillement, la vie qui oscille entre noir et blanc

43 44 45                             Les copines qui prennent tout plein d’importance au fur et à mesure de nos confidences !

46 47 48                             Une tempête passée, on refait le point, il ne manque rien… mais on a tant craint !

49 50 51                             Une nuée folle d’enfants qui s’envolent pour  construire leur nid et vivre leur vie!

52 53 54                             Des petits enfants qui  bousculent le charme discret d’une vie conjugale qui redevenait                                                      calme !

55 56 57                             La vie qui passe trop vite, ce tourbillon me fatigue…

58 59 60                             Des voyages en vue, des rêves de retraite…la tête dans les nuages… je n’ai plus envie d’avoir d’âge !

61 62 63                             Ca y est j’y suis enfin, la retraite est comme un refrain… j’en chante dans mon bain…

64 65 66                             Je lis, je croise les mots, je voyage dans des pays lointains

67 68 69                             On est de plus en plus nombreux aux réunions de famille… et ça c’est vraiment bien !

70 71 72                             Suis encore pleine forme, yoga ou sport de tout ordre !

73 74 75                             Dernières randonnées…. un peu bousculée par toutes ces années…

76 77 78                             Les petits enfants grandissent, il nous font des petits…

79 80 81                             Je suis arrière grand-mère, j’en ai pourtant pas l’air…

82 83 84                             Le temps des regrets... bilan du passé… on s’est bien amusé !

85 86 87                             L’aventure ralentie, les voyages virtuels me trottent dans la tête

88 89 90                             Mon dernier achat ? un dentier tout neuf, quelques rhumatismes

90 à 99                               cette maison de retraite, vais-je y échapper… ? 

100                                      je  tire ma révérence, le temps n’a plus d’emprise…

                                            3, 2 1 et c’est fini ! Retour à zéro…

Et on a compté ainsi tout ce  temps pour apprivoiser ces chiffres qui dirigent notre vie… 

Ces nombres qui nous font peur parce qu’ils s’ajoutent encore et encore à ceux qui les précèdent

 Et nous emmènent là-bas dans cet inconnu qui s’appelle DESTIN ! 

Ces nombres qui nous font peur : Moi ? J’en veux ENCORE…

Chiffres

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